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Leader mondial de l’assurance-crédit, Euler Hermes a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros. L’entreprise emploie 6 000 salariés dans 50 pays, dont plus de 700 dans sa filiale française, Euler Hermes France. Cette dernière a officiellement créé le 1er février 2017 une entité dédiée à l’accélération digitale. Entretien avec Sophie Marot, Chief Digital Officer (CDO) et Anne-Sophie L’Huillier, Directeur Communication et Accélération Digitale d’Euler Hermes France.

AS-Euler Anne-Sophie L’Huillier, Directeur Communication et Accélération Digitale d’Euler Hermes France.

Sophie-Euler Sophie Marot, Chief Digital Officer (CDO) d’Euler Hermes France.

  • Qu’est-ce qui a conduit Euler Hermes France a créer une entité dédiée à la transformation digitale de l’entreprise ?

Sophie Marot : Notre environnement a changé. Nos clients, en tant que consommateurs ont été habitués à de nouveaux services digitaux. Leurs attentes et exigences en termes de business évoluent. Le digital nous permet de leur offrir tout au long du parcours client une expérience de service plus simple, plus rapide, plus complète. C’est également vrai en interne : l’envie de nos collaborateurs de faire évoluer les choses et de tester de nouvelles idées est forte, ainsi que leurs exigences dans leur expérience quotidienne, ce qui nous demande d’adapter nos manières de travailler et de les équiper.

Anne-Sophie L’Huillier : Un autre facteur est lié à l’évolution de notre écosystème. L’émergence de nouvelles formes de commerce en btob, type market place ou l’arrivée de nouveaux  acteurs comme les fintech sont autant de sujets d’inspirations qui nous poussent à innover et représentent de vraies opportunités business.

Sophie Marot : il faut également tenir compte de gisements de valeur encore non-exploités. La data, par exemple qui est déjà au coeur de notre métier, est un actif clé sur lequel nous devons encore plus capitaliser pour améliorer nos algorithmes prédictifs.

  • Comment cette nouvelle entité est-elle organisée ?

 Anne-Sophie L’Huillier : la création de ce nouveau département est d’abord un vrai projet d’entreprise pour accompagner la mutation de nos services, de nos métiers et de nos processus internes. Le digital n’est pas l’affaire de quelques initiés mais doit plus largement se diffuser dans toutes les strates de l’entreprise. Ce n’est pas que de la technologie mais aussi une culture de l’expérimentation à développer. La constitution de cette nouvelle entité répond à un double impératif d’équilibre : l’assurance-crédit est un métier technique qui exige de l’expérience et il est aussi crucial pour faire bouger les lignes de faire appels à de nouveaux talents et de nouvelles compétences numériques. Nous avons mis en place une petite équipe de 4 personnes, capables de faire appel à des compétences internes ou externes.

Sophie Marot : nous avons le soutien de la direction générale, ce qui est indispensable pour assurer le succès de notre démarche et de nos initiatives. Comme toutes les entreprises, nous adapterons sans cesse notre démarche pour tenir compte des difficultés rencontrées et des freins à lever. Un point qui nous semble essentiel est de constituer un réseau d’ambassadeurs, capables d’argumenter sur la nécessité absolue de la transformation numérique, capable d’accompagner les équipes dans ces évolutions, mais aussi de remonter les besoins et idées des directions. C’est une approche collaborative.

  • Que va changer la mise en place de cette entité d’accélération digitale dans le travail quotidien des salariés d’Euler Hermes France ?

Anne-Sophie L’Huillier : Notre expérience est encore très récente, mais nous imaginons plusieurs niveaux d’implication. Le premier concerne la mise en place d’un programme d’acculturation autour d’ateliers, depuis twitter jusqu’à la blockchain, en passant par le bon usage des outils collaboratifs ou la maîtrise des projets en mode agile. Le second concernera un programme de montée en compétence autour des métiers clés de demain.

Sophie Marot : Nous chercherons à faciliter l’émergence de nouvelles idées et de les incuber. Nous développerons ainsi des initiatives autour de l’intrapreneuriat en permettant à des porteurs de projet de les développer pendant quelques mois. Il faut considérer cette entité d’accélération digitale comme une opportunité pour nos collaborateurs : soyons capables de leur donner la possibilité de grandir, d’expérimenter et de réaliser leurs ambitions au sein du groupe.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO 


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