DigitalCMO

Ce sont finalement 6 startups et non 5 – comme Oracle France l’avait annoncé dans Digital CMO dès début 2017 – qui ont été sélectionnées pour rejoindre le programme « Startup Cloud Accelerator ».

Début 2017, Oracle France annonçait que 5 startups allaient être sélectionnées en France pour intégrer son programme « Startup Cloud Accelerator », par ailleurs décliné dans 6 autres villes dans le monde : 3 en Inde (Mumbai, Bengalore et Delhi), Une à Sao Polo au Brésil, une à Singapour et une à Bristol en Angleterre.

Finalement, 6 startup ont été retenues en France (parmi une centaine de candidats) et bénéficieront notamment d’un accompagnement de 6 mois et d’un accès aux ressources de développement de l’éditeur.

Les 6 pépites retenues sont les suivantes :

Dial-Once, qui propose une plateforme de contact intelligente pour aider les entreprises à unifier le parcours client à travers l’ensemble des canaux de communication. Dial-Once réinvente le service client en améliorant l’expérience client, en diminuant le coût de traitement des appels et en accélérant la transformation digitale. Déployé dans tous les secteurs d’activité, Dial-Once digitalise les appels téléphoniques et les route vers une Plateforme de Contact Intelligente pour offrir une meilleure expérience client.

1Check, membre Gold du programme Oracle PartnerNetwork, est une solution mobile en temps réel qui digitalise tous les processus impliqués dans la gestion d’un site d’hôtellerie ou de logement. 1Check répond aux besoins des hôtels, des campings, des complexes touristiques et parcs d’attraction, mais aussi des maisons de retraite, des logements locatifs et des campus scolaires. Ces solutions couvrent l’ensemble des besoins du secteur de l’hébergement, du contrôle des bâtiments (ménage, maintenance curative et préventive ou problèmes standards) à la gestion des RH, en passant par la gestion des tâches, des stocks, des inventaires, des budgets et le suivi des indicateurs de performance (KPI). La solution est nativement multilingue et fournit une vision synthétique et globale de l’ensemble des sites d’un même groupe.

OuiTeam, une plateforme de détachement qui optimise les RH au sein des groupes. Convivial et simple d’utilisation, basé sur un modèle SaaS, OuiTeam se connecte à l’organisation du client pour développer les détachements de personnels internes entre sites. En générant un nombre important de détachements, OuiTeam permet à ses clients d’économiser jusqu’à 30% du coût des intérimaires ; de garantir la fiabilité des opérations en priorisant les personnels internes ; de motiver les collaborateurs en enrichissant leurs expériences ; et de partager des compétences et ressources rares qui sont difficiles à recruter à l’extérieur.

Shippeo, qui assure le suivi en temps réel des flux de transports pour les supply chains les plus exigeantes. Shippeo a développé une plateforme SaaS mutualisée et communautaire pour assurer la visibilité en temps réel des transports, augmenter la qualité de service, diminuer de façon proactive les délais de prise en charge et le traitement des litiges, et générer en temps réel les justificatifs de livraison et la facturation.

Tilkee, membre Cloud Standard et Silver du programme Oracle PartnerNetwork, est une solution intelligente de conversion des leads pour le CRM. Grâce à son algorithme prédictif, elle supprime la dimension aléatoire des relances et introduit de l’intelligence au cœur du processus commercial. Avec Tilkee, chaque commercial peut contacter le bon prospect, au bon moment, avec la bonne action, pour booster son taux de conversion et maximiser le chiffre d’affaires. Tilkee analyse le comportement de lecture des prospects et son algorithme évalue leur intérêt pour prioriser et cibler avec précision les relances.

Weblib, qui digitalise depuis 2009 tous les secteurs du monde de la distribution. La société propose des solutions digitales pour connecter, cibler et étendre l’expérience en magasin et en ligne. Avec ses applis et ses solutions Wifi pour mobiles et tablettes, Weblib aide les plus grandes marques de la planète à augmenter leur chiffre d’affaires, à mieux comprendre leurs clients et à proposer une expérience client exceptionnelle dans le monde de la distribution.

La Rédaction, Digital CMO

Le CMIT (le Club des Directeurs Marketing & Communication de l’IT, pour Information technologies) a soumis au vote de ses membres, lors de l’édition de son forum 2017,  l’élection de trois strartups dédiées aux métiers du marketing. Présentation.

Ce 30 juin 2017, le CMIT (le Club des Directeurs Marketing & Communication de l’IT) a récompensé trois jeunes entreprises innovantes, parmi les 12 qui avaient été retenues pour participer à ce concours dont c’était la deuxième édition (voir l’article de Digital CMO de mai 2017).

En 2016, les trois lauréats de ce concours avaient été Creads Partners, Snapdata et Azendoo. En 2017, les trois startups récompensées ont été Upfluence, Allo Media et Sigilium.

Frédéric Daniel, Directeur Général adjoint d'Upluence.

Vivien Garnès, Directeur Général d’Upluence.

Upfluence développe des technologies pour le marketing d’influence et aide les marques à identifier, analyser et contacter à grande échelles des influenceurs dans tous les pays, toutes les langues et tous les réseaux sociaux, notamment les bloggeuses et les bloggers.  Upfluence a reçu de la part du CMIT le prix Platinum a l’issue du vote électronique de la salle. Comme l’a expliqué son fondateur « Nous sommes une solution à fort ROI entre les actions classiques RP et des publicités de plus en plus pénalisées par le phénomène des adblockers et des clics frauduleux ». « On valorise la pertinence des réseaux sociaux grâce à notre logiciel en mode SaaS sur un marché où l’acquisition  par Google de FameBit témoigne de la pertinence de notre modèle a-t-il ajouté dans son intervention.

