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Alors que les valeurs phares de la technologie américaine comme Google, Apple ou Amazon sont chahutées actuellement en bourse, les levées de fonds en capital risque des start-ups continuent à s’envoler aux Etats-Unis comme en témoigne les résultats de l’étude de PcW. 

La semaine passée les valeurs phares de la technologie ont été  chahutées en bourse. Les cours des actions d’Apple, de Google, Facebook et d’Amazon ont baissé significativement entraînant une baisse générale  du Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques aux Etats-Unis. Pour de nombreux analystes ces valeurs sont sur-évaluées et c’est une correction nécessaire. Les raisons données sont en partie macro-économiques avec une remontée attendue des taux d’intérêt aux Etats-unis mais aussi conjoncturelles.

Apple, qui reste la première capitalisation mondiale malgré une chute de 11,6% depuis le début du mois, a perdu lundi  2,6% après la publication d’un  article du Wall Street Journal selon lequel la firme à la pomme a revu à la baisse ses commandes de production des trois modèles d’iPhone récemment lancés. Apple ne donnant plus d’informations sur ses ventes d’iPhone, le doute s’est  installé sur la capacité de la firme à progresser aussi rapidement que dans le passé. Facebook de son coté continue à susciter la polémique suite aux failles de sécurité et à l’affaire Cambridge Technology. Mark Zuckerberg est accusé de mener une guerre d’influence auprès des médias pour minimiser les responsabilités de Facebook dans ces différentes affaires. Enfin, Google a un peu déçu les observateurs avec un chiffre d’affaires un peu moins dynamique que prévu lors de la présentation de ces derniers résultats.

Un niveau de capital risque record aux Etats-Unis au troisième trimestre 2018

Mais globalement aucune analyse ne semble remettre en cause les perspectives de croissance à moyen terme  de ces sociétés. « La tech » continue à séduire les investisseurs outre-Atlantique. Selon la dernière étude de PcW, le marché du capital-risque aux Etats-Unis a atteint, au troisième trimestre 2018, un record avec 27,5 milliards de dollars investis dans des start-ups dont 55 deals au dessus de la centaine de millions de dollars. Le volume des transactions adossées à du capital-risque a donc atteint un niveau jamais vu depuis le quatrième trimestre de 2012. Dans son étude PcW Money Tree, la société d’audit indique aussi que le niveau de deal qui a été atteint (1 229) reflète toujours un écosystème sain pour les startups.

Sur un plan plus qualitatif, PcW indique toutefois que le premier niveau  de financement (le seed et le early stage) des start-ups a baissé de 18 %. Celui de niveau intermédiaire et supérieur  a progressé. Le montant médian des transactions  a diminué pour s’établir à 34 M $ au troisième trimestre, par rapport à 42 M $ au deuxième trimestre, bien au-dessus de la fourchette historique des derniers trimestres soulignent les rapporteurs de l’étude. Et du coté des valorisations, si certaines voix s’élèvent pour expliquer que les  licornes américaines sont surévaluées,  le rachat récent de Qualtrix par l’éditeur allemand SAP pour 8 milliards de dollars montre clairement que si les licornes  ne trouvent pas leur salut en bourse, les acteurs historiques de la tech ont la trésorerie nécessaire pour les racheter.

Deux incertitudes cependant !

Il y a cependant deux incertitudes qui pourraient peser sur la valorisation de ces entreprises et sur tout le capital-risque mondial dans les mois qui viennent. La première est liée aux résultats des « pures players » de l’internet non technologiques comme Uber, Airbnb ou encore Amazon. Pour l’instant, le cumul de leurs pertes est impressionnant et leur développement est de plus en plus entravé par une réglementation qui s’organise tant aux Etats-Unis qu’en Europe. La volonté d’Emmanuel Macron de taxer les Gafa sur leurs chiffres d’affaires illustre ces politiques réglementaires visant à limiter leur expansion.

La seconde incertitude  est moins visible et elle est liée à la capacité des entreprises à suivre le rythme d’investissement imposé par la technologie. Selon le Gartner, les dépenses mondiales informatique et digitales  devraient progresser de plus de 3,2 % au niveau mondial en 2019.  Pour la société d’études, les dépenses en informatique liées à la transformation digitale s’accéléraient donc dans un contexte de ralentissement de la croissance économique mondiale. Le nouveau moteur à la mode en matière d’investissement informatique étant  celui de l’intelligence artificielle. Une technologie encore peu mature et qui nécessite de très importants investissements. Il n’est pas sur, en plus, que l’intelligence artificielle puisse être rapidement au centre d’une nouvelle révolution numérique et se diffuse rapidement au niveau des usages avec des coûts acceptables pour les utilisateurs et les entreprises.


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