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Pourquoi un industriel rachète un média digital ? Sans doute parce que le poids des communautés et des influenceurs sur les médias digitaux est de plus en plus important. Selon Statista,  l’alimentation et la cuisine est le second domaine que suivent les français via des influenceurs. SEB en rachetant 750g se positionne directement auprès d’eux.

Le Groupe SEB, référence mondial sur le marché du petit équipement domestique avec près de 6,5 Mds d’euros de CA  a annoncé l’acquisition de 750g International, un éditeur média français  de sites et services culinaires français également présent en Allemagne, Espagne, Italie, Portugal, Brésil, USA et Royaume Uni.  750g est un éditeur 100 % digital qui rassemble une audience de 10 millions de fans Facebook, 450 000 membres et 5 000 blogueurs à travers différents sites. Son  portefeuille de 90 000 recettes publiées en 5 langues dans 7 pays générerait plus de 10 millions de visites par mois. 750g produit également des contenus spécifiques avec notamment l’impression de livres de recettes ou la création de contenus sur des plateformes digitales.

En rachetant  cette activité, SEB se positionne directement sur la communauté digitale autour de l’alimentation et de la cuisine avec une audience qu’elle estime à 5 millions de membres. Un domaine qui se situe en 2ème position selon le  dossier Statista sur les influenceurs français  qui compile une série de données permettant de mieux comprendre leurs profils, mais aussi leurs rapports avec les marques et leur audience. Ce contenu est  devancé par  la culture (littérature, cinéma, jeux vidéo, etc.) mais devance celui sur   l’équipement hi-tech. Avec cette acquisition SEB prend pour un industriel un virage stratégique visant à maîtriser complètement son audience digitale en proposant une nouvelle convergence des contenus et de services offerts par un industriel.

Le mouvement de consolidation des jeunes entreprises de la vague digitale se poursuit. Synthésio vient d’annoncer son rachat par la société d’études Ipsos. Un rachat qui peut se comprendre par le positionnement de Synthésio sur l’étude des conversations sur les réseaux sociaux mais qui traduit aussi la convergence s’opérerant entre les marchés des études et de la relation client. 

Synthésio,, jeune entreprise positionnée sur l’écoute et l’analyse des conversations sur les réseaux sociaux, a annoncé son rachat par Ipsos fondé en 1975 et qui est l’un des leaders des études de marché et des opinions. Synthésio fait partie de ces jeunes entreprises qui ont levé rapidement des fonds au cours des cinq dernières années  et qui se sont positionnées sur l’analyse des données digitales.  Synthesio a été fondée en 2006 et possède des bureaux à New York, Paris, Londres, Singapour et Bruxelles.

Dans un communiqué, Loic Moisand, PDG et cofondateur de Synthesio, a précisé les raisons de ce rapprochement.  «Notre focalisation sur les technologies innovantes, y compris l’Intelligence Artificielle, afin de détecter les opinions des consommateurs à partir de milliards de conversations en ligne et l’expérience d’Ipsos en matière d’études de marché et de conseil, offriront à nos clients communs un moyen unique de construire et de faire progresser leurs programmes d’intelligence sociale. Cette acquisition amènera les clients à des informations sociales plus exploitables et en temps réel, et leur donnera un avantage concurrentiel plus fort sur le marché.  »

Mais synthesio souhaite aller au delà de cet aspect sur le marché de la relation client. Selon Synthésio, la société prévoit dans l’avenir d’être la plateforme de référence de l’ensemble des entités commerciales d’une entreprise. Les prochaines versions de sa solution seront axées sur la configuration rapide et puissante de tableaux de bord, le marketing d’influence, et l’analyse prédictive des tendances par le biais de l’intelligence artificielle précise la jeune entreprise.

Du coté d’Ipsos on peut noter que ce rachat s’inscrit principalement dans la volonté de la société d’études de renforcer son expertise en matière d’écoute sociale. « Nous sommes heureux d’accueillir l’équipe de direction de Synthesio. En combinant nos forces, nous donnerons à nos clients l’accès à un plus large éventail de données, à des informations exploitables et à une compréhension plus profonde des clients. « a déclaré Didier Truchot, président-directeur général d’Ipsos à l’occasion de ce rachat. Ipsos a également précisé que Synthesio restera une entité autonome.

