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« Avoir trop de données et ne pas s’y perdre » est l’un des nouveaux challenges majeurs des entreprises pour le vice-président marketing France de Salesforce qui pense également que nous entrons dans « l’ère du marketing de précision ». L’intelligence artificielle sera donc encore l’une des technologies incontournables en 2019.

Vincent Biard – Que vous inspire le dernier rapport Salesforce sur l’état de l’art du marketing digital ? Quels enseignements en tirez-vous ? Quelles en sont les surprises ?

Olivier Nguyen Van Tan – Le plus grand enseignement de cette étude est que l’on entre dans l’ère du marketing de la data. Pour des marketeurs comme nous, c’est l’accès à un nombre de données de plus en plus conséquent et nous pouvons utiliser ces données pour construire de nouvelles expériences clients plus personnalisées. Tout le challenge des clients Salesforce est d’utiliser cette data pour rendre de meilleurs services, offrir de nouvelles expériences à leurs clients et prospects sur tous les canaux digitaux mais aussi dans l’expérience physique dans les magasins notamment.

Vincent Biard – Le nombre moyen de sources de données pour cibler les clients et prospects était de 7 en 2017, 10 en 2018 et sera de 15 en 2019. D’après l’étude Salesforce, pour les meilleures équipes de marketing, il est urgent de trouver des solutions et des méthodes pour résoudre ce problème de traitement de données et d’identité des consommateurs. Quels outils proposez-vous ?

Olivier Nguyen Van Tan – Avoir trop de données et ne pas s’y perdre :c’est le challenge. Aujourd’hui nous avons des technologies permettant de traiter et d’analyser ces données de manière plus efficace, plus agile et plus pertinente. Je pense notamment à l’intelligence artificielle. Par exemple, un client Salesforce comme Adidas peut, grâce aux données récoltées sur son site d’e-commerce, proposer une présélection de produits correspondant aux préférences des utilisateurs. Cette intelligence artificielle permet d’automatiser, d’anticiper et personnaliser des expériences clients.

Vincent Biard – Les technologies intelligentes ont été utilisées par 44% des professionnels du marketing en 2018 contre 29 % en 2017. En France, en 2018, 31% des marketeurs interrogés par Salesforce ont utilisé l’intelligence artificielle. Comment ont démarré Einstein Bots et Einstein Prediction Builder lancés en bêta puis sortis en version finale dans le courant de l’été 2018 ?

Olivier Nguyen Van Tan – Les retours de nos clients français sont très bons car aujourd’hui ces technologies permettent justement de traiter un plus grand nombre de données automatiquement et d’identifier des comportements d’achats, d’anticiper des expériences clients que l’on pourra définir de manière plus précise. Nous rentrons dans l’ère du marketing de précision. Avant il y avait un seul message pour des millions de personnes, aujourd’hui on peut traiter les consommateurs de façon individuelle et personnalisée. De plus, des technologies comme Einstein Voice vont bientôt faciliter l’accès à ces technologies puisque l’on pourra parler à un assistant vocal qui aura un rôle d’assistant de CRM.

Vincent Biard – Pour Salesforce, la question de l’optimisation du choix des canaux devient de plus en plus complexe et les marketeurs vont avoir besoin de nouveaux outils pour obtenir une vue d’ensemble de ces engagements afin de les optimiser. Quels outils propose Salesforce ?

Olivier Nguyen Van Tan – C’est l’intelligence artificielle mais pas seulement. Chez Salesforce, nous avons une plateforme intégrée. Nous avons des briques d’applications dédiées aux ventes, au support client, à l’e-commerce, au marketing ou aux applications mobiles qui fonctionnent sur la plateforme Salesforce. Ces briques applicatives peuvent échanger des informations pour une meilleure collaboration.  Cela permet de coordonner les actions en temps réel entre les différents services avec le marketing au centre de ces flux d’informations. Aujourd’hui les consommateurs utilisent différents canaux et il est important d’en avoir une vue cohérente comme le permet la plateforme Salesforce.

