DigitalCMO

Sendinblue vient de lever 30 millions d’euros auprès de Partech Ventures  alors qu’il affirmait il y a un an que l’entreprise n’envisageait pas de levée de fonds (voir l’article). A quoi cet apport va-t-il servir ? Les réponses d’Armand Thiberge, Pdg et fondateur de Sendinblue.

  • Quels sont les objectifs visés par Sendinblue avec cette levée de fonds de 30 millions d’euros ?

Armand Thiberge : Il y en a au moins trois. Le premier est d’accélérer le développement de nouvelles briques technologiques à nos solutions de marketing, notamment dans le domaine du display, qu’il s’agisse des réseaux sociaux ou de la vidéo. Il faut savoir que Sendinblue n’a pas de commerciaux et focalise ses investissements sur ses technologies, qui se vendent “toutes seules” ou sont préconisées par des partenaires. Les deux autres grands objectifs sont logiquement liés à cette stratégie : d’une part, nous recruterons une centaine de personnes d’ici fin 2018, ce qui va plus que doubler notre effectif*; d’autre part, nous allons développer de nouveaux partenariats. Jusqu’à présent, nos solutions pour les PME étaient centrée sur la fidélisation des clients. Avec l’ajout de cette brique “display”, nous allons proposer de nouveaux outils dédiés à l’acquisition. Depuis notre création en 2012, nous avons eu une croissance moyenne supérieure à 100% : cette levée de fonds de 30 millions d’euros va nous permettre de conserver ce rythme et de rester rentables.

  • Allez-vous ouvrir de nouvelles implantations ?

Armand Thiberge : Non, ce n’est pas prévu. Nous allons développer nos trois implantations actuelles, c’est-à-dire Paris, Noida en Inde et surtout Seattle aux Etats-Unis, mais nous ne prévoyons pas d’ouvrir de nouveaux bureaux pour l’instant. Quant à la commercialisation de nos nouvelles technologies, elle va débuter dès la fin 2017 et être intégrée à l’ensemble de nos offres courant 2018.   

 

  • L’an dernier à la même époque, vous esitmiez qu’il était important de proposer de nouveaux indicateurs aux PME afin de démontrer le retour sur investissement du marketing : où en êtes-vous ?

Armand Thiberge : Le développement de la nouvelle brique display est une partie de la réponse, car il permet d’accéder à un nombre d’indicateurs plus nombreux. Les campagnes “display” sont logiquement payantes, mais elles offrent une plus grandes visibilité et se traduisent très vite par l’acquisition de nouveaux clients. D’une manière générale, la tendance forte que nous identifions pour le marketing en 2018 est que les TPE et les PME sont désormais suffisamment matures pour avoir comme les grandes entreprises une approche multicanal.

Propos recueillis par Julien Corti, Digital CMO

* 90 personnes en septembre 2017

Tom Cochran a joué un rôle déterminant durant les deux campagnes électorales et les deux mandats de Barack Obama. Nommé Digital Leader de la Maison Blanche, il a également conçu la plateforme « We the People » (les trois premiers mots du préambule de la constitution des Etats-Unis). Cette plateforme, lancée en septembre 2011, a pour but de collecter puis de traiter les pétitions envoyées à la Maison Blanche. Il est venu lors de l’i Media Brand Summit expliquer les difficultés rencontrées et l’intérêt pour les marques de mettre en place des démarches similaires.

Si Tom Cochran est plus un expert du digital qu’un communicant, il partage avec de nombreux autres Étasuniens un enthousiasme qui impressionne le public, notamment français (habitué à davantage d’austérité). C’est donc avec une grande énergie et un air d’éternel adolescent que Tom Cochran a évoqué sa prestigieuse fonction de Responsable du Digital pour Barack Obama, pendant plus de 8 ans. « Mon père me répétait souvent l’adage selon lequel le monde peut très bien fonctionner sans vous, a lancé d’emblée Tom Cochran. J’étais d’accord avec cette idée mais j’ai voulu la compléter en ajoutant qu’il fonctionnera mieux si l’on s’engage totalement ! »

C’est le principe qu’a suivi Tom Cochran pour apporter sa contribution numérique aux deux élections de Barack Obama. « Dès le premier mandat, nous avons eu l’idée de lancer une plateforme permettant aux citoyens de lancer une pétition et de l’adresser à la Maison Blanche pour obtenir une réponse. Cela nous a pris plus de deux ans, mais les principaux problèmes sont apparus après. En fait, ce n’est pas la collecte des 500 000 pétitions et des 400 millions de signatures qui posé de problème. La difficulté principale était plutôt de rassembler le plus vite possible des réponses pertinentes afin de les envoyer aux auteurs de la pétition. L’une de nos plus belles victoires a été la transposition dans la Loi de la portabilité des numéros de téléphones mobiles. L’une des plus complexes à traiter fut de répondre à la pétition demandant la création d’une « étoile de la mort » destinée à protéger la Terre car nous avons dû réunir de nombreux arguments pour démontrer que cette idée était ridicule. »

Les enseignements de « We, the People »

Le premier enseignement de « We, the People » a donc été qu’il fallait se focaliser autant sur la collecte des questions que sur les capacités de la Maison Blanche à répondre rapidement.  La seconde leçon a été qu’il n’y avait pas de bon travail possible sans bons outils. « L’on s’est longtemps fait une idée de rêve de l’informatique de la Maison Blanche. La réalité, c’est que 82% des matériels étaient obsolètes ou en fin de vie et que la messagerie était régulièrement hors-service. Six jours après ma nomination, le WiFi de la Maison Blanche n’a plus fonctionné pendant 21 heures. Pour u jeune Digital Leader comme moi, cela a semblé une éternité. Le troisième enseignement est qu’i n’est pas justifié d’expliquer le manque de performances par un manque d’effectif, surtout dans le domaine du digital. 4 ou 5 personnes très compétentes me suffisaient, alors que disposer d’une équipe d’une trentaine de personnes moins compétentes m’aurait posé d’autres soucis, dont le premier était de les manager ! »

La dernière remarque est tout à fait transposable dans l’univers des entreprises privées : « il ne suffit pas d’écouter, il faut répondre, ce qui ne mobilise pas les mêmes personnes et les mêmes énergies ! ».

