DigitalCMO

D’après les médias américains spécialisés, la licorne américaine aurait déjà sécurisé 550 millions de dollars sur les 961 millions de dollars d’objectif de cette levée de fonds. L’entrée en bourse de cette société spécialisée dans les outils d’analyse de big data se précise pour l’automne.

C’est parce que la société Palantir a déposé un formulaire D auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité des marchés financiers aux USA, que l’info a fuité. Cette procédure obligatoire indique un montant total de 961 099 010 dollars du montant de l’offre de Palantir. Dans le même temps, l’agence de presse Reuters indique que le fond japonais Sompo Holdings Inc. a investi 500 millions de dollars dans Palantir après avoir lancé un joint venture baptisé Palantir Technologies Japan K.K. en fin d’année dernière. Reuters a également annoncé que la société tech japonaise Fujitsu Limited investit très récemment investi 50 millions de dollars dans Palantir.

Aujourd’hui forte de 2 500 salariés dont 800 personnes sur le continent européen Palantir aurait devrait réaliser près d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2020. C’est l’une des sociétés les plus performantes dans le domaine du big data. Son activité se partagerait entre le marché des entreprises (Airbus, FIAT, Sanofi, …) avec sa solution Foundry et celui d’une trentaine de gouvernements ou agences gouvernementales (CIA, NSA, FBI, …) avec sa solution Gotham. Estimée à 20 milliards de dollars de valorisation lors d’une levée de fonds de 880 millions de dollars réalisée en 2015, Palantir pourrait désormais atteindre 41 milliards de dollars de valorisation pour son introduction en bourse envisagée cet automne.

 

Maryse Mougin et Maurice N’Diaye ont été élus à la tête de l’Association nationale des professionnels du marketing. Leur feuille de route sera présentée à la rentrée.

Réuni le 19 juin dernier, le Conseil d’administration de l’Adetem les a élus présidents de cette association rassemblant 1 200 adhérents. Ils succèdent à François Laurent et Jean-Michel Raicovitch.

Membre de l’Adetem depuis plus de 10 ans et vice-présidente depuis 2013, Maryse Mougin est actuellement directrice de l’Expérience Client Particuliers & Professionnel au sein du groupe La Poste.

Maurice N’Diaye est l’un des associés dirigeants de la société Synomia. Il est membre du Conseil d’administration de l’Adetem et coprésident du club Data&IA depuis 2018.

Les deux co-présidents se sont donné 100 jours avec le nouveau Conseil d’administration pour co-construire une feuille de route qui sera présentée aux membres et à la communauté marketing à la rentrée.

En savoir plus : https://www.adetem.org/wp-content/uploads/2020/06/CP-ADETEM.pdf

Comment une PME peut-elle se développer via le digital ? Pour Régis Flusin, président de la marque LE MARQUIER fabricant de planchas et de barbecues, la stratégie est de miser sur 100% de digital dans la communication et d’être cohérent dans l’e-commerce.

Vincent Biard – Quelle est l’activité de la Maison LE MARQUIER?

Régis Flusin – La société a été créée en 1971 à Bayonne avec un vrai savoir-faire en ferronnerie d’art. LE MARQUIER s’est d’abord développée sur les accessoires de cheminée puis sur le barbecue en proposant en France le barbecue à cuisson verticale et enfin avec la plancha. L’entreprise s’est implantée à Saint-Martin-de-Seignanx, à côté de Bayonne, en 1987 pour construire une usine de 7 000 m2 qui emploie aujourd’hui une cinquantaine de personnes. La marque LE MARQUIER est 100% fabrication française, ses appareils de cuissons sont labélisés Origine France Garantie et ses planchas sont garanties à vie.

Vincent Biard – Et depuis quand dirigez-vous la société ?

Régis Flusin – Je viens du marché du barbecue car depuis 2000 j’étais vice-président pour la France et l’Europe de la marque Weber que j’ai quitté en 2016 pour racheter l’entreprise LE MARQUIER qui était à redresser et à relancer. Il a fallu redéfinir toute la gamme de produits avec l’aide du Peugeot Lab Design pour beaucoup et il a fallu également reconstruire tout le réseau de distribution. Nos cibles sont les jardineries, les magasins de bricolage et les magasins d’électroménager.

Vincent Biard – Quelle est votre stratégie digitale ?

Régis Flusin – Il y a d’un côté l’e-commerce et de l’autre la communication. Nous avons développé notre site internet avec une rubrique e-commerce lancée il y a deux ans. Sur notre site d’e-commerce notre objectif est de commercialiser tous nos produits sans remises sur nos tarifs. Nous nous apercevons que nous vendons surtout nos produits les plus haut-de-gamme parce qu’ils ne sont pas forcément distribués ou mis en avant dans les magasins et que les clients ont pris du temps pour les chercher. Nous étions sur une progression globale de 20% puis est arrivée la crise du Covid. Tout s’est arrêté et nous avons réfléchi au moyen de développer notre activité. Nous avons redémarré en quinze jours et nous avons pu livrer nos clients. C’est par notre e-commerce que nous avons relancé l’activité. Durant le Covid, notre site e-commerce a représenté environ 80% de notre chiffre d’affaires et nous avons pratiquement compensé notre activité ainsi. En temps normal, j’estime la part du e-commerce à 20/25% sur le marché du barbecue.

Vincent Biard –Si vous vendez aussi vos produits via des market places ou sur des sites de distributeurs, comment interagir pour booster vos ventes ?

Régis Flusin – Sur l’e-commerce nous avons notre propre site de marque, les sites de nos distributeurs comme Leroy-Merlin, les sites d’e-commerce comme Amazon ou d’autres plus spécialisés. Nous étions assez peu implantés sur ces sites quand j’ai relancé LE MARQUIER. La priorité était de relancer la distribution physique car nous souhaitons que les gens puissent voir nos produits et qu’ils soient conseillés par un vendeur spécialisé.

Vincent Biard – Quelles pourraient être les limites au développement de l’e-commerce ?

Régis Flusin – Il n’y a pas de limites si vous avez une stratégie claire, c’est le marché qui va guider. Nous sommes l’un des leaders dans les magasins physiques et nous voulons le rester. Nous revendiquons le fait de vouloir vendre des produits de très grande qualité sur notre site. Il faut être sur des sites marchands mais ils sont orientés sur des produits d’entrée de gamme. Les trois types de sites se complètent.

Vincent Biard – Et la partie communication de votre stratégie digitale ?

Régis Flusin – Notre première action était de redéfinir la marque. Comme nous sommes une petite PME sans beaucoup de moyens, il est hors de question d’investir dans de la publicité TV ou Presse et ainsi 100% de nos achats d’espaces et 100% de notre communication passent par des influenceurs ou de la communication digitale.

Vincent Biard – Avec quel retour sur investissement et comment le mesurer?

Régis Flusin – Aujourd’hui nous n’avons pratiquement rien. Nous communiquons beaucoup sur Facebook et Instagram qui sont nos priorités. Nous créons des communautés très fortes. Il faut préciser que nous gérons deux marques puisque nous sommes aussi l’importateur exclusif en France de la marque américaine TRAEGER. C’est un bon exemple pour nous car c’est une marque qui a été relancée en 2016, qui réalisait alors 70 millions de dollars sur le marché américain et qui en fera 500 cette année avec l’idée d’être N°1 en 2022. Le modèle de TRAEGER c’est zéro achat d’espaces et uniquement de l’influence sur les réseaux sociaux.

Vincent Biard – De quels outils digitaux auriez-vous besoin ?

