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À travers ses compétitions running connectées et des services d’animation de communauté, Sport Heroes Group est devenu un des leaders de la Sporttech en France et en Europe. La start-up vient de boucler une levée de fonds de 4 millions d’euros auprès de Genairgy, le fonds d’investissement de la famille Leclerc.

En 2014, sous son nom d’origine, Running Heroes, Sport Heroes Group a développé une solution capable de centraliser et de structurer les données collectées par les applications mobiles et wearables de tracking d’activité sportive. En regroupant toutes ces informations sur une plateforme unique, la startup a pu proposer un concept original : récompenser l’effort par des bons de réductions offerts par des marques. En quelques mois, Boris Pourreau et son équipe ont réussi à fédérer une communauté de quelques 300 000 pratiquants de la course à pied. Dans la foulée, de nombreuses marques ont suivi, en proposant leurs bons d’achat mais aussi en créant des challenges sportifs connectés (la startup déployant alors sa plateforme en marque blanche).

En 2016, à l’occasion de sa deuxième levée de fonds (2 millions d’euros), Sport Heroes Group lançait son service de sport en entreprise, United Heroes. Unités Heroes est une plateforme communautaire permettant de créer des championnats de marche, de course (ex : chaque département d’une entreprise doit cumuler le plus de kilomètres parcourus) et de partager du contenu (conseils nutrition, coaching). Chaque collaborateur a également accès à un dashboard permettant de suivre et analyser son activité physique, son classement au championnat et de recevoir ses récompenses. Ce nouveau tour de table, réalisé en juin de cette année auprès de la famille Leclerc, a pour objectif d’accélérer le service entreprises tout en maintenant la dynamique BtoC.

Aujourd’hui, Sport Heroes Group revendique 300 entreprises clientes, plus d’un million d’utilisateurs à travers toute ses offres. Avec des bureaux à Londres et en Australie, son objectif est de se développer en Europe et à l’international.

L’Assurtech attire de plus en plus les investisseurs. Porté par la progression de nouvelles technologies comme le blockchain, la big data ou le machine Learning, le secteur a atteint 2,29 milliards de dollars d’investissement l’an dernier. Les Etats-Unis, où l’on compte une bonne vingtaine de levées de fonds depuis le début de l’année, font office de locomotive.

2 Milliards investis au niveau mondial  en 2017

Une étude d’Accenture révèle que les investissements mondiaux dans l’Assurtech ont dépassé les 2 milliards de dollars en 2017, pour la deuxième fois de l’histoire seulement. SI 2015 reste le record absolu, l’an dernier a marqué une croissance de 39% par rapport à 2016. Avec des fers de lance comme Oscar Health (valorisé 3 milliards de dollars) ou Root Insurance, les Etats-Unis représentent plus de la moitié de ses investissements. Et l’année 2018 est partie pour être historique, outre-Atlantique. Crunchbase référence ainsi plus de 20 tour de table dans le secteur de l’Assurtech. En France les levées de fonds récentes de +Simple.fr ou d’Alan témoignent aussi de l’appétit des investisseurs pour ce secteur.

4 Assurtech américaines avec des modèles différents

Kelly Klee
Kelly Klee est un courtier en ligne, spécialisée dans l’assurance de maisons, de bateaux, de voitures et d’objets de valeurs. Son offre et ses services s’adressent exclusivement aux 10% des américains les plus aisés. La startup vient de lever 4,5 millions de dollars et s’apprête à lancer 2 nouveaux services : un conseiller virtuel pour l’assurance personnelle et un outil d’analyse et de scoring basé sur un questionnaire.

Huckleberry
Fondée il y a à peine 1 an, Huckleberry propose des assurances en ligne aux dirigeants de petites entreprises. En digitalisant l’ensemble du processus de couverture (de la souscription jusqu’à suivi de sinistre), la société souhaite faire gagner du temps aux entrepreneurs. La véritable originalité de la startup : pour poser un diagnostic et présenter l’offre adéquat, elle s’appuie sur les informations issues de sites tiers et les analyse. Elle vient de boucler un tour de table de 4 millions de dollars.

Cover
Cover est une application mobile permettant d’assurer rapidement tout objet ou bien : voiture, téléphone portable, animal de compagnie, maison, bijoux… Il suffit pour cela te prendre en photo le bien, de le caractériser à travers l’application. Les conseillers Cover se chargent de benchmarker les différentes offres et de faire remonter l’offre la plus intéressante. La société a déjà levé 11 millions de dollars.

Kin Insurance
Kin propose une gamme de services d’assurance habitation en ligne. La startup se charge d’analyser des données personnelles issues de services tiers ou de sa propre base pour établir un profil et un score du souscripteur et lui proposer la meilleure assurance habitation, tout cela en moins de 15 minutes. Kin a déjà connu 3 tours de table : 650 000 dollars levés en 2016, 4 millions en 2017 et 13,1 millions cette année.

 

Le Village by CA Paris fêtera le 20 juin prochain ses 4 années d’existence et en profitera pour organiser la 1ère cérémonie des Village Awards récompensant des duos start-ups et grands groupes. Ideta, Dial Once, Silkpay, TeachOnMars, Jooxter et Velco font partis des start-ups nominées pour l’occasion

Neuf duos startup – grand groupe en compétition le 20 juin prochain

Pour cette première édition des Village Awards, le Village by CA Paris a souhaité miser sur la coopération entre start-ups et grands groupes. Un axe important pour le Crédit Agricole qui cherche notamment à offrir des débouchés aux jeunes entreprises innovantes financées et qui a d’ailleurs publié une étude sur le sujet. Parmi les duos on retrouve coté grands comptes Sodexo, PSA et Cap Gemini, Sanofi, IBM et bien sur le Crédit Agricole. L’objectif sera de  récompenser les meilleures initiatives et coopérations entre startups et grands groupes lors d’une grande soirée le 20 juin prochain. Le jury, qui désignera le duo gagnant sera composé de David Finel – CEO de Sharepay, Pierre Giu – CEO d’Orosound, Anaïs Richardin – Rédactrice en chef de Maddyness, Claude Terosier -CEO de Magic Makers, Camille Buss – Startup Manager au Village by CA Paris, et Zouheir Guedri – CEO de Data&data.

Cap vers l’international avec l’ouverture d’un Village by CA à Milan

Dans son communiqué sur cette soirée, Le Village by CA Paris précise qu’il a accueilli en 4 ans  plus de 160 startups et 130 millions de fonds ont été levés par ces dernières. Lors de la soirée, la nouvelle promotion 2018 sera présentée. L’ensemble du réseau est composé de 25 entités représentant  plus de 450 partenaires et 600 startups. Le Village by CA a par ailleurs annoncé l’’ouverture prochaine d’un Village à Milan.

Leader mondial des solutions de CRM, Salesforce a annoncé lors de son événement annuel à Paris, le 6 juin dernier, le lancement des solutions « Essentials », destinées aux startups et aux TPE.

L’étape française du Salesforce World Tour 2018 a eu lieu le 6 juin à la Porte de Versailles devant 12 000 personnes. Lors de cette démonstration de force, le numéro 1 mondial de la relation client a annoncé qu’il lançait les solutions « Salesforce Essentials », destinées à séduire les startups et les TPE, avec des tarifs plus bas que les abonnements classiques. Parker Harris, cofondateur de Salesforce a précisé : « C’est la même version que la plateforme que nous proposons par ailleurs, mais la configuration et l’utilisation sont simplifiées, car les startups ne peuvent pas payer des consultants ».

Trois grands clients de Salesforce sont venus présenter leur expérience : Aibus, Petit Bateau et les cinémas Gaumont-Pathé.

Ce rendez-vous a également été l’occasion pour Salesforce de rappeler la santé financière de l’entreprise, qui a fait un « chèque » de 6,5 milliards de dollars pour acquérir MuleSoft, éditeur spécialisé dans les API. Alexandre Dayon (en photo), Président et Chief Strategy Officer de Salesforce (à qui il a revendu en 2008 son entreprise InStranet) a indiqué que le chiffre d’affaires de Salesforce pour son dernier exercice avait atteint 10,5 Mds$, soit une progression de 25% par rapport au précédent. En ce qui concerne les emplois, il a affirmé que l’écosystème Salesforce allait générer 3,3 millions d’emplois directs et indirects dans le monde au cours des 5 prochaines années (dont 150 000 en France). La conférence a mis en avant l’esprit des « trailblazers » (pionniers), dont se revendique Salesforce, qui fêtera ses 20 ans l’an prochain.

Pascal Boiron, Digital CMO

Le baromètre Capgemini & eCAP Partner des startups du numérique pour le 1er trimestre 2018 met en lumière les montants de plus élevés des levées de fonds.

Au premier trimestre 2018, les levées de fonds de 10 M€ ou plus ont fait un bond de 58% par rapport au même trimestre de 2017. C’est l’un des principaux enseignements du baromètre Capgemini & eCAP Partner des startups du numérique pour les trois premiers mois de l’année 2018.

Si le nombre de levées de fonds est en léger recul par rapport à 2017 (112 levées de fonds au premier trimestre 2018 pour les entreprises innovantes de moins de 7 ans et non cotées en bourse), le montant moyen des levées de fonds a quant à lui fortement progressé : + 58%. 457 millions d’euros ont ainsi été levés par les startups françaises recensées par Capgemini & eCAP Partner pour ce baromètre. L’opération la plus importante de ce début d’année est celle de la startup Ledger : 61 M€ pour cette entreprise spécialisée dans les « coffres-forts » pour bitcoins. En l’occurrence, le secteur de la finance est celui qui a levé le plus de fonds (111 M€), devant celui des transports. Par ailleurs, ce baromètre met en avant l’engouement des investisseurs étrangers pour la French Tech et ses startups. Dans les faits, les investisseurs étrangers se focalisent sur les levées de fonds les plus importantes : leur présence dans les levées de fonds de 10 M€ et plus a progressé de 150% par rapport au 1er trimestre 2017.

Enfin, on note que les fonds restent très actifs et 101 se sont impliqués dans les levées du premier trimestre, les trois fonds les plus présents ayant été KIMA Ventures, ISAI et 50Partners. 22 investisseurs « corporates » ont investi dans la French Tech début 2018, dont seulement trois se sont engagés dans plusieurs levées de fonds : la RATP, la MAIF et Intel.

Pascal Boiron, Digital CMO

2 ans seulement après un premier tkour de table à 5 millions d’euros, Klaxoon lève 50 millions de dollars. La startup rennaise développe une plateforme et des solutions connectées visant à dynamiser et animer les réunions de travail. Avec cette opération, elle rentre dans la cours des grands et vise le leadership international.

En France, le collaboratif devient un enjeu clé pour les entreprises, notamment du fait du développement de la mobilité des salariés, notamment sous forme de télétravail. Une étude IFOP pour Malakoff Méderic, réalisée en novembre 2017, révèle ainsi que 19% des salariés français travaillent à distance de façon informelle. Les cadres seraient même 42% à adopter régulièrement cette pratique. Aux Etats-Unis et dans les pays nordique, plus d’un tiers des salariés sont amenés à travailler pour leur entreprise depuis leur domicile. Cette croissance ouvre des problématiques, notamment sur le cas spécifique des réunions de travail.

Une box interactive et une plateforme pour dynamiser les réunions

Klaxoon a développé une box interactive permettant à l’organisateur d’une réunion de travail de se connecter à des collaborateurs à distance et de les impliquer pleinement dans les tâches et échanges. Cette box, accompagnée d’une plateforme SaaS et d’applications web, tablette et mobile simplifie le partage de documents en direct, propose une messagerie instantanée mais aussi la création de sondages et de quizz. Avec ces outils, les participants, même à distance, sont totalement engagés dans le processus collectif d’échange et de prise de décision. Exclusivement consacrée aux réunions, la solution Klaxoon est un complément parfait aux outils collaboratifs leaders sur le marché (Facebook Workplace, Slack, G Suite, Salesforce…), plutôt centrés sur les tâches du quotidien ou la gestion de projet.

Commercialisée à partir de 2015, la plateforme Klaxoon a d’abord séduit plusieurs groupes du CAC40, parmi lesquels L’Oréal ou Nestlé, avant de s’ouvrir progressivement aux TPE et PME. Aujourd’hui, la startup revendique 1500 entreprises clientes, soit 100 000 utilisateurs, dont près du tiers à l’étranger. Cette dimension internationale, le fondateur Matthieu Beucher entend bien la développer encore, à la faveur de cette levée de fonds opérée auprès d,Idinvest, bpifrance, Sofiouest et des américains White Star Capital. Pour cela, la société va renforcer son bureau new-yorkais (50 embauches prévues) et s’implanter en Allemagne et en Angleterre.

L’objectif sera également de maintenir l’avance technologique dont elle dispose : lors du dernier CES, Klaxoon avait d’ailleurs présenter un nouvel objet, « La Loupe », capable d’apporter une dimension interactive à n’importe quel ecran.

A l’occasion de la 2ème édition du salon AI Paris, les 11-12 juin, les AI Paris Awards consacreront 2 sociétés françaises à la pointe de l’intelligence artificielle. Le jury révèle aujourd’hui les 4 entreprises finalistes : PriceMoov, Projet Interstellar, Pertimm et TIMi. Une « battle » de pitch consacrera un vainqueur dans 2 catégories, Usage et Techno.

Alors que le marché de l’Intelligence Artificielle devrait connaitre une croissance de +89% en France, selon une étude SpokingPolls, et suite aux annonces du gouvernement, l’écosystème français commence à s’activer : création de fonds dédiés, incubateurs, salons…. Ainsi, après une première édition 2017 réussie, le salon AI Paris rassemblera à nouveau tout le gratin des acteurs de l’IA en France, les 11-12 juin prochains. Quelques 70 exposants et plus de 60 speakers viendront échanger et dresser un panorama complet du marché français. Le salon sera également l’occasion de délivrer les AI Paris Awards. Ces prix récompenseront 2 entreprises françaises à travers 2 catégories (un prix Usages et un prix Technologies) : elles succéderont à Allo Media et DC Brain, les lauréats 2017.

Proposé par CORP AGENCY (également organisateur du salon), Sopra Steria et le Journal du Net, le concours a reçu une quarantaine de candidatures. Un jury composé d’Albert Bifet (Professeur, responsable de l’équipe Data, Intelligence and Graphs, Télécom ParisTech), Frédéric Rivart (CTO, ALLIANCE BIG DATA), Antoine Crochet-Damais (Rédacteur en Chef Adjoint, Journal du Net) et François-Marie Lesaffre (AI & Smart Machines Technical Champion, SOPRA STERIA) a sélectionné 4 finalistes sur la base de critères précis : innovation, avantage consommateur, maturité du projet, performances économique et opérationnelle. Voici les 4 sociétés sélectionnées :

Prix Usages

  • PriceMoov. La startup édite une plateforme de Dynamic Pricing permettant aux commerçants d’optimiser les prix, de les proposer aux moments les plus opportuns mais également de gérer les stocks. PriceMoov s’appuie sur l’historique de données issues des transactions clients et sur des données externes (météo, concurrence, événements…) pour construire une typologie de client. Un algorithme de prédiction doté d’une solution de Machine Learning permet in fine l’optimisation des prix.
  • Projet Interstellar. Toujours en phase projet, il s’agit d’une solution d’optimisation des réseaux de transports publics basée sur le Big Data et l’IA, selon AI Paris.

Prix Techno

  • Pertimm. Fondée il y a une vingtaine d’années par un expert en traitement du langage, Dr Patrick Constant, Pertimm est une société apportant des solutions de recherche sémantique pour les moteurs de recherche et les assistants virtuels. Pertimm a été sélectionné pour sa plateforme Viky.ai, un logiciel SaaS de création de chatbots et assistants vocaux. Capable de gérer parfaitement de nombreuses langues, ces assistants virtuels s’appuient sur l’analyse de milliers de conversations gérées par leurs prédécesseurs.
  • TIMi est un logiciel couvrant tous les projets analytiques d’une entreprise, de la collecte de data à la construction de modèle prédictif, en passant par la construction de KPI et et dashboards. TIMi intègre pleinement le machine Learning, l’Intelligence Artificielle et le Big Data à ses outils.

Ces 4 startups auront 2 minutes pour défendre leur solution devant les spectateurs du salon qui voteront en live.

Les 23 et 24 mai 2018, le Président Emmanuel Macron a tenu plusieurs discours sur les startups, leurs financements et les grands groupes. Que faut-il en retenir ?

Lors de son allocution à la troisième édition de Vivatech, le Président de la République française, Emmanuel Macron, a reconnu que, dans l’Hexagone, « nous sommes trop lents et trop hésitants », notamment pour le financement des startups et l’accueil des grands noms du numérique (une soixantaine d’entre eux étaient invités la veille au Palais de l’Elysée). Dans son discours à Vivatech, il s’est félicité que certaines startups, comme Scality, lèvent des niveaux de fonds comparable aux startups américaines ou encore que des jeunes entreprises innovantes, comme Teads  soient rachetées pour plusieurs centaines de millions de dollars (Teads par Altice). Selon lui, cela serait dû à la vigueur de l’écosystème français du financement (dont celui des « venture capitalists » , les fameux « VC », à l’instar de BPI France). Pourtant, on ne voit pas encore véritablement de « licornes françaises », en dépit des 7,5 milliards d’euros investis dans le venture capital au cours des quatre dernières années.

Plus « grands groupes » que startups ?

Emmanuel Macron a beau s’en défendre : ses discours font la part plus belle aux grands du numérique (étasuniens pour la quasi-totalité d’entre eux) qu’aux startups françaises. Dans ce contexte, sa volonté de refuser à la fois le modèle des Etats-Unis (« trop dérégulé ») et le modèle chinois (« trop régulé et centralisé ») semble être un vœu pieu.

L’initiative « Techforgoods » apparaît de fait davantage une opération de séduction dédiée aux grandes marques de l’industrie IT qu’un montage permettant à des startups françaises (ou européennes) de passer le cap du milliard de dollars de valorisation (définition d’une « licorne »). La France va    donc se concentrer sur des financements plus modestes (« avec des tickets de 30 à 50 K€ » a précisé Emmanuel Macron), sensés permettre aux startups françaises de réaliser leurs premiers pas.

Vers une fronde française « anti tech » ?

Dernier point, la contestation « anti nouvelles technologies » qui prend corps en France ne doit pas être sous-estimée. Comme à son habitude, Emmanuel Macron s’est exprimé dans un anglais impeccable pour donner rendez-vous aux géants de l’IT au mois de novembre 2018 (le centenaire de l’Armistice de 1918) et à l’annonce d’une « nouvelle politique de l’innovation » (dont les détails n’ont pas été précisés). L’étiquette « ami des startups » – qui colle au personnage Emmanuel Macron – devient gênante et conduit le Président de la République à tenir des propos contradictoires. D’un côté, il affirme qu’il ne faut pas « avoir peur des changements » (la transformation numérique) ; de l’autre, il clame que les principaux acteurs de ce changement « ne sont pas exemplaires ». Si cette ambiguïté n’est pas rapidement levée, elle pourrait inquiéter les investisseurs et les startups françaises porteuses de projets « disruptifs ».

Pascal Boiron, Digital CMO

Leader français de l’accès en salle de sport sans engagement, Gymlib vient de boucler une levée de fonds de 10 millions d’euros. Dans un secteur fitness en très bonne forme, l’objectif de cette opération est d’appuyer le lancement d’une offre dédiée aux entreprises.

Porté par l’expansion du modèle low-cost (145 clubs ouverts en 2016), le marché des salles fitness est en pleine croissance en France : une étude Deloitte révèle ainsi qu’il a progressé de 5% entre 2015 et 2016, pour atteindre les 2,46 milliards d’euros. Au total, on compte plus de 4000 clubs dans tout l’Hexagone et quelques 5,5 millions d’abonnés pratiquants. Au niveau européen, le marché atteint les 26,3 milliards d’euros !

Le marché de fitness en salle en pleine croissance

Pourtant, malgré la popularité du low cost, le coût d’un abonnement mensuel reste assez élevé (41€ en moyenne), notamment pour les sportifs occasionnels. C’est face à ce constat que Gymlib a lancé en 2013 son offre d’accès aux clubs de sport sans engagement : à travers une plateforme, le sportif peut ainsi réserver une séance unique dans la salle de son choix, s’abonner sur un seul mois, etc. En mettant en place de nombreux partenariats, notamment avec les leaders du marché (Neoness, CMG…), la SportTech a converti plus de 100 000 clients en 4 ans. L’an dernier, Gymlib a pris une autre dimension en lançant son offre entreprise : sur le format du ticket-resto, les entreprises peuvent offrir des abonnements à des clubs de sport à leurs salariés.

Aujourd’hui, la startup boucle l’une des opérations les plus importantes de la SportTech en France, auprès des fonds Sodexo, Alyan Group, Breega Capital et Fa Dièse. Cette levée de fonds doit permettre d’accélérer la commercialisation de l’offre entreprise, notamment à travers le recrutement de 30 nouveaux collaborateurs. L’objectif affiché est d’atteindre les 1000 entreprises clientes, soit 450 000 utilisateurs au total.

La start-up Alan, proposant des services en ligne d’assurance santé pour les entreprises et indépendants, continue sa croissance exceptionnelle. En moins de 2 ans, l’Assurtech a déjà bouclé 2 levées de fonds et converti 850 entreprises clientes. Elle vise désormais les 100 000 personnes assurées à horizon 2020/2021.

Le marché de la santé représente en France 35 milliards d’euros annuels, selon Les Echos. Un marché auquel les start-ups françaises commencent à s’intéresser, dans le sillage d’une dynamique exceptionnelle venant des Etats-Unis : outre-Atlantique, plusieurs acteurs se sont faits un nom  comme Oscar Health (valorisé 3 milliards de dollars) ou Root Insurance (51 millions de dollars levés cette année). En France le mouvement est en train de s’accélérer comme en témoignent les levées de fonds récentes de +Simple.fr et Alan.

Des services d’assurance 100% dématérialisés pour un même niveau d’assurance

Dès son lancement en 2016 par Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin, Alan avait réussi un gros tour de force en obtenant le premier agrément ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) Banque de France pour un groupe indépendant depuis 30 ans. En octobre de la même année, la startup levait 12 millions d’euros. Cela lui a permis de développer son offre de base : une assurance santé, 100% dématérialisée, venant simplifier les démarches d’inscription, d’échange de documents tout en gardant le niveau de couverture des assurances « traditionnelles ».

En plus d’une souscription simplifiée, la principale innovation d’Alan vient de ses interfaces utilisateur (application mobile et web) : elles permettent aux clients de transférer leurs documents par photo, d’échanger directement avec les conseillers Alan et de suivre le détail des remboursements. La startup propose également une carte tiers payant au format carte bancaire ou numérique. Pour les entreprises, la démarche de simplification est la même : inscription rapide, invitation des salariés, etc. Avec cette offre et grâce à des partenariats avec Payfit, Station F, HEC, kima Ventures ou Cap Digital, Alan a séduit de nombreuses TPE, PME et surtout startups : elle revendique actuellement 7 000 personnes assurées à travers 850 entreprises. Mais cette première levée de fonds a également permis de déployer deux nouveaux services : l’Assurtech Alan a lancé une offre prévoyance et s’est plus récemment ouverte aux freelancers et indépendants.

Ce mois-ci, Alan vient de clôturer une nouvelle levée de fonds record : 23 millions d’euros levés auprès des fonds Index Ventures, Xavier Niel, la CNP, Partech et Portag3 Ventures. Avec ces fonds, la société devrait considérablement consolider son équipe (pour atteindre les 80 collaborateurs) et développer de nouveaux services. Son ambition est d’atteindre les 20 000 assurés d’ici la fin de l’année et les 100 000 à 2021.