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Pour Olivier Renaud, Président d’Easyteam, une société de services informatiques grands comptes, le succès du cloud n’est pas uniquement expliqué par l’opportunité de réduire les coûts. Il est également fondé sur la capacité du cloud à ouvrir de nouvelles possibilités illimitées. Retour sur les promesses de l’industrie et la réalité de la tech dans ce domaine en trois questions.

  • Google, AWS, Azure et bien sur Oracle, IBM et d’autres promettent des ressources informatiques illimitées pour se transformer ? Est ce vrai ?

Olivier Renaud : La montée en puissance du cloud – et notamment du cloud public – est certainement l’unes des principales évolutions du numérique. Certes, le cloud permet d’accéder à d’innombrables applications à moindre coût, mais notre expérience montre qu’il permet surtout d’engager un mouvement vertueux dans la transformation digitale. Les entreprises peuvent ainsi avancer sur cette voie plus rapidement et plus efficacement. Dans les faits, Le cloud est une technologie qui permet d’utiliser des infrastructures informatiques et d’en développer de nouvelles avec des services inaccessibles au plus grand nombre voici encore quelques années : IaaS, PaaS, architectures orientées services… Autre point fondamental : le cloud donne la possibilité de mettre en œuvre des services managés et l’infogérance dans tous les secteurs d’activité, quelle que soit la taille de l’entreprise. Easyteam a accompagné et accompagne plus de 100 clients dans ce domaine. C’est également vrai pour de nombreuses start-ups et des départements d’entreprises qui veulent pouvoir avoir accès à des services rapidement avec un minimum de garanties techniques et de sécurité.

  • Est ce que le cloud va coûter plus cher aux entreprises que leur système d’information traditionnel ?

Olivier Renaud : Contrairement au discours marketing des principaux acteurs de l’industrie du cloud, celui-ci n’est pas une infrastructure facile à gérer. Bien sûr, les ressources disponibles sont quasiment infinies et à un coût décroissant (de 5 % par an selon les spécialistes de ce secteur). On notera au passage que, désormais, l’informatique est capable de se développer tout en réduisant sa facture : un accroissement de puissance délivrée au même coût n’est plus un argument. L’avènement du cloud est un véritable changement de paradigme, mais les ressources humaines nécessaires sont plus importantes que ce que tout le monde prévoyait lorsque le concept a émergé. En résumé, ce qui était simple est bien orchestré dans un système d’information classique est devenu complexe dans une architecture cloud. Le véritable défi auquel les entreprises doivent faire face dans leur migration vers le cloud, c’est véritablement de trouver les clés pour bien s’en servir. Sinon, c’est recommencer les erreurs d’une infogérance onéreuse et mal maîtrisée des systèmes d’information, qui a caractérisé les années 2000.

  • Tous les métiers et les services des entreprises sont impactés par la transformation digitale. Comment va évoluer le rôle du Directeur des Systèmes d’Information (DSI) ?

Olivier Renaud : Si sa fonction reste fondée sur la maîtrise des outils de l’IT, l’enjeu est pour lui d’aller au-delà : s’il veut demeurer le garant de l’agilité et de la sécurité du système d’information (SI) de l’entreprise, il doit « anticiper » les évolutions, et pas seulement les « accompagner » ou – pire – de se contenter de « réagir au bon moment ».

La montée en puissance du cloud computing ouvre grand le champ des possibles. Tous les managers de l’entreprise en sont convaincus et le DSI doit en tenir compte. L’évolution est à la fois rapide et forte. Dans ce contexte où le numérique semble accessible à tous, le DSI doit être l’agrégateur et l’ordonnateur d’une très vaste librairie et jouer un rôle de conseil vis-à-vis des autres services de l’entreprise.

De fait, le DSI doit connaître un nombre croissant de technologies : l’intelligence artificielle, l’IoT, les chatbots, les voicebots, la reconnaissance faciale ou vocale, la blockchain, etc. Pour lui, le défi est de faire coexister les deux types de systèmes numériques. D’une part celui dit des « couches basses » du SI (les réseaux, les télécoms, les bases de données…) et les usages.

Par ailleurs, la transformation digitale s’accompagne de la montée en puissance d’enjeux managériaux qui – eux aussi – vont bien au-delà de l’IT. Le plus évident est que les DSI ne peuvent intégrer à leurs équipes autant de nouvelles compétences.

L’une des grandes missions d’EasyTeam est d’accompagner les DSI dans ces changements, notamment en leur apportant de nouvelles solutions de reporting, des indicateurs adaptés, des applications innovantes…. L’entreprise l’a également fait en concevant l’offre EasyTeam Managed Services (EMS)*.

Propos recueillis par Digital CMO 

* Easyteam a organisé un tour de France sur les thèmes du cloud et des services managés : voir ici.


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