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Altice vient d’annoncer l’acquisition pour 285 M€ de Teads, la start-up spécialiste des formats vidéos innovants de Pierre Chappaz. Teads, qui venait récemment de lever 43 millions d’euros, ne sera pas une nouvelle licorne française susceptible de rivaliser avec les grands réseaux sociaux vidéos américains sur le marché publicitaire.

Une acquisition rationnelle de Patrick Drahi

Pour 2016, Teads annonce une croissance de 44 % de son chiffre d’affaires, qui devrait s’établir à 187,7 millions d’euros. Pour 2017, le spécialiste de la vidéo publicitaire espère une croissance similaire. Altice, le propriétaire de SFR, a d’ailleurs lié 25 % du prix d’acquisition de la jeune entreprise à sa performance en terme de chiffres d’affaires sur 2017. Le prix payé par Altice correspondra donc à une année de chiffre d’affaires. Une acquisition  jugée rationnelle par Altice, qui met en avant l’actif commercial et technologique de la société de Pierre Chappaz. Teads dispose par exemple de relations avec 94 des 100 meilleurs annonceurs dans le monde et surtout, précise Altice,  une puissante plate-forme d’éditeur numérique avec des ressources technologiques importantes logées dans son centre d’innovation R & D à Montpellier et à New York avec plus de 100 ingénieurs et programmeurs. Et même si Teads a été bâti sur de nombreux rachats avec un effectif jeune de 500 employés, elle dispose de réserves de cash suffisantes pour se repositionner comme une régie commerciale innovante.

Un rachat qui vient renforcer le modèle de convergence de Altice et SFR

Avec ce rachat, le groupe Altice- SFR devrait renforcer son modèle de convergence dans les télécoms, les médias et les mobiles. Très clairement, cette acquisition donne une force de frappe technique sur la vidéo publicitaire au groupe de Patrick Drahi. Cela va notamment permettre à Altice de monétiser son audience mobile, de manière très innovante. Un point mis en avant très clairement par Altice dans le cadre de ce rachat. « Cette acquisition permettra à Altice d’offrir à ses clients des solutions de publicité basées sur les données, pour des plateformes multi-écrans, notamment la télévision, le numérique, le mobile et les tablettes » souligne dans son communiqué de presse Altice. Dans ce cadre, il est possible que l’objectif initial de Pierre Chappaz (créer  une plate-forme publicitaire  vidéo  intelligente et innovante qui vienne bousculer la domination des grands réseaux sociaux américains) ne voit jamais le jour.

La Rédaction, Digital CMO

SFR vient de publier ses résultats annuels. Le chiffre d’affaires reste en baisse, malgré une légère croissance sur  le dernier trimestre de l’année fiscale. La dette reste importante à un moment où l’entreprise annonce 400 millions d’euros d’investissements dans les contenus. 

En intégrant ses nouvelles activités médias (Next RadioTV et Altice Media Group France), SFR a publié un chiffre d’affaires en baisse  de 0,4% à 10,991 milliards d’euros (grand public -3,2%, entreprises -4,9%, opérateurs -0,4%). SFR annonce également une perte de 218 millions d’euros contre un bénéfice de 682 millions d’euros un an plus tôt. La dette de l’entreprise progresse sur la période de 395 millions d’euros à 14,796 milliards d’euros.

400 millions dans les contenus en 2017

Dans son communiqué de presse, SFR donne un large aperçu des résultats enregistrés dans le cadre de sa stratégie de convergence. Même si le nombre d’abonnés continue de reculer  (-520 000 sur un total de 14,62 millions en 2016), aussi bien dans le fixe que dans le mobile. Toutefois, SFR porte un regard optimiste sur sa stratégie d’associer étroitement médias et télécoms.

SFR précise qu’en quelques mois, il créé le kiosque numérique SFR Presse qui compte 65 titres à la date d’aujourd’hui (10 mars 2017) et a dépassé les 10 millions de téléchargements (1,5 M de téléchargements pour le seul mois de janvier 2017). SFR rappelle qu’il a lancé cinq chaînes de sport (SFR Sport 1, 2, 3, 4 et 5) grâce à des droits de diffusion télévisuelle exclusifs prestigieux comme la « Premier League » anglaise, la Fédération Française de Basket, la Fédération Anglaise de Rugby, les World Series of Boxing et la Fédération française d’Athlétisme. Selon SFR les chaînes SFR Sport 1,2,3 totaliseraient 3,5 millions de téléspectateurs. Surtout en plus du lancement de  BFM Sport et BFM Paris. Altice, à  l’instar d’un Netflix, a a financé sa première création originale et inédite « Les Médicis, Maîtres de Florence », diffusée en exclusivité sur SFR Play, qui selon SFR rassemble 1,2 million d’abonnés. Pour 2017, SFR annonce des investissements additionnels en contenu, y compris  à travers l’acquisition des droits de grands événements sportifs,  des créations originales et des titres supplémentaires de vidéo à la demande pour un total d’environ 350 à 400 millions d’euros.