La seconde startup mise en avant a été Allo Media, qui a créé un « Cookie Vocal », une technologie permettant de collecter 100% de la data conversationnelle contenue dans les appels téléphoniques et de les fusionner avec les parcours clients digitaux. Une approche qui vise a optimiser le service client des sites de e-commerce par exemple et qui s’inscrit directement dans une meilleure utilisation des données en temps réel pour optimiser par exemple les campagnes de  retargeting.

Allo-Media

Romain Rullier (à droite), Directeur Commerical d’Allo Media.

La Voix du client est ainsi extraite en temps réel des appels générés grâce à une technologie associant l’aanalyse du signal, la reconnaissance vocale et l’analyse sémantique. Toutes ces données sont remontées dans les outils analytiques et CRM pour les équipes marketing, commerciale et relation client.

Sigilium

Xavier Trannoy et Thomas Darde, cofondateurs et dirigeants de Sigilium, avec Etienne Maraval, vice-Président du CMIT et organisateur du Prix des « Martech » 2017.

Le troisième acteur mis à l’honneur cette année a été Sigilium, une plateforme qui permet aux équipes marketing et communication de piloter de manière centralisée les signatures emails de l’entreprise. Il a été présenté comme un moyen  directement mesurable de faire passer de l’information et des offres, là où on a l’attention récurrente et privilégiée de ses interlocuteurs professionnels.

L’écoute remplace le discours sur les réseaux sociaux 

Ces prix, et notamment le Trophée Platinum gagné par Upfluenve,  sont en phase avec les préoccupations de nombre de directions marketing, qui voient monter en puissance les réseaux sociaux sans réellement savoir se comporter vis-à-à-vis d’eux.  Une étude de Nomination  présentée en introduction de la journée insistait notamment sur cette préoccupation des directeurs marketing membres du CMIT.  Cette tendance a été analysée aussi  par Véronique Reille Soult, Directrice Générale de Dentsu Consulting France. « Il faut arrêter de considérer les réseaux sociaux comme un canal top down, mais plutôt comme un outil d’écoute efficace, qui permet notamment de poser des questions pertinentes », a-t-elle ainsi expliqué. Véronique Reille Soult a notamment cité le cas de Carglass l’un de ses clients. Cette entreprise qui communique de manière très importante utilise les réseaux sociaux non pas pour en faire un canal de vente mais pour analyser de manière fine le niveau de saturation de ses campagnes a-t-elle expliqué. Elle a notamment insisté sur le fait qu’il fallait être capable de définir ses propres indicateurs d’écoute et d’analyse et ne pas utiliser seulement la myriade des indicateurs statistiques proposés par les éditeurs de logiciels.

Pour cette événement, le CMIT avait réuni près de 150 professionnels du marketing, sous la houlette de son Président, Michel Mariet (Oracle) et de ses deux vice-Présidents, Jean-Denis Garo (Mitel) et Etienne Maraval (Lexmark). Désormais, le CMIT revendique un écosystème de marketeurs qui compterait plus de 3 000 membres.

Découvrez aussi  les 12 start-ups sélectionnées par le CMIT 

La Rédaction, Digital CMO

L’annonce faite le 15 juin 2017 à l’occasion de VivaTech par Emmanuel Macron de la création d’un fonds d’investissement de 10 Md€ pour l’innovation correspond à une de ses principales promesses de campagne, et sera la mesure phare du gouvernement dans le domaine de l’investissement technologique. Parallèlement, les annonces de Nicolas Dufourcq, président de Bpifrance lors de TECH IN (cf notre article) permettent de cerner la mise en place d’une stratégie globale dans le domaine de l’innovation, qui vise désormais, en plus du dispositif très complet en direction des start-ups, à financer et accompagner des entreprises de taille mondiale dans les secteurs technologiques clés.

Si de l’avis même des responsables les modalités pratiques de ce fonds restent à définir, cette annonce pose un certain nombre de questions :

