DigitalCMO

Les coûts de la vie sont certes plus élevés à San Francisco qu’à Paris. Il n’empêche qu’un salaire mensuel moyen de 11 360 €, cela donne à réfléchir…

Les mieux payés se trouvent dans la baie de San Francisco : en moyenne, les informaticiens (principalement les développeurs) touchent là-bas 11 360 € par mois. Cette moyenne a été calculée par le site « Hired »sur la base de 420 000 entretiens. La première surprise, c’est que ce « record » de la baie de San Francisco ne cesse de gonfler. Premier territoire depuis 3 ans, la baie de San Francisco s’offre de luxe de progresser encore de 5% par rapport à 2016. Certes, le coût de la vie est plus élevé à San Francisco qu’à Paris (plus de 1 000 € de différence entre le loyer, la nourriture, etc.), mais Paris se situe bien en 13ème et dernière position de ce « Top » mondial, qui a été élargi de 10 à 13 pour pouvoir intégrer les « pauvres » villes non étasuniennes, comme Londres (Angleterre), Toronto (Canada) ou Paris (France), bonne dernière, avec quasiment trois fois moins que dans la baie de San Francisco !

Les 9 autres territoires « qui paient bien » sont quasiment tous aux Etats-Unis : Seattle 105 600 €/an, Los Angeles (103 200 €/an), New York (103 000 € environ), Austin au Texas (94 400 € annuels mais des coûts de la vie peu élevés), Boston, (idem), Washington DC (92 800 €/an), Chicago (90 400 €/an), Denver (89 600 €)/an) ou San Diego (86 400 €/an, soit un salaire brut mensuel de 7 200 €).

Les informaticiens parisiens pourront se consoler en se disant que vivre à Paris « côte » 1,6 fois moins cher que de vivre dans la baie de San Francisco. De la à avoir des salaires trois fois moins élevés… Les informaticiens « de province » pourront toujours regretter d’avoir des salaires deux fois moins élevés que leurs confrères franciliens, mais bons, par rapport à leurs équivalents le la baie de San Francisco, ils coûtent 6 fois moins cher…

Pascal Boiron , Digital CMO

Alors même que la transformation digitale a largement envahi la fonction Finance, la question se pose de l’évolution du métier de DAF. Censé conduire ce changement majeur au service de la performance globale de l’entreprise, le DAF est-il condamné à sa propre mutation ? Marc PUYOULET, Directeur Général du Cabinet HUDSON, acteur majeur en France et à l’International du conseil RH et du recrutement de dirigeants, nous éclaire sur les nouvelles attentes des entreprises dans la sélection de leur DAF.

 

Digital CMO – Avez-vous récemment identifié une évolution significative dans les profils de DAF recherchés par vos clients ? La maîtrise des technologies innovantes est-elle une qualité déterminante ?

Marc PUYOULET : Les profils de DAF recherchés par nos clients dépendent de la stratégie qu’ils initient ou conduisent, stratégie de transformation – et de développement – pour l’essentiel dans les temps présents.

A ce niveau, l’expertise en technologies innovantes et l’optimisation des processus qui en découle constituent bien évidemment des pré requis.

Dans tous les cas, les principales qualités recherchées chez un DAF seront sa polyvalence, son leadership et l’appui, clair, solide, concret, qu’il est en mesure d’offrir à un DG et un COMEX.

En effet, les données financières étant désormais issues de process automatisés et de mieux en mieux optimisés, la mission du DAF est plus que jamais d’aider à piloter la performance et d’apporter une plus value tangible, fiable et utile aux métiers. Il est devenu un vrai business partner.

En lien étroit avec les RH, il doit aussi veiller à gérer les talents au sein de ses équipes, en détectant les meilleurs profils et en identifiant les futurs dirigeants, en les développant et en faisant grandir tous les talents.

Digital CMO –  Ces changements se sont-ils accompagnés d’une évolution du portrait-robot du DAF idéal, tranche d’âge et filière de formation ?

Marc PUYOULET : L’enchaînement Ecole de commerce-Cabinet d’Audit-DSCG et DEC- Direction Financière reste un parcours privilégié, une sorte de voie d’excellence. Néanmoins, on voit de plus en plus de DAF issus de formations différentes, souvent techniques, en particulier des ingénieurs ayant validé des passages opérationnels et financiers – en M&A par exemple – à l’international, qui leur donnent une vision transversale, structurante et concrète du business.

De même, il n’est plus nécessaire d’afficher un grand nombre d’années d’expérience. Sans doute du fait de la parfaite maîtrise des outils digitaux et de l’automatisation sécurisée et efficace des données, la fonction s’ouvre de plus en plus à des jeunes issus de la génération Y.

L’évolution de la profession qui fait émerger des qualités d’analyses prédictives et de plus en plus prescriptives, requiert des compétences qui vont bien au-delà de la maîtrise de données financières brutes et totalement automatisées.

Digital CMO – Le digital est aujourd’hui présent dans tous les métiers, le Cabinet de recrutement HUDSON se sent- il menacé par l’émergence de plates-formes de mise en relation directe entre employeurs et candidats et l’omniprésence des réseaux sociaux, LINKEDIN en particulier ?

Marc PUYOULET : Les plates-formes, les réseaux sociaux ou les algorithmes peuvent sans conteste apporter une aide ponctuelle dans le recrutement de jeunes professionnels sur des postes assez formatés et dans des contextes de volume et de rapidité.

En revanche, dès qu’il s’agit de profils plus aguerris et qu’au-delà du projet professionnel s’invite une problématique plus vaste de projet de vie et/ou d’entreprise, la vision à 360° et les conseils personnalisés que peuvent apporter les consultants d’HUDSON font la différence tant auprès des clients que des candidats. On n’est alors plus dans le numérique : on est dans l’humain !

Dans une étude récente, le cabinet d’études américain eMarketer prévoit une diminution de la part de marché mondiale de Google et une forte augmentation de celle de Facebook sur le marché mondial de la publicité digitale. Le cabinet d’études estime notamment que le marché mondial de la publicité digitale passera de 228 milliards de dollars en 2017 à un peu plus de 306 milliards de dollars en 2019.

Facebook 19,2 % d’un marché mondial estimé à 306,6 milliards de dollars en 2019

Alors que par la voix de Marc Zuckerberg lui même, Facebook vient d’annoncer une refonte complète de son algorithme, afin de privilégier les échanges et les interactions entre membres plutôt que la mise en avant des informations des marques et des médias dans son fil de news, le cabinet eMarketer prévoit que la part de marché de Facebook va passer au niveau mondial de 16,9 %  19, 4 % entre 2017 et 2019.

Le cabinet d’études estime que celle de Google va en revanche baisser – certes, faiblement  – pour passer de 31,7 % à 31,2 % du marché mondial. En plein débat sur les « Fake News » (notamment en France, où le président de la république Emmanuel Macron est directement intervenu sur le sujet, par le biais d »une proposition de  projet de loi), il semble que les contenus de Facebook ne freinent pas la volonté des marques d’investir sur le réseau social sur le moyen terme. Selon eMarketer, Facebook a devant lui deux années de forte croissance. Une analyse en contradiction avec les propos de Mark Zuckerberg dans son billet, dans lequel il estimait que les changements en cours pour « réparer son réseau » ne serait pas du goût des investisseurs en donnant moins la priorité à l’audience des marques.

A qui Facebook va prendre des parts de marché ?

D’après les chiffres de eMarkerter, Facebook devrait prendre des parts de marché à la catégorie « autres », notamment aux médias traditionnels, qui verraient leur part de marché chuter de 31,4 % du marché mondial à 23,5 %. Un phénomène qui serait aussi porté par la montée en puissance des acteurs chinois du web, tels Alibaba, Baidu et Tencent, dont la part de marché cumulée serait à l’horizon 2019 de 19,1 % du marché mondial. A noter également que eMarketer prévoit que Amazon dépassera les 1 % du marché mondial en 2019 et que Twitter progressera pour représenter 1,2 % du marché mondial.

La Rédaction, Digital CMO

 

Discret mais imposant (près de 40 000 salariés pour 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires), le groupe Webhelp, spécialisé dans l’expérience client, a lancé en décembre son incubateur de startups, baptisé « The Nest ». Entretien avec son directeur, Stéphane Rebert.

  • Quel est le concept de « The Nest by Webhelp » et pouvez-vous rappeler la légitimité de Webhelp dans le domaine des startups, sachant que le groupe reste peu connu en France ?

