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Malgré une lourde condamnation juridique en début d’année et une obligation de revoir son modèle en profondeur, Heetch a su séduire les investisseurs : les récentes déboires du géant Uber ont certainement convaincu les fonds Félix Capital, Via ID et Alven qu’il y avait de nouveau une place à prendre. Ils injectent 10 millions d’euros dans la startup française pour de suite s’implanter à Londres et prendre la place laissée vacante par le groupe américain.

De 2013 à 2016, Heetch, c’était la pépite française, capable de résister frontalement à l’invasion d’Uber dans l’Hexagone. Son service de covoiturage de nuit, où le passager pouvait rémunérer librement le conducteur, connaissait un véritable succès, notamment auprès des jeunes : ceux-ci y voyaient un moyen d’économiser de l’argent, voire d’en gagner en assurant le rôle de conducteur. Sauf qu’en mars dernier, la justice a décidé de frapper fort : accusant Heetch de complicité d’exercice illégal de la profession de taxi, pratique commerciale trompeuse et organisation illégale d’un système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non professionnel, elle a condamné la startup à une amende de 600 000€ et l’a interdite d’exercer son activité en France. En quelques semaines à peine, le nombre de trajets hebdomadaires a chuté : de 400 000, il est passé à 70 000 actuellement. Cela a poussé les fondateurs, Teddy Pellerin et Mathieu Jacob, à totalement revoir leur modèle.

Uber chassé de Londres, une opportunité pour Heetch

Aujourd’hui, Heetch propose 2 offres distinctes à travers son application mobile : La Pro, donnant accès à des chauffeurs VTC et La Base, service de covoiturage sur les trajets courts. Un nouveau positionnement à mi-chemin entre Blablacar et Uber donc, mais en gardant une stratégie jeune, cool et centrée sur les déplacements nocturnes donc globalement festifs. Alors que beaucoup pensaient la startup condamnée à mourir, elle a su se maintenir en vie, grâce à son activité à l’étranger, en retravaillant son modèle et en profitant certainement des malheurs d’Uber. Le géant américain connaît en effet une année 2017 horrible : pertes record, scandale de harcèlement sexuel, révélation sur l’existence d’un programme illicite permettant d’éviter les contrôles de police et tout récemment interdiction d’exercer à Londres.
C’est en particulier ce dernier point qui ouvre une voie à Heetch : le nouveau fonctionnement de l’application est en accord avec la législation londonienne et cela lui ouvre donc grandement les portes de la capitale anglaise. Une opportunité suffisamment stratégique pour séduire les fonds Félix Capital, Via ID et Alven. Les 10 millions d’euros qu’ils apportent vont permettre à la société de recruter une trentaine de collaborateurs et de relancer l’activité pour atteindre au plus un objectif de 300 000 trajets hebdomadaires.


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