Pour en savoir plus et lire les autres retours d’expériences  téléchargez ce document içi 

Pascal Boiron, Digital CMO

Le CMIT (Club des Directeurs Marketing & Communication de l’IT) publie un livre blanc intitulé « KPI : comment est évalué et rémunéré le Marketing en France », sur la base d’une étude menée en France auprès de 170 responsables informatiques. Résumé en 5 points par des représentants du CMIT.

S’il est un KPI métier – surtout en B2B – c’est bien celui de la gestion des leads*. Que ce soit la gestion des KPIs, des taux de conversion et waterfall, du suivi des leads avec les commerciaux ou encore les indicateurs de qualité, ces sujets sont pour plus de la moitié des répondants des KPIs métiers, et sans doute sans spéculer plus avant, d’importance variable selon les univers d’évolution du CMO. Pour autant, la variable de rémunération sur ce KPI est faible, pas plus de 17 % des participants ayant cet item dans leurs objectifs de rémunération.

L’évaluation du marketing a résolument changé avec l’arrivée des outils et du marketing digital.

Grâce à l’automatisation et aux données, le marketing est ainsi devenu plus facilement mesurable. Nombre de leads générés, taux d’acceptation par les ventes, taux et montant de conversion en opportunités… : autant d’indicateurs mesurant la performance du marketing sur les opportunités commerciales qu’il crée, voire au revenu généré par ses actions.

Cependant, cela ne traduit pas encore complètement un alignement parfait avec les ventes, où se discute encore trop souvent la frontière des responsabilités pour chaque étape de l’entonnoir des ventes.

A exigence de qualité des leads marketing, s’impose la même exigence de qualité du suivi par les ventes.

De plus, dans certains secteurs, le processus d’achat lui-même se transforme et devient de plus en plus digital, virtuel et il s’agit là pour le marketing de poursuivre sa transformation et de devenir plus prédictif afin de devenir un véritable moteur de vente.

Sandrine Rollin, Senior Manager EMEA Marketing, NetApp et Administratrice du CMIT  

@sandrine_rollin

Moins de 20% des marketeurs objectivés financièrement sur la création de leads* contre près de deux fois plus sur la tenue du budget…

La marche à franchir quant à la perception de l’apport de valeur du service Marketing reste haute… Relevons le défi. D’abord en étant de plus en plus proactifs : rapprochons-nous des sales, faisons bouger les lignes, prouvons-leur concrètement que la frontière Marketing / Sales est devenue poreuse.

Osons proposer des KPIs financiers à même de prouver que notre action a, dans les faits, un réel impact chiffré sur le business global de l‘entreprise. Certes, nous ne sommes pas les seuls responsables de la génération et conversion des leads. Mais un commercial n’est pas non plus seul responsable d’une affaire gagnée sur laquelle il est rémunéré. Assumons notre rôle tout au long du parcours client et imposons-le dans nos objectifs. Pour faire évoluer la place du marketing dans nos organisations.

Magali Regnault, Senior Marketing Manager – Services Econocom

@mag_b_regnault

De nos jours, la gestion du budget Marketing doit laisser de l’espace à la flexibilité et à l’innovation.

Concrètement, un budget Marketing devrait être alloué pour 2/3 à des projets définis, et laisser 1/3 pour l’innovation et l’expérimentation de nouveaux concepts et de nouvelles technologies. Sans oublier de mesurer l’efficacité des actions et campagnes marketing tout au long de l’année, afin de s’assurer que le budget est alloué aux projets prioritaires et à ceux qui affichent les meilleurs résultats, le meilleur ROI.

De ce fait, les CMO doivent développer des compétences et un état d’esprit qui permettent de gérer des projets complexes. Les changements dans les comportements d’achats des clients et les nouvelles technologies redéfinissent la nature même de créativité dans le marketing. Il s’agit de créer de la valeur pour l’entreprise, basée sur l’engagement et l’interaction avec toute l’organisation, et tenant en compte l’intégralité de l’expérience client. Finalement, utiliser des données pour prendre les bonnes décisions et mesurer l’efficacité des actions menées.

Nicole Anschutz, Global Marketing & Communications Director Devoteam et membre du CMIT

@nschulte1

La cogénération de leads via des partenaires fait partie du paysage du CMO.

Que l’on soit directeur technique, commercial ou marketing, dès que nous investissons dans un projet, il est essentiel de pouvoir mesurer un Retour sur Investissement (ROI). Aussi, les activités marketing avec les partenaires sont effectivement un élément essentiel dans la stratégie en marketing et communication. Il est essentiel de définir des indicateurs de performances aussi bien qualitatifs que quantitatifs, tant sur le nombre de leads générés et finalisés par une vente, la qualité du lead, mais également le nombre de campagnes ou d’événements réalisés avec le channel… La cogénération de leads via des partenaires n’est donc qu’un des nombreux indicateurs à prendre en compte dans la rémunération. Et sans nul doute, c’est bien davantage la croissance de la contribution au revenu qui a un impact significatif sur la rémunération des leaders marketing.

