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Alors que les chatbots se multiplient, la startup française Gogowego propose une plateforme loogicielle qui permet de les fédérer et d’analyser leur impact sur l’activité.

Créée en 2016, la startup française Gogowego est née d’une idée simple : alors que les chatbots commençaient déjà à se multiplier, elle proposait une solution logicielle pour mettre de l’ordre dans cette kyrielle de chatbots, de voicebots et autres robots conversationnels.

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Aujourd’hui, certaines grandes entreprises ou collectivités ont déployé jusqu’à plusieurs dizaines de chatbots sur tous types de sujets. « L’idée de base est créer un « chatbot chapeau », qui fait office de porte d’entrée unique, explique Antoine Aamarcha, fondateur de Gogowego. Nous avons également voulu résoudre le problème posé dans la gestion des chatbots par l’empilement de technologies différentes. Troisième point clé : nous proposons une batterie d’analytics qui permet aux clients de mesurer l’impact des chatbots sur l’expérience-client. »

Face à elle, Gogowego trouve notamment Google, qui a développé l’outil « Chatbase », présenté comme le Google Analytics des chatbots, solution focalisée sur l’analyse (et pas la fédération), proposée gratuitement. « Notre plateforme est également gratuite pour les développeurs », répond Antoine Aamarcha. Dans ce contexte, Gogowego souhaite faire grandir le plus vite possible une communauté de développeurs de chatbots : « nous voulons réunir plus 500 chatbots d’ici fin 2018, explique Antoine Aamarcha.

Plusieurs fois récompensée (lauréate des « Challenges Numériques Smart City, concours d’innovation numérique de Bpi France…), Gogwego a été fondée en juin 2016 par Antoine Aamarcha, ancien CTO d’Orange, diplômé de l’INP- ENSEEIHT (Institut National Polytechnique de Toulouse – École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) et de la Johns Hopkins University (cursus de data scientist).

Pascal Boiron, Digital CMO

Groupe média digital, Reworld a réalisé en 2017 les trois quarts de son chiffre d’affaires (185,6 M€) dans le numérique. Les 11 titres qu’il possède (dont Marie France, Be, Le Journal de la Maison, Maison&Travaux, Gourmand, Auto Moto, Télé Magazine…) ne représentent plus que 25% des revenus. Entretien avec Jérémy Parola, Directeur des Activités Numériques de Reworld Media.

  • Le numérique pèse environ 75% du chiffre d’affaires de Reworld Media. Le groupe a-t-il encore besoin d’acquérir de nouveaux titres ?

Jérémy Parola : Oui et non ! Oui, parce que le groupe va certainement acquérir de nouvelles marques (ndlr : Reworld Media serait notamment sur les rangs pour reprendre des titres du groupe Lagardère – il en a déjà racheté 8 – et de Mondadori). Il faut notamment renforcer notre présence sur certains créneaux et investir des segments à fort potentiel de développement d’où nous étions absents. Non, parce que le développement des marques de presse est très risqué et coûteux.

  • Pouvez-vous être plus précis ?

Jérémy Parola : Non et je ne commenterai pas davantage les rumeurs concernant les éventuelles acquisitions du groupe.

  • Peut-on résumer la situation en disant qu’il y a d’un la presse imprimée – toujours en recul – et de l’autre le digital, dont vous vous occupez ?

Jérémy Parola : Nous ne sommes pas organisés de cette manière. Nous pensons qu’il faut des activités numériques partout et l’enjeu consiste donc à développer cette stratégie de façon transverse. C’est important pour chacune des marques car c’est désormais leur premier levier de croissance. Je rappelle que nous avons intégré certains titres qui n’avaient aucune activité numérique. En 2017, les activités digitales de « media branding » ont progressé de 57%, tandis que nos activités dans le « print » reculaient de 4%, ce qui est mieux que la moyenne du marché français, qui est marquée par une baisse d’environ 15% !

  • L’intelligence artificielle a-t-elle sa place chez Reworld ?

