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Digital CMO poursuit sa série de portraits de professionnels du marketing et de la communication avec Céline Gallerne, responsable de ces fonctions au sein d’ESI Group. Spécialisée dans le prototype virtuel, l’entreprise est l’un des leaders mondiaux des logiciels et des services dans ce domaine. Ce groupe français, qui est entré dans sa 45ème année d’existence, est logiquement peu connu du grand public, dans la mesure où il ne travaille qu’en BtoB et dans un domaine très technique. Il emploie pourtant plus de 1 200 salariés et est présent dans une quarantaine de pays, ce qui implique de nombreuses traductions, comme on va le voir dans cet entretien. De plus, ESI Group est coté à la Bourse de Paris et a accéléré le rythme de ses acquisitions depuis 5 ans.

Au sein de cette entité internationale, Céline Gallerne intervient notamment dans les domaines de la communication (rédaction et traduction des communiqués de presse, gestion des relations presse) et du marketing (en lien avec le CRM d’ESI Group, fondé sur les outils de Salesforce).

  • Quels sont les indicateurs que vous utilisez le plus pour mesurer l’efficacité de votre activité ?

 Céline Gallerne : S’agissant de la production de contenus, on peut penser que nous avons peu d’indicateurs à notre disposition. C’est faux. Au-delà du nombre de communiqués et d’articles produits, nous suivons de très près l’évolution de notre référencement sur Internet. Par ailleurs, nous sommes attentifs aux retombées de nos actualités dans la presse, sans oublier que la plupart des services que nous utilisons, comme Meltwater, nous alimentent en statistiques sur ces sujets. Enfin, il faut prendre en compte les différentes actions menées dans les domaines du « content activation » et les liens mis en place entre la production de contenus et le CRM de l’entreprise. Les outils de tracking permettent de vérifier que les contenus sont des outils d’aide à la vente efficaces.

  • ESI Group utilise les réseaux sociaux depuis leur apparition : comment avez-vous évolué dans ce domaine ?

Céline Gallerne : La première tendance a été que chaque pays créait ses propres contenus et créait ses propres comptes sur différents réseaux sociaux. Cela a principalement été le cas durant les années 2000 et le constat fut que le groupe en arrivait à tenir des discours multiples, le problème étant accentué par l’intégration des acquisitions, qui disposaient souvent de leur propre présence sur les réseaux sociaux. Nous avons dans un second temps décidé de réunir l’ensemble des comptes, à l’échelle internationale. Ce fut un passage obligé pour pouvoir se redéployer ensuite de façon pertinente et recréer des comptes de façon exceptionnelle pour un pays où nous sommes très bien implantés, comme en France, ou pour un produit qui rassemble une très grand communauté de fans, comme OpenFOAM®.

Nous devons aussi nous adapter à des pratiques locales comme en Chine, où nos collègues ont mis en œuvre leurs propres réseaux sociaux, comme We Chat, Sina Weibo (équivalent de Facebook) et Youku-Tudou pour les vidéos (équivalent de YouTube), car certains réseaux internationaux ne sont pas accessibles depuis la Chine.

En tant que professionnelle du marketing et de la communication, je suis très active sur LinkedIn. À titre personnel, je reste focalisée sur Facebook, qui me permet notamment de garder le contact avec les personnes que j’ai pu rencontrer lorsque je vivais à l’étranger : sans Facebook, j’aurais probablement perdu leur trace ! Par contre, je n’utilise quasiment plus Twitter, car j’ai l’impression de n’être ni entendue ni écoutée et, au final, de perdre du temps.

  • Le prototypage virtuel est un sujet très technique, austère pour les néophytes : comment peut-on en parler aux non-spécialistes ?

Céline Gallerne : La capacité d’ESI, pour résumer, est d’éditer des logiciels permettant aux ingénieurs de créer des jumeaux virtuels de tout produit afin de les mettre au point – et cela, sans besoin de fabriquer de prototypes physique. Nous travaillons principalement avec les industriels de l’automobile, de l’aérospatiale, des énergies, de l’électronique, des machines-outils, des bateaux, des biens de consommation, etc.