La Rédaction, Digital CMO

Pour sa 4ème édition le iMedia Brand Summit qui se tiendra  les 13 et 14 juin à Biarritz, avec plus de 500 décideurs du digital, accueillera en ouverture  Tom Cochran, ex-Digital Leader du Président Obama et actuel Vice Président d’Acquia. Il  reviendra  notamment sur son expérience à la Maison Blanche et l’héritage digital du Président Obama ainsi que sur la mise en place des politiques digitales dans ce domaine.

We, the people

Dans un communiqué de presse iMedia Brand Summit précise que cette intervention permettra de revenir sur « l’héritage digital du Président Obama ». Selon le communiqué,  Tom Cochran expliquera  dans son intervention  comment l’Administration Obama a concrétisé cela en utilisant des plates-formes numériques, des technologies « open source » et une culture propre à la transformation.  Au delà des aspects technologiques, il expliquera  aussi  comment la transparence, la participation et la collaboration se sont retrouvées au cœur du développement numérique de la Maison Blanche à cette époque. Il reviendra notamment sur l’approche digitale qui a été mise en place pour satisfaire le besoin d’expression des doléances des citoyens. Cela c’est traduit notamment par la mise en place d’une  plateforme open source «We, the People»,  soit, pour la petite histoire, les premiers mots du préambule de la constitution des Etats-Unis d’Amérique. Une approche innovante à l’époque et dont le concept fut même repris par différentes personnalités politiques françaises, dont Ségolène Royale,  mais qui n’a pas été déclinée concrètement. Bien qu’il y ait une multitude d’initiatives au niveau local pour des modes d’expression collaboratifs, il n’ y a pas en France à l’heure actuelle une plateforme de référence dans ce domaine.

L’intervention de Ton Cochran permettra aussi de mettre en lumière les autres modes de communication directs. On sait notamment que Donald Trump utilise abondamment Twitter comme un canal d’information direct.  La comparaison avec les pratiques digitales actuelles du nouveau président sera intéressante. Comme le soulignent les responsables du salon, la prise de parole de l’ex Digital Leader de Barack Obama garde tous son sens à l’heure actuelle, tant au niveau public qu’à celui des entreprises. « Aujourd’hui, les populations ont des attentes de plus en plus élevées et exigent cette ouverture aux organisations et aux marques avec lesquelles elles interagissent. Transposer cette expérience pour répondre aux demandes croissantes des clients, au même titre qu’à celles des électeurs et des citoyens fait partie des enjeux actuels » précisent-ils.

La Rédaction, Digital CMO

 

 

Après les Etats-Unis et l’Allemagne,  Facebook annonce le lancement de son outil de fact-checking en France.  Le réseau social américain qui vient d’annoncer pour son exercice fiscal annuel plus de 12 Mds de dollars de profit (+100 %) et une croissance de 54 % de ses revenus publicitaires  à  27,6 milliards de dollars a fait de la qualité de son audience et de ses contenus un objectif prioritaire.

Quatre axes pour limiter les fausses informations

La future politique de Facebook dans ce domaine s’articulera autour de 4 axes : faciliter les signalements par les utilisateurs, travailler avec des médias dans la vérification des informations, indiquer au grand public les informations contestées et limiter l’accès à la publicité pour les auteurs de fausses informations. Sur ce volet Facebook a décidé d’être strict et une information labellisée contestée ne pourra pas être convertie en publicité ni faire l’objet d’un post sponsorisé. Parallèlement le réseau social américain  veut impliquer les médias. Pour analyser les publications signalées par sa communauté, Facebook s’appuiera sur des tiers, disposant d’une expertise dans la vérification d’informations et adhérant à la charte élaborée par le réseau international de fact-checking Poynter. En France, Facebook s’appuiera sur les médias suivants : l’AFP, BFMTV, L’Express, France Médias Monde, France Télévisions, Libération, Le Monde et 20 Minutes.