  • Tout d’abord, de quoi s’agit-il ?  Ce « fonds » est destiné à financer « l’industrie du futur », c’est à dire les entreprises et projets innovants dans les domaines de la transition et de la modernisation numérique et énergétique (on note que les sciences de la vie sont à priori exclues de ce programme). Ceci correspond à la fois à la promesse faite par Emmanuel Macron au cours de la campagne « En Marche » de regrouper les investissements dans ces domaines par un fonds de grande envergure, et aux recommandations du rapport présenté en juillet 2016 sur le financement des start-ups (rapport réalisé par Marie Ekeland, Jean Tirole et Augustin Landier).
  • Comment sera-t-il financé ?  Selon les indications esquissées par Emmanuel Macron, ce fonds serait constitué et financé par les dividendes et les réinvestissements de la cession des participations minoritaires de l’Etat dans des entreprises. Autrement dit, en grande partie par les plus-values et dividendes dégagés par Bpifrance, qui seraient donc réinvestis dans ce programme, ce qui revient à orienter de façon volontariste l’action de BPI France dans l’investissement de l’innovation. Au rythme de 1,7 Md€ de cessions réalisées par Bpifrance en 2016, ce fonds pourrait être constitué et doté en capital en quelques années, mais on peut également s’attendre à un transfert puis un désengagement de l’Etat de ses participations non-stratégiques pour accélérer ce processus.   La forme juridique de ce fonds pourrait prendre la forme d’un « trust », ce qui donnerait une certaine souplesse dans sa forme juridique et sa gestion, et permettrait de gérer des investissements à long terme.
  • 10 Milliards pour quoi faire ? La somme annoncée vise à marquer les esprits, mais elle pose question. En effet, si l’on en croit les statistiques professionnelles du secteur, l’ensemble des investissements en capital risque ou en capital développement dans ces secteurs technologiques en France représente moins de 500 M par an.  Au delà de l’effet symbolique de l’annonce, la somme de 10 Md€ suggère que ce fonds financera des projets de très grande envergure (peut être des projets d’infrastructure), des ETI en phase de développement ou de pré-introduction en bourse, mais sans doute moins des start-ups. Ceci correspond à une évolution de l’action publique dans ce domaine.  Comme l’a indiqué Emmanuel Macron, « la France est un pays de start-ups, il faut que l’on finance des licornes » (entreprises de plus de 1 Md€ de valorisation). On le sait, c’est une des principales difficultés du marché français pour les entrepreneurs du numérique : si l’environnement financier s’est nettement amélioré pour les start-ups au cours des 5 dernières années, les entreprises trouvent toujours de réelles difficultés à financer leur développement dans les phases ultérieures, et en particulier lorsque il s’agit de se tailler une place sur les marchés européens ou mondiaux. En clair, le dispositif d’accompagnement des start-ups est performant, mais le passage de la start-up à l’entreprise de taille moyenne ou grande s’avère souvent mortel. A ce stade, seuls quelques fonds d’investissement interviennent, et les banques ne jouent aucun rôle concret dans le financement des entreprises (en partie en raison des ratios de fonds propres que ces interventions demandent désormais). Ce nouveau fonds public pourrait contribuer à combler en partie ce vide, par des investissements directs, mais également par des investissements indirects dans des fonds ciblés sur cette phase de développement.
  • Quel modèle de gestion pour ce fonds ?  Bien que Bpifrance soit le partenaire de référence dans ce domaine, le choix du modèle de gestion de ce fonds pourra marquer une inflexion dans ce domaine (gestion directe ou déléguée à des équipes indépendantes avec une certaine liberté selon un modèle plus anglo-saxon). L’expérience du précédent « Fonds Public d’Investissement », qui avait été confié pour partie à la Caisse des Dépôts et Consignations (activité d’investissement de la CDC aujourd’hui intégrée dans Bpifrance) et pour partie à des équipes indépendantes pour bénéficier d’un effet démultiplicateur plus important, pourrait être renouvelé, avec et autour de Bpifrance. Au crédit de la banque publique, Bpifrance dispose déjà de nombreux outils d’accompagnement en fonds propres dans le domaine de l’innovation, et des équipes chevronnées dans ce domaine, ainsi que d’un réseau régional très structuré. Toutefois son activité d’investissement directe dans le domaine de l’innovation (donc aussi bien les sciences de la vie que le numérique ou les énergies) s’élevait à 191 M€ seulement en 2016, sur un total de 2,4 Md€ (soit 8%). En rendant hommage au travail de la BPI, mais en soulignant qu’il faut « aller plus loin », Emmanuel Macron semble confirmer que le rôle de la banque publique sera réorienté pour faire plus de place au financement des entreprises de technologie.

Notre analyse : Une mesure qui confirme le volontarisme du nouveau gouvernement… mais qui devra s’accompagner d’investissements publics pour être efficace.

Il est encore trop tôt pour savoir comment les entrepreneurs pourront accéder à ce fonds (ou s’il sera accessible principalement par les fonds existants), et nous mettrons à jour les informations et détails pratiques au cours des prochains mois.

Toutefois on peut déjà indiquer que l’annonce de ce fonds pour l’innovation constitue un signal fort pour les entrepreneurs des secteurs technologiques aussi bien que pour les investisseurs, en France… et à l’étranger. Le choix d’orienter massivement les investissements de Bpifrance vers l’innovation, plutôt que de relancer des fonds d’investissement attirant l’épargne des particuliers, marque le retour à une politique volontariste du gouvernement qui ne peut que marquer les esprits.  Il s’inscrit dans le cadre d’une politique plus large du nouveau gouvernement en faveur de l’entreprise et du monde entrepreneurial : Amélioration de l’environnement fiscal, encouragement de la mobilité… autant de mesures qui visent à rendre le marché français plus attractif par rapport aux marchés voisins… et notamment la Grande Bretagne.

Cette volonté de rendre la France plus attractive pour les investisseurs étrangers est également évidente dans les initiatives récentes tels que le visa French Tech de 4 ans, ainsi que l’annonce par la BPI d’un programme de 140M€ destiné à des investissements dans des fonds étrangers… avec pour objectif d’encourager des investisseurs étrangers à investir en France. Autant d’annonces complémentaires qui confirment que le gouvernement renoue avec une politique volontariste dans le domaine de l’investissement.

Toutefois, il reste que le complément essentiel de ces mesures et de la politique d’encouragement, et le principal outil de politique économique de la France dans le domaine du numérique (et de l’innovation en général) pour les prochaines années sera une politique d’investissement de grande envergure. Le besoin de modernisation des administrations et services publics est une contrainte forte, mais c’est également une opportunité unique pour orienter l’activité dans des secteurs qui peuvent générer de l’activité avec peu de besoins en capitaux : Faut-il le rappeler, le secteur du numérique représente moins de 8% des effectifs, mais 25% de la croissance de l’économie.

Dans un pays où le secteur public représente plus de 35% du PIB, les investissements de modernisation et de transition de l’Etat, des collectivités locales et des services publics, auront un effet d’entrainement qui sera déterminant pour toutes les entreprises de ces secteurs.  Car au delà des outils de financement et de l’environnement fiscal et juridique, c’est essentiellement par leur chiffre d’affaires que les entreprises doivent se financer, pour ensuite se développer à l’échelle européenne ou mondiale. Et c’est à ce moment seulement qu’elles auront un besoin de fonds propres et seront attractives pour les investisseurs… Tout ceci à condition que le gouvernement facilite et garantisse l’accès aux marchés publics pour les PME, sur un modèle à définir.

Un salon qui sélectionne ses visiteurs, ses exposants et qui place la barre très haut en ce qui concerne les intervenants : certains esprits chagrins pourront estimer que l’idée n’est pas totalement nouvelle, que certains événements ont connu des succès éphémères grâce à ce concept, mais – quoi qu’on en dise – le rendez-vous annuel « i Media Brand Summit » est en train de se faire une place « à part » dans l’univers très concurrentiel de l’événementiel. Explication avec le résumé de l’édition 2017, à Biarritz.