Comme notre activité est très technique, au fil du temps, nous avons élaboré une méthode « de l’infiniment grand à l’infiniment petit » communiquer sur nos innovations. Nous partons d’une vue globale de nos activités, comme premier niveau de lecture, nous donnons des exemples et, enfin, nous abordons dans le détail les aspects techniques pour les différentes communautés de spécialistes.

Des exemples récents qui m’aideraient à illustrer notre activité : nous aidons les fabricants automobiles à répondre à des régulations de plus en plus strictes, qui exigent désormais de tester des situations en phase avec les nouveautés technologiques. Dans le cadre des certifications EuroNCAP, ces fabricants doivent désormais tester le comportement d’un véhicule lorsqu’il traverse une flaque d’eau profonde, pour s’assurer qu’une batterie électrique ne soit pas endommagée ; ce que nous les aidons à faire virtuellement. Autre exemple, nous permettons à ces mêmes constructeurs de tester le fonctionnement des multiples capteurs qui garantissent la sécurité active des véhicules, ou encore les systèmes de voitures autonomes. On pourrait ainsi multiplier les exemples, depuis les crash-tests automobiles jusqu’au confort acoustique dans l’habitacle, pour les passagers.

Ce n’est qu’après avoir communiqué sur le bénéfice de nos solutions à travers des cas d’applications que nous pouvons nous adresser plus précisément à telle ou telle communauté, comme celle des ingénieurs de l’automobile et de l’aérospatiale (ndlr : SAE International, ou Society of Automotive Engineers, créé en 1905 aux Etats-Unis et qui regroupe 128 000 professionnels à l’échelle mondiale).

  • Quels-sont les sujets et les technologies qui vous intéressent le plus aujourd’hui, en dehors de votre activité professionnelle ?

Céline Gallerne : Mes trois principaux centres d’intérêt actuels sont les modèles économiques de l’économie du partage, la difficile intégration des nouvelles technologies dans les médias, et les perspectives ouvertes par la transformation digitale qui refaçonne tous secteurs – jusqu’à l’agriculture.

Propos Recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

14ème l’an dernier, la France arrive cette année en 16ème position du classement DESI, publié récemment par l’Union Européenne. Si elle obtient de bons résultats en matière de compétences numériques et d’administration en ligne, elle stagne en revanche en dessous de la moyenne des pays de l’UE en ce qui concerne l’intégration des technologies numériques par les entreprises. L’analyse de Renaud Cornu-Emieux, Professeur à Grenoble Ecole de Management, titulaire de la chaire de recherche Talents de la Transformation Digitale, et  Directeur du GEM Digital Day.

 

La France ne figure plus dans le Top 15 du dernier classement DESI de l’Union Européenne. Quelle est votre analyse de cette évolution ?

Renaud Cornu-Emieux : « Tout d’abord, je dirais que ce bilan est contrasté. En l’occurrence dans certains domaines, la France tire bien son épingle du jeu. Notamment en matière de services publics numériques, puisqu’elle occupe la 9ème place du classement et se hisse au dessus de la moyenne européenne sur ce critère. De la même manière dans la mouvance de la French Tech, la France se distingue par un écosystème dynamique de startups numériques qui rayonnent déjà à l’international. En revanche, la situation est plus préoccupante en ce qui concerne la transformation digitale de notre économie traditionnelle. Sur ce point, l’Hexagone n’arrive qu’en 16ème position, derrière l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni.»

Les entreprises françaises auraient-elles  raté leur virage digital ?

Renaud Cornu-Emieux : « Depuis 3 ou 4 ans, toutes les entreprises du Cac 40 ont engagé leur transformation digitale. Par contre, dans leur immense majorité les PME ont encore du mal à appréhender les enjeux et l’impact du numérique sur les processus (de management, de création, de commercialisation…) et les business models. Un exemple ?  74 % des français achètent sur Internet alors que seulement 19 % des PME offrent des produits et des services en ligne. »

Le marketing digital est une composante clé de cette transformation, quelles sont les tendances dans ce domaine ?