Vincent Biard – Salesforce a récemment investi dans la start-up française Akeneo dont la solution de PIM (Product Information Management) était déjà intégrée à Salesforce depuis juin 2018. Quel est l’objectif de Salesforce avec cette participation ?

Olivier Nguyen Van Tan – Salesforce possède un fonds d’investissement appelé Salesforce Venture qui a investi plus de 100 millions de dollars sur les dernières années dans des startups européennes. L’investissement dans Akeneo en est la suite logique. Je pense à deux autres startups que sont Sigfox, l’une des pépites de l’IoT en France, et Augment qui travaille dans la réalité augmentée. Nous avons également racheté deux startups françaises : Instranet en 2008 et Entropysoft en 2013.

Vincent Biard – Dans l’interview donnée à Digital CMO en décembre 2017, vous annonciez avoir lancé une solution baptisée « My IoT » que plusieurs entreprises testaient et vous évoquiez des annonces fortes à venir dans la blockchain. Où en est Salesforce sur ces sujets ?

Olivier Nguyen Van Tan – Nous travaillons toujours sur la blockchain et nous n’avons pas fait d’annonce sur ce sujet. C’est toujours dans les cartons chez Salesforce. Sur l’IoT, nous avons une plateforme dédiée permettant d’utiliser les informations venant des objets connectés pour déclencher des actions métiers notamment pour lancer une campagne marketing ou ouvrir un cas de support client en fonction d’un capteur qui aurait remonté une panne dans Salesforce depuis cette plateforme IoT. J’en profite pour citer une très belle startup française qui s’appelle ZenConnect qui utilise la plateforme Salesforce en y développant justement de la maintenance prédictive à partir de l’internet

Vincent Biard – Que peut-on attendre de Salesforce en 2019 comme nouveautés ou rachats ?

Olivier Nguyen Van Tan – Je ne peux rien vous dire mais nous sommes une société en constante évolution. Nous avons choisi la date du 27 juin pour le Salesforce World Tour Paris, notre grand rendez-vous français. Nous espérons y avoir plein de nouveautés à annoncer.

Le dernier rapport sur l’état de l’art du marketing publié par Salesforce, leader américain des  logiciels de CRM, témoigne d’une augmentation importante des données et des canaux digitaux. Cette étude menée en 2018 auprès de 4 101 responsables de marketing -dont 300 en France- résume les quatre grandes tendances du métier de chief marketing officer (CMO) pour 2019.

1) Le marketing devient le lien transverse de l’optimisation de l’expérience client

Grâce à leurs points de vue uniques sur les exigences et les comportements des clients, les équipes marketing sont devenus leaders pour optimiser l’expérience client dans l’ensemble des services de l’entreprise. En France, un peu plus de la moitié des marketeurs partage ses objectifs et indicateurs avec les équipes d’e-commerce (51%), commerciales (57%) et de service client (52%) et 90 % des marketeurs affirment que le marketing et la publicité partagent les mêmes technologies. Au niveau mondial, 48% des leaders de marketing affirment que leur équipe gère des initiatives d’expérience client dans l’ensemble de l’entreprise contre 24% en 2017.

2) La surabondance de données pose la question de leur unification et de leur gestion

En France, le nombre moyen de sources de données pour cibler les clients et prospects était de 7 en 2017, 10 en 2018 et sera de 15 en 2019. Cependant, il ne suffit pas de recueillir des données provenant de différentes sources (e-mails, activité réseaux sociaux, statistiques du site web, transactions, services, etc.) mais il faut ensuite les unifier. D’après l’étude Salesforce, pour les meilleures équipes de marketing, il est urgent de trouver des solutions et des méthodes pour résoudre ce problème de traitement de données et d’identité des consommateurs. En France, 48 % des marketeurs ont cependant déclaré avoir une vue complètement unifiée de leurs sources de données clients.

3) L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée mais susciterait la méfiance des consommateurs

Les technologies intelligentes ont été utilisées par 44% des processionnels du marketing en 2018 contre 29 % en 2017. En France, en 2018, 31% des marketeurs interrogés par Salesforce ont utilisé l’intelligence artificielle et 33% ont employé des assistants vocaux. Mais d’après Salesforce, l’opacité de l’utilisation de l’intelligence artificielle et la question de la protection de la vie privée ont semé la confusion et la méfiance des clients. Du coup, un nouveau défi se pose aux marketeurs qui doivent établir un équilibre entre respect de la vie privée et personnalisation des données clients dont 95 % des marketeurs affirment qu’elles améliorent leurs programmes de marketing global…

4) Les équipes marketing recherchent un engagement en temps réel à travers tous les canaux de distribution

57 % des marketeurs suscitent l’engagement de leurs clients en temps réel sur un ou plusieurs canaux de commercialisation. Mais comme les clients alternent entre un nombre vertigineux de canaux, un engagement vraiment personnalisé qui s’adapte à leurs comportements reste peut-être illusoire. En France, les marketeurs interrogés décrivent la coordination de leurs canaux comme « cloisonnée » pour 29% d’entre eux, comme « efficace » pour 33% et comme « dupliquée » pour 37%. Pour Salesforce, la question de l’optimisation du choix des canaux devient de plus en plus complexe et les marketeurs vont avoir besoin de nouveaux outils pour obtenir une vue d’ensemble de ces engagements afin de les optimiser.

Crédit photo : Rawpixel

Pour télécharger le « Fifth Edition – State of Marketing – Insights and trends from over 4,100 marketing leaders worldwide » de 58 pages (PDF) en langue anglaise, cliquez sur le lien : https://www.salesforce.com/form/pdf/5th-state-of-marketing/

 

Ancien PDG de Radio France qu’il a quitté récemment, Mathieu Gallet vient d’annoncer la levée de quatre millions d’euros dans le cadre du développement de son projet de start-up sur les podcast appelé Majelan. La jeune entreprise souhaite digitaliser l’accès aux podcast et offrir de nouveaux services pour favoriser l’abonnement payant.

Mathieu Gallet a annoncé dans le Figaro avoir « réalisé une première levée de fonds de 4M€ en equity et en avance remboursable » pour la jeune entreprise Majelan qu’il a lancé cet été. Cette levée de fonds a été menée  par Idinvest Partners avec la participation d’investisseurs de renom tels que Jacques Veyrat (Impala), Xavier Niel (Kima Ventures) et Fabrice Larue (ex-Newen).

Dans son entretien au Figaro Mathieu Gallet a précisé que  cette levée de fonds « va permettre à Majelan de construire sa plateforme technologique et d’initier une politique éditoriale basée sur des productions originales ». Le créneau des podcast est perçu par les analystes comme une niche dans l’univers des médias mais avec la modification des usages il semble promis à un bel avenir.

Deux stratégies et bientôt un modèle payant

Une étude récente, réalisée  par Audible et Opinion Way,  indique  notamment que 39 % des français consommaient régulièrement des podcast contre 17 % seulement pour des livres audios.  Pour monétiser ce potentiel, il semble que les créateurs de Majelan -dont l’entrepreneur en start-up Arthur Perticoz-  misent sur deux stratégies. D’une part, la création de contenus originaux un peu à l’image de ce qu’a proposé Netflix pour se lancer et, d’autre part, des services digitaux permettant de monétiser l’abonnement à la plateforme.

C’est donc bien le modèle payant que vise Majelan, ce qui demandera sans doute à la plateforme de lever encore des fonds dans les mois qui viennent notamment pour gérer les abonnés. A moins que Mathieu Gallet mise plus simplement sur une plate-forme permettant de disrupter à terme un modèle radio aujourd’hui trop rigide par rapport à l’usage et l’évolution des modes de vie des milleniums. La course à l’audience, la baisse des revenus publicitaires, la modification des usages conduisent à fragiliser ce segment de marché des médias qui n’a pas encore trouvé dans internet un second souffle.

Crédit photo : Jason Rosewell

 

C’est passé inaperçu mais le 21 novembre était la date de la Journée Mondiale de la Télévision de l’UNESCO. Pourtant selon différentes études la Télévision est de moins en moins regardée. Concurrencée par Internet, elle ne devrait plus être le premier média mondial dès 2020. 

C’était donc hier la Journée Mondiale de la Télévision. A contre courant des usages, l’UNESCO insiste sur  l’importance de la télévision en tant que premier moyen de communication et passage normal de l’information de masse, notamment dans les pays en voie de développement. La télévision joue un véritable rôle en ce qui concerne la diffusion de l’information et de la connaissance et constitue un puissant outil reflétant et déterminant les conditions et les aspirations humaines estime L’UNESCO. Si la TV reste un média de masse dans les pays en voie de développement du fait de la faible qualité de l’internet,  dans les pays développés et en Chine son usage est en perte de vitesse. Le web est en effet en passe de devenir plus important que la télévision dans le monde entier. Le temps passé devant la télévision ne cesse de baisser depuis plusieurs années et il est rattrapé par celui accordé à Internet constate la société d’études Statista.

Selon le nouveau rapport Zenith, mentionné par Statista, plus que quelques minutes ne séparent la télévision d’Internet en 2018 et les courbes devraient se croiser en 2019. Alors que la consommation télévisuelle moyenne mondiale s’élevait à 188 minutes – soit près de 3h10 – par jour et par personne il y a moins de 10 ans, elle n’était plus en 2017 que de 174 minutes et Zenith prévoit une baisse à 168 minutes d’ici 2020. À l’inverse, seules 48 minutes quotidiennes étaient passées sur Internet dans le monde en 2009, mais la hausse a été rapide et la consommation moyenne devrait atteindre 160 minutes cette année, soit 2h40 précise Statista. De plus en plus producteurs de contenus à l’image d’Amazon, Apple et bien sur Netflix, les géants du web ont su offrir de nouveaux services  grâce à Internet. En revanche, la TV n’a pas encore réussie sa mutation technologique et surtout sa mutation économique dont le modèle reste basé sur l’audience  publicitaire  des programmes sans véritable interactions avec les consommateurs.

Pourquoi un industriel rachète un média digital ? Sans doute parce que le poids des communautés et des influenceurs sur les médias digitaux est de plus en plus important. Selon Statista, l’alimentation et la cuisine sont le second domaine que suivent les français via des influenceurs. SEB en rachetant 750g se positionne directement auprès d’eux.

Le Groupe SEB, référence mondial sur le marché du petit équipement domestique avec près de 6,5 Mds d’euros de CA  a annoncé l’acquisition de 750g International, un éditeur média français  de sites et services culinaires français également présent en Allemagne, Espagne, Italie, Portugal, Brésil, USA et Royaume Uni.  750g est un éditeur 100 % digital qui rassemble une audience de 10 millions de fans Facebook, 450 000 membres et 5 000 blogueurs à travers différents sites. Son  portefeuille de 90 000 recettes publiées en 5 langues dans 7 pays générerait plus de 10 millions de visites par mois. 750g produit également des contenus spécifiques avec notamment l’impression de livres de recettes ou la création de contenus sur des plateformes digitales.

En rachetant  cette activité, SEB se positionne directement sur la communauté digitale autour de l’alimentation et de la cuisine avec une audience qu’elle estime à 5 millions de membres. Un domaine qui se situe en 2ème position selon le  dossier Statista sur les influenceurs français  qui compile une série de données permettant de mieux comprendre leurs profils, mais aussi leurs rapports avec les marques et leur audience. Ce contenu est  devancé par  la culture (littérature, cinéma, jeux vidéo, etc.) mais devance celui sur   l’équipement hi-tech. Avec cette acquisition SEB prend pour un industriel un virage stratégique visant à maîtriser complètement son audience digitale en proposant une nouvelle convergence des contenus et de services offerts par un industriel.

Le mouvement de consolidation des jeunes entreprises de la vague digitale se poursuit. Synthésio vient d’annoncer son rachat par la société d’études Ipsos. Un rachat qui peut se comprendre par le positionnement de Synthésio sur l’étude des conversations sur les réseaux sociaux mais qui traduit aussi la convergence s’opérerant entre les marchés des études et de la relation client. 

Synthésio,, jeune entreprise positionnée sur l’écoute et l’analyse des conversations sur les réseaux sociaux, a annoncé son rachat par Ipsos fondé en 1975 et qui est l’un des leaders des études de marché et des opinions. Synthésio fait partie de ces jeunes entreprises qui ont levé rapidement des fonds au cours des cinq dernières années  et qui se sont positionnées sur l’analyse des données digitales.  Synthesio a été fondée en 2006 et possède des bureaux à New York, Paris, Londres, Singapour et Bruxelles.

Dans un communiqué, Loic Moisand, PDG et cofondateur de Synthesio, a précisé les raisons de ce rapprochement.  «Notre focalisation sur les technologies innovantes, y compris l’Intelligence Artificielle, afin de détecter les opinions des consommateurs à partir de milliards de conversations en ligne et l’expérience d’Ipsos en matière d’études de marché et de conseil, offriront à nos clients communs un moyen unique de construire et de faire progresser leurs programmes d’intelligence sociale. Cette acquisition amènera les clients à des informations sociales plus exploitables et en temps réel, et leur donnera un avantage concurrentiel plus fort sur le marché.  »

Mais synthesio souhaite aller au delà de cet aspect sur le marché de la relation client. Selon Synthésio, la société prévoit dans l’avenir d’être la plateforme de référence de l’ensemble des entités commerciales d’une entreprise. Les prochaines versions de sa solution seront axées sur la configuration rapide et puissante de tableaux de bord, le marketing d’influence, et l’analyse prédictive des tendances par le biais de l’intelligence artificielle précise la jeune entreprise.

Du coté d’Ipsos on peut noter que ce rachat s’inscrit principalement dans la volonté de la société d’études de renforcer son expertise en matière d’écoute sociale. « Nous sommes heureux d’accueillir l’équipe de direction de Synthesio. En combinant nos forces, nous donnerons à nos clients l’accès à un plus large éventail de données, à des informations exploitables et à une compréhension plus profonde des clients. « a déclaré Didier Truchot, président-directeur général d’Ipsos à l’occasion de ce rachat. Ipsos a également précisé que Synthesio restera une entité autonome.

Pour la société d’études le challenge sera maintenant de financer la course technologique dans ce domaine avec notamment les grands éditeurs de logiciels américains comme Oracle, Salesforce ou encore Adobe qui font de l’analyse des données digitales un axe important de développement. Cela demandera une approche plus centrée sur la relation client et sans doute que cela passera par d’autres acquisitions complémentaires pour faire face à la convergence des métiers du marketing et des études.

 

A la fois producteur et réalisateur, Dominique Farrugia juge le marketing indispensable pour la promotion d’un film mais absolument pas nécessaire pour concevoir une œuvre cinématographique. Lors du salon One to One Digital Marketing de Biarritz (10 au 12 octobre), il a bien voulu répondre aux questions de Digital CMO sur le thème de la créativité dans la production de contenus.

Vincent Biard – Pourquoi venir à un salon sur le marketing ?

Dominique Farrugia : Parce que déjà on me l’a demandé poliment et dans ce cas je ne sais pas dire non. Aujourd’hui je fais du cinéma et de la série mais le marketing est un élément majeur du cinéma français. Il faut savoir comment marketer un film, trouver des idées et avancer. Sans marketing on ne peut pas faire venir les gens dans les salles et notamment parce qu’ils regardent des films chez eux en VOD. Le marketing est indispensable pour donner envie aux gens d’aller au cinéma avec des affiches et des bandes annonces. Il est nécessaire de passer aussi par les réseaux sociaux pour la publicité des films. On peut produire des contenus originaux et attractifs destinés aux réseaux sociaux.

Vincent Biard – Avec les évolutions des technologies du marketing qui proposeront peut-être de l’analyse comportementale des spectateurs, quelle place restera-t-il à la créativité ?

Dominique Farrugia : Je ne connais pas un scénariste susceptible d’écrire un scénario avec ce que vous venez d’évoquer. Cela n’existe pas. Aujourd’hui, un film est une œuvre qui se met en mouvement avec le temps. Ensuite il y a un cinéma américain de plutôt bonne facture avec des héros de notre enfance et qui propose de grands spectacles dans lesquels il y a beaucoup de marketing. C’est l’intelligence d’une boîte comme Disney qui fait 40% de parts de marché aux Etats-Unis et qui a racheté les plus importantes franchises comme Star wars, Marvel ou Pixar.

Vincent Biard – Si les auteurs et les créateurs ne sont pas contraints par des impératifs d’audience issus des nouveaux outils d’analyse, peut-être que les producteurs le sont non ?

Dominique Fzrrugia : Je pense qu’un jour le big data nous aidera à adresser un film à une population spécifique. Aujourd’hui une quinzaine de films sort en salle chaque semaine en France et nous avons l’une des plus belles couvertures européennes de complexes cinématographiques. Il faut remplir ces salles et nous le faisons avec des films divers et variés. La comédie reste ce qu’ont envie de voir les Français, notre seule certitude est l’envie de communion des Français en allant voir des films.

Vincent Biard – Comment voyez-vous l’évolution des médias avec le web et les différents supports de lecture ?

Dominique Farrugia : C’était très novateur de créer Canal + en 1984, une chaîne de télévision payante sur laquelle j’ai fait mes premiers directs. En 1997 j’ai créé la chaine Comédie et on se disait qu’il y aurait trop de chaînes et Comédie existe toujours. Il faut vivre avec son temps et s’adapter. Il y a pléthore de programmes mais aussi de contenus et c’est pour en parler que je suis ici. Le contenu va être au centre des débats dans les années qui viennent.

Vincent Biard – Que pouvez-vous conseiller à ces professionnels du marketing pour produire des contenus de qualité ?

Dominique Farrugia : Je vais leur expliquer ce que j’ai fait. Je ne vais pas leur donner de conseils car je ne suis pas là pour cela et ils sont beaucoup plus intelligents que moi.

SoLocal et Facebook sont de plus en plus proches : « Social Vidéo » est le quatrième partenariat que les deux entreprises annoncent depuis juin 2018, voici trois mois.

On peut désormais parler d’une gamme, car « Social Vidéo » est la quatrième solution que SoLocal lance avec Facebook, après « Social Tract », « Social Clic » et « Social Réseaux ». Accessible pour toutes les entreprises, le pack Social Vidéo proposé par SoLocal devra atteindre deux objectifs : au moins 1 500 vues par vidéo et une durée minimale de visionnage supérieure à 10 secondes. SoLocal prend-t-il là un gros risque ? « 82% du trafic Internet concernera la vidéo d’ici 2020. La vidéo publicitaire est un format en plein essor, encore peu démocratisé auprès des entreprises locales. SoLocal a décidé de répondre à ce besoin en réunissant son expertise publicitaire et la portée de Facebook pour en faire profiter ses clients », explique Amaury Lelong, Directeur Publicité Digitale, Data et Nouveaux Produits de SoLocal.

En d’autres termes, SoLocal estime qu’il ne prend pas un grand risque en proposant cette offre « clé-en-main », qui va « de la prise de brief jusqu’au bilan de campagne » (dont une vingtaine de prises de vue HD au sein de l’établissement, le montage d’une vidéo et l’analyse de trafics managers pour optimiser les campagnes réalisées). SoLocal affirme que cette offre est pour l’instant « unique ».

Pour l’heure, la seule grande inconnue – et non des moindres – est le prix de vente de cette nouvelle solution.

La Rédaction, Digital CMO

OpinionWay a mené pour Orange une vaste étude dans 7 pays. Une étude très complète dont vous pouvez retrouver les résultats complets sur l’usage du digital sur notre site. Il en ressort notamment que la France n’accuse pas de retard dans le domaine des usages du digital et qu’ils ont aussi des idées précises sur de futurs usages. 

L’étude menée par OpinionWay au printemps 2018 portait sur les usages du digital dans 7 pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Etats-Unis, Chine et Maroc). Elle a été réalisée pour le compte d’Orange et impressionne d’emblée par le nombre de personnes interrogées : près de 14 000 ! Il en ressort notamment que « la France n’est pas en retard en termes de maturité des usages digitaux ». 86% des Français utilisent ainsi Internet.

Les principales craintes des Français concernent logiquement l’utilisation des données personnelles, sujet dont il a été beaucoup question au printemps dernier avec l’entrée en vigueur du RGPD, et la dépendance aux écrans. L’étude fait par ailleurs apparaître quelques résultats étonnants : 48% des détenteurs d’animaux domestiques sont ainsi intéressés par des objets connectés permettant de les surveiller. Plus surprenant : 23% des Français interrogés seraient prêts à utiliser des objets connectés capables d’enregistrer ou de programmer leurs rêves. Il faut également noter que 12% des Français interrogés se disent d’accord pour qu’on leur implante sous la peau une puce électronique qui leur permettrait d’effectuer des paiements, d’ouvrir des portes ou de stocker des informations sur leur identité.

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Les domaines dans lesquels la France diffère le plus des autres pays étudiés sont les suivants : seuls 18% des Français se disent prêts à devenir « ami » avec leur manager sur Facebook (la proportion et de 37% en Espagne ou aux Etats-Unis et même de 58% en Chine) et 61% des Français sont opposés à l’utilisation des perches à selfie (contre seulement 11% des Chinois). Enfin, les Français consultent moins les médias en ligne et utilisent moins les messageries instantannées…

Pascal Boiron, Digital CMO

Sur le premier semestre l’année  2018, les investissements en publicité digitale ont progressé de plus de 15 % portant la part de marché du digital à 39 % des investissements totaux en médias. Selon les chiffres du Syndicat des Régies Internet et de PcW la dynamique est portée par le mobile, le social et la vidéo. Le cap d’une part de marché à 50 % se profile donc pour 2019.

Selon les chiffres du SRI, le marché de la publicité digitale  a atteint  2,264 M€ au 1er semestre 2018, il est en croissance de +15,5% par rapport au 1er semestre 2017. Tous les segments de marché progressent. Le search (soit principalement Google) progresse de +8,5% et représente désormais 47% du marché total avec une chiffre d’affaire net total de 1 078 M€. Le display, un moment à la peine,  progresse fortement à + 29,9% et représente 37 %  du marché global et un CA net total de 875 M€.  Les autre médias digitaux (comme le emailing) progressent de 6% pour atteindre un total de 366 M€.

Sur le display c’est bien le social qui  tire la croissance (+61,8%) et dont les investissements atteignent  désormais 467M€. Alors que le marché traditionnels des bannières progresse que de 6 %, la vidéo qui représente 41 % des formats du display tire lui aussi la croissance. Le social et le display vidéo bénéficient par ailleurs de la forte croissance du mobile dont l’usage est en pleine croissance. Le mobile représente 51% des investissements display (444M€), avec une progression de +60% et les réseaux sociaux représentent 83% des investissements sur mobile, en progression de +73,4% (371M€). En résumé search et réseau social dominent de plus en plus le marché des médias digitaux.  Même si le SRI ne parlent pas directement de Google et Facebook, il indique qu’au 1er semestre 2018, le search et les réseaux sociaux représentent 79% du marché display et search réunis contre 77% au 1er semestre  2017.