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OpinionWay a mené pour Orange une vaste étude dans 7 pays. Une étude très complète dont vous pouvez retrouver les résultats complets sur l’usage du digital sur notre site. Il en ressort notamment que la France n’accuse pas de retard dans le domaine des usages du digital et qu’ils ont aussi des idées précises sur de futurs usages. 

L’étude menée par OpinionWay au printemps 2018 portait sur les usages du digital dans 7 pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Etats-Unis, Chine et Maroc). Elle a été réalisée pour le compte d’Orange et impressionne d’emblée par le nombre de personnes interrogées : près de 14 000 ! Il en ressort notamment que « la France n’est pas en retard en termes de maturité des usages digitaux ». 86% des Français utilisent ainsi Internet.

Les principales craintes des Français concernent logiquement l’utilisation des données personnelles, sujet dont il a été beaucoup question au printemps dernier avec l’entrée en vigueur du RGPD, et la dépendance aux écrans. L’étude fait par ailleurs apparaître quelques résultats étonnants : 48% des détenteurs d’animaux domestiques sont ainsi intéressés par des objets connectés permettant de les surveiller. Plus surprenant : 23% des Français interrogés seraient prêts à utiliser des objets connectés capables d’enregistrer ou de programmer leurs rêves. Il faut également noter que 12% des Français interrogés se disent d’accord pour qu’on leur implante sous la peau une puce électronique qui leur permettrait d’effectuer des paiements, d’ouvrir des portes ou de stocker des informations sur leur identité.

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Les domaines dans lesquels la France diffère le plus des autres pays étudiés sont les suivants : seuls 18% des Français se disent prêts à devenir « ami » avec leur manager sur Facebook (la proportion et de 37% en Espagne ou aux Etats-Unis et même de 58% en Chine) et 61% des Français sont opposés à l’utilisation des perches à selfie (contre seulement 11% des Chinois). Enfin, les Français consultent moins les médias en ligne et utilisent moins les messageries instantannées…

Pascal Boiron, Digital CMO

Sur le premier semestre l’année  2018, les investissements en publicité digitale ont progressé de plus de 15 % portant la part de marché du digital à 39 % des investissements totaux en médias. Selon les chiffres du Syndicat des Régies Internet et de PcW la dynamique est portée par le mobile, le social et la vidéo. Le cap d’une part de marché à 50 % se profile donc pour 2019.

Selon les chiffres du SRI, le marché de la publicité digitale  a atteint  2,264 M€ au 1er semestre 2018, il est en croissance de +15,5% par rapport au 1er semestre 2017. Tous les segments de marché progressent. Le search (soit principalement Google) progresse de +8,5% et représente désormais 47% du marché total avec une chiffre d’affaire net total de 1 078 M€. Le display, un moment à la peine,  progresse fortement à + 29,9% et représente 37 %  du marché global et un CA net total de 875 M€.  Les autre médias digitaux (comme le emailing) progressent de 6% pour atteindre un total de 366 M€.

Sur le display c’est bien le social qui  tire la croissance (+61,8%) et dont les investissements atteignent  désormais 467M€. Alors que le marché traditionnels des bannières progresse que de 6 %, la vidéo qui représente 41 % des formats du display tire lui aussi la croissance. Le social et le display vidéo bénéficient par ailleurs de la forte croissance du mobile dont l’usage est en pleine croissance. Le mobile représente 51% des investissements display (444M€), avec une progression de +60% et les réseaux sociaux représentent 83% des investissements sur mobile, en progression de +73,4% (371M€). En résumé search et réseau social dominent de plus en plus le marché des médias digitaux.  Même si le SRI ne parlent pas directement de Google et Facebook, il indique qu’au 1er semestre 2018, le search et les réseaux sociaux représentent 79% du marché display et search réunis contre 77% au 1er semestre  2017.

Selon les prévisions de l’agence GroupM, le digital va représenter 95% de la croissance du marché publicitaire dès cette année 2018. Et en 2019, le digital devrait peser 99% de la hausse. Ce ne sont pas les moins étonnantes des projections de cette étude.

Dès cette année, le digital devrait représenter 95% de la croissance du marché publicitaire international (l’estimation ne prend pas en compte le marché français –  jugé « trop petit » – mais le pourcentage varierait peu si le marché français était inclus). Plus fort : la proportion devrait atteindre 99% l’an prochain, en 2019.

Ce « 99% » est impressionnant et il a logiquement attiré toute l’attention de nombreux médias, mais ce n’est pas le seul constat disruptif de cette enquête annuelle de l’agence GroupM, l’un des plus gros annonceurs au niveau mondial. Pour cette année 2018, la croissance du marché publicitaire devrait ainsi être sensiblement plus forte qu’en 2017 : + 4,5% au lieu de + 3,5%. Cette tendance va logiquement booster la part de marché du digital dans les dépenses publicitaires : elle a été de 36% en 2017, devrait être de 39% en 2018 et pourrait atteindre 41% en 2019, selon GroupM.

Le résultat est que – pour la première fois dans ce baromètre – la publicité digitale va être supérieure à la publicité télévisuelle, et ce dès 2018. La « bascule » n’intervient pas au même moment en fonction des pays. Pour des raisons politiques, la Chine est le pays le plus avancé dans le domaine digital (65,3% des dépenses en 2019 selon GroupM), tandis que le Canada atteindra 55,7% et que les Etats-Unis verront pour la première fois passer le digital devant la télévision (40% au lieu de 39,9%).

Ainsi, selon cette étude, 2019 devrait être la première année où les dépenses publicitaires « médias » vont être supérieures aux « States » dans le digital qu’en télévision, loin devant les magazines, les quotidiens, la radio et les autres types de médias.

Ca y est : la Chine passe devant les USA

Il fallait que cela arrive. Selon GroupM, cela va se faire en 2019 : le marché publicitaire dans les médias sera plus fort en Chine qu’aux Etats-Unis (quasiment 211 milliards de dollars contre 210,7). A côté de ces deux rivaux, l’Europe de l’Ouest fait piètre figure : avec 110,7 milliards de dollars, elle représente environ un quart des sommes investies sur ces deux marchés.

Globalement, l’Europe de l’Ouest affiche pourtant de meilleurs résultats que des pays émergeants, comme le Brésil ou l’Inde (la part du digital ne sera que de 4,5% au Brésil et de 20,3% en Inde), tandis qu’elle sera de 30,6% en Allemagne et – même – de 60,7% au Royaume Uni en 2019. Cela étant, l’Europe de l’Ouest fait globalement moins bien que la Russie, où le digital va devancer la télévision dès cette année 2018 : en 2019, la part du digital devrait atteindre 41,4%, contre 41% pour la TV.

Pascal Boiron, Digital CMO

Amazon vient d’acheter les droits pour diffuser au Royaume Uni une vingtaine de matchs de Premier League de football, mais ce n’est pas la première incursion du géant du net dans le sport. Rappel.

A quelques jours de l’ouverture de la coupe du monde de football en Russie, l’annonce a fait beaucoup de bruit Outre-manche et dans le monde des droits télévisés. De prime abord, il peut sembler surprenant de voir un géant du e-commerce faire irruption au milieu des diffuseurs traditionnels du football. En fait, ce n’est pas la première incursion d’Amazon dans ce domaine.

En ce qui concerne l’accord, il porte sur la diffusion de 20 matchs par an à partir de la saison 2019-2020, pour une période de trois années. Amazon entre ainsi en concurrence avec les deux grands diffuseurs locaux du Footbal : Sky et BT. Cerise sur le gâteau : parmi les 20 matchs qu’il diffusera, Amazon va proposer les 10 matchs du « boxing day » du 26 décembre 2019, c’est-à-dire les rencontres les plus populaires au Royaume Uni, mais également le jour où les achats sont les plus importants. Quel est l’intérêt de diffuser ces matchs pour Amazon ? Les expériences d’Amazon dans le domaine du sport ont montré que les personnes qui regardaient un match grâce à Amazon achetaient en priorité chez Amazon. Le géant du e-commerce achète donc pour une somme relativement modique (le prix officiel n’est pas public mais les estimations de la presse britannique évoquent environ 600 M€) une bonne partie des achats réalisés au lendemain de Noël. Le fonctionnement est simple : il suffira de s’abonner pendant un mois d’essai, donc gratuit, à Amazon Prime Video, de regarder les matchs et, le cas échéant, de le résilier avant terme.

Cette logique avait déjà conduit Amazon à acquérir les droits de diffusion exclusifs de l’US Open pour le Royaume Uni (l’US Open a lieu fin août-début septembre) ou encore les droits de diffusion du football américain pour les Etats-Unis. Ces deux accords ont été annoncés en avril.

En France, cette annonce a un écho particulier, car elle intervient quelques semaines après que le diffuseur historique du football en France, Canal+, ait perdu l’ensemble de ses droits et au moment où Amazon lance (à moitié prix, les premiers jours) dans l’Hexagone son enceinte intelligente Echo et de son assistante vocale Alexa.

Pascal Boiron, Digital CMO

Le faux assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko relance le débat sur l’incapacité des robots et de l’IA de déceler les « fake news ». Les humains ne font pas vraiment mieux.

La presse mondiale s’est faite bernée par l’annonce de la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko, qui aurait été assassiné dans la capitale de l’Ukraine, Kiev, par les services russes. Le 30 mai 2018, lors d’une conférence de presse, l’information a été démentie et Arkadi Babtchenko est venu, pour montrer qu’il était bel et bien vivant. Trop tard, car nombre de médias avaient déjà publié, sur leur site ou dans leurs éditions papier, des articles sur cet assassinat. Les médias concernés ont logiquement fait état de leur mécontentement, estimant notamment qu’une « ligne rouge avait été franchie ». Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières a ainsi estimé qu’il est « pathétique et regrettable que la police ukrainienne joue ainsi avec la vérité, quel que soit le motif». Sans parler des médias, ainsi entraînés dans la danse macabre ».

En France, plusieurs grandes marques de la presse, dont Le Monde, ont été impactées. Cet incident relance le débat sur l’incapacité des robots et de l’intelligence artificielle de repérer des « fake news » lorsqu’ils sélectionnent ou reprennent une information, voire à accélérer la propagation de ces fausses nouvelles. En l’occurrence dans ce cas, ce sont des humains qui ont été bernés.

L’IA a plusieurs années d’expérience

Et si les robots remplaçaient bientôt les journalistes ? Dans les faits, l’intelligence a déjà sa place au sein des rédactions depuis plusieurs années, mais pas en tant que journaliste. Le rôle des robots et de l’IA est plutôt de faire du « desk », c’est-à-dire de faire un premier tri dans la masse d’informations reçues par les rédactions, de proposer des « revues de presse » et de rédiger des articles, en général courts. On sait que des médias comme Le Monde, mais aussi L’Express, Le Parisien ou Radio France utilisent ces « rédacteurs automatiques » depuis au moins trois ans. Pour cela, ils ont notamment recours à la technologie de la startup française Syllabs. Sur son site, la jeune entreprise précise : « Lors des élections départementales de 2015, nous avons mis en place un service web pour produire des textes en temps réel sur les résultats des élections, à la fois par canton et par commune. Ces textes accompagnent les tableaux sur les pages des résultats pour chaque lieu. Au total, notre robot rédacteur a couvert l’intégralité des cantons (2054) et plus de 34 000 communes. Cela a permis au journal Le Monde de couvrir les élections de façon globale et de produire 36 000 textes pendant la nuit électorale. »

Quand les robots « aident » les journalistes

Les robots de Syllabs se présentent aujourd’hui comme les « premiers fournisseurs d’articles rédigés automatiquement pour les médias français, le secteur du tourisme, l’e-commerce, l’immobilier et le webmarketing. »

Des dizaines d’autres titres de presse se préparent à utiliser – ou utilisent déjà – l’intelligence artificielle pour faciliter le travail des journalistes, de Nice-Matin à Sud-Ouest en passant par 20 Minutes. Ce dernier va mettre en place un nouvel outil de publication (au plus tard début 2019, selon Stratégies) qui suggérera aux journalistes des mots-clés et des articles à associer à celui qu’il rédige, des photos pour l’illustrer ou encore un titre optimal pour le référencement Google…

Dernier exemple pour rappeler que les robots ne font d’erreurs que si l’erreur de base est humaine, rapporté dans Stratégies : les quatre robots de la startup Flint (Flint, Gordon, Yolo et Jeff). Ils identifient les articles « à ne pas rater sur l’actualité d’un secteur », mais la démonstration ne doit pas avoir lieu un 1er avril, surtout en France, car les robots reprennent les fausses informations que les médias publie chaque fois ce jour-là. Qui faut-il blâmer ?  Les robots ou les journalistes qui s’ingénient à écrire de fausses informations chaque 1er avril ?

Pascal Boiron, Digital CMO

Alors que les chatbots se multiplient, la startup française Gogowego propose une plateforme loogicielle qui permet de les fédérer et d’analyser leur impact sur l’activité.

Créée en 2016, la startup française Gogowego est née d’une idée simple : alors que les chatbots commençaient déjà à se multiplier, elle proposait une solution logicielle pour mettre de l’ordre dans cette kyrielle de chatbots, de voicebots et autres robots conversationnels.

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Aujourd’hui, certaines grandes entreprises ou collectivités ont déployé jusqu’à plusieurs dizaines de chatbots sur tous types de sujets. « L’idée de base est créer un « chatbot chapeau », qui fait office de porte d’entrée unique, explique Antoine Aamarcha, fondateur de Gogowego. Nous avons également voulu résoudre le problème posé dans la gestion des chatbots par l’empilement de technologies différentes. Troisième point clé : nous proposons une batterie d’analytics qui permet aux clients de mesurer l’impact des chatbots sur l’expérience-client. »

Face à elle, Gogowego trouve notamment Google, qui a développé l’outil « Chatbase », présenté comme le Google Analytics des chatbots, solution focalisée sur l’analyse (et pas la fédération), proposée gratuitement. « Notre plateforme est également gratuite pour les développeurs », répond Antoine Aamarcha. Dans ce contexte, Gogowego souhaite faire grandir le plus vite possible une communauté de développeurs de chatbots : « nous voulons réunir plus 500 chatbots d’ici fin 2018, explique Antoine Aamarcha.

Plusieurs fois récompensée (lauréate des « Challenges Numériques Smart City, concours d’innovation numérique de Bpi France…), Gogwego a été fondée en juin 2016 par Antoine Aamarcha, ancien CTO d’Orange, diplômé de l’INP- ENSEEIHT (Institut National Polytechnique de Toulouse – École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) et de la Johns Hopkins University (cursus de data scientist).

Pascal Boiron, Digital CMO

Groupe média digital, Reworld a réalisé en 2017 les trois quarts de son chiffre d’affaires (185,6 M€) dans le numérique. Les 11 titres qu’il possède (dont Marie France, Be, Le Journal de la Maison, Maison&Travaux, Gourmand, Auto Moto, Télé Magazine…) ne représentent plus que 25% des revenus. Entretien avec Jérémy Parola, Directeur des Activités Numériques de Reworld Media.

  • Le numérique pèse environ 75% du chiffre d’affaires de Reworld Media. Le groupe a-t-il encore besoin d’acquérir de nouveaux titres ?

Jérémy Parola : Oui et non ! Oui, parce que le groupe va certainement acquérir de nouvelles marques (ndlr : Reworld Media serait notamment sur les rangs pour reprendre des titres du groupe Lagardère – il en a déjà racheté 8 – et de Mondadori). Il faut notamment renforcer notre présence sur certains créneaux et investir des segments à fort potentiel de développement d’où nous étions absents. Non, parce que le développement des marques de presse est très risqué et coûteux.

  • Pouvez-vous être plus précis ?

Jérémy Parola : Non et je ne commenterai pas davantage les rumeurs concernant les éventuelles acquisitions du groupe.

  • Peut-on résumer la situation en disant qu’il y a d’un la presse imprimée – toujours en recul – et de l’autre le digital, dont vous vous occupez ?

Jérémy Parola : Nous ne sommes pas organisés de cette manière. Nous pensons qu’il faut des activités numériques partout et l’enjeu consiste donc à développer cette stratégie de façon transverse. C’est important pour chacune des marques car c’est désormais leur premier levier de croissance. Je rappelle que nous avons intégré certains titres qui n’avaient aucune activité numérique. En 2017, les activités digitales de « media branding » ont progressé de 57%, tandis que nos activités dans le « print » reculaient de 4%, ce qui est mieux que la moyenne du marché français, qui est marquée par une baisse d’environ 15% !

  • L’intelligence artificielle a-t-elle sa place chez Reworld ?

Jérémy Parola : Nous utilisons déjà des technologies d’IA pour fixer les prix des publicités. Nous travaillons avec des algorithmes qui « préparent » le terrain, mais la décision finale est toujours prise par un humain. Nous multiplions par ailleurs les tests avec des « chatbots », des robots conversationnels ou plus simplement avec des arbres décisionnels. Dans tous les cas, nous analysons le plus finement le retour sur investissement de ces nouveaux outils. Le but n’est pas de perdre de l’argent dans le seul but de « suivre » un effet de mode !

  • Serez-vous prêts pour l’entrée en application du RGPD (Règlement Général pour la Protection des Données personnelles) le mois prochain ?

Jérémy Parola : Oui ! Nous avons commencé à travailler sur le sujet RGPD début 2017 et le cadre nous semble clair. Nous avons commencé par faire un audit sur notre façon de collecter les données et sur la nature de ces données. En l’occurrence, il est apparu que des médias tels que les nôtres manipules relativement peu de données dites « sensibles ». Le principal changement concerne nos prestataires : nous avons renégocié tous les contrats en veillant à ce qu’ils puissent se mettre en conformité avec le RGPD, ce qui nous a conduit à arrêter de travailler avec certains d’entre eux. Enfin je rappelle que nous respectons scrupuleusement la charte CPA (ndlr : Collectif des Plateformes d’Affiliation), qui nous conduit notamment a obtenir un « double » consentement des internautes sur la collecte de leurs données.

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Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

Directeur Général de Camp de Bases, Christophe Cousin est également le Chief Data Officer (CDO) de Webedia. Webedia se présente comme le 1er groupe Internet de France et comme l’un des principaux à l’échelle mondiale, il rassemble plus de 180 millions de visiteurs uniques chaque mois dans le monde, dont 28 millions en France, avec plus de 50 marques médias (Allociné, PurePeople, Puretrend, Jeuxvideo.com, 750g.com, EasyVoyage…). Alors que l’automatisation bat son plein et que la « data » est le centre de toutes les attentions, Christophe Cousin – pourtant CDO – prédit* un important « retour de balancier » vers l’humain et les sciences humaines. Entretien.

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  • Que voulez-vous dire en prédisant le retour de l’humain dans les pratiques marketing ?

Christophe Cousin : Ce que je veux dire est résumé par quatre mots, qui commencent tous par un « c » : le courage, la curiosité, la créativité et la clairvoyance. Pourquoi le courage ? Parce qu’il en faut aujourd’hui pour aller à contre-courant de la pensée dominante, qui tend à vénérer les algorithmes. Cette première affirmation m’amène à développer deux autres notions : la « curiosité » et la « créativité ». En l’occurrence, les algorithmes ne sont ni curieux ni créatifs. Certes, ils ont de la mémoire, mais il ne faut pas confondre la capacité à emmagasiner des données et la curiosité. De même, ils savent bien traiter les données, mais se bornent à exécuter les instructions que les humains leur donnent et ne prennent pas d’initiative : là encore, il ne faut pas confondre la capacité à bien faire ce que l’on vous demande de faire et la créativité. Cela me conduit à la quatrième notion, qui est la « clairvoyance » : à force d’être croisées, recroisées, triturées, les données finissent par ne plus être pertinentes. Il faut que les professionnels du marketing se méfient des données et évitent le syndrome des « femmes enceintes » (ndlr : Christophe Cousin fait là référence au nombre de femmes enceintes recensées en France par un professionnel de la data, qui était de 18 millions, chiffre aberrant cité par Christophe Poupinel, patron d’Ooreka, dans une interview vidéo accordée à La Réclame.

  • Ne doit-on pas s’étonner qu’un Chief Data Officer soit aussi méfiant des données ?

   Christophe Cousin : Mon propos ne pas être réduit à ces quatre notions (ndlr : pour rappel, courage, curiosité, créativité et clairvoyance). Il doit être complété par deux idées fortes. La première est la « complémentarité ». A priori, ce n’est que du bon sens, mais il semble qu’il ne guide pas les décisions dans de nombreux cas aujourd’hui : les algorithmes et les humains sont complémentaires. Vouloir choisir pour le « tout humain » ou le « tout algorithme » serait une erreur. La seconde est la conscience. La mise en place du RGPD est un premier pas très intéressant pour que la data retrouve la confiance de tous et je considère que cette évolution est positive.

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  • Dans le même temps, la montée en puissance des adblockers : leur action freine-t-elle votre développement ?

Christophe Cousin : Je ferai deux réponses à ce sujet. D’une part, il y a la volonté de certains internautes de ne plus recevoir d’informations publicitaires. Cette volonté est respectable et nous en tenons compte. D’autre part, il y a les stratégies des adblockers. Elles ne sont pas toutes transparentes et, le moment venu, il faudra s’intéresser de plus près à leurs modèles économiques.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO

 * Christophe Cousin est intervenu lors de l’édition 2018 du Forum du CMIT sur le thème « Quelle place pour l’humain face à un marketing piloté par les data et les algorithmes ? »

Aux Jeux Olympiques, il y a les performances sportives… et il y a les autres ! En l’occurrence, à l’occasion de ces JO de PyeongChang, en Corée du Sud, Snapchat a fait progresser son audience avec France Télévision de quasiment 55,6% par rapport au JO de Rio (7 millions contre 4,5 millions en 2016). La principale explication est liée à l’arrivée massive des « milleniums » parmi les personnes qui suivent les épreuves olympiques et leur usage intensif de Snapchat.

Snapchat a mené une belle opération de force à l’occasion des Jeux Olympiques de PyeongChang, en Corée du Sud : le nombre de « Snapchatters » qui ont suivi les éditions consacrées aux JO d’hiver sur France Télévision ont fait un bond de près de 55,6%, passant de 45 à 70 millions.

C’est une belle opération pour Snaptchat, mais c’est également une bonne nouvelle pour France Télévision, car 73% des personnes qui ont suivi les contenus dédiés avaient moins de 25 ans, ce qui donne un « coup de jeune » à ce média réputé « vieillissant ».

Dans son communiqué, Snapchat et France Télévision ont expliué : « Placés au cœur de l’action, les 11 millions de Snapchatters en France, ont ainsi pu vivre tous les temps forts de la délégation française, en apprendre davantage sur les coulisses des Jeux à PyeongChang, la vie des athlètes sur place et la culture coréenne, mais également répondre à des sondages et bien sûr découvrir tous les résultats en temps réel. »

La recette a visiblement bien fonctionné, puisque Laurent-Eric Le Lay, Directeur des sports de France Télévisions, a déclaré : « Avec ce partenariat, le Groupe France Télévisions complète ses dispositifs télévisuels et numériques en offrant des contenus en motion design spécifiques à destination des millennials. Cette nouvelle écriture nous permet d’innover et d’enrichir nos lignes éditoriales. France tv sport a donné beaucoup d’attention à ce dispositif exceptionnel que nous souhaitons renouveler sur d’autres événements. »

Autrement dit, l’expérience va se poursuivre. Et ce d’autant plus que Snapchat affiche une audience de 70% des 13-34 ans aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni et en Australie. Mieux, les moins de 25 ans se rendent sur l’application 25 fois par jour et y consacrent 40 minutes en moyenne.

La Rédaction, Digital CMO  

Les résultats de Twitter sont meilleurs que prévus, mais le site de microblogging veut reconquérir sa crédibilité en partant à la chasse aux « faux followers », qui se compteraient par millions.

D’un côté, les dirigeants de Twitter peuvent se féliciter d’afficher des résultats meilleurs que prévus pour le quatrième trimestre 2017. Le chiffre d’affaires progresse de 2% pour atteindre 731,6 M$. La publicité, qui représente la grande majorité des revenus, est en progression de 1% et s’est élevée à 644 M$. Mieux, l’entreprise annonce qu’elle a réalisé un bénéfice de 91 M$ au dernier trimestre 2017, au lieu d’une perte de 167 M$ un an plus tôt. Cela étant, Twitter réalise un chiffre d’affaires de 2,44 milliards de dollars, soit moins qu’en 2016 (2,53 milliards) et reste en pertes sur l’ensemble de l’année 2017. Mais elles ne se montent « seulement » à 108 M$, contre – 457 M$ en 2016.

De l’autre, les dirigeants de Twitter s’inquiètent de la perte potentielle de crédibilité de la plateforme, notamment suite aux révélations du New York Times sur l’existence de plusieurs millions de faux followers. Dans ce contexte, Twitter s’est engagé à lutter contre la vente massive de faux abonnés. Plusieurs sociétés se sont faites une spécialité de ce commerce frauduleux, dont « Devumi », dont la base line est justement « Accelerate Your Social Growth ». Le sujet fait logiquement grand bruit et un million de « faux followers » auraient déjà disparus, sachant qu’il en existe probablement plusieurs millions. Le prix moyen d’un pack de 250 000 faux abonnés serait de 1 450 euros, soit moins de 0,006 euros le faux follower. Parmi les acheteurs, on trouve logiquement des célébrités, des femmes et hommes d’affaires ou encore des responsables politiques.

La Rédaction, Digital CMO