Jérémy Parola : Nous utilisons déjà des technologies d’IA pour fixer les prix des publicités. Nous travaillons avec des algorithmes qui « préparent » le terrain, mais la décision finale est toujours prise par un humain. Nous multiplions par ailleurs les tests avec des « chatbots », des robots conversationnels ou plus simplement avec des arbres décisionnels. Dans tous les cas, nous analysons le plus finement le retour sur investissement de ces nouveaux outils. Le but n’est pas de perdre de l’argent dans le seul but de « suivre » un effet de mode !

  • Serez-vous prêts pour l’entrée en application du RGPD (Règlement Général pour la Protection des Données personnelles) le mois prochain ?

Jérémy Parola : Oui ! Nous avons commencé à travailler sur le sujet RGPD début 2017 et le cadre nous semble clair. Nous avons commencé par faire un audit sur notre façon de collecter les données et sur la nature de ces données. En l’occurrence, il est apparu que des médias tels que les nôtres manipules relativement peu de données dites « sensibles ». Le principal changement concerne nos prestataires : nous avons renégocié tous les contrats en veillant à ce qu’ils puissent se mettre en conformité avec le RGPD, ce qui nous a conduit à arrêter de travailler avec certains d’entre eux. Enfin je rappelle que nous respectons scrupuleusement la charte CPA (ndlr : Collectif des Plateformes d’Affiliation), qui nous conduit notamment a obtenir un « double » consentement des internautes sur la collecte de leurs données.

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Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Directeur Général de Camp de Bases, Christophe Cousin est également le Chief Data Officer (CDO) de Webedia. Webedia se présente comme le 1er groupe Internet de France et comme l’un des principaux à l’échelle mondiale, il rassemble plus de 180 millions de visiteurs uniques chaque mois dans le monde, dont 28 millions en France, avec plus de 50 marques médias (Allociné, PurePeople, Puretrend, Jeuxvideo.com, 750g.com, EasyVoyage…). Alors que l’automatisation bat son plein et que la « data » est le centre de toutes les attentions, Christophe Cousin – pourtant CDO – prédit* un important « retour de balancier » vers l’humain et les sciences humaines. Entretien.

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  • Que voulez-vous dire en prédisant le retour de l’humain dans les pratiques marketing ?

Christophe Cousin : Ce que je veux dire est résumé par quatre mots, qui commencent tous par un « c » : le courage, la curiosité, la créativité et la clairvoyance. Pourquoi le courage ? Parce qu’il en faut aujourd’hui pour aller à contre-courant de la pensée dominante, qui tend à vénérer les algorithmes. Cette première affirmation m’amène à développer deux autres notions : la « curiosité » et la « créativité ». En l’occurrence, les algorithmes ne sont ni curieux ni créatifs. Certes, ils ont de la mémoire, mais il ne faut pas confondre la capacité à emmagasiner des données et la curiosité. De même, ils savent bien traiter les données, mais se bornent à exécuter les instructions que les humains leur donnent et ne prennent pas d’initiative : là encore, il ne faut pas confondre la capacité à bien faire ce que l’on vous demande de faire et la créativité. Cela me conduit à la quatrième notion, qui est la « clairvoyance » : à force d’être croisées, recroisées, triturées, les données finissent par ne plus être pertinentes. Il faut que les professionnels du marketing se méfient des données et évitent le syndrome des « femmes enceintes » (ndlr : Christophe Cousin fait là référence au nombre de femmes enceintes recensées en France par un professionnel de la data, qui était de 18 millions, chiffre aberrant cité par Christophe Poupinel, patron d’Ooreka, dans une interview vidéo accordée à La Réclame.

  • Ne doit-on pas s’étonner qu’un Chief Data Officer soit aussi méfiant des données ?

   Christophe Cousin : Mon propos ne pas être réduit à ces quatre notions (ndlr : pour rappel, courage, curiosité, créativité et clairvoyance). Il doit être complété par deux idées fortes. La première est la « complémentarité ». A priori, ce n’est que du bon sens, mais il semble qu’il ne guide pas les décisions dans de nombreux cas aujourd’hui : les algorithmes et les humains sont complémentaires. Vouloir choisir pour le « tout humain » ou le « tout algorithme » serait une erreur. La seconde est la conscience. La mise en place du RGPD est un premier pas très intéressant pour que la data retrouve la confiance de tous et je considère que cette évolution est positive.

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  • Dans le même temps, la montée en puissance des adblockers : leur action freine-t-elle votre développement ?

Christophe Cousin : Je ferai deux réponses à ce sujet. D’une part, il y a la volonté de certains internautes de ne plus recevoir d’informations publicitaires. Cette volonté est respectable et nous en tenons compte. D’autre part, il y a les stratégies des adblockers. Elles ne sont pas toutes transparentes et, le moment venu, il faudra s’intéresser de plus près à leurs modèles économiques.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

 * Christophe Cousin est intervenu lors de l’édition 2018 du Forum du CMIT sur le thème « Quelle place pour l’humain face à un marketing piloté par les data et les algorithmes ? »

Aux Jeux Olympiques, il y a les performances sportives… et il y a les autres ! En l’occurrence, à l’occasion de ces JO de PyeongChang, en Corée du Sud, Snapchat a fait progresser son audience avec France Télévision de quasiment 55,6% par rapport au JO de Rio (7 millions contre 4,5 millions en 2016). La principale explication est liée à l’arrivée massive des « milleniums » parmi les personnes qui suivent les épreuves olympiques et leur usage intensif de Snapchat.

Snapchat a mené une belle opération de force à l’occasion des Jeux Olympiques de PyeongChang, en Corée du Sud : le nombre de « Snapchatters » qui ont suivi les éditions consacrées aux JO d’hiver sur France Télévision ont fait un bond de près de 55,6%, passant de 45 à 70 millions.

C’est une belle opération pour Snaptchat, mais c’est également une bonne nouvelle pour France Télévision, car 73% des personnes qui ont suivi les contenus dédiés avaient moins de 25 ans, ce qui donne un « coup de jeune » à ce média réputé « vieillissant ».

Dans son communiqué, Snapchat et France Télévision ont expliué : « Placés au cœur de l’action, les 11 millions de Snapchatters en France, ont ainsi pu vivre tous les temps forts de la délégation française, en apprendre davantage sur les coulisses des Jeux à PyeongChang, la vie des athlètes sur place et la culture coréenne, mais également répondre à des sondages et bien sûr découvrir tous les résultats en temps réel. »

La recette a visiblement bien fonctionné, puisque Laurent-Eric Le Lay, Directeur des sports de France Télévisions, a déclaré : « Avec ce partenariat, le Groupe France Télévisions complète ses dispositifs télévisuels et numériques en offrant des contenus en motion design spécifiques à destination des millennials. Cette nouvelle écriture nous permet d’innover et d’enrichir nos lignes éditoriales. France tv sport a donné beaucoup d’attention à ce dispositif exceptionnel que nous souhaitons renouveler sur d’autres événements. »

Autrement dit, l’expérience va se poursuivre. Et ce d’autant plus que Snapchat affiche une audience de 70% des 13-34 ans aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni et en Australie. Mieux, les moins de 25 ans se rendent sur l’application 25 fois par jour et y consacrent 40 minutes en moyenne.

La Rédaction, Digital CMO  

Les résultats de Twitter sont meilleurs que prévus, mais le site de microblogging veut reconquérir sa crédibilité en partant à la chasse aux « faux followers », qui se compteraient par millions.

D’un côté, les dirigeants de Twitter peuvent se féliciter d’afficher des résultats meilleurs que prévus pour le quatrième trimestre 2017. Le chiffre d’affaires progresse de 2% pour atteindre 731,6 M$. La publicité, qui représente la grande majorité des revenus, est en progression de 1% et s’est élevée à 644 M$. Mieux, l’entreprise annonce qu’elle a réalisé un bénéfice de 91 M$ au dernier trimestre 2017, au lieu d’une perte de 167 M$ un an plus tôt. Cela étant, Twitter réalise un chiffre d’affaires de 2,44 milliards de dollars, soit moins qu’en 2016 (2,53 milliards) et reste en pertes sur l’ensemble de l’année 2017. Mais elles ne se montent « seulement » à 108 M$, contre – 457 M$ en 2016.