Régis Flusin – Nous allons nous focaliser sur trois choses : Facebook, Instagram et notre site e-commerce. Notre premier objectif est de développer notre nombre d’abonnés sur notre site avec l’idée de publier une newsletter régulière. Cela veut dire la produire mais surtout augmenter le nombre d’abonnés. Ensuite, notre objectif est de développer le nombre d’abonnés sur Facebook et Instagram et de les gérer. Heureusement, notre communauté est active et enthousiaste.

Site web : https://www.lemarquier.com/

L’agence Equancy&Co présidée par Robert Zarader a lancé le site 11mai2020.co pour observer les changements du « monde d’après » dans six domaines : santé, travail, vie politique, consommation, mobilité, culture sport & loisirs.
Pour Robert Zarader, conseil politique de très haut niveau et expert reconnu en communication corporate, la fraternité exprimée pendant le confinement doit être encouragée et des débats doivent reprendre leur place en France.

Vincent Biard – Quel est l’objectif du site 11mai2020.co ?

Robert Zarader – Il y a deux raisons principales à la création de ce site. D’abord, il y a eu énormément de choses le 11 mai 2020, le jour du déconfinement, sur le monde d’après. Il y a eu une inflation d’intellectuels et d’experts de tous bords sur ce que serait ce monde d’après. Je pense qu’il faut déjà s’exprimer sur le monde « de maintenant ». Ce qui nous intéresse est de recueillir les initiatives au jour le jour en donnant rendez-vous dans une année pour savoir si nous sommes toujours dans le monde d’avant ou si l’on a commencé à construire autre chose. La deuxième raison est qu’avec toute l’équipe nous organisons depuis quelques temps des débats en présentiel et des webinars sur des sujets de société diverses avec des personnalités différentes. A travers les articles du site, nous voulions exprimer nos propres réflexions sachant que c’est ouvert et nous accueillerons des contributions extérieures.

Vincent Biard – A qui s’adresse le site ?

Robert Zarader – A tous les gens qui nous suivent avec notamment pas mal de participants aux « Petits débats » que nous organisons en public chez Equancy&co et qui réunissent des experts et des personnalités. 11mai2020.co s’adresse aussi à nos clients qui souhaitent sortir de leur quotidien. Le lectorat est très éclectique comme nos « Petits débats » qui réunissent des gens de l’entreprise mais aussi des journalistes ou des politiques. C’est très ouvert et volontairement porté sur des sujets de société.

Vincent Biard – Et qu’attendez-vous du monde d’après ?

Robert Zarader – Ce que je pense que nous devons attendre du monde d’après est la correction d’un certain nombre de révélations que nous avons eues pendant cette crise. Des gens ont ainsi découvert que les gamins dans les banlieues vivaient dans les halls d’immeubles parce qu’ils habitent dans des appartements très petits et qu’ils y sont nombreux. Nous avons pu aussi constater les différences entre le monde urbain et le monde rural où, contrairement à ce que l’on pense, le confinement y a été mal vécu car il a accru la solitude  Certains ont vécu le confinement comme des vacances grâce à leurs résidences secondaires. Toutes ces inégalités, sans parler des inégalités plus marquées qui ont touché les soignants ou les cheminots, sont apparues sans pour autant surprendre des observateurs plus attentifs de la vie sociale.

Vincent Biard – Le monde d’après sera-t-il vraiment changé avec notamment des gens plus proches de leur famille et prêts à moins consommer ?

