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La montée en puissance rapide de l’entreprise française Sigfox, présentée comme le leader mondial de l’ioT et la future “licorne” de l’Hexagone, fait face à des attaques venant – sans surprise – des Etats-Unis.

La principale attaque contre le Français Sigfox émane du média étasunien “Light Reading”. Son dernier article sur Sigfox début ainsi : “Les perspectives pour le développeur de technologies IoT et opérateur de réseau Sigfox se sont affaiblies suite à l’exode de plusieurs cadres dirigeants cette année et, selon une source proche de l’entreprise, les difficultés financières montent.”

De fait, l’entreprise a enregistré les départs, en quelques mois, de Xavier Drilhon, ancien adjoint de Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox, de Thierry Siminger, ancien Président de l’activité Moyen-Orient et Afrique, de Rémy Lorrain, précédemment vice-Président des opérations et des réseaux, de Stuart Lodge, vice-Président exécutif des ventes mondiales, de Thomas Nicholls, Directeur de la Communication, et de la personne en charge des relations avec la presse qui, selon Sigfox, “ne sera remplacée que courant janvier”.

Ces départs (dont la liste n’est pas exhaustive selon Light Reading) viennent renforcer l’argumentaire des concurrents de Sigfox, au premier rang desquels on trouve LoRa, alliance qui réunit plus de 20 membres sponsors, dont IBM, Cisco ou… Orange !

Selon l’article du “Light Reading”, Sigfox “ risque de manquer de financement d’ici juin” et n’aurait “généré que 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016”. Dans le même temps, l’article indique que Sigfox a levé un total d’environ 300 millions de dollars, “mais il brûle rapidement ces fonds alors qu’il s’empresse de construire des réseaux et de faire face à ses coûts salariaux, qui ont fortement augmenté, suite à une augmentation considérable des effectifs au cours des deux dernières années (370 employés, contre moins de 200 il y a environ deux ans).

Puis, l’article ne dissimule pas le scénario imaginé par le futur du champion français, basé à Toulouse : “Si Sigfox ne trouve pas de financement supplémentaire pour poursuivre sa stratégie actuelle, une possibilité est qu’elle soit acquise par une société de technologie beaucoup plus importante et intéressée par sa propriété intellectuelle.” Dont acte.

Quant à la conclusion, elle laisse peu de doutes sur l’origine des informations : “Le principal défi technologique de Sigfox provient d’une autre technologie sans spectre, appelée LoRa, dont les partisans se targuent d’un écosystème et d’un modèle économique plus “ouvert”, ainsi que des nouvelles normes cellulaires NB-IoT et LTE-M.”

On attend désormais la contre-attaque de Sigfox et de son PDG Ludovic Le Moan (qui doit également composer avec Anne Lauvergeon, Présidente du Conseil d’Administration de Sigfox, anciennne Présidente d’Areva et proche collaboratrice du Président de la République française François Mitterrand).

Julien Corti, Digital CMO

Ses derniers résultats trimestriels l’ont confirmé, Cisco est de plus en plus une entreprise de logiciels et de moins en moins un constructeur. Les applications représentent désormais 10% de ses revenus. Une transformation qui s’effectue pour suivre la mutation en cours des investissements informatiques et digitaux vers le cloud et l’analytique.

Cela représente 1,2 milliards de dollars sur les 12,1 milliards de chiffre d’affaires enregistrés sur le trimestre clos fin octobre. Si l’on ôte les services, qui représentent 3 milliards de chiffre d’affaires, les applications représentent même 13,3% de ses ventes de produits.

Avec une croissance de 6% sur le trimestre, les applications sont aussi l’activité la plus dynamique de Cisco après la sécurité (+8%). Cette division est principalement constituée de ses activités collaboration mais elle comprend également ses activités objets connectés et ses outils analytiques.

En réalité, le poids du software est encore bien plus élevé dans le mix revenus de l’équipementier réseau que ne le laisse voir son bilan dans la mesure où les logiciels ont tendance à se diffuser dans l’ensemble de ses activités. À commencer sur son activité plateformes d’infrastructure, qui regroupe ses activités réseau traditionnelles (routeurs, commutateurs), ses équipements WiFi et ses solutions datacenter.