Renaud Cornu-Emieux : « Le cross canal marque un tournant dans stratégie Inbound Marketing des entreprises, car il permet de placer client au centre du business model, en tirant profit  de la synergie des canaux physiques et digitaux. Nous sommes entrés dans l’ère du « Phygital ». En lien avec l’essor des objets connectés, permettant de récolter de la data, les magasins physiques proposent de nouveaux concepts et services pour améliorer l’expérience client.  Devices mobiles, réalité augmentée, marchandises intelligentes… ne sont aujourd’hui que les prémices de futurs usages qui restent à imaginer. »

Constance Dalmon

Photo : © Agence Prisme Pierre Jayet

Spécialiste reconnu du big data, Président de l’Alliance Active Data, fondateur de l’agence dédiée au big data IDea Trans, membre du jury du Prix Big data 2017, ancien DSI monde d’IFR-GfK, Fabrice Benaut répond aux critiques de plus en plus fréquentes concernant le big data, notamment accusé de collecter d’immenses volumes de données qui restent peu ou pas exploitées.

  • On parle désormais du big data depuis plusieurs années mais on connaît mal son modèle économique et, surtout sa rentabilité. Existe-t-il un business model du big data ?

Fabrice Benaut : Oui, le business model du big data existe et il fonctionne ! C’est vrai aussi bien pour les ESN qui le mettent en place que pour les entreprises qui le mettent en œuvre. En ce qui concerne les entreprises utilisatrices, les gains sont principalement générés par les importantes économies que permet le big data. Longtemps, ces économies n’ont pas été prises en compte dans le calcul de la rentabilité du big data. Cela change effectivement tout d’intégrer ces économies dans le calcul du ROI. On le voit par exemple avec les économies rendues possibles par la maintenance prédictive des chemins de fer, des trains ou des avions, grâce au big data. Autre exemple, les grandes chaînes hôtelières peuvent désormais pratiquer une tarification dynamique, toujours par ce biais. Qu’on le veuille ou non, tous ces « signaux faibles » ne sont détectables que parmi des volumes de données très importants.

  • Que doit-on penser de la « small data », concept qui prône de limiter la collecte des données à un champ très restreint ?

Fabrice Benaut : Tout d’abord, je voudrais préciser qu’il serait complètement artificiel de vouloir opposer « big » et « small » data. Dans les faits, la small data n’est qu’une évolution logique du big data, qui consiste à « préparer » le terrain en définissant clairement ce que l’on recherche. Sur le fait qu’il faille concentrer la collecte des données sur un périmètre réduit, tout le monde est d’accord. Mais il y a deux conditions. La première est de savoir précisément ce que l’on recherche. La seconde est d’être quasiment certain que la réponse que l’on recherche se trouve bien dans le périmètre sur lequel on se focalise. Le marketing et la montée en puissance des DMP (ndlr : Data Management Platform) depuis le début des années 2010 montrent qu’il est indispensable de débuter par du big data « traditionnel » pour mieux connaître le parcours client et se concentrer ensuite sur tel ou tel segment spécifique de ce parcours. Au final, le big data n’est qu’une somme de small data !

  • L’intelligence artificielle, ou l’AI pour reprendre l’acronyme nord-américain, va-t-elle tuer le big data ?

