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A la fois producteur et réalisateur, Dominique Farrugia juge le marketing indispensable pour la promotion d’un film mais absolument pas nécessaire pour concevoir une œuvre cinématographique. Lors du salon One to One Digital Marketing de Biarritz (10 au 12 octobre), il a bien voulu répondre aux questions de Digital CMO sur le thème de la créativité dans la production de contenus.

Vincent Biard – Pourquoi venir à un salon sur le marketing ?

Dominique Farrugia : Parce que déjà on me l’a demandé poliment et dans ce cas je ne sais pas dire non. Aujourd’hui je fais du cinéma et de la série mais le marketing est un élément majeur du cinéma français. Il faut savoir comment marketer un film, trouver des idées et avancer. Sans marketing on ne peut pas faire venir les gens dans les salles et notamment parce qu’ils regardent des films chez eux en VOD. Le marketing est indispensable pour donner envie aux gens d’aller au cinéma avec des affiches et des bandes annonces. Il est nécessaire de passer aussi par les réseaux sociaux pour la publicité des films. On peut produire des contenus originaux et attractifs destinés aux réseaux sociaux.

Vincent Biard – Avec les évolutions des technologies du marketing qui proposeront peut-être de l’analyse comportementale des spectateurs, quelle place restera-t-il à la créativité ?

Dominique Farrugia : Je ne connais pas un scénariste susceptible d’écrire un scénario avec ce que vous venez d’évoquer. Cela n’existe pas. Aujourd’hui, un film est une œuvre qui se met en mouvement avec le temps. Ensuite il y a un cinéma américain de plutôt bonne facture avec des héros de notre enfance et qui propose de grands spectacles dans lesquels il y a beaucoup de marketing. C’est l’intelligence d’une boîte comme Disney qui fait 40% de parts de marché aux Etats-Unis et qui a racheté les plus importantes franchises comme Star wars, Marvel ou Pixar.

Vincent Biard – Si les auteurs et les créateurs ne sont pas contraints par des impératifs d’audience issus des nouveaux outils d’analyse, peut-être que les producteurs le sont non ?

Dominique Fzrrugia : Je pense qu’un jour le big data nous aidera à adresser un film à une population spécifique. Aujourd’hui une quinzaine de films sort en salle chaque semaine en France et nous avons l’une des plus belles couvertures européennes de complexes cinématographiques. Il faut remplir ces salles et nous le faisons avec des films divers et variés. La comédie reste ce qu’ont envie de voir les Français, notre seule certitude est l’envie de communion des Français en allant voir des films.

Vincent Biard – Comment voyez-vous l’évolution des médias avec le web et les différents supports de lecture ?

Dominique Farrugia : C’était très novateur de créer Canal + en 1984, une chaîne de télévision payante sur laquelle j’ai fait mes premiers directs. En 1997 j’ai créé la chaine Comédie et on se disait qu’il y aurait trop de chaînes et Comédie existe toujours. Il faut vivre avec son temps et s’adapter. Il y a pléthore de programmes mais aussi de contenus et c’est pour en parler que je suis ici. Le contenu va être au centre des débats dans les années qui viennent.

Vincent Biard – Que pouvez-vous conseiller à ces professionnels du marketing pour produire des contenus de qualité ?

Dominique Farrugia : Je vais leur expliquer ce que j’ai fait. Je ne vais pas leur donner de conseils car je ne suis pas là pour cela et ils sont beaucoup plus intelligents que moi.


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