Concrètement lorsqu’une publication sera qualifiée de fausse information par deux des organisations de fact-checking, elle sera identifiée comme étant contestée. Cette publication affichera alors un pictogramme et mentionnera que l’information est contestée. Un message invitera l’utilisateur à se rendre sur le site de l’un des vérificateurs tiers pour en savoir plus. Lorsqu’un utilisateur envisagera de partager une publication identifiée comme non fiable, un avertissement « contesté par des tiers » s’affichera. Par ailleurs, la visibilité de ces publications pourra être réduite dans les fils d’actualité des utilisateurs.

1, 23 milliards d’utilisateurs quotidiens pourront signaler les fausses informations

Mais surtout Facebook compte sur ses membres. Chacun pourra effectuer un signalement en cliquant sur le coin droit d’une publication. Grâce à ce signalement, les utilisateurs contribueront à la détection des fausses informations. Lors de la publication de ses résultats financiers Facebook a insisté sur la forte progression de ses membres actifs quotidiens qui ont progressé de 18 % en un an pour atteindre 1,23 milliards de membres dont 1,15 milliard sur mobile. Sur une base mensuelle Facebook revendique 1,8 milliards de membres actifs. La fidélisation  de cette masse et sa monétisation future passe sans aucun doute par un contenu de qualité.

 

Le groupe de presse IDG (International Data Group) a annoncé ce 19 janvier 2017 qu’il était racheté par le groupe chinois Oceanwide, associé au fond d’investissement du groupe américain, IDG Capital, dirigé par le patron d’IDG Chine, Hugo Shong.

IDG détient aussi la série de livre à succès « Pour Les Nuls » et le cabinet d’études IDC

Ce dénouement intervient quasiment un an après la mise en vente d’IDG, géré par la banque Goldman Sachs. Pour rappel, IDG avait été créé en 1964, à Boston, par Patrick Mac Govern et publie plusieurs centaines de médias spécialisés dans le numérique dans 97 pays. Son magazine le plus connu est PCWorld (près de 40 millions de lecteurs dans une cinquantaine de pays), mais le groupe IDG détient aussi la série de livre à succès « Pour Les Nuls » et le cabinet d’études IDC. Il ne faut pas cacher que ce rachat n’est pas une bonne nouvelle, le jour précédent l’investiture du 45ème président des Etats-Unis, Donald Trump. Pourquoi ?

Une audience mondiale

Revenons au déroulement des faits. Au printemps 2014, le fondateur d’IDG, Patrick Mc Govern, décède. Moins de deux ans plus tard, fin 2015, le groupe commence à devenir ingérable et sa mise en vente devient quasiment officielle début 2016, lorsque Goldman Sachs prend la gestion de la transaction. Deux acheteurs potentiels s’affirment alors : le groupe chinois Oceanwide, fondé par Lu Zhiqiang et IDG Capital, dirigé par le patron d’IDG Chine, Hugo Shong.

Oceanwide sera le principal actionnaire

La bonne idée de Goldman Sachs a été de préconiser aux deux prétendants de se rapprocher. Les négociations ont pris près d’un an, mais elles ont abouti. Selon la dépêche Reuters qui annonce ce rachat, les montants de la transaction et la nouvelle répartition du capital ne sont pas encore connus (on sait simplement qu’Oceanwide sera le principal actionnaire). Auparavant, l’agence Reuters avait juste indiqué qu’IDG était en pourparlers avancés pour être vendu pour une somme comprise « entre 500 M$ et 1 milliard de dollars, ce qui donne une très large fourchette…

Le cas IDC

Oceanwide est actionnaire de Lenovo

Ce rachat inquiète les autorités étasuniennes pour plusieurs raisons. La première, c’est que le conglomérat chinois Oceanwide avait déjà racheté en 2016 l’assureur américain Genworth Fiancial Inc. pour 3,8 milliards d’euros. La seconde, c’est que le cabinet d’études IDC est très largement utilisé dans l’industrie du numérique. Or, Oceanwide est actionnaire de Lenovo, qui dispute la place de numéro 1 mondial des PC à l’Américain HP. Kirk Campbell, président d’IDC, a simplement répondu à Reuters qu’il ne s’attendait pas à ce que les clients du cabinet en prennent ombrage.

Reste que, la veille de l’investiture de Donald Trump, la Chine, 1er constructeur mondial de matériels numériques, devient leader mondial des médias sur le numérique et des études de marché sur le numérique. A part ça, tout va pour le mieux entre la Chine et les Etats-Unis d’Amérique…

Pascal Boiron, Digital CMO

Alors que la croissance d’Apple patine, la firme à la pomme a récemment communiqué sur les revenus générés par l’App Store pour  les développeurs : 60 milliards de dollars depuis 2008 selon Apple, dont 20 milliards en 2016 avec une croissance record boostée par les jeux.

Une croissance de 40 % en 2016 tirée par les jeux

Avec 240 millions d’achats générés sur l’App Store le 1er janvier 2017,  le début de l’année a été à la hauteur de l’ensemble de l’année 2016, précise Apple dans un communiqué. La firme de Cupertino déclare notamment qu’en 2016 les revenus générés par l’intermédiaire de l’App Store ont progressé de 40 % par rapport à 2015 pour s’élever à 20 milliards de dollars. Et depuis 2008, l’année de son lancement, l’App Store a permis aux développeurs et éditeurs de générer 60 milliards de dollars de revenus. Si Apple met autant en avant ces chiffres, c’est qu’il estime avoir réussi à créer, en à peine 8 ans,  un écosystème vertueux autour de ces plateformes.  Philip Schiller, vice-président senior d’Apple et président Worldwide Marketing, a insisté sur cet aspect en déclarant :  «Nous voulons remercier toute notre communauté de développeurs pour les nombreuses applications innovantes qu’ils ont créées – qui, avec nos produits – aident à enrichir vraiment la vie des gens ». Pour certains analystes, les revenus de l’App Store restent cependant trop dépendants des jeux. Cela semble vrai. Selon Apple, Super Mario Run de Nintendo a fait l’objet de plus de 40 millions de téléchargements en seulement quatre jours.  Et ce jeu pourrait détrôner très prochainement Pokemon Go, le jeu le plus téléchargé en 2016. Par ailleurs, d’autres observateurs estiment que  le catalogue d’applications disponible est désormais saturé. Faire fortune via l’App Store avec une application astucieuse payante ne semble plus possible. Néanmoins, Apple semble avoir trouvé des relais de croissance.

Des relais de croissance se dessinent pour les années à venir

A coté des jeux, Apple note que ses revenus par abonnement progressent fortement. Selon Apple les revenus par abonnement mensuel à différents services, comme Netflix, HBO Now, Line, Tinder ou MLB.com, ont atteint  2,7 milliards de dollars. Une hausse de 74% par rapport à 2015. Apple insiste moins sur ses propres services par abonnement (Apple Pay, iCloud et Apple Music). Mais il semble que ces services soient de mieux en mieux installés. Apple Music totalisait déjà 17 millions d’abonnés – majoritairement payants – en septembre dernier. Pour l’instant, il semble qu’Apple hésite sur la stratégie à mener dans le futur. Continuer à proposer des services à succès ou continuer à développer son écosystème. Face à Messenger, à l’Intelligence artificielle ou aux chatbots, Apple ne peut pas laisser les développeurs se détourner de ses plateformes. La marque à la pomme revendique plus de 21 000 applications iMessage collaboratives. Et, pour la première fois, les utilisateurs peuvent demander à Siri, son interface vocale, de réserver des vols, de faire des paiements ou de renvoyer un appel. L’App Store reste une plateforme centrale dans la stratégie d’Apple.

La Rédaction, Digital CMO

 

 

 

Pour ce Noël 2016, Snapchat s’est offert la startup israélienne Cimagine Media. Créée en 2012, la jeune entreprise est spécialisée dans l’utilisation de la réalité augmentée (AR) dans le domaine du e-commerce.

Concrètement, ces deux domaines intéressent Snapchat, ce qui justifie l’investissement (compris entre 30 et 40 M$ selon Calcalist News).

Par ailleurs, la solution de Cimagine Media est d’ores et déjà utilisée par plusieurs distributeurs étasuniens ou britanniques, ainsi que par Coca-Cola. Ces belles références donnent encore plus de valeur à la startup.

Une autre raison est que Snapchat acquiert une équipe – et donc des compétences – reconnues : plus de 20 personnes travaillent au sein de Cimagine, dont les quatre fondateurs, considérés comme des pointures de l’AR (Yoni Nevo, Nir Daube, Ozi Egri et Amiram Avraham. Selon TechCrunch, cette nouvelle acquisition va permettre à Snapchat d’aller plus loin dans l’intégration de la réalité augmentée dans son réseau social. Depuis l’été 2016, Snapchat multiplie en effet les expériences d’AR, principalement avec Starbucks (voir ici).

Snapchat plus cher que Twitter ?

Snaptchat (la société s’appelle désormais Snap) ne fait pas cette acquisition aujourd’hui par hasard. Elle intervient en effet quelques mois avant l’introduction en bourse de l’entreprise, prévue pour mars 2017. Selon que l’on se fie à Reuters, à Bloomberg ou à d’autres analystes financiers, l’estimation de la valorisation boursière de Snap va du simple au double. Elle serait en effet comprise entre 20 et 40 milliards de dollars. De son côté, Twitter affiche un prix de vente de 15 milliards de dollars.

Avant cela, Snap aura donc fait de belles emplettes : 9 acquisitions en comptant Cimagine (Seene, Scan.me, Vergence Labs, Looksery, AddLive, Vurb, Bitstrips et Flite, a rappelé ITespresso).

Enfin, pour bien commencer l’année 2017, Snap prépare un levée de fonds impressionnante : 4 milliards de dollars. Une somme rondelette qui pourrait permettre à Snap de compléter ses achats avant son introduction en bourse.

Lucie Descremps, Digital CMO

TF1 a officialisé le 1er décembre le rachat de  MinuteBuzz. Les dirigeants du site de news pour la cible des milleniums ont d’ailleurs déjà présenté leur entreprise aux cadres de TF1. La régie de TF1 va pouvoir monétiser cette nouvelle audience auprès de ces annonceurs mais aussi bénéficier du savoir faire de la startup dans la vidéo.

Le virage Snapchat a permis une meilleure valorisation de l’audience

Peut être moins connu des annonceurs  que Melty ou encore  Webedia, ce jeune projet média s’est fait une place très rapidement dans le paysage des médias en ligne pour les moins de 18 ans.  Il revendique aujourd’hui 2 milliards de vidéos vues depuis le début de l’année. Tout en empruntant au début à Buzzfeed, un modèle de presse adressant la cible des milléniums aux Etats-Unis, Maxime Barbier, le créateur de MinuteBuzz, a su trouver l’année passée un nouveau modèle de croissance,  à travers le virage pris sur la vidéo et l’utilisation du réseau social Snapchat.

Une décision éditoriale qui a permis une monétisation accrue de son audience. Les formats vidéos ont  donc permis d’accélérer la croissance du chiffre d’affaires et lui ont permis d’intéresser TF1,  qui observe de très près la convergence de la télévision et de la vidéo.  A court terme, la régie de TF1 ne devrait pas avoir de mal à valoriser ce savoir faire. Mais à plus long terme, il sera nécessaire de pérenniser un modèle éditorial qui a su surfer sur les  formats courts et prisés sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, dans son  communiqué, TF1 communique sur une audience de 9 millions d’abonnés. Une notion un peu floue, qui témoigne de la volonté de TF1 de signifier aux annonceurs que l’audience de MinutesBuzz n’est pas volatile.

Une réussite éditoriale avant tout

MinuteBuzz a finalement réussi grâce à une approche éditoriale innovante, plus qu’à travers un modèle de presse analytique (en vogue aujourd’hui dans de nombreux  nouveaux médias). Même si les investissements dans l’analytique restent  un axe important, notamment pour rassurer les annonceurs, c’est sans doute dans le domaine du collaboratif et du partage qu’il faut chercher les modèles médias de demain. Des modèles qui seront plus équilibrés sur le plan de l’exposition publicitaire, alors qu’on enregistre une croissance accrue de l’utilisation des Adblockers,  y compris chez les jeunes. Avec un enjeu de taille pour MinuteBuzz : fidéliser son audience de départ pour la transformer en la nouvelle ménagère de 35 ans.

La Rédaction, Digital CMO

Alors que son introduction en bourse ne devrait pas tarder, Snapchat continue d’innover ! La start-up basée à Venice vient en effet d’officialiser l’extension de son partenariat avec Stats, l’un des leaders mondiaux sur la data sportive : les Snapchatteurs pourront en direct rajouter des filtres avec les statistiques de match de plus de 30 championnats.

Snapchat suscite de plus en plus d’intérêt de la part des médias, attirés par une audience extrêmement jeune et très engagée (plus de 15 millions d’utilisateurs actifs par jour) : ainsi, quelques mois après leurs homologues américains, 8 médias français ont ouvert leur chaîne Discover, c’était début septembre : Le Monde, Paris Match, L’Equipe, Melty, Cosmopolitan, Vice, Konbini et Tastemade. Mais le réseau social développe également sa propre stratégie média, en s’appuyant sur des innovations et partenariats stratégiques.

L’engagement d’une communauté par la data sportive

C’est ainsi que l’an dernier, Stats et Snapchat ont lancé des Geofiltres permettant aux Snapchatteurs d’ajouter les scores en temps réel sur leur photo et vidéo. Cette fonctionnalité était alors disponible sur les 2/3 des ligues américaines. Le Geofiltre est une des fonctionnalité de base du réseau social : en fonction de votre localisation, il vous permet d’ajouter des filtres sur vos images. Dans le cas des fans de sport, il suffit donc d’être à proximité d’un stade ou dans la ville où a lieu un match pour pouvoir activer : une nouvelle forme d’engagement autour du sport qui a séduit la communauté et convaincu Stats de l’incroyable capacité d’animation des datas sportives. Greg Kirkorsky, vice-président exécutif de la société, déclarait alors : « Ce partenariat représente une occasion fantastique pour Stats d’élargir son expérience utilisateur en engageant les amateurs de sport avec des données statistiques en temps réel via l’une des plates-formes sociales les plus largement utilisés dans le monde. » Fort de ce succès, l’expérience est étendue aujourd’hui à plus de 30 championnats dont la NFL, NBA, MLB, NHL et Premier League anglaise. « Nous sommes impatients de voir comment les utilisateurs de l’application s’engageront avec ces nouvelles données sportives. », affirme Greg Kirkorsky.

En France, plusieurs start-ups travaillent également sur la valorisation de la data sportive comme outil d’animation de communauté : par exemple, Running Heroes et My Money en convertissant les kilomètres parcourus en bons d’achat, ou encore Kapp10. La startup, basée en Pays Basque, met à disposition des événements sportifs (running, cyclisme, etc.), une solution de sponsoring des datas sportives. Présente sur plus de 50 courses en 2017, la solution rencontre un franc succès, sur une promesse finalement très proche de celui mis en place par Snapchat et Stats : l’engagement par la data !

Selon les Echos, le réseau social français Viadéo sera fixé sur son sort fin décembre. Placé en situation de redressement judiciaire mardi, Viadéo continue son activité mais les chances d’une issue positive semblent minces.

Une reprise, un changement de stratégie, une liquidation ?

Selon l’article des Echos il semblerait que l’on se dirige dans un premier temps vers une reprise. Viadeo a été créé en 2004  et a revendiqué pendant longtemps près de 9 millions de membres actifs sur son réseau et une place de leader incontesté face notamment au réseau américain Linkedin. Mais plutôt que de cultiver cette position locale la jeune entreprise a préféré dans la perspective d’une vente tenter une aventure internationale avec le rachat du réseau social professionnel chinois Tianjin.

Un rachat qui l’a fait plonger dans le rouge comme le note les Echos avec une perte de 23,3 millions d’euros sur l’année 2015  équivalent presque au chiffre d’affaires (24,4 millions). En dépit de cette internationalisation, Viadéo qui ne vaut plus en bourse que 10 millions d’euros n’a pas réussi à rentrer dans le radar des fonds d’investissements américains ou de Linkedin. Il faut dire qu’entre temps le réseau social américain a été racheté par Microsoft grâce notamment à un positionnement astucieux sur des services de recrutement RH. Viadéo lui a préféré une stratégie de monétisation publicitaire qui était pertinente à sa création mais qu’il aurait fallu infléchir rapidement au regard de la multiplication des canaux digitaux sur un marché publicitaire dont la croissance reste liée aux évolutions de l’économie.

Avec une base de membres moins centrée sur les CSP+ que Linkedin, Viadéo aura du mal à reconstruire une stratégie pertinente dans les services collaboratifs sans investissements massifs. Relancer le réseau social français comme média et valoriser son audience sur le marché publicitaire  semble aussi risqué. D’autant que les grands groupes médias français à l’image de TF1,  qui selon certaines sources s’intéresserait à Minutes Buzz, semblent préférer le créneau de la vidéo et la génération des milleniums pour étoffer leur portefeuille digital.  Pas de quoi rassurer les 153 salariés de la société française.