Fabrice Benaut : Non, au contraire. L’intelligence artificielle se nourrit du big data et, comme son développement est inéluctable, la progression du big data l’est aussi. C’est aussi simple que cela. L’AI fait les mêmes progrès qu’un enfant que l’on éduque. Si les données sont bonnes, le risque que l’intelligence fasse de mauvaises déductions est faible. Dans ce cas comme dans bien d’autres, lorsque l’on se contente de parler de technologies plutôt que de projets, c’est qu’on est à court d’idées…

Propos recueillis par Julien Corti, Digital CMO    

Nantes organisera du 14 au 24 septembre 2017 la 4ème édition de sa Digital Week, un événement destiné à tous les publics qui a réuni plus de 115 000 visiteurs en 2016. Les explications de Francky Trichet, adjoint au maire de Nantes, vice-président de l’Université de Nantes et Responsable de la Digital Week, ainsi que le témoignage de la startup Shopopop, qui a participé à l’édition 2016 de la Nantes Digital Week. Nantes lance en parallèle un appel à projet à télécharger au bas de cet article.

  • Comment est née l’idée de cette Digital Week Nantaise ?

Francky Trichet : Nantes proposait déjà depuis plusieurs années des événements dédiés aux principales communautés du numérique, comme les startups, les développeurs, les makers, etc. En créant la Digital Week, nous voulions démontrer que le digital est un sujet qui concerne l’ensemble des citoyens et de la société. Dans cet objectif, nous avons multiplié les événements, les lieux, les thèmes et les formats, afin d’intéresser le plus grand nombre. En 2016, pour la 3ème édition, nous avons ainsi réuni 115 500 personnes lors de 196 événements, sur 175 lieux. Nous voulons logiquement aller plus loin cette année : la Digital week aura lieu en même temps à Nantes et à Saint-Nazaire, sans oublier que plusieurs dizaines de communes seront impliquées dans le projet. Au fil des années, nous avons ainsi fait naître et grandir une « famille Digital Week », qui compte plus de 300 personnes, représentants environ 150 entités. Par contre, l’équipe qui se mobilise pour organiser l’événement durant toute l’année reste restreinte à une dizaine de personnes.

  • Quel est le but pour les visiteurs ?

Francky Trichet : Nous pensons que les visiteurs doivent venir à la Digital Week pour « déguster » des technologies, comme on déguste des vins. Cela nous a conduits à lancer un appel à projet national dont l’esprit est « les startups à l’ouest ». L’idée a pris forme à notre retour du CES de Las Vegas : une startup est simplement une jeune entreprise innovante qui pense d’emblée « global » et « marché mondial ». Une autre originalité de cette 4ème édition de la Digital Week est qu’elle accueillera le festival d’arts numériques Scopitone, de plus en plus populaire. Enfin, la French Tech Nantes sera notamment présente avec une initiative inédite, qui consiste à faire pitcher les entreprises devant un jury composé d’enfants, ce qui impose d’être clair et concis.

  • Shopopop est une startup dédiée aux livraisons entre particuliers : que vous a apporté votre participation à l’édition 2016 ?

Johan Ricaut, fondateur et dirigeant de Shopopop : Tout d’abord l’opportunité de populariser un concept qui se développe partout en France. Celui de la livraison collaborative. Concrètement, la livraison est assurée par un particulier qui accepte de faire un léger détour contre une rémunération fixée par l’expéditeur, sachant que le minimum est de 5 € et qu’il n’y a pas de prix maximum. Quant à notre modèle économique, il est simple : nous percevons une commission sur le prix de chaque livraison. Le fait d’avoir participé à l’édition 2016 nous a notamment permis d’étendre notre zone d’influence au-delà de Nantes et d’aller jusqu’à Rennes, Sain-Nazaire ou Angers. Nous serons également présents cette année, mais en tant que visiteurs, avec pour objectif principal de faire du networking.

_Capture 2017-02-23 15.18.01 Johan Ricaut, fondateur et dirigeant de Shopopop.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Pour candidater (jusqu’au 16 mars 2017)

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Oracle Marketing Cloud vient de publier les résultats d’une étude internationale sur les pratiques du marketing en 2016 et les tendances pour 2017. Dans ses commentaires, Nora Loulidi, Directrice Marketing Europe du Sud et membre du CMIT (Club des Directeurs Marketing & Communication de l’IT), insiste notamment sur le passage du « big data » au « smart data » ou, autrement dit, de la pèche massive avec d’immenses filets à une pèche à la ligne ciblée.

