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Leader français de l’accès en salle de sport sans engagement, Gymlib vient de boucler une levée de fonds de 10 millions d’euros. Dans un secteur fitness en très bonne forme, l’objectif de cette opération est d’appuyer le lancement d’une offre dédiée aux entreprises.

Porté par l’expansion du modèle low-cost (145 clubs ouverts en 2016), le marché des salles fitness est en pleine croissance en France : une étude Deloitte révèle ainsi qu’il a progressé de 5% entre 2015 et 2016, pour atteindre les 2,46 milliards d’euros. Au total, on compte plus de 4000 clubs dans tout l’Hexagone et quelques 5,5 millions d’abonnés pratiquants. Au niveau européen, le marché atteint les 26,3 milliards d’euros !

Le marché de fitness en salle en pleine croissance

Pourtant, malgré la popularité du low cost, le coût d’un abonnement mensuel reste assez élevé (41€ en moyenne), notamment pour les sportifs occasionnels. C’est face à ce constat que Gymlib a lancé en 2013 son offre d’accès aux clubs de sport sans engagement : à travers une plateforme, le sportif peut ainsi réserver une séance unique dans la salle de son choix, s’abonner sur un seul mois, etc. En mettant en place de nombreux partenariats, notamment avec les leaders du marché (Neoness, CMG…), la SportTech a converti plus de 100 000 clients en 4 ans. L’an dernier, Gymlib a pris une autre dimension en lançant son offre entreprise : sur le format du ticket-resto, les entreprises peuvent offrir des abonnements à des clubs de sport à leurs salariés.

Aujourd’hui, la startup boucle l’une des opérations les plus importantes de la SportTech en France, auprès des fonds Sodexo, Alyan Group, Breega Capital et Fa Dièse. Cette levée de fonds doit permettre d’accélérer la commercialisation de l’offre entreprise, notamment à travers le recrutement de 30 nouveaux collaborateurs. L’objectif affiché est d’atteindre les 1000 entreprises clientes, soit 450 000 utilisateurs au total.

La start-up Alan, proposant des services en ligne d’assurance santé pour les entreprises et indépendants, continue sa croissance exceptionnelle. En moins de 2 ans, l’Assurtech a déjà bouclé 2 levées de fonds et converti 850 entreprises clientes. Elle vise désormais les 100 000 personnes assurées à horizon 2020/2021.

Le marché de la santé représente en France 35 milliards d’euros annuels, selon Les Echos. Un marché auquel les start-ups françaises commencent à s’intéresser, dans le sillage d’une dynamique exceptionnelle venant des Etats-Unis : outre-Atlantique, plusieurs acteurs se sont faits un nom  comme Oscar Health (valorisé 3 milliards de dollars) ou Root Insurance (51 millions de dollars levés cette année). En France le mouvement est en train de s’accélérer comme en témoignent les levées de fonds récentes de +Simple.fr et Alan.

Des services d’assurance 100% dématérialisés pour un même niveau d’assurance

Dès son lancement en 2016 par Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin, Alan avait réussi un gros tour de force en obtenant le premier agrément ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) Banque de France pour un groupe indépendant depuis 30 ans. En octobre de la même année, la startup levait 12 millions d’euros. Cela lui a permis de développer son offre de base : une assurance santé, 100% dématérialisée, venant simplifier les démarches d’inscription, d’échange de documents tout en gardant le niveau de couverture des assurances « traditionnelles ».

En plus d’une souscription simplifiée, la principale innovation d’Alan vient de ses interfaces utilisateur (application mobile et web) : elles permettent aux clients de transférer leurs documents par photo, d’échanger directement avec les conseillers Alan et de suivre le détail des remboursements. La startup propose également une carte tiers payant au format carte bancaire ou numérique. Pour les entreprises, la démarche de simplification est la même : inscription rapide, invitation des salariés, etc. Avec cette offre et grâce à des partenariats avec Payfit, Station F, HEC, kima Ventures ou Cap Digital, Alan a séduit de nombreuses TPE, PME et surtout startups : elle revendique actuellement 7 000 personnes assurées à travers 850 entreprises. Mais cette première levée de fonds a également permis de déployer deux nouveaux services : l’Assurtech Alan a lancé une offre prévoyance et s’est plus récemment ouverte aux freelancers et indépendants.

Ce mois-ci, Alan vient de clôturer une nouvelle levée de fonds record : 23 millions d’euros levés auprès des fonds Index Ventures, Xavier Niel, la CNP, Partech et Portag3 Ventures. Avec ces fonds, la société devrait considérablement consolider son équipe (pour atteindre les 80 collaborateurs) et développer de nouveaux services. Son ambition est d’atteindre les 20 000 assurés d’ici la fin de l’année et les 100 000 à 2021.

C’est la 3ème levée de fonds de cette startup qui associe intelligence artificielle et reconnaissance faciale. Depuis juillet 2017, elle a levé plus d’un milliard de dollars. Voici pourquoi.

La première raison est liée au potentiel de développement du marché associant intelligence artificielle et reconnaissance faciale. La principale utilisation de cette technologie est sans surprise liée aux applications sécuritaires de vidéosurveillance (villes, lieux de passage de type aéroports ou gares, grandes surfaces…). En l’occurrence, SenseTime travaille notamment aux côtés de l’Etat chinois et avec plus de 400 collectivités du pays, alors que l’entreprise n’a été créée qu’en 2014. Il y a plus de 170 millions de caméras de vidéosurveillance en Chine actuellement, ce qui ouvre d’importantes perspectives de croissance à SenseTime.

La reconnaissance faciale consomme beaucoup de données

Cette dernière levée de fonds de 600 M$ permet à SenseTime d’avoir levé plus d’un milliard de dollars depuis l’été 2017, ce qui peut faire rêver nombre de startups en Europe.

A priori, on peut être étonné de voir que le principal investisseur est Alibaba, le géant du e-commerce. En l’occurrence, Alibaba récidive : il a déjà participé à la précédente levée de fonds “record”, de 460 M$, menée à bien par Megvii, principal concurrent de… SenseTime ! Voici donc la deuxième raison. Pourquoi Alibaba investit-il autant sur le marché de la reconnaissance faciale ? A l’instar d’Amazon, Alibaba n’est pas seulement un géant du e-commerce, c’est également l’un des grands acteurs du cloud. Or, la reconnaissance faciale consomme beaucoup de données. Le calcul d’Alibaba est simple : plus ces sociétés se développent, plus il vendra de services cloud, sachant qu’elles achèteront naturellement les services chez leur grand actionnaire.  

Paiement “à la tête du client”

L’expression “faire payer à la tête du client” n’a jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui. Depuis l’été 2017, Alibaba teste dans le KFC de la ville où l’entreprise chinoise est née (Hangzhou) la fonctionnalité “Smile to Pay”, qui permet aux clients de payer leurs consommations en faisant un selfie. Le service est basé sur la technologie Face++ de Megvii, mais Alibaba va également chercher à aller plus loin avec SenseTime, qui est désormais l’entreprise de l’intelligence artificielle la plus valorisée dans le monde : 3 milliards de dollars (2,44 milliards d’euros). Alibaba a été suivi sur cette voie par le distributeur chinois Suning, qui dispose de 1 600 points de vente dans plus de 700 villes chinoises, sans oublier son site de e-commerce (www.suning.com). Dans un premier temps, Suning va tester le paiement “par reconnaissance faciale” dans quelques magasins, équipés de caisses entièrement automatisées. Si le test est concluant, la technique sera étendue. Plus besoin d’argent liquide ou de carte de paiement : votre visage suffira. Par contre, côté protection des données personnelles, le bilan est beaucoup moins positif.

Et les erreurs ? SenseTime affirme que le taux est d’ores et déjà très faible (0,001%), soit une erreur sur 1 pour 100 000 opérations. Il faudra que SenseTime ajoute au moins deux zéros après la virgule pour que cela considéré comme un moyen de paiement “fiable” (Mastercard ou Amazon travaillent également sur le sujet). Pour ce faire, SenseTime avait besoin d’argent, notamment pour embaucher des “as du codage” : son effectif va passer de 1 500 à 2 000 personnes d’ici fin 2018 suite à sa levée de fonds du 9 avril 2018. Dernier point : cet afflux d’argent frais va également permettre à SenseTime de renforcer sa présence au niveau mondial. Très présent en Chine et moins dans le reste de l’Asie, SenseTime veut se développer en Asie et commence à s’intéresser à l’Europe, focalisée sur l’entrée en vigueur de la “GPDR” en mai 2018, à moins qu’il n’y ait autant que GDPR que de membres de l’Union Européenne…

Pascal Boiron, Digital CMO

Sans encore une solution technologique ni même d’agrément mais avec une équipe de choc et un projet bien ficelé, la fintech Margo Bank lève 6,4 millions d’euros. Toute la fine fleur des Business Angels français et le fond daphni rejoignent les fondateurs, anciens de Captain Train.

Préférant cibler les grands groupes ou les startups, les Fintech sont peu nombreuses à s’intéresser réellement aux TPE/PME, alors même que ces dernières représentent 99,8% des entreprises européennes (selon le rapport annuel de la Commission Européenne 2014-2015 relayé par Margot Bank). Face à ce constat, après avoir cédé Captain Train aux anglais de Trainline, Jean-Daniel Guyot et ses associés ont donc commencé à travailler sur le projet Margo Bank. Pour se placer en opposition aux autres acteurs, ils ont décidé de cibler ces entreprises au cœur de l’économie, celles réalisant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires, mais aussi de miser sur la relation humaine autant que sur la technologie : « Nous sommes convaincus que la valeur ajoutée de la banque réside avant tout dans la relation humaine, dans la qualité du service, ainsi que dans la simplicité et l’intégration des outils numériques. », déclare ainsi Jean Daniel Guyot.

L’offre de Margot Bank s’appuiera donc sur 2 piliers :
– la proposition de services numériques bancaires disponibles en cross plateform : dépôt, paiement, crédit, etc.
– et suivi personnalisé du client assuré par des chargés d’affaires locaux.

Vers une Fintech technologique et humaine

Pour cela, la start-up est en train de développer une plate-forme dont l’infrastructure se veut « souple et évolutive ». Surtout, elle intègre pleinement l’exploitation des données utilisateurs et les nouveaux enjeux de sécurité, en particulier ceux liés au secteur bancaire. À terme, la solution de Margo Bank pourrait également proposer des services de comptabilité et de gestion (factures, notes de frais, etc.). L’enjeu sera également le recrutement de nombreux chargés d’affaires pour assurer le suivi de qualité sur lequel la start-up mise tant.

C’est pourquoi les fondateurs ont réalisé ce mois-ci une levée de fonds de 6,4 millions d’euros levés auprès de daphni et de nombreux fleur Business Angels français (Xavier Niel, Marc Simoncini, Jacques-Antoine Granjon, Thibaud Elzière, Franck Le Ouay, Rachel Delacour, Thierry Petit et AlexLebruni). Avec un projet aussi bien défini, c’est un gros marché, une équipe qui n’a plus rien à prouver est un borde exceptionnel, Margot parle pourrait devenir une des fines Tech est plus importante dans les prochaines années.

A l’occasion de son Forum 2018, le CMIT (Club des Directeurs Marketing et Communication de l’IT) a décerné les Trophées des startups « martech » (marketing technologies). Cette année, le grand vainqueur a été PlayBots. Présentation.

Créée en 2016 et spécialisée dans le BtoB, PlayBots a développé un assistant virtuel qui qualifie les leads et permet notamment de réserver un créneau pour une démonstration. « Nous sommes partis du constat que, en majorité, les showrooms ne proposent plus aux acheteurs potentiels d’être accueillis par un humain et mettent à leur disposition des formulaires s’ils sont intéressés par une démonstration, explique Jonathan Stock, cofondateur et CEO de PlayBots (en photo). Or, dans le secteur BtoB, 81% des acheteurs ne remplissent pas les formulaires en question ! ».

PlayBots a été le grand vainqueur de cette deuxième édition du Trophée de la start-up martech du CMIT. Composé de 8 spécialistes, le jury du CMIT a sélectionné 10 startups « coup de cœur », dont 3 ont été nominées pour recevoir le grand prix (le Trophée Platinum) : les participants du 9ème Forum du CMIT (près de 300) ont élu PlayBots. Les deux autres startups nominées étaient Ooshot (plateformes de prises de vue permettant de recourir systématiquement aux banques d’images) et Realytics (analyses des impacts des campagnes de publicité télévisées).

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Les lauréats du Trophée des startups martech 2018 du CMIT, des membres du jury et les partenaires.

Les lauréats du Trophée des startups martech 2018 du CMIT, des membres du jury et les partenaires.

Vers un marketing plus « humain » ?

Dédiée à la « data », cette 9ème édition du Forum CMIT a également été marquée par le retour en force des méthodes et des outils qui permettent au marketing de remettre les relations humaines au cœur des échanges avec les clients potentiels, quels qu’ils soient (ce qui explique notamment la victoire de PlayBots.

A ce sujet, l’intervention de Christophe Cousin, Directeur Général de Camp de Base et Chief Data Officer de Webedia, a été remarquée et appréciée, notamment lorsqu’il a « moqué » la montée en puissance d’un jargon hybride entre les jargons du marketing et de l’IT, largement fait d’acronymes, d’anglicismes et d’abréviations.

Pascal Boiron, Digital CMO  

Spécialiste du ciblage publicitaire en ligne pour les acteurs du retail, Armis vient de boucler un tour de table de 6 millions d’euros, faisant entrer notamment Elaia Partners. Par sa technologie, l’ambition de la startup française est d’aider les commerçants à résister à la conquête des géants du e-commerce.

Hasard du calendrier, cette semaine a été marquée par plusieurs annonces marquantes dans le secteur du marketing de proximité. D’un côté, Solocal a annoncé la fin de ses historiques Pages Jaunes d’ici 2019 : face à la concurrence du online, l’annuaire a vu son chiffre d’affaires baisser de 35% en 10 ans. Cette fermeture s’accompagne de la suppression de 1 000 emplois. D’un autre côté, plusieurs startups spécialisées dans la communication et le marketing pour les commerçants ont bouclé des tours de tables conséquents : parmi elles, Geolid (15 millions d’euros) mais aussi Armis, dont la solution semble être un successeur naturel aux Pages Jaunes.

Machine learning, géolocalisation et programmatique, piliers de la solution Armis

Fondée en 2016 par David Baranes et Dan Gomplewicz, Armis a développé une plateforme marketing permettant aux enseignes physiques et aux marques de communiquer sur internet de façon locale et ciblée. A l’instar des prospectus, Armis est capable d’adresser un message publicitaire lorsque les clients sont à proximité des magasins. Mais à la différence de son ancêtre papier, le contenu online est optimisé en fonction de la marque ou de l’enseigne et du profil du client ciblé, grâce à des algorithmes de machine learning. La solution s’appuie également sur des outils d’achat programmatique pour diffuser les contenus promotionnels en multi-devices sur Facebook, Google et sur les sites web.

À peine 18 mois après son lancement et 1 an après sa première levée de fonds (1 million d’euros), Armis fait entrer une nouvelle référence à son Capital : Elaia Partners rejoint Iris Capital et des Business Angels comme Brian O’Kelly et Michael Rubenstein (AppNexus). La startup entend déployer sa technologie en mode SaaS, améliorer son intégration aux solutions marketing déjà utilisées par les clients et optimiser encore davantage la performance du ciblage publicitaire. Surtout, après avoir séduit les géants de la grande distribution (Carrefour, Intermarché notamment), elle entend s’ouvrir à d’autres marchés, plus spécialisés comme les jouets ou le sport.

Startup spécialisée dans le traitement et l’analyse de données de paiement, Paylead vient de boucler un tour de table de 600 000€ auprès de SIDE Capital. Son objectif est désormais d’améliorer son socle technologique en Intelligence Artificielle.

Présente en France depuis déjà 40 ans, la Carte Bancaire continue de progresser. En 2017, pour la première fois, le paiement par carte bancaire dépassait les 50% des paiements totaux réalisés dans l’Hexagone : au total, cela représentait plus de 10,6 milliards de transactions (chiffres 2016  communiqués par Les Échos), en croissance de 7,4% par rapport à 2015. Au-delà même du nombre impressionnant d’utilisateurs, de commerces, de DAB concernés, ce mode de paiement produit un volume de données gigantesque : une véritable mine de data sur laquelle la startup Paylead s’appuie pour permettre à ses clients (banques et fintechs) de proposer des promotions basées sur le comportement du consommateur, directement via sa carte bancaire. En guise de POC, la jeune Fintech a ainsi proposé à tous les clients LCL, sur quelques semaines de l’année 2017, de bénéficier d’une remise automatique de 5% dans tous les magasins du centre commercial francilien Quatre Temps. Une opération gagnant-gagnant qui, d’un côté permets aux marchands de fidéliser et d’acquérir de nouveaux clients, sans réaliser la moindre avance budgétaire, de l’autre d’améliorer le pouvoir d’achat du porteur de carte.

Bigdata et Intelligence Artificielle, socle de la solution Paylead

Mais la véritable valeur de la solution Paylead vient de ses moteurs Bigdata et Intelligence Artificielle. En analysant et exploitant les données socio-démographiques, de transactions, de localisations, etc., ils offrent aux marchands et aux organismes financiers un ciblage unique pour pousser des offres promotionnelles personnalisées et contextualisées.
En bouclant ce tour de table auprès de SIDE Capital, Paylead devrait considérablement améliorer sa plateforme, ses algorithmes IA et poursuivre son développement commercial. La startup, qui compte actuellement une vingtaine d’employés (dont plus de la moitié est dédiée au développement et à la R&D), devrait également recruter de nouveaux talents. Son site corporate propose pour le moment un poste de Stratégic Project Manager.

Adikteev édite une plateforme de ciblage publicitaire sur mobile. La startup créée en 2012 boucle un tour de table de 12 millions de dollars auprès de Ring Capital, BNP Développement, ISAI et Ventech, avec pour objectif de s’implanter durablement aux Etats-Unis et de développer un nouveau modèle  innovant d’enchère.

Selon une étude récente de Statista, la publicité digitale sur mobile devrait générer 106 milliards de dollars d’investissements en 2022 et peser 80 % des investissements publicitaires aux Etats-Unis. En France la dynamique est tout aussi importante comme le soulignait récemment le Syndicat des Régies Internet dans son étude annuelle. Les investisseurs ont donc privilégié ce segment pour faire émerger des leaders de l’Adtech sur mobile et la levée de fonds de 12 millions d’euros de Adikteev s’inscrit dans cette tendance.

Build up et levées de fonds pour la start-up française

Adikteev est une plateforme « full stack » de marketing mobile. La startup fondée par Emilien Eychenne, Frédéric Leroy et Xavier Mariani a construit son offre  grâce à une stratégie d’acquisition. En rachetant Motion Lead en 2015, l’entreprise Adtech mettait la main sur un spécialiste de la conception de formats publicitaires interactifs pour mobile. Tandis que l’acquisition de Trademob l’an dernier lui donnait accès au 1er DSP mobile européen.

Aujourd’hui, Adikteev dispose donc d’une offre assez large pour des annonceurs et éditeurs d’applications mobiles leur permettant d’acquérir, qualifier  et surtout ré-engager les utilisateurs mobiles. Le DSP mobile propriétaire de la société permet d’atteindre et de cibler, selon la jeune entreprise,  une audience  1,9 milliard de mobinautes. Ensuite le modèle de la société reste très technique. Adikteev explique notamment que ses algorithmes d’intelligence artificielle et de big data basés sur plus de 200 variables comportementales  offrent un ciblage extrêmement performant sur mobile. Tout cela est valorisé auprès des annonceurs par des formats publicitaires engageants et optimisés mobile créés à partir du DCO (Dynamic Creative Optimization) de Motion Lead. Enfin, la plateforme d’Adikteev, en se connectant au outil de suivi de ses clients, permet de créer des segments d’utilisateurs en fonction de leurs interactions et du contexte pour optimiser le taux de conversion des applications mobiles.

La société revendique plus de 500 clients, dont des références comme Carrefour, Amazon, Samsung  et Havas ou Dentsu parmi les agences publicitaires. Implantée  sur le plan technique en Europe (Paris, Berlin) mais aussi  aux Etats-Unis, la société revendique avoir déployés près de 10 000 campagnes mobiles. Sur un marché trés concurrentiel de l’Adtech mobile  (Criteo, Appnexus…), Adikteev cherche à se renforcer sur les aspects technologiques mais aussi à se différencier. L’axe choisi est celui d’un modèle d’enchère publicitaire en fonction de la valeur de la durée de vie d’une application mobile. Un indicateur important pour des annonceurs qui ne veulent pas investir  sur des applications faiblement utilisées ou plus utilisées du tout.

La plateforme SaaS de gestion des dépenses pour les entreprises, Spendesk, a séduit le fond d’investissement Index Ventures qui apporte 8 millions d’euros. Après avoir récemment lancé sa propre carte de paiement connectée pour les salariés, la startup devrait intégrer de nouvelles fonctionnalités à sa solution et s’ouvrir à de nouveaux marchés sur le digital finance.

Les premières fintechs (essentiellement des banques en ligne) se sont longtemps concentrées sur le marché BtoC, surfant sur les changements d’usage des consommateurs. Entre 2006 et 2012, l’utilisation de la banque en ligne était multipliée par 3, selon une étude de Digital Conseil. Cette tendance dans la finance est en train de s’inverser et les startups visent désormais le BtoB : une étude de CB Insights révélait ainsi, qu’en 2016 déjà, la moitié des fintechs qui avaient reçu un financement avaient un modèle BtoB. La France suit naturellement cette tendance et  compte de plus en plus de jeunes sociétés à fort potentiel innovant sur les services financiers. Parmi elles, Spendesk.

La startup, cofondée notamment par Rodolphe Ardant au sein du studio eFounders, a développé une plateforme de gestion des dépenses destinée aux entreprises. Accompagnée des cartes de paiement connectées que l’entreprise met à disposition de ses salariés, elle simplifie les achats et abonnements des équipes opérationnelles et améliore le suivi par le département finance. Avec MasterCard, Spendesk a conçu une carte de paiement permettant aux collaborateurs de couvrir leurs dépenses sur le terrain ou en ligne (pour des paiements ponctuels ou sur abonnement). Paramétrable par l’entreprise (définition d’un plafond mensuel, limite de transaction, etc/), elle évite aux équipes d’avoir à avancer l’argent et à gérer les notes de frais. D’autant qu’une application mobile leur offre la possibilité de scanner les reçus et de suivre leurs paiements.

Les managers et le département finance peuvent suivre l’évolution des paiements en temps réel depuis un dashboard, gérer les abonnements  ou valider les demandes d’achat qui le nécessitent. Pour l’équipe finance en particulier, Spendesk procède à une catégorisation automatique des dépenses combinée à un suivi détaillé par personne, par équipe ou département. Surtout, elle évite la fastidieuse gestion des notes de frais version papier. Fabien Hénaut, DAF chez l’agence We Are Social, utilisatrice de Spendesk, estime ainsi que la plateforme lui fait économiser 2 jours par mois sur la gestion des dépenses.

Devenir l’outil référence des DAF

Après avoir d’abord séduit de nombreuses startups, Spendesk a très rapidement développé son portefeuille et revendique aujourd’hui plus de 600 entreprises clientes, essentiellement en Europe.  Cette levée de fonds en série A de 8 millions d’euros arrive après un premier tour de table de 2 millions d’euros réalisé en janvier 2017. Son objectif est de continuer à se développer en Europe et surtout d’améliorer sa plateforme : “À terme, notre ambition est de limiter les besoins des responsables financiers à 3 outils : leur compte bancaire, leur logiciel comptable et Spendesk”, conclut Rodolphe Ardant.

Alors que la diffusion vidéo de sport suscite les convoitises (médias, opérateurs, géants de la tech), la solution SaaS de Wildmoka aide les ayants-droit sportifs à partager du contenu engageant sur les réseaux sociaux. La startup vient de boucler une levée de fonds de 8 millions d’euros.

Ces dernières années, les médias se sont livrés une féroce bataille pour l’obtention des droits de diffusion du sport, en particulier du football. Si depuis toujours les réseaux de chaînes de télévision étaient les seuls sur le marché, ils ont vu apparaitre de sérieux concurrents, à l’image de Facebook ou Amazon : Les Echos révélaient ainsi les ambitions de Facebook quant à la diffusion de e-sport tandis qu’Amazon obtenait au printemps de l’année dernière les droits de la NFL pour du live-streaming.

La problématique est donc double pour les médias traditionnels : lutter face aux géants de la tech mais aussi parvenir à convertir davantage d’abonnés (le groupe Altice s’est récemment cassé les dents sur ce 2ème point). L’une des solutions pour aller chercher ces abonnés et les fidéliser est de les aborder par les réseaux sociaux.

C’est là qu’intervient Wildmoka. Fondée en 2013 à Sophia Antipolis par Christian Livadiotti et Thomas Menguy, la startup édite une application SaaS permettant aux ayants droits sportifs de diffuser du contenu adapté sur toutes les plateformes (acebook, Youtube, Twitter, application mobile, etc.). A partir de son flux live, le diffuseur peut depuis le logiciel Wildmoka séquencer une vidéo (fait de match, moment-clé d’une émission), assembler plusieurs extraits sous forme de clip et le diffuser en natif sur les réseaux sociaux. En fonction des supports sélectionnés, le format de la vidéo sera adapté (carré, horizontal, etc.). Pour ses clients, la startup a choisi de miser sur l’instantanéité et la rapidité de diffusion en réduisant au maximum l’intervention humaine.

De nouveaux marchés pour se distinguer de la concurrence

Sur son dernier exercice, Wildmoka annonçait avoir réalisé 1 million d’euros de chiffre d’affaires et comptait comme clients, NBC Sports, beIN Sports, Canal + ou France Télévisions. Après une première levée de fonds auprès de Apicap, la société boucle un nouveau tour de table, de 8 millions d’euros, auprès d’Alven Capital et de l’actionnaire historique. Le fond d’investissement spécialisé dans les solutions SaaS devrait aider la startup à booster sa R&D. Cette dernière réfléchit également à s’ouvrir à d’autres marchés verticaux comme l’événementiel ou le corporate pour se distinguer de la concurrence (Grabyo ou WSC sport).