Solen Carreau, Field Marketing Manager Panasonic Business et membre du CMIT

@Solen_Carreau

La création de nouvelles opportunités business est clairement la priorité pour le marketing aujourd’hui.

Pourquoi et comment le mesurer ? Plusieurs points sont essentiels pour bien mesurer la lead Gen Il faut avoir les bons outils en place qui puissent réellement faire la traçabilité des actions marketing du nurturing à la vente via le MQL (BANT/CHAMP). L’idéal étant qu’il inclut tous les éléments d’influence de la vente. L’interopérabilité entre le marketing automation et le CRM est donc critique. Il faut intégrer un maximum d’informations y compris budgétaires afin d’obtenir le ROI marketing. Enfin il faut avoir les bons processus en place afin de bien établir les différentes étapes entre les ventes et le Marketing et vérifier le taux de conversion des MQL fournis.

Tout ceci afin d’identifier l’apport du marketing au nouveau business de l’entreprise. Mais également valider le choix des actions marketing menées et vérifier leurs résultats. Enfin ceci permet d’optimiser son budget et assurer les investissements futurs.

Sandrine Avenier, Regional Marketing Director, EasyVista et Vice-Présidente du CMIT

@sandrinea

*« KPI : comment est évalué et rémunéré le Marketing en France ». Un  livre blanc du CMIT (septembre 2017) qui recueille et analyse 170 réponses de responsables marketing français.

Le numérique n’a pas pris de vacances ce mois d’août 2017 et le niveau des liquidités mobilisables dans ce secteur atteint un niveau record (environ 1 000 milliards de dollars). Voici un résumé des principales annonces de ces dernières semaines.

Avant tout il faut préciser qu’environ 1 000 milliards de dollars seront investis dans le numérique d’ici fin 2017, principalement dans les secteur du e-commerce, du cloud, de l’intelligence artificielle, des véhicules autonomes et de la réalité virtuelle ou augmentée (voir cet article). Dans ce contexte, les géants du secteur ont multiplié les annonces ces dernières semaines, comme le montre les exemples qui suivent.

Comment le e-commerce prend la parole

Pour commencer, Google a lancé la commercialisation en France de son enceinte intelligente « Home ». Une quinzaine de jours plus tard, Google annonçait un accord avec le principal acteur de la grande distribution aux Etats-Unis, Walmart (4 700 magasins) et premier groupe mondial de distribution. Concrètement, dès la fin septembre, des centaines de milliers de produits pourront être commandés « par la voix », via Google Assistant. Si les deux partenaires se gardent bien de citer Amazon, il est évident que cet accord vise à contrer à la fois l’assistant intelligent Alexa intégré aux bornes Écho et l’offensive d’Amazon dans la distribution (il a racheté en juin 2017 la chaîne de produits bio Whole Foods.

Microsoft voudrait ajouter un « M » à « GAFA »

Autre annonce marquante : Microsoft se focalise de plus en plus clairement sur le cloud, désormais sa principale source de revenus. Son service Azure s’enrichit de nouvelles capacités dans le domaine de l’intelligence artificielle. Microsoft vient ainsi de lancer « Brainwave », un service d’accélération hardware pour le deep learning. Là encore, il s’agit bien pour Microsoft de conforter sa position sur le marché du cloud pour contrecarrer les ambitions de deux GAFA : Google et Amazon. Le 10 août, Microsoft a également annoncé un framework dédié à la blockchain. Baptisée Coco, cette solution à pour but d’accélérer l’adoption de la blockchain par les entreprises.

Une plus discrète actualité estivale démontre que l’engouement pour l’intelligence artificielle (voir notre article) ne se dément pas. Ainsi, le fonds « AI Fund » vient d’être créé parAndrew Ng, référence mondiale dans ce domaine, professeur à Stanford, fondateur de Google Brainwave et Chief Scientist du réseau social chinois Baidu jusqu’au printemps 2017.

Il n’y aura pas une voiture autonome 100% Apple

Un troisième GAFA, Apple, a également profité de ce mois d’août pour annoncer sa nouvelle stratégie dans le domaine de la voiture autonome. Il n’est plus question pour Apple de concevoir et de produire intégralement sa propre voiture autonome. Ses ambitions affichées sont désormais plus modestes et consistent surtout à fournir des logiciels aux constructeurs. Sa plateforme est testée depuis avril 2017 sur 5 Lexus RX 450.

Le camion autonome accélère

Dans un registre proche, le camion autonome est un marché qui représente des enjeux financiers colossaux mais encore non estimés précisément. La dernière annonce en date est la levée de fonds de 20 millions de dollars menée à bien par la startup chinoise TuSimple, auprès de l’Americain Nvidia et du groupe chinois Sina Corp. Des camions équipés des technologies de TuSimple sont actuellement testés en Californie et en Chine. Pour rappel, le marché du camion autonome intéresse également Tesla, Uber, Waymo, Scania, Volvo Trucks, etc.

Pascal Boiron, Digital CMO

Dans la foulée des historiques Bitcoin ou de l’Ethereum, de nombreuses crypto-monnaies voient le jour ces derniers mois. Parmi elles, Tezos fait une entrée fracassante, en récoltant plus de 230 millions de dollars grâce à une nouvelle méthode de levée de fonds, le ICO (Initial Coin Offering).

