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Depuis 10 ans, les ventes de serveurs informatiques, en valeur au niveau mondial, ont chuté de façon spectaculaire, obligeant les grandes marques informatiques à une transformation digitale importante.

Selon les prévisions de Gartner et d’IDC pour les ventes de serveurs en 2017, le marché mondial en nombre d’unités vendues devrait revenir au niveau de celui d’il y a 10 ans, en 2007, soit environ 9 millions de machines. Il faut en effet se souvenir que ce marché est tombé plus bas les années qui ont suivi 2008 et le début de la crise financière. En 2009, les ventes mondiales étaient tombées à leur plus bas niveau : 7,5 millions d’unités.

Ensuite, le marché des serveurs a retrouvé le chemin de la croissance : 8,8 millions d’unités en 2010, 9,5 millions en 2011, 9,6 millions en 2012, 9,8 millions en 2013, quasiment 10 millions en 2014 et quasiment 11 millions en 2015. Que s’est-il passé durant ces 6 années ? La principale explication est liée à la montée en puissance du cloud et à l’installation de millions de serveurs dans les datacenters.

La zone EMEA est la plus durement touchée

Dans ce contexte, c’est la zone EMEA qui apparaît la plus sévèrement touchée. La baisse s’est notamment amplifiée en 2016. Au quatrième trimestre, le nombre d’unités vendues a chuté de presque 5%, soit seulement 600 000 serveurs livrés. Plus inquiétant, le recul du marché en valeur s’est effondré : quasiment 13% de moins qu’au dernier trimestre 2015, soit 3,4 milliards de dollars.

La tendance reste la même pour 2017 : au premier trimestre, selon Gartner, le nombre d’unités vendues au niveau mondial a baissé de 4,2% par rapport au premier trimestre 2016 et le chiffre d’affaires généré de 4,5%.

Toutes les marques informatiques  subissent cette mutation y compris Microsoft

Toutes les marques sont impactées, ainsi que l’ensemble de l’écosystème des serveurs (systèmes d’exploitation, solutions d’administration, logiciels, processeurs…), mais le recul le plus spectaculaire est celui d’IBM, qui a revendu son activité serveurs au constructeur chinois Lenovo en 2016 : – 33,7% de ventes en moins en 2016. De fait, comme nombre d’acteurs historiques, IBM semble avoir des difficultés pour gérer sa « transformation digitale » et le changement de son modèle économique. Les revenus générés par l’intelligence artificielle et les autres nouvelles technologies sont encore loin de compenser la baisse du chiffre d’affaires d’IBM dans ses activités traditionnelles. HPE connait aussi des difficultés dans cette transition digitale tout comme Microsoft qui vient d’annoncer un plan de licenciement important au niveau mondial notamment dans les fonctions commerciales, marketing et support. Les raisons évoquées par la firme de Bill Gates sont liées à la mutation de son modèle vers le SaaS et le Cloud. Face à Amazon Microsoft a beaucoup investi pour rester avec Azure dans la course sur le marché du cloud.. Une stratégie qui passe aussi par l’adaptation de son modèle commercial et marketing;

Julien Corti, Digital CMO  

Crédit illustration : © yodiyim – Fotolia.com

Celles et ceux qui attendaient des annonces tonitruantes de la part d’Amazon en sont pour leur grade : à l’occasion de sa conférence annuelle à Paris le 27 juin, le GAFA s’en est tenu strictement à l’approche très « B2B » de son événement.

Concrètement, Amazon est une entité scindée entre son activité de vente aux particuliers et les solutions de service web qu’elle commercialise vers les professionnels.

Lors de cet AWS Summit 2017 de Paris, le 27 juin, Amazon s’est clairement focalisé sur les clients de ses services web et, principalement, sur ses offres de cloud. Il n’a donc pas été question des sujets « grand public » associés à Amazon, comme la date de la disponibilité en France de son système Echo et de sa solution d’assistance vocale Alexa, de ses possibles investissements dans des commerces physiques ou des évolutions de son service Premium.

Concrètement, Amazon s’est concentré sur les services web proposés en France et a donné des précisions sur ses infrastructures et sur l’écosystème développés dans l’Hexagone, alors que l’entreprise a la réputation d’avoir concentré l’essentiel de ses ressources en Irlande. Sur son site dédié à l’AWS Paris, Amazon expliquait : « Pour la première fois en France, nous vous révélerons des secrets jusque là bien gardés sur l’architecture réseau, les régions, les zones de disponibilités, le matériel, etc. Voilà une occasion rare de soulever le capot d’AWS: ne la ratez pas ! »

« Les deux principaux messages d’Amazon lors de se conférence française étaient effectivement sa forte implication locale et le fait qu’il était un acteur incontournable du cloud, notamment du fait de la qualité de ses services », estime Edouard Brèthes,  cofondateur de l’Apptelier.

Pour donner la preuve de son investissement en France, Amazon avait délégué cette année à Paris Werner Vogels, son Chief Digital Officer (CTO). Par ailleurs, Amazon avait mis en avant ses partenariats avec plusieurs grandes ESN françaises, comme Sopra-Steria ou Capgemini Sogeti ainsi que 25 autres partenaires technologiques de l’entreprise.

 Pascal Boiron, Digital CMO 

Ce début juin 2017, lors de l’étape parisienne de World Tour, Salesforce a affirmé que sa priorité (et donc celle de ses clients) était d’intégrer des outils d’intelligence artificielle dans ses solutions de CRM.

Pour renforcer son argumentation, Salesforce a présenté les résultats d’une importante étude, menée auprès de 3 500 professionnels du marketing dans le monde. Selon cette enquête, 57% des marketeurs estiment que l’intelligence artificielle est essentielle pour mieux comprendre et anticiper les attentes et les comportements d’achat des clients, ainsi que pour fonder une relation personnalisée avec chaque acheteur. Un objectif ambitieux qui s’accompagne d’un autre constat qui pourraient devenir très chronophage pour les équipes marketing : 64% des professionnels interrogés indiquent que leur entreprise a ou va développer une politique multicanal afin de couvrir l’ensemble des attentes des clients.

Doubler le chiffre d’affaires d’ici 5 ans

Dans ce contexte, le recours aux technologies numériques va être de plus en plus important. Et ce d’autant plus que l’enjeu est de taille : Salesforce rappelle que plus d’un consommateur sur deux est prêt à changer de marque si celle-ci ne lui propose pas une communication plus personnalisée. Pire, la proportion monte à 65% dans le domaine du BtoB.

De fait, Salesforce en tire quatre constats essentiels. Le premier, c’est que les marketeurs doivent se préparer à une montée en puissance « sans précédent » des technologies dans leur travail au cours des deux prochaines années. Le second est lié à la persistance d’un fonctionnement « en silos », avec des équipes commerciales, services et marketing qui ne travaillent pas suffisamment ensemble, ce qui devient vraiment handicapant. Le troisième concerne justement l’organisation, que ce soit celle des services marketing en interne ou dans les modes de relation avec d’autres services, comme le commercial ou le service clientèle. Enfin, le quatrième et dernier constat porte sur la montée en puissance phénoménale de l’intelligence artificielle dans les outils du marketing, avec une progression – selon Salesforce – d’au moins 50% au cours des deux prochaines années.

Cette « AI revolution » du marketing (selon l’expression utilisée par Salesforce, ne sera pas sans conséquence sur le développement  de Salesforce. Selon son patron, Marc Benioff, le chiffre d’affaires devrait dépasser 20 milliards de dollars d’ici 5 ans, soit doubler par rapport à aujourd’hui.

Julien Corti, Digital CMO

A l’instar d’IBM, Hewlett Packard vit une transformation digitale  difficile de ses activités. Alors que HP Inc.  la société grand public (imprimante et PC) a annoncé  de bons résultats au deuxième trimestre, la division informatique entreprise (HPE) a enregistré une décroissance de ses revenus sur le second trimestre. Pour retrouver le chemin de la croissance, Meg Whitman, le CEO d’HPE, compte sur ses récentes acquisitions et sur un positionnement plus affirmé sur le traitement des données pour retrouver le chemin de la croissance.

Une stratégie d’acquisition qui ne porte pas encore ses fruits

Sur le deuxième trimestre de son exercice fiscal, HPE a enregistré une décroissance de son chiffre d’affaires  de 5 % (corrigé des effets de taux change) sur son nouveau périmètre. En excluant donc les activités cédées, le chiffre d’affaires s’est établi à 7,4 milliards de dollars. Parallèlement, le résultat est également en baisse. Au cours de son exercice fiscal, HPE a enregistré  une perte nette de 612 M$, à comparer aux 267 M$ de bénéfice enregistrés un an plus tôt. Quant au résultat opérationnel, il a fortement baissé (de  60%), pour s’établir à  182 M$. Selon Meg Whitman, HPE devrait retrouver cependant rapidement le chemin de la croissance. Tout d’abord parce que le constructeur informatique américain a cédé certaines de ses activités non stratégiques et qu’il a décidé, ensuite, d’en acquérir de nouvelles. L’activité « services » a été cédée à CSC, pour former DXC Technology (qui a été introduit en bourse). L’activité logicielle a quant à elle été cédée à l’éditeur Micro Focus. Avec ces opérations, HPE a engrangé 20 milliards de dollars, précise Meg Whitman sur son blog  et s’est lancé dans une stratégie d’acquisition active pour renouveler son offre sur les infrastructures Les acquisitions récentes comprennent SGI, SimpliVity et Nimble Storage. Ces trois acquisitions sont destinées à faire de HPE un acteur clé sur le marché informatique du traitement de la donnée. Pour cela, HPE mise beaucoup sur un nouveau concept le Memory Driven Computing, qui devrait permettre à terme de créer des architectures informatiques à même de répondre aux défis de certains secteurs dans le traitement et stockage de la donnée.

HPE cherche a être un acteur innovant sur le traitement de la donnée

Avec son concept Memory Driven Computing, HPE tente de diminuer les temps de traitement de l’information sur des volumes de données de plus en plus  importants. L’idée déjà exprimées par d’autres fournisseurs de technologies est donc bien de faciliter le calcul informatique pour un certain nombre d’usages. HPE cite deux secteurs particulièrement concernés. Tout d’abord, le secteur de la santé, qui se structure de plus en plus en plus autour de sa capacité à utiliser une informatique de haute performance. Un élément de différenciation aux Etats-Unis comme le précise David Bader, professeur et directeur exécutif de l’informatique haute performance au Georgia Tech College of Computing sur le blog d’HPE. L’enjeu est d’analyser le plus de données possibles pour créer suffisamment d’informations cliniques utiles sur les origines d’une maladie particulière, précise t-il. « La modélisation et simulation permettront aux acteurs de la santé de mieux aborder certaines maladies dont le déclenchement est difficile à prévoir. Cela pourrait également aider à définir et à guérir des maladies extrêmement rares et non susceptibles d’être diagnostiquées » explique-t-il. L’autre secteur cité est celui des transports. Selon le constructeur informatique, les Américains passent 4,2 milliards d’heures chaque année dans les transports, ce qui représente une valeur économique « perdue » de 87,2 milliards de dollars. Dans le transport aérien, HPE note qu’environ 20 % de tous les vols commerciaux sont retardés, avec des coûts indirects se chiffrant en milliards de dollars. Le traitement des données dans le secteur des transports devrait permettre de réduire ces pertes de temps et économiques.

La Rédaction, Digital CMO

 

 

 

Google a présenté le 17 mai 2017 ses priorités pour les mois à venir, lors de sa conférence annuelle dédiée aux développeurs, à Moutain View en Californie. Le Google I/O permet surtout d’identifier les priorités de Google pour les mois à venir. Ces annonces, très axées sur l’intelligence artificielle, sont décryptées par un développeur, dans le cadre d’un entretien réalisé au lendemain de la présentation de la « feuille de route » de Google. Edouard Brèthes est le cofondateur de l’Apptelier, agence française née en 2013 et dédiée au développement d’applications « post-PC » (smartphones, tablettes et objets connectés). Il avait déjà analysé la conférence de Facebook pour les développeurs, la « F8 » (voir l’article).

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  • Google avait annoncé en 2016 que l’intelligence artificielle allait devenir sa première priorité, et les annonces qu’il vient de présenter semblent le confirmer. Google est-il bien devenu « IA first » ?

Edouard Brèthes :  Chez Google, l’intelligence artificielle, c’est du concret ! Les annonces faites le 17 mai s’inscrivent effectivement dans la logique impulsée en 2016. Pour ma part, je pense que Google a fait tant d’annonces ce 17 mai qu’il ne faut pas toutes les placer au même niveau. Certaines ne sont que des pré-annonces, d’autres n’ont pour fonction que de permettre à Google de « montrer ses muscles » et certaines, plus discrètes, me paraissent essentielles.

Je retiens en particulier le fait que Google conçoit désormais ses propres processeurs dédiés à l’IA, signe d’une volonté d’aller plus loin que leurs concurrents, à l’aide d’outils conçus sur-mesure !

  • Quel usage de l’IA par Google vous a marqué : Google Assistant ? Google Home ? Google Lens ? AutoDraw ?

 Edouard Brèthes : Je serais tenté de répondre : « aucun d’eux ! ». Les versions françaises de Google Assistant et de Google Home ne sont pas encore disponibles. Google Lens semble de prime abord n’être qu’une version plus évoluée du défunt Google Goggle et l’interêt commercial d’AutoDraw me parait limité. Non, je pense que l’usage le plus intéressant par Google de l’intelligence artificielle est dans « Google Photos », dont la popularité explose en partie grâce à ses outils de recherche ultra performants. Il s’agit là d’une application concrète de la technologie Google Lens et de leurs autres IA dédiées à l’image !

  • Google a également annoncé la sortie de plusieurs matériels, dont un nouveau casque de réalité virtuelle, alors que sa tentative avec les Google Glass a été un échec. Google s’entête-t-il dans une impasse ?

Edouard Brèthes : Les Google Glass ne sont qu’une itération avortée sur la réalité augmentée. Il serait dommage de ne pas continuer à innover dans ce domaine, alors que la concurrence imagine depuis plusieurs années des visions prometteuses. Je pense notamment à Microsoft et ses Hololens, ou la startup MagicLeap.

Les domaines de l’AR et de la VR sont en pleine effervescence depuis quelques années, mais cela reste encore des marchés de niches, où les investissements restent trop coûteux.

Nous sommes à un point comparable au marché du smartphones au début des années 2000 : la technologie murie, les usages s’imaginent, mais l’iPhone de la VR reste encore à inventer !

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO     

Michael Dell, le fondateur et patron de la marque de matériels informatique qui porte son nom, n’en est certes pas à sa première provocation. Mais cette fois, il n’y est pas allé de main morte. « Le cloud est deux fois plus cher que l’informatique sur site », a-t-il lancé lors du premier congré Dell EMC World, à Las Vegas.

Les commentaires sont très nombreux depuis que Michael Dell a fait cette sortie. En l’occurrence, beaucoup de commentateurs estiment qu’il ne fait là que prêcher pour sa paroisse, puisque la marque réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires en vendant des matériels qui s’utilisent « sur site », dont les PC.

Dans le détail, le discours de Michael Dell est toutefois moins provocateur qu’il n’y paraît, car il n’avait pas pour but de discréditer le cloud en tant que tel, mais d’insister sur le fait que le cloud devait prendre plusieurs formes (public, privé, mixte) et qu’il était important pour les entreprises de conserver une partie de leur système d’information à demeure.

Justement, le lendemain, le directeur Marketing de Dell, Jeremy Burton, a expliqué que le PC « est pile au centre de ce qui se passe dans le monde. Disons-le franchement : le PC reste au centre de notre activité et de notre stratégie. C’est ainsi que les choses se passent. » Ces propos on le mérite de la clarté et Dell en a profité pour mettre en avant (à nouveau, car les produits avaient été déjà présentés en janvier au CES de Las Vegas) : le Latitude 7285, un portable « 2-en-1 » à chargement sans fil, ainsi que le Canvas, un écran de 27 pouces doté d’un stylet et de petits objets nommés « totems » (on les pose sur l’écran pour réaliser certaines opérations).

Julien Corti, Digital CMO  

Alors que Oodrive vient d’annoncer une levée de fonds de 65 millions d’euros et une stratégie marketing et commerciale agressive, Dropbox, le concurrent américain  se renforce avec  la nomination de Franck Le Tendre en qualité de Directeur Général France et Europe de l’Ouest

Muscler la France et l’Europe

Dropbox vient d’annoncer l’arrivée de Franck Le Tendre  afin, précise la société, d’accélérer son développement en Europe de l’ouest. L’objectif : renforcer les ambitions de l’entreprise en matière d’investissement et de croissance sur le marché européen. De formation INSEEC et ESCP, Franck Le Tendre (45 ans) bénéficie d’une forte expérience dans la tech . Il également travaillé 4 ans chez Unica (racheté par IBM), 6 ans chez SAP avant de rejoindre Pursway où il a occupé des fonctions de direction générale et de direction des ventes. Il rejoint l’équipe européenne placée sous la responsabilité de Philip Lacor, vice-président EMEA.

Dropbox : une approche forte sur la dématérialisation

La start-up américaine qui précise qu’elle vient de  franchir le cap du milliard de dollars de chiffre d’affaires récurrent et qui revendique 500 millions d’utilisateurs à travers le monde a procédé ces dernières semaines à plusieurs annonces. Notamment sur les axes de la collaboration, de la numérisation et de la mobilité. Début avril la société a annoncé une nouvelle interface mettant plus en avant les possibilités de collaboration que l’aspect stockage qui a fait son succès de départ. Une évolution confirmée par les annonces dans le domaine de la mobilité et surtout dans celui de la dématérialisation. Sur ce dernier axe, Dropbox a notamment une carte à jouer précisent différents analystes. Pour Stéphane Ochs, Consultant Expert ECM, Dirigeant de SISADEMAT : « la dématérialisation collaborative  dans le cadre de la transformation, digitale des entreprises est un processus de plus en plus décentralisé ». « Cela favorise la collaboration et la productivité mais cela demande une approche spécifique notamment en matière de sécurité et d’intégration aux solutions existantes de Gestion de Contenu d’Entreprise   » ajoute-t-il.

 

 

 

Transformation digitale toujours difficile pour IBM. Le chiffre d’affaires trimestriel  enregistre une nouvelle baisse en dépit d’une amélioration de ses performances dans les domaines porteurs actuels de l’informatique : l’analytique, le cloud et  l’Intelligence Artificielle.

+ 35 % sur le Cloud

Pour le 20ème trimestre consécutif IBM enregistre une nouvelle baisse de son chiffre d’affaires. La baisse atteint 2,8% au premier trimestre du nouvel exercice fiscal  contre 1,3% au cours du trimestre précédent. IBM annonce un chiffre d’affaires de  18,16 milliards de dollars sur cette période. Les profits baissent aussi à 1,75 milliard de dollars sur ce trimestre. Sur le plan géographique, le chiffre d’affaires baisse de 1% sur le continent américain  (8,7 milliards de dollars), de 4% en Europe  (5,4 milliards de dollars) et de 3% en Asie/Pacifique (4,0 milliards de dollars).

La transformation digitale d’IBM reste donc difficile. La transition vers les services cloud, la sécurité, l’analytique, la mobilité et l’intelligence artificielle est plus lente que prévue. Même si la  croissance de ces activités est bien à 2 chiffres (13%) et génère  7,8 milliards de dollars de chiffre d’affairesmais soit plus de 42% du chiffre d’affaires trimestriel. Mais cette progression ne permet pas de compenser le recul des ventes sur ses marchés historiques notamment la vente de matériels informatiques. La baisse en valeur est de 16  % et seule l’activité stockage progresse de 7 %. En revanche IBM est en train de devenir un acteur significatif dans le cloud qui  enregistre une croissance de 35% pour un total de 14,5 milliards de dollars de revenus. IBM précise même dans son communiqué de presse que les 10 plus grandes banques mondiales, les  9 principaux acteurs de la distribution dans le monde  sur 10  et 8 des 10 principales compagnies aériennes sont à présent des clients du Cloud-as-a-service d’IBM.

 

La capacité à offrir la bonne combinaison de services cloud et d’intelligence artificielle sera dans les mois qui viennent le bon modèle pour accélérer la transformation digitale des entreprises, notamment dans le domaine des services clients. IBM avec Watson se positionne de plus en plus sur cet axe tout comme Salesforce qui vient d’annoncer un accord en ce sens avec Amazon Web Service.

Le cloud et l’IA font converger tous les canaux des services  clients

Salesforce vient d’annoncer un vaste partenariat  avec Amazon Web Services (AWS) pour l’intégration entre ses Service Cloud Einstein et Amazon Connect. Les deux éditeurs étendent ainsi leur partenariat stratégique pour offrir  à leurs clients de nouvelles solutions pour collecter des données, les analyser et développer de nouveaux services décisionnels. Salesforce propose déjà à ses clients l’hébergement sur AWS  pour ses solutions et Amazon utilise les solution de l’éditeur américain pour sa relation client.

Service Cloud Einstein est présenté par Salesforce comme un service d’interactions intelligentes sur tous les canaux de la relation client, y compris le digital. Grâce à l’intégration à Amazon Connect, Salesforce précise que ses clients auront la possibilité de mettre en place et de gérer un centre de contact en quelques minutes. « Celui-ci sera intégralement connecté aux historiques des dossiers et aux données de CRM issues de leurs activités de vente, commerciales ou marketing » précise Salesforce.

Les agents de service client accéderont ainsi à toutes les informations nécessaires pour proposer un service client à valeur ajoutée et permettant une assistance intelligente et personnalisée grâce à l’intelligence artificielle. Un aspect largement souligné par les responsables de Salesforce.« Nous sommes ravis d’étendre notre partenariat stratégique avec AWS en intégrant la plateforme la plus intelligente au monde avec Amazon Connect», déclare Ryan Aytay, vice-président exécutif des partenariats stratégiques chez Salesforce. « Le service client s’affirme de plus en plus comme le principal élément de différenciation pour les entreprises. Avec Service Cloud Einstein et Amazon Connect, elles peuvent désormais créer rapidement un centre d’appel plus connecté et grâce à l’intelligence artificielle, plus pertinent en s’appuyant sur leurs données de CRM. » ajoute-il.

 

 

Pour le Syntec Numérique, la chambre patronale des ESN et éditeurs de logiciels, l’année présidentielle, traditionnellement synonyme de reports d’investissements, n’aura cette fois pas d’effet sur le rythme de croissance du secteur. L’organisation professionnelle prévoit, pour 2017, une progression de 3 % du chiffre d’affaires du secteur en France, qui pesait 52,1 milliards d’euros en 2016. Soit sensiblement la même croissance que celle enregistrée l’année dernière : 2,9 % selon Syntec Numérique toujours.

Des disparités importantes

Ce chiffre global masque en réalité des disparités importantes. Car 90 % de la progression du marché proviendra des SMACS, un acronyme qui regroupe la sécurité, la mobilité, les analytics, le Cloud et le social. Ce segment devrait peser 20,1 % du secteur dans son ensemble en 2017, à près de 9 milliards d’euros. Cela représente une croissance de plus de 15 % sur un an, soit 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires. Là où les autres 80 % du marché seront quasiment à l’arrêt, avec seulement 135 millions d’euros de croissance nette. Parmi les SMACS, c’est le Cloud qui fait figure de locomotive. A lui seul, il pèsera 3,5 milliards d’euros en 2017, en progression de 24 % sur un an. Les applications analytiques (Big Data) suivront (2,2 milliards, + 10 %), devançant de peu la cybersécurité (2,1 milliards, + 9 %).

On retrouve cette dichotomie sur le seul marché du logiciel, où c’est le mode Saas (Software as-a-service) qui monopolisera la quasi-totalité de la croissance de ce segment de marché (+ 4,2 %). La distribution du logiciel via le Cloud doit progresser de 24 % en 2017, pour atteindre 18 % du total. Soit 3 points supplémentaires par rapport à 2016. De son côté, le logiciel installé sur site (ou on-premise) devra se contenter, selon Syntec Numérique, d’une croissance maigrelette de 0,7 %.

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