« We, the people ». Ces mots simples sont les premiers du préambule de la constitution des Etats-Unis d’Amérique. C’est également le nom de la plateforme numérique qui permet à tous les citoyens du monde de formuler une pétition, de l’envoyer à la Maison Blanche et d’obtenir une réponse. Cet outil, « We, the People », a été créé par Tom Cochran, qui fut le responsable du digital de Barak Obama avant sa première élection et jusqu’à la fin de son deuxième mandat. Voilà une image représentative de ce qu’est devenu le « i Media Brand Summit » : un rendez-vous d’exception où l’on croise des responsables considérés comme inaccessibles.

Andrew Davis, spécialiste du marketing digital

Andrew Davis, spécialiste du marketing digital

Thomas-Husson

Thomas Husson, vice-Président de Forrester

Tom-Cochran

Tom Cochran, Responable du digital durant la présidence de Barak Obama

C’était vrai pour Tom Cochran. Ce l’était également pour Andrew Davis, l’un des spécialistes les plus reconnus  au niveau mondial dans le domaine du marketing digital, ou encore de Thomas Husson, vice-Président du cabinet Forrester, responsable du marketing et de la stratégie. Ce dernier a notamment insisté dans sa présentation sur la nécessité de mettre de plus en plus le mobile au centre des stratégies des CMO. Sans toutefois préciser qu’elle pouvait être la bonne stratégie dans ce domaine. La montée en puissance des Adblockers qu’il a souligné dans sa présentation générale laisse peu d’espoirs de trouver un modèle publicitaire sur le mobile. Et pour beaucoup de spécialistes la conversion  au payant dans les jeux et ou les médias est juste sur mobile en phase de test. Quant à Andrew Davis il a insisté sur le smart insights ou le bon contact au bon moment. Une approche du marketing digital qui passe nécessairement par plus de combinaisons analytiques sur tous les canaux du parcours client pour repérer ces moments intimes avec la marque évoqué par le gourou américain du digital. A l’heure où de nombreux dirigeants d’agences créatives comme Publicis ou Havas souhaitent remettre la créativité au centre des approches marketing et communication y compris sur le digital, le point de vue exprimé par Andrew Davis à l’occasion du iMédia Brand Summit vient plutôt renforcer l’idée que les entreprises devront continuer  à investir massivement dans la maîtrise et la compréhension des données.

En parallèle, plusieurs centaines de rendez-vous d’affaires avaient été organisés entre les 320 invités (des responsables du marketing digital, triés sur le volet) et une soixantaine de fournisseurs de solutions numériques (voir les articles de Digital CMO de 2016 et de 2017)

Animée par Isabelle Ithurburu, notamment présentatrice du Canal Rugby Club, les deux journées ont également été marquée par une soirée privée aux halles couvertes de Biarritz, privatisées pour l’occasion, au cours de laquelle les convives ont pu déguster des spécialités basques et découvrir la cuisine du chef Yves Camdeborde, qui réalisait des plats sur place.

Les halles couvertes de Biarritz avaient été privatisées pour l'occasion, afin que les convives puissent déguster les spécialités basques (quelques exemples ci-dessous).

Les halles couvertes de Biarritz avaient été privatisées pour l’occasion, afin que les convives puissent déguster les spécialités basques. 

 

 

 


Reportage de Chantal Delsouc et Pascal Boiron, Digital CMO

Apple a présenté le 5 juin 2017 ses nouveautés logicielles à venir pour ses plateformes lors de sa conférence annuelle pour les développeurs (WWDC), à San Jose en Californie. Pour Apple, les enjeux financiers sont très importnants et la marque a montré également un engouement fort dans les domaines de l’intelligence artificielle et des réalités virtuelles et augmentées. Cette conférence est décryptées par un développeur, dans le cadre d’un entretien réalisé au lendemain de la présentation de la « feuille de route » d’Apple. Edouard Brèthes est le cofondateur de l’Apptelier, agence française née en 2013 et dédiée au développement d’applications « post-PC » (smartphones, tablettes et objets connectés). Il avait déjà analysé la conférence de Facebook pour les développeurs, la « F8 » et celle de Google.

  • Que retenez-vous des différentes annonces d’Apple ce lundi 5 juin 2017, sachant que celle qui semble avoie le plus grand retentissement médiatique est le prochain lancement de l’HomePod ?

Edouard Brèthes : Les annonces de nouveaux produits font comme d’habitude les gros titres de la presse spécialisée et Apple a comme à son habitude capté leur attention.

Ce que je retiens plutôt de cette conférence, c’est la cohérence d’Apple. Une cohérence sur le logiciel et les technologies proposées aux développeurs et déclinées sur toutes leurs plateformes ; une cohérence sur les décisions stratégiques prises depuis plusieurs années, notamment sur le plan matériel depuis leur acquisition de compétence en conception de processeurs.

J’ai également été impressionné par leurs avancées en l’espace d’un an sur les domaines de l’intelligence artificielle et de la réalité augmenté,  domaines ayant le vent en poupe chez les autres GAFAs ou chez Microsoft.

  • Il semble pourtant qu’il manque des produits dédiés à la VR ou AR chez Apple, comme des lunettes connectées ou un casque de réalité virtuelle…

Edouard Brèthes : Apple est une entreprise confortable dans la position de l’outsider. Elle préfère laisser ses concurrents tester les marchés avant d’arriver éventuellement dessus avec un produit haut de gamme. Si Apple n’a pas aujourd’hui de produits véritablement dédiés à la VR ou l’AR, c’est qu’il n’estime pas le marché suffisamment mûr pour s’y lancer, tant sur le plan commercial que technologique. Cependant, leurs ambitions sur la réalité augmenté précisément sont des plus claires, et les briques logicielles présentés sur ce domaine, couplées à leur avance considérable sur la conception et la production de processeurs miniatures rapide et économes pourrait bien faire la différence au lancement d’éventuelles ”Apple Glass”.