Robert Zarader – Sur le monde d’après, il y a plusieurs choses à constater selon les études d’opinions. Sur un grand nombre d’items, sur le changement de système économique pour le rendre plus juste sans forcément renverser le système capitaliste, sur les services publics, sur la santé, sur l’environnement comme bien commun par exemple, il y a entre 60 et 90% des Français qui sont d’accord. Le chemin n’est pas ensuite nécessairement le même. Il faut remettre du débat dans ce pays. J’ai récemment publié une tribune dans Le Monde que j’aurais aimé intituler « La place de la discorde » et que Le Monde a titré autrement. Il faut remettre du débat et de la controverse, ce pays ne discute plus mais s’insulte. Nous sommes dans des silos et les penseurs de cette nouvelle société que l’on construit ne débattent pas mais s’invectivent. Cela construit des populismes, des impasses, une France fermée et jalouse. Je crois qu’il y aune valeur républicaine centrale, c’est la fraternité. Durant la période du Covid, on a vu beaucoup de signes de fraternité micro-sociétale. C’est quelque chose qu’il faut remettre au cœur du fonctionnement de la société française et du débat politique. Le Gaulois réfractaire est aussi celui qui adore débattre. La Renaissance française, les Lumières, la philosophie politique contemporaine , la sociologie analytique doivent beaucoup à l’esprit des français , et pas seulement des élites..

Sites web :
https://11mai2020.co/
http://www.equancy.fr/fr

L’assistant vocal Google permet dorénavant de choisir, commander et payer ses courses alimentaires parmi 27 000 références disponibles du distributeur Carrefour. Cette première mondiale propulsée par l’IA de Google mise sur le canal de la voix déjà adopté par 46% des Français selon les chiffres communiqués par Carrefour.

Il suffit de télécharger l’assistant Google sur son smartphone (iOS, Android) et de dire « Ok Google, je veux faire les courses » pour accéder à ce service également disponible sur les enceintes vocales et les écrans connectés compatibles. Il faudra cependant associer des comptes personnels Google et Carrefour ou en créer. Ensuite, le client dicte sa liste de courses en utilisant des mots courants et l’IA de Google assimile aussi bien les mots génériques que les noms de produits ou de marques même lorsque plusieurs mots sont associés.

Une fois validé son panier toujours dans l’assistant Google, le client bascule dans l’espace e-commerce de Carrefour pour choisir son créneau et son mode de livraison (drive, drive piéton ou livraison à domicile) puis payer. A noter que la liste peut être partagée par le client et les personnes de son choix. 27 000 produits référencés chez Carrefour sont disponibles. Pour aider à la commande, l’assistant Google propose une recommandation personnalisée basée sur l’historique des achats ou les préférences (types de produits, marques, quantité, promotions…).

L’IA de Google à la manœuvre

Pas d’historique d’achat ? L’assistant Google propose des recommandations basées sur les meilleures ventes Carrefour effectuées par un échantillon de 50 000 clients sur une période de 6 mois dont les données ont été anonymisées. Ainsi l’assistant apprend avec l’usage et affinera ses recommandations avec le temps mais Carrefour précise que « l’utilisateur peut retirer son consentement et dissocier ses comptes […] Le partage de l’historique d’achats avec Google est alors interrompu et Google supprime les données transmises. Il en va de même automatiquement si l’expérience n’est pas utilisée pendant une période de 30 jours. »

En insistant dans sa communication sur le respect de la confidentialité et en assurant se conformer au Règlement Général sur la protection des données personnelles (RGPD), Carrefour cherche visiblement à rassurer ses consommateurs (et le Législateur) compte-tenu des éventuelles et légitimes interrogations relatives à l’acquisition de données personnelles par Google. Quoi qu’il en soit, Carrefour joue la transparence et facilite la gestion de chaque historique d’achats.

La mise en service uniquement en France le 16 juin dernier de cette application est issue du partenariat signé le 11 juin 2018 par les deux enseignes. Pour Carrefour, l’objectif est de devenir le leader du e-commerce alimentaire en proposant des expériences omnicanales innovantes. D’autres enseignes de distribution françaises proposent aussi l’élaboration d’une liste de courses via Google Assistant mais aucune n’a encore conçu une solution aussi élaborée que celle de Carrefour. De son côté, Google va disposer de données sur les habitudes d’achats alimentaires des Français et prend un avantage sur Amazon leader du secteur du e-commerce en France (22 % de parts de marché) pas encore impliqué dans l’alimentaire mais  justement allié du Groupe Casino, grand rival de Carrefour…

Depuis le début de la crise du Covid-19, les grandes entreprises de la Tech sont en pointe dans la gestion de leurs employés face au risque sanitaire. Pour la plupart, elles n’envisagent pas un retour de leurs salariés dans leurs bureaux avant la fin de l’année. Parallèlement les annonces en matière de solutions de distanciation autour du collaboratif  se sont multipliées. Dernière en date : le lancement de Work.com par Salesforce. 

C’est fin mai que Mark Zuckerberg a annoncé que la moitié des 48 000 employés de Facebook pourraient être en télétravail permanent d’ici 5 à 10 ans et il a aussi annoncé la création de centres de travail à distance à Atlanta, Dallas et Denver. Jack Dorsey, PDG de Twitter, a également prévenu  ses 4 000 employés que le télétravail pourra être prolongé. Chez Google, le CEO Sundar Pichai a déclaré que ses employés pourraient  travailler à domicile jusqu’à la fin de l’année, voire même jusqu’en 2021 selon d’autres sources. Cette tendance semble largement adoptée par l’écosystème californien de la Tech selon la presse spécialisée américaine.

L’une des premières conséquences de ce changement de mode de travail est la réduction de 30% du projet Willow Village de Facebook. Annoncé en 2017 dans la baie de San Francisco, ce campus de 11 600 m2 devait accueillir 1 500 logements, un hôtel de 250 chambres, des équipements collectifs et des bureaux pour les employés de la firme. Même si Facebook assure que la réduction de son projet de cité ouvrière du XXIème siècle -dont les travaux doivent être lancés en 2021- n’est pas dû au développement du télétravail, on peut quand même en douter.

Toujours en termes d’immobilier, la réduction du nombre d’employés dans les bureaux de la Silicon Valley y diminuera (peut-être) la pression immobilière et permettra, en plus, aux géants de la Tech d’investir beaucoup moins dans l’agrandissement de leurs bureaux. Pour recruter et conserver leurs employés, les GAFA ont promu des concepts de larges bureaux intégrant des services à la personne mais avec l’amplification du télétravail, le développement de ces nouvelles cités radieuses pourrait logiquement s’atténuer. Des économies en vue pour la Tech…

Les services de distanciation : un nouveau eldorado pour la Tech et une menace pour bien des secteurs d’activité

Mais les contraintes créées par la nécessaire distanciation du Covid-19 pourraient également représenter de nouvelles opportunités pour l’industrie de la Tech. Les services de distanciation sont en train de devenir un marché à part entière et les résultats de Zoom le prouvent : dix millions d’utilisateurs en décembre 2019 et 300 millions en avril 2020 ! Cette plateforme californienne de messagerie instantanée et de vidéoconférence a doublé son chiffre d’affaires et devrait passer facilement le cap des 1,5 milliards de revenus cette année.

Pour concurrencer Zoom, Microsoft a ajouté des fonctionnalités à Teams avec notamment une utilisation gratuite de réunions en visioconférence alors qu’auparavant au moins l’un des participants devait  disposer d’un abonnement Microsoft 365. Toujours pour concurrencer Zoom, Google a simplifié et amélioré Meet tandis que Facebook a lancé Messenger Rooms, sa solution de visioconférence.

En plus de ces solutions, de nouveaux outils et services collaboratifs adaptés à la distanciation sont développés par la Tech et sont susceptibles de viser de nouveaux marchés comme l’événementiel d’entreprise, la relation commerciale ou la gestion des ressources humaines et la formation. Ainsi Saleforce, l’un des leaders des services de relation client et des applications de CRM,  a lancé la plateforme work.com pour les directions des ressources humaines. C’est Olivier Derrien, responsable de Salesforce en France, et Guillaume Pépy, ancien PDG de la SNCF dorénavant au comité de surveillance de Salesforce en Europe, qui ont présenté cette solution  lors d’un webinar organisé le 12 juin dernier. Conçue sur la plateforme de Salesforce cette solution permet de gérer les flux des employés dans les bureaux, des enquêtes de ressources humaines, de créer des dashboard et de réaliser des formations.

