DigitalCMO

L’assistant personnel d’Amazon, « Alexa », sera désormais dotée de 8 nouvelles voix (de femmes et d’hommes), gratuites pour les développeurs.

La guerre des enceintes connectées et des assistants personnels prend de l’ampleur. Les deux principaux rivaux à ce jour sont Google et Amazon. En l’occurrence, Amazon vient de lancer une nouvelle offensive en proposant « gratuitement » aux développeurs 8 nouvelles voix pour son assistant Alexa, embarqué dans son enceinte intelligente Echo (qui devrait être commercialisée en France dans les semaines qui viennent). Dans les faits, il s’agira aussi bien de vois féminines que masculines. Pour l’instant, elles ne seront disponibles qu’en anglais (version étasunienne).

Au-delà du timbre de la voix, Amazon propose désormais une version quasi « humaine » de la diction, ce qui inclue des soupirs, des chuchotements, des silences, différentes intonations, des « heu… », etc. Ces nouvelles voix sont disponibles via Polly, le service de synthèse vocale développé par Amazon Web Services (AWS).

Cette annonce peut également être perçue comme une réplique d’Amazon à son concurrent Google, qui a lancé début mai 6 nouvelles voix à Google Assitant et le service Google Duplex, qui permet notamment de réaliser des appels téléphoniques et, par exemple, de prendre des rendez-vous.

Voix et intelligence artificielle : le mariage adroit

D’autres grands noms du numérique entendent jouer un rôle sur le marché de « la voix » associée à « l’intelligence artificielle ». Microsoft vient ainsi de racheter Semantic Machines, une startup dédiée à ce marché, pour renforcer les capacités de sa solution Cortana. On peut également citer les assistants personnels d’Apple (Siri), de Samsung (Bixby) ou encore SoundHound, entreprise qui vient de lever 100 millions $ auprès de l’équivalent chinois de Facebook, Tencent, d’Orange, de Daimler, de Hyundai, de Midea Group (fabricant chinois d’électroménager).

Alors que les ventes d’enceintes intelligentes explosent aux Etats-Unis, elles restent balbutiantes en France. Selon un sondage du cabinet h2 (auprès de plus de 1 450 personnes), 6% des Français possèderaient une enceinte intelligente, mais 12% d’entre eux prévoient d’en acheter une dans les 12 mois à venir et 15% s’y intéressent. Analyse de Nicolas Hébert, associé et Directeur Innovation chez h2 : « L’évolution du mode d’interaction, déjà en cours chez une bonne partie de la population française, forcera les annonceurs à repenser leurs stratégies SEM/SEO (Search Engine Marketing/Optimisation) en favorisant des requêtes basées sur des intentions humaines. L’exemple phare est celui relayé par Ruhi Sarikaya, directeur d’Alexa Brain, au World Wide Web Conference à Lyon le mois dernier. Il pose la question « Alexa, comment puis-je retirer une tâche d’huile de ma chemise? ». Et Alexa répond : « Voici Tide Stain Remover. »».

Pascal Boiron, Digital CMO

Nokia vient d’annoncer la vente de sa division IoT dédiée à la e-santé et le rachat de SpaceTime Insight, spécialisé dans l’IoT pour l’industrie. Comment expliquer ce revirement ?

Pour le comprendre, il faut remonter à 2016 et à la décision de Nokia de développer rapidement une division IoT en rachetant la pépite française Withings, spécialisé dans la conception d’objets connectés pour la e-santé. L’industriel finlandais débourse alors 170 millions d’euros pour acquérir Withings, débaptise l’entreprise et crée la division « Digital Health ». Moins de deux ans plus tard, l’activité n’a pas décollé et Nokia annonce le 2 mai 2018 qu’il va revendre sa division « Digital Health » à celui qui avait fondé Withings en 2008, Eric Careel. Dans son communiqué du 2 mai, Nokia précise que l’opération sera finalisée fin juin 2018, mais ne précise pas le montant de la vente. Les observateurs notent simplement que le montant est inférieur aux 170 millions d’euros investis en 2016 et que Nokia va donc réaliser une « moins-value ».