De l’autre, les dirigeants de Twitter s’inquiètent de la perte potentielle de crédibilité de la plateforme, notamment suite aux révélations du New York Times sur l’existence de plusieurs millions de faux followers. Dans ce contexte, Twitter s’est engagé à lutter contre la vente massive de faux abonnés. Plusieurs sociétés se sont faites une spécialité de ce commerce frauduleux, dont « Devumi », dont la base line est justement « Accelerate Your Social Growth ». Le sujet fait logiquement grand bruit et un million de « faux followers » auraient déjà disparus, sachant qu’il en existe probablement plusieurs millions. Le prix moyen d’un pack de 250 000 faux abonnés serait de 1 450 euros, soit moins de 0,006 euros le faux follower. Parmi les acheteurs, on trouve logiquement des célébrités, des femmes et hommes d’affaires ou encore des responsables politiques.

La Rédaction, Digital CMO   

Médiamétrie a changé les règles de mesure des audiences sur Internet, notamment afin de mieux prendre en compte la montée en puissance des mobiles et des publics très jeunes (à partir de deux ans !). De fait, Médiamétrie prévient que les premiers résultats fondés sur cette méthodologie (qui portent sur octobre 2017) ne peuvent pas être comparés aux précédents.

Constatant que le nombre de connexions à Internet via les mobiles dépassait désormais celui des connexions via un ordinateur fixe, Médiamétrie  vient d’annoncer que l’institut changeait de méthodologie. Par ailleurs, la montée en puissance des utilisateurs très jeunes est telle que Médiamétrie parle maintenant d’un panel de 30 000 individus « de deux ans et plus ». Parmi eux, 4 000 disposent de deux ou trois écrans (ordinateur et/ou téléphone mobile et/ou tablette).

Sur le plan global, Médiamétrie indique que « 51,9 millions d’individus se sont connectés au moins une fois à Internet en octobre 2017, soit 82,9 % des Français de 2 ans et plus ». Autre point marquant : plus du tiers des internautes (34%) utilisent au moins deux écrans pour se connecter à Internet.

Sur cette base, les classements sont totalement modifiés. Ainsi, le classement « général » des 50 groupes les plus visités par mois en nombre de visiteurs uniques est tout autre si l’on place comme premier critère le pourcentage de visiteurs utilisant un smartphone. Dans ce cas, le 1er est de loin Snapchat, avec 96,8% (alors qu’il n’est que 44ème dans le classement). Hormis ce « cas à part », on retrouve Facebook en seconde position, avec 76,9%, devant Google avec 73,5% (qui est 1er du classement général). Linkedin, qui n’est de 30ème au classement général, est 4ème avec 64,7%. En 5ème position, on trouve Twitter avec 64,3% (25ème du classement général). Suivent Wikimedia Foundation (6ème avec 60,4% et SNCF en 7ème position (alors que le groupe n’est « que » 27ème au niveau général. Il faut noter qu’on ne trouve aucun groupe média « traditionnel » dans ce top 7…

Il est probable que cette nouvelle classification bouleverse les décisions d’achat de nombreux annonceurs.

Pascal Boiron, Digital CMO

 

Infopro Digital, éditeur par ailleurs de l’Usine Nouvelle et de nombreux médias professionnels, a annoncé début janvier l’acquisition de Companeo le spécialiste des bases de données B2B en France. Une acquisition qui renforce sa transformation digitale. 

Dans un communiqué le groupe de médias et salons professionnels  Infopro Digital  a annoncé le rachat du  groupe Companeo  qui est à l’origine de la marketplace de services B2B Companeo.com. Cette plateforme diversifiée sur de nombreux services (assurance, informatique, comptabilité et gestion…)  autour la détection de projets et de leads est présente en France et en Europe. Dans son communiqué Infopro Digital précise que Companeo.com a généré plus de 10 millions de leads qualifiés pour ses cinq mille fournisseurs agréés en Europe. « Une fois réunies, Infopro Digital et Companeo vont disposer des bases de données comportementales B2B les plus complètes et performantes du marché avec plus de 3 millions de décideurs professionnels » précise Infopro Digital. Le groupe de médias professionnels  met également la main sur Webikeo une plateforme d’organisation de Webinars en ligne qui compte plus de 500 clients et qui a déjà organisées plus de 10 000 webinars suivis par près de 250 000 participants.