Pour la société d’études le challenge sera maintenant de financer la course technologique dans ce domaine avec notamment les grands éditeurs de logiciels américains comme Oracle, Salesforce ou encore Adobe qui font de l’analyse des données digitales un axe important de développement. Cela demandera une approche plus centrée sur la relation client et sans doute que cela passera par d’autres acquisitions complémentaires pour faire face à la convergence des métiers du marketing et des études.

 

A la fois producteur et réalisateur, Dominique Farrugia juge le marketing indispensable pour la promotion d’un film mais absolument pas nécessaire pour concevoir une œuvre cinématographique. Lors du salon One to One Digital Marketing de Biarritz (10 au 12 octobre), il a bien voulu répondre aux questions de Digital CMO sur le thème de la créativité dans la production de contenus.

Vincent Biard – Pourquoi venir à un salon sur le marketing ?

Dominique Farrugia : Parce que déjà on me l’a demandé poliment et dans ce cas je ne sais pas dire non. Aujourd’hui je fais du cinéma et de la série mais le marketing est un élément majeur du cinéma français. Il faut savoir comment marketer un film, trouver des idées et avancer. Sans marketing on ne peut pas faire venir les gens dans les salles et notamment parce qu’ils regardent des films chez eux en VOD. Le marketing est indispensable pour donner envie aux gens d’aller au cinéma avec des affiches et des bandes annonces. Il est nécessaire de passer aussi par les réseaux sociaux pour la publicité des films. On peut produire des contenus originaux et attractifs destinés aux réseaux sociaux.

Vincent Biard – Avec les évolutions des technologies du marketing qui proposeront peut-être de l’analyse comportementale des spectateurs, quelle place restera-t-il à la créativité ?

Dominique Farrugia : Je ne connais pas un scénariste susceptible d’écrire un scénario avec ce que vous venez d’évoquer. Cela n’existe pas. Aujourd’hui, un film est une œuvre qui se met en mouvement avec le temps. Ensuite il y a un cinéma américain de plutôt bonne facture avec des héros de notre enfance et qui propose de grands spectacles dans lesquels il y a beaucoup de marketing. C’est l’intelligence d’une boîte comme Disney qui fait 40% de parts de marché aux Etats-Unis et qui a racheté les plus importantes franchises comme Star wars, Marvel ou Pixar.

Vincent Biard – Si les auteurs et les créateurs ne sont pas contraints par des impératifs d’audience issus des nouveaux outils d’analyse, peut-être que les producteurs le sont non ?

Dominique Fzrrugia : Je pense qu’un jour le big data nous aidera à adresser un film à une population spécifique. Aujourd’hui une quinzaine de films sort en salle chaque semaine en France et nous avons l’une des plus belles couvertures européennes de complexes cinématographiques. Il faut remplir ces salles et nous le faisons avec des films divers et variés. La comédie reste ce qu’ont envie de voir les Français, notre seule certitude est l’envie de communion des Français en allant voir des films.

Vincent Biard – Comment voyez-vous l’évolution des médias avec le web et les différents supports de lecture ?

Dominique Farrugia : C’était très novateur de créer Canal + en 1984, une chaîne de télévision payante sur laquelle j’ai fait mes premiers directs. En 1997 j’ai créé la chaine Comédie et on se disait qu’il y aurait trop de chaînes et Comédie existe toujours. Il faut vivre avec son temps et s’adapter. Il y a pléthore de programmes mais aussi de contenus et c’est pour en parler que je suis ici. Le contenu va être au centre des débats dans les années qui viennent.

Vincent Biard – Que pouvez-vous conseiller à ces professionnels du marketing pour produire des contenus de qualité ?

Dominique Farrugia : Je vais leur expliquer ce que j’ai fait. Je ne vais pas leur donner de conseils car je ne suis pas là pour cela et ils sont beaucoup plus intelligents que moi.

SoLocal et Facebook sont de plus en plus proches : « Social Vidéo » est le quatrième partenariat que les deux entreprises annoncent depuis juin 2018, voici trois mois.

On peut désormais parler d’une gamme, car « Social Vidéo » est la quatrième solution que SoLocal lance avec Facebook, après « Social Tract », « Social Clic » et « Social Réseaux ». Accessible pour toutes les entreprises, le pack Social Vidéo proposé par SoLocal devra atteindre deux objectifs : au moins 1 500 vues par vidéo et une durée minimale de visionnage supérieure à 10 secondes. SoLocal prend-t-il là un gros risque ? « 82% du trafic Internet concernera la vidéo d’ici 2020. La vidéo publicitaire est un format en plein essor, encore peu démocratisé auprès des entreprises locales. SoLocal a décidé de répondre à ce besoin en réunissant son expertise publicitaire et la portée de Facebook pour en faire profiter ses clients », explique Amaury Lelong, Directeur Publicité Digitale, Data et Nouveaux Produits de SoLocal.

En d’autres termes, SoLocal estime qu’il ne prend pas un grand risque en proposant cette offre « clé-en-main », qui va « de la prise de brief jusqu’au bilan de campagne » (dont une vingtaine de prises de vue HD au sein de l’établissement, le montage d’une vidéo et l’analyse de trafics managers pour optimiser les campagnes réalisées). SoLocal affirme que cette offre est pour l’instant « unique ».

Pour l’heure, la seule grande inconnue – et non des moindres – est le prix de vente de cette nouvelle solution.

La Rédaction, Digital CMO

OpinionWay a mené pour Orange une vaste étude dans 7 pays. Une étude très complète dont vous pouvez retrouver les résultats complets sur l’usage du digital sur notre site. Il en ressort notamment que la France n’accuse pas de retard dans le domaine des usages du digital et qu’ils ont aussi des idées précises sur de futurs usages. 

L’étude menée par OpinionWay au printemps 2018 portait sur les usages du digital dans 7 pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Etats-Unis, Chine et Maroc). Elle a été réalisée pour le compte d’Orange et impressionne d’emblée par le nombre de personnes interrogées : près de 14 000 ! Il en ressort notamment que « la France n’est pas en retard en termes de maturité des usages digitaux ». 86% des Français utilisent ainsi Internet.

Les principales craintes des Français concernent logiquement l’utilisation des données personnelles, sujet dont il a été beaucoup question au printemps dernier avec l’entrée en vigueur du RGPD, et la dépendance aux écrans. L’étude fait par ailleurs apparaître quelques résultats étonnants : 48% des détenteurs d’animaux domestiques sont ainsi intéressés par des objets connectés permettant de les surveiller. Plus surprenant : 23% des Français interrogés seraient prêts à utiliser des objets connectés capables d’enregistrer ou de programmer leurs rêves. Il faut également noter que 12% des Français interrogés se disent d’accord pour qu’on leur implante sous la peau une puce électronique qui leur permettrait d’effectuer des paiements, d’ouvrir des portes ou de stocker des informations sur leur identité.

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Les domaines dans lesquels la France diffère le plus des autres pays étudiés sont les suivants : seuls 18% des Français se disent prêts à devenir « ami » avec leur manager sur Facebook (la proportion et de 37% en Espagne ou aux Etats-Unis et même de 58% en Chine) et 61% des Français sont opposés à l’utilisation des perches à selfie (contre seulement 11% des Chinois). Enfin, les Français consultent moins les médias en ligne et utilisent moins les messageries instantannées…

Pascal Boiron, Digital CMO

Sur le premier semestre l’année  2018, les investissements en publicité digitale ont progressé de plus de 15 % portant la part de marché du digital à 39 % des investissements totaux en médias. Selon les chiffres du Syndicat des Régies Internet et de PcW la dynamique est portée par le mobile, le social et la vidéo. Le cap d’une part de marché à 50 % se profile donc pour 2019.

Selon les chiffres du SRI, le marché de la publicité digitale  a atteint  2,264 M€ au 1er semestre 2018, il est en croissance de +15,5% par rapport au 1er semestre 2017. Tous les segments de marché progressent. Le search (soit principalement Google) progresse de +8,5% et représente désormais 47% du marché total avec une chiffre d’affaire net total de 1 078 M€. Le display, un moment à la peine,  progresse fortement à + 29,9% et représente 37 %  du marché global et un CA net total de 875 M€.  Les autre médias digitaux (comme le emailing) progressent de 6% pour atteindre un total de 366 M€.

Sur le display c’est bien le social qui  tire la croissance (+61,8%) et dont les investissements atteignent  désormais 467M€. Alors que le marché traditionnels des bannières progresse que de 6 %, la vidéo qui représente 41 % des formats du display tire lui aussi la croissance. Le social et le display vidéo bénéficient par ailleurs de la forte croissance du mobile dont l’usage est en pleine croissance. Le mobile représente 51% des investissements display (444M€), avec une progression de +60% et les réseaux sociaux représentent 83% des investissements sur mobile, en progression de +73,4% (371M€). En résumé search et réseau social dominent de plus en plus le marché des médias digitaux.  Même si le SRI ne parlent pas directement de Google et Facebook, il indique qu’au 1er semestre 2018, le search et les réseaux sociaux représentent 79% du marché display et search réunis contre 77% au 1er semestre  2017.

Selon les prévisions de l’agence GroupM, le digital va représenter 95% de la croissance du marché publicitaire dès cette année 2018. Et en 2019, le digital devrait peser 99% de la hausse. Ce ne sont pas les moins étonnantes des projections de cette étude.

Dès cette année, le digital devrait représenter 95% de la croissance du marché publicitaire international (l’estimation ne prend pas en compte le marché français –  jugé « trop petit » – mais le pourcentage varierait peu si le marché français était inclus). Plus fort : la proportion devrait atteindre 99% l’an prochain, en 2019.

Ce « 99% » est impressionnant et il a logiquement attiré toute l’attention de nombreux médias, mais ce n’est pas le seul constat disruptif de cette enquête annuelle de l’agence GroupM, l’un des plus gros annonceurs au niveau mondial. Pour cette année 2018, la croissance du marché publicitaire devrait ainsi être sensiblement plus forte qu’en 2017 : + 4,5% au lieu de + 3,5%. Cette tendance va logiquement booster la part de marché du digital dans les dépenses publicitaires : elle a été de 36% en 2017, devrait être de 39% en 2018 et pourrait atteindre 41% en 2019, selon GroupM.

Le résultat est que – pour la première fois dans ce baromètre – la publicité digitale va être supérieure à la publicité télévisuelle, et ce dès 2018. La « bascule » n’intervient pas au même moment en fonction des pays. Pour des raisons politiques, la Chine est le pays le plus avancé dans le domaine digital (65,3% des dépenses en 2019 selon GroupM), tandis que le Canada atteindra 55,7% et que les Etats-Unis verront pour la première fois passer le digital devant la télévision (40% au lieu de 39,9%).

Ainsi, selon cette étude, 2019 devrait être la première année où les dépenses publicitaires « médias » vont être supérieures aux « States » dans le digital qu’en télévision, loin devant les magazines, les quotidiens, la radio et les autres types de médias.

Ca y est : la Chine passe devant les USA

Il fallait que cela arrive. Selon GroupM, cela va se faire en 2019 : le marché publicitaire dans les médias sera plus fort en Chine qu’aux Etats-Unis (quasiment 211 milliards de dollars contre 210,7). A côté de ces deux rivaux, l’Europe de l’Ouest fait piètre figure : avec 110,7 milliards de dollars, elle représente environ un quart des sommes investies sur ces deux marchés.

Globalement, l’Europe de l’Ouest affiche pourtant de meilleurs résultats que des pays émergeants, comme le Brésil ou l’Inde (la part du digital ne sera que de 4,5% au Brésil et de 20,3% en Inde), tandis qu’elle sera de 30,6% en Allemagne et – même – de 60,7% au Royaume Uni en 2019. Cela étant, l’Europe de l’Ouest fait globalement moins bien que la Russie, où le digital va devancer la télévision dès cette année 2018 : en 2019, la part du digital devrait atteindre 41,4%, contre 41% pour la TV.

Pascal Boiron, Digital CMO

Amazon vient d’acheter les droits pour diffuser au Royaume Uni une vingtaine de matchs de Premier League de football, mais ce n’est pas la première incursion du géant du net dans le sport. Rappel.

A quelques jours de l’ouverture de la coupe du monde de football en Russie, l’annonce a fait beaucoup de bruit Outre-manche et dans le monde des droits télévisés. De prime abord, il peut sembler surprenant de voir un géant du e-commerce faire irruption au milieu des diffuseurs traditionnels du football. En fait, ce n’est pas la première incursion d’Amazon dans ce domaine.

En ce qui concerne l’accord, il porte sur la diffusion de 20 matchs par an à partir de la saison 2019-2020, pour une période de trois années. Amazon entre ainsi en concurrence avec les deux grands diffuseurs locaux du Footbal : Sky et BT. Cerise sur le gâteau : parmi les 20 matchs qu’il diffusera, Amazon va proposer les 10 matchs du « boxing day » du 26 décembre 2019, c’est-à-dire les rencontres les plus populaires au Royaume Uni, mais également le jour où les achats sont les plus importants. Quel est l’intérêt de diffuser ces matchs pour Amazon ? Les expériences d’Amazon dans le domaine du sport ont montré que les personnes qui regardaient un match grâce à Amazon achetaient en priorité chez Amazon. Le géant du e-commerce achète donc pour une somme relativement modique (le prix officiel n’est pas public mais les estimations de la presse britannique évoquent environ 600 M€) une bonne partie des achats réalisés au lendemain de Noël. Le fonctionnement est simple : il suffira de s’abonner pendant un mois d’essai, donc gratuit, à Amazon Prime Video, de regarder les matchs et, le cas échéant, de le résilier avant terme.

Cette logique avait déjà conduit Amazon à acquérir les droits de diffusion exclusifs de l’US Open pour le Royaume Uni (l’US Open a lieu fin août-début septembre) ou encore les droits de diffusion du football américain pour les Etats-Unis. Ces deux accords ont été annoncés en avril.

En France, cette annonce a un écho particulier, car elle intervient quelques semaines après que le diffuseur historique du football en France, Canal+, ait perdu l’ensemble de ses droits et au moment où Amazon lance (à moitié prix, les premiers jours) dans l’Hexagone son enceinte intelligente Echo et de son assistante vocale Alexa.

Pascal Boiron, Digital CMO

Le faux assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko relance le débat sur l’incapacité des robots et de l’IA de déceler les « fake news ». Les humains ne font pas vraiment mieux.

La presse mondiale s’est faite bernée par l’annonce de la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko, qui aurait été assassiné dans la capitale de l’Ukraine, Kiev, par les services russes. Le 30 mai 2018, lors d’une conférence de presse, l’information a été démentie et Arkadi Babtchenko est venu, pour montrer qu’il était bel et bien vivant. Trop tard, car nombre de médias avaient déjà publié, sur leur site ou dans leurs éditions papier, des articles sur cet assassinat. Les médias concernés ont logiquement fait état de leur mécontentement, estimant notamment qu’une « ligne rouge avait été franchie ». Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières a ainsi estimé qu’il est « pathétique et regrettable que la police ukrainienne joue ainsi avec la vérité, quel que soit le motif». Sans parler des médias, ainsi entraînés dans la danse macabre ».

En France, plusieurs grandes marques de la presse, dont Le Monde, ont été impactées. Cet incident relance le débat sur l’incapacité des robots et de l’intelligence artificielle de repérer des « fake news » lorsqu’ils sélectionnent ou reprennent une information, voire à accélérer la propagation de ces fausses nouvelles. En l’occurrence dans ce cas, ce sont des humains qui ont été bernés.

L’IA a plusieurs années d’expérience

Et si les robots remplaçaient bientôt les journalistes ? Dans les faits, l’intelligence a déjà sa place au sein des rédactions depuis plusieurs années, mais pas en tant que journaliste. Le rôle des robots et de l’IA est plutôt de faire du « desk », c’est-à-dire de faire un premier tri dans la masse d’informations reçues par les rédactions, de proposer des « revues de presse » et de rédiger des articles, en général courts. On sait que des médias comme Le Monde, mais aussi L’Express, Le Parisien ou Radio France utilisent ces « rédacteurs automatiques » depuis au moins trois ans. Pour cela, ils ont notamment recours à la technologie de la startup française Syllabs. Sur son site, la jeune entreprise précise : « Lors des élections départementales de 2015, nous avons mis en place un service web pour produire des textes en temps réel sur les résultats des élections, à la fois par canton et par commune. Ces textes accompagnent les tableaux sur les pages des résultats pour chaque lieu. Au total, notre robot rédacteur a couvert l’intégralité des cantons (2054) et plus de 34 000 communes. Cela a permis au journal Le Monde de couvrir les élections de façon globale et de produire 36 000 textes pendant la nuit électorale. »

Quand les robots « aident » les journalistes

Les robots de Syllabs se présentent aujourd’hui comme les « premiers fournisseurs d’articles rédigés automatiquement pour les médias français, le secteur du tourisme, l’e-commerce, l’immobilier et le webmarketing. »

Des dizaines d’autres titres de presse se préparent à utiliser – ou utilisent déjà – l’intelligence artificielle pour faciliter le travail des journalistes, de Nice-Matin à Sud-Ouest en passant par 20 Minutes. Ce dernier va mettre en place un nouvel outil de publication (au plus tard début 2019, selon Stratégies) qui suggérera aux journalistes des mots-clés et des articles à associer à celui qu’il rédige, des photos pour l’illustrer ou encore un titre optimal pour le référencement Google…

Dernier exemple pour rappeler que les robots ne font d’erreurs que si l’erreur de base est humaine, rapporté dans Stratégies : les quatre robots de la startup Flint (Flint, Gordon, Yolo et Jeff). Ils identifient les articles « à ne pas rater sur l’actualité d’un secteur », mais la démonstration ne doit pas avoir lieu un 1er avril, surtout en France, car les robots reprennent les fausses informations que les médias publie chaque fois ce jour-là. Qui faut-il blâmer ?  Les robots ou les journalistes qui s’ingénient à écrire de fausses informations chaque 1er avril ?

Pascal Boiron, Digital CMO

Alors que les chatbots se multiplient, la startup française Gogowego propose une plateforme loogicielle qui permet de les fédérer et d’analyser leur impact sur l’activité.

Créée en 2016, la startup française Gogowego est née d’une idée simple : alors que les chatbots commençaient déjà à se multiplier, elle proposait une solution logicielle pour mettre de l’ordre dans cette kyrielle de chatbots, de voicebots et autres robots conversationnels.

Gogowego_Logo

Aujourd’hui, certaines grandes entreprises ou collectivités ont déployé jusqu’à plusieurs dizaines de chatbots sur tous types de sujets. « L’idée de base est créer un « chatbot chapeau », qui fait office de porte d’entrée unique, explique Antoine Aamarcha, fondateur de Gogowego. Nous avons également voulu résoudre le problème posé dans la gestion des chatbots par l’empilement de technologies différentes. Troisième point clé : nous proposons une batterie d’analytics qui permet aux clients de mesurer l’impact des chatbots sur l’expérience-client. »

Face à elle, Gogowego trouve notamment Google, qui a développé l’outil « Chatbase », présenté comme le Google Analytics des chatbots, solution focalisée sur l’analyse (et pas la fédération), proposée gratuitement. « Notre plateforme est également gratuite pour les développeurs », répond Antoine Aamarcha. Dans ce contexte, Gogowego souhaite faire grandir le plus vite possible une communauté de développeurs de chatbots : « nous voulons réunir plus 500 chatbots d’ici fin 2018, explique Antoine Aamarcha.

Plusieurs fois récompensée (lauréate des « Challenges Numériques Smart City, concours d’innovation numérique de Bpi France…), Gogwego a été fondée en juin 2016 par Antoine Aamarcha, ancien CTO d’Orange, diplômé de l’INP- ENSEEIHT (Institut National Polytechnique de Toulouse – École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) et de la Johns Hopkins University (cursus de data scientist).

Pascal Boiron, Digital CMO