Cette activité, en recul de 4% sur le dernier trimestre, mais qui reste dominante avec 57% de ses revenus, a par exemple bénéficié de l’introduction en juin dernier de son initiative réseau intuitif, une offre de solutions et de services développée sur son architecture DNA qui permet d’automatiser l’optimisation de son environnement réseau et d’en prédire les dysfonctionnements. Cisco espère que cette initiative va lui permettre de relancer son activité réseaux sur les prochains trimestres.

C’est aussi sur l’activité Plateformes d’infrastructure que sont comptabilisés les revenus de la version logicielle d’ACI (application-centric infrastructure ou infrastructure axée sur les applications), la solution de virtualisation de réseau de Cisco (ou Software Defined Network), adoptée par 4.000 clients.

Les logiciels s’invitent également dans les services. Cisco a ainsi lancé une offre d’abonnement appelée Business Critical et High-Value Services alimentée par l’intelligence artificielle (IA) qui prédit les défaillances informatiques.

Selon son directeur financier Kelly Kramer, Cisco « continue de transformer [son] activité en proposant davantage de logiciels et en générant davantage d’abonnements et de revenus récurrents. » Près de 32% des revenus de Cisco étaient récurrents sur le dernier trimestre, contre 29% un an plus tôt, et les abonnements logiciels ont représenté 52% du revenu total des logiciels.

Un pied dans le multicloud

En mars dernier, Cisco a ainsi renforcé son activité applications en acquérant AppDynamics pour 3,7 milliards de dollars. Cette opération lui permet de fournir aux clients une surveillance continue de leurs déploiements d’applications en environnement “multicloud” en les aidant à identifier les variations de performances des applications et à contrôler les dépenses cloud. Avec l’acquisition de Perspica le mois dernier, Cisco va compléter les capacités de surveillance d’Appdynamics en fournissant des analyses basées sur l’apprentissage automatique.

On notera que Cisco vient également d’annoncer son intention d’acquérir BroadSoft, qui compte 19 millions de clients dans la voix et les centres de contact dans le cloud et qu’il s’est associé à Google pour développer une solution de cloud hybride permettant de déployer des applications et des services à la fois sur site et sur la plateforme de Google.

Julien Cort, Digital CMO

Eric Léal a créé l’agence digitale Trajectoires voici juste un an et elle comptera 17 salariés pour trois implantations (Toulouse, Paris et le Pays Basque). Entretien avec un “serial entrepreneur”* qui coure de succès en analyses des contenus.

Photo Equipe

  • “Une agence digitale de plus !”, pouvait-on penser lors de la création de Trajectoires fin 2016. Un an plus tard, vous êtes déjà 12, vous recrutez 5 personnes supplémentaires et vous venez d’ouvrir une agence au Pays Basque : comment expliquez-vous un tel parcours ?

Eric Léal : Il vaut effectivement mieux utiliser le mot “parcours”, pour ne pas répéter “trajectoire”. Plus sérieusement, je pense que notre modeste succès est d’abord fondé sur la conviction qu’il est essentiel de lier contenu et performance marketing ! Dans les faits, il y a eu trois grandes phases. Celle du monologue : les marques, organismes ou collectivités s’adressaient aux acheteurs, usagers ou citoyens. Puis il y a eu celle du dialogue : jusqu’à il y a peu, nous trouvions remarquable de pouvoir répondre à ces discours qui venaient “d’en haut”, même si cela n’était vraiment “en temps réel”. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une troisième phase dans laquelle la conversation doit déboucher sur une conversion. Ce n’est pas le mariage de la carpe et du lapin, c’est celui du numérique et du marketing !

Logo Trajectoires

  • Sur la base de ce principe, quels indicateurs utilisez-vous pour accréditer l’efficacité de vos actions ?

Eric Léal :  Comme il n’y a pas une seule réponse, il n’y a pas de question unique. Comment peut-on imaginer qu’un club de rugby de Top 14, une ONG, une collectivité ou une société commerciale utilisent les mêmes KPI ? Concrètement, nous adoptons les indicateurs de nos clients et nous nous fondons sur eux pour évaluer l’efficacité de notre travail. Le grand changement que nous prenons comme cap, c’est qu’il est désormais plus pertinent de compter le nombre de ses clients que de mesurer son audience. Aujourd’hui, nous travaillons avec une dizaine de grands clients qui représentent les différents secteurs que j’ai cités, les derniers étant la Ville de Toulouse et la communauté des communes de Toulouse Métropole, qui sont 37 et représentent près de 1,5 million d’habitants.

  • Etes-vous en train de préparer une levée de fonds ?

