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L’assistant personnel d’Amazon, « Alexa », sera désormais dotée de 8 nouvelles voix (de femmes et d’hommes), gratuites pour les développeurs.

La guerre des enceintes connectées et des assistants personnels prend de l’ampleur. Les deux principaux rivaux à ce jour sont Google et Amazon. En l’occurrence, Amazon vient de lancer une nouvelle offensive en proposant « gratuitement » aux développeurs 8 nouvelles voix pour son assistant Alexa, embarqué dans son enceinte intelligente Echo (qui devrait être commercialisée en France dans les semaines qui viennent). Dans les faits, il s’agira aussi bien de vois féminines que masculines. Pour l’instant, elles ne seront disponibles qu’en anglais (version étasunienne).

Au-delà du timbre de la voix, Amazon propose désormais une version quasi « humaine » de la diction, ce qui inclue des soupirs, des chuchotements, des silences, différentes intonations, des « heu… », etc. Ces nouvelles voix sont disponibles via Polly, le service de synthèse vocale développé par Amazon Web Services (AWS).

Cette annonce peut également être perçue comme une réplique d’Amazon à son concurrent Google, qui a lancé début mai 6 nouvelles voix à Google Assitant et le service Google Duplex, qui permet notamment de réaliser des appels téléphoniques et, par exemple, de prendre des rendez-vous.

Voix et intelligence artificielle : le mariage adroit

D’autres grands noms du numérique entendent jouer un rôle sur le marché de « la voix » associée à « l’intelligence artificielle ». Microsoft vient ainsi de racheter Semantic Machines, une startup dédiée à ce marché, pour renforcer les capacités de sa solution Cortana. On peut également citer les assistants personnels d’Apple (Siri), de Samsung (Bixby) ou encore SoundHound, entreprise qui vient de lever 100 millions $ auprès de l’équivalent chinois de Facebook, Tencent, d’Orange, de Daimler, de Hyundai, de Midea Group (fabricant chinois d’électroménager).

Alors que les ventes d’enceintes intelligentes explosent aux Etats-Unis, elles restent balbutiantes en France. Selon un sondage du cabinet h2 (auprès de plus de 1 450 personnes), 6% des Français possèderaient une enceinte intelligente, mais 12% d’entre eux prévoient d’en acheter une dans les 12 mois à venir et 15% s’y intéressent. Analyse de Nicolas Hébert, associé et Directeur Innovation chez h2 : « L’évolution du mode d’interaction, déjà en cours chez une bonne partie de la population française, forcera les annonceurs à repenser leurs stratégies SEM/SEO (Search Engine Marketing/Optimisation) en favorisant des requêtes basées sur des intentions humaines. L’exemple phare est celui relayé par Ruhi Sarikaya, directeur d’Alexa Brain, au World Wide Web Conference à Lyon le mois dernier. Il pose la question « Alexa, comment puis-je retirer une tâche d’huile de ma chemise? ». Et Alexa répond : « Voici Tide Stain Remover. »».

Pascal Boiron, Digital CMO

Orange, SFR, Bouygues Telecom et… Free. Y en a-t-il un de trop ? Le débat est relancé au lendemain de l’annonce des résultats de Free pour le 1er trimestre 2018, qui a déçu les investisseurs.

Le 15 mai 2018, au lendemain de l’annonce des résultats d’Iliad (la maison mère de Free), le titre a perdu 20% de sa valeur en bourse. En quelques heures, Xavier Niel aurait donc perdu 1,8 milliard d’euros (en termes de capitalisation boursière). La somme semble énorme, mais il faut la comparer à la fortune estimée de Xavier Niel et de sa famille : près de 10 milliards d’euros.

Ce contexte appelle quatre observations. La première est que les difficultés de Free (elles sont relatives car le chiffre d’affaires a tout de même progressé de 0,8% au 1er trimestre : c’est donc une croissance « faible », mais une croissance quand même) relancent le débat antédiluvien sur l’existence de 4 opérateurs de téléphonie en France, alors qu’il n’y aurait de place que pour 3 d’entre eux. A ce triste jeu de « chaises musicales », Free va-t-il devenir « le maillon faible » ? La deuxième remarque est que Free a anticipé la réaction des investisseurs en annonçant une importante remise à niveau de son haut management. Maxime Lombardini, jusqu’à présent Directeur Général de Free, est remplacé par le DAF duc groupe, Thomas Reynaud (son titre exact était Directeur Général délégué aux finances). De son côté, Nicolas Jaeger devient le DAF du groupe (il était auparavant trésorier du groupe et responsable des relations avec les investisseurs). Il est inutile de faire un dessin, car en ce qui concerne le marketing et le commercial, Free joue la continuité (Camille Perrin et Aude Mercier). Les autres changements dans l’état-major sont détaillés dans ce communiqué. La nouvelle organisation sera opérationnelle le 21 mai 2018.

Un nouveau marketing pour Free ?

La troisième est que Free a également réagi en annonçant une réorientation de sa politique marketing : elle était jusqu’à présent centrée sur le « décalage » (par rapport aux 3 concurrents cités plus haut). Elle sera à l’avenir plus « traditionnelle » et fera une large place aux promotions classiques.

Le quatrième point concerne le renouvellement des offres de Free, fondées ces derniers mois sur des prix « défiant toute concurrence ». Free conservera bien sûr son statut de « casseur de prix » mais devrait retrouver son positionnement d’innovateur technologique, ce qui passe par le lancement de nouvelles offres dans les domaines de la fibre, prévues en juin, et la présentation de la septième version de la Freebox (Freebox V7) en septembre. On attend également des annonces de Free du côté de la 5G, qui ne devrait être déployée en France qu’en 2020…

Pascal Boiron, Digital CMO

Cette annonce a été faite ce 24 avril 2018, à l’occasion de la visite d’Etat du Président de la République française et il s’agit clairement d’un « cadeau » à Emmanuel Macron. C’est également un message : la somme est supérieure à ce que l’Etat français va investir dans l’intelligence artificielle dans le même temps. En d’autres termes, une seule société privée étasunienne peut investir davantage ici que l’Etat français…

Tout va bien pour Salesforce. L’éditeur de solutions de CRM a passé le cap des 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour son exercice fiscal 2018 (clos fin janvier 2018). C’est l’un des leaders mondiaux de ce marché, qui a finalisé une cinquantaine d’acquisitions depuis sa création en 1999, il y aura 20 ans l’an prochain. En France, l’étude Gartner « All Software Markets » le place même en première position sur le marché du CRM qui est devenu,  selon l’institut d’études américain,  le premier marché mondial du logiciel en 2017 et enregistrera en 2018 la plus forte croissance.

Par ailleurs, Salesforce a été récompensé en mars 2018 par la première place au classement « Great Place to Work » des entreprises françaises. Pour couronner le tout, selon une étude du cabinet IDC, la filiale française de Salesforce (présente à Grenoble et Paris), l’écosytème autour de l’éditeur et de ses partenaires « va créer d’ici 2022 en France 37 100 emplois directs, 100 000 emplois indirects et générer 24,34 millions de dollars de PIB ».

C’est dans ce contexte pour le moins « euphorisant » que les dirigeants de Salesforce (Marc Benioff, co-président et CEO, ainsi que Mark Hawkins, co-président et CFO) ont annoncé que l’éditeur allait investir 2,2 milliards de dollars (1,8 Md €) en France d’ici fin 2022. « La France compte des marques parmi les plus respectées et innovantes dans le monde et un nombre croissant d’entre elles fait appel à Salesforce pour mener sa transformation digitale, déclare Marc Benioff. La France représente une opportunité formidable. Ce nouvel investissement va stimuler la croissance, l’innovation et la réussite de nos clients dans le pays. »

Investissements & bénévolat

Salesforce rappelle que l’entreprise est un investisseurs important en Europe, via Salesforce Ventures et son fonds EMEA (doté de 100 M$). Ces 10 dernières années, Salesforce a acheté trois startups françaises (InStranet, EntropySoft et Kerensen) et a investi dans une dizaine de jeunes entreprises innovantes, dont Augment, Devenson, FollowAnalytics, OpenDataSoft, Sigfox…

Il faut également noter que l’annonce de Salesforce lui permet d’expliquer à la France qu’elle n’a pas de leçon à recevoir d’elle. Salesforce France n’est pas seulement l’entreprise du pays où il est le plus agréable de travailler : c’est l’une de celles où les salariés dédient le plus d’heures à des activités de bénévolat au sein d’organismes locaux (16 000 heures en 2017, 20 000 en 2018). Peut-on parler d’un « zéro faute » ?

Pascal Boiron, Digital CMO

Directeur de l’activité « Hybrid IT » au sein de HPE France, Thierry Auzelle est l’un des grands spécialistes du stockage au niveau mondial (avant de rejoindre HPE en 2015, il a travaillé pendant plus de 10 ans chez EMC, intégré au groupe Dell depuis 2015). Il précise les ambitions de HPE dans ce domaine.

  •  Vous dirigez l’activité « Hybrid IT » de HPE en France : que recouvre cette appellation ?

Thierry Auzelle : Si le nom « Hewlett-Packard » a près de 80 ans, HPE (ndlr : Hewlett-Packard Enterprise) est une jeune entreprise, créée en 2015. Le portfolio de la division que je dirige est très vaste, puisqu’il va des postes de travail, dont les logiciels, aux datacenters, à l’exception des activités directement liées à Aruba. De prime abord, on pourrait penser qu’il s’agit surtout de la conception, de la fabrication et de la vente de matériels (serveurs, baies de stockage…). Dans les faits, nous proposons l’ensemble de ces produits au sein de formules « as a service », cette approche correspondant à une forte attente de nos clients.

  • Quelle est la légitimité de HPE dans le domaine du stockage, qui ne semblait pas être un pilier de la notoriété de la marque « Hewlett-Packard » voici quelques années ?

Thierry Auzelle : Cela ne se sait pas assez, mais en termes de stockage proprement dit, HPE est le leader mondial. Cela est dû aux activités historiques de Hewlett-Packard dans le domaine, mais aussi aux acquisitions réalisées l’an dernier, comme SimpliVity, Niara ou Nimble en 2017. Cette stratégie permet à HPE d’occuper une position très favorable sur le segment des solutions de stockage dites de « milieu de gamme ».

  • En quoi HPE peut-il différencier ses offres de stockage des autres offres commercialisées sur le marché ?

Thierry Auzelle : Le fait de disposer d’un grand nombre de technologies nous permet de commercialiser très rapidement des solutions qui prendraient autrement des mois de négociations et de contractualisation. C’est ainsi que nous avons intégré des éléments d’intelligence artificielle à nos offres de stockage. Cela nous a notamment permis de développer une approche « communautaire » du stockage, un peu dans l’esprit des plateformes qui permettent aux automobilistes de se prévenir les uns les autres d’un encombrement, d’un incident ou de travaux…

  • La part de marché de HPE dans le stockage peut-elle encore progresser sans de nouvelles acquisitions ?

Thierry Auzelle : Oui ! Comme je le disais, HPE possède en propre de nombreuses technologies, dans des domaines comme les réseaux, les logiciels et les services, sans oublier les domaines transverses, comme la mise en conformité avec la Loi et les réglementations, qui sera logiquement au cœur des débats au cours des prochains mois avec l’entrée en vigueur dès mai 2018 du RGPD. Dans tous les cas, nous ne parlons plus de technique (de RAID, de petaoctets, de stockage de masse, de disques rotatifs…), mais d’usages. Notre principal argument, c’est la simplicité : simplicité de notre offre avec seulement trois gammes, simplicité d’installation, simplicité d’utilisation…

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

De plus en plus présents dans les Comités Exécutifs ave la montée en puissance de la transformation numérique, les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI) et les CDO (Chief Data Officer) devraient voire leur rôle prendre encore plus d’importante avec la mise en place en mai 2018 de la GDPR (General Data Protection Regulation). Entretien avec Henri d’Agrain, Délégué Général du CIGREF (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises).

  • Quel rôle entend jouer le CIGREF dans le cadre de la mise en place de la GDPR, ou de la RGPD si on le prononce en Français (Règlement Général sur la Protection des Données à caractère personnel) ?

Henri d’Agrain : Ce nouveau règlement entrera en vigueur le 25 mai 2018 et nous avons voulu aider les entreprises à s’y préparer en publiant dès novembre 2017 un guide pratique sur le sujet. Il compte plus de 140 pages et c’est certainement l’une des publications les plus abouties sur le thème de la GDPR.

  • Les DSI ne risquent-ils pas d’être dans l’impossibilité de garantir que l’entreprise est en conformité avec le règlement si une part croissante des applications utilisées par les services échappe à leur contrôle ?

Henri d’Agrain : La mise en œuvre de la GDPR va au contraire renforcer encore le rôle des DSI. Ils sont de plus présents dans les comités exécutifs avec la montée en puissance de la transformation numérique : ils seront logiquement sollicités par les directions générales pour veiller à ce que l’entreprise se mette en conformité avec la réglementation et la part du « shadow IT » va logiquement diminuer.

  • Quelles sont les principales thématiques traitées par le CIGREF actuellement ?

Henri d’Agrain : Elles sont nombreuses et il n’est pas possible de les citer toutes, mais je souhaite notamment évoquer la cybersécurité, les architectures de demain, les évolutions des environnements de travail, l’open source, la gouvernance des systèmes d’information et la place des DSI dans la stratégie des entreprises… Je tiens également à parler des actions que nous menons pour faire progresser la part des femmes dans le numérique. Contrairement à ce que l’on peut penser, cette proportion ne cesse de diminuer depuis plusieurs décennies. Il est essentiel d’inverser cette tendance et nous nous y attelons, avec une quinzaine d’autres associations et le soutien du Secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi.

  • Quels sont vos premiers constats sur la place des femmes dans le numérique ?

Henri d’Agrain : Selon les chiffres dont nous disposons, la proportion n’est que de 12% dans les écoles d’ingénieurs informatiques, de 10% dans les filières universitaires dédiées au numérique et tombe même à 8% dans les IUT dédiés. Ce n’est pas uniquement un enjeu sociétal : cela pose des problèmes économiques concrets. Les femmes représentent plus de 50% de la population française : les métiers du numérique ne pourront pas se développer sans leur donner davantage de place.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Le marché des serveurs et son leader HPE doivent une fière chandelle au cloud, qui fait grimper les ventes, notamment de moyen et de haut de gamme. Résulat : au 4ème trimestre 2017, le chiffre d’affaires généré a passé la barre des 20 milliards de dollars, soit une progression de 26,4% par rapport à le même période de 2016.

Top 5 Companies, Worldwide Server Vendor Revenue, Market Share, and Growth, Fourth Quarter of 2017 (Revenues are in US$ Millions)
Company 4Q17 Revenue 4Q17 Market Share 4Q16 Revenue 4Q16 Market Share 4Q17/4Q16 Revenue Growth
1. HPE/New H3C Group* ** $3,801.9 18.4% $3,454.1 21.1% 10.1%
1. Dell Inc.* $3,607.0 17.5% $2,577.9 15.8% 39.9%
3. IBM $2,693.0 13.0% $1,791.8 11.0% 50.3%
4. Lenovo* $1,090.0 5.3% $946.8 5.8% 15.1%
4. Cisco* $1,051.4 5.1% $916.1 5.6% 14.8%
ODM Direct $4,245.4 20.6% $2,866.9 17.5% 48.1%
Others $4,164.4 20.2% $3,790.5 23.2% 9.9%
Total $20,653.1 100.0% $16,344.1 100.0% 26.4%
Source: IDC Worldwide Quarterly Server Tracker, February 28, 2017

Notes:

* IDC declares a statistical tie in the worldwide server market when there is a difference of one percent or less in the share of revenues or shipments among two or more vendors.

** Due to the existing joint venture between HPE and the New H3C Group, IDC will be reporting external market share on a global level for HPE and New H3C Group as « HPE/New H3C Group » starting from 2Q 2016 and going forward.

HPE peut garder le sourire. Certes, le constructeur fait un peu moins bien en 2017 qu’au 4ème trimestre 2016 (18,4% de part de marché au lieu de 21%), mais il reste leader de ce marché en forte croissance : +26,4% pour de dernier « quarter » 2017 par rapport à le même période de 2016, selon IDC. Le chiffre d’affaires passe donc allègrement le cpa des 20 milliards de dollars (20,7 Mds$).

Dans son sillage, Dell se rapproche et sa part de marché passe de 15,8% à 17,5%, tandis qu’IBM voit sa part passer de 11 à 13%. A eux trois, ces constructeurs frôlent la barre des 50% du marché.

Autres bonne nouvelles : les ventes progressent surtout du côté des serveurs de moyen et de haut de gamme (respectivement +48,5% et +41,9%).

Ces bons résultats sont expliqués par la forte demande des grands acteurs du cloud, comme Amazon, Facebook ou Google), mais aussi par le lancement de matériels performants faisant appel aux processeursdes Purley d’Intel ou Epyc d’AMD.

 

La Rédaction, Digital CMO

Les coûts de la vie sont certes plus élevés à San Francisco qu’à Paris. Il n’empêche qu’un salaire mensuel moyen de 11 360 €, cela donne à réfléchir…

Les mieux payés se trouvent dans la baie de San Francisco : en moyenne, les informaticiens (principalement les développeurs) touchent là-bas 11 360 € par mois. Cette moyenne a été calculée par le site « Hired »sur la base de 420 000 entretiens. La première surprise, c’est que ce « record » de la baie de San Francisco ne cesse de gonfler. Premier territoire depuis 3 ans, la baie de San Francisco s’offre de luxe de progresser encore de 5% par rapport à 2016. Certes, le coût de la vie est plus élevé à San Francisco qu’à Paris (plus de 1 000 € de différence entre le loyer, la nourriture, etc.), mais Paris se situe bien en 13ème et dernière position de ce « Top » mondial, qui a été élargi de 10 à 13 pour pouvoir intégrer les « pauvres » villes non étasuniennes, comme Londres (Angleterre), Toronto (Canada) ou Paris (France), bonne dernière, avec quasiment trois fois moins que dans la baie de San Francisco !

Les 9 autres territoires « qui paient bien » sont quasiment tous aux Etats-Unis : Seattle 105 600 €/an, Los Angeles (103 200 €/an), New York (103 000 € environ), Austin au Texas (94 400 € annuels mais des coûts de la vie peu élevés), Boston, (idem), Washington DC (92 800 €/an), Chicago (90 400 €/an), Denver (89 600 €)/an) ou San Diego (86 400 €/an, soit un salaire brut mensuel de 7 200 €).

Les informaticiens parisiens pourront se consoler en se disant que vivre à Paris « côte » 1,6 fois moins cher que de vivre dans la baie de San Francisco. De la à avoir des salaires trois fois moins élevés… Les informaticiens « de province » pourront toujours regretter d’avoir des salaires deux fois moins élevés que leurs confrères franciliens, mais bons, par rapport à leurs équivalents le la baie de San Francisco, ils coûtent 6 fois moins cher…

Pascal Boiron , Digital CMO

Fondée en 2009 par le Français Julien Coulon et l’Etasunien Marty Kagan, Cedexis (16 M$ de CA) vient d’être rachetée par le géant Citrix (3,2 milliards de $ de CA). Pourquoi ?

Il y a bien une logique industrielle. Citrix, a racheté pour une somme estimée à 100 millions de dollars (selon La Tribune) une entreprise franco-étasunienne décrite comme le « Waze » de l’Internet (autrement dit le parcours le moins long en durée pour accéder à la page recherchée). Cela semble cher payé si l’on rappelle que le chiffre d’affaires de Citrix est 200 fois plus élevé que celui de Cedexis.

En l’occurrence, les explications de ce rachat sont autant liées à une logique industrielle (Citrix avait effectivement besoin de « démontrer » que l’entreprise allait se diversifier) qu’à des relations humaines. Concrètement, les deux fondateurs de Cedexis ont travaillé ensemble pendant 8 ans au sein du groupe Akamai, dont l’un des gros clients s’appelle… Citrix (un hasard, bien sûr).

Pour mémoire, Marty Kagan quitte le groupe Akamai en 2007 (il en est alors le Directeur Technique). Puis, il devient investisseur et, en 2009, il fonde avec Julien Coulon la société Cedexis, alors que celui-ci est responsable de l’industrie et de l’international chez Akamai.

Cela étant dit, l’offre de Cedexis est appréciée. L’entreprise compte parmi ses clients des marques telles que Microsoft, Facebook, Twitter, LinkedIn, Slack, Accor Hotels, American Express, Le Figaro, Bloomberg, Nissan, Air France, Airbus, Dassault Systemes, Lenovo, Le Monde, Michelin, Le Parisien, Total…

Elle compte aujourd’hui 77 salariés avec des bureaux à San Francisco, New York, Londres, Barcelone, Genève, Tel Aviv et Singapour. Depuis sa création, la startup a levé 36,7 millions de dollars, mais sa principale levée de fonds date de 2016 (23,8 M$), à l’issue de laquelle l’un des principaux actionnaires fut… Citrix !

La Rédaction, Digital CMO

Créée en France en 2013 par deux jeunes entrepreneurs français, mais surtout présente aux Etats-Unis (basée à San Francisco depuis 2014), la startup Front a levé 66 M$ (environ 53 millions d’euros) cette fin janvier 2018, après une première levée de fonds de 10 M$ en 2016. Une levée de fonds significatives pour cette start-up IT dont l’approche technologique tranche avec celles de ses concurrents sur le marché du collaboratif. Quelle est sa recette ?

La recette de Front a – au début, en tout cas – un goût amer dans l’Hexagone. D’une part, la jeune entreprise a quitté la France dès l’année suivant sa création et s’est donc installée en Californie en 2014 ; d’autre part, les deux jeunes fondateurs (Mathilde Collin, CEO et Laurent Perrin, CTO, en photo) ont tout misé sur l’e-mail, alors que plusieurs grandes entreprises françaises pariaient de leur côté sur son déclin voire, sur sa disparition totale au cours de la prochaine décennie.

5 - Analytics

Front a balayé cette perspective en affirmant que les concurrents de l’e-mail (ils sont nombreux, depuis Slack, Hangouts, Teams, Twitter, Facebook, etc.) n’ont fait que permettre à l’e-mail d’évoluer et d’intégrer un flux unique (celui de Front). L’argument a été pris au sérieux. En 2016, Front a mené à bien sa première levée de fonds, de 10 M$ « seulement » (environ 8 millions d’euros). A l’été 2017, Front était loin d’avoir dépensé tout son pactole : il en restait les trois quarts, alors que l’effectif de l’entreprise avait plus que doublé et comptait 57 salariés.

A priori, cette première levée de fonds lui suffisait donc, mais Front n’a pas pu résisté longtemps aux « sirènes » que sont les investisseurs intéressés. Parmi, eux, on peut citer le fonds DFJ, mais surtout Sequoia, connu pour avoir misé sur Whatsapp, Instagram, Apple, Google, YouTube… Mieux, Front intègre dans son conseil d’administration un des dirigeants du fonds Sequoia, Bryan Schreir. Ce même Bryan Schreir siège au conseil d’administration de l’un des plus gros clients de Front : Dropbox. Auparavant, il fut Directeur des ventes et du développement international de… Google. Sa « vista » va peser  lourd dans les futurs développements de la jeune entreprise.

53 millions d’euros pour se développer technologiquement 

Entre ce qu’il reste de la première levée de fonds et ce nouvel apport, Front dispose d’environ 59 millions d’euros pour investir dans son développement. En l’occurrence, l’entreprise s’enorgueillit d’avoir passé la barre des 50% de l’activité en dehors des Etats-Unis (la moitié de ses 2 500 clients). Grâce à cette nouvelle levée de fonds, elle va développer son expansion, notamment en Asie et en Europe.

En Europe, la startup française (d’origine), a fait un retour discret fin 2017, en ouvrant un bureau à Paris qui compte 5 personnes. Dans les mois qui viennent, son implantation parisienne est appelée à devenir le quartier général de Front pour l’Europe, dans les domaines du commercial et du support clients. Dans sa communication, Front pense qu’elle aura 135 salariés à la fin de 2018,, contre 57 aujourd’hui, c’est-à-dire que son effectif aura plus que doublé en moins de 11 mois (+ 137% environ).

Quelles seront les prochaines étapes (outre ces recrutements, le développement de nouvelles implantations et le lancement de nouvelles fonctionnalités) ? Les dirigeants de Front ne le cachent pas : pas de levée de fonds supplémentaire, mais une entrée en bourse d’ici 2022. On est très sérieux, quand on a 27 ans…

Pascal Boiron, Digital CMO

Dans le cadre du sommet « Choose France » organisé par Emmanuel Macron, Facebook et Google ont fait part de leur volonté d’investir dans l’Intelligence Artificielle en France. Cela passera notamment par l’ouverture de centres de recherche dédiés et le recrutement d’ingénieurs français. 

Organisé quelques jours avant le forum de Davos, le sommet « Choose France » a permis à Emmanuel Macron de rassembler 140 dirigeants de grands groupes internationaux, Le président et son gouvernement ont obtenu de ces dirigeants plusieurs investissements en France sur les prochaines années. Après Toyota, l’éditeur allemand de logiciels SAP par la voix de son PDG, Bill McDermott, a indiqué vouloir investir 750 millions d’euros. Pour le Suisse Novartis, cela pourrait même atteindre les 900 millions d’euros. Du côté des géants du numérique, les annonces sont plus timides. Au delà des discussions en cours sur la fiscalité des géants du numérique, la France ne réussit toujours pas à séduire les géants du web sauf pour la qualité de ses ingénieurs.  Facebook et Google ont fait  néanmoins un effort et  viennent d’annoncer un renforcement en France  de leur recherche et développement en intelligence artificielle.

10 millions d’euros d’investissement pour Facebook et une annonce de Google

Les compétences des chercheurs hexagonaux, le riche écosystème de startups et la formation d’excellence « made in France » en matière d’intelligence artificielle intéressent fortement les GAFAM. Ainsi, Sheryl Sandberg (actuelle numéro 2 de Facebook) a annoncé un investissement de 10 millions d’euros dans FAIR Paris, le centre de recherche en intelligence artificielle basé en Île de France. L’objectif sera de doubler les effectifs de chercheurs et ingénieurs et d’augmenter le nombre de doctorants accompagnés pour atteindre un total d’une centaine de collaborateurs. En complément, la firme de Zuckerberg devrait ouvrir une dizaine serveurs « dernière génération » qui seront partagés avec les startups, universités et écoles françaises.

Dans la foulée, Google a dévoilé son projet de campus « IA » pour Paris. Ce centre de recherche sera le 3ème du genre pour la multinationale américaine (après Zurich et Mountain View bien sûr) et se focalisera sur l’application de l’intelligence artificielle à la santé, l’environnement et l’Art. Comme Facebook, Sundar Pichai souhaite également développer des partenariats avec les universités, en « formant la prochaine génération de chercheurs en Intelligence Artificielle en France ». Surtout les deux géants du web espèrent trouver dans l’éco système des start-ups en France les talents et les projets en Intelligence Artificielle qui leur permettront de compléter leur offre. Cela devrait être le cas au regard d’un éco système déjà bien structuré et qui devrait encore se développer dans les mois qui viennent.