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Fabrice Bonan avait cofondé Talend avec Bertrand Diard en 2005 : ils ont à nouveau créé une entreprise ensemble 10 ans plus tard, baptisée Influans. Spécialisée dans les campagnes marketing personnalisées, elle a présentée la nouvelle évolution de solution au salon Paris Retail Week et vient de lever 6 ME. Entretien avec Fabrice Bonan, Chief Product Officer (CPO) d’Influans.

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  • Où en est Influans moins de 2 ans après sa création ?

Fabrice Bonan : Influans vient de mener à bien sa première levée de fonds, de 6 millions d’euros, après d’acteurs du venture capital comme Idinvest, Partech Ventures ou Iris Capital ainsi qu’avec des Business Angels comme John Brennan (Silver Lake) ou Pierre Kosciusko-Morizet (PriceMinister). C’est une belle somme pour une toute première levée de fonds. Nous avons aujourd’hui une trentaine de collaborateurs en France et en Tunisie et nous conduisons un nombre croissant de POC (ndlr :Proof Of Concept) en Europe comme aux Etats-Unis.

  • Influans va-elle être un concurrent potentiel de Talend, dont vous quitté la direction voici trois ans ?

Fabrice Bonan : Non, et ce pour une raison simple : Talend est une entreprise très technique, qui est devenue la colonne vertébrale du système d’information. Avec Influans, nous nous adressons directement aux professionnels du marketing. Nous avons beaucoup travaillé sur le design de la plateforme pour qu’elle puisse être utilisée par des non-informaticiens. Cela étant dit, nous travaillons toujours étroitement avec les services informatiques à un moment ou à un autre.

Par ailleurs, nous faisons face à un grand nombre de concurrents spécialisés sur une des étapes de la chaîne de valeur : Influans travaille sur toutes les étapes, ce qui est un gage d’efficacité et de rapidité.

  • Influans revendique des résultats 30 fois supérieurs à ceux des campagnes marketing traditionnelles : comment peut-on arriver à de tels résultats ?

Fabrice Bonan : Concrètement, ce sont les résultats des premiers POC que nous avons menés. La création d’une campagne est très rapide et nous la réalisons fréquemment durant les réunions de présentation. Elle est fondée sur deux grandes étapes. La première consiste à choisir les produits qui vont faire l’objet de la campagne, ou de laisser faire notre algorithme pour le ou les sélectionner. La seconde consiste à choisir les clients à qui le message va être adressé, soit avec des méthodes dites “traditionnelles”, soit -là encore à faire appel à notre algorithme pour déterminer la cible. Dans tous les cas, on peut associer les modes manuels ou automatiques afin de modifier la granularité à l’envi, sachant que la plateforme n’est limitée ni pour les volumes des champs ni pour leur format.

  • Vous vous démarquez également en ce qui concerne la tarification avec des prix fondés sur les résultats des campagnes et les transactions. Qu’est-ce cela signifie ?

Fabrice Bonan : C’est simple, dans le cas peu probable où une campagne n’aboutirait à aucune transaction, les prestations seront gratuites pour le clients. Concrètement, Influans ne se rémunère que via une commission sur les transactions finalisées.

  • Vous avez participé à l’édition 2017 de Paris Retail Week : pensez-vous que le retail européen est en train de combler son retard sur le retail des Etats-Unis dans le domaine des technologies marketing ?

Fabrice Bonan : Nous serons davantage présents sur cet événement l’an prochain. En ce qui concerne le retard de l’Europe sur les Etats-Unis, il nous semble moins important qu’on le dit. Cela explique d’ailleurs que les retailers américains – que nous connaissons bien – soient enthousiastes à l’idée de voir apparaître une plateforme marketing comme celle d’Inlfuans, qui n’a pas d’équivalent en Amérique du Nord. Enfin, les retailers européens que nous rencontrons font preuve d’une maturité que l’on ne met pas suffisamment en avant en matière de marketing.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO     


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