Eric Léal : Non, pas pour l’instant ! Nous venons d’ouvrir notre troisième agence, dans le Pays Basque, à Olatu Leku (ndlr* : Anglet). En 2018, notre développement sera focalisé sur ces trois points de présence forts que sont Paris, Toulouse et le Pays Basque (ndlr : Trajectoires vient de remporter le marché lancé par les villes de Bayonne, Pampelune et Fontarrabie pour l’élaboration et la mise en œuvre de la communication digitale du projet européen Creacity, dont le responsable est espagnol, Joanes Andueza). C’est dans cette perspective que nous allons recruter 5 nouveaux salariés dans les mois qui viennent.

 Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

* Avant de créer l’agence Trajectoires, Eric Léal a notamment été le Directeur Général du groupe Atchik, créé à Toulouse en 1999 ety qu’il a dirigé jusqu’en 2009.

** ndlr = note de la rédaction.

Fidèle à ses habitudes, Gartner a dévoilé une liste de dix tendances technologiques stratégiques avec lesquelles les entreprises devront compter en 2018. Ces dix tendances peuvent être résumées en trois mots clés : le maillage numérique intelligent, qui décrit l’entrelacement croissant des personnes, des terminaux, des contenus et des services.

Tendance 1 : l’intelligence artificielle.

L’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer la prise de décisions, réinventer des modèles économiques et les expériences utilisateurs sera l’un des moteurs du digital au moins jusqu’en 2025, indique le cabinet d’étude. Gartner conseille aux entreprises de restreindre leur utilisation de l’intelligence artificielle à des tâches spécifiques (comme la compréhension d’une langue ou la conduite d’un véhicule autonome).

Tendance 2 : les applications intelligentes et l’analytique.

Gartner anticipe une montée en puissance progressive de l’intelligence artificielle dans la plupart des applications courantes. Elle se manifestera sous forme d’analyses avancées, de processus intelligents et de nouvelles expériences “utilisateur”. Cette couche entre les personnes et les systèmes a le potentiel de transformer la nature du travail, comme le montrent les assistants virtuels. Mais, selon Gartner, il faut plutôt envisager les applications intelligentes comme un moyen d’augmenter l’activité humaine que comme un moyen de la remplacer.

Tendance 3 : les objets intelligents.

Les objets intelligents utilisent l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique pour interagir de manière plus intelligente avec les personnes et les environnements, explique Gartner. Avec le temps, ces objets intelligents autonomes deviendront des essaims d’objets intelligents collaboratifs.

Tendance 4 : les jumeaux numériques.

Un jumeau numérique est une représentation numérique d’une entité ou d’un système du monde réel. Il existera des jumeaux numériques pour des milliards d’objets dans un proche avenir. Ces jumeaux numériques permettront notamment de réaliser des milliards d’économies dans l’exploitation et la réparation des objets connectés. Avec le temps, des représentations numériques de presque tous les aspects de notre monde seront connectées dynamiquement avec leurs homologues du monde réel.

Tendance 5 : du cloud computing à l’informatique d’extrémité.

Les contraintes de connectivité, de bande passante et de latence feront que de plus en plus la collecte et le traitement de l’information seront placés au plus près des sources d’information, autrement dit des objets et des capteurs. Selon Gartner, bien qu’il soit fréquent d’opposer le Cloud et l’informatique d’extrémité, les deux approches seraient en réalité complémentaires.

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Tendance 6 : les plateformes conversationnelles.

Elles conduisent à faire passer la traduction de l’intention de l’utilisateur à l’ordinateur. Ces systèmes sont capables d’interactions complexes, comme réserver un restaurant italien dans le IXème arrondissement de Paris. Ils évolueront vers des actions encore plus complexes, comme la collecte de témoignages oraux pour réaliser le portrait-robot d’un criminel.

Tendance 7 : l’expérience immersive.

Au cours des cinq prochaines années, la réalité mixte, où l’utilisateur interagit avec des objets numériques dans le monde réel, va s’imposer. Cette réalité mixte se combinera avec les plateformes conversationnelles. Les fournisseurs d’applications, les éditeurs de logiciels système et les fournisseurs de plateformes seront tous en concurrence pour offrir ce modèle.

Tendance 8 : la blockchain.

Ce registre partagé, distribué et décentralisé, permet d’effectuer des transactions financières sans intermédiaire. La blockchain a de nombreuses applications potentielles dans la finance, le secteur public, la santé, la distribution de contenus, la chaîne d’approvisionnement…

Tendance 9 : le business dirigé par les événements.

Les business numériques dépendent de leur capacité à détecter et à exploiter des événements digitaux. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle et des objets connectés, ces événements business peuvent être détectés plus rapidement et analysés plus en détail. D’ici 2020, la connaissance des événements en temps réel sera un prérequis pour 80% des solutions de business digital, et 80% des écosystèmes digitaux nécessiteront un traitement des événements.

Tendance 10 : s’adapter aux nouveaux usages et instaurer la confiance.

Les solutions traditionnelles de sécurité fondée sur la protection et le contrôle informatique  plutôt que sur la confiance ne fonctionnent pas dans le monde digital. Ces environnements assez ouverts s’accommodent mal des systèmes de sécurité installés sur les infrastructures informatiques des entreprises. De plus ces derniers sont souvent en réaction aux menaces informatiques ne protègent pas  contre les attaques internes. L’enjeu pour les entreprises sera d’évoluer vers  une sécurité centrée sur les personnes et ses habitudes de travail ce qui passe par plus de souplesse et sans doute des solutions développées plus agiles. 

Julien Corti, Digital CMO

Après IBM, Microsoft et Oracle, Hewlett-Packard Enterprise se positionne à son tour sur le créneau prometteur de la blockchain (ou chaine de blocs) popularisée par la monnaie virtuelle Bitcoin.

Le constructeur a ainsi dévoilé la semaine dernière Mission Critical DLT, une solution de registre distribué exécutable sur ses plates-formes HPE Integrity NonStop, des ordinateurs tolérants aux pannes conçus pour ne jamais s’arrêter. Ce sont ces ordinateurs qui traitent deux transactions de carte de crédit sur trois dans le monde.

Cette solution vise à permettre aux entreprises d’utiliser la blockchain sur une plus grande échelle que ce que permettent Bitcoin ou Ethereum. Ces deux systèmes de monnaie virtuelle permettent de transférer efficacement de l’argent via Internet mais elles disposent de capacités limitées en termes de puissance de traitement des transactions et de montée en charge. Ainsi, les transactions Bitcoin prennent au moins 10 minutes à traiter.

Autre facteur de limitation selon HPE : le Cloud public sur lequel tournent en général les applications Blockchaine. « Les entreprises intéressées par la blockchain constatent que le cloud public ne répond pas toujours à leurs exigences non fonctionnelles, explique dans un communiqué Raphael Davison, directeur mondial de Blockchain, HPE. À mesure qu’ils tentent de monter en charge, ils s’aperçoivent que, pour les processus stratégiques, l’infrastructure sur site doit faire partie […] pour répondre aux exigences des charges de travail blockchain d’entreprise. »

Il est intéressant de noter également que HPE a construit sa solution autour du registre Corda – une alternative de blockchain adaptée à la banque développée par le consortium financier R3 – qui, contrairement à Bitcoin, garde les enregistrements de son registre privés, de sorte que les parties ne peuvent voir leurs transactions que via un accès restreint.

Dans son communiqué, HPE se dit convaincu qu’à terme, « la blockchain sera aussi fondamentale pour la technologie qu’Internet ». Gartner prévoit ainsi que la blockchain générera 176 milliards de dollars de valeur commerciale d’ici 2025.

Conçu pour répondre aux besoins d’optimisation des transactions des entreprises du secteur des services financiers, Mission Critical DLT a vocation à couvrir aussi les besoins d’entreprises issues d’autres industries. HPE viserait notamment les compagnies aériennes qui pourraient utiliser sa solution blockchain pour suivre les données de vol et les programmes de maintenance de leurs avions, ou les constructeurs automobiles, selon le site Fortune. Il existe un large éventail d’applications potentielles, souligne HPE.

L’offre Mission Critical DLT pourra être mise à disposition sur site ou sous forme de service à partir du début de l’année 2018.

Julien Corti, Digital CMO

Si le « mobile first » que Satya Nadella avait proclamé à l’époque de son intronisation début 2014 n’est désormais plus qu’un mauvais souvenir, son « Cloud first » est plus que jamais d’actualité. Ses résultats trimestriels publiés la semaine dernière pour la période juillet-septembre 2017 l’ont encore montré de manière éclatante.

Non seulement le Cloud continue d’assurer à Microsoft une croissance de plus en plus confortable, mais il commence à prendre l’ascendant sur toutes ses autres activités.

Certes, la division More Personal Computing, qui englobe les ventes Windows, les produits hardware, la console Xbox et la publicité en ligne, demeure la principale division du groupe, avec 9,38 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Mais sa croissance est au point mort (-0,2%) en raison de l’arrêt définitif de ses activités dans la mobilité. De fait, l’ensemble des autres activités de cette division affiche des facturations en croissance, y compris l’activité Windows OEM (+4%), pourtant considérée comme une activité en déclin. Autre activité en panne de croissance : les services, qui ne progressent que de 1%.

90 % de croissance pour Azure

Mais la dynamique est clairement du côté des activités Cloud : les revenus de sa suite de productivité Office 365 pour les entreprises progressent ainsi de 42%, ceux de ses applications de gestion de la relation client Dynamics 365 affichent 69% de croissance et, cerise sur le gâteau, ceux de son Cloud Azure, atteignent 90%. L’éditeur ne divulgue pas les revenus nominaux de chacune de ces activités mais il s’est félicité d’avoir atteint son objectif de 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires annualisé pour son activité Cloud.

En effet, en multipliant par douze les revenus de ses différents services Cloud – qui incluent notamment Azure, les différentes déclinaisons de Office 365 et Dynamics 365 – enregistrés sur le dernier mois du trimestre (en l’occurrence le mois de septembre), Microsoft affiche 20,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires annualisé sur le Cloud. Ce seuil des 20 milliards implique que le Cloud devrait dépasser pour la première fois 20% des revenus de Microsoft, alors que ce ratio n’était que de 5% début 2015, ont souligné les analystes de la banque d’investissements KeyBank.

In fine, Microsoft affiche une progression de 12% de ses revenus sur le trimestre, à 24,54 Md$, et une progression de 16% de son bénéfice net, à 6,58 Md$. Une performance qui a permis à sa capitalisation boursière de repasser au-dessus des 600 milliards de dollars pour la première fois depuis l’éclatement de la bulle Internet il y a 17 ans.

Julien Corti, Digital CMO

IBM annonce qu’il va renouer avec la croissance à partir du premier trimestre 2018, après 5 ans et demi de baisse ininterrompu de son chiffre d’affaires.

IBM a publié mardi ses résultats pour le trimestre clos fin septembre. Bien que le chiffre d’affaires soit en recul de 1% – pour le 22ème trimestre consécutif – à 19,15 milliards de dollars, et que le bénéfice cède 4,5% à 2,7 milliards de dollars, la bourse a salué ces résultats meilleurs que prévu (le consensus attendait 18,6 milliards de revenus et un bénéfice par action inférieur) par une hausse de 5% du cours au lendemain de l’annonce.

Le marché a notamment été rassuré par la déclaration d’IBM selon laquelle le groupe renouerait avec la croissance dès le trimestre prochain après 5 ans et demi de baisse ininterrompue. Autre bonne nouvelle : après un tassement au trimestre dernier, la croissance de ce qu’IBM appelle ses « impératifs stratégiques » – qui recouvrent ses activités cloud, analyse de donnée (dont l’intelligence artificielle), sécurité et mobilité – est repartie à la hausse (+11%) pour s’établir à 8,8 milliards de dollars, soit 46% de son chiffre d’affaires total. Et le chiffre d’affaires “logiciels” de la société a également augmenté pour la première fois après 13 trimestres consécutifs de baisse.

IBM insiste notamment sur l’augmentation de 20% de ses revenus cloud, à 4,1 milliards de dollars. Sur douze mois glissants, IBM revendique ainsi 15,8 milliards de facturations cloud, ce qui en fait potentiellement le troisième acteur cloud mondial derrière Microsoft et – probablement – juste derrière Amazon (qui ne dévoilera ses résultats que dans quelques jours) mais devant Salesforce ou Oracle. Sauf que, dans ces 15,8 milliards d’euros, 7 milliards sont en réalité des solutions d’infrastructures (matériels, logiciels et services) destinées aux clouds privés des clients. Seuls 8,8 milliards sont des solutions « fournies sous forme de services ». Ce qui ramène IBM, au cinquième rang des fournisseurs de services clouds derrière Salesforce et SAP. Mais là encore, la croissance a tendance à fléchir par rapport à 2016 où les revenus du Cloud avaient progressé de 35%.

Dans le domaine des solutions cognitives, la croissance a plutôt tendance à s’accélérer (de 2% en 2016 à 3% sur le trimestre). Mais là encore, cette évolution, positive en apparence, cache un recul de la croissance des offres regroupées dans la catégorie solutions logicielles (on y trouve notamment l’analytique, la sécurité, la business intelligence, l’intelligence artificielle, les objets connectés…), qui recule de 5% à 3%. Difficile toutefois de savoir ce qui cause ce recul car, à lire les communiqués d’IBM, tout est en progression : la sécurité (+49%), la technologie d’IA Watson (une progression « à deux chiffres d’un trimestre à l’autre »), et la business intelligence & data discovery (hausse à trois chiffres).

Julien Corti, Digital CMO

Au-delà du marketing et du penchant pour l’esbrouffe de son président exécutif et directeur technique Larry Ellison, Oracle a semble-t-il marqué les esprits cette année par la consistance de ses annonces lors d’Open World, sa grand’messe annuelle, qui s’est tenue la première semaine d’octobre à San Francisco.

Ainsi, dans sa version 18c, annoncée pour décembre, sa base de données transactionnelle devient « autonome ». En clair : toutes les mises à jour, les patchs, les réglages et les contrôles seront désormais automatisés, ce qui devrait se traduire par des réductions de coûts d’exploitation significatifs pour les entreprises clientes. Bien-sûr, cette fonction d’autonomie ne pourra être activée que si la base de données est fournie par Oracle sous la forme d’un service cloud – on parle de data warehouse as a service – ou via son offre Cloud at Customer, qui repose sur des machines déployées et gérées par Oracle dans les datacenters des clients.

Fidèle à son habitude, Larry Ellison n’a pas manqué de désigner l’ennemi et de l’égratigner en assurant que la version 18c reviendrait « moins de la moitié de ce qu’Amazon facture à ses clients ». Une façon d’attirer l’attention du marché sur son offre mais également de montrer la détermination d’Oracle en matière de Cloud.

Selon son PDG, Mark Hurd, 80% des charges de travail de production s’exécuteront dans le Cloud d’ici à 2025 contre seulement 14% aujourd’hui. L’enjeu pour Oracle est donc d’arriver à diriger vers son propre Cloud l’énorme base installée sur site que les clients ne vont pas manquer de migrer en disqualifiant autant que possible les alternatives proposées par Amazon telles que RedShift (data warehouse as a service) ou Aurora (base de données managée).

Autre tendance lourde : l’intelligence artificielle qui commence à irriguer l’ensemble de ses applications Cloud avec notamment l’intégration de fonctionnalités d’apprentissage automatique visant à améliorer la collecte et la gestion des données et à fournir des recommandations pour optimiser les décisions. Oracle a ainsi annoncé une famille d’applications baptisées Adaptative Intelligent Apps qui viendront enrichir ses principales solutions Cloud telles que HCM (gestion des ressources humaines), ERP et SCM (Supply Chain Management). Mais sa suite de gestion de la relation client CX Cloud (Customer Experience), qui inclut notamment son outil de gestion de campagnes marketing et son outil de gestion des ventes, est aussi concerné.

À surveiller enfin : l’annonce d’investissements conséquents dans NetSuite, l’ERP Cloud qu’Oracle a acquis pour 9,3 milliards de dollars l’année dernière – et qui est en cours l’implantation en France – et le lancement d’un service cloud Blockchain destiné à « sécuriser les transactions et la collaboration entre entreprises ».

Julien Corti, Digital CMO

Microsoft Experiences, qui vient de fermer ses portes, est un bon révélateur des tendances business et technologiques qui vont occuper le devant de la scène IT ces prochains mois (voir la vidéo). En l’occurrence, l’une des thématiques majeures de l’édition 2017 de la grand’messe Microsoft aura été l’intelligence artificielle (IA). Une technologie matérialisée par son offre Cognitive Services.

Comme le Cloud avant elle, l’intelligence artificielle reste un concept flou pour la plupart des clients. Une étude commandée à IDC pendant l’été auprès de 150 entreprises de plus de 500 salariés montre ainsi que les deux tiers des répondants estiment avoir une connaissance moyenne ou mauvaise de ce qu’est l’intelligence artificielle. Et la proportion de d’entreprises ayant déjà réalisé des maquettes ou déployé des projets reste très faible (12%). Mais on peut compter sur Microsoft et la puissance de son marketing pour rapidement installer le concept dans les esprits et le transformer en business sonnant et trébuchant.

Microsoft s’y est d’ailleurs employé à l’occasion de cette édition 2017 de Microsoft Experiences en présentant un certain nombre d’exemples concrets de projets déployés et de cas d’usages.

La présidente de Schneider Electric France, Christel Heydemann est ainsi venu expliquer comment son groupe utilise la technologie d’intelligence artificielle de Microsoft pour analyser les millions de données produites par ses capteurs et autres objets intelligents répartis dans les bâtiments que le groupe équipe et optimiser la consommation énergétique de ces derniers.

Microsoft a également présenté le témoignage du professeur Olivier Lucidarme, chef du service de Radiologie polyvalente et Oncologique de l’Hôpital la Pitié Salpêtrière, lequel a montré comment les fonctions d’analyse de données et de d’apprentissage (deep learning) de l’IA de Microsoft permettait d’améliorer le diagnostic des patients atteints du cancer.

Toujours dans le domaine de la santé, la société Equadex a montré son application de communication par pictogrammes à destination des enfants autistes Helpicto, qui s’appuie sur les capacités de reconnaissance d’image, de reconnaissance vocale et de traduction du langage des Cognitive Services de Microsoft.

Si la santé apparaît avec la finance comme le secteur où l’utilisation des technologies d’intelligence artificielle est le plus avancé, le marketing ressort comme l’un des métiers les plus prompts à s’en emparer avec trois principaux cas d’usages mis en exergue : l’optimisation et l’automatisation des campagnes, la personnalisation avancée et les préconisations en temps réel.

Julien Corti, Digital CMO

Sendinblue vient de lever 30 millions d’euros auprès de Partech Ventures  alors qu’il affirmait il y a un an que l’entreprise n’envisageait pas de levée de fonds (voir l’article). A quoi cet apport va-t-il servir ? Les réponses d’Armand Thiberge, Pdg et fondateur de Sendinblue.

  • Quels sont les objectifs visés par Sendinblue avec cette levée de fonds de 30 millions d’euros ?

Armand Thiberge : Il y en a au moins trois. Le premier est d’accélérer le développement de nouvelles briques technologiques à nos solutions de marketing, notamment dans le domaine du display, qu’il s’agisse des réseaux sociaux ou de la vidéo. Il faut savoir que Sendinblue n’a pas de commerciaux et focalise ses investissements sur ses technologies, qui se vendent “toutes seules” ou sont préconisées par des partenaires. Les deux autres grands objectifs sont logiquement liés à cette stratégie : d’une part, nous recruterons une centaine de personnes d’ici fin 2018, ce qui va plus que doubler notre effectif*; d’autre part, nous allons développer de nouveaux partenariats. Jusqu’à présent, nos solutions pour les PME étaient centrée sur la fidélisation des clients. Avec l’ajout de cette brique “display”, nous allons proposer de nouveaux outils dédiés à l’acquisition. Depuis notre création en 2012, nous avons eu une croissance moyenne supérieure à 100% : cette levée de fonds de 30 millions d’euros va nous permettre de conserver ce rythme et de rester rentables.

  • Allez-vous ouvrir de nouvelles implantations ?

Armand Thiberge : Non, ce n’est pas prévu. Nous allons développer nos trois implantations actuelles, c’est-à-dire Paris, Noida en Inde et surtout Seattle aux Etats-Unis, mais nous ne prévoyons pas d’ouvrir de nouveaux bureaux pour l’instant. Quant à la commercialisation de nos nouvelles technologies, elle va débuter dès la fin 2017 et être intégrée à l’ensemble de nos offres courant 2018.   

 

  • L’an dernier à la même époque, vous esitmiez qu’il était important de proposer de nouveaux indicateurs aux PME afin de démontrer le retour sur investissement du marketing : où en êtes-vous ?

Armand Thiberge : Le développement de la nouvelle brique display est une partie de la réponse, car il permet d’accéder à un nombre d’indicateurs plus nombreux. Les campagnes “display” sont logiquement payantes, mais elles offrent une plus grandes visibilité et se traduisent très vite par l’acquisition de nouveaux clients. D’une manière générale, la tendance forte que nous identifions pour le marketing en 2018 est que les TPE et les PME sont désormais suffisamment matures pour avoir comme les grandes entreprises une approche multicanal.

Propos recueillis par Julien Corti, Digital CMO

* 90 personnes en septembre 2017