Nokia ne se désintéresse toutefois pas de l’IoT et des objets connectés. Le 7 mai 2018 – soit seulement 5 jours plus tard – Nokia publie un nouveau communiqué annonçant le rachat de l’entreprise américaine SpaceTime Insight, spécialisé dans l’analyse des objets connectés dans l’industrie, l’énergie, les transports, la logistique, les services publics. Créée en 2008, l’entreprise californienne associe objets connectés et intelligence artificielle pour concevoir des algorithmes qui permettent à ses clients de faire de l’analyse prédictive et d’anticiper les défaillances. Nokia passe ainsi du BtoC au BtoB et intgre des références telles que FedEx ou Union Pacific Railroad. Il faut noter que SpaceTime Insight ne devient pas la division « IoT » de Nokia mais vient renforcer la division « logiciels » du fabricant de téléphones, Nokia Software. Ce choix permet au Président de cette division, Bhaskar Gorti, d’expliquer : « l’intégration de SpaceTime Insight dans Nokia Software constitue une avancée importante dans notre stratégie et nous aidera à proposer une nouvelle gamme de solutions numériques, répondant aux exigences d’un monde de plus en plus interconnecté. » De fait, ce rachat donne une nouvelle dimension à la division « Nokia Software », qui ne représentait en 2017 que 7% du chiffre d’affaires du groupe (23 milliards de dollars).

La Rédaction, Digital CMO

Microsoft a annoncé début avril 2018 qu’il allait investir 5 milliards de dollars dans ses solutions d’IoT au cours des quatre prochaines années.

L’annonce a été faite par la vice-Présidente de Microsoft, Julia White : le géant de Redmond va investir 5 milliards de dollars (un peu plus de 4 milliards d’euros) dans ses solutions pour l’Internet des objets (IoT). A titre de comparaison, c’est quatre fois plus que l’investissement direct de l’Etat français dans l’intelligence artificielle d’ici 2022 (somme à laquelle doivent s’ajouter 500 millions d’euro collectés auprès des entreprises privées, voir notre article).

Pourquoi Microsoft fait-il cette annonce maintenant ? Tout d’abord pour affirmer qu’il l’un des pionniers sur secteur. “Nous nous sommes investis dans l’IoT avant même que le terme n’ait été inventé”, rappelle Julia White dans son message. Par ailleurs, c’est le moyen pour l’entreprise de montrer qu’elle a de bons résultats financiers (près de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour un résultat net supérieur à 21 milliards d’euros) et peut donc “facilement” mobiliser 4 milliards d’euros au cours des quatre prochaines années pour l’IoT. De plus, c’est une manière d’affirmer que l’entreprise fonde bien son développement sur de nouveaux leviers de croissance.

Microsoft au service de la réduction des coûts

Dans son message, Julia White cite des prévisions du cabinet A.T. Kearney sur les conséquences bénéfiques de l’IoT sur l’activité des entreprises. En se fondant sur ces prévisions, elle indique que l’IoT va permettre aux entreprises de réaliser des réductions de coûts de 177 milliards de dollars et des gains de productivité de près de 2 000 milliards d’ici 2020. “Cette évolution va concerner l’ensemble des secteurs d’activité, depuis les maisons connectées et les voitures autonomes jusqu’aux villes intelligentes et à tous les systèmes qui utilisent des consommables…”, précise Julia White.

Microsoft cite les noms de plusieurs références qui utilisent sa plateforme d’IoT, comme  Steelcase, Kohler, Chevron, United Technologies, Johnson Controls, Schneider Electric ou le ministère des transports de l’Alaska.  

La Rédaction, Digital CMO

Pionnier de la digitalisation des enceintes sportives, Oracle travaille depuis des années à l’exploitation des données de comportement des fans et au déploiement de nouvelles solutions de monétisation pour les clubs et franchises américaines. Aujourd’hui, l’entreprise californienne en est convaincue, la prochaine étape est l’exploitation d’assistants vocaux comme Alexa.