Stéphane Rebert : Le groupe Webhelp pourrait effectivement être plus connu en France, car il a été créé dans l’Hexagone voici 17 ans. Il pèse aujourd’hui 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et emploie près de 40 000 personnes dans 28 pays. Quant à son métier, rappelons qu’il est le leader européen de l’expérience client et de l’externalisation des processus métiers (ou BPO).

Webhelp n’est certes plus une startup, mais elle en a été une, en a accompagné plusieurs avec succès – dont CDiscount, Direct Energie ou Voyage-Privé, par exemple – sans oublier le fait qu’elle a fait l’acquisition de nombreuses jeunes entreprises innovantes, comme Netino dans le domaine des médias sociaux, MyStudioFactory dans celui de la stratégie digitale, Direct Medica dans celui des relations multicanal entre professionnels de santé, etc. Cette stratégie proactive a permis au groupe de faire progresser son chiffre d’affaires de 250% au cours des quatre dernières années. Cela étant dit, Webhelp voulait démontrer qu’il avait beaucoup d’intérêt pour les startups et qu’il pouvait leur apporter énormément. C’est de ces constats qu’est né l’incubateur « The Nest by Webhelp », qui accompagne quatre entreprises pour l’instant, mais l’objectif est d’en accompagner une dizaine chaque année et d’étendre l’expérience à d’autres pays que la France.

logo

  • Qui sont les quatre premières startups sélectionnées, selon quels critères ont-elles été retenues et quelles actions menez-vous pour les accompagner ?

Stéphane Rebert : Les quatre premières startups accompagnées par « The Nest by Webhelp » sont : Bnbsitter (un service de conciergerie pour les propriétaires qui proposent leur bien immobilier via des sites de location entre particuliers, comme Airbnb, qui est partenaire), Virtuo (la location de voitures nouvelle génération), Zenpark (le plus grand réseau de parkings partagés intelligents) et Abiento (services client, clés en main, pour les e-commerçants).  Nos actions sont dictées par trois axes essentiels : le mentoring (notamment assuré par des membres du comité exécutif ou du comité de direction du groupe), la facilitation des levées de fonds (associée à notre expérience, à notre carnet d’adresses, à notre cautionnement…) et les animations (dont les ateliers, l’hébergement une demi-journée par semaine dans nos locaux franciliens).

Les critères de sélection sont liés à notre veille ou aux demandes – nombreuses – qui nous sont adressées. En l’occurrence, nous prêtons une attention toute particulière au potentiel de développement de l’offre et à la possibilité d’avoir très vite une approche internationale.

  • Comment une startup française qui a – a priori – peu de moyens peut-elle avoir d’emblée avoir une politique commerciale internationale ?

Stéphane Rebert : C’est justement ce que le groupe Webhelp leur apporte. Notre implantation internationale est suffisante pour leur permettre de proposer des services 7/7 jours et 24/24 heures dans tous les pays. Nous apportons également des solutions concrètes dans les domaines de la saisonnalité, des tâches fastidieuses (comme la surveillance des parkings – et des « barrières » – ou les « état des lieux » pour les locations…). Enfin, n’oublions pas les apports que nous pouvons avoir – en tant qu’émanation du groupe Webhelp – dans le domaine de l’analyse du parcours client. En la matière, les études confirment notre conviction : l’expérience client sera le principal critère de différentiation dès 2020. Dont acte !

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

La montée en puissance de Statista dans les médias français est impressionnante. A l’heure où l’entreprise s’apprête à lancer une enquête dédié aux services marketing, Digital CMO a interrogé le responsable commercial de Statista pour la France, Alexandre Arslan.

Logo_Statista_3

  • Statista et ses infographies sont de plus en plus visibles dans les médias français depuis quelques mois : quel est le parcours de cette entreprise qui semble sortir de nulle part ?

Alexandre Arslan : Le nom « Statista » était peu connu en France jusqu’à l’an dernier, mais l’entreprise n’est pas nouvelle : elle a été créée en 2007, voici plus de 10 ans, par deux anciens collaborateurs du Boston Consulting Group. Ils ont fondé l’entreprise en Allemagne, puis elle s’est développée dans les pays germanophones, avant de se déployer en Amérique du Nord, en Asie et dans toute l’Europe. Aujourd’hui, Statista couvre 130 pays, propose plus d’un million de statistiques issues de 22 500 sources sources, avec près de 500 salariés de 30 nationalités différentes. Nous comptons 7 500 clients entreprises et près de 5 millions de visiteurs uniques par mois. Concrètement, Statista identifie et collecte des statistiques et les regroupe sur une plateforme destinée aux professionnels de l’information, mais également – et de plus en plus – aux services marketing ou aux départements stratégie et  « business development ». L’idée de base est simple : faire gagner du temps aux uns et aux autres en mettant en forme les statistiques et en les rendant facilement exportables, notamment vers PowerPoint ou Excel ou au format PDF.

  • Le modèle de Statista ne conduit-il pas à « uberiser » le marché des études ?

Alexandre Arslan : Notre but n’est pas concurrencer directement les instituts d’étude. Nous sommes pour eux des partenaires et d’importants clients. Par ailleurs, il faut préciser que ces sources privées représentent 41% de nos statistiques, contre 21% pour les données en libre accès (INSEE, Eurostat, OCDE…) et 38% pour les données que nous produisons nous-mêmes, grâce au travail de notre cellule qui réunit plus de 40 personnes. Ce service interne amène Statista à produire chaque année plus de 200 rapports sectoriels, d’une cinquantaine de rapports dédiés à des pays, de 20 à 30 études d’opinion et de trois moteurs de prévisions de marchés : digital markets, consumer markets et automotive markets. De ce point de vue, on comparer le positionnement de Statista dans les études à celui de Netflix dans la production audiovisuelle.

  • Statista s’apprête à aller plus loin dans la production de ses propres statistiques avec le « Global Consumer Survey ». De quoi s’agit-il ?

Alexandre Arslan : Le lancement de ce service est prévu pour cette mi-février 2018. Il s’agira du plus grand projet de market research jamais entrepris par Statista : un panel de 50.000 personnes dans 20 pays concernant 400 marques. Le Global Consumer Survey se destine en particulier aux professionnels des agences de communication et des agences média en demande d’un nouvel outil de targeting d’audience et de média planning.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

En 2018 au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas , la délégation française de startups sur l’Eureka Park vient taquiner celle des Etats-Unis, avec 274 entreprises contre 280 pour les USA. Mais ce n’est pas la seule tendance lourde à retenir de cette édition 2018, lon de là !

chartoftheday_12427_la_france_en_force_au_ces_2018_n

Pour commencer, il faut rappeler que la présence de la France au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas n’a jamais été aussi importante et que l’Hexagone est désormais pris au sérieux sur ce créneau : 274 startups françaises étaient présentes sur l’Eureka Park (autrement dit, une partie de leur présence était financée par l’Etat français), soit quasiment autant que la délégation étasunienne (280 entreprises). Mieux, l’ensemble des startups françaises présentes sur le salon atteignait 320, soit pratiquement 5 fois plus qu’en 2015. Dès l’ouverture du salon, il était acquis qu’elles se partageraient au moins 42 CES Innovation Awards.

Outre les innovations « attendues » chez les grands constructeurs du numérique, notamment dans les domaines des écrans souples, des assistants vocaux, des ordinateurs portables, des drones, etc., cette édition 2018 du CES confirme la tendance qui se faisait jour dès les précédentes éditions, à savoir la montée en puissance du numérique dans d’autres industries, comme l’automobile, le bâtiment, l’énergie, la santé… Avec environ 170 000 visiteurs attendus et 4 000 exposants, le CES de Las Vegas est aujourd’hui le plus grand salon mondial dédié aux nouvelles technologies, ce qui fait de l’événement une rampe de lancement de plus en plus appréciée par les constructeurs automobiles et leurs équipementiers. Parmi eux, ont peut notamment citer Byton, qui présente un SUV électrique doté d’un écran géant de 1,25 mètre de diagonale (vendu seulement 37 500 euros) ou encore Valeo et son concept de voiture urbaine électrique à 7 500 euros !

Par ailleurs, il faut noter que le salon a été victime le mercredi 10 janvier d’une panne électrique qui a duré plus de deux heures et qui n’a pas manqué d’amuser les délégations étrangères, dont les pays ont souvent été moqués par les Etats-Unis pour leur manque de professionnalisme. C’est notamment le cas pour la France, régulièrement citée comme un pays peu fiable. En l’occurrence ce « coup de la panne » du CES aura bien servi les intérêts hexagonaux.

La Rédaction, Digital CMO

Salesforce a tenu cet automne 2017 son grand événement annuel “Dreamforce”, au cours duquel il a multiplié les annonces et mis en avant plusieurs grands clients, dont la grande entreprise française Michelin. Retour sur la stratégie de Salesforce avec son Directeur Marketing pour la France, Olivier Nguyen.

Dreamforce National Park Logo

Salesforce a fait de nombreuses annonces à l’occasion de son grand rendez-vous annuel Dreamforce, qui avait lieu cet automne 217 à San Francisco. Les annonces ont notamment concerné sa solution d’intelligence artificielle “My Einstein” ou la plateforme de formation “My Training”. Dreamforce a également été l’occasion de mettre en avant l’important contrat (plusieurs millions d’euros) entre Salesforce et Michelin, signé à l’été 2016 et dont le déploiement sera finalisé en 2018. Pour rappel, Michelin emploie environ 120 000 personnes, est présent dans 170 pays et réalisait en 2016 un chiffre d’affaires de près de 21 milliards d’euros.

Salesforce_Logo_4C_8_13_14

  • Quelles annonces retenir de toutes celles qui ont été faites durant le Dreamforce 2017 ?

 

Olivier Nguyen : Salesforce n’est plus une startup. C’est une entreprise qui a 19 ans et si les annonces ont été nombreuses, c’est justement pour démontrer que l’expérience accumulée par salesforce lui permet d’annoncer à la fois une solution innovante dans le domaine de l’intelligence artificielle, “Einstein”, une nouvelle plateforme de formation “My Training”, un accord avec Google pour que ses indicateurs analytiques alimentent directement nos applications, la mise à jour trois fois par an des nouveaux services, etc.

  • N’est-il pas frustrant pour le marketing français que ce soit le marketing des Etats-Unis qui communique sur l’un des plus beaux cas clients de salesforce, l’industriel français Michelin ?

 

Olivier Nguyen : Non ! D’une part, cela nous permet de rappeler que ce partenariat a été initié en France dès 2016, lorsque Michelin a commencé à communiquer fortement sur son programme de transformation numérique “Engage” . D’autre part, le projet a démarré en Amérique du Nord et il est logique que la communication parte en premier lieu de ce territoire. Il faut savoir que Salesforce a mis en place une équipe de 20 personnes aux Etats-Unis, épaulé par 40 experts de l’entreprise de services du numérique CGI. C’est un client stratégique et il est logique qu’il soit traité comme tel.

  • Le positionnement de Salesforce a-t-il changé ? L’entreprise s’intéresse-t-elle désormais plus aux grands comptes qu’aux PME ?

 

Olivier Nguyen : Ce serait nous faire un mauvais procès. Nous parlons logiquement des grandes marques parce que ce sont des références que tout le monde connaît, mais nous ne nous désintéressons pas des PME et des TPE, au contraire. Avec le montée en puissance du cloud, il suffit d’avoir une connexion Internet pour accéder à nos solutions, ce qui est le cas de la quasi totalité des entreprises. Cela signfie également que nous ne demandons pas aux entreprises de réaliser au préalable des investissements coûteux en matériels. Concrètement, il suffit de consulter notre catalogue de références clients pour constater que Salesforce s’adresse à tous les secteurs d’activité et aux entreprises de toutes les tailles.

Concrètement, nous comptons parmis nos clients un tiers de TPE et de PME, un tiers d’ETI (selon nous, de 100 à 2 000 salariés et un tiers grandes entreprises. Mieux, il faut savoir que lorsque nous fournissons un outil prédictif à une TPE, il s’agit de la même technologie que celle que nous installons chez les grands comptes. Autrement dit, notre positionnement n’a pas changé en terme de “cibles” de clientèles.

  • Salesforce se focalise pourtant aujourd’hui sur la transformation numérique, qui concerne en premier lieu les grandes entreprises…

 

Olivier Nguyen : Quelle que soit leur taille, les entreprises doivent aller de plus en plus vite. Dans cette optique, nous tenons à ce qu’elles aient toutes accès aux mêmes technologies, y compris celles de l’intelligence artificielle. Là encore, quel que soit le secteur d’activité et la taille, le but est de réduire le plus possible le délai entre l’idée et la mise sur le marché. Pour cela, les entreprises peuvent “piocher” chez Salesforce des outils davantage dédiés au marketing, à la supply chain, au e-commerce… C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi d’adapter une tarification fondée sur le nombre d’utilisateurs et non sur l’accès aux outils.

  • Salesforce est présent dans le domaine de l’intelligence artificielle, mais semble ne pas s’inréresser de près à l’Internet des objets ou à la blockchain, et sa présence auprès des directeurs généraux paraît insuffisante : que répondez-vous ?

 

Olivier Nguyen : Que ces reproches ne sont pas justifiés ! Première démonstration : l’Internet des objets; Nous avons lancé une solution baptisée “My IoT”, et plusieurs entreprises sont en train de la tester. Deuxième remarque : la blockchain. Non seulement nous nous intéressons au sujet, mais nous ferons prochainement des annonces fortes dans ce domaine. Quant à nos relations avec les directions générales, elles sont plus que fructueuses. C’est devenu un poncif de dire que les Directeurs Généraux doivent être impliqués dans la transformation numérique de leur entreprise. Ce que nous voulons faire avec eux, c’est impliquer l’ensemble des services et des salariés.

Enfin, je voudrais conclure sur une dernière note optimiste. Salesforce compte désormais 27 000 collaborateurs dans le monde et l’entreprise souhaite s’ancrer davantage sur chacun des territoires. En l’occurrence, le fait que plusieurs grandes entreprises françaises aient été mises en valeur lors du Dreamforce 2017 est plutôt le signe de la vitalité de l’Hexagone, qui est la pointe de la “quatrième révolution industrielle” !

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO   

Le cabinet Markess vient de rendre publique l’étude réalisée pour le CMIT (Club des Directeurs Marketing et Communication de l’IT. Il en ressort notamment que la quasi totalité des services marketing auront automatisé d’ici 2020 les tâches répétitives qui ne nécessitent pas d’intervention humaine.

Selon l’étude de Markess réalisée à l’initiative du CMIT, “96% des directeurs marketing auront automatisé plusieurs tâches ou actions successive sans intervention humaine”. Sur la base de ce constat sans nuance le cabinet précise que, d’ici 2020, “74% des décideurs interviewés automatiseront l’orchestration et la gestion de leurs campagnes marketing. L’enjeu sera une gestion centralisée des campagne marketing : moins d’efforts, plus de résultats, le directeur marketing combinera les outils de CRM (customer Relationship Management), CIM (customer Interaction Management ou management des interactions client) et la création de contenu.

Ce constat amène logiquement à se poser la question de la place du directeur marketing au sein des futurs organigrammes : “Le marketing se transforme, et les marketeurs aussi ! L’évolution de notre métier ne s’est pas achevée avec la digitalisation. La course à l’innovation technologique que nous vivons, et qui bouleverse nombre de modèles traditionnels, engage vers des nouveaux usages clients, de nouveaux réflexes marketing, et aussi de nouveaux outils (Automatisation, IA, DMP etc.).”, répond Jean-Denis Garo, Vice-président du CMIT et Directeur Marketing de Mitel Europe Europe du Sud.  

Autre tendance forte relevée par l’étude : “Les marketeurs préparent aussi l’arrivée de l’intelligence artificielle dans la gestion des campagnes de marketing et mèneront/ maintiendront les investissements dans des outils à valeur ajoutée. 74% des décideurs marketing mentionnent qu’ils feront appel à de l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre de leurs projets d’automatisation de leurs campagnes.

Enfin, elle note que “53% des marketeurs souhaitent renforcer la personnalisation et la connaissance des clients grâce à un mécanisme de reciblage/retargeting plus performants et pertinents pour les sites web et les plateformes d’e-commerce. Entre 2016 et 2020, l’investissement dans la DMP (data management platform) sera multiplié par 4.”

Conclusion de Markess, par la voix d’Emmanuelle Olivié-Paul, Directrice Associée de Markess :”Sur la période 2017-2020, la demande des décideurs marketing restera soutenue en logiciels et solutions applicatives liés à l’automatisation de campagnes marketing, à l’analyse de données clients (analyse prédictive, de big data, de données non structurées) et de plates-formes de gestion des données (DMP – Data Management Platform). Une autre grande tendance se dessine. Il s’agit des besoins accrus en solutions d’intelligence artificielle. Les besoins croissants en automatisation et attribution marketing sont étroitement liés à cette évolution.

Nul doute que cette étude sera largement commentée dans ce média.

Pascal Boiron, Digital CMO

MARKES PRG CMO INFOGRAPHIE CMIT NOV 17 FINAL

Fidèle à ses habitudes, Gartner a dévoilé une liste de dix tendances technologiques stratégiques avec lesquelles les entreprises devront compter en 2018. Ces dix tendances peuvent être résumées en trois mots clés : le maillage numérique intelligent, qui décrit l’entrelacement croissant des personnes, des terminaux, des contenus et des services.

Tendance 1 : l’intelligence artificielle.

L’utilisation de l’intelligence artificielle pour améliorer la prise de décisions, réinventer des modèles économiques et les expériences utilisateurs sera l’un des moteurs du digital au moins jusqu’en 2025, indique le cabinet d’étude. Gartner conseille aux entreprises de restreindre leur utilisation de l’intelligence artificielle à des tâches spécifiques (comme la compréhension d’une langue ou la conduite d’un véhicule autonome).

Tendance 2 : les applications intelligentes et l’analytique.

Gartner anticipe une montée en puissance progressive de l’intelligence artificielle dans la plupart des applications courantes. Elle se manifestera sous forme d’analyses avancées, de processus intelligents et de nouvelles expériences “utilisateur”. Cette couche entre les personnes et les systèmes a le potentiel de transformer la nature du travail, comme le montrent les assistants virtuels. Mais, selon Gartner, il faut plutôt envisager les applications intelligentes comme un moyen d’augmenter l’activité humaine que comme un moyen de la remplacer.

Tendance 3 : les objets intelligents.

Les objets intelligents utilisent l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique pour interagir de manière plus intelligente avec les personnes et les environnements, explique Gartner. Avec le temps, ces objets intelligents autonomes deviendront des essaims d’objets intelligents collaboratifs.

Tendance 4 : les jumeaux numériques.

Un jumeau numérique est une représentation numérique d’une entité ou d’un système du monde réel. Il existera des jumeaux numériques pour des milliards d’objets dans un proche avenir. Ces jumeaux numériques permettront notamment de réaliser des milliards d’économies dans l’exploitation et la réparation des objets connectés. Avec le temps, des représentations numériques de presque tous les aspects de notre monde seront connectées dynamiquement avec leurs homologues du monde réel.

Tendance 5 : du cloud computing à l’informatique d’extrémité.

Les contraintes de connectivité, de bande passante et de latence feront que de plus en plus la collecte et le traitement de l’information seront placés au plus près des sources d’information, autrement dit des objets et des capteurs. Selon Gartner, bien qu’il soit fréquent d’opposer le Cloud et l’informatique d’extrémité, les deux approches seraient en réalité complémentaires.

Logo

Tendance 6 : les plateformes conversationnelles.

Elles conduisent à faire passer la traduction de l’intention de l’utilisateur à l’ordinateur. Ces systèmes sont capables d’interactions complexes, comme réserver un restaurant italien dans le IXème arrondissement de Paris. Ils évolueront vers des actions encore plus complexes, comme la collecte de témoignages oraux pour réaliser le portrait-robot d’un criminel.

Tendance 7 : l’expérience immersive.

Au cours des cinq prochaines années, la réalité mixte, où l’utilisateur interagit avec des objets numériques dans le monde réel, va s’imposer. Cette réalité mixte se combinera avec les plateformes conversationnelles. Les fournisseurs d’applications, les éditeurs de logiciels système et les fournisseurs de plateformes seront tous en concurrence pour offrir ce modèle.

Tendance 8 : la blockchain.

Ce registre partagé, distribué et décentralisé, permet d’effectuer des transactions financières sans intermédiaire. La blockchain a de nombreuses applications potentielles dans la finance, le secteur public, la santé, la distribution de contenus, la chaîne d’approvisionnement…

Tendance 9 : le business dirigé par les événements.

Les business numériques dépendent de leur capacité à détecter et à exploiter des événements digitaux. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle et des objets connectés, ces événements business peuvent être détectés plus rapidement et analysés plus en détail. D’ici 2020, la connaissance des événements en temps réel sera un prérequis pour 80% des solutions de business digital, et 80% des écosystèmes digitaux nécessiteront un traitement des événements.

Tendance 10 : s’adapter aux nouveaux usages et instaurer la confiance.

Les solutions traditionnelles de sécurité fondée sur la protection et le contrôle informatique  plutôt que sur la confiance ne fonctionnent pas dans le monde digital. Ces environnements assez ouverts s’accommodent mal des systèmes de sécurité installés sur les infrastructures informatiques des entreprises. De plus ces derniers sont souvent en réaction aux menaces informatiques ne protègent pas  contre les attaques internes. L’enjeu pour les entreprises sera d’évoluer vers  une sécurité centrée sur les personnes et ses habitudes de travail ce qui passe par plus de souplesse et sans doute des solutions développées plus agiles. 

Julien Corti, Digital CMO

L’entreprise nantaise iAdvize a levé 32 millions d’euros* fin octobre 2017, notamment pour prendre pied aux Etats-Unis, recruter et renforcer sa communauté d’experts : ibbü. Entretien avec Chloé Hallopeau, en charge des contenus éditoriaux.

iadvize-long-multi-black

  • iAdvize vient de mener à bien sa troisième levée de fonds : comment a évolué son positionnement ?

 

Chloé Hallopeau : Quand l’entreprise a été créée en 2010, la vocation première était de proposer un outil de “chat” qui permettait une gestion en temps réel des contacts pour les marques. En ce qui me concerne, j’ai rejoint iAdvize au printemps 2014. En 2016, nous avons lancé la communauté d’experts ibbü, qui a d’abord fonctionné comme une “startup dans la startup” ! En couvrant l’ensemble des points de contacts en temps réel, sur le site des marques comme sur les applications de messagerie, iAdvize a progressivement évolué pour devenir une plateforme de marketing conversationnel.

  • iAdvize a 7 ans et emploie 185 personnes : est-ce encore une startup ?

 

Chloé Hallopeau : On ne peut pas réduire la définition d’une “startup” au fait que l’entreprise doit avoir moins de 5 ans, ou 6 ans… Ce qui importe le plus, c’est l’agilité et les perspectives de croissance. En l’occurrence, nous avons 185 salariés aujourd’hui mais nous en compterons plus de 430 d’ici fin 2020. Cette troisième levée de fonds de 32 millions d’euros va également permettre à iAdivze de s’implanter aux Etats-Unis, à Boston, et de renforcer la communauté d’experts, ibbü, qui reste sans équivalent à ce jour. Par ailleurs, il faut noter que iAdvize vient de recruter Pierre Soria au poste de Chief Revenue Officer (il a auparavant travaillé chez Oracle pendant 7 ans dans le commercial et le management, chez Salesforce en tant que vice-Président France et chez SuccessFactors en tant que vice-Président  ).  

  • Qu’est-ce que “ibbü” ?

 

Chloé Hallopeau : Comme je l’ai dit, c’est une “communauté d’experts” à la demande. Ils renseignent les acheteurs potentiels, 24/24h et 7/j, des marques qui y font appel. Aujourd’hui 300 experts ont été certifiés, sur les 12 000 personnes intéressées. Ils sont rémunérés sur la base du nombre de renseignements qu’ils donnent, avec un minimum de 2 euros par contact. En moyenne, un expert ibbü gagne 150 euros par semaine. La communauté va logiquement progresser, proportionnellement à la croissance de l’entreprise. Ce que nos clients retiennent, c’est que plus de 100 000 personnes font appel aux experts d’ibbü chaque mois et que le taux de conversion est multiplié par 10 après une conversation par rapport à la moyenne observée par les marques.

  • Vous allez passer de 185 à plus de 430 salariés : comment allez-vous faire ?

 

Chloé Hallopeau : L’entreprise est née avec une forte croissance et c’est inscrit dans ses gènes. Concrètement, nous n’allons pas uniquement recruter à Nantes, où nous avons notre siège social et où nous faisons partie intégrante de l’écosystème du numérique. Nous allons doubler les effectifs de notre équipe de R&D, qui va passer le cap des 100 personnes, nous allons recruter 50 personnes pour notre bureau aux Etats-Unis, à Boston, et nous allons conforter nos implantations en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Espagne. Par ailleurs, nous comptions déjà 12 nationalités pour accompagner 600 clients.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

* La troisième levée de fonds d’iAdvize a été menée auprès de Idinvest Partners, Bpifrance (via Large Venture) et Quadrille Capital.