Avec cette acquisition, Infopro Digital cherche à mieux développer les services (Comback, Vecteurs Plus…)  qu’il a déjà mis en place autour de la génération de leads dans de nombreux secteurs et sans doute à mieux monétiser, grâce à l’expérience internetde Companeo,  ses bases liées à ses nombreux médias et salons. Le groupe s’est notamment construit à partir de l’acquisition de nombreux médias professionnels comme l’Usine Nouvelle,  le Moniteur ou LSA. La seconde étape de son développement digital semble donc être liée à une meilleure exploitation des données comme l’explique le dirigeant du groupe .  « Infopro Digital souhaite devenir un acteur incontournable dans le marketing digital B2B dont les perspectives de croissance sont très fortes. Avec l’acquisition de Companeo, nous développons notre activité de mises en relation digitale (leads) et retrouvons un groupe d’entrepreneurs que nous connaissons depuis de nombreuses années.» précise  Christophe Czajka, président et fondateur du groupe Infopro Digital. Il  s’agira notamment de mieux exploiter les investissements réalisés en 2016  dans ses deux DMP (Data Management Plateforme) et sur le  Big Data et être capable de délivrer des services fortement automatisés tout en gardant la qualité de ses audiences. Une transformation digitale que peux de groupes de presse ont réussi jusqu’à présent et qui passe par des investissements informatiques importants.

 

 

Facebook vient d’annoncer un changement de formule dans un billet publié sur son site. Le leader mondial des réseaux sociaux après avoir donné (un peu) d’importance aux médias et aux marques veut revenir aux sources et continuer à être un réseau qui rapproche les gens et leur soit utile. 

Mark Zuckenberg le dit lui même en pensant à l’héritage qu’il va laisser à ses enfants : » il faut que Facebook continue à améliorer la vie des gens ». Pour cela Facebook vient d’annoncer une nouvelle formule. Dans un communiqué le réseau social américain explique que « Facebook a été conçu  avant tout pour rapprocher les gens et construire des relations et que l’’une des façons d’y parvenir est de mettre les gens en contact avec des messages de leurs amis et de leur famille dans le fil d’actualité ».  Dans le cadre de cette nouvelle formule la société américaine précise que  le “ranking” (ou classement)  de son fil d’actualité va changer afin que les gens aient plus de possibilités d’interagir avec les personnes qui leur sont chères. Dans un billet Mark Zuckerberg explique qu’il veut que son réseau social ne soit pas seulement ludique mais utile à l’amélioration de la vie des gens. Il déclare notamment qu’il souhaite donner moins d’importance au simple partage passif  d’informations et de vidéos. Il précise notamment que les corrélations se feront désormais en fonction de la pertinence sociale et des bonnes interactions que cela pourra générer.

Moins de place pour les médias et les bavards ? 

Facebook dont l’audience atteint aujourd’hui 2 milliards de membres cherche à augmenter la pertinence de ses services. Après une très forte croissance de ses revenus publicitaires en 2017 il cherche désormais à convaincre de la qualité de son audience pour maintenir et faire croître ses revenus. Pour cela il veut limiter le poids des bavards et du buzz. « Aujourd’hui, nous utilisons des indicateurs comme le nombre de personnes qui réagissent, commentent ou partagent des publications pour déterminer la place de celles-ci dans le fil d’actualité  » indique Facebook.. Avec cette mise à jour, nous donnerons également la priorité aux messages qui suscitent des conversations et des interactions significatives entre les gens » précise également Facebook. En clair le réseau social américain veut augmenter la visibilité des contenus, des conseils  et des interactions qui sont utiles. Facebook souhaite donc continuer à être un village communautaire et précise qu’il va  déterminer les publications autour desquelles les membres sont les  plus susceptibles d’interagir avec leurs  amis, et les faire apparaître plus haut dans votre fil d’actualité. « Il s’agit de publications qui inspirent la discussion dans les commentaires, et de celles que vous voudriez peut-être partager et auxquelles vous pourriez réagir – qu’il s’agisse du post d’un ami qui cherche des conseils, d’un ami qui demande des recommandations pour un voyage, d’un article d’actualité ou d’une vidéo qui suscite beaucoup de discussions » indique Facebook.

Swello est une startup, basée à Toulon, qui a développé une plateforme de gestion des réseaux sociaux (édition de contenus, calendriers, veille concurrentielle…), pour l’instant dédiée à Facebook, Linkedin et Twitter. Sa solution a notamment été retenue par TF1, par Carrefour, par France Télévision, par Arte ou par CNews Matin. Voici quelques conseils prodigués par le jeune fondateur de Swello, Jonathan Noble.

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  • Où en est est Swello aujourd’hui ?

 

Jonathan Noble : Nous sommes une toute petite startup, née il y a moins de deux ans. Nous avons mené à bien une première levée de fonds de 465 000 euros en juin 2017*, ce qui nous a permis d’embaucher et d’être à la fois actifs dans les domaines du commercial, du marketing et du développement. Pour l’instant, notre mode de fonctionnement est “simple” : nous proposons deux nouvelles fonctionnalités chaque mois, comme les calendriers éditoriaux, la veille concurrentielle ou l’ouverture à de nouveaux réseaux sociaux, comme Instagram début 2018, puis un autre réseau social dans le courant de l’année.

  • Vous avez de nombreux concurrents, notamment du côté de l’Amérique du Nord, et l’un de vos principaux compétiteurs,, Hootsuite”, vient de passer un accord avec Adobe pour intégrer cette plateforme dans ses offres Premium : ne craignez-vous pas que les GAFAs se mettent à leur tour à intégrer des solutions comparables dans leurs offres ?

 

Jonathan Noble : Pour l’instant, les GAFAs ne semblent pas s’intéresser de près à la question. Pour le reste, le fait d’avoir de nombreux concurrents dédiés à cette problématique nous amène surtout au constat suivant : il y a une réelle demande et un vrai marché. Nous avons donc eu la bonne intuition !

  • Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous observez chez les marques dans leur gestion des réseaux sociaux ?

 

Jonathan Noble : Nous n’avons ni la taille ni la vocation pour donner des leçons. Par contre, nous collectons les bonnes pratiques. Parmi celles-ci, il y en a quatre, au moins, qui méritent d’être rappelées. La première est qu’il faut bien choisir son réseau social de référence, c’est-à-dire celui auquel on consacrera le plus de temps et d’argent. En l’occurrence, c’est le réseaux social le plus utilisés par les clients que vous ciblez. La seconde, c’est qu’il faut créer un rendez-vous régulier avec ses clients et prospects, que ce soit à un rythme hebdomadaire, quotidien voire, plusieurs fois fois par jour. Cela dépend là encore du secteur d’activité et des internautes visés. En ce qui nous concerne, nous avons opté pour un rendez-vous hebdomadaire, chaque vendredi, ce qui ne nous empêche pas de poster des informations certains autres jours de la semaine. La troisième, c’est qu’il faut choisir d’entrée une ligne éditoriale et s’y tenir. Cela concerne le type de sujets abordés, la forme et la longueur des articles, la forme de la newsletter, le ton, etc. La quatrième, c’est la veille concurrentielle et la nécessité de ne pas négliger les réseaux sociaux sur lesquels sont présents vos compétiteurs.

  • Les services communication & marketing semblent aujourd’hui hésiter sur les bons KPI (nombre de clics, de likes, de followers, de prospects, de prospects “transformés”, chiffre d’affaire additionnel généré, etc.). Beaucoup peinent également à suivre le rythme de production de contenus qu’exige la mise à jour régulière des réseaux sociaux. Quelles solutions se dessinent-elles ?

 

Jonathan Noble : Parmi les indicateurs dont nous savons qu’ils sont suivis, il y a également le nombre de messages produits, le nombre de “retweets”, le taux et le coûts de la conversion… En fait, il n’existe pas un KPI qui soit universel : cela dépend de chaque entreprise et de chacune de ses campagnes en fonction des objectifs à atteindre. C’est sur cette base qu’il faut identifier les indicateurs les plus pertinents, et non imposer des KPI inadaptés. Enfin, les producteurs automatiques de contenus apparaissent aux Etats-Unis et ne vont pas tarder à être également proposés en France. Cela étant dit, il ne s’agit pas de solutions miraculeuses : il faudra toujours qu’un humain valide ces contenus….  

  • Par vocation, vous faites partie de ceux qui affirment que les campagne sur les réseau sociaux sont les moins coûteuses et les plus efficaces : quels-sont vos arguments ?

 

Jonathan Noble : Non, car nous pensons que les réseaux sociaux ne sont pas forcément le média le moins cher et le plus efficace. Bien sûr, il est moins coûteux de créer une page Facebook que d’investir dans une campagne de spots télévisés. Cela étant dit, une campagne bien menée sur les réseaux sociaux peut effectivement être peu coûteuse et très efficace. Cela nous incite à voir plus loin, à proposer de nouveaux services, à embaucher et à aller à l’international, ce qui passera probablement par une seconde levée de fonds.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

* Note de la rédaction (ndlr) : la somme a été levée auprès de PACA Investissement, de Var Business Angels, de Créazur et d’Olbia Invest.  

Journaliste et présentatrice de journaux télévisés sur BFM TV, Valérie Béranger, a lancé cet été 2017 une startup dédiée aux enfants (JTVKids), qui ne sera opérationnelle que début 2018. Quels sont les enjeux ?  

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  • On vous connaît surtout comme journaliste de BFM TV, où vous avez travaillé pendant plus de 10 ans, notamment en tant que présentatrice de journaux télévisés, après être passée par France 3, LCI, l’AFP (Agence France Presse) ou Libération. Aujourd’hui, vous lancez JTVKids : quel rapport et quel est le concept ?

 

Valérie Béranger : Le rapport, c’est que j’ai attrapé le “virus” de l’entreprenariat voilà plus de 10 ans, lorsque j’ai commencé à travailler sur BFM TV. En l’occurrence, j’ai lancé l’entreprise JTVKids voici seulement quelques mois, au début de l’été 2017, avec pour principal objectif que l’on s’adresse aux enfants “autrement”. Nous sommes partis d’un constat simple : on compte en moyenne 10 écrans par foyer alors qu’aucun n’est complètement approprié au public des enfants. Tout comme les adultes ont décidé voici plusieurs années qu’ils ne devaient plus attendre “le 20 heures” pour accéder à l’information, les enfants ne souhaitent plus que l’on décide de leur emploi temps à leur place et veulent de l’interactivité, ce que ne permettent pas aujourd’hui les médias dits “traditionnels”.

  • Comment cette interactivité va-t-elle se concrétiser ?

 

Valérie Béranger : Nous allons converser avec notre public, via un compagnon virtuel. Ce petit compagnon s’appelera M’Peola au masculin et Alicia au féminin. Il sera le lien entre l’enfant, notre équipe, les parents et les professeurs. La démarche est fondée sur la confiance entre l’enfant et son petit compagnon : ce dernier n’a pas du tout intérêt à ce que l’enfant la lui retire. En résumé, il faut s’imposer de remplacer “esprit mercenaire” (tendance qu’ont beaucoup de journalistes) par “intelligence collective”.

  • Cette personnalisation très forte pourrait exiger de mettre un humain en face de chaque enfant : quel autre modèle économique proposez-vous ?

 

Valérie Béranger : Les progrès de la technologie nous apportent une bonne partie de la réponse. Nous nous appuyons donc sur l’intelligence artificielle, qui est elle-même relayée par des ingénieurs, dont le rôle est d’adapter les contenus produits à chaque enfant. En résumé, il n’existe plus un seul et unique modèle économique qui soit appelé à durer tant et tant d’années. Depuis juillet 2017, j’ai fait évoluer le mien à quatre reprises, donc j’en suis bien convaincue. Quoi que l’on en dise et que l’on pense, il faut impérativement s’intéresser dès maintenant à toutes celles et ceux qui sont nés après 2005, car ils vont créer les modèles économiques de demain. Ce qui me semble plus clair aujourd’hui que lorsque j’étais salariée, c’est qu’il est important d’être formée pour gérer une entreprise et gérer jusqu’à sa trésorerie !

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO