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Capgemini  vient de présenter le projet de digitalisation de 1,5 millions de clients pour le groupe Singapourien SP Group, acteur majeur du secteur de l’énergie en Asie-Pacifique. Objectif : offrir aux clients un libre choix complet grâce au digital dans le cadre de la déréglementation du marché de l’électricité dans cette région du monde.

Trois mots clés dans ce libre choix  : comparateur, CRM et SAP

Alors que les clients français ont l’impression d’être espionné dans le cadre du compteur Linky et que cela est même devenu un acte politique de libre choix que de refuser son installation, Capgemini vient de présenter une réalisation digitale très ouverte pour le fournisseur d’électricité SP Group.

Pour aider les clients à comprendre leurs options et à naviguer de manière transparente entre les détaillants ou à revenir au tarif réglementé, SP Group et Capgemini ont tout d’abord misé sur un comparateur de prix au sein du  nouveau site web de SP Group. Il offre la possibilité aux clients d’avoir  accès à toutes les informations relatives aux différentes options du fournisseur d’énergie. Le client peut visualiser et  comparer toutes les options offertes. En outre, SP Group a créé un nouveau portail  interactif permettant aux clients d’acheter de l’électricité à des prix réglementés et non réglementés  auprès de SP Group. Surtout il peut visualiser les deux comptes sur une seule plate-forme. Au delà de cette expérience client, le projet repose sur des briques informatiques classiques et notamment un CRM qui a été amélioré et enrichi. Le principal axe d’amélioration du CRM a été le déploiement d’une base analytique à partir d’une solution verticale de SAP et la mise place d’une solution data dite de  Business Data Lake3.

Libre choix digital dans un marché ouvert

Et pour finir de présenter ce projet Capgemini insiste sur le bon équilibre choisi entre robustesse informatique et intégration de l’expérience client. «Le marché ouvert de l’électricité est un pas vers le libre choix du consommateur dans un marché où la demande d’énergie augmente, et nous sommes fiers de travailler avec SP Group sur son parcours de transformation», a précisé Gaurav Modi, directeur général Asie du Sud-Est et Hong Kong. Taïwan, Capgemini. «La digitalisation des activités de SP Group est essentielle pour générer des gains d’efficacité et l’objectif principal de Capgemini était de créer une expérience client complète en offrant flexibilité et commodité, tout en mettant en place des processus robustes pour le marché » précise t-il dans le communiqué de presse de présentation de ce projet.

Pour le retour du Grand Prix de France de Formule 1, qui a vu la victoire de Lewis Hamilton,  sur le fameux circuit Paul Ricard au Castellet,  les organisateurs ont misé sur de nouvelles infrastructures télécoms pour digitaliser le spectacle du  grand prix mais aussi tous les événements à venir. A la manoeuvre le groupe Sogetrel, spécialiste des télécoms,  qui œuvre depuis 2013 à renouveler tous les équipements et infrastructures numériques du circuit.

Une infrastructure télécom pour le digital

C’est sur l’investissement télécom que les organisateurs du grand prix de France  ont misé pour faire de la F1 un spectacle plus digital. Et c’est la société Sogetrel qui a procédé à l’installation d’un backbone en fibre optique de plus de 5 kms, capable de supporter le wifi dans les nouvelles tribunes. A l’instar du mouvement engagé dans les grands enceintes sportives pour le football et le rugby, le sport automobile prend les mêmes directions.

Plus de 50 0000 spectateurs vont donc pouvoir sur les différentes événements  partager en temps réel avec leurs smartphones toute la durée de la course ou d’autres  contenus. Au niveau des infrastructures cela s’est matérialisé par la pose de 22 armoires (concentrateurs wifi) sous les nouvelles tribunes et le déploiement d’une  solution en matériels  basée sur le fournisseur de réseaux Extrême networks. A total la nouvelle infrastructure télécom totalise 280 bornes Wifi et a nécessité  25 km de câbles et 45 Switch. Parallèlement Sogetrel a  procédé à la migration des  32 caméras analogiques situées sur les pistes en les remplaçant par des caméras IP de dernière génération. Sogetrel a également remplacé le mur d’image du PC Course pour un mur d’images dynamiques sur 10 écrans 60 pouces.

Dans un communiqué de presse Xavier Vignon, Président de Sogetrel, commente l’évolution du spectacle de la F1 : « En 2018, un circuit de F1 est devenu bien plus que du goudron, des stands et des tribunes ! Le numérique y joue désormais un rôle central, tant pour les spectateurs qui souhaitent partager leurs émotions en temps réel sur les réseaux sociaux que pour les organisateurs et les équipes qui s’appuieront sur les infrastructures déployées par Sogetrel pour organiser, suivre et sécuriser la course. La course au spectacle sportif digital entre les différents sport est engagée.

 

A l’occasion de l’AWS Summit Paris, Amazon a précisé ses ambitions dans tous les domaines du numérique et son intention de casser systématiquement les prix.

Le 19 juin 2018, Amazon organisait son AWS Summit au Palais des Congrès de la Porte Maillot. Le géant du e-commerce voulait démontrer qu’il était également un géant de l’IT. L’opération a plutôt réussi : l’événement a réuni 4 500 personnes et Amazon a présenté plus de 100 solutions dans tous les domaines du numérique, depuis l’intelligence artificielle jusqu’à l’IoT, en passant par le stockage ou les bases de données. Le Directeur Technique (CTO) d’Amazon, Werner Vogels, avait fait le déplacement pour préciser la stratégie du GAFA : son ambition est d’être chaque fois supérieur au niveau technique avec des prix très bas. AWS en a notamment fait la démonstration avec sa solution de base de données en mode cloud Aurora. D’un côté, Werner Vogels a ouvertement critiqué son principal concurrent dans le domaine des bases de données, Oracle. De l’autre, AWS indique tout simplement sur son site : « Les performances et la disponibilité des bases de données commerciales pour un 10e de leur coût ». En l’occurrence, Werner Vogels a affirmé que l’offre Aurora était celle qui connaissait la plus forte de l’histoire d’Amazon Web Services.

Amazon et l’IA

AWS a par ailleurs mis en avant trois de ses références prestigieuses (SNCF, Renault et NYSE Euronext), qui ont insisté sur les motivations techniques de leur choix du cloud d’Amazon. AWS souhaitait également prouver sa capacité à animer un écosystème composé de développeurs (plusieurs solutions dédiées ont été présentées, dont Cloud9), des partenaires (une trentaine étaient présents) et des startups (plus de 20 ont été mises en lumière).

Autre thématique forte de cet AWS Summit Paris : l’intelligence artificielle, et notamment le machine learning. Amazon entend bien jouer les premiers rôles dans le domaine de l’IA, d’autant que la marque compte l’utiliser pour son activité de commerce et qu’elle y consacre un bonne part de son colossal budget de R&D (22,6 milliards de dollars en 2017, voir notre article).

Pour le spectacle, Amazon avait également convié à cet AWS Summit l’équipe qui s’est chargée du développement d’Alexa, commercialisée avec l’enceinte Echo depuis peu (13 juin 2018), tandis qu’une enceinte Echo géante trônait au centre de l’AWS Summit.

Pascal Boiron, Digital CMO

 

Platform.sh, la jeune entreprise française spécialiste du PaaS, vient de lever 34 M $. Le tour de table  a été dirigé par Partech, basé aux États-Unis, avec Idinvest Partners, Benhamou Global Ventures (BGV), SNCF Digital Ventures etHi Inov, le fond innovation spécialisé de la famille Dessantrangle. Investisseurs VC et industriel, à l’image de la SNCF, misent sur cette start-up qui veut rendre le développement et exploitation d’application dans le cloud : rapide, fiable et simple. D’ailleurs elle a déposé  l’expression « deploy Fridays » pour illustrer l’efficacité de sa solution.

Une approche originale du DevOps et des développeurs

Après Cedexis racheté par Citrix, c’est une autre start-up française innovante du cloud qui semble prendre le chemin des Etats-Unis avec cette levée de fonds menée par Partech. Déjà bien connue dans le milieu informatique et par les DSI, la société crée par Frédéric Palais mise sur une nouvelle génération de services PaaS pour réduire la complexité du travail des développeurs. Pour Fred Palais l’enjeu c’est la complexité des services qui sont à gérer sur le cloud public qu’il faut résoudre pour bénéficier des avantages du cloud. « La page d’accueil AWS à elle seule vous permet de naviguer entre 131 produits. La catégorie IBM Cloud Computing comprend 162, juste un échantillon de plus de 2000 dans leur catalogue il faut réduire cette complexité notamment au niveau développement en misant sur les technologies DevOps.