  • Ces différentes annonces paraissent prometteuses, mais Apple ne risque-t-il d’arriver sur un marché avec des niveaux de prix trop élevés, voire « inabordable » ?

Edouard Brèthes : C’est une idée ancrée depuis longtemps : Apple c’est ”trop” cher, cependant je nuancerais ce propos.

Tout d’abord, Apple ne vise que les segments haut de gamme des marchés sur lesquels elle se présente. C’est son angle d’attaque depuis plusieurs années, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est très satisfaisant pour eux !

Ensuite, il me semble intéressant de considérer cet argument du prix en fonction du type de produit. Certaines gammes, comme les iPad par exemple, présentent toujours un rapport qualité / prix encore aujourd’hui inégalé.

Enfin, l’argument du prix est un facteur moins déterminant pour un client professionnel. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si à l’exception du HomePod, toutes les annonces matérielles présentées lors de cette conférence développeurs ont un suffixe ”Pro” à leurs noms ! Pour ces clients là, la qualité matérielle et logicielle qui ont fait la réputation de cette marque justifie tout à fait l’écart de prix.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Pour sa 4ème édition, iMedia Brand Summit conserve un positionnement très haut de gamme et limite le nombre de participants à 500 des acteurs les plus incontournables du marché du marketing digital.  

Dej-iMBS

Plus de 1 000 rendez-vous en « one to one » sont prévus pour cette édition 2017.

iMedia Brand Summit est pensé depuis sa création en 2014 comme un événement d’exception réservé à un nombre limité d’annonceurs et de fournisseurs de technologies innovantes. Maitrisant sa croissance et traitant les demandes de participation selon la qualité des dossiers,  il n’accueillera pas plus de 500 professionnels à Biarritz, les 13 et 14 juin, contre 450 l’an dernier.

Pour intégrer le cercle des participants, il faut être soit un annonceur avec des projets d’investissement pour 2017- 2018, soit un fournisseur de solutions retenu par le comité de sélection d iMedia Brand Summit pour devenir partenaire. être. Pour être éligible dans ce cas il est impératif de présenter des technologies innovantes et disruptives. Seuls 65 ont été retenus cette année, contre 55 en 2016. « Notre vocation est de faire gagner du temps aux annonceurs en leur donnant accès aux meilleurs contenus et aux meilleurs interlocuteurs pendant deux jours, explique Arnaud Gallet, Directeur d’ iMedia Brand Summit (en photo). Il est donc impératif d’être très exigeants sur le profils des participants et sur le programme ».

De fait, iMedia Brand Summit place la barre la haut cette année. Comme les années passées, les organisateurs prennent tous les frais des annonceurs à leur charge. Ils pourront accéder à l’ensemble des conférences, ateliers et tables rondes prévues les 13 et 14 juin, déjeuner au Casino de Biarritz les deux midis, participer à Digit’Halles, la soirée networking aux halles de Biarritz (privatisées pour l’occasion), écouter les conférences d’Andrew Davis (« content visionnaire », ancien d’NBC Universel et des Muppets à New York) et Tom Cochran (ex Digital Leader de Barack Obama), le tout sous la baguette d’ Isabelle Ithurburu, journaliste de Canal + (Canal Rugby Club et Le Tube) et maitresse de cérémonie pour ces 2 jours. Cerise sur le gâteau, les participants pourront croiser quelques stars du rugby et déguster un plat du chef Yves Camdeborde lors de  la soirée privative aux halles de la ville. Ils pourront participer s’ils le souhaitent à un entraînement ludique avec les joueurs du Biarritz Olympique le lendemain matin.

Enfin, il faut préciser que les participants qui le pourront auront la possibilité de clôturer ces deux journées par une visite VIP de la Cité de l’Océan, suivie d’un cocktail dinatoire. « Ces événements prestigieux contribuent à l’ «esprit iMBS, ce mix plébiscité entre business, inspiration et networking : nous passons d’ailleurs le cap des 1 000 rendez-vous en « one to one »,  et avons un programme d‘ateliers et de table ronde particulièrement  riche pour cette 4ème édition ! », conclut Arnaud Gallet.

Pascal Boiron, Digital CMO   

« Qui sera le Critéo des années 2020 ? » : c’est avec ce slogan que le Club des Directeurs Marketing et Communication de l’IT (CMIT) lance la deuxième édition de son concours « Le Trophée des Start-ups martech ».

« Ce n’est pas une boutade, explique Etienne Maraval, Directeur Marketing de Lexmark, vice-Président du CMIT et en charge de l’organisation de ce trophée (en photo). L’an dernier, pour la première édition, nous avions récompensé trois start-ups : Creads Partners, Snapdata et Azendoo. Nous allons en récompenser trois autres cette année, mais nous voulons aller plus loin et rencontrer davantage de start-ups, notamment en les conviant à nos conférences. Le but est clairement d’identifier les futures pépites qui vont révolutionner le marketing B2B. »

Trphee-CMIT

Les startups spécialisées dans le marketing digital peuvent candidater depuis le 9 mai dernier et jusqu’au 2 juin 2017, en utilisant ce lien. Le concours est lancé en partenariat avec Cap Digital, le Medef, Schoolab et les médias le JDN et Digital CMO.