  • Votre étude montre qu’un quart des investissements des entreprises concernent des offres qui ne seront jamais lancées. C’est un constat difficilement supportable pour la direction financière. D’où vient le problème selon vous ?

Nora Loulidi : Il me semble que les entreprises ont voulu collecter les plus grands volumes de données, sans prêter suffisamment d’attention au traitement de ces données. En ce sens, tout le monde a été obnubilé par le mirage du big data. Dans le domaine du marketing notamment, il vaut mieux parler de la smart data, et cibler davantage les profils de clients ou de produits concernés. En résumé, la pèche au filet, c’est fini ! Nous sommes passés à la pèche à la ligne.

  • Les résultats de votre étude montrent que le cap des 50% de consultations via les devices mobiles vient d’être passé : les entreprises sont-elles prêtes pour ce changement ?

Nora Loulidi : Les entreprises s’attendaient à l’avènement du phénomène « mobile first » et à la montée en puissance de ce canal, mais les investissements nécessaires pour adapter les plateformes restent insuffisants.  Un autre constat fort est que le phénomène « mobile first » ne concerne pas que le domaine B2C : plus de 30% des directeurs marketing du secteur B2B sont déjà convaincus qu’il faut que les mobiles soient intégrés comme de nouveaux points de contact dans les échanges entre les entreprises et c’est un principe que nous nous appliquons à nous-mêmes chez Oracle. Sur ce point, le cordonnier est bien chaussé !

  • Une autre tendance forte concerne la montée en puissance rapide et, semble-t-il, inexorable des bloqueurs de publicités. Que conseillez-vous aux entreprises sur ce point ?

Nora Loulidi : Une étude IPSOS indique que le phénomène « adblock » concernait 36% des consommateurs français fin 2016, contre 20% au début de l’année. C’est une tendance dont on peut s’inquiéter mais dont il ne faut pas s’étonner. Notre enquête montre que 96% des consommateurs interrogés estiment qu’ils ont reçu des messages inadaptés à leurs besoins. Il faut prêter beaucoup plus d’attention qu’aujourd’hui à la pertinence et à la qualité des contenus.

  • Un point que votre étude n’aborde pas est celui des profils des professionnels du marketing : les compétences requises sont-elles complètement différentes de celles demandées jusqu’à présent ?

Nora Loulidi : De nombreux nouveaux postes sont apparus. Ils concernent généralement le traitement et l’interprétation des données. Ce sont des profils très techniques, qui associent des compétences en digital et la maitrise des processus du marketing, comme les fameux MQL (ndlr : Marketing Qualified Leads). Les professionnels du marketing étaient auparavant davantage focalisés sur l’image de marque, l’événementiel et le relationnel. Ce sont des notions difficiles à quantifier et il est donc moins évident de mettre en avant le ROI de ce type de marketing.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO    

Digital CMO propose une série de portraits des responsables marketing membres du CMIT (Club des directeurs Marketing & Communication de l’IT). Voici les informations concernant  Marie Iserbijt, Directrice Marketing d’Atos France. Atos se présente aujourd’hui comme la 2ème entreprise de services numériques (ESN) en France, derrière Capgemini et devant IBM. Atos emploie plus de 100 000 personnes dans le monde (72 pays), dont environ 15 000 en France.

Digital CMO : Sur la base de quels indicateurs votre travail est-il apprécié ?

Marie Iserbijt : Le service marketing d’Atos France compte 7 personnes et couvre l’ensemble des marchés sur lesquels l’entreprise est positionnée. Concrètement, nous collaborons étroitement avec les directions commerciales. Les trois principaux types d’actions pour nous sont l’account based marketing (ndlr : ABM), le marketing de contenu et la génération de leads. Ce focus sur les grands clients est notamment expliqué par le fait que nous travaillons beaucoup avec les entreprises du CAC 40. En France, 30% des clients sont à l’origine de 80% du chiffre d’affaires. Il est très important qu’ils soient des ambassadeurs de la marque.