Issue d’un spin off de Commerce Guys, l’entreprise à l’origine de Drupal Commerce, Platform.sh édite une plateforme DevOpsqui permet aux développeurs de gérer l’ensemble du cycle de vie de leurs applications. Pour cela elle s’appuie sur une stratégie open source de conteneurs.  « De cette manière, on a la certitude qu’il n’y a pas de différence entre la préproduction à la production, précise  Frédéric Plais. Coté client et notamment de la DSI cela permet de gérer la mise à jour des fonctionnalités en toute sécurité. Une approche prisée par les directions métiers qui  sur des applications digitales souhaitent tester en live de nouvelles applications.  Une approche qui selon Platform.sh permettrait  une réduction de 90% des efforts liés au développement d’application  en comparaison avec des solutions internes et surtout des gains humains et économiques sur les services managés. En clair, Platform.sh souhaite rendre la vie plus facile aux équipes de développement.

Alors que  PcW vient de publier une étude indiquant des investissements accrus en 2018 des entreprises en matière de cybersécurité, le capital risque américain continue à investir sur les start-ups plutôt spécialisées en machine learning pour répondre à cette future demande.  

Selon une étude de PcW  87% des PDG  interrogés au niveau mondial déclarent qu’il vont renforcer en 2018 leurs investissements dans la cybersécurité,  notamment pour améliorer  la confiance de leurs clients dans leurs services. Et Presque autant (81%) déclarent dans cette étude  qu’il est nécessaire de créer de la  transparence dans l’utilisation et le stockage des données. Sur fond de RGPD en Europe, le mouvement vers un sur-investissement des entreprises en matière de sécurité et de cybercriminalité semble bien engagé. De quoi booster l’investissement en capital risque dans ce domaine et favoriser l’éclosion de nouvelles start-ups spécialisées notamment dans le machine learning pour prévenir les risques sur les systèmes d’information des entreprises.

4 exemples : Sift Science, DataVizor, Anomali, Vectra Network

Premier exemple de start-up s’appuyant sur le machine learning, Sift Science utilise cette technologie pour détecter et prévenir la fraude par comparaison des comportements sur différents site’s. La start-up agrège les données sur le comportement des utilisateurs de plus de 6 000 sites et applications, ce qui lui permet d’attribuer des scores de risque aux utilisateurs d’un site en fonction de leur comportement sur ces sites. Autre exemple DataVisor  qui s’appuie de son coté  sur un apprentissage machine pour lutter contre la fraude en tout genre (le blanchiment d’argent, le piratage de comptes, les faux avis en ligne). DataVisor a développé  un moteur de règles automatisé, utilisant le machine learning pour générer de nouvelles règles et les comparer avec les règles existantes. La start-up Anomali a développé une plateforme capable d’aller chercher dans des sources multiples des informations sur les cybermenaces. Elle a crée un pont avec son logiciel pour transmettre cette information directement aux pare-feu, aux systèmes de prévention des intrusions, aux outils de gestion de la sécurité et des événements des entreprises sur leur système d’information. Enfin le dernier exemple est celui de Vectra Networks une start-up positionnée sur la cybersécurité à partir de solutions d’intelligence artificielle. Sa solution examine le trafic réseau et les logs système, à la recherche d’indicateurs de fraude pour repérer les attaques de sécurité  et identifier les cibles sur le réseau de l’entreprise et notamment les messageries.

 

Orange, SFR, Bouygues Telecom et… Free. Y en a-t-il un de trop ? Le débat est relancé au lendemain de l’annonce des résultats de Free pour le 1er trimestre 2018, qui a déçu les investisseurs.

Le 15 mai 2018, au lendemain de l’annonce des résultats d’Iliad (la maison mère de Free), le titre a perdu 20% de sa valeur en bourse. En quelques heures, Xavier Niel aurait donc perdu 1,8 milliard d’euros (en termes de capitalisation boursière). La somme semble énorme, mais il faut la comparer à la fortune estimée de Xavier Niel et de sa famille : près de 10 milliards d’euros.

Ce contexte appelle quatre observations. La première est que les difficultés de Free (elles sont relatives car le chiffre d’affaires a tout de même progressé de 0,8% au 1er trimestre : c’est donc une croissance « faible », mais une croissance quand même) relancent le débat antédiluvien sur l’existence de 4 opérateurs de téléphonie en France, alors qu’il n’y aurait de place que pour 3 d’entre eux. A ce triste jeu de « chaises musicales », Free va-t-il devenir « le maillon faible » ? La deuxième remarque est que Free a anticipé la réaction des investisseurs en annonçant une importante remise à niveau de son haut management. Maxime Lombardini, jusqu’à présent Directeur Général de Free, est remplacé par le DAF duc groupe, Thomas Reynaud (son titre exact était Directeur Général délégué aux finances). De son côté, Nicolas Jaeger devient le DAF du groupe (il était auparavant trésorier du groupe et responsable des relations avec les investisseurs). Il est inutile de faire un dessin, car en ce qui concerne le marketing et le commercial, Free joue la continuité (Camille Perrin et Aude Mercier). Les autres changements dans l’état-major sont détaillés dans ce communiqué. La nouvelle organisation sera opérationnelle le 21 mai 2018.

Un nouveau marketing pour Free ?

La troisième est que Free a également réagi en annonçant une réorientation de sa politique marketing : elle était jusqu’à présent centrée sur le « décalage » (par rapport aux 3 concurrents cités plus haut). Elle sera à l’avenir plus « traditionnelle » et fera une large place aux promotions classiques.

Le quatrième point concerne le renouvellement des offres de Free, fondées ces derniers mois sur des prix « défiant toute concurrence ». Free conservera bien sûr son statut de « casseur de prix » mais devrait retrouver son positionnement d’innovateur technologique, ce qui passe par le lancement de nouvelles offres dans les domaines de la fibre, prévues en juin, et la présentation de la septième version de la Freebox (Freebox V7) en septembre. On attend également des annonces de Free du côté de la 5G, qui ne devrait être déployée en France qu’en 2020…

Pascal Boiron, Digital CMO

Cette annonce a été faite ce 24 avril 2018, à l’occasion de la visite d’Etat du Président de la République française et il s’agit clairement d’un « cadeau » à Emmanuel Macron. C’est également un message : la somme est supérieure à ce que l’Etat français va investir dans l’intelligence artificielle dans le même temps. En d’autres termes, une seule société privée étasunienne peut investir davantage ici que l’Etat français…

Tout va bien pour Salesforce. L’éditeur de solutions de CRM a passé le cap des 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour son exercice fiscal 2018 (clos fin janvier 2018). C’est l’un des leaders mondiaux de ce marché, qui a finalisé une cinquantaine d’acquisitions depuis sa création en 1999, il y aura 20 ans l’an prochain. En France, l’étude Gartner « All Software Markets » le place même en première position sur le marché du CRM qui est devenu,  selon l’institut d’études américain,  le premier marché mondial du logiciel en 2017 et enregistrera en 2018 la plus forte croissance.

Par ailleurs, Salesforce a été récompensé en mars 2018 par la première place au classement « Great Place to Work » des entreprises françaises. Pour couronner le tout, selon une étude du cabinet IDC, la filiale française de Salesforce (présente à Grenoble et Paris), l’écosytème autour de l’éditeur et de ses partenaires « va créer d’ici 2022 en France 37 100 emplois directs, 100 000 emplois indirects et générer 24,34 millions de dollars de PIB ».

C’est dans ce contexte pour le moins « euphorisant » que les dirigeants de Salesforce (Marc Benioff, co-président et CEO, ainsi que Mark Hawkins, co-président et CFO) ont annoncé que l’éditeur allait investir 2,2 milliards de dollars (1,8 Md €) en France d’ici fin 2022. « La France compte des marques parmi les plus respectées et innovantes dans le monde et un nombre croissant d’entre elles fait appel à Salesforce pour mener sa transformation digitale, déclare Marc Benioff. La France représente une opportunité formidable. Ce nouvel investissement va stimuler la croissance, l’innovation et la réussite de nos clients dans le pays. »

Investissements & bénévolat

Salesforce rappelle que l’entreprise est un investisseurs important en Europe, via Salesforce Ventures et son fonds EMEA (doté de 100 M$). Ces 10 dernières années, Salesforce a acheté trois startups françaises (InStranet, EntropySoft et Kerensen) et a investi dans une dizaine de jeunes entreprises innovantes, dont Augment, Devenson, FollowAnalytics, OpenDataSoft, Sigfox…

Il faut également noter que l’annonce de Salesforce lui permet d’expliquer à la France qu’elle n’a pas de leçon à recevoir d’elle. Salesforce France n’est pas seulement l’entreprise du pays où il est le plus agréable de travailler : c’est l’une de celles où les salariés dédient le plus d’heures à des activités de bénévolat au sein d’organismes locaux (16 000 heures en 2017, 20 000 en 2018). Peut-on parler d’un « zéro faute » ?

Pascal Boiron, Digital CMO

Directeur de l’activité « Hybrid IT » au sein de HPE France, Thierry Auzelle est l’un des grands spécialistes du stockage au niveau mondial (avant de rejoindre HPE en 2015, il a travaillé pendant plus de 10 ans chez EMC, intégré au groupe Dell depuis 2015). Il précise les ambitions de HPE dans ce domaine.

  •  Vous dirigez l’activité « Hybrid IT » de HPE en France : que recouvre cette appellation ?

Thierry Auzelle : Si le nom « Hewlett-Packard » a près de 80 ans, HPE (ndlr : Hewlett-Packard Enterprise) est une jeune entreprise, créée en 2015. Le portfolio de la division que je dirige est très vaste, puisqu’il va des postes de travail, dont les logiciels, aux datacenters, à l’exception des activités directement liées à Aruba. De prime abord, on pourrait penser qu’il s’agit surtout de la conception, de la fabrication et de la vente de matériels (serveurs, baies de stockage…). Dans les faits, nous proposons l’ensemble de ces produits au sein de formules « as a service », cette approche correspondant à une forte attente de nos clients.

  • Quelle est la légitimité de HPE dans le domaine du stockage, qui ne semblait pas être un pilier de la notoriété de la marque « Hewlett-Packard » voici quelques années ?

Thierry Auzelle : Cela ne se sait pas assez, mais en termes de stockage proprement dit, HPE est le leader mondial. Cela est dû aux activités historiques de Hewlett-Packard dans le domaine, mais aussi aux acquisitions réalisées l’an dernier, comme SimpliVity, Niara ou Nimble en 2017. Cette stratégie permet à HPE d’occuper une position très favorable sur le segment des solutions de stockage dites de « milieu de gamme ».

  • En quoi HPE peut-il différencier ses offres de stockage des autres offres commercialisées sur le marché ?

Thierry Auzelle : Le fait de disposer d’un grand nombre de technologies nous permet de commercialiser très rapidement des solutions qui prendraient autrement des mois de négociations et de contractualisation. C’est ainsi que nous avons intégré des éléments d’intelligence artificielle à nos offres de stockage. Cela nous a notamment permis de développer une approche « communautaire » du stockage, un peu dans l’esprit des plateformes qui permettent aux automobilistes de se prévenir les uns les autres d’un encombrement, d’un incident ou de travaux…

  • La part de marché de HPE dans le stockage peut-elle encore progresser sans de nouvelles acquisitions ?

Thierry Auzelle : Oui ! Comme je le disais, HPE possède en propre de nombreuses technologies, dans des domaines comme les réseaux, les logiciels et les services, sans oublier les domaines transverses, comme la mise en conformité avec la Loi et les réglementations, qui sera logiquement au cœur des débats au cours des prochains mois avec l’entrée en vigueur dès mai 2018 du RGPD. Dans tous les cas, nous ne parlons plus de technique (de RAID, de petaoctets, de stockage de masse, de disques rotatifs…), mais d’usages. Notre principal argument, c’est la simplicité : simplicité de notre offre avec seulement trois gammes, simplicité d’installation, simplicité d’utilisation…

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

De plus en plus présents dans les Comités Exécutifs ave la montée en puissance de la transformation numérique, les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI) et les CDO (Chief Data Officer) devraient voire leur rôle prendre encore plus d’importante avec la mise en place en mai 2018 de la GDPR (General Data Protection Regulation). Entretien avec Henri d’Agrain, Délégué Général du CIGREF (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises).

  • Quel rôle entend jouer le CIGREF dans le cadre de la mise en place de la GDPR, ou de la RGPD si on le prononce en Français (Règlement Général sur la Protection des Données à caractère personnel) ?

Henri d’Agrain : Ce nouveau règlement entrera en vigueur le 25 mai 2018 et nous avons voulu aider les entreprises à s’y préparer en publiant dès novembre 2017 un guide pratique sur le sujet. Il compte plus de 140 pages et c’est certainement l’une des publications les plus abouties sur le thème de la GDPR.

  • Les DSI ne risquent-ils pas d’être dans l’impossibilité de garantir que l’entreprise est en conformité avec le règlement si une part croissante des applications utilisées par les services échappe à leur contrôle ?

Henri d’Agrain : La mise en œuvre de la GDPR va au contraire renforcer encore le rôle des DSI. Ils sont de plus présents dans les comités exécutifs avec la montée en puissance de la transformation numérique : ils seront logiquement sollicités par les directions générales pour veiller à ce que l’entreprise se mette en conformité avec la réglementation et la part du « shadow IT » va logiquement diminuer.

  • Quelles sont les principales thématiques traitées par le CIGREF actuellement ?

Henri d’Agrain : Elles sont nombreuses et il n’est pas possible de les citer toutes, mais je souhaite notamment évoquer la cybersécurité, les architectures de demain, les évolutions des environnements de travail, l’open source, la gouvernance des systèmes d’information et la place des DSI dans la stratégie des entreprises… Je tiens également à parler des actions que nous menons pour faire progresser la part des femmes dans le numérique. Contrairement à ce que l’on peut penser, cette proportion ne cesse de diminuer depuis plusieurs décennies. Il est essentiel d’inverser cette tendance et nous nous y attelons, avec une quinzaine d’autres associations et le soutien du Secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi.

  • Quels sont vos premiers constats sur la place des femmes dans le numérique ?

Henri d’Agrain : Selon les chiffres dont nous disposons, la proportion n’est que de 12% dans les écoles d’ingénieurs informatiques, de 10% dans les filières universitaires dédiées au numérique et tombe même à 8% dans les IUT dédiés. Ce n’est pas uniquement un enjeu sociétal : cela pose des problèmes économiques concrets. Les femmes représentent plus de 50% de la population française : les métiers du numérique ne pourront pas se développer sans leur donner davantage de place.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Le marché des serveurs et son leader HPE doivent une fière chandelle au cloud, qui fait grimper les ventes, notamment de moyen et de haut de gamme. Résulat : au 4ème trimestre 2017, le chiffre d’affaires généré a passé la barre des 20 milliards de dollars, soit une progression de 26,4% par rapport à le même période de 2016.

Top 5 Companies, Worldwide Server Vendor Revenue, Market Share, and Growth, Fourth Quarter of 2017 (Revenues are in US$ Millions)
Company 4Q17 Revenue 4Q17 Market Share 4Q16 Revenue 4Q16 Market Share 4Q17/4Q16 Revenue Growth
1. HPE/New H3C Group* ** $3,801.9 18.4% $3,454.1 21.1% 10.1%
1. Dell Inc.* $3,607.0 17.5% $2,577.9 15.8% 39.9%
3. IBM $2,693.0 13.0% $1,791.8 11.0% 50.3%
4. Lenovo* $1,090.0 5.3% $946.8 5.8% 15.1%
4. Cisco* $1,051.4 5.1% $916.1 5.6% 14.8%
ODM Direct $4,245.4 20.6% $2,866.9 17.5% 48.1%
Others $4,164.4 20.2% $3,790.5 23.2% 9.9%
Total $20,653.1 100.0% $16,344.1 100.0% 26.4%
Source: IDC Worldwide Quarterly Server Tracker, February 28, 2017

Notes:

* IDC declares a statistical tie in the worldwide server market when there is a difference of one percent or less in the share of revenues or shipments among two or more vendors.

** Due to the existing joint venture between HPE and the New H3C Group, IDC will be reporting external market share on a global level for HPE and New H3C Group as « HPE/New H3C Group » starting from 2Q 2016 and going forward.

HPE peut garder le sourire. Certes, le constructeur fait un peu moins bien en 2017 qu’au 4ème trimestre 2016 (18,4% de part de marché au lieu de 21%), mais il reste leader de ce marché en forte croissance : +26,4% pour de dernier « quarter » 2017 par rapport à le même période de 2016, selon IDC. Le chiffre d’affaires passe donc allègrement le cpa des 20 milliards de dollars (20,7 Mds$).

Dans son sillage, Dell se rapproche et sa part de marché passe de 15,8% à 17,5%, tandis qu’IBM voit sa part passer de 11 à 13%. A eux trois, ces constructeurs frôlent la barre des 50% du marché.

Autres bonne nouvelles : les ventes progressent surtout du côté des serveurs de moyen et de haut de gamme (respectivement +48,5% et +41,9%).

Ces bons résultats sont expliqués par la forte demande des grands acteurs du cloud, comme Amazon, Facebook ou Google), mais aussi par le lancement de matériels performants faisant appel aux processeursdes Purley d’Intel ou Epyc d’AMD.

 

La Rédaction, Digital CMO