DigitalCMO

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Alors que le salon VivaTech, consacré à l’innovation technologique et aux startups, ouvre ses portes demain à Paris pour la 4ème année, une étude publiée par Statista indique que les Français ont toujours peur de la technologie. Et c’est, sans surprise, l’intelligence artificielle qui divise le plus l’opinion.

La grande messe VivaTech ouvre demain jusqu’à samedi (qui sera une journée grand public) et cette 4ème édition devrait réunir encore plus de monde que la précédente qui avait rassemblé 100 000 visiteurs. Cette année une part importante des grands noms de la technologie comme IBM ou Orange seront présents. En 4 ans VivaTech est finalement devenu un salon informatique alors que sa mission de départ était de promouvoir les startups françaises.

VivaTech va d’ailleurs  se dérouler dans un contexte un peu particulier puisque la France a mis en place la taxe GAFA et que Emmanuel Macron a insisté lors de sa visite à l’Elysée auprès de Mark Zuckerberg pour que Facebook contrôle mieux les fausses nouvelles et ses contenus politiques sur son réseau. La France souhaitant devenir dans ce domaine un chef de file des bonnes pratiques en Europe.

Par ailleurs une étude récente publiée par Statista indiquait que les Français continuaient à avoir des doutes et des peurs sur les nouvelles technologies. Le sondage réalisé en partenariat avec l’institut Norstat montre notamment que les Français sont partagés entre craintes et espoirs quand il s’agit de définir l’impact qu’auront les technologies sur le futur de nos sociétés.

Selon les résultats de cette étude, c’est l’intelligence artificielle qui divise le plus les opinions : 51 % des répondants estiment que cette technologie représente autant une opportunité qu’une menace pour l’humanité, 24 % davantage une menace et 19 % plutôt une opportunité. La technologie qui concentre le plus de craintes est la modification génétique : 60 % des sondés considèrent en effet qu’elle représente davantage une menace.

A contrario, ce sont les nouvelles technologies de télécommunications (5G) et l’impression 3D qui concentrent le plus d’espoir : respectivement 50 % et 60 % les voient comme des opportunités pour l’humanité.

Fondatrice de l’agence Adéquation Market Research, ancienne directrice générale de CSA et ex-responsable France d’ESOMAR, co-présidente du Club Etudes Marketing de l’ADETEM, Elisabeth Martine-Cosnefroy animera une conférence intitulée « De l’IA à l’IH : le métier de la connaissance client redéfini au sein des organisations » lors du Printemps des études. On parlera formation, métier, changement et digital.

Vincent Biard – Quelle va être la thématique de votre intervention au Printemps des études ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Je serais co animatrice de la conférence dite des associations qui porte sur les tendances fortes et à moyen terme du marché. L’une de ces tendances est la mutation du métier. Nous sentons bien que nous ne pouvons plus le faire de la même façon. Nous assistons à une explosion du nombre d’intervenants multi spécialistes alors que nous connaissions un secteur partagé entre grands cabinets généralistes avec quelques spécialités sectorielles. Dorénavant nous travaillons avec des spécialistes de la data, des neurosciences, des mesures passives digitalisées ou encore de l’ethnologie. Le marché a également intégré des startups amenant une utilisation intelligente du digital dans le milieu des études.

Vincent Biard – Qu’est ce qui change dans le métier des études ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Comme beaucoup de métiers, le notre est remis en question. Nous avons beaucoup travaillé au sein d’ESOMAR pour redéfinir ce qu’était le métier de directeur des études ou responsable des études en entreprise ou dans les instituts. Avec les associations, nous avions envie de travailler sur l’étape suivante parce que les entreprises et les agences ont intégré ces changements. Qu’attend-t-on dorénavant de la profession, des agences, des recruteurs et des formateurs ? Nous sommes tous en reconfiguration pour mieux répondre aux besoins du marché qui reste quand même la connaissance client diffusée largement, intelligemment et de façon très opérationnelle. L’objectif de la conférence est de montrer, avec tous les acteurs du métier, ce qui a changé et quels seront les besoins de demain.

Vincent Biard – Ces changements sont-ils directement issus de la révolution numérique ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Oui bien sûr et sans prétention nous l’avons vécu très en amont dans le métier des études. Au début des années 2000, nous avions senti que l’arrivée d’internet et de ses possibilités étaient assez énormes. Nous avions déjà été préparés avec le Minitel. Cela n’a l’air de rien mais nous avions compris que beaucoup de choses pouvaient se passer à distance puisque nous avions commencé à y réaliser des enquêtes mais nous en avions vu les limites. Quand nous avons vu arriver le web, nous avons vite compris que 100% des Français allaient s’y connecter. Nous avons donc bénéficié d’un nouveau terrain d’études puisque nous réalisions jusqu’alors des études au téléphone ou en face-à-face.

Vincent Biard – Quelles préconisations feriez-vous aux professionnels des études ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Nous devons garder notre cadre déontologique et se recentrer car nous ne sommes plus des organismes de collecte de données ce qui je pense avait été une dérive des années 90 où nous avions beaucoup industrialisé ce métier avec des outils systématiques. Nous nous retrouvons quasiment en 2020 avec des gens formés à des outils trop formatés et qui ne sont pas assez dans l’adaptation que demande le monde actuel. C’est donc un recadrage par rapport au digital qui donne l’impression que ce métier est accessible à tous. Il suffit d’aller sur Google survey et de lancer une étude mais il y juste quelque chose que l’on oublie dans ce cas : c’est qui on interroge.

Vincent Biard – Le digital aurait-il trop simplifié le métier ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Notre métier a été relativement vulgarisé mais c’est aussi une chance car il avait dérivé vers un métier de collecte. Or quand vous disposez de têtes bien faites avec des bacs + 5, ce n’est pas pour faire de la collecte, c’est pour faire de l’analyse. Nous sommes donc ramenés à un travail en en amont de la collecte, de réflexion et de méthode et en aval de la collecte, d’analyse et d’interprétation. Notre métier est plus que jamais celui du data analyst. Et cela demande un certain niveau d’expertise d’où un besoin au niveau de la formation mais aussi du recrutement  puis ensuite  l’organisation du travail de nos équipes actuelles et futures dans les instituts et au sein des entreprises. Nous avons besoin, avec l’aide d’organismes de formation et des académiques, de diffuser les savoir-faire au plus grand nombre avant que les séniors sortent de ce marché sans nous avoir préalablement communiqué un certain nombre de principes de base et d’expériences pratiques de ce qu’est l’accompagnement à l’interprétation et l’utilisation intelligente de la data, en particulier pour piloter l’IA.

Sites web :
https://www.adequation-mr.fr/
http://www.printemps-etudes.com/

 

Le géant mondial du conseil et de l’audit Accenture vient d’annoncer le rachat de la start-up néerlandaise Storm Digital. Avec cette opération le géant américain consolide ses positions sur le marché de l’expérience client  afin de rivaliser avec les grands acteurs des services informatiques ou les agences de publicité.

Afin de prendre une plus grande part du marché lié à la transformation digitale sur lequel converge différents métiers (publicité et marketing, informatique et digitalisation), Accenture a annoncé le rachat de Storm Digital le 15 mars dernier. Créée en 2006, cette société basée aux Pays-Bas se présente comme une agence de marketing numérique multiservices spécialisée dans les services de recherche & publicité sociale et programmatique. Storm Digital est positionnée sur l’expérience client à la fois par l’intermédiaire d’une offre de conseil mais aussi par des services technologiques analytiques. Storm Digital est notamment bien positionnée aux Pays-Bas sur les banques et compte des clients comme ABN AMRO, Exact, KLM, Rituals et Transavia.

L’acquisition renforce la présence d’Accenture Interactive sur le marché néerlandais ainsi que son positionnement en Europe sur le marché de la publicité programmatique et plus largement de l’expérience client. Parallèlement à Adaptly, une ad-tech américaine récemment acquise, cette opération permet aussi à Accenture de consolider en Europe son pôle digital nommé Accenture Interactive. Avec ce rachat Acccenture vise un renforcement de son offre dans les domaines du programmatique et de la publicité sociale et souhaite être généralement plus présent sur la collecte de données, l’analyse d’audience et la recherche. Des domaines qui étaient jusqu’à présent le cœur de métier des géants mondiaux de la publicité. Pour faire face à la menace d’acteurs comme Accenture ou Capgemini, les pure players de la publicité doivent eux-aussi se renforcer dans le domaine de la donnée et de l’expérience client.

C’est ainsi le cas de Publicis qui vient dans ce domaine de racheter Soft Computing. De son coté WPP vient d’annoncer qu’il souhaitait ouvrir le capital de son activité données et études Kantar. Chez Accenture on estime que cette acquisition permettra de renforcer le positionnement mondial d’Accenture Interactive : «Accenture Interactive a continué à adapter ses services  aux marques mondiales. Avec l’ajout de Storm Digital, nous pouvons aller plus vite et plus loin en termes de taille et d’expertise et contribuer à générer de solides résultats pour nos clients » a déclaré Anatoly Roytman, responsable d’Accenture Interactive Europe, Afrique et Amérique latine dans le cadre de ce rachat.

Photo : Viktor van der Wijk (CEO) & Jasper Dijkstra (Head of Strategy) de Storm Digital. ©Storm Digital

 

Selon les chiffres du JDN, c’est encore le secteur du marketing & publicité Tech qui a dominé les levées de fonds en France en 2018. Avec 20,3 % du total des fonds levés, le secteur Adtech/Martech/Publishers se hisse sur le podium devant la Fintech et l’e-RH.

Dans un article du JDN signé Jamal El Hassani, les levées de fonds se sont élevées à 3,3 milliards d’euros en France en 2018, soit une progression de 65 % par rapport aux 2 milliards d’euros investis en 2017 selon la même source. Si le JDN note que ces levées de fonds sont toujours aussi dispersées en France, il y a eu cependant 3 levées de fonds à plus de 100 millions d’euros cette année avec notamment Voodoo (188 M€) dans le domaine du marketing & publicité tech pour jeux vidéos, Deezer (160 M€) dans le domaine du streaming musical et Blablacar (101 M€) dans celui de la mobilité collaborative.

On trouve ensuite dans le Top 10 : Daitaku (Big Data), Evaneo (Retail), Ledger (Fintech), Open Classrooms (e-RH), Scality (Cloud), Recommence (divers), Dynacure (divers). Au total ces 10 levées de fonds ont représenté un quart du total des fonds levés. Ces chiffres devraient être confirmés par l’AFIC qui notait dans son étude au 1er semestre 2018 une trés forte progression (42 %) du capital innovation dans ses chiffres généraux sur le capital investissement. L’association des investisseurs pour le croissance (AFIC)  note d’ailleurs que 2018 a été un année record pour les investissements de capital-innovation européen.

Selon le dernier rapport Pitchbook que l’AFIC mentionne, 20,5 milliards d’euros ont ainsi été investis en 2018 en Europe contre 19,7 milliards d’euros l’année précédente, soit une augmentation de 4,2%. Le nombre d’opérations effectuées ayant quant à lui chuté de 25,9%, la croissance soutenue des montants investis semble notamment portée par la taille accrue des opérations notent les rapporteurs de cette étude.

 

SAP a annoncé le rachat de la jeune entreprise Contextor, une société française positionnée sur le robotic process automation. La société est notamment spécialisée dans la recherche et le développement de logiciels RPA (Robotic Process Automation) fournissant des assistants logiciels et des robots autonomes intelligents dans de nombreux secteurs liés aux services. 

SAP n’a pas décidé d’être uniquement, à travers son incubateur récemment lancé, un animateur de l’éco système des start-ups françaises mais aussi d’investir. L’éditeur allemand a jeté son dévolu sur une jeune entreprise française spécialisée dans la conception de robots logiciels autonomes à partir de l’informatisation de processus robotisés. En clair, Contextor fabrique et industrialise des logiciels intelligents d’un niveau technologique supérieur aux bots.

Contextor, qui est basée dans la région parisienne, travaille au développement de la technologie RPA (Robotic Process Automation) qui permet avec des logiciels de type bots d’automatiser des tâches répétitives. Dans son communiqué, SAP précise qu’à ce jour 100 000 bots ont été déployés par les clients de Contextor pour automatiser leurs processus métiers. Parmi les clients de Contextor on trouve des banques (BNP, la Société Générale, Hello Bank), mais aussi des opérateurs télécom (SFT, Orange Bouygues) , des call centers (Webhelp, Téléperformance)  et des acteurs de l’énergie comme EDF ou Engie. D’une manière générale des secteurs qui cherchent à automatiser leur support et relation client en bénéficiant de l’apport des nouvelles  technologies en Intelligence Artificielle et Machine Learning.

Pour  SAP l’enjeu, à travers ce rachat, ne se situe pas uniquement au niveau de l’automatisation de la relation client par des assistants logiciels, il s’agit également pour l’éditeur allemand d’offrir une solution globale permettant d’intégrer plusieurs process métiers  dans une même chaîne de données intelligentes. « La RPA intelligente, accélérée par l’acquisition de Contextor, permettra aux entreprises d’atteindre le haut niveau d’automatisation nécessaire pour devenir des entreprises intelligentes » a précisé  Markus Noga, Head machine learning chez SAP dans le communiqué de presse diffusé à cette occasion. Avec la technologie RPA de Contextor, SAP prévoit  notamment d’automatiser la moitié des processus métiers supportés par la solution ERP SAP au cours des trois prochaines années.

 

Alors que les valeurs phares de la technologie américaine comme Google, Apple ou Amazon sont chahutées actuellement en bourse, les levées de fonds en capital risque des start-ups continuent à s’envoler aux Etats-Unis comme en témoigne les résultats de l’étude de PcW. 

La semaine passée les valeurs phares de la technologie ont été  chahutées en bourse. Les cours des actions d’Apple, de Google, Facebook et d’Amazon ont baissé significativement entraînant une baisse générale  du Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques aux Etats-Unis. Pour de nombreux analystes ces valeurs sont sur-évaluées et c’est une correction nécessaire. Les raisons données sont en partie macro-économiques avec une remontée attendue des taux d’intérêt aux Etats-unis mais aussi conjoncturelles.

Apple, qui reste la première capitalisation mondiale malgré une chute de 11,6% depuis le début du mois, a perdu lundi  2,6% après la publication d’un  article du Wall Street Journal selon lequel la firme à la pomme a revu à la baisse ses commandes de production des trois modèles d’iPhone récemment lancés. Apple ne donnant plus d’informations sur ses ventes d’iPhone, le doute s’est  installé sur la capacité de la firme à progresser aussi rapidement que dans le passé. Facebook de son coté continue à susciter la polémique suite aux failles de sécurité et à l’affaire Cambridge Technology. Mark Zuckerberg est accusé de mener une guerre d’influence auprès des médias pour minimiser les responsabilités de Facebook dans ces différentes affaires. Enfin, Google a un peu déçu les observateurs avec un chiffre d’affaires un peu moins dynamique que prévu lors de la présentation de ces derniers résultats.

Un niveau de capital risque record aux Etats-Unis au troisième trimestre 2018

Mais globalement aucune analyse ne semble remettre en cause les perspectives de croissance à moyen terme  de ces sociétés. « La tech » continue à séduire les investisseurs outre-Atlantique. Selon la dernière étude de PcW, le marché du capital-risque aux Etats-Unis a atteint, au troisième trimestre 2018, un record avec 27,5 milliards de dollars investis dans des start-ups dont 55 deals au dessus de la centaine de millions de dollars. Le volume des transactions adossées à du capital-risque a donc atteint un niveau jamais vu depuis le quatrième trimestre de 2012. Dans son étude PcW Money Tree, la société d’audit indique aussi que le niveau de deal qui a été atteint (1 229) reflète toujours un écosystème sain pour les startups.

Sur un plan plus qualitatif, PcW indique toutefois que le premier niveau  de financement (le seed et le early stage) des start-ups a baissé de 18 %. Celui de niveau intermédiaire et supérieur  a progressé. Le montant médian des transactions  a diminué pour s’établir à 34 M $ au troisième trimestre, par rapport à 42 M $ au deuxième trimestre, bien au-dessus de la fourchette historique des derniers trimestres soulignent les rapporteurs de l’étude. Et du coté des valorisations, si certaines voix s’élèvent pour expliquer que les  licornes américaines sont surévaluées,  le rachat récent de Qualtrix par l’éditeur allemand SAP pour 8 milliards de dollars montre clairement que si les licornes  ne trouvent pas leur salut en bourse, les acteurs historiques de la tech ont la trésorerie nécessaire pour les racheter.

Deux incertitudes cependant !

Il y a cependant deux incertitudes qui pourraient peser sur la valorisation de ces entreprises et sur tout le capital-risque mondial dans les mois qui viennent. La première est liée aux résultats des « pures players » de l’internet non technologiques comme Uber, Airbnb ou encore Amazon. Pour l’instant, le cumul de leurs pertes est impressionnant et leur développement est de plus en plus entravé par une réglementation qui s’organise tant aux Etats-Unis qu’en Europe. La volonté d’Emmanuel Macron de taxer les Gafa sur leurs chiffres d’affaires illustre ces politiques réglementaires visant à limiter leur expansion.

La seconde incertitude  est moins visible et elle est liée à la capacité des entreprises à suivre le rythme d’investissement imposé par la technologie. Selon le Gartner, les dépenses mondiales informatique et digitales  devraient progresser de plus de 3,2 % au niveau mondial en 2019.  Pour la société d’études, les dépenses en informatique liées à la transformation digitale s’accéléraient donc dans un contexte de ralentissement de la croissance économique mondiale. Le nouveau moteur à la mode en matière d’investissement informatique étant  celui de l’intelligence artificielle. Une technologie encore peu mature et qui nécessite de très importants investissements. Il n’est pas sur, en plus, que l’intelligence artificielle puisse être rapidement au centre d’une nouvelle révolution numérique et se diffuse rapidement au niveau des usages avec des coûts acceptables pour les utilisateurs et les entreprises.

Selon la société d’études Tractica on y voit plus clair désormais sur les services et les applications qui sont développées grâce à l’IA. Dans son dernier rapport, la société d’études américaine recense 10 segments de marché et un éco-sytème de 1 000 fournisseurs. Le signe de la naissance d’un véritable marché.

Selon la société d’études Tractica, l‘écosystème du marché de l’intelligence artificielle se développe et se diversifie rapidement, avec notamment un référentiel de 1 000 entreprises dont les services et les innovations sont concentrés sur ce marché. Ce rapport devrait permettre aux entreprises et aux investisseurs d’y voir plus clair sur un marché  qui, aux yeux de beaucoup d’analystes, reste  principalement articulé autour de développements et calculs informatiques bénéficiant de la puissance informatique du cloud. En résumé, un simple marché de services informatiques.

Tractica remarque cependant  qu’au delà des simples  outils de calcul informatique, une offre  plus étendue de fournisseurs de solutions, de plate-forme et de services professionnels axés sur les applications est en train de se constituer. Le rapport d’études  identifie plus de 1 000 entreprises positionnées sur l’innovation dans le domaine de  l’intelligence artificielle, dont certaines sont des poids lourds technologiques bien connus, mais dont beaucoup sont des start-ups qui se concentrent sur des applications d’intelligence artificielle spécifiques comme par exemple les assistants vocaux. Dans son étude, Tractica constate également  que  par rapport à il y a quelques mois, le marché de l’intelligence artificielle commence à se structurer autour d’applications réelles avec notamment plusieurs segments de marché bien identifiés. Tractica identifie ainsi les marchés suivants : l’hyperscalaire (NDLR : la puissance informatique) et les  services professionnels, les  plateformes d’assistants numériques virtuels (VDA), les plateformes de développement de l’IA, le marché de la vision informatique (CV), celui du  traitement du langage naturel (Natural Language Processing), de l’apprentissage automatique (Deep Learning),  et du raisonnement machine (Machine Raisoning) et pour finir le marché lié aux infrastructures informatiques (matériel, réseau, stockage) et bien sur les composants.

Dans un communiqué, eCap Partner a annoncé en tant que conseil la vente de la jeune entreprise SamBoat à Dream Yacht Charter. Un rachat qui intervient seulement 4 ans après la création de la société de location de bateaux.

Créé en 2014 par Laurent Calando et Nicolas Cargou, SamBoat est une marketplace qui relie les propriétaires et les locataires de bateaux. Selon le communiqué de eCap Partner SamBoat référence plus de 25 000 bateaux de toutes tailles à louer et propose un service d’assurance sur mesure adapté à la location de bateaux privés, ainsi qu’un service de conciergerie pour faciliter ces locations. Ces deux services ont trés tôt fait la différence en terme de qualité de service dans l’offre de la jeune entreprise. De son coté Dream Yacht Charter Dream Yacht Charter est le leader mondial de la location de bateaux de croisière et de catamarans. La société est établie à Maurice et son siège est à Bruxelles. Elle a enregistré un chiffre d’affaires de 109 M € et un EBITDA de 21 M € en 2017 et prévoit une croissance de 30% en 2018, soutenue par plusieurs acquisitions en Allemagne, en Suède et en France.

Une diversification dans le digital et l’ubérisation de son secteur

L’acquisition de SamBoat est présentée comme une étape stratégique pour le groupe Dream Yacht Charter. Dans un premier temps la société a procèdé à une levée de fonds de 5 M € souscrite pour 2,9 M € par NextStage. L’acquisition a été payée en espèces et en actions Dream Yacht Charter. Sur le plan organisationnel SamBoat devient la plateforme de location  location de bateaux à la journée, mais également pour l’ensemble de son offre de location. Dans son communiqué eCap Partner précise également que cela va permettre à Dream Yacht Charter de digitaliser son offre de services en renforçant notamment son offre de crédit-bail entre particuliers.

 

AWS organisait ce mercredi une journée start-up à l’espace Saint Martin à Paris. Une occasion pour le leader du cloud public de démontrer que son offre est de plus en plus avancée pour les start-ups mais pas que. 

En organisant cette journée, AWS avait, semble-t-il,  pour objectif de démontrer que son offre était de plus en plus technologique et avancée. En clair si AWS est la plate-forme des jeunes entreprises elle est aussi de plus en plus celle des start-ups qui ont envie de rivaliser, au niveau technologique, avec des grandes entreprises. A ce titre le programme des conférences  faisait la part belle à tous les concepts et services avancés actuels. Dans ses différentes interventions, AWS a mis l’accent sur l’Hyper Vitesse mais aussi sur les architectures micro services, la continuité de services sans oublier l’intelligence artificielle et le machine learning. Objectif : convaincre le haut du panier des start-ups mais aussi certains observateurs de grandes entreprises que désormais il est plus facile de construire avec AWS une architecture informatique performante et innovante. Un point de vue partagé par différents experts présents sur cette journée. Pour Michel Ribault, de la société Easyteam, un intégrateur leader dans la transformation vers le cloud,  les besoins des entreprises et ceux des start-ups sont en train de converger. « L’hyper- vitesse proposée pour créer des applications à  une vitesse qu’aucune solution on-premise ne peut égaler permet de se concentrer sur la logique business » précise-t-il. L’objectif est le même pour tous ajoute-t-il :  « il s’agit de ne plus avoir à se soucier des serveurs dans la mise en oeuvre d’ architectures sécurisées hautement performante et disponible ». Il y a quand même une différence entre les start-ups et les grandes entreprises dans la mise en oeuvre de ces services note t-il. Il explique que pour les start-ups l’enjeu est de maîtriser nativement ses services alors que pour les entreprises le premier objectif est de sauter plusieurs étapes tout en continuant à miser sur leurs équipes internes pour faciliter le déploiement à grande échelle. Dans les deux cas il s’agit de mieux tirer partie des possibilités technologiques. Un argument qui a animé une grande partie du start-up day.

 

Dominique Van Deth a participé et géré le programme start-ups d’Oracle et dispose d’une expérience de terrain dans le domaine du Corporate Venture  et de la gestion  de l’innovation. Il nous donne sa vison du marché des start-ups et des relations avec les grandes entreprises à un moment  où le modèle de Corporate Venture à la française semble devoir être réinventé.

 

Digital CMO – Quelles sont les priorités les start-up françaises pour les mois à venir  ? Sécuriser les financements, miser sur le corporate venture, investir dans de nouvelles ruptures technologiques ?

Dominique Van Deth  : il y a un fort intérêt médiatique pour les levées de fonds même si certaines voix s’élèvent comme celle de Denis Fagès qui dans une tribune est intervenu pour expliquer qu’il fallait arrêter d’associer la réussite d’une start-up au montant de ses levées de fonds.  En réalité, de moins en moins de  start-ups lèvent des fonds sur leur seul projet et j’observe que c’est de plus en plus leur capacité à générer une bonne traction commerciale qui leur permet de lever des fonds. Certaines start-ups l’ont bien compris et elles ont renforcé leur stratégie dans ce domaine en investissant de plus en plus dans une communication orientée client par le biais d’actions de content marketing ou de growth hacking sur les influenceurs. J’observe que cela leur permet aussi d’éduquer le marché sur des solutions qui sont nouvelles pour les utilisateurs.  La levée de fond devient alors un complément pour accélérer la croissance sur le marché national et encore plus à l’international, un sujet qui est crucial pour l’avenir de beaucoup de start-ups. Enfin, par rapport aux enjeux que je perçois pour cette année, je trouve que les start-ups ne mettent pas assez l’accent sur le recrutement. Le marché de l’emploi technologique est tendu et pour maintenir leur croissance,  elles devront investir plus en recrutement.

Digital CMO – Vous intervenez dans un certain nombre de grands groupes sur la relation avec les start-ups ! Qu’est ce qui pourrait changer dans les mois qui viennent dans ce domaine ?

Dominique Van Deth : Avec  les accélérateurs corporate,  on a vécu ces derniers mois un effet de mode qui doit maintenant être rationalisé et pérennisé. J’ai l’impression que dans les grands groupes, les comités de direction souhaitent maintenant que les accélérateurs soient plus alignés avec les objectifs stratégiques de l’entreprise. Et beaucoup souhaitent se tourner davantage  vers l’intrapreneuriat qui est une source complémentaire d’innovation très importante. Les accélérateurs privés, eux, vont devoir évoluer vers un modèle de fond, accompagnés en partie par les pouvoirs publics ou par la Bpi. Pour les fonds de corporate ventre,  c’est plus difficile de prévoir ce qui va se passer. Ils sont souvent tiraillés dans leurs actions  entre la logique financière et la logique stratégique. Les start-ups doivent être vigilantes car, dans certains cas, l’entrée d’un fond de corporate venture peut limiter la croissance future et les perspectives de sortie. C’est un point que j’ai déjà abordé dans une tribune.  Globalement, pour les startups, les relations avec les grands groupes  restent compliquées. Pour preuve, le dernier rapport David avec Goliath 2017 indique que, en comparaison avec 2016, 27% des startups se déclarent moins satisfaites de leurs relations avec les grands groupes contre seulement 18% qui estiment être  plus satisfaites.

Digital CMO :  Pour mieux suivre l’innovation que conseillez-vous aux grands groupes et aux investisseurs ?

Dominique Van Deth : J’aimerai bien prédire le futur et le partager avec les lecteurs, mais c’est un exercice extrêmement délicat. Plus sérieusement, il faut savoir que les disruptions technologiques se préparent sur des temps assez longs et c’est assez facile à identifier. En revanche, je trouve que les grandes entreprises et les investisseurs ne travaillent pas assez sur les signaux faibles. J’en vois deux actuellement qui seront utiles pour mieux investir ou mieux coopérer avec des start-ups. Il faut, par exemple, étudier le comportement des « non-clients et repérer les concurrents  et initiatives start-ups offrant des solutions à ces non-clients. C’est une méthode agile. La difficulté pour les acteurs établis comme les grands groupes, c’est que les nouveaux marchés ne sont pas intéressants pour eux au départ car ils sont à faible volume et à faible marge. Cette approche permet d’anticiper l’avenir de manière simple et de faire du corporate venture autrement.