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Alors que l’investissement  dans la Fintech est de plus en plus dynamique comme en témoigne la dernière étude KMPG, Cyril Chiche, fondateur de Lydia App *, nous présente sa vision de la Fintech et les services innovants proposés par sa startup.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer Lydia App ?
Cyril Chiche – Une interrogation simple. Pourquoi quelqu’un qui est dans une salle de marché peut envoyer des sommes importantes  à l’autre bout du monde en quelques secondes, alors que moi il me faut 3 jours pour rembourser un ami ? Cela vient du fait que les systèmes informatiques  des banques sont obsolètes. Il faut bien sûr reconnaitre que les systèmes d’information  mis en place par les banques dans les années 1990  traitent  des milliards d’informations  au quotidien avec un niveau de sécurité exceptionnel, mais la contrepartie est que tous les processus sont lents. L’outil le plus moderne proposé par les banques est la carte bancaire et pourtant cela date déjà des années 70.

Malgré tout, dans certains pays, on a vu apparaitre le paiement mobile, notamment au Japon, en Corée et même au Kenya. En France, on nous explique que la technologie n’est pas encore prête. Alors que dans les faits, ce sont les mécanismes mis en place par les banques qui freinent ces usages.

En conséquence, nous avons imaginé un service  qui répondait aux nouveaux usages du digital, notamment la pratique du temps réel sur mobile  et nous avons décidé de partir d’une feuille blanche pour construire le moyen idéal de paiement entre particuliers.

Pouvez-vous nous détailler les services proposés par Lydia App ?
Cyril Chiche – Nous avons d’abord une application BtoC qui permet aux particuliers  d’envoyer et de recevoir de l’argent mais aussi de payer auprès de professionnels (coach sportif, kiné, commerçants, etc.). En parallèle, nous proposons un service pour les professionnels qui leur offre la possibilité d’encaisser de l’argent via Lydia. A noter que Lydia n’est pas un système fermé puisque dans le cas où la personne n’a pas Lydia, on envoie un lien de paiement sécurisé (page de paiement web classique). Pour les professionnels  nous avons aussi  une API permettant d’intégrer les différents systèmes d’encaissement Lydia. Casio et Toshiba, notamment, ont intégré le système d’encaissement Lydia sur leurs caisses.
Enfin, nous avons créé une carte bancaire MasterCard, rattachée au compte Lydia. Avec elle, il est possible de débiter le solde Lydia en direct (ce solde est d’ailleurs transformé en compte courant) mais aussi de  faire des achats de groupe (type cagnotte) et enfin de définir en temps réel son code PIN, son plafond de dépense, bloquer/débloquer sa carte, etc.

Comment jugez-vous toutes les innovations récentes de l’écosystème Fintech ?
Cyril Chiche – Chez Lydia comme dans d’autres Fintech, nous misons sur une rupture technologique et d’usage  qui permet de passer  de l’asynchrone à l’instantané pour tout un tas de transaction financières du quotidien. Cela va changer radicalement  le mode de consommation et permettre de monétiser de nombreux petits services. Il est indispensable que les services financiers offerts aux particuliers soient en ligne avec cette tendance, voire en avance. Prenons l’exemple du Bon Coin : l’innovation d’usage est énorme sauf à partir du paiement où on est encore au paiement en espèce. Nous devons aider à digitaliser certaines pratiques.

Vous avez lancé récemment LydiaBot : avez-vous des ambitions autour de l’IA ?
Cyril Chiche – Chez Lydia, nous sommes très « branchés » serviciel. Nous préférons laisser l’analyse de crédit et de compte courant à d’autres acteurs. Le Bot s’est imposé à nous car c’est un moyen de faire des transactions à travers les outils que les particuliers utilisent déjà : c’est pourquoi nous avons développé un Bot sur Slack, et bientôt sur Messenger. C’est une manière de montrer que nous sommes très intégrés dans le mode de vie et les outils du quotidien. Globalement, peu importe l’interface, c’est l’intégration dans l’usage qui compte.

* Lydia App a été fondé par Antoine Porte et Cyril Chiche. Antoine Porte est en charge du produit, du développement technique et de l’UX. Quand l’aventure Lydia a commencé, il n’avait que 25 ans. Avant cela, il était déjà responsable technique pour MyLittleParis. Cyril Chiche est en charge du business, de la partie administrative et finance de Lydia. Auparavant, il a créé 2 startups dans les logiciels et a participé à une première aventure dans une startup dans les années 1990.

Andrew Davis a fondé voici une dizaine d’années l’agence « Monumental Shift », qui propose du consulting et des orateurs dans le domaine du marketing digital, partout dans le monde. Conférencier de haut niveau qui assure le spectacle, Andrew Davis a fait ses armes dans le cadre de l’émission « The Muppets », ce qui explique son don incontestable de la mise en scène.

Andrew Davis, spécialiste du marketing digital

Andrew Davis, spécialiste du marketing digital

Lors de son intervention lors du i Media Brand Summit 2017, il a notamment précisé sa vision du parcours client et de la nécessité, selon lui, de privilégier une cible de clientèle clairement identifiable et de taille raisonnable. Dans ce contexte de « marketing fractal », il a notamment expliqué : « si vous vous développer une activité prospère et devenir riche, optez pour une niche plutôt que sur un positionnement généraliste qui s’adresse à un large public ! »

A partir de ce point de vue, il a  principalement donné deux exemples récents qui démontrent d’après lui la pertinence des niches et de la proximité avec le client.

Les contes des 1001 niches

Le premier est celui de la marque créée par le Hollandais Bart Van Olphen. Au début, Bart Van Olphen avait bien pour objectif de s’adresser à une « niche » (importante dans les pays de l’Europe du Nord) : les poissons issus d’une pêche raisonnée. « Vos prix sont bien trop élevés pour que nous référencions vos produits », ont répondu les acheteurs de la grande distribution. Dépité mais déterminé, Bart Van Olphen s’est dit qu’il devait créer un line direct entre lui et le consommateur. En 2010, il a écrit un petit livre de recettes courtes et simples à base de poissons. Le niveau des ventes l’a incité à aller plus loin : il a créé une série de petits clips (une quinzaine de secondes chacun), qui ont rencontré un vrai succès sur les réseaux sociaux et ont incité nombre d’internautes à visionner des vidéos plus longues (plusieurs minutes), détaillant les recettes présentées.

 

… Pour lire la totalité de l’article, consulter gratuitement le livre blanc réalisé sur les tendances du marketing digital sur la base des interventions proposées lors du i Media Brand Summit 2017 :

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Dans une infographie récente, le Hub Bpi révèle que si l’intelligence artificielle est un marché extrêmement prometteur, les conséquences de l’automatisation par l’IA d’un certain nombre de fonctions font encore peur en France, notamment dans le monde du travail. Et pourtant se sont les économies les plus dynamiques qui sont en train d’investir massivement dans ces nouvelles technologies. 

Les principaux analystes estiment que le marché de l’intelligence artificielle devrait atteindre les 11 milliards de dollars en 2024, grâce à une croissance exponentielle (environ +50% entre 2015 et 2020). Un marché promit à une croissance rapide, qui suscite les convoitises de tous les investisseurs. Ainsi, la Chine et les USA ont investi respectivement 5 et 4 milliards de dollars en recherche sur l’IA. Les 2 géants économiques ont semble-t-il choisi de prendre les devant sur la concurrence puisque le 3ème pays, la Corée du Sud, est à moins de 0,9 milliard de dollars d’investissements. L’avance est d’autant plus importante pour les USA que le pays de l’oncle Sam représente à lui seul plus de la moitié des startups mondiales spécialisées en IA (500 sur un total de 900).

En parallèle, on compte près de 200 investisseurs privés dans le monde et là encore, les chinois (Tencent) et les américains (Bloomberg, Samsung, Microsoft Ventures, Intel Capital) sont à pointe avec parmi les plus actifs.

Et la France dans tout ça ?

Si les startups françaises s’appuyant sur des technologies IA ne manquent pas à l’image des jeunes  sociétés comme Jam, Julie Desk,  ou Wit.AI, la France n’est pas à la pointe dans ce domaine. Il faut dire que l’intelligence artificielle suscite de nombreuses questions dans un pays qui n’a toujours pas trouvé la recette pour abaisser durablement son taux de chômage.  L’étude du Hub Bpi révèle ainsi que l’Intelligence Artificielle  est perçue comme une  « menace pour l’humanité » par  65% des français. Ce taux de réponses  n’est que de 22% pour les britanniques et 36% pour les américains. Il faut dire que ce sentiment  est alimenté  par des projections qui peuvent faire peur au monde du travail. Selon certaines sources la remise en cause de certains métiers par l’apport de l’IA est indéniable. Ainsi, en 2018, 85% des interactions client ne nécessiteraient pas d’intervention humaine,  20% du contenu des entreprises serait généré par une machine, et trois millions  de travailleurs pourraient être encadrés par un robot. Donc pour la première fois l’automatisation informatique viendrait se substituer à des métiers qualifiés et des fonctions d’encadrement dans différentes départements des entreprises. Ailleurs le regard n’est pourtant pas le même. Aux Etats-Unis un secteur  comme celui de la santé voit dans l’Intelligence Artificielle un moyen de mieux soigner et encadrer les malades tout en diminuant le coût des services proposés. Vu sous cet angle l’intelligence artificielle n’est pas qu’une technologie mais un ensemble de services améliorant la qualité de nombreuses prestations. Une opportunité pour une économie française qui a fait le choix de privilégier les services à l’industrie.

Retrouvez aussi cet article et d’autres articles sur notre plateforme dédiée IA.

Le BtB Summit a réuni jeudi 6 juillet 2017, sur les bancs de l’université de Jussieu plus de 400 décideurs en marketing BtB. Au cours de  cette 4ème édition,  organisée par l’agence Aressy, les différents intervenants ont mis  l’accent sur les outils logiciels du marketing BtB, mais aussi sur la nécessité de faire plus de place à l’émotionnel.

Quel poids pour l’inspiration face à la domination actuelle  de l’automatisation ? 

A l’instar de ce que les grandes agences BtoC  cherchent à porter en ce moment auprès de leurs clients, les intervenants sur le marché du BtoB cherchent à leur tour de nouvelles voies pour que leur clients misent davantage sur l’inspiration et la créativité  dans leurs stratégies. Un message porté notamment par l’agence américaine Stein IAS et son directeur général, Guillaume Rigal. « Les marques BtB ont le même pouvoir cognitif et émotionnel que les grandes marques B2C à l’ère du digital a-t-il notamment déclaré lors de sa présentation. Et cela passe dans un grand nombre de cas par la mise de programmes d’ambassadeurs qui ont une grande efficacité dans l’univers B2B »  a-t-il ajouté.  Un propos repris par Laurent Ollivier le directeur général d’Aressy, qui estime que les marques B2B doivent s’appuyer sur quatre piliers dans leur stratégie : « l’image, le story telling, le contenu et la personnalisation du client, qui ne doit pas être qu’un numéro dans Salesforce » a t-il déclaré. « La maîtrise de l’inspiration doit cependant reposer sur une grande maîtrise des outils et technologies du digital » a cependant expliqué Nelly Debout fondatrice du cabinet RH & Management. Elle a notamment insisté sur la complexité croissante des outils à venir pour les directions marketing avec la montée en puissance de l’Intelligence Artificielle. La part du digital dans cette fonction va passer à 80 % des tâches quotidiennes cela va nécessiter une grande agilité, la capacité à expérimenter rapidement et à créer les moyens d’un véritable échange collaboratif avec les autres fonctions  de l’entreprise a-t-elle notamment expliqué.

Pour autant, les acteurs qui misent davantage sur l’automatisation du marketing ont pu aussi s’exprimer. La filiale marketing du groupe INFOPRO Digital , leader de la presse professionnelle, était largement présent avec une approche base de données de plus en plus large avec ses 2 millions de contacts, ses investissements dans une DMP, un défi pour un groupe de presse B2B de cette taille,  et la mise avant des études comme contenu innovant au service de la génération de contacts. Companeo était également présent avec une approche de plus en plus place de marché BtB tout comme Newsleads dont les services de qualification de projets sont trés proches des services offerts par des médias professionnels  comme Techtarget qui ont investi sur une forte automatisation de leurs approches.

La Rédaction, Digital CMO

 

Le 4 juillet prochain, lors des Rencontres Numériques de l’ANTIC à Bayonne, Fabien Cauchi fera une intervention sur le thème « Des données de la Smart City aux données des Smart Citizen ». Voici un début d’explication.

Fabien Cauchi est aujourd’hui Président d’une entreprise française spécialisée dans les « smart cities » et le concept de « smart citizen ». Créée voici moins de deux ans, Metapolis est passée de deux à 14 personnes, ce qui témoigne du dynamisme de ce marché.

Entrepreneur dans l’âme (il a créé sa première entreprise de conseil à 22 ans), Fabien Cauchi n’est pas un inconnu dans l’écosystème du numérique : il a en effet travaillé chez CGI durant 14 ans, a été vice-Président de l’ADEISO, Délégué Régional du Syntec Numérique Aquitaine et, en plus de la direction de Metapolis, il est également vice-Président du Paris Open Source Summit.

Aujourd’hui, Metapolis travaille avec plusieurs grandes villes, dont Paris, Bordeaux ou Nice, mais également de plus en plus avec des territoires, comme la Wallonie ou le Région Ile-de-France. « C’est un secteur qui évolue rapidement, explique Fabien Cauchi. La première évolution concerne la nature des données : les discours ne doivent plus être centrés sur la smart city, mais sur le smart citizen ou, autrement dit, le niveau de bien-vivre des habitants du territoire. La seconde concerne justement l’évolution des périmètres. Les villes sont bien sûr concernées, mais elles ne sont plus les seules entités territoriales engagées dans cette mouvance. On y retrouve des terroirs, des départements, des régions, des parcs, etc. ».

Et la concurrence ? « Elle est très présente, notamment au niveau des GAFAM (ndlr : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), pour Fabien Cauchi. Pour l’instant, ce sont surtout d’importants collecteurs de données, tandis que nous sommes spécialisés dans le conseil et les applications dédiées, mais ils s’intéressent de près au sujet, ce qui démontre que le marché du smart citizen existe bel et bien ! ».

Pascal Boiron, Digital CMO

Invité de la soirée organisée par  TECH IN France, Nicolas Dufourcq, Président de Bpifrance, a délivré plusieurs messages aux entrepreneurs de la tech et du logiciel. Et notamment celui-ci : « la tech française doit désormais voir très grand  dans le logiciel ».

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Qu’est ce que TECH IN ?

Bertrand Diard, Président de TECH IN,  en invitant entrepreneurs, investisseurs et membres de son association ce 20 juin 2017, sur une péniche parisienne, souhaitait insister sur le bilan très positif de son association d’éditeurs du logiciel. Face au Syntec Numérique, TECH IN (anciennement AFDEL)  a cherché ces derniers mois, sous la houlette de son président, à être plus influent dans la filière du numérique. TECH IN a notamment beaucoup oeuvré pour que le numérique soit au coeur de la campagne présidentielle de tous les candidats. Maintenant que Emmanuel Macron est élu, il semble que cette mission soit achevée.

Mais pour Bertrand Diard, il y a encore beaucoup de sujets à traiter pour son association qui compte 400 entreprises du numérique et du logiciels. Et parmi ces sujets, la question du financement devrait continuer à tenir une bonne place dans les activités d’influence de TECH IN. L’association milite notamment pour une allocation plus massive de l’assurance vie au service du capital risque en France. En décembre dernier, l’association avait fait trois propositions dans le cadre d’un livre blanc intitulé « Funds for Buildings Unicorns » : favoriser l’investissement des particuliers dans les PME innovantes, orienter l’épargne des français vers les PME innovantes, encourager l’investissement des entreprises dans les PME innovantes. Pour l’instant, il ne semble pas, au regard des mesures annoncées par Emmanuel Macron sur le salon Viva Tech, que ces propositions soient reprises dans cet ordre. En annonçant un fonds dédié à l’innovation de 10 milliards d’euros dans les secteurs de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle, de la santé connectée, de la numérisation des cleantechs et des technologies vertes., le président de la République a seulement réitéré une position affirmée pendant sa campagne. « La France est en train devenir la nation des startups. Il ne faut plus que les startups quittent le pays quand il s’agit de se développer », a-t-il notamment déclaré lors de l’inauguration du salon Viva Tech. Pour l’instant on dispose de peu d’informations sur la façon dont ce fonds va se financer. Selon certains sources, cela pourrait prendre la forme d’un Trust, avec des participations publiques et privées.

Le message de Bpifrance aux adhérents de Tech IN

Cette volonté de voir grand semble être désormais le cap donné par Nicolas Dufourcq et Bpifrance pour les cinq années à venir. Le président de Bpifrance a rappelé que, cette année, l’activité d’investissement de la banque publique avait enregistré un record de 16 milliards d’euros de crédits dans l’innovation. Sur ce total, près de 700 millions de prêts ont été accordés à des startups à EBIDTA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization) négatif et à un taux d’intérêt moyen  concurrentiel de 4 %, sur le modèle de ce qui se pratique dans la Silicon Valley. Mais surtout, Nicolas Dufourcq a insisté sur le rôle clé de Bpifrance dans le capital risque français. « En 2017 nous avons engagé 1,5 milliard d’euros dans environ 180  fonds privés, représentant un potentiel d’investissement multiplicateur de 7 milliards dans l’innovation » a-t-il rappelé. Pour Nicolas Dufourcq la tech française ne manque pas d’argent, mais d’entrepreneurs dans le logiciel capables de voir aussi grand que ce qu’ont fait dans le passé les fondateurs d’Oracle ou SAP, a t-il précisé. Pour cela il faut faire trois choses, a t-il ajouté : « trouver des créateurs d’entreprises à forte personnalité, mieux financer à travers une dizaine de fonds de capital risque dotés au minimum de 500 M€ et augmenter la part du non-coté dans les portefeuilles des grands gestionnaires de fonds ».

La Rédaction, Digital CMO

 

L’acquisition de Lattice Data Inc. un par Apple Computer au mois de mai 2017, pour 200M$, a été analysée comme un moyen pour la firme de Cupertino d’entrer dans le « Dark Data ». Au-delà de l’intégration de fonctions prédictives et analytiques dans des produits tels que Siri, Plans, Santé, etc, s’agit-il pour Apple de prendre pied sur ce segment émergent et très porteur du Dark Data, en intégrant l’équipe de DeepDive, une des technologies les plus avancées sur ce sujet, ou s’agit-il d’intégrer des fonctions d’un nouveau type au coeur de ses OS et applications ?.

Qu’est-ce que DeepDive ?

Ce programme de l’Université de Stanford, financé à hauteur de 20M$ par le Pentagone (DARPA), avait pour but de développer des outils d’analyse de très vastes volumes de données brutes, ou « non structurées », voire enfouies (le « dark data »). En ce sens Lattice Data est une belle prise pour Apple : cette start-up discrète d’une vingtaine de personnes avait été fondée par trois membres clés du programme de Stanford (Michael Cafarella – par ailleurs co-créateur de Dahoop -, Christopher Ré et Feng Nie pour commercialiser des outils basés sur DeepDive auprès d’entreprises et de clients privés.
Les produits de Lattice Data sont des systèmes packagés (matériel+logiciel) destinés à l’analyse de données de très grands volumes dans des environnements aussi différents que les domaines industriels, commerciaux, ou militaires.  En complément des outils de Big Data, le système analyse des masses de données non-structurées, les structure, et dégage des liens statistiques entre ces données, et en particulier avec les bases de données du système d’information.  En d’autres termes, les algorithmes vont dégager des relations entre des données brutes et identifier des relations statistiques avec des données connues, et en suggérer (par inférence) des relations entre les deux.

Concrètement, comment ça marche le Dark Data  ?

Les articles et analyses du Dark Data citent souvent en exemple des données de stockage ou d’inventaire, des logs de machines, ou des fichiers en pièces jointes dans les archives e-Mail (selon IDC, 90% du Dark Data sont des fichiers Zip ou PST), donc plus généralement des données qui dorment dans le système d’information des entreprises ou des organisations, et que l’on pourrait monétiser.  On comprend que cette vision fonctionnelle du Dark Data ne recouvre que la partie technique du sujet.  Au delà des aspects techniques, les outils d’analyse de Dark Data permettent d’établir des relations (d’appartenance, de causalité, de temporalité, etc) entre des informations qui à priori n’avaient aucun rapport entre elles et qui ne sont pas structurées de la même façon.  Par exemple des données de stockage physique (manifeste de fret, inventaire d’entrepôt) et des données commerciales.

Encore plus concrètement : Ce type d’outils permet par exemple de faire un lien entre des logs de numéros de téléphone et des adresses e-mail, ou de faire un lien entre une personne et son entourage, ses collègues, ses cercles d’influence, d’identifier les membres probables de sa famille, le tout à partir de données brutes en apparence inexploitables, en compilant des millions de pages web, et ou même simplement à partir des archives d’e-mails. Donc des informations qui ne sont pas dans les bases CRM des entreprises.

 Un exemple spectaculaire de ce type de projet a été l’utilisation par les autorités américaines d’algorithmes de DeepDive pour identifier des réseaux internationaux de prostitution, esclavage sexuel ou de trafic humain (cf. graphique – source Stanford/DeepDive ).  En partant des annonces de prostitution postés sur Internet, le  programme Memex du Darpa – basé sur DeepDive – a mis en lumière un nombre anormalement important d’informations publiées à certains points du réseau, puis de recouper les adresses email, numéros de téléphones, et informations diverses, ce qui a permis de regrouper et d’identifier les sources, et finalement de cartographier les implantations de ces réseaux. Tout l’intérêt de cette technique réside dans le fait que l’information se structure en temps réel, et permet une réaction quasi-instantanée de l’utilisateur.

 

DeepDive - Memex-human-trafficking
(Source:  DARPA, cité par DeepDive)
On le devine, dans un premier temps les outils de Dark Data peuvent nourrir de grands espoirs (et peut être des inquiétudes) en termes de sécurité, de lutte contre le terrorisme ou de renseignement.
Dans un deuxième temps, les champs d’application quasi illimités dans des domaines tels que les l’industrie, les transports ou l’énergie, aussi bien que la finance, font du Dark Data un marché plus large qui attirera l’intérêt des investisseurs dans une logique B2B. Cette phase commerciale a commencé et des sociétés bien réelles se positionnent sur cette offre. Datumize SpA (Barcelone) (https://datumize.com/) se positionne avec une offre packagée, dans des applications industrielles et logistiques, et ses produits sont utilisés (en mode VAR) par des consultants et des SSII.

 

Aujourd’hui, l’acquisition de Lattice Data par Apple devrait marquer un tournant dans le développement du Dark Data, avec l’intégration de ces technologies dans des applications grand public à l’échelle mondiale.  On conçoit aisément le potentiel de l’intégration de certains outils de Dark Data au coeur des systèmes d’exploitation et des applications d’Apple. Ces algorithmes permettront sans doute d’améliorer les fonctions prédictives de Siri, de Plans ou d’autres aspects d’iOS, avec des retombées extraordinaires pour les applications de type Santé.  Ils risquent également de poser de nouveaux problèmes dans le domaine de la défense des libertés individuelles (et collectives).

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Digital CMO propose une série de portraits des responsables marketing membres du CMIT (Club des directeurs Marketing & Communication de l’IT). Voici les informations concernant Estelle Frocrain, Directrice Marketing de Veritas Technologies pour l’Europe de l’ouest. Professionnelle aguerrie du marketing, elle occupe des fonctions dans ce domaine depuis plus de 20 ans.

Quels-sont les indicateurs que vous jugez les plus pertinents pour évaluer l’efficacité de vos actions de marketing ?

Estelle Frocrain : Tout d’abord, je ne pense pas qu’il y ait un indicateur unique qui permette d’être adapté à tous les cas. Ce que nous essayons de faire, c’est de définir des indicateurs spécifiques à chaque produit et pour chacune des étapes de vente. Un indicateur ne peut pas être fiable s’il ne tient pas compte de la maturité de l’offre et de celle du marché. Par exemple, les performances du marketing ne sont logiquement pas les mêmes pour une solution bien connue comme NetBackup ou pour les nouveaux produits de notre gamme « Information Governance ». Le fait d’avoir des approches personnalisées de nous empêche bien sûr en aucun cas de recourir aux mêmes outils et concepts que les autres marketeurs : le funnel, le taux de transformation, les médias sociaux, le trafic to lead…

Quelle est votre politique en ce qui concerne les réseaux sociaux ?

Estelle Frocrain : S’ils sont bien faits, les réseaux sociaux doivent à la fois pouvoir s’adresser aux clients existants et aux clients en phase d’acquisition. Quant à notre organisation pour les réseaux sociaux, elle est simple : le contenu est produit de façon centralisée par le marketing « worldwide » et chaque région pondère ensuite le discours, en fonction de la maturité du produit dans la région concernées, des accords technologiques locaux et intègre des informations concernant les partenaires commerciaux locaux.

Nous avons des comptes Corporate sur les différents réseaux sociaux, mais communiquons aussi en français sur Twitter et Linkedin, ce qui nous permet aussi d’amplifier les conversations de notre communauté – via notre plateforme Vox.

En tant que professionnelle du marketing, j’utilise le plus souvent LinkedIn, ainsi que son outil de Social Selling, Sales Navigator, Twitter ou WhatsApp, qui me permet de communiquer en temps réel avec divers groupes. Enfin, à titre personnel, je n’utilise pas Facebook, mais Wechat, qui permet aussi de gérer des groupes et communautés.

Quelles sont les technologies qui vous intéressent le plus en ce moment ?

Estelle Frocrain : J’ai deux centres d’intérêt forts. Le premier concerne toutes les technologies qui permettent d’améliorer la mobilité des personnes en situation de handicap. La France accuse un retard évident dans ce domaine, mais les solutions deviennent de plus en plus abordables et la situation peut donc évoluer rapidement, notamment grâce à l’impression 3D. Le second est lié à ce qui favorise la créativité, depuis les FabLabs jusqu’à l’Ecole 42. Ces démarches me semblent disruptives et permettent à la France de se libérer des trop nombreuses normes dans lesquelles elle s’est enfermée.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO   

La 8ème édition des Rencontres Numériques du Pays Basque auront lieu le 4 juillet 2017 à Bayonne, sur la thématique du « Smart Citizen », Organisée par l’association ANTIC, cette édition est le prolongement logique de celle qui avait traité en 2016 de la « Smart City ». Cette approche s’apparente à celle du contenant (la smart city) et du contenu (le smart citizen).

En résumé, l’enjeu n’est plus de savoir si les grandes villes vont multiplier les équipements numériques, mais quand et à quel rythme. Cela étant posé, l’édition 2017 précisera les comportements que peut adopter le « smart citizen » dans ce nouveau contexte, notamment en ce qui concerne les innombrables données collectées sans cesse par un nombre toujours plus important de capteurs.

A l’inverse, les outils digitaux permettent aux habitants des villes d’intervenir plus directement sur la gestion de la cité et sur les décisions prises.

C’est autour de ces sujets que plusieurs spécialistes interviendront le 4 juillet prochain. Parmis eux, citons Francis Pisani, blogueur, auteur, conférencier, journaliste au Monde et spécialiste des villes intelligentes, Raphaël Rogé, Responsable Thématique en charge des projets numériques à la Caisse des Dépôts, Fabien Cauchi, dirigeant de Metapolis, qui accompagne la transformation des métropoles en « smart & open cities », ou encore l’équipe de la 27ème Région, laboratoire de transformation des politiques publiques. Ces rencontres se poursuivront par une présentation de quatre fonctions du territoire (se déplacer, habiter, communiquer et vivre) et d’une visite « apéritive » du Sentier de l’Innovation, qui présentera les démonstrations de startups comme Setavoo, MIUSEEC, CitizenMap ou Metapolis.

Partenaire média de cet événement, Digital CMO interrogera les spécialistes du sujet, les élus et les usagers afin de réaliser un livre blanc qui sera téléchargeable sur son site avant la fin de l’été.

D’ici là, nous vous proposons de prendre 10 secondes pour répondre à cette simple questionsptarget.

Pascal Boiron, Digital CMO

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Selon le baromètre Capgemini Consulting et eCap Partner, 2016 a été l’année de tous les records dans le financement des start-ups. Le montant cumulé des levées de fonds effectuées par les startups en 2016 a  atteint 1,3 Md€ (+ 19% par rapport à 2015), sur un total de 2,2 milliards investis dans la totalité des jeunes entreprises françaises. Durant les cinq dernières années, c’est donc près de 8 milliards d’euros qui ont été investi dans la tech et les startups françaises. Mais si en nombre de startups financées  la France est sans doute, au regard de sa population, championne du monde, la French Tech hexagonale ne brille pas en nombre de licornes et d’entreprises mondiales référencées. Un challenge à relever pour le nouveau gouvernement après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française.

Un total de 2,2 milliards d’euros investis en 2016

En incluant les startups créées il y a plus de 7 ans, Capgemini Consulting estime que  le montant des levées réalisées en 2016 est de 2,2 Md€. Cette augmentation s’explique principalement par un accroissement du nombre de levées (+16% sur la période), précise la société de service informatique française, mais aussi par les levées de fonds de 100M€ et 150M€ de la startup Sigfox, spécialisée dans l’Internet des objets.

Selon les auteurs de ce baromètre, on a investi de plus en plus dans la mobilité et les fintechs en 2016, et beaucoup moins dans les applications d’entreprises ou les solutions de marketing automation. Selon le baromètre de Capgemini, les secteurs « Marketing et Communication » et « Applications et technologies d’entreprises », qui représentaient à eux deux 23,5% du nombre de levées de fonds en 2015, ne représentaient plus en 2016 que de 18,5% des montants investis. En revanche, la data et le cloud ont continué à attirer les investisseurs comme en témoignent les levées de fonds dans la data avec Dataiku, Biboard, OpenDataSoft, Saagie, Tellmeplus et, dans le  Cloud, avec Scality, NanoCloud ou encore Genymobile. Cap Gemini remarque que le segment des « nouvelles mobilités », représenté par des acteurs tels que Blablacar, CityScoot, Drivy ou Zenpark a tiré son épingle du jeu tout comme les fintechs qui génèrent toujours un nombre important d’investissements. Parmi les sociétés financées dans ce domaine : Lendix, Yellloan, Unilend, Ulule, Kisskiss BankBank, Captain Crowd, Sowefund, Pumkin, Slimpay, Payfit, Lydia solutions, Moneytis.

Quel avenir pour le financement de la tech et du  numérique après la présidentielle ?

Dans son étude Capgemini consulting remarque qu’en 2016, le nombre de prises de position par des acteurs étrangers est resté stable. « Les investisseurs étrangers sont moins présents dans l’absolu : ils se sont positionnés sur 11% des levées en 2016 contre 15% en 2015 », soulignent les auteurs de l’étude. Capgemini Consulting conclut que les startups françaises apparaissent de moins en moins dépendantes des capitaux étrangers pour les levées majeures. « Alors que près de 60% d’entre elles impliquaient au moins un acteur étranger en 2015, elles ne sont plus que 40% en 2016 » fait remarquer la société de service. Un constat difficile à partager tant il est ardu, en dehors de Blablacar et de Sigfox, de citer des startups qui semblent avoir le potentiel d’un positionnement mondial. Pour beaucoup d’observateurs, trop de nos startups prometteuses sont financées sur leurs derniers tours de table par des capitaux étrangers. Capgemini Consulting fait d’ailleurs remarquer que les investisseurs nord-américains ont délaissés en 2016  les levées de moins de 5M€ pour se concentrer sur les levées majeures, tandis que les acteurs européens ont un comportement opposé, privilégiant les levées de tailles moyenne. L’absence de fonds de capitaux-risques de taille importante en France n’est pas une nouveauté, tout comme l’absence de stratégie liée à la mobilisation de l’épargne vers ces fonds. Cela devient néanmoins un sujet préoccupant pour l’avenir d’autant que si la réglementation peut freiner l’appétit commercial des géants du web américains, qui ont émergés ces cinq dernières années, à l’image d’Uber ou de AirBnB, on sait dans l’histoire économique qu’il est difficile de freiner le progrès technologique. La stratégie du financement du numérique et de la tech en France  est donc à renouveler. Deux axes semblent d’ailleurs se dégager  au regard des enjeux politiques à venir  : accompagner la transformation digitale des entreprises  en mobilisant les jeunes non qualifiés et être capable de créer des champions mondiaux qui restent en France.

La Rédaction, Digital CMO