En Europe comme aux Etats-Unis, le remplissage des stades a longtemps été le principal et quasi-unique enjeu commercial des clubs, fédérations ou franchises sportifs. Si cela a permis de créer un historique de données d’achat de billets très riche et précieux, son exploitation n’est que toute récente. Surtout, il est devenu tout aussi important de connaître et accompagner le comportement des supporters dans les stades que de maîtriser leurs actes d’achat de places. Il est en effet très compliqué de savoir qui accompagne l’acheteur lors de l’événement sportif, d’analyser ses dépenses pendant l’événement. C’est pourquoi les acteurs du sport ont, ces dernières années, beaucoup investi dans des outils mobiles permettant de proposer dans les enceintes des jeux, des animations live, de commander ses boissons, etc. Au-delà d’augmenter les revenus et les interactions avec les fans, cela a permis la collecte de données précieuses dans l’analyse de leur comportement.

L’analyse des comportements dans les enceintes sportives, le nouvel enjeu des clubs et franchises

Avec sa solution Oracle Hospitality, Oracle souhaite centraliser tous ces outils mobiles et la billetterie pour permettre aux clubs d’améliorer leurs programmes de fidélisation et de recrutement et de pousser la fan-expérience vers plus de personnalisation. L’exploitation combinée des données d’achat et des données de comportement in-situ sur un back-end commun ouvre de nouvelles perspectives et devrait permettre de meilleures prévisions.

Mais Oracle voit bien plus loin en termes de fan-expérience puisque l’entreprise travaille à l’intégration d’Alexa à ses solutions mobiles. L’objectif sera de permettre aux spectateurs de passer leur commande de boisson ou de nourriture oralement, sans même bouger de leur place. La commande serait ensuite envoyée automatiquement au staff du point de vente qui se chargerait de la livraison sur place. Un moyen simple de désengorger les points de vente et de proposer un service à la hauteur de ceux proposer dans les salons de plus en plus connectés des fans de sport. La société travaille même à l’intégration d’Alexa pour l’achat de billets.

 

Source : SportTechie

Un milliard de dollars ! Le prix payé par Amazon pour acheter Ring et ses sonnettes peut sembler exorbitant. Pourtant, cela ne semble pas cher payé au vu des apports du système dans la connaissance des clients.

Certes, Amazon est connue pour avoir d’importantes réserves d’argent cash (plus de 100 milliards de dollars, tandis que son Pdg, Jeff Bezos, gagne plus de 2000 $ par… seconde). En l’occurrence, Amazon est également connue pour ne pas investir sans avoir de bonnes raisons de le faire. Dans le cas du rachat de Ring pour un milliard de dollars, la transaction a d’abord semblé disproportionnée : après tout, Ring n’est qu’un des très nombreux fournisseurs de sonnettes connectées (en format vidéosurveillance), dont les Etasuniens sont friands.

A y regarder de plus près, on constate que l’acquisition d’Amazon est très pertinente. D’un côté », son système d’assistance vocale « Alexa », intégré à ses enceintes intelligentes Echo, permet à Amazon de suivre le comportement des acheteurs lorsqu’ils sont chez eux ; de l’autre, ce système donne la possibilité à Amazon de savoir « quand » les acheteurs ne sont pas chez eux, qui vient leur rendre visite et d’ouvrir la porte (avec son smartphone) si un livreur de chez Amazon vient sonner à la porte de l’acheteur (une première expérience avait été menée avec « l’Amazon Key ».

Quant à savoir les nouvelles possiblités ouvertes « Ring », il suffit de regarder cette courte vidéo.

Dans les faits, Amazon se présente comme un concurrent de plus en plus « frontal » et « direct » de Google, laissant Apple et Facebook de c^té, mais en gardant Microsoft en ligne de mire, notamment chez les professionnels du marketing. Quant à savoir comment cette innovation sera perçue et interprétée dans l’Hexagone, il suffit de jeter un œil à cette (très courte) vidéo, pour en avoir un bon aperçu…

Pascal Boiron, Digital CMO 

Dans son rapport sur l’Internet des objets en 2018, la SEE indique que l’on devrait compter environ 40 objets connectés par Français en 2022.

Dans son étude sur les objets connectés, la Société de l’Electricité, de l’Electronique et des Technologies de l’Information et de la Communication (SEE), évoque des estimations qui vont jusqu’à jusqu’à deux milliards d’objets connectés d’ici 2022 en France, soit 40 objets par personne. Cette étude, citée par le site spécialisé VIPress.net, a été rédigée à l’issue de plus de deux années de travail, à partir de 2015. Elle a associé des industriels et des spécialistes du domaine et fait un point particulier sur la question de la cybersécurité, principal frein au développement de L’IoT. Selon la SEE ce problème appelle des solutions au niveau des architectures, des protocoles et des objets, sans oublier les systèmes de détection d’intrusion et le problème épineux de l’identification et de l’allocation de droits d’accès. Elle introduit de nouveaux concepts de sécurité aptes à contrer les vulnérabilités propres à l’IoT : objets « Secure by Design », autorité centrale chargée de gérer le système de sécurité versus approche décentralisée de type « blockchain », techniques d’auto apprentissage pour les systèmes de détection d’intrusion.

Selon la SEE, les technologies de l’IoT devraient en tout cas permettre, en France comme dans la plupart des pays industrialisés, de gagner quelques points de croissance, évalués à horizon 2021/2025 aux environs de 3 à 3,5% de PIB. La valeur ajoutée induite par l’IoT va en effet bien au-delà du marché direct de la vente d’équipements : il ouvre la voie à des gains de productivité dans tous les secteurs de l’économie et permet d’évoluer d’un modèle de consommation fondé essentiellement sur la possession, avec une faible utilisation, vers un modèle de partage et d’utilisation maximale des actifs. L’IoT peut ainsi devenir l’allié d’un développement plus durable, analyse la SEE. Par ailleurs, la croissance des dépenses liées à l’Internet des objets est aujourd’hui trois fois plus rapide que celle des marchés de l’IT., notamment parce qu’il conjugue les radiocommunications, le cloud et le big data.

La Rédaction, Digital CMO  

Capgemini publie estime que le nombre d’achats réalisés via les assistants vocaux va être multiplié par 6 d’ici trois ans. Une tendance qui pourrait bien révolutionner le marché mondial du e-commerce surtout si l’avénement des technologies d’intelligence artificielle se confirme rendant possible une assistance de plus en plus prédictive. 

L’étude s’intitule intitulée « Conversational Commerce : Why Consumers Are Embracing Voice Assistants in Their Lives ». Elle a été réalisée par le Digital Transformation Institute de Capgemini, qui a interrogé plus de 5 000 consommateurs aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France. Une de ses principales conclusions est que le rôle des assistants vocaux va littéralement révolutionner le commerce au cours des trois années qui viennent. Le nombre d’achats réalisés via des assistants vocaux devrait ainsi être multiplié par 6 d’ici fin 2020, soit une progression de 500%. Selon cette étude, moins d’un quart des consommateurs (24%) privilégieraient « volontiers l’assistance vocale plutôt qu’un site Internet ». Fin 2020, cette proportion devrait atteindre 40%.

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Près d’un achat sur 5 en 2020

Autre constat : seuls 3% des achats sont réalisés aujourd’hui via des assistants vocaux. Cette proportion devrait dépasser 18% en 2020, soit près d’un achat sur 5. Cette évolution serait un important bouleversement pour le commerce, car elle ferait passer la part des achats dans les magasins physiques à moins de 50%, tandis que le e-commerce « traditionnel » (via des sites Internet) serait d’environ 37%. Ce changement serait lié à la fois à la progression des ventes d’assistants vocaux (138,25 millions d’enceintes « intelligentes » vendues dans le monde en 2020, contre 23,55 millions en 2017, selon les études compilées par Stylistme) et par l’évolution des habitudes d’achat des consommateurs. « Les assistants vocaux vont complètement révolutionner la façon dont les marques et les consommateurs interagissent, explique Mark Taylor, en charge de l’Expérience Client au sein de l’activité Digital Customer Experience de Capgemini. Ce qui séduit dans les assistants vocaux, c’est qu’ils sont profondément ancrés dans nos vies quotidiennes et qu’ils offrent aux consommateurs une richesse et une simplicité d’interaction totalement inédites. Les marques qui seront capables de capitaliser sur l’énorme intérêt suscité par les assistants vocaux vont non seulement établir des relations plus étroites avec leurs clients, mais aussi se créer des opportunités de croissance significatives. »

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Autrement dit, les marques et les enseignes qui seront incapables de vendre via des assistants vocaux en 2020 risquent de laisser de côté près d’un cinquième du commerce. Aux Etats-Unis Capgemini mentionne que Walmart travaille déjà sur le sujet  avec Google, tout comme Starbucks avec Amazon ou encore Capital One, dans le monde bancaire, avec Amazon encore. En France, Capgemini mentionne la chaine de distribution de comestique  Séphora. Via l’Assistant Google, Sephora propose que l’on puisse réserver par la voix  des services beauté, jouer avec l’enseigne via des quiz et écouter des podcasts beauté animés par des influenceurs de la marque.

Pascal Boiron, Digital CMO

La montée en puissance rapide de l’entreprise française Sigfox, présentée comme le leader mondial de l’ioT et la future “licorne” de l’Hexagone, fait face à des attaques venant – sans surprise – des Etats-Unis.

La principale attaque contre le Français Sigfox émane du média étasunien “Light Reading”. Son dernier article sur Sigfox début ainsi : “Les perspectives pour le développeur de technologies IoT et opérateur de réseau Sigfox se sont affaiblies suite à l’exode de plusieurs cadres dirigeants cette année et, selon une source proche de l’entreprise, les difficultés financières montent.”

De fait, l’entreprise a enregistré les départs, en quelques mois, de Xavier Drilhon, ancien adjoint de Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox, de Thierry Siminger, ancien Président de l’activité Moyen-Orient et Afrique, de Rémy Lorrain, précédemment vice-Président des opérations et des réseaux, de Stuart Lodge, vice-Président exécutif des ventes mondiales, de Thomas Nicholls, Directeur de la Communication, et de la personne en charge des relations avec la presse qui, selon Sigfox, “ne sera remplacée que courant janvier”.

Ces départs (dont la liste n’est pas exhaustive selon Light Reading) viennent renforcer l’argumentaire des concurrents de Sigfox, au premier rang desquels on trouve LoRa, alliance qui réunit plus de 20 membres sponsors, dont IBM, Cisco ou… Orange !

Selon l’article du “Light Reading”, Sigfox “ risque de manquer de financement d’ici juin” et n’aurait “généré que 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016”. Dans le même temps, l’article indique que Sigfox a levé un total d’environ 300 millions de dollars, “mais il brûle rapidement ces fonds alors qu’il s’empresse de construire des réseaux et de faire face à ses coûts salariaux, qui ont fortement augmenté, suite à une augmentation considérable des effectifs au cours des deux dernières années (370 employés, contre moins de 200 il y a environ deux ans).

Puis, l’article ne dissimule pas le scénario imaginé par le futur du champion français, basé à Toulouse : “Si Sigfox ne trouve pas de financement supplémentaire pour poursuivre sa stratégie actuelle, une possibilité est qu’elle soit acquise par une société de technologie beaucoup plus importante et intéressée par sa propriété intellectuelle.” Dont acte.

Quant à la conclusion, elle laisse peu de doutes sur l’origine des informations : “Le principal défi technologique de Sigfox provient d’une autre technologie sans spectre, appelée LoRa, dont les partisans se targuent d’un écosystème et d’un modèle économique plus “ouvert”, ainsi que des nouvelles normes cellulaires NB-IoT et LTE-M.”

On attend désormais la contre-attaque de Sigfox et de son PDG Ludovic Le Moan (qui doit également composer avec Anne Lauvergeon, Présidente du Conseil d’Administration de Sigfox, anciennne Présidente d’Areva et proche collaboratrice du Président de la République française François Mitterrand).

Julien Corti, Digital CMO

Forrester a publié une étude qui accrédite l’idée que le marché de l’IoT va passer en 2018 au stade commercial, alors qu’il s’agissait surtout d’expérimentations jusqu’à présent.

Dans son dernier rapport sur le marché de l’IoT, dédié aux prédictions pour 2018, le cabinet Forrester cite 10 tendances fortes qui vont selon ses analystes marquer l’année 2018.  L’ensemble pourrait être résumé par le fait que ce marché, qui n’a pas tenu ses promesses pour 2017 en termes de chiffre d’affaires, va passer en 2018 au stade de la commercialisation, alors qu’il était principalement à l’étape des tests et des expérimentations jusqu’à présent.

Les prédictions de Forrester sur les objets connectés peuvent être classées au sein de 10 rubriques :

  1. Le développement des objets permettant de passer commande vocalement va doubler en 2018 et concerner une grande part du Top 500 des marques, à l’exception du secteur de la finance et des métiers où le niveau de sécurité/ confidentialité doit rester très élevé.
  2. En même temps qu’elle va compliquer la tâche des entreprises et des marketeurs avec l’entrée en vigueur en mai 2018 de la GDPR (General Data Protection Regulation), l’Union va assouplir les règles sur la collecte de données via les objets connectés, ce qui devrait permettre aux entreprises françaises de combler une partie de leur retard sur leurs homologues d’Outre-Atlantique (35% des entreprises hexagonales “revendent” les données qu’elles collectent ainsi, contre 45% des entreprises étasuniennes).
  3. L’utilisation des objets connectés dans le marketing va fortement progresser (notamment avec les enceintes intelligentes comme Alexa d’Amazon, le Google Assistant ou les montres connectés. Par contre, Forrester estime que le chiffre d’affaires générés par la vente des objets grand publics dits “connectés” ne progressera pas dans les mêmes proportions.
  4. Les “best practices” vont conduire à un développement rapide du marché de l’IoT, non pas de bouche à oreille, mais par capillarité, sachant que de nombreuses solutions d’IoT seront traitées localement, sans passer par le cloud.
  5. En 2017, de nombreuses plateformes industrielles de l’IoT, qui se trouvaient au sein de clouds privés, ont migré vers de grands clouds publics, comme ceux d’Amazon, de Microsoft, d’IBM, etc. Cette tendance devrait, selon Forrester, fortement s’accentuer en 2018.
  6. Les plateformes de gestion des objets connectés et de la collecte    des données étaient jusqu’à présent réservées à des spécialistes et l’ergonomie n’était pas leur point fort. Cette situation va rapidement évoluer en 2018, notamment parce de nombreux salariés “non techniciens” travaillant au sein des services métiers ou des services dits “horizontaux”, comme le marketing, la finance ou les RH, demanderont à pouvoir utiliser plus facilement ces plateformes.
  7.  Le nombre de fournisseurs de plateforme de gestion de l’IoT va commencer à fortement se réduire, ce qui correspond à la fois à un phénomène mainte fois observé de concentration sur un marché en forte croissance et aux exigences de plus en plus grandes des entreprises utilisatrices et de leurs clients, notamment en termes de design et de facilité d’utilisation, ce qui demande des investissements financiers importants.
  8. Les solutions d’IoT devront pouvoir être déployées à l’échelle mondiale d’emblée, contrairement aux habitudes qui conduisaient les fournisseurs de solutions IoT sur des territoires limités.
  9. Les ensembles d’objets connectés feront l’objets de cyberattaques de en plus nombreuses et de plus en plus dangereuses, ce qui fera de la sécurisation des objets connectés l’un des principaux enjeux de 2018 et des années suivantes.
  10. Une des conséquences les plus visibles de cette exigence de traçabilité concerne la blockchain, qui sera de plus en plus utilisée pour valider la source des données recueillies.

Pascal Boiron, Digital CMO   

Pour Franck Nassah, Vice President Digital Business Innovations chez PACce sont les usages digitaux qui portent désormais la croissance du marché des investissements IoT. La société détudes française table sur une croissance annuelle moyenne denviron 19% pour la période 2017 – 2021.

  • Quel est le marché le plus dynamique actuellement autour des services  IoT ?

Franck Nassah : il s’agit du « digital factory », qui représente plus d’un tiers du marché à lui seul ! Ceci s’explique par le nombre, mais aussi la taille des projets autour des usines de nouvelle génération. Il faut également souligner le support du gouvernement à travers le plan « Usine du Futur », pour aider les PME industrielles, mais aussi les grands comptes, à moderniser leur outil de production. Il n’est pas rare aujourd’hui de voir émerger une « usine pilote »,  sans pouvoir anticiper de façon certaine un déploiement à plus grande échelle de ces nouvelles approches, d’où un segment de marché qui va continuer de croître un peu plus rapidement que le marché total.

  • En plein débat sur les équilibres énergétiques, que peut apporter l’IoT au secteur de l’énergie ?

Franck Nassah : Pendant longtemps, on a vu l’IoT comme un moyen informatique de mieux gérer les infrastructures électriques et d’eau. Mais c’est sans compter sur les évolutions des usages et le marché du  « smart energies & resources ». S’il représente désormais plus de 20% du marché total, il devrait en revanche être le moins dynamique dans les années à venir (moins de 15% de croissance annuelle en moyenne). Nous anticipons en effet un retard significatif dans le déploiement des compteurs intelligents, parce que les services liés à ces compteurs (au-delà de la télé-relève, qui reste un service pour l’interne et non les clients) sont aujourd’hui insuffisants pour inciter les ménages à changer leurs compteurs ou accepter de partager leurs données personnelles. Le marché sera donc tiré par les « smart grids » (les réseaux intelligents), qui doivent permettre aux opérateurs de gérer plus finement la distribution d’électricité. Nous trouvons ensuite tous les sujets relatifs aux véhicules connectés.  Un domaine qui est en pleine croissance, avec l’objectif d’arriver à la voiture autonome et qui va générer une industrie de services connectés qui sera au coeur de l’écosystème des constructeurs dans l’avenir.

Le dernier marché des services IoT liés à la transformation digitale, et qui est indirectement relié au secteur de l’énergie, c’est celui de la construction et du bâtiment. Le  « smart home & buildings » est un secteur qui génère plus d’un milliard d’investissements IT (matériel, logiciels, services, personnel interne) en 2017. Une grande partie des services connectés visent à améliorer la gestion de l’énergie et à rendre les bâtiments (quels qu’ils soient) plus écologiques. Ce marché va  fortement se développer sur les services proposés aux occupants ou aux opérateurs pour la maintenance, le pilotage de l’énergie, l’aménagement des espaces, la gestion des déchets, la sécurité, la sûreté, le bien être et la santé, etc. et aura  une croissance annuelle moyenne supérieure à 20% entre 2017 et 2021.

  • Si vous deviez donner à nos lecteurs cinq chiffres utiles  qui résument le développement du marché des services  l’IoT quels seraient-ils ?

Franck NassahTout d’abord la taille du marché IoT, qui est de plus de 12,5 milliards d’euros en 2017. La croissance ensuite sur la période 2017 – 2021, qui devrait être supérieure à 19% (contre moins de 3% pour les investissements IT). Le marché des services autour de l’IoT, qui s’élève à près de 5 milliards d’euros. La croissance de ce marché de services sur la période 2017 – 2021, qui sera supérieure à 22% (contre 4% pour les services IT). Et enfin la dynamique sur 2021, date à laquelle le marché des services IoT devraient représenter plus de 30% du marchés des services IT.

La Rédaction, Digital CMO

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