Quel intérêt pour une start-up de concourir au Trophée ? « Une visibilité sans commune mesure auprès de la cible des directeurs marketing, explique Etienne Maraval, avec communication et  référencement auprès d’une centaine de directeurs marketing de l’IT, membres de notre club, présentation et soutenance devant un jury * composé de directeurs marketing  de sociétés prestigieuses (Lexmark, T-Systems, Sharp, Oracle,  Helwett Packard Enterprise, Vade Secure, Mitel France..), remise du trophée pour les nominés et présentation auprès de 250 directeurs marketing lors du Forum du CMIT le 30 juin prochain à l’Elysées Biarritz avec les retombées media associées (JDN, DigitalCMO  en bien d’autres).

Concrètement, après la date limite du dépôt des candidature, le 2 juin 2017, le calendrier sera le suivant : une présélection des dossiers le 7 juin, la soutenance le 16 juin avec des pitchs de 10 minutes, l’annonce des nominés le 20 juin, l’élection du podium gagnant et la remise des Trophées lors du Forum CMIT du 30 juin (à l’Elysées Biarritz sur les Champs Elysées).

Pascal Boiron, Digital CMO

* Le jury sera composé de personnalités influentes, représentantes  :

  • de l’IT en marketing/communication (Lexmark, T-Systems, Sharp, Oracle, HP Enterprise, Vade Secure, Mitel France),
  • de la presse (JDN, DigitalCMO),
  • du capital risque (MMMedia) et
  • des partenaires d’entreprises (Schoolab, Medef, Cap Digital).

Les instituts d’études doivent aller plus loin que la transformation digitale. Ils sont obligés de changer de business model pour faire face à une concurrence que peu ont vu arriver et qui fait peser une réelle menace « d’ubérisation » de leur activité : celles des GAFAs et autres Microsoft, Salesforce, Oracle, etc.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu fin avril 2017 la 6ème édition du « Printemps des études ». Digital CMO a interrogé deux observatrices avisées de ce secteur : Stéphanie Perrin, Commissaire Général de ce salon né en 2012, et Claudie Voland-Rivet, il y a peu Directrice de la Prospective et de la Transformation Digitale de l’Union des Annonceurs et consultante indépendante dans ces domaines depuis deux mois. Voici leurs interviews croisées.

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Stéphanie Perrin, Commissaire Général du Printemps des Etudes

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Claudie Voland-Rivet, consultante spécialisée en transformation digitale

  • Les instituts d’études sont confrontés à de nouveaux concurrents venus de l’industrie du numérique et doivent s’engager dans la transformation digitale avec une intensité qu’ils ne soupçonnaient pas. En sont-ils capables ?

Claudie Voland-Rivet : Oui. Mais avant de répondre plus précisément, il faut préciser que l’engagement des instituts d’études dans la transformation numérique ne date pas de ce printemps 2017. Heureusement pour eux ! Dans les faits, ce n’est pas le seul secteur d’activité qui ait l’obligation de se réinventer. La différence, c’est que les instituts d’études doivent aller plus vite et plus loin. Il faut notamment qu’ils s’adaptent aux demandes des clients et proposent des comptes-rendus plus courts et utilisant bien plus les infographies. Les usages des donneurs d’ordres ont changé et les instituts de sondage doivent se mettre au diapason : il ne faut pas plus que quelques minutes, voire que quelques secondes, pour avoir les principaux enseignements d’une étude. Sinon c’est trop long. Mais c’est un véritable changement de mode de travail pour nombre d’instituts d’études.

Stéphanie Perrin : Oui, ce secteur est capable de se transformer et il a commencé à le faire. En premier lieu, je veux dire que c’est l’un des rares secteurs de l’économie qui reste en croissance. Certes, cette croissance est faible – environ 1% en termes de chiffre d’affaires – mais on ne peut pas parler de déclin. Par ailleurs, un événement fédérateur comme le Printemps des Etudes est un thermomètre fiable et il montre principalement deux choses : d’une part, on compte plus de créations d’instituts d’études que de disparitions. Le nombre croissant de startups qui œuvrent dans ce secteur en témoigne ; d’autre part, le nombre de visiteurs a pour la première fois progressé de plus de 10%. 2 847 sont venus pour cette 6ème édition, ce qui montre qu’un nombre croissant d’entreprises envisagent d’utiliser des études.

  • Les grands industriels du numérique ne vont-ils pas cannibaliser ce secteur ?

Stéphanie Perrin : Il est évident qu’ils s’intéressent au marché des études. D’ailleurs, des entreprises comme Google, Facebook ou Twitter sont présentes au Printemps des Etudes depuis plusieurs années, mais plutôt en tant que conférenciers. A l’inverse, il ne faut pas perdre de vue que les instituts d’études s’intéressent eux aussi à la data : elles ont intégré des compétences dans ce domaine et collaborent de plus en plus avec les startups. Le fait d’automatiser la collecte des données et de permettre une forte progression du volume des datas est un progrès évident, mais cela rend encore plus nécessaire d’avoir des entreprises spécialisées capables de « faire parler » ces données. En l’occurrence, les instituts d’études français sont très bien placés dans ce domaine.

Claudie Voland-Rivet : Il est trop simpliste de dire que les uns vont avaler les autres. Ce que l’on constate plutôt, c’est que les deux écosystèmes ont longtemps vécu des vies séparées et parallèles. Le véritable changement, c’est la convergence de ces deux univers. Ils collaborent de plus en plus et on a vu que Facebook, Google ou Facebook avaient débauché des analystes des instituts d’études et de sondage. Pour l’instant, il est plus question d’un rapprochement que d’une cannibalisation.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Talentsoft fête cette année son 10ème anniversaire. L’entreprise créée en 2007 par trois entrepreneurs français est aujourd’hui considérée comme le leader européen des applications cloud dédiées à la gestion des talents et au digital learning. Talentsoft compte en effet 8 millions d’utilisateurs, dans 130 pays et en utilisant 27 langues.

Composé d’une vingtaine de personnes, le service marketing de Talentsoft doit notamment produire toujours plus de leads et les qualifier de plus en plus. Comment ? Les explications de Selena Papi, Demand Generation Senior Manager de Talentsoft*.

  • Talentsoft est en forte croissance et sa présence à l’étranger est de plus en plus importante : pour le service marketing, l’essentiel du travail n’est-il pas derrière lui ?

Selena Papi : Non, le marketing a beaucoup à faire. C’est justement parce que l’entreprise se développe rapidement, qu’elle est désormais directement présente dans une quinzaine de pays avec plus de 600 salariés et qu’elle voit son chiffre d’affaires progresser de 40% par an en moyenne que l’activité du marketing joue un rôle central. Prenons l’exemple des leads. Dans une entreprise en forte croissance, les besoins des équipes commerciales en leads augmentent de façon exponentielle. Or, les services commerciaux sont logiquement exigeants dans ce domaine. Concrètement, s’ils estiment que les leads qu’on leur fournit sont trop nombreux et pas suffisamment qualifiés, cela leur fait perdre du temps alors que les leads ont pour vocation de leur faire gagner du temps. De son côté, le service marketing n’a plus la capacité de saisir manuellement les données de plus en plus nombreuses, sachant qu’il doit dans le même temps préciser le retour sur investissement de ses actions. Dans ce contexte, il est indispensable que les services des ventes et du marketing se rapprochent et que la génération des leads soit automatisée le plus possible. Les uns et les autres doivent en effet partager une vision unique du processus d’achat et identifier chaque lead en fonction de sa position dans ce processus. Est-ce un lead « chaud », « tiède » ou « froid » ? Nous appelons cela du « scoring comportemental ».

  • Quels sont les outils que vous avez mis en place et cela a-t-il impliqué une nouvelle organisation pour le service marketing ?

Selena Papi : Concernant les outils, nous avons voulu associer notre CRM Salesforce à la solution de marketing automation de Marketo. La plateforme Marketo a été déployée voici deux ans. Cela a demandé 6 mois, avec l’aide d’un consultant dédié à cette mise en œuvre et la mobilisation à plein temps de deux personnes de l’équipe marketing.

Ensuite, nous avons mis en place une nouvelle organisation du service marketing, qui compte une vingtaine de personnes pour 15 pays. Pour l’instant, quatre collaborateurs du service marketing basé au siège de l’entreprise, à Paris, sont dédiés à l’automatisation et à l’analyse des données. Cette organisation évoluera encore, à mesure que nous irons plus loin dans notre démarche « account based marketing », avec un recours plus important aux vidéos personnalisées ou au marketing prédictif.

  • Au final, produisez-vous plus de leads ?

Selena Papi : Oui. Le nombre de leads qualifiés a augmenté d’environ 50% par rapport à la situation précédente, c’est-à-dire avant le déploiement de la solution Marketo. Par ailleurs, le coût d’un lead a été réduit de l’ordre de 60%. En ce qui concerne le travail des marketeurs, cela leur fait gagner du temps à eux aussi. Nous avons ainsi pu mettre en place une stratégie de contenus complète, avec 5 webinars par mois en plusieurs langues, 400 campagnes actives en moyenne, 100 landing pages et une quinzaine de flux de nurtering. En conclusion, on ne peut arriver à des indicateurs pertinents pour le marketing que si tous les intervenants de l’entreprise partagent la même vision du cycle de vie d’un lead, c’est-à-dire d’un cycle d’achat. Toutes nos actions doivent être centrées sur cette figure du « funnel des ventes ».

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

* Cet entretien a eu lieu suite à la présentation faite par Selena Papi le 18 avril 2017 sur le salon E-Marketing, en partenariat avec Marketo.

Oodrive vient de mener à bien la plus importante levée de fonds de ce début d’année 2017 (voir l’article de Digital CMO) : 65 millions d’euros. Autre tour de force pour cet éditeur de logiciels français, créé voici 17 ans : l’opération n’a été réalisée qu’auprès d’investisseurs issus de l’Hexagone. Entretien avec Eryk Markiewicz, Chief Marketing Officer d’Oodrive et membre du CMIT (Club des directeurs Marketing & Communication de l’IT).

  • La levée de fonds que vient de réaliser Oodrive est la plus importante depuis début 2017 pour une entreprise française. Quelles seront les principales utilisations de cet apport en capital ?

« Nous nous préparons à réaliser des acquisitions, notamment en Allemagne. »

Eryk Markiewicz : Les trois principaux usages de ces fonds seront la croissance organique d’Oodrive, sa croissance externe et le rachat de parts à plusieurs investisseurs historiques. En ce qui concerne notre croissance externe, il est clair que nous nous préparons à réaliser des acquisitions, notamment en Allemagne. Une partie importante de cette somme sera également consacrée à intégrer de nouveaux collaborateurs et à structurer l’entreprise en proportion, essentiellement dans le middle management. De plus, nous voulons renforcer encore notre centre de R&D, qui emploie déjà plus de 150 personnes en région parisienne.

  • En ce qui concerne la croissance d’Oodrive, où en êtes-vous aujourd’hui et quels sont les objectifs en ce qui concerne le nombre de salariés, le chiffre d’affaires ou les implantations à l’étranger ?

« Réaliser 100 M€ en 2020, contre 40 actuellement. »

Eryk Markiewicz : L’objectif affiché d’Oodrive est d’être le leader européen de la gestion des données sensibles dans le Cloud. Pour cela, nous avons intégré 70 nouveaux salariés au cours des 6 derniers mois et nous allons encore embaucher 50 personnes d’ici fin 2017. Cela signifie qu’Oodrive a aujourd’hui un rythme de croissance qui l’amène à accueillir une centaine de nouveaux salariés chaque année. Cela ne se fait pas sans mettre en place une démarche et un programme dédié, que nous appelons « Work & Play », ce qui correspond bien à la culture d’entreprise d’Oodrive. Quant au chiffre d’affaires, l’objectif est lui aussi connu : réaliser 100 M€ en 2020, contre 40 actuellement. Il va donc plus que doubler et cela implique de renforcer notre croissance hors de France.

  • En l’occurrence, quels sont les arguments qui permettent à Oodrive de se différencier par rapport aux géants du marché du cloud, le plus souvent étasuniens ?

« Renforcer notre ancrage en France et en Europe. »

Eryk Markiewicz : Nous voulons accentuer notre positionnement sur le segment des données dites « sensibles ». En toute logique, cela nous conduit à renforcer notre ancrage en France et en Europe. Nous visons les entreprises dont la priorité est la sécurité des données, auxquelles nous offrons des solutions et des services de proximité, entièrement personnalisées et 100% sécurisées.

C’est cette spécificité qui explique en grande partie que nos solutions soient présentes dans 80% des sociétés du CAC40. Par ailleurs, nous attachons beaucoup d’importance à la conformité de nos offres avec les réglementations françaises et européennes. Le marché auquel nous nous adressons n’est pas uniquement celui des opérateurs d’importance vitale (OIV) et des établissements qui ne doivent pas stocker leurs données en dehors de France ou d’Europe. Il est constitué d’organisations européennes qui privilégient les clouds souverains. Par ailleurs, nous allons accélérer le développement d’offres dites « verticales », c’est-à-dire dédiées à un secteur d’activité ou à une fonction dans l’entreprise, à l’image de notre solution BoardNox, que nous proposons avec succès aux conseils d’administration.

  • Oodrive ne parle pas des Etats-Unis : serez-vous absents de ce marché ?

« Nous ne prévoyons pas de nous implanter aux Etats-Unis. »

Eryk Markiewicz : Nous ne prévoyons pas de nous y implanter, ni de développer notre présence au Royaume-Uni. C’est une simple question de focus et de choix de nos batailles. Nous ne pouvons également pas mettre en avant le manque de « compliance » de certains de nos concurrents et aller sur leur marché d’origine ou nos différentiateurs ne seront pas aussi forts qu’en Europe ou en Asie. Notre choix stratégique est plutôt de nous développer en Europe Centrale et potentiellement en Europe du Nord. Notre approche est différente en ce qui concerne l’Asie, marché sur lequel nous misons sur le long terme, en commençant par accompagner nos clients français et internationaux avec des services de proximité identiques à ceux dont ils disposent en France ou en Europe.

  • En tant que professionnel du marketing, quels sont les indicateurs que vous jugez les plus pertinents pour évaluer vos actions ?

« Des dashboards géants sont présents dans tous nos open-spaces. »

Eryk Markiewicz : Je suis convaincu qu’une des missions premières du marketing, surtout dans le cadre d’une activité BtoB, est de rendre la vente plus simple. Pour cela, il faut consacrer une attention particulière à ce qui se passe en amont de la vente, que ce soit pour générer la demande ou pour la formation des équipes commerciales. Sur ce dernier point, les services marketing ont des actions fortes à mener et il faut que cela fasse partie des indicateurs suivis. Par ailleurs, il n’y a plus de professionnel du marketing qui se passe délibérément de la donnée. Ce temps est définitivement terminé. Nous en avons pris acte en mettant en place des modèles fondés sur le nombre « d’impressions » générées. Le concept de l’impression est vaste, car il recouvre à la fois les vues sur Internet, les retombées média, l’événementiel… Pour le reste, nous utilisons comme beaucoup d’entreprises les différents tableaux de bord qui suivent les principales étapes du « funnel » : la génération de leads, la qualification des leads, les revenus générés, le taux de fidélisation et l’engagement du client, etc. En l’occurrence, il est important que ces indicateurs soient suivis par le plus grand nombre au sein de l’entreprise, ce qui est le cas chez Oodrive où des dashboards géants sont présents dans tous nos open-spaces.

  • Quelle est votre politique en ce qui concerne les réseaux sociaux ?

« Le réseau que nous privilégions actuellement est LinkedIn. »

Eryk Markiewicz : Le réseau que nous privilégions actuellement est LinkedIn. Nous avons également recours à Facebook dans deux cas de figure précis : rendre compte des expériences clients et donner de la visibilité à la vie de l’entreprise. Ce dernier point est important pour valoriser le quotidien d’Oodrive et pour susciter l’intérêt des candidats. Par contre, nous utilisons de moins en moins Viadeo et Google+, alors que Twitter nous aide à nous positionner sur des thématiques clés et à entretenir nos relations avec les influenceurs. En ce qui concerne le nombre de compte, notre option est d’avoir une approche unique, avec peu de comptes, tous à la fois en anglais et en français, mais nous devons bien sûr gérer des exceptions, liées à des comptes créés par des sociétés rachetées, par exemple.

Mon approche est sensiblement la même à titre personnel. En tant que professionnel du marketing, j’utilise principalement LinkedIn, sur lequel j’ai plus de 2 000 contacts et où je ne parle que de mon métier. A l’inverse, à titre privé, je ne compte qu’une centaine de contacts sur Facebook, dont la famille et les amis.

  • Quel est actuellement votre principal centre d’intérêt ?

« Passionné par l’expansion des entreprises à l’international! »

Eryk Markiewicz : Je suis depuis longtemps passionné par l’expansion des entreprises à l’international. C’est une action que j’ai menée au sein de mon ancienne entreprise, Business Objects, et qui m’a permis de découvrir de nombreux territoires, comme ceux de l’Asie ou de l’Amérique. Je le suis toujours aujourd’hui, avec la conviction que les ambitions des entreprises françaises sont souvent trop timorées en comparaison de leurs atouts. Concrètement, je mène régulièrement des actions avec les chambres de commerce françaises à l’étranger et je suis de près l’actualité de l’expansion internationale des entreprises, notamment via des sites comme inc.com ou cmo.com.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO