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Google a présenté le 17 mai 2017 ses priorités pour les mois à venir, lors de sa conférence annuelle dédiée aux développeurs, à Moutain View en Californie. Le Google I/O permet surtout d’identifier les priorités de Google pour les mois à venir. Ces annonces, très axées sur l’intelligence artificielle, sont décryptées par un développeur, dans le cadre d’un entretien réalisé au lendemain de la présentation de la « feuille de route » de Google. Edouard Brèthes est le cofondateur de l’Apptelier, agence française née en 2013 et dédiée au développement d’applications « post-PC » (smartphones, tablettes et objets connectés). Il avait déjà analysé la conférence de Facebook pour les développeurs, la « F8 » (voir l’article).

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  • Google avait annoncé en 2016 que l’intelligence artificielle allait devenir sa première priorité, et les annonces qu’il vient de présenter semblent le confirmer. Google est-il bien devenu « IA first » ?

Edouard Brèthes :  Chez Google, l’intelligence artificielle, c’est du concret ! Les annonces faites le 17 mai s’inscrivent effectivement dans la logique impulsée en 2016. Pour ma part, je pense que Google a fait tant d’annonces ce 17 mai qu’il ne faut pas toutes les placer au même niveau. Certaines ne sont que des pré-annonces, d’autres n’ont pour fonction que de permettre à Google de « montrer ses muscles » et certaines, plus discrètes, me paraissent essentielles.

Je retiens en particulier le fait que Google conçoit désormais ses propres processeurs dédiés à l’IA, signe d’une volonté d’aller plus loin que leurs concurrents, à l’aide d’outils conçus sur-mesure !

  • Quel usage de l’IA par Google vous a marqué : Google Assistant ? Google Home ? Google Lens ? AutoDraw ?

 Edouard Brèthes : Je serais tenté de répondre : « aucun d’eux ! ». Les versions françaises de Google Assistant et de Google Home ne sont pas encore disponibles. Google Lens semble de prime abord n’être qu’une version plus évoluée du défunt Google Goggle et l’interêt commercial d’AutoDraw me parait limité. Non, je pense que l’usage le plus intéressant par Google de l’intelligence artificielle est dans « Google Photos », dont la popularité explose en partie grâce à ses outils de recherche ultra performants. Il s’agit là d’une application concrète de la technologie Google Lens et de leurs autres IA dédiées à l’image !

  • Google a également annoncé la sortie de plusieurs matériels, dont un nouveau casque de réalité virtuelle, alors que sa tentative avec les Google Glass a été un échec. Google s’entête-t-il dans une impasse ?

Edouard Brèthes : Les Google Glass ne sont qu’une itération avortée sur la réalité augmentée. Il serait dommage de ne pas continuer à innover dans ce domaine, alors que la concurrence imagine depuis plusieurs années des visions prometteuses. Je pense notamment à Microsoft et ses Hololens, ou la startup MagicLeap.

Les domaines de l’AR et de la VR sont en pleine effervescence depuis quelques années, mais cela reste encore des marchés de niches, où les investissements restent trop coûteux.

Nous sommes à un point comparable au marché du smartphones au début des années 2000 : la technologie murie, les usages s’imaginent, mais l’iPhone de la VR reste encore à inventer !

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO     

Michael Dell, le fondateur et patron de la marque de matériels informatique qui porte son nom, n’en est certes pas à sa première provocation. Mais cette fois, il n’y est pas allé de main morte. « Le cloud est deux fois plus cher que l’informatique sur site », a-t-il lancé lors du premier congré Dell EMC World, à Las Vegas.

Les commentaires sont très nombreux depuis que Michael Dell a fait cette sortie. En l’occurrence, beaucoup de commentateurs estiment qu’il ne fait là que prêcher pour sa paroisse, puisque la marque réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires en vendant des matériels qui s’utilisent « sur site », dont les PC.

Dans le détail, le discours de Michael Dell est toutefois moins provocateur qu’il n’y paraît, car il n’avait pas pour but de discréditer le cloud en tant que tel, mais d’insister sur le fait que le cloud devait prendre plusieurs formes (public, privé, mixte) et qu’il était important pour les entreprises de conserver une partie de leur système d’information à demeure.

Justement, le lendemain, le directeur Marketing de Dell, Jeremy Burton, a expliqué que le PC « est pile au centre de ce qui se passe dans le monde. Disons-le franchement : le PC reste au centre de notre activité et de notre stratégie. C’est ainsi que les choses se passent. » Ces propos on le mérite de la clarté et Dell en a profité pour mettre en avant (à nouveau, car les produits avaient été déjà présentés en janvier au CES de Las Vegas) : le Latitude 7285, un portable « 2-en-1 » à chargement sans fil, ainsi que le Canvas, un écran de 27 pouces doté d’un stylet et de petits objets nommés « totems » (on les pose sur l’écran pour réaliser certaines opérations).

Julien Corti, Digital CMO  

Alors que Oodrive vient d’annoncer une levée de fonds de 65 millions d’euros et une stratégie marketing et commerciale agressive, Dropbox, le concurrent américain  se renforce avec  la nomination de Franck Le Tendre en qualité de Directeur Général France et Europe de l’Ouest

Muscler la France et l’Europe

Dropbox vient d’annoncer l’arrivée de Franck Le Tendre  afin, précise la société, d’accélérer son développement en Europe de l’ouest. L’objectif : renforcer les ambitions de l’entreprise en matière d’investissement et de croissance sur le marché européen. De formation INSEEC et ESCP, Franck Le Tendre (45 ans) bénéficie d’une forte expérience dans la tech . Il également travaillé 4 ans chez Unica (racheté par IBM), 6 ans chez SAP avant de rejoindre Pursway où il a occupé des fonctions de direction générale et de direction des ventes. Il rejoint l’équipe européenne placée sous la responsabilité de Philip Lacor, vice-président EMEA.

Dropbox : une approche forte sur la dématérialisation

La start-up américaine qui précise qu’elle vient de  franchir le cap du milliard de dollars de chiffre d’affaires récurrent et qui revendique 500 millions d’utilisateurs à travers le monde a procédé ces dernières semaines à plusieurs annonces. Notamment sur les axes de la collaboration, de la numérisation et de la mobilité. Début avril la société a annoncé une nouvelle interface mettant plus en avant les possibilités de collaboration que l’aspect stockage qui a fait son succès de départ. Une évolution confirmée par les annonces dans le domaine de la mobilité et surtout dans celui de la dématérialisation. Sur ce dernier axe, Dropbox a notamment une carte à jouer précisent différents analystes. Pour Stéphane Ochs, Consultant Expert ECM, Dirigeant de SISADEMAT : « la dématérialisation collaborative  dans le cadre de la transformation, digitale des entreprises est un processus de plus en plus décentralisé ». « Cela favorise la collaboration et la productivité mais cela demande une approche spécifique notamment en matière de sécurité et d’intégration aux solutions existantes de Gestion de Contenu d’Entreprise   » ajoute-t-il.

 

 

 

Transformation digitale toujours difficile pour IBM. Le chiffre d’affaires trimestriel  enregistre une nouvelle baisse en dépit d’une amélioration de ses performances dans les domaines porteurs actuels de l’informatique : l’analytique, le cloud et  l’Intelligence Artificielle.

+ 35 % sur le Cloud

Pour le 20ème trimestre consécutif IBM enregistre une nouvelle baisse de son chiffre d’affaires. La baisse atteint 2,8% au premier trimestre du nouvel exercice fiscal  contre 1,3% au cours du trimestre précédent. IBM annonce un chiffre d’affaires de  18,16 milliards de dollars sur cette période. Les profits baissent aussi à 1,75 milliard de dollars sur ce trimestre. Sur le plan géographique, le chiffre d’affaires baisse de 1% sur le continent américain  (8,7 milliards de dollars), de 4% en Europe  (5,4 milliards de dollars) et de 3% en Asie/Pacifique (4,0 milliards de dollars).

La transformation digitale d’IBM reste donc difficile. La transition vers les services cloud, la sécurité, l’analytique, la mobilité et l’intelligence artificielle est plus lente que prévue. Même si la  croissance de ces activités est bien à 2 chiffres (13%) et génère  7,8 milliards de dollars de chiffre d’affairesmais soit plus de 42% du chiffre d’affaires trimestriel. Mais cette progression ne permet pas de compenser le recul des ventes sur ses marchés historiques notamment la vente de matériels informatiques. La baisse en valeur est de 16  % et seule l’activité stockage progresse de 7 %. En revanche IBM est en train de devenir un acteur significatif dans le cloud qui  enregistre une croissance de 35% pour un total de 14,5 milliards de dollars de revenus. IBM précise même dans son communiqué de presse que les 10 plus grandes banques mondiales, les  9 principaux acteurs de la distribution dans le monde  sur 10  et 8 des 10 principales compagnies aériennes sont à présent des clients du Cloud-as-a-service d’IBM.

 

La capacité à offrir la bonne combinaison de services cloud et d’intelligence artificielle sera dans les mois qui viennent le bon modèle pour accélérer la transformation digitale des entreprises, notamment dans le domaine des services clients. IBM avec Watson se positionne de plus en plus sur cet axe tout comme Salesforce qui vient d’annoncer un accord en ce sens avec Amazon Web Service.

Le cloud et l’IA font converger tous les canaux des services  clients

Salesforce vient d’annoncer un vaste partenariat  avec Amazon Web Services (AWS) pour l’intégration entre ses Service Cloud Einstein et Amazon Connect. Les deux éditeurs étendent ainsi leur partenariat stratégique pour offrir  à leurs clients de nouvelles solutions pour collecter des données, les analyser et développer de nouveaux services décisionnels. Salesforce propose déjà à ses clients l’hébergement sur AWS  pour ses solutions et Amazon utilise les solution de l’éditeur américain pour sa relation client.

Service Cloud Einstein est présenté par Salesforce comme un service d’interactions intelligentes sur tous les canaux de la relation client, y compris le digital. Grâce à l’intégration à Amazon Connect, Salesforce précise que ses clients auront la possibilité de mettre en place et de gérer un centre de contact en quelques minutes. « Celui-ci sera intégralement connecté aux historiques des dossiers et aux données de CRM issues de leurs activités de vente, commerciales ou marketing » précise Salesforce.

Les agents de service client accéderont ainsi à toutes les informations nécessaires pour proposer un service client à valeur ajoutée et permettant une assistance intelligente et personnalisée grâce à l’intelligence artificielle. Un aspect largement souligné par les responsables de Salesforce.« Nous sommes ravis d’étendre notre partenariat stratégique avec AWS en intégrant la plateforme la plus intelligente au monde avec Amazon Connect», déclare Ryan Aytay, vice-président exécutif des partenariats stratégiques chez Salesforce. « Le service client s’affirme de plus en plus comme le principal élément de différenciation pour les entreprises. Avec Service Cloud Einstein et Amazon Connect, elles peuvent désormais créer rapidement un centre d’appel plus connecté et grâce à l’intelligence artificielle, plus pertinent en s’appuyant sur leurs données de CRM. » ajoute-il.

 

 

Pour le Syntec Numérique, la chambre patronale des ESN et éditeurs de logiciels, l’année présidentielle, traditionnellement synonyme de reports d’investissements, n’aura cette fois pas d’effet sur le rythme de croissance du secteur. L’organisation professionnelle prévoit, pour 2017, une progression de 3 % du chiffre d’affaires du secteur en France, qui pesait 52,1 milliards d’euros en 2016. Soit sensiblement la même croissance que celle enregistrée l’année dernière : 2,9 % selon Syntec Numérique toujours.

Des disparités importantes

Ce chiffre global masque en réalité des disparités importantes. Car 90 % de la progression du marché proviendra des SMACS, un acronyme qui regroupe la sécurité, la mobilité, les analytics, le Cloud et le social. Ce segment devrait peser 20,1 % du secteur dans son ensemble en 2017, à près de 9 milliards d’euros. Cela représente une croissance de plus de 15 % sur un an, soit 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires. Là où les autres 80 % du marché seront quasiment à l’arrêt, avec seulement 135 millions d’euros de croissance nette. Parmi les SMACS, c’est le Cloud qui fait figure de locomotive. A lui seul, il pèsera 3,5 milliards d’euros en 2017, en progression de 24 % sur un an. Les applications analytiques (Big Data) suivront (2,2 milliards, + 10 %), devançant de peu la cybersécurité (2,1 milliards, + 9 %).

On retrouve cette dichotomie sur le seul marché du logiciel, où c’est le mode Saas (Software as-a-service) qui monopolisera la quasi-totalité de la croissance de ce segment de marché (+ 4,2 %). La distribution du logiciel via le Cloud doit progresser de 24 % en 2017, pour atteindre 18 % du total. Soit 3 points supplémentaires par rapport à 2016. De son côté, le logiciel installé sur site (ou on-premise) devra se contenter, selon Syntec Numérique, d’une croissance maigrelette de 0,7 %.

© TongRo Images/Corbis

Alors que les outils collaboratifs de nouvelles générations,  comme Slack,  sont de plus en plus populaires du coté des utilisateurs, les DSI mais aussi les responsables métiers prennent de plus en plus conscience de la nécessité d’offrir des services collaboratifs sur les toutes les plateformes et notamment mobiles. Mitel et son partenaire Foliateam ont choisi 10 chiffres pour illustrer cette tendance .

 

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40 % des entreprises françaises comptent investir dans les collaborations et communautés sociales pour répondre à leur stratégie client digitale en 2017.

Selon le document communiqué par Mitel et Foliateam « Les outils collaboratifs et la mobilité jouent un rôle crucial auprès du collaborateur d’aujourd’hui, qui doit être capable d’avoir accès à tout type d’information en temps réel et en tout lieu. La multiplication des supports (smartphones, tablettes, ordinateurs portables…) et la possibilité de travailler en dehors des espaces traditionnels lui facilitent ses missions quotidiennes. Un constat qui correspond à la situation de nombreuses entreprises. Selon différentes sources d’études : 81 % des collaborateurs souhaitent plus de flexibilité dans leurs horaires et lieux de travail. Dans le cadre de ce document Mitel  insiste même sur le fait que 40 % des entreprises françaises comptent investir dans les collaborations et communautés sociales pour répondre à leur stratégie client digitale en 2017. « Accès, synchronisation et collaboration sont les nouveaux défis de la mobilité en entreprise notamment pour favoriser la transformation digitale »  ajoute Jean-Denis Garo, Directeur Marketing Europe du Sud de Mitel. Une approche que l’on sait de plus en plus présente dans de nombreux secteurs (transport, maintenance, support client, compagnies aériennes, distribution) qui cherchent une relation client au plus près des recherches et demandes des utilisateurs sur les réseaux sociaux.

 

Il suffit de parcourir les allées des 14 halls d’exposition du Cebit, le grand salon technologique de Hanovre, qui se déroule du 20 au 24 mars à Hanovre (Allemagne), pour constater que l’exposition reste un point focal pour la technologie en Europe. Pas moins de 200 000 personnes (selon les organisateurs) se pressent au cours de la semaine dans le gigantesque parc des expositions de la capitale de la Basse-Saxe. C’est environ deux fois plus qu’au Mobile World Congress.

Il n’en reste pas moins que c’est désormais la manifestation de Barcelone (du 27 février au 2 mars dernier) qui fait figure de principal événement européen en raison de son aura internationale. Le Cebit, lui, semblant s’être replié sur la zone dite DACH (Deutschland, Österreich und die Schweiz, soit Allemagne, Autriche et Suisse), qui demeure une zone économique de tout premier plan en Europe. Pas étonnant de voir quelque 3 000 entreprises ou organisations y réserver un stand, avec des ténors occupant des espaces de plusieurs centaines de mètres carrés, comme Huawei et IBM (qui se partagent la quasi-totalité d’un hall) ou comme Salesforce, qui a, pour la seconde année consécutive, mobilisé un hall entier. Sans oublier les fleurons locaux que sont SAP, Software AG ou encore T-Systems.

Le Cebit peine à se transformer à l’heure du digital

La manifestation brille aussi par son éclectisme : des composants pour datacenters proposés par des entreprises chinoises totalement inconnues aux drones grand public, de la start-up à la multinationale, du DSI à la famille venue approcher les dernières tendances technologiques, on trouve de tout au Cebit. La manifestation se veut avant tout une foire, renouant avec la tradition de Hanovre en la matière. Cette année, la vedette semble appartenir à la réalité virtuelle (avec de multiples applications présentées) et aux véhicules autonomes.

Du côté des personnalités, on retiendra l’inauguration portée par Angela Merkel, la Chancelière allemande, et par Shinzo Abe, le Premier ministre japonais qui a plaidé pour la conclusion rapide d’un accord de libre échange entre son pays et l’UE. Pays partenaire de ce Cebit 2017 – un signe supplémentaire d’une forme de rapprochement entre le Japon et l’Europe sur les questions technologiques -, la 3ème économie mondiale (devant l’Allemagne donc) déplace quelque 120 entreprises sur le salon, dans des domaines comme la robotique, la biométrie ou la mobilité.

Marqué par son échec dans les terminaux mobiles, revers qui a permis aux architectures ARM de se développer… et de venir le titiller aujourd’hui sur les serveurs, Intel investit lourdement sur le marché en devenir de l’automobile connectée et, demain, du véhicule autonome. Le géant du silicium débourse pas moins de 15,3 Md$ pour s’offrir la firme israélienne Mobileye, soit une prime de 34 % par rapport à la valeur boursière de cette société cotée à New-York.

Mobileye fabrique des caméras embarquées utilisées dans des fonctions de conduite assistée (comme les radars de recul) et entend bien être au coeur de la révolution annoncée des véhicules autonomes. Dans une note à ses employés, le patron d’Intel, Brian Krzanich, présente ce rapprochement comme le mariage « des yeux intelligents de la voiture autonome et du cerveau qui pilote ce véhicule ». Les deux entreprises travaillent déjà ensemble sur un partenariat avec BMW visant à déployer une première flotte de 40 voitures autonomes.

Et aussi 15 % du capital de Here avec BMW, Daimler et Audi 

Le montant dépensé par Intel pour se renforcer sur ce secteur en devenir a été jugé élevé par les investisseurs, qui ont sanctionné le titre (- 2 % environ dès les premiers échanges). Pour le géant du silicium, l’acquisition d’une société israélienne lui permet toutefois d’utiliser sa réserve de cash stockée dans ses filiales hors des Etats-Unis (13,6 Md$). La rapatrier dans l’Amérique de Trump lui coûterait 35 % de taxes.

En janvier dernier, Intel avait déjà pris 15 % du capital du spécialiste de la cartographie Here, aux côtés des constructeurs automobiles BMW, Daimler et Audi. Objectif de cet investissement : développer les technologies de navigation pour les voitures autonomes… déjà.

Crédit photo : portalgda via Visual hunt / CC BY-NC-SA

Patatras. Après quelque trois années d’efforts visant à restaurer la confiance des consommateurs et des entreprises, entamées par les révélations d’Edward Snowden sur les pratiques d’espionnage de la NSA, l’industrie Tech  américaine doit faire face à un nouveau scandale. Les révélations de Wikileaks sur les méthodes d’espionnage de la CIA, qui dévoilent un arsenal tout aussi redoutable que celui de la NSA – même si davantage tourné vers la pénétration de systèmes -, devraient une nouvelle fois embarrasser durablement les grands industriels américains. Qui n’ont d’ailleurs pas tardé à réagir à l’instar d’Apple, qui s’est empressé de préciser que les dernières versions de son OS mobile n’étaient pas concernées par les failles dévoilées par Wikileaks.

L’affaire promet toutefois de durer, le site de Julian Assange ayant expliqué n’avoir divulgué, le 7 mars, que 1% des informations en sa possession. Cette nouvelle fuite du renseignement américain pourrait aussi relancer les soupçons de collusion entre les grands industriels de la Tech  et les agences de l’Oncle Sam.

Les milliards envolés de l’industrie Tech US

Rappelons que les révélations Snowden ont eu un impact profond sur les marchés Tech et les exportations des industriels américains. En Russie, où les frontières se sont refermées. En Chine, qui a accéléré ses efforts de développement d’une industrie locale. Mais aussi en Europe, où les questions de souveraineté numérique occupent désormais régulièrement le débat public. Rappelons ainsi que tous les grands industriels américains du Cloud ont ouvert des datacenters en Europe pour répondre aux préoccupations de leurs clients quant à la sécurité des données qu’ils se voient confier. L’effet Snowden a aussi raison du Safe Harbor, un accord sur les transferts de données transatlantiques.

Les conséquences économiques directes des révélations du lanceur d’alertes réfugié en Russie restent toutefois difficiles à mesurer. En 2013, le think tank de Washington Information Technology and Innovation Foundation estimait que les firmes américaines du Cloud perdraient entre 22 et 35 Md$ sur trois ans à cause de Snowden. En 2015, l’organisation avertissait toutefois que les effets réels étaient bien plus profonds que ceux qu’elle avait anticipés au départ et qu’ils n’étaient pas limités au Cloud, nombre de pays ayant mis en place des mesures protectionnistes suite au scandale.

Crédit photo : Abode of Chaos via VisualHunt.com / CC BY