Dans ce contexte, les principaux KPI suivis sont logiquement le nombre de leads générés et le nombre de leads transformés au sein de ces grands comptes mais également leur niveau de satisfaction à travers les CSAT. Nous suivons une tendance que connaissent tous les professionnels du marketing : nous restons un service support mais nous sommes de plus en plus guidés par les chiffres et les indicateurs business. Enfin, nous sommes attentifs à l’évolution de notre notoriété sur les réseaux sociaux.

Digital CMO : En l’occurrence, quels sont les réseaux sociaux que vous utilisez le plus dans la communication de l’entreprise et ceux que vous utilisez à titre personnel ?

Marie Iserbijt : Notre présence sur les réseaux sociaux est un sujet majeur. Nous avons donc une équipe dédiée à la production de contenus adaptés et nous avons une Social Media Academy afin que les salariés progressent sans cesse dans l’usage de ces outils et deviennent des ambassadeurs de la marque. L’entreprise est très présente sur Linkedin et Twitter, mais nous utilisons également Facebook, principalement pour les recrutements, et Instagram est de plus en plus utilisé. Par ailleurs, Atos dispose d’un réseau social d’entreprise interne et fait largement appels aux outils collaboratifs, sachant que notre Président-directeur-général Thierry Breton a impulsé un abandon progressif des messageries traditionnelles et que cela fonctionne.

A titre personnel, j’ai deux utilisations des réseaux sociaux. Sur le plan professionnel, j’utilise principalement Linkedin et Twitter. Sur le plan privé, je fais surtout appel à Facebook, à Instagram et je m’intéresse de près à Snapchat.

Digital CMO : Quelles-sont les startups et les usages qui vous intéressent le plus aujourd’hui ?

Marie Iserbijt : Je suis impressionnée par les nouveaux horizons ouverts dans les domaines de l’intelligence artificielle ou des mathématiques quantiques. Je  m’intéresse également au développement de la voiture électrique et connectée qui devrait bouleverser nos modes de vie dans les prochaines années. Enfin, je suis persuadée que l’industrie du numérique peut consommer beaucoup moins d’énergie. Cela concerne également l’écoconception de logiciels et, dans ce domaine, je suis attentivement l’évolution d’une startup française comme Greenspector.

Propos Recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Spécialiste de la veille durable, Efficycle publie son best of  annuel des initiatives éco-responsables et solidaires. Un inventaire à la Prévert d’actions concrètes et positives en faveur d’un monde meilleur, consignées dans un e-magazine interactif gratuit.

Depuis 2012, Efficycle scrute l’information durable et publie chaque année  son best of des initiatives les plus pertinentes repérées dans plus d’une centaine de médias francophones. « Ce hors-série se veut une source d’inspiration pour les citoyens et les entreprises en quête de solutions dans un monde en transition, estime Fabien Baceiredo, le fondateur d’Efficycle. Il démontre de façon concrète que chacun peut prendre en main le changement. »

Préservation des ressources, énergies renouvelables et solidarité

Selon la startup, trois tendances fortes se sont dégagées en 2016 : les actions en faveur de la préservation des ressources, les innovations dans la production d’énergies renouvelables et la solidarité envers les plus démunis. A découvrir notamment dans ce magazine interactif : un emballage biodégradable qui nourrit aussi les poissons, une éolienne imprimée en 3D destinée aux pays en développement, une application en réalité augmentée qui révèle ce que nous mangeons vraiment, une encyclopédie libre du bricolage, une plateforme d’entraide entre valides et non-valides, une application pour apporter de l’aide aux réfugiés…

Constance Dalmon

Selon le site spécialisé américain DMNews, Emmanuel Macron et son mouvement En Marche miseraient sur le savoir faire d’une start-up française , « Liegey Muller Pons » pour affiner sa stratégie d’influence sur le web et les réseaux sociaux. Un véritable enjeu, étant donnée le rôle déterminant des campagnes digitales  menées par Barack Obama et, récemment, par Donald Trump.

Faire plus de Twitter, de data analytics politique ou de web to électeurs ?

Les élections se gagnent pour partie grâce à  l’analyse pertinente de ce qui se passe et se dit sur les réseaux sociaux

Au regard du succès de Barack Obama sur les réseaux sociaux lors de ses deux campagnes et de l’utilisation intensive, à la Buzzfeed, de Twitter par Donal Trump, les élections se gagnent pour partie grâce à  l’analyse pertinente de ce qui se passe et se dit sur les réseaux sociaux (voir cette vidéo de BFM Business).

Selon DMNews, Emmanuel Macron s’appuierait dans sa campagne présidentielle sur le service de cette startup spécialisée, qui repose sur le savoir-faire de ses trois créateurs. L’entreprise, qui  a été fondée par Guillaume Liegey, Arthur Muller et Vincent Pons (ils se sont rencontrés aux Etats-Unis) est intervenue dès 2008 pour la campagne de Barack Obama. Les trois créateurs ne présentent pas leur société comme une simple société de conseil en digital. Guillaume Liegey insiste dans DMNews sur leur capacité à coordonner  à grande échelle des personnes sur le terrain en combinant des données de base, numériques et humaines.

Un DMP politique

Les applications développées par la startup offrent diverses fonctionnalités au staff de la campagne, telles que l’analyse politique  et la cartographie, les actions sur le terrain et la gestion des bases de contacts. Même si cela n’est pas présenté comme une DMP (data management platform) sur le site de la startup, cela y ressemble beaucoup par l’approche multicanal et les possibilités de visualisation offertes. Dans le cadre du support à « En Marche », l’idée est aussi de donner des outils aux bénévoles et de suivre leurs actions Dans l’article, il est spécifié que la la base de contacts constituée par LMP  donne à l’équipe du candidat un dossier de toutes les interactions en ligne et hors ligne avec les électeurs et les bénévoles, ainsi que la capacité de gérer les newsletters, les courriels et les SMS à partir d’une interface centralisée.

C’est le « web to électeur » d’En Marche. Mais, selon DMnews, Emmanuel Macron a aussi engagé le cabinet pour disposer de données d’études fines menées à grande échelle. On apprends notamment, à la lecture de l’article, que sur une période de trois mois, les 5 000 bénévoles d’En Marche ont frappé à 300 000 portes, discuté avec 100 000 personnes et rempli 25 000 questionnaires. De quoi tester et modéliser les futurs axes de la campagne présidentielle.

La Rédaction, Digital CMO

 

Capgemini fête cette année son 50ème anniversaire. L’entreprise de services du numérique n’attend pas pour autant qu’on lui fasse des cadeaux. Au contraire, c’est elle qui en prépare un pour les startups. Capgemini a en effet annoncé ce 10 janvier le lancement du concours « InnovatorsRace50 ».

Concrètement, ce concours mondial est doté de 250 000$ : les 5 startups gagnantes remporteront chacune 50 000$. Capgemini précise qu’elle ne prendra pas de participation dans le capital des startups lauréates. Avant cela, elles devront se porter candidates en s’inscrivant sur ce site dédié avant le 28 février 2017. 50 startups seront ensuite sélectionnées : 10 pour chacune des 5 catégories choisies par Capgemini (Services Public et organismes sociaux, finTech et mobilité, consommateurs et bien-être, process et transformation digitale, données et sécurité). Au terme de cette étape, deux startups seront retenues pour chaque catégorie. En avril et en mai, ces 10 startups rencontreront les experts des différents domaines dans l’un des 5 centres « Applied Innovation Exchanges » (ou AIE) de Capgemini, à Londres, San Francisco, Munich, Mumbai et Paris (Capgemini en compte 9 au total). « Notre collaboration avec les start-ups est centrale pour les services que nous fournissons à nos clients, explique Lanny Cohen, Chief Technology Officer et membre du Comité Exécutif de Capgemini. C’est un privilège de travailler avec des entrepreneurs en devenir et d’être le témoin d’approches révolutionnaires qui viennent bouleverser le monde de l’entreprise d’aujourd’hui. Nous nous réjouissons de l’édition spéciale de l’Innovators Race cette année à l’occasion du 50ème l’anniversaire du Groupe et sommes impatients d’accueillir les finalistes au sein de nos AIE pour les aider à peaufiner leurs propositions. Bonne chance à tous les participants ! » Les 5 startups lauréates seront désignées début octobre. Par ailleurs, une web série retraçant l’ensemble du concours sera disponible d’ici fin octobre 2017.

 

Julien Corti, Digital CMO

La Caisse d’Epargne a lancé voici tout juste un an le dispositif NéoBusiness, destiné aux entreprises innovantes. Quel est le bilan ? Les réponses d’Isabelle Brouté, Directeur Marché Entreprises de Caisse d’Epargne, en amont de la conférence du 17 janvier 2017, qui présentera également les perspectives de développement de NéoBusiness.

  • Avec NéoBusiness, la Caisse d’Epargne dispose d’une offre dédiée aux startups. Quels sont les principaux objectifs de NéoBusiness ?

Isabelle Brouté : Je veux tout d’abord préciser que NéoBusiness a été conçu pour l’ensemble des entreprises innovantes. Parmi elles, il y a bien sûr des startups, mais il y a également des entreprises installées, qui misent sur l’innovation et mettent en place un business model disruptif. Cela étant dit, nous avons identifié trois priorités. Tout d’abord, il faut renforcer le haut de bilan des entreprises innovantes, c’est-à-dire leurs fonds propres. Nous le faisons au travers de nos structures régionales de capital investissement ou via notre filiale Seventure. Nous avons également mis en place un partenariat dans le domaine du crowdfunding avec Happy Capital.

Autre point : depuis avril 2016, nous proposons un « prêt innovation » spécifique, en association avec le Fond Européen d’Investissement (ndlr : FEI). Ce qui nous permet de financer des projets jusqu’à 7,5 millions d’euros, avec une contre-garantie du FEI qui peut atteindre 50% des montants.

Enfin, les 17 Caisses d’Epargne régionales, proches de leur territoire et des entreprises locales, créent des incubateurs ou passent des partenariats avec des incubateurs régionaux.  C’est par exemple le cas de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes qui a ouvert son incubateur, le B612 à Lyon, dont le nom fait référence à l’astéroïde du Petit Prince d’Antoine de Saint Exupéry.

  • Les chargés d’affaires ont-ils été formés pour proposer ces services ?

Isabelle Brouté : On compte aujourd’hui 320 chargés d’affaires dédiés aux entreprises dans les 17 Caisses d’Epargne. Au cours de cette première année, 50 d’entre eux ont été formés, durant trois jours, à l’accompagnement des start-ups et des entreprises qui innovent. Cette première année d’existence a été consacrée à la mise en place de ces différents dispositifs. Ce démarrage a également conforté notre conviction qu’il faut avoir une vision large de l’innovation. Elle concerne tous les secteurs d’activité, et pas uniquement les FinTech.

  • Accordez-vous aux entreprises innovantes des facilités que vous n’accordez pas aux autres ?

Isabelle Brouté : Ce n’est pas le but. Nous nous intéressons moins aux « facilités » qu’à l’adoption d’une grille de lecture spécifique. C’est un travail que nous menons avec les directions des engagements. Concrètement, il s’agit de se prononcer sur un potentiel et pas sur des résultats passés. C’est un changement de paradigme. Pour cela, il faut notamment aller au-delà de l’analyse du business plan. Elle reste indispensable mais elle doit être complétée par la connaissance des porteurs de projet, l’évaluation de l’innovation et de son marché, etc. Au final, le principal indicateur permettant d’évaluer les performances de NéoBusiness à partir de 2017 sera le nombre de projets accompagnés.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO