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Créés en 2016, les Trophées des start up « Martch » (marketing technologies) en sont à leur 3ème édtion. Les candidats ont jusqu’au 5 mars 2018 pour déposer leur dossier.

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Le CMI réunit aujourd’hui plus de 100 directeurs du marketing et de la communication du secteur IT. « Nous avons voulu formaliser l’identification des futures pépites des technologies du marketing, explique Etienne Maraval, vice-Président du CMIT et Directeur Marketing et Communication de Lexmark, chargé de l’organisation du « Trophée Start Up Martech ». Nous avons déjà récompensé 6 start up au cours des deux premières éditions et nous allons décerner trois nouveaux trophées cette année. »

Les jeunes entreprises candidates ont jusqu’au 5 mars 2018 pour déposer leur dossier. Ils seront examinés par un jury composé de directeurs marketing et communication, de représentants de la presse, d’investisseurs et d’organisations professionnelles, telles le MEDEF. Les noms des trois lauréats seront dévoilés le 23 mars 2018, lors du Forum du CMIT qui se tiendra à l’Elysées Biarritz sur les Champs Elysées, devant 250 professionnels du marketing et de la communication.

Pour mémoire, les trois lauréats de 2017 ont été Upfluence (la start up développe des technologies pour le marketing d’influence et aide les marques à identifier, analyser et contacter à grande échelle des influenceurs dans tous les pays, toutes les langues et tous les réseaux sociaux), Allo-media (qui a développé le « Cookie Vocal », une technologie permettant de collecter 100% de la Data Conversationnelle contenue dans les appels téléphoniques et de les fusionner avec les parcours clients digitaux. Les données sont ensuite analysées et remontées dans les outils analytiques :  CRM, DMP, DSP …) et Sigilium (une plateforme qui permet aux équipes marketing et communication, de piloter de manière centralisée les signatures emails de l’entreprise. La plateforme offre un moyen efficace et directement mesurable de faire passer de l’information et des offres, là où se trouve l’attention récurrente et privilégiée de ses interlocuteurs professionnels). Voir les articles de Digital CMO sur Sigilium, Allo-media et Upfluence.

 

La Rédaction, Digital CMO  

Martin Hingley a fondé et dirige le cabinet d’analyse ITCandor depuis 2009. Auparavant, il a travaillé durant plus de 20 ans au sein du cabinet d’études IDC, au niveau européen. Formé à Oxford, il précise ses points de vue après la publication de ses prédictions annuelles sur les évolutions du marché IT, ironiquement intitulées en 2018 : « Siri, Alexa, Watson : what can I do now you’ve put me out of work ? »

  • Comment expliquez-vous la forte croissance des marchés des Amériques et la stagnation du marché de l’EMEA ?

Martin Hingley : Elle résulte en grande partie du nouveau nationalisme de l’administration Trump, qui impliquait rapatriement de milliers de milliards de dollars, qui ont stimulé l’emploi et le PIB aux États-Unis. L’Union Européenne, quant à elle, ne sponsorise aucune segment particulier de son industrie ITC et n’a pas su créé d’industriels d’envergure mondiale, même si je pense qu’elle a encore une chance dans les télécoms. Concrètement, j’ai la conviction qu’elle devrait faire en sorte que Deutche Telekom, Orange, Telecom Italia, Telefonica, etc. collaborent davantage. Malheureusement, je ne m’y attends pas. Au contraire, ce que je constate, c’est que les fournisseurs européens sont rachetés par des fournisseurs d’autres régions (NXP par Qualcomm, ARM Holdings par Sofbank, par exemple). En résumé, les nouveaux nationalismes (Brexit, Catalogne…) remettent sérieusement en question l’Union Européenne et créent de l’incertitude dans les dépenses commerciales de l’ITC.

  • La Chine fabrique beaucoup de matériels mais consomme peu en comparaison. Selon vous, le marché chinois peut-il rattraper le marché des USA d’ici 10 ans ?

Martin Hingley : Non. La Chine a certes une puissance démographique impressionnante et consomme massivement divers produits ITC (le plus grand marché national d’Apple, pour les iPhones, est le Chine, par exemple), mais je ne pense pas que ce marché dépassera celui des Etats-Unis dans les 10 prochaines années. Je pense que l’automatisation va, au contraire, nuire aux avantages de la Chine en tant que pays manufacturier à faible coût. L’automatisation de la fabrication marque la fin de leur ascension et il n’y a aucune raison pour que les États-Unis et d’autres pays ne ramènent pas la fabrication chez eux, une fois que les coûts de leur main-d’œuvre ne seront plus prohibitifs.

Vous aimez les nouvelles technologies et vous dites, dans le même temps, qu’elles vont créer un important désordre social. N’est-ce pas contradictoire ?

Martin Hingley : La technologie numérique est traitée par les médias comme si c’était de l’art ou de la musique pop : « wow ! Regardez juste à quel point la technologie est brillante ! »

Cependant, l’automatisation va logiquement mettre un nombre important de personnes au chômage, dans les services comme dans l’industrie. Nous avions l’habitude de penser au rôle du numérique en tant que levier de productivité  et l’automatisation comme une libération. En fait, les deux aspects sont interdépendants. Si vous augmentez la productivité de votre entreprise, vous pouvez mettre vos concurrents en difficulté, voire en faillite. Nous n’avons apporté aucun changement politique ou social pour compenser la montée en puissance de la robotisation. Par ailleurs, les bénéfices des marchés du numérique sont souvent détournés des pays et régions dans lesquels ils sont vendus (les Etats-Unis et la Chine par rapport à l’Union Européenne, par exemple). J’ai passé toute ma carrière professionnelle à essayer d’aider les fournisseurs de l’industrie IT à gagner davantage d’argent et à aider les utilisateurs à adopter de nouvelles technologies de manière efficace. L’industrie a connu un succès phénoménal et le rythme du changement s’accélère : nous sommes aujourd’hui confrontés à des conséquences sociales majeures.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Spécialisée dans le développement de solutions innovantes pour le sport, la startup Kapp10 a accompagné plus de 350 organisateurs d’événements en 2017. Elle publie en ce début d’année une étude sur la digitalisation des événements Trail et Running en France.

En 2017, la France n’a jamais connu autant d’événements sportifs grand public : entre 15 000 et 20 000, selon différentes estimations (sport.gouv.fr, Sportlab ou la FFA). Au total, cela représente plus de 10 millions de sportifs amateurs engagés (dont près de 5 millions sur les seules compétitions running) et un chiffre d’affaire global d’environ 1,2 milliard de dollars. Pourtant, ce marché en pleine croissance a encore besoin de se structurer : les événements running notamment se sont multipliés sans contrainte et certains se retrouvent maintenant en concurrence. Les organisateurs, essentiellement des associations sportives, sont donc aujourd’hui à la recherche d’éléments de différenciation et cela passe par une profonde transformation digitale.

Réalisée auprès de 214 organisateurs, l’étude révèle d’abord que le digital est une part très largement minoritaire du budget global d’un événement : pour 62% des répondants, elle est même inférieure à 10%. Si l’inscription en ligne (93%), le site (87%) et les réseaux sociaux (76%) sont déjà très utilisés, des solutions émergentes comme le suivi live, les applications mobiles ou la photo personnalisée sont peu exploités. Plus étonnant peut-être, moins d’1/3 des organisateurs ont recours à des plateformes d’emailing, alors que cela reste aujourd’hui encore le moyen le plus efficace et le moins cher d’informer sa communauté de participants. Le principal frein au déploiement de ses outils est bien sûr le budget mais également le fait que le digital soit porté par un bénévole dans 76% des cas.

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Un manque d’action digitale en faveur des sponsors

Maillon essentiel dans l’écosystème des événements sportifs, les annonceurs souffrent de ce manque de digitalisation, comme le souligne Hugo Steiner, ancien responsable événementiel chez Brooks Running, dans une interview accordée à Kapp10. L’enquête révèle ainsi que seuls 39% des événements ont proposé une solution digitale à un partenaire annonceur. Et cela se limite bien souvent à un encart publicitaire sur le site web ou une promotion sur les réseaux sociaux. Là encore, des véritables solutions permettant de mesurer le ROI d’une campagne sont trop peu utilisées (emailing, coupon de réduction, content branding, etc.).

Pour leur croissance et parfois pour leur survie, les organisateurs d’événements sportifs devront progressivement intégrer ces solutions. Les plus gros événements l’ont compris depuis quelques années, le reste du marché commence à assimiler les enjeux.

Quelles ont été les grandes évolutions du métier des web agencies” au cours des 15 dernières ? Le point de vue de Marie-José Burucoa, fondatrice de Novaldi, agence qui vient de fêter ses 16 ans !

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  • Quelles-sont vos principaux motifs de satisfaction après plus de 15 ans d’existence ?

Marie-José Burucoa : Le premier, c’est d’avoir trouvé le bon positionnement alors que nous avons créé l’entreprise en 2001, au lendemain de l’éclatement de la bulle Internet. Le second, c’est d’avoir grandi sans cesse tout en restant focalisés sur les territoires des Pyrénées Atlantiques et des Landes : nous sommes passés de 2 à 10 et nous serons probablement 15 d’ici 2020. C’est un motif de satisfaction, mais ce n’est pas notre moteur principal : nous n’avons pas pour obsession de croître à tout prix ! Le troisième motif de satisfaction – et peut-être le plus important – est que nous avions vu juste dès la création de Novaldi. Nous étions convaincus que les sites Internet ne devaient pas devenir des plaquettes modernisées et qu’ils devaient être une part intégrante des systèmes d’information, des CRM, des ERP… Les évolutions actuelles nous donnent raison. 

Les 10 collaborateurs de l'agence Novaldi.

Les 10 collaborateurs de l’agence Novaldi.

  • Si vous n’avez pas changé d’avis, qui a évolué ? Les clients ?

Marie-José Burucoa : On devrait dire que ce sont les clients et les usagers de nos clients qui ont changé ! Leur niveau de maturité par rapport aux services web est très élevé. Il est naturel que les organismes et les entreprises s’adaptent  à cette évolution. Tout a évolué : le design des sites, le “full responssive” pour les smartphones,l’accessibilité (pour les malvoyants, par exemple), le temps de réponse, et de chargement des pages…

  • Dans ce contexte, on imagine que les web agencies sont amenées à intégrer sans cesse de nouvelles compétences et à quasiment à “provoquer” un turn-over élevé ?

Marie-José Burucoa : Au contraire, nous avons un taux de turn-over très faible, à l’instar de nombreuses entreprises installées en province. Nous investissons donc dans la formation de nos collaborateurs et nombre d’entre eux complètent cette démarche avec de l’auto-formation, ce qui nous permet notamment de fidéliser nos clients “historiques” avec de nouveaux services. Parmi eux, on peut citer l’Office de Tourisme Coeur de Béarn, Radio Sud-Ouest, SOLIHA Pays Basque, l’Office intercommunal de Tourisme de Mimizan, Bayonne Commerces ou les commune de Saint-Jean-Pied-de Port, d’Espelette, de Bidart, de Boucau, d’Ustaritz, de Mourenx, de Monein, d’Ainhoa, de Saint-Martin-de-Saignanx, sans oublier les communauté de communes ou d’agglomération, les fédérations, les associations… Au final, nous avons près de 200 clients sur les deux départements des Landes et des Pyrénées Atlantiques. C’est également l’une des raisons qui nous amènent à maintenir un taux de turn-over faible : nous suivons la plupart de ces clients depuis de longues années et nos équipes ont accumulé un savoir-faire sur les attentes des uns et des autres qui n’a pas de prix.

  • Les web agencies locales sont confrontées à la fois par de nouveaux concurrents locaux et par les grandes agences implantées dans les métropoles voisines : comment réagissez-vous ?

Marie-José Burucoa : Nous mettons en avant le fait que nous avons le même niveau technique que les autres, que nous pratiquons tous des prix comparables et que, en plus, nous connaissons bien le contexte local. De notre côté, nous misons sur un accompagnement sur le long terme, sachant que nous travaillons avec nombre d’entre eux depuis plus de 10 ans !

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

La montée en puissance de la blockchain dans les métiers de la finance illustre la volonté de ce secteur d’activité d’apporter de nouveaux services et d’adopter un positionnement marketing fondé sur l’innovation. Entretien avec Pascal Koenig, Associé et Responsable Asset Management chez Deloitte, un des plus grands cabinets conseil au niveau mondial et pionnier dans le domaine des blockchains.

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  • Comment votre secteur est-il impacté par la transformation numérique ?

Pascal Koenig : L’industrie de la gestion d’actifs est confrontée dans un environnement de taux bas et animée par une forte concurrence, à un poids croissant des contraintes réglementaires qui pèsent expressément sur les marges d’exploitation. La technologie constitue un levier potentiel de sauvegarde des résultats.

  • Quelle place occupe le numérique dans cette évolution ?

Pascal Koenig : C’est une place centrale. Après une phase centrée sur des actions visant la dématérialisation des contrats de tout type, aujourd’hui la recherche de l’efficacité opérationnelle s’appuie principalement sur la robotisation des modes opératoires (Robotic Process Automation). Dès demain, les technologies blockchains devraient accélérer cette marche en avant. L’ouverture offerte par la Loi Sapin 2 et la volonté politique affichée permettent d’imaginer pour notre industrie un nouveau futur moins intermédié, plus véloce et plus accessible. Déjà des expérimentations poussées permettent à un investisseur privé d’acquérir des parts/actions d’OPC* directement auprès de la société de gestion, sans tiers de confiance, via des blockchains privés. Notre industrie s’avère pionnière sur le déploiement de ces techniques.

Organisme de placement collectif

  • Comment ces nouvelles offres vont-elles être commercialisées ?

Pascal Koenig : Cela dépend fortement de l’usage qui en est fait. Dans le cas présenté ci-avant, il s’agit  pour les sociétés de gestion de s’ouvrir un nouveau canal de distribution de leurs produits en maitrisant leur passif. Concernant d’autres applications, elles visent plutôt une amélioration partielle de leur efficacité opérationnelle.

  • Quelles sont selon vous les prochaines étapes de votre évolution ?

Pascal Koenig : L’apport de la technologie accompagne les orientations de l’industrie. Nous attendons des évolutions conséquentes en matière de marketing prédictif (notamment pour la veille concurrentielle et la création de nouveaux produits). En termes de data analytics, les évolutions sur les processus de gestion seront moins agiles et nécessiteront des adaptations plus soutenues. Les services clients pourraient connaître des évolutions marquantes via des chatbots adaptés. Mais au-delà de ces points, nous avons la conviction que l’innovation doit porter sur l’éducation financière et que le jeu constitue une matière particulièrement idoine à sa mise en œuvre (comme « Qui veut collecter des millions ? », un des premiers serious game financiers, développé par Deloitte).

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

De nouveaux métiers sont-ils nés du rapprochement du marketing et de l’informatique ? C’est la conviction de l’agence Corp., qui ouvre la deuxième édition du salon Data Marketing ce 16 novembre 2017 à Paris. Entretien avec Grégoire Cortot, Responsable des Conférences.

Grégoire Cortot : Cet événement est né d’un constat simple. L’agence Corp. a créé le salon Big Data Paris dès 2012 et nous avons vu monter en puissance la communauté des professionnels du marketing. L’an dernier, en 2016, nous avons donc voulu créer un événement spécifique, centré sur la collecte et le traitement des données dans le cadre des métiers du marketing. Il ne s’agissait pas seulement de prendre acte des collaborations de plus en plus fréquentes entre les services des systèmes d’informations et du marketing, mais de s’adresser aux nouveaux métiers qui sont nés, qui naissent et continueront de se développer aux frontières de ces deux domaines qui se sont longtemps ignorés.

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  • Sur quoi s’appuie cette conviction ?

Grégoire Cortot : Sur une enquête que nous réalisons régulièrement. La dernière en date, celle de 2017, nous a conduit à interroger une cinquantaine de professionnels du marketing sur leurs principales préoccupations pour 2018. Sans véritable surprise, c’est la nouvelle réglementation européenne sur les données (ndlr : la RGPD – pour Règlement Général sur la Protection des Données – qui entrera en vigueur en mai 2018). Les évolutions du cadre réglementaires sont logiquement au centre des préoccupations des professionnels du marketing. Par ailleurs, ils s’interrogent logiquement sur les conséquences de cette transformation numérique – le passage d’une entreprise dite “traditionnelle” à une entreprise centrée sur la donnée – dans le domaine des ressources humaines. Comment faire évoluer l’organisation pour qu’elle optimise davantage l’utilisation des données ? Comment recruter pour des profils où la demande est largement supérieure à l’offre, comme “data scientist” ou “data miner” ? Pour répondre à ce type d’interrogations, nous proposons un cycle de conférences payantes, qui font intervenir des professionnels du marketing plutôt que des fournisseurs. Nous faisons notamment intervenir l’entreprise JCDecaux, l’organisation humanitaire internationale World Vision, Disney, Accor Hotels, La Poste, Voyages-SNCF… Par ailleurs, nous allons également faire intervenir  l’alliance Gravity, qui réunit une quinzaine de groupe de médias français, dont Les Echos, L’Equipe, M6, SFR, des quotidiens régionaux, etc.

  • N’allez-vous pas être contraints d’annoncer aux professionnels du marketing que leurs métiers vont disparaître ?

Grégoire Cortot : Non, parce que nous sommes convaincus du contraire ! Ni les données ni l’intelligence artificielle ne remplaceront les marketeurs. Les nouveaux outils vont simplement leur permettre d’aller plus vite et de mener des opérations qui étaient jusqu’à présent jugées complexes et chronophages, comme la personnalisation totale. Concrètement, l’enjeu est d’automatiser les tâches les moins gratifiantes afin de lancer davantage de nouveaux projets.

  • Data Marketing Paris est-il un salon ou un cycle de conférences ?

Grégoire Cortot : Cet événement est à la fois un salon et un cycle de conférences. En l’occurrence, les conférences payantes ont lieu au centre de l’espace de démonstrations, dans lequel nous accueillons cette année une quarantaine d’exposants, dont IBM, Tableau Software ou encore KOMPASS. En outre, il faut noter que les startups seront présentes, notamment à l’occasion d’un “challenge”, au cours duquel trois jeunes entreprises (Sirdata, Brainify et SmartGDPR) seront face au public des votants.  Au final, ces 16 et 17 novembre 2017, nous accueillons plus de 1 500 personnes, soit deux fois plus que lors de la première édition.

  • Comment va évoluer cet événement et son visitorat ?

Grégoire Cortot : Data Marketing a d’emblée été décliné au Canada, à Toronto, où l’agence Corp. a ouvert des bureaux. Nous pourrions nous concentrer sur l’internationalisation de cet événement, même si des événements plus ou moins dédiés à cette thématique existent aux Etats-Unis, en Allemagne ou au Royaume-Uni. Nous faisons le choix de faire évoluer le Data Marketing Paris, qui pourrait accueillir entre 2 000 et 3 000 visiteurs l’an prochain.  De plus, nous organisons cette année un événement connexe au même endroit, Sales Intelligence, et il n’est pas impossible de nous développions à l’avenir d’autres événements.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO         

Brand Voice digital : de la survie des astronautes à la résolution plus rapide des problèmes, l’ordinateur spatial HPE est la première étape dans le développement de ressources informatiques embarquées dans l’espace.

Le 14 août 2017, la fusée CRS-12, conçue par SpaceX (entreprise créée par Elon Musk), a été lancée par le Kennedy Space Center, en Floride. Elle a permis d’envoyer le module “Dragon Spacecraft” dans la Station spatiale internationale (ISS). Ce module transportait un supercalculateur HPE.

Ce supercalculateur, baptisé “Spaceborne Computer”, est une composante essentielle de l’expérience lancée voici plus d’un an par la NASA et HPE. Le but ? Exploiter un système informatique commercial haut de gamme (COTS) dans l’espace, ce qui n’avait jamais été fait auparavant. L’enjeu est que le système fonctionne de manière homogène dans les conditions les plus difficiles de l’espace, et ce pendant un an (soit la durée – actuellement – d’un trajet entre la Terre et Mars).

Faire avancer la mission vers Mars

Bon nombre des calculs nécessaires pour les projets de la recherche spatiale sont encore effectués sur Terre, principalement en raison des capacités de calcul limitées dans l’espace. Cette limite crée de nombreux problèmes lorsqu’il s’agit de transmettre des données vers ou depuis l’espace. Cela signifiait qu’il fallait jusqu’à 20 minutes pour que les communications atteignent la Terre, puis 20 minutes de plus pour que les réponses de la Terre atteignent les astronautes. Un tel laps de temps rendait toute exploration sur le terrain difficile, et même potentiellement dangereuse dans le cas où les astronautes sont confrontés à des scénarii critiques.

Une mission sur Mars nécessitera des ressources informatiques embarquées à la fois sophistiquées et fiables. HPE fait un premier pas dans cette direction en envoyant un supercalculateur dans l’espace. Les prochaines étapes de cette expérience impliqueront éventuellement l’envoi d’autres nouvelles technologies telles que le “Memory-Driven Computing”. Elles permettront par ailleurs d’en apprendre davantage sur la façon dont l’ordinateur “spatioporté” réagit dans l’espace.

Les leçons de la mission sur la lune

Lorsque les États-Unis ont réussi à envoyer deux hommes sur la Lune, ils ont captivé le monde et inspiré de nombreux progrès technologiques, depuis la micropuce jusqu’à la mousse à mémoire de forme. La mission vers Mars est la prochaine opportunité d’accélérer l’innovation technologique. L’expérience “Spaceborne Computer” montrera ce qui doit être fait pour faire progresser l’informatique dans l’espace. De plus, elle va conduire à d’importants progrès pour le calcul haute performance (HPC) sur Terre.

HPC dans l’espace

L’ordinateur spatial inclut les systèmes de classe HPE Apollo 40 avec une interconnexion HPC haute vitesse exécutant un système d’exploitation Linux open source. Généralement, pour que la NASA autorise l’utilisation d’ordinateurs, l’équipement doit être «renforcé» – ou durci pour résister aux conditions dans l’espace : les rayonnements, les éruptions solaires, les particules subatomiques, les micrométéorites, l’énergie électrique instable, le refroidissement irrégulier. Ce durcissement physique est chronophage, coûteux et ajoute du poids. HPE a donc adopté une approche différente : les systèmes ont été “durcis” avec des logiciels. En l’occurrence, le procédé a passé au moins 146 tests de sécurité avant que la NASA lui délivre un certificat permettant son utilisation dans l’espace.

NASA & HPE : trois décennies de partenariat

Hewlett Packard Enterprise entretient une relation de longue date avec la NASA (plus de 30 ans), notamment via le rachat de Silicon Graphics (SGI). Cette relation a initié le co-développement de la première image monovoie IRIX au monde, en 1998. Ce faisant, nous avons fait de grandes innovations, y compris le co-développement de l’un des plus grands et des plus rapides supercalculateurs, Columbia. Aujourd’hui, l’ordinateur “Spaceborne” contient des nœuds de calcul de la même puissance que ceux du premier supercalculateur de la NASA, “Pléiades” (qui fait partie des 10 supercalculateurs les plus puissants au niveau mondial).

Pour conclure, il faut rappeler que cette expérience ne permet pas seulement à HPE de renforcer sa collaboration avec la NASA : elle a également été commanditée par le Centre pour l’Avancement de la Science dans l’Espace (CASE), l’organisation en charge de la gestion de la Station Spatiale Internationale (ISS), ce qui renforce encore la motivation des équipes de Hewlett Packard Enterprise.

La Bpi (la banque publique d’investissement) n’est pas une banque comme les autres. Pour son forum Bpi Inno Génération elle a rassemblé le 12 octobre dernier  plus 35 000 personnes au AccorHotels Arena Paris. Après cinq année d’exercice, la banque publique dirigée par Nicolas Dufourcq semble avoir réussi son pari en communication sur l’innovation. En revanche, coté startups, le bilan reste difficile à établir. 

Pour cette troisième édition de Bpifrance Inno Génération les grands moyens ont été déployés dans l’enceinte de l’AccorHotels Arena. Sur le plan du contenu, tout avait été aménagé pour donner la parole à de nombreux experts. Les  espaces dédiés aux conférences étaient nombreux et variés : le « hub » regroupait ainsi  la place des villages et des startups, l’espace « walk » (définit comme la promenade des innovations) permettait de rencontrer des  startups exposantes, le « think » accueillait des conférences sur le monde de demain et « les échos »  réunissaient de nombreux intervenants sur des ateliers thématiques. Concrètement, la Bpi a voulu aborder en une journée tous les aspects de la transformation digitales et offrir la possibilité aux 35 000 invités (des compteurs en temps réels  témoignaient de l’affluence) de rencontrer facilement des intervenants extérieurs et les experts de la Bpi.  Les conseillers en costume gris de la banque publique se mêlaient ainsi aux très jeunes entrepreneurs en baskets blanches, sous les panneaux régionaux des agences de la Bpi sur le territoire.  On pouvait également écouter, allongés sur des coussins, les différents experts qui se se succédaient sur les plateaux vidéos animés pour l’occasion par les médias partenaires de ce grand show, et notamment BFM Business et BFM TV, ou encore RMC et l’Express.

Pas beaucoup de licornes sur les plateaux vidéos

S’il faut reconnaître que le contenu proposé était de qualité, avec notamment des intervenants de renom dans tous les secteurs d’activités et de nombreux spécialistes, on pouvait regretter la trop faible représentation des startups ou des mentors dans ce domaine.  Par ailleurs, aucune « guest star » ou ponte international  du capital risque ‘était présent. C’est sans doute là le signe que la Bpi n’a pas été, au cours des cinq dernières années, en dépit des montants investis, une banque de capital risque. Comme le commentait un intervenant  sur un des plateaux de BFM Business  : »il est vrai que beaucoup de startups trouvent ailleurs les relais de croissance dont elles ont besoin pour se développer ou se faire racheter et pas forcément du coté du Corporate Venture ou Capital Risque hexagonal ». Et de citer notamment le rachat par Zendesk de la  startup montpelliéraine Bime, pour 45 millions de dollars ». Si la Bpi a beaucoup fait pour communiquer sur l’innovation et le risque et poussé indirectement  les autres banques à suivre à l’image de  Crédit Agricole qui organise la semaine prochaine lui aussi  son événement start-up, le bilan en licorne est pauvre. Il reste au gouvernement et à Emmanuel Macron à changer le cap, mais il semble que pour l’instant cela ne soit pas prioritaire au regard des autres chantiers. Les quelques annonces effectuées jusqu’à présent restent floues et le nouveau responsable du numérique, Mounir Majhoubi,  ne s’est pas beaucoup exprimé sur sa vision du futur dans ce domaine.

La Rédaction, Digital CMO

La troisième édition du salon Paris Retail Week a eu lieu du mardi 19 au jeudi 21 Septembre 2017 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Avec 600 exposants et près de 30 000 visiteurs, il se présente comme le plus grand événement retail européen 360° de la rentrée. Entretien avec Sophie Lubet, Directrice du Pôle Retail de Comexposium et de Paris Retail Week.

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Sophie Lubet : Il a pour vocation de mettre en lumière les tendances du retail, autant en magasins physiques que dans le e-commerce. Le salon est donc l’occasion pour les sociétés de présenter leurs innovations, de rencontrer des partenaires professionnels, de réfléchir aux tendances qui émergent, découvrir les dernières innovations dans le retail, de partager des expériences pour mieux appréhender le commerce de demain… Avec plus de 300 speakers amenés à prendre la parole pendant ces 3 jours sur des sujets comme la data, la digitalisation du point de vente, la logistique, les solutions de paiement, entre autres, Paris Retail Week a fait une fois de plus de Paris la capitale du commerce connecté.

  • Quels ont-été les temps forts de cette édition 2017 ?

Sophie Lubet : Cette troisième édition de Paris Retail Week a tenu ses promesses. En effet, de grands retailers, e-commerçants et géants du web ont renforcé leur présence à travers des prises de parole inédites : Costco, Amazon, LeBonCoin, Google, Twitter, Facebook, Trusted Shops, Jumia, …. Également, des innovations dans tous les secteurs du commerce ont été présentées : gaming, logistique, marketplace, data, sécurité, agencement du point de vente et bien plus encore. 

En termes de format, les visiteurs ont notamment pu assister à des keynotes et des conférences d’acteurs majeurs du commerce. Nous avons notamment débuté avec une conférence sur le Live Retail, ce qui a permi de prendre la mesure des enjeux et des transformations à l’œuvre actuellement.

Parmi les autres temps forts, je citerais des exemples de belles success stories, françaises ou internationales, avec les interventions de Gemmyo et Jumia. Bazarchic, Fnac-Darty et Zalando ont présenté leur vision du vaste sujet qu’est la logistique. Bien entendu, d’autres prises de parole, comme celle de Costco sur ses premiers mois en France ou celle d’Amazon sur les leviers de croissance étaient très attendues !

Paris Retail Week c’est aussi toutes les nouveautés produits avec 600 sociétés présentes, l’innovation au rendez vous avec une cinquantaine de startups,  des animations innovantes, notamment autour de la réalité virtuelle… Autre grand temps fort : les Paris Retail Awards, qui récompensent les sociétés les plus prometteuses.

Cette année, le lauréat du Paris Retail Golden Award est Octipas pour sa solution “tablettes vendeurs”, dans la catégorie Digitalisation du Point de Vente. Les autres gagnants sont Temelio pour La fusion du CRM et du marketing digital, Cas Belambra dans la catégorie “CRM – Du lead ou client”, Relais Colis pour SMART dans la catégorie Expérience Client (360), Mister Pasha pour Mister Pasha dans la catégorie Logistique, Facelift pour “Facelift Cloud All in One 2017” dans la catégorie Social Commerce, Kendu In-store Visual Solutions pour Flowbox, The New Dynamic Display dans la catégorie Store Solutions & Design et Daxium pour Retail AppStore dans la catégorie Technologie. Le coup de cœur du jury a été attribué à Oyst pour Oyst 1-click et le prix de l’Initiative française a été remis à Bmobile pour sa solution SaaS Dartagnan. Enfin, le prix Rookie Of The Year, décerné par le public, a récompensé la start-up Admo.tv pour sa plateforme d’Analytics TV & RADIO.

  • Le retail européen a-t-il comblé son retard sur celui des Etats-Unis ?

Sophie Lubet : Il est en train de le faire. Actuellement, certaines tendances nées aux USA marquent le pas, comme le mobile au cœur des parcours qu’il fragmente, ou la vidéo et l’image-rich en commerce online. A l’inverse, la réalité virtuelle devient incontournable… Le magasin, quant à lui, devient un entrepôt avec le ship-from-store et donne un nouveau trait d’union entre le e-commerce et le point de vente, comme l’illustre par exemple la généralisation du “click and collect”.

Le conversationnel et les chatbots, l’intelligence artificielle et l’IoT révèlent aussi leur potentiel considérable et promettent des révolutions dans le commerce à l’échelle mondiale. Les startups, qui sont particulièrement dynamiques dans ces domaines, innovent constamment et réinventent le retail. La France, qui a toujours été très en avance technologiquement, les soutient, en particulier dans le domaine de la R&D.

L’inventivité des retailers attendait donc surtout que les consommateurs soient prêts et c’est le cas, notamment avec les millenials. Pour répondre à l’arrivée de ces nouveaux consommateurs, une nouvelle approche du commerce émerge en France. Les retailers s’adaptent et proposent un nouveau mode de distribution qui intègre le e-commerce et le commerce physique dans l’engagement consommateur face aux nouvelles plateformes technologiques. Ce nouveau modèle naissant lie, d’un côté, des datas et, de l’autre, un lien serviciel permanent avec le mobile comme passerelle ! Toutes ces nouveautés sont sur Paris Retail Week et donnent le “la” des années futures.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Sendinblue vient de lever 30 millions d’euros auprès de Partech Ventures  alors qu’il affirmait il y a un an que l’entreprise n’envisageait pas de levée de fonds (voir l’article). A quoi cet apport va-t-il servir ? Les réponses d’Armand Thiberge, Pdg et fondateur de Sendinblue.

  • Quels sont les objectifs visés par Sendinblue avec cette levée de fonds de 30 millions d’euros ?

Armand Thiberge : Il y en a au moins trois. Le premier est d’accélérer le développement de nouvelles briques technologiques à nos solutions de marketing, notamment dans le domaine du display, qu’il s’agisse des réseaux sociaux ou de la vidéo. Il faut savoir que Sendinblue n’a pas de commerciaux et focalise ses investissements sur ses technologies, qui se vendent “toutes seules” ou sont préconisées par des partenaires. Les deux autres grands objectifs sont logiquement liés à cette stratégie : d’une part, nous recruterons une centaine de personnes d’ici fin 2018, ce qui va plus que doubler notre effectif*; d’autre part, nous allons développer de nouveaux partenariats. Jusqu’à présent, nos solutions pour les PME étaient centrée sur la fidélisation des clients. Avec l’ajout de cette brique “display”, nous allons proposer de nouveaux outils dédiés à l’acquisition. Depuis notre création en 2012, nous avons eu une croissance moyenne supérieure à 100% : cette levée de fonds de 30 millions d’euros va nous permettre de conserver ce rythme et de rester rentables.

  • Allez-vous ouvrir de nouvelles implantations ?

Armand Thiberge : Non, ce n’est pas prévu. Nous allons développer nos trois implantations actuelles, c’est-à-dire Paris, Noida en Inde et surtout Seattle aux Etats-Unis, mais nous ne prévoyons pas d’ouvrir de nouveaux bureaux pour l’instant. Quant à la commercialisation de nos nouvelles technologies, elle va débuter dès la fin 2017 et être intégrée à l’ensemble de nos offres courant 2018.   

 

  • L’an dernier à la même époque, vous esitmiez qu’il était important de proposer de nouveaux indicateurs aux PME afin de démontrer le retour sur investissement du marketing : où en êtes-vous ?

Armand Thiberge : Le développement de la nouvelle brique display est une partie de la réponse, car il permet d’accéder à un nombre d’indicateurs plus nombreux. Les campagnes “display” sont logiquement payantes, mais elles offrent une plus grandes visibilité et se traduisent très vite par l’acquisition de nouveaux clients. D’une manière générale, la tendance forte que nous identifions pour le marketing en 2018 est que les TPE et les PME sont désormais suffisamment matures pour avoir comme les grandes entreprises une approche multicanal.

Propos recueillis par Julien Corti, Digital CMO

* 90 personnes en septembre 2017