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De nouveaux métiers sont-ils nés du rapprochement du marketing et de l’informatique ? C’est la conviction de l’agence Corp., qui ouvre la deuxième édition du salon Data Marketing ce 16 novembre 2017 à Paris. Entretien avec Grégoire Cortot, Responsable des Conférences.

Grégoire Cortot : Cet événement est né d’un constat simple. L’agence Corp. a créé le salon Big Data Paris dès 2012 et nous avons vu monter en puissance la communauté des professionnels du marketing. L’an dernier, en 2016, nous avons donc voulu créer un événement spécifique, centré sur la collecte et le traitement des données dans le cadre des métiers du marketing. Il ne s’agissait pas seulement de prendre acte des collaborations de plus en plus fréquentes entre les services des systèmes d’informations et du marketing, mais de s’adresser aux nouveaux métiers qui sont nés, qui naissent et continueront de se développer aux frontières de ces deux domaines qui se sont longtemps ignorés.

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  • Sur quoi s’appuie cette conviction ?

Grégoire Cortot : Sur une enquête que nous réalisons régulièrement. La dernière en date, celle de 2017, nous a conduit à interroger une cinquantaine de professionnels du marketing sur leurs principales préoccupations pour 2018. Sans véritable surprise, c’est la nouvelle réglementation européenne sur les données (ndlr : la RGPD – pour Règlement Général sur la Protection des Données – qui entrera en vigueur en mai 2018). Les évolutions du cadre réglementaires sont logiquement au centre des préoccupations des professionnels du marketing. Par ailleurs, ils s’interrogent logiquement sur les conséquences de cette transformation numérique – le passage d’une entreprise dite “traditionnelle” à une entreprise centrée sur la donnée – dans le domaine des ressources humaines. Comment faire évoluer l’organisation pour qu’elle optimise davantage l’utilisation des données ? Comment recruter pour des profils où la demande est largement supérieure à l’offre, comme “data scientist” ou “data miner” ? Pour répondre à ce type d’interrogations, nous proposons un cycle de conférences payantes, qui font intervenir des professionnels du marketing plutôt que des fournisseurs. Nous faisons notamment intervenir l’entreprise JCDecaux, l’organisation humanitaire internationale World Vision, Disney, Accor Hotels, La Poste, Voyages-SNCF… Par ailleurs, nous allons également faire intervenir  l’alliance Gravity, qui réunit une quinzaine de groupe de médias français, dont Les Echos, L’Equipe, M6, SFR, des quotidiens régionaux, etc.

  • N’allez-vous pas être contraints d’annoncer aux professionnels du marketing que leurs métiers vont disparaître ?

Grégoire Cortot : Non, parce que nous sommes convaincus du contraire ! Ni les données ni l’intelligence artificielle ne remplaceront les marketeurs. Les nouveaux outils vont simplement leur permettre d’aller plus vite et de mener des opérations qui étaient jusqu’à présent jugées complexes et chronophages, comme la personnalisation totale. Concrètement, l’enjeu est d’automatiser les tâches les moins gratifiantes afin de lancer davantage de nouveaux projets.

  • Data Marketing Paris est-il un salon ou un cycle de conférences ?

Grégoire Cortot : Cet événement est à la fois un salon et un cycle de conférences. En l’occurrence, les conférences payantes ont lieu au centre de l’espace de démonstrations, dans lequel nous accueillons cette année une quarantaine d’exposants, dont IBM, Tableau Software ou encore KOMPASS. En outre, il faut noter que les startups seront présentes, notamment à l’occasion d’un “challenge”, au cours duquel trois jeunes entreprises (Sirdata, Brainify et SmartGDPR) seront face au public des votants.  Au final, ces 16 et 17 novembre 2017, nous accueillons plus de 1 500 personnes, soit deux fois plus que lors de la première édition.

  • Comment va évoluer cet événement et son visitorat ?

Grégoire Cortot : Data Marketing a d’emblée été décliné au Canada, à Toronto, où l’agence Corp. a ouvert des bureaux. Nous pourrions nous concentrer sur l’internationalisation de cet événement, même si des événements plus ou moins dédiés à cette thématique existent aux Etats-Unis, en Allemagne ou au Royaume-Uni. Nous faisons le choix de faire évoluer le Data Marketing Paris, qui pourrait accueillir entre 2 000 et 3 000 visiteurs l’an prochain.  De plus, nous organisons cette année un événement connexe au même endroit, Sales Intelligence, et il n’est pas impossible de nous développions à l’avenir d’autres événements.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Digital CMO         


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