L’invention de la Blockchain est à l’origine des crypto-monnaies. Cette méthode de structuration des bases de données permet de mettre en place des livres de comptes ouverts à tous et référençant l’ensemble des opérations effectuées depuis le lancement de la monnaie. Comme l’illustre Arthur Breitman dans un entretien accordé à Contrepoints, « des personnes vivant aux quatre coins du monde peuvent utiliser ces outils pour passer entre elles des contrats vérifiés, validés et exécutés à un prix minimal et sans avoir besoin de faire recours à un tiers. » : un nouveau paradigme qui fait de plus en plus d’adeptes. Mais alors que le Bitcoin date déjà de 2008, le lancement de nouvelles monnaies est en croissance exponentielle depuis quelques mois seulement. Cela s’explique par la mise en application d’une nouvelle méthode de levée de fonds : l’Initial Coin Offerings (ICO).
L’entreprise présente son projet au public, met en vente un nombre de jetons à un prix (en crypto-monnaie bien sûr, généralement le Bitcoin ou l’Ethereum), ces derniers donnant des droits de vote, des dividendes, etc. Un mode de financement simple et très peu contraignant qui est passé de 14 millions de dollars levés en 2015 à 1,2 milliard sur le premier semestre 2017 !

Tezos, pour répondre aux problèmes de gouvernance et de coût

Mais selon Arthur Breitman, beaucoup de ces nouvelles monnaies et même le Bitcoin font face à un problème de gouvernance (la gouvernance est l’ensemble des règles régissant la monnaie) : certains réseaux ont ainsi souffert de conflit entre les petits et le gros détenteurs de blocs quant à la l’évolution des règles de gouvernance. C’est pourquoi il a lancé Tezos, avec sa compagne Kathleen : « Le concept de Tezos est d’utiliser la capacité de consensus des blockchains elles-mêmes pour implémenter leurs propres modèles de gouvernance. En pratique, dans Tezos, cela veut dire que nous laissons les détenteurs de jetons accepter ou rejeter des mises à jour du protocole, i.e. les règles suivies par le réseau. Nous commençons avec un simple système de vote où une supermajorité peut choisir et adopter des propositions de mise à jour. »

L’autre problème identifié par le fondateur de Tezos est le coût de fonctionnement des réseaux : pour le réduire, Tezos s’appuie sur le proof-of-stake où l’utilisateur doit prouver doit prouver combien il détient pour obtenir des droits de vote en proportion. « Les détenteurs de Bitcoin payent actuellement 400 millions d’euros par an pour faire fonctionner le système de proof-of-work tandis que le coût d’un système de proof-of-stake se chiffrerait à quelques millions au plus. », poursuit Arthur Breitman

Enfin, Tezos a également choisi d’adopter les Smartcontracts, spécificité de l’Ethereum : ces programmes automatiques permettent d’exécuter automatiquement des règlements, de mettre en place des emprunts, des contrats d’assurance sans passer par des intermédiaires. Mais contrairement à l’Ethereum, Tezos validera le code des smartcontrats grâce à l’utilisation d’un langage natif. La startup ne se cache d’ailleurs par sur le sujet : son objectif est de venir concurrencer la crypto-monnaie numéro 2, derrière le Bitcoin.

Ce sont finalement 6 startups et non 5 – comme Oracle France l’avait annoncé dans Digital CMO dès début 2017 – qui ont été sélectionnées pour rejoindre le programme « Startup Cloud Accelerator ».

Début 2017, Oracle France annonçait que 5 startups allaient être sélectionnées en France pour intégrer son programme « Startup Cloud Accelerator », par ailleurs décliné dans 6 autres villes dans le monde : 3 en Inde (Mumbai, Bengalore et Delhi), Une à Sao Polo au Brésil, une à Singapour et une à Bristol en Angleterre.

Finalement, 6 startup ont été retenues en France (parmi une centaine de candidats) et bénéficieront notamment d’un accompagnement de 6 mois et d’un accès aux ressources de développement de l’éditeur.

Les 6 pépites retenues sont les suivantes :

Dial-Once, qui propose une plateforme de contact intelligente pour aider les entreprises à unifier le parcours client à travers l’ensemble des canaux de communication. Dial-Once réinvente le service client en améliorant l’expérience client, en diminuant le coût de traitement des appels et en accélérant la transformation digitale. Déployé dans tous les secteurs d’activité, Dial-Once digitalise les appels téléphoniques et les route vers une Plateforme de Contact Intelligente pour offrir une meilleure expérience client.

1Check, membre Gold du programme Oracle PartnerNetwork, est une solution mobile en temps réel qui digitalise tous les processus impliqués dans la gestion d’un site d’hôtellerie ou de logement. 1Check répond aux besoins des hôtels, des campings, des complexes touristiques et parcs d’attraction, mais aussi des maisons de retraite, des logements locatifs et des campus scolaires. Ces solutions couvrent l’ensemble des besoins du secteur de l’hébergement, du contrôle des bâtiments (ménage, maintenance curative et préventive ou problèmes standards) à la gestion des RH, en passant par la gestion des tâches, des stocks, des inventaires, des budgets et le suivi des indicateurs de performance (KPI). La solution est nativement multilingue et fournit une vision synthétique et globale de l’ensemble des sites d’un même groupe.

OuiTeam, une plateforme de détachement qui optimise les RH au sein des groupes. Convivial et simple d’utilisation, basé sur un modèle SaaS, OuiTeam se connecte à l’organisation du client pour développer les détachements de personnels internes entre sites. En générant un nombre important de détachements, OuiTeam permet à ses clients d’économiser jusqu’à 30% du coût des intérimaires ; de garantir la fiabilité des opérations en priorisant les personnels internes ; de motiver les collaborateurs en enrichissant leurs expériences ; et de partager des compétences et ressources rares qui sont difficiles à recruter à l’extérieur.

Shippeo, qui assure le suivi en temps réel des flux de transports pour les supply chains les plus exigeantes. Shippeo a développé une plateforme SaaS mutualisée et communautaire pour assurer la visibilité en temps réel des transports, augmenter la qualité de service, diminuer de façon proactive les délais de prise en charge et le traitement des litiges, et générer en temps réel les justificatifs de livraison et la facturation.

Tilkee, membre Cloud Standard et Silver du programme Oracle PartnerNetwork, est une solution intelligente de conversion des leads pour le CRM. Grâce à son algorithme prédictif, elle supprime la dimension aléatoire des relances et introduit de l’intelligence au cœur du processus commercial. Avec Tilkee, chaque commercial peut contacter le bon prospect, au bon moment, avec la bonne action, pour booster son taux de conversion et maximiser le chiffre d’affaires. Tilkee analyse le comportement de lecture des prospects et son algorithme évalue leur intérêt pour prioriser et cibler avec précision les relances.

Weblib, qui digitalise depuis 2009 tous les secteurs du monde de la distribution. La société propose des solutions digitales pour connecter, cibler et étendre l’expérience en magasin et en ligne. Avec ses applis et ses solutions Wifi pour mobiles et tablettes, Weblib aide les plus grandes marques de la planète à augmenter leur chiffre d’affaires, à mieux comprendre leurs clients et à proposer une expérience client exceptionnelle dans le monde de la distribution.

La Rédaction, Digital CMO

Le CMIT (le Club des Directeurs Marketing & Communication de l’IT, pour Information technologies) a soumis au vote de ses membres, lors de l’édition de son forum 2017,  l’élection de trois strartups dédiées aux métiers du marketing. Présentation.

Ce 30 juin 2017, le CMIT (le Club des Directeurs Marketing & Communication de l’IT) a récompensé trois jeunes entreprises innovantes, parmi les 12 qui avaient été retenues pour participer à ce concours dont c’était la deuxième édition (voir l’article de Digital CMO de mai 2017).

En 2016, les trois lauréats de ce concours avaient été Creads Partners, Snapdata et Azendoo. En 2017, les trois startups récompensées ont été Upfluence, Allo Media et Sigilium.

Frédéric Daniel, Directeur Général adjoint d'Upluence.

Vivien Garnès, Directeur Général d’Upluence.

Upfluence développe des technologies pour le marketing d’influence et aide les marques à identifier, analyser et contacter à grande échelles des influenceurs dans tous les pays, toutes les langues et tous les réseaux sociaux, notamment les bloggeuses et les bloggers.  Upfluence a reçu de la part du CMIT le prix Platinum a l’issue du vote électronique de la salle. Comme l’a expliqué son fondateur « Nous sommes une solution à fort ROI entre les actions classiques RP et des publicités de plus en plus pénalisées par le phénomène des adblockers et des clics frauduleux ». « On valorise la pertinence des réseaux sociaux grâce à notre logiciel en mode SaaS sur un marché où l’acquisition  par Google de FameBit témoigne de la pertinence de notre modèle a-t-il ajouté dans son intervention.

La seconde startup mise en avant a été Allo Media, qui a créé un « Cookie Vocal », une technologie permettant de collecter 100% de la data conversationnelle contenue dans les appels téléphoniques et de les fusionner avec les parcours clients digitaux. Une approche qui vise a optimiser le service client des sites de e-commerce par exemple et qui s’inscrit directement dans une meilleure utilisation des données en temps réel pour optimiser par exemple les campagnes de  retargeting.

Allo-Media

Romain Rullier (à droite), Directeur Commerical d’Allo Media.

La Voix du client est ainsi extraite en temps réel des appels générés grâce à une technologie associant l’aanalyse du signal, la reconnaissance vocale et l’analyse sémantique. Toutes ces données sont remontées dans les outils analytiques et CRM pour les équipes marketing, commerciale et relation client.

Sigilium

Xavier Trannoy et Thomas Darde, cofondateurs et dirigeants de Sigilium, avec Etienne Maraval, vice-Président du CMIT et organisateur du Prix des « Martech » 2017.

Le troisième acteur mis à l’honneur cette année a été Sigilium, une plateforme qui permet aux équipes marketing et communication de piloter de manière centralisée les signatures emails de l’entreprise. Il a été présenté comme un moyen  directement mesurable de faire passer de l’information et des offres, là où on a l’attention récurrente et privilégiée de ses interlocuteurs professionnels.

L’écoute remplace le discours sur les réseaux sociaux 

Ces prix, et notamment le Trophée Platinum gagné par Upfluenve,  sont en phase avec les préoccupations de nombre de directions marketing, qui voient monter en puissance les réseaux sociaux sans réellement savoir se comporter vis-à-à-vis d’eux.  Une étude de Nomination  présentée en introduction de la journée insistait notamment sur cette préoccupation des directeurs marketing membres du CMIT.  Cette tendance a été analysée aussi  par Véronique Reille Soult, Directrice Générale de Dentsu Consulting France. « Il faut arrêter de considérer les réseaux sociaux comme un canal top down, mais plutôt comme un outil d’écoute efficace, qui permet notamment de poser des questions pertinentes », a-t-elle ainsi expliqué. Véronique Reille Soult a notamment cité le cas de Carglass l’un de ses clients. Cette entreprise qui communique de manière très importante utilise les réseaux sociaux non pas pour en faire un canal de vente mais pour analyser de manière fine le niveau de saturation de ses campagnes a-t-elle expliqué. Elle a notamment insisté sur le fait qu’il fallait être capable de définir ses propres indicateurs d’écoute et d’analyse et ne pas utiliser seulement la myriade des indicateurs statistiques proposés par les éditeurs de logiciels.

Pour cette événement, le CMIT avait réuni près de 150 professionnels du marketing, sous la houlette de son Président, Michel Mariet (Oracle) et de ses deux vice-Présidents, Jean-Denis Garo (Mitel) et Etienne Maraval (Lexmark). Désormais, le CMIT revendique un écosystème de marketeurs qui compterait plus de 3 000 membres.

Découvrez aussi  les 12 start-ups sélectionnées par le CMIT 

La Rédaction, Digital CMO

L’annonce faite le 15 juin 2017 à l’occasion de VivaTech par Emmanuel Macron de la création d’un fonds d’investissement de 10 Md€ pour l’innovation correspond à une de ses principales promesses de campagne, et sera la mesure phare du gouvernement dans le domaine de l’investissement technologique. Parallèlement, les annonces de Nicolas Dufourcq, président de Bpifrance lors de TECH IN (cf notre article) permettent de cerner la mise en place d’une stratégie globale dans le domaine de l’innovation, qui vise désormais, en plus du dispositif très complet en direction des start-ups, à financer et accompagner des entreprises de taille mondiale dans les secteurs technologiques clés.

Si de l’avis même des responsables les modalités pratiques de ce fonds restent à définir, cette annonce pose un certain nombre de questions :

  • Tout d’abord, de quoi s’agit-il ?  Ce « fonds » est destiné à financer « l’industrie du futur », c’est à dire les entreprises et projets innovants dans les domaines de la transition et de la modernisation numérique et énergétique (on note que les sciences de la vie sont à priori exclues de ce programme). Ceci correspond à la fois à la promesse faite par Emmanuel Macron au cours de la campagne « En Marche » de regrouper les investissements dans ces domaines par un fonds de grande envergure, et aux recommandations du rapport présenté en juillet 2016 sur le financement des start-ups (rapport réalisé par Marie Ekeland, Jean Tirole et Augustin Landier).
  • Comment sera-t-il financé ?  Selon les indications esquissées par Emmanuel Macron, ce fonds serait constitué et financé par les dividendes et les réinvestissements de la cession des participations minoritaires de l’Etat dans des entreprises. Autrement dit, en grande partie par les plus-values et dividendes dégagés par Bpifrance, qui seraient donc réinvestis dans ce programme, ce qui revient à orienter de façon volontariste l’action de BPI France dans l’investissement de l’innovation. Au rythme de 1,7 Md€ de cessions réalisées par Bpifrance en 2016, ce fonds pourrait être constitué et doté en capital en quelques années, mais on peut également s’attendre à un transfert puis un désengagement de l’Etat de ses participations non-stratégiques pour accélérer ce processus.   La forme juridique de ce fonds pourrait prendre la forme d’un « trust », ce qui donnerait une certaine souplesse dans sa forme juridique et sa gestion, et permettrait de gérer des investissements à long terme.
  • 10 Milliards pour quoi faire ? La somme annoncée vise à marquer les esprits, mais elle pose question. En effet, si l’on en croit les statistiques professionnelles du secteur, l’ensemble des investissements en capital risque ou en capital développement dans ces secteurs technologiques en France représente moins de 500 M par an.  Au delà de l’effet symbolique de l’annonce, la somme de 10 Md€ suggère que ce fonds financera des projets de très grande envergure (peut être des projets d’infrastructure), des ETI en phase de développement ou de pré-introduction en bourse, mais sans doute moins des start-ups. Ceci correspond à une évolution de l’action publique dans ce domaine.  Comme l’a indiqué Emmanuel Macron, « la France est un pays de start-ups, il faut que l’on finance des licornes » (entreprises de plus de 1 Md€ de valorisation). On le sait, c’est une des principales difficultés du marché français pour les entrepreneurs du numérique : si l’environnement financier s’est nettement amélioré pour les start-ups au cours des 5 dernières années, les entreprises trouvent toujours de réelles difficultés à financer leur développement dans les phases ultérieures, et en particulier lorsque il s’agit de se tailler une place sur les marchés européens ou mondiaux. En clair, le dispositif d’accompagnement des start-ups est performant, mais le passage de la start-up à l’entreprise de taille moyenne ou grande s’avère souvent mortel. A ce stade, seuls quelques fonds d’investissement interviennent, et les banques ne jouent aucun rôle concret dans le financement des entreprises (en partie en raison des ratios de fonds propres que ces interventions demandent désormais). Ce nouveau fonds public pourrait contribuer à combler en partie ce vide, par des investissements directs, mais également par des investissements indirects dans des fonds ciblés sur cette phase de développement.
  • Quel modèle de gestion pour ce fonds ?  Bien que Bpifrance soit le partenaire de référence dans ce domaine, le choix du modèle de gestion de ce fonds pourra marquer une inflexion dans ce domaine (gestion directe ou déléguée à des équipes indépendantes avec une certaine liberté selon un modèle plus anglo-saxon). L’expérience du précédent « Fonds Public d’Investissement », qui avait été confié pour partie à la Caisse des Dépôts et Consignations (activité d’investissement de la CDC aujourd’hui intégrée dans Bpifrance) et pour partie à des équipes indépendantes pour bénéficier d’un effet démultiplicateur plus important, pourrait être renouvelé, avec et autour de Bpifrance. Au crédit de la banque publique, Bpifrance dispose déjà de nombreux outils d’accompagnement en fonds propres dans le domaine de l’innovation, et des équipes chevronnées dans ce domaine, ainsi que d’un réseau régional très structuré. Toutefois son activité d’investissement directe dans le domaine de l’innovation (donc aussi bien les sciences de la vie que le numérique ou les énergies) s’élevait à 191 M€ seulement en 2016, sur un total de 2,4 Md€ (soit 8%). En rendant hommage au travail de la BPI, mais en soulignant qu’il faut « aller plus loin », Emmanuel Macron semble confirmer que le rôle de la banque publique sera réorienté pour faire plus de place au financement des entreprises de technologie.

Notre analyse : Une mesure qui confirme le volontarisme du nouveau gouvernement… mais qui devra s’accompagner d’investissements publics pour être efficace.

Il est encore trop tôt pour savoir comment les entrepreneurs pourront accéder à ce fonds (ou s’il sera accessible principalement par les fonds existants), et nous mettrons à jour les informations et détails pratiques au cours des prochains mois.

Toutefois on peut déjà indiquer que l’annonce de ce fonds pour l’innovation constitue un signal fort pour les entrepreneurs des secteurs technologiques aussi bien que pour les investisseurs, en France… et à l’étranger. Le choix d’orienter massivement les investissements de Bpifrance vers l’innovation, plutôt que de relancer des fonds d’investissement attirant l’épargne des particuliers, marque le retour à une politique volontariste du gouvernement qui ne peut que marquer les esprits.  Il s’inscrit dans le cadre d’une politique plus large du nouveau gouvernement en faveur de l’entreprise et du monde entrepreneurial : Amélioration de l’environnement fiscal, encouragement de la mobilité… autant de mesures qui visent à rendre le marché français plus attractif par rapport aux marchés voisins… et notamment la Grande Bretagne.

Cette volonté de rendre la France plus attractive pour les investisseurs étrangers est également évidente dans les initiatives récentes tels que le visa French Tech de 4 ans, ainsi que l’annonce par la BPI d’un programme de 140M€ destiné à des investissements dans des fonds étrangers… avec pour objectif d’encourager des investisseurs étrangers à investir en France. Autant d’annonces complémentaires qui confirment que le gouvernement renoue avec une politique volontariste dans le domaine de l’investissement.

Toutefois, il reste que le complément essentiel de ces mesures et de la politique d’encouragement, et le principal outil de politique économique de la France dans le domaine du numérique (et de l’innovation en général) pour les prochaines années sera une politique d’investissement de grande envergure. Le besoin de modernisation des administrations et services publics est une contrainte forte, mais c’est également une opportunité unique pour orienter l’activité dans des secteurs qui peuvent générer de l’activité avec peu de besoins en capitaux : Faut-il le rappeler, le secteur du numérique représente moins de 8% des effectifs, mais 25% de la croissance de l’économie.

Dans un pays où le secteur public représente plus de 35% du PIB, les investissements de modernisation et de transition de l’Etat, des collectivités locales et des services publics, auront un effet d’entrainement qui sera déterminant pour toutes les entreprises de ces secteurs.  Car au delà des outils de financement et de l’environnement fiscal et juridique, c’est essentiellement par leur chiffre d’affaires que les entreprises doivent se financer, pour ensuite se développer à l’échelle européenne ou mondiale. Et c’est à ce moment seulement qu’elles auront un besoin de fonds propres et seront attractives pour les investisseurs… Tout ceci à condition que le gouvernement facilite et garantisse l’accès aux marchés publics pour les PME, sur un modèle à définir.

Un salon qui sélectionne ses visiteurs, ses exposants et qui place la barre très haut en ce qui concerne les intervenants : certains esprits chagrins pourront estimer que l’idée n’est pas totalement nouvelle, que certains événements ont connu des succès éphémères grâce à ce concept, mais – quoi qu’on en dise – le rendez-vous annuel « i Media Brand Summit » est en train de se faire une place « à part » dans l’univers très concurrentiel de l’événementiel. Explication avec le résumé de l’édition 2017, à Biarritz.

« We, the people ». Ces mots simples sont les premiers du préambule de la constitution des Etats-Unis d’Amérique. C’est également le nom de la plateforme numérique qui permet à tous les citoyens du monde de formuler une pétition, de l’envoyer à la Maison Blanche et d’obtenir une réponse. Cet outil, « We, the People », a été créé par Tom Cochran, qui fut le responsable du digital de Barak Obama avant sa première élection et jusqu’à la fin de son deuxième mandat. Voilà une image représentative de ce qu’est devenu le « i Media Brand Summit » : un rendez-vous d’exception où l’on croise des responsables considérés comme inaccessibles.

Andrew Davis, spécialiste du marketing digital

Andrew Davis, spécialiste du marketing digital

Thomas-Husson

Thomas Husson, vice-Président de Forrester

Tom-Cochran

Tom Cochran, Responable du digital durant la présidence de Barak Obama

C’était vrai pour Tom Cochran. Ce l’était également pour Andrew Davis, l’un des spécialistes les plus reconnus  au niveau mondial dans le domaine du marketing digital, ou encore de Thomas Husson, vice-Président du cabinet Forrester, responsable du marketing et de la stratégie. Ce dernier a notamment insisté dans sa présentation sur la nécessité de mettre de plus en plus le mobile au centre des stratégies des CMO. Sans toutefois préciser qu’elle pouvait être la bonne stratégie dans ce domaine. La montée en puissance des Adblockers qu’il a souligné dans sa présentation générale laisse peu d’espoirs de trouver un modèle publicitaire sur le mobile. Et pour beaucoup de spécialistes la conversion  au payant dans les jeux et ou les médias est juste sur mobile en phase de test. Quant à Andrew Davis il a insisté sur le smart insights ou le bon contact au bon moment. Une approche du marketing digital qui passe nécessairement par plus de combinaisons analytiques sur tous les canaux du parcours client pour repérer ces moments intimes avec la marque évoqué par le gourou américain du digital. A l’heure où de nombreux dirigeants d’agences créatives comme Publicis ou Havas souhaitent remettre la créativité au centre des approches marketing et communication y compris sur le digital, le point de vue exprimé par Andrew Davis à l’occasion du iMédia Brand Summit vient plutôt renforcer l’idée que les entreprises devront continuer  à investir massivement dans la maîtrise et la compréhension des données.

En parallèle, plusieurs centaines de rendez-vous d’affaires avaient été organisés entre les 320 invités (des responsables du marketing digital, triés sur le volet) et une soixantaine de fournisseurs de solutions numériques (voir les articles de Digital CMO de 2016 et de 2017)

Animée par Isabelle Ithurburu, notamment présentatrice du Canal Rugby Club, les deux journées ont également été marquée par une soirée privée aux halles couvertes de Biarritz, privatisées pour l’occasion, au cours de laquelle les convives ont pu déguster des spécialités basques et découvrir la cuisine du chef Yves Camdeborde, qui réalisait des plats sur place.

Les halles couvertes de Biarritz avaient été privatisées pour l'occasion, afin que les convives puissent déguster les spécialités basques (quelques exemples ci-dessous).

Les halles couvertes de Biarritz avaient été privatisées pour l’occasion, afin que les convives puissent déguster les spécialités basques. 

 

 

 


Reportage de Chantal Delsouc et Pascal Boiron, Digital CMO

Apple a présenté le 5 juin 2017 ses nouveautés logicielles à venir pour ses plateformes lors de sa conférence annuelle pour les développeurs (WWDC), à San Jose en Californie. Pour Apple, les enjeux financiers sont très importnants et la marque a montré également un engouement fort dans les domaines de l’intelligence artificielle et des réalités virtuelles et augmentées. Cette conférence est décryptées par un développeur, dans le cadre d’un entretien réalisé au lendemain de la présentation de la « feuille de route » d’Apple. Edouard Brèthes est le cofondateur de l’Apptelier, agence française née en 2013 et dédiée au développement d’applications « post-PC » (smartphones, tablettes et objets connectés). Il avait déjà analysé la conférence de Facebook pour les développeurs, la « F8 » et celle de Google.

  • Que retenez-vous des différentes annonces d’Apple ce lundi 5 juin 2017, sachant que celle qui semble avoie le plus grand retentissement médiatique est le prochain lancement de l’HomePod ?

Edouard Brèthes : Les annonces de nouveaux produits font comme d’habitude les gros titres de la presse spécialisée et Apple a comme à son habitude capté leur attention.

Ce que je retiens plutôt de cette conférence, c’est la cohérence d’Apple. Une cohérence sur le logiciel et les technologies proposées aux développeurs et déclinées sur toutes leurs plateformes ; une cohérence sur les décisions stratégiques prises depuis plusieurs années, notamment sur le plan matériel depuis leur acquisition de compétence en conception de processeurs.

J’ai également été impressionné par leurs avancées en l’espace d’un an sur les domaines de l’intelligence artificielle et de la réalité augmenté,  domaines ayant le vent en poupe chez les autres GAFAs ou chez Microsoft.

  • Il semble pourtant qu’il manque des produits dédiés à la VR ou AR chez Apple, comme des lunettes connectées ou un casque de réalité virtuelle…

Edouard Brèthes : Apple est une entreprise confortable dans la position de l’outsider. Elle préfère laisser ses concurrents tester les marchés avant d’arriver éventuellement dessus avec un produit haut de gamme. Si Apple n’a pas aujourd’hui de produits véritablement dédiés à la VR ou l’AR, c’est qu’il n’estime pas le marché suffisamment mûr pour s’y lancer, tant sur le plan commercial que technologique. Cependant, leurs ambitions sur la réalité augmenté précisément sont des plus claires, et les briques logicielles présentés sur ce domaine, couplées à leur avance considérable sur la conception et la production de processeurs miniatures rapide et économes pourrait bien faire la différence au lancement d’éventuelles ”Apple Glass”.

  • Ces différentes annonces paraissent prometteuses, mais Apple ne risque-t-il d’arriver sur un marché avec des niveaux de prix trop élevés, voire « inabordable » ?

Edouard Brèthes : C’est une idée ancrée depuis longtemps : Apple c’est ”trop” cher, cependant je nuancerais ce propos.

Tout d’abord, Apple ne vise que les segments haut de gamme des marchés sur lesquels elle se présente. C’est son angle d’attaque depuis plusieurs années, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est très satisfaisant pour eux !

Ensuite, il me semble intéressant de considérer cet argument du prix en fonction du type de produit. Certaines gammes, comme les iPad par exemple, présentent toujours un rapport qualité / prix encore aujourd’hui inégalé.

Enfin, l’argument du prix est un facteur moins déterminant pour un client professionnel. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si à l’exception du HomePod, toutes les annonces matérielles présentées lors de cette conférence développeurs ont un suffixe ”Pro” à leurs noms ! Pour ces clients là, la qualité matérielle et logicielle qui ont fait la réputation de cette marque justifie tout à fait l’écart de prix.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO