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“Excel killer” : le surnom d’Anaplan est à la fois explicite et lourd à porter. Cela ne gène pas outre mesure la startup, qui vient de lever, début décembre 2017, 60 millions de dollars (la sixième depuis sa création, pour un total de 300 M$). Entretien avec Brice Faure, le nouveau Directeur Général d’Anaplan France, arrivé en septembre 2017 après avoir passé près de 8 ans chez SAP.

Anaplan

  • Anaplan a été créé en 2007 par un ancien de Cognos/Adaytum Software, Michael Gould, et va donc fêter ses 10 ans : peut-on encore parler d’une startup ?

Brice Faure : Les statuts ont été déposés en 2007, mais le véritable démarrage d’Anaplan date de 2011. En 6 ans, Anaplan est passé d’une poignée de collaborateurs à 700 salariés et compte 800 clients dans le monde, soit plus de 120 000 utilisateurs. Nous avons donc toutes les raisons d’être fiers de ce parcours qui s’apparente à celui d’une startup en forte croissance.

  • Vous portez toujours le surnom de “Excel killer” : n’est-ce pas trop lourd à porter ?

Brice Faure : Anaplan a lui-même utilisé ce raccourci de langage pour faciliter la présentation de sa solution. Ce n’est plus le cas. Nous disons plutôt qu’elle associe la simplicité d’un tableur aux fonctionnalités évoluées des outils de planification et d’aide à la décision dont ont besoins les services des ventes, des finances, du marketing, de la supply chain, etc.

  • De ce point de vue, Anaplan s’adresse donc à tous les services de l’entreprise ?

Brice Faure : La plateforme a été conçue comme un planning “transverse”, qui peut être partagé par tous les services de l’entreprise. Il contribue ainsi à faire en sorte que les “silos” communiquent entre eux, sinon à les faire disparaître à terme. Au final, l’argument principal d’Anaplan est qu’il fait gagner du temps aux entreprises en faisant travailler les différents services ensemble et en même temps.

  • Dans ce cas, qui sont vos interlocuteurs au sein des entreprises ?

Brice Faure : Nos interlocuteurs historiques sont les directions administratives et financières (les DAF). C’est toujours vrai en Europe du Sud, mais nous travaillons de plus en plus avec les directions commerciales aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons. Par ailleurs, comme nous portons un discours “disruptif”, nous rencontrons de plus en plus fréquemment les Directions des Systèmes d’Information et les responsables de la transformation digitale.

  • Vous avez de nombreux concurrents, dont Salesforce, qui participe à ce dernier tour de table : comment l’expliquez-vous ?

Brice Faure : Par le fait que nous ne sommes pas un concurrent frontal de Salesforce. Nous sommes plutôt complémentaires, et nous sommes en mesure de former un tandem efficace.

  • Combien y a-t-il de salariés chez Anaplan France ?

Brice Faure : Nous sommes aujourd’hui 50, soit 10 personnes de plus que lorsque je suis arrivé en septembre. Nous sommes également présents dans plusieurs autres pays d’Europe, comme la Hollande ou le Royaume-Uni, ce qui représente un effectif global de 150 personnes. La grande nouveauté, c’est l’ouverture d’une filiale en Allemagne, où nous allons construire un datacenter à vocation européenne, ce qui était l’un des buts de cette sixième levée de fonds.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO


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