L’inexorable digitalisation de la Tech sera-t-elle acceptée par les salariés ?

Finalement l’écosystème de la Tech poursuit sa croissance avec la même méthode et le même génie. La crise du Covid-19 impose la distanciation ? La conscience environnementale des consommateurs exige la limitation des déplacements polluants ? Les marques veulent une relation client one to one ? La Tech répond à ces besoins mais avec des solutions susceptibles de cannibaliser bien des secteurs d’activités. Le secteur de l’événementiel est le premier concerné. En France, il génère, selon les sources, plus de 30 milliards d’euros de retombées économiques. L’industrie de la Tech a déjà multiplié ses webinars et décidé de digitaliser ses grandes messes annuelles comme l’indique l’organisation de la prochaine conférence de AWS ou celle à venir de HPE le 23 juin prochain.

Les autres grands secteurs d’activité vont-ils suivre ? Les entreprises vont-elles en profiter aussi pour digitaliser massivement d’autres usages comme la négociation commerciale ou la formation ? Une partie de la réponse est du coté des salariés et de ce qui leur sera proposé en matière d’organisation et de conditions de télétravail. Mais au delà des discussions réglementaires en cours  sur le télétravail, ce sont aussi les aspirations des salariés dans ces domaines qu’il faudra observer. L’industrie de la Tech est déjà prête à changer leur vie au travail.

 

En partenariat avec l’Adetem, Digital CMO interroge les directeurs de marketing sur les effets de la crise du Covid-19 mais aussi sur la sortie de crise qu’ils préparent.
Directeur marketing & communication pour la France, l’Europe du sud et Israël pour les ascenseurs KONE, Alain Piguet témoigne de l’impact de la crise sanitaire sur l’activité d’installations d’équipements neufs et explique comment l’activité de service de KONE, déjà engagée dans la transformation digitale, y donne davantage de sens en période de crise de Covid-19.

Vincent Biard – Pourriez-vous présenter la société KONE ?

Alain Piguet – KONE est une entreprise finlandaise créée en 1910 dont le nom signifie « machine » en finnois. C’est l’un des leaders mondiaux du marché des ascenseurs, escaliers mécaniques et portes automatiques. L’ADN de KONE c’est l’innovation avec par exemple, en 1996, l’invention du premier ascenseur sans local de machinerie. En 2019 KONE a réalisé un chiffre d’affaires de dix milliards d’euros pour 60 000 collaborateurs et est présente dans plus de soixante pays dans le monde.

Vincent Biard – Dans votre métier, à qui vous adressez-vous et quelles sont vos cibles ?

Alain Piguet – Nous avons deux grands métiers avec la vente d’équipements neufs et le service qui réalisent chacun la moitié de notre chiffre d’affaires. Pour les équipements neufs, nous nous adressons à des architectes, des promoteurs immobiliers, des entreprises générales. Pour le service, il s’agit de maintenance de toutes marques, de réparations et de modernisations et nos clients sont des syndics d’immeubles pour le segment résidentiel et des gestionnaires de parc immobiliers pour les autres segments (bureaux, commerce, médical,..).

Vincent Biard – Quels sont les effets et les conséquences de la crise née du Covid-19 sur votre activité ?

Alain Piguet – Au-delà des aspects marketing et communication, l’activité chantiers et équipements neufs a été très impactée mais sur la partie services nous faisions partie des professions dont l’activité devait être assurée en continu notamment pour les interventions pour dépannage et personnes bloquées en cabines. Etant un groupe mondial avec des implantations en Chine, nous avions tiré des enseignements sur la bonne gestion de la crise avec les fournitures d’équipements de protection comme des masques ou des gants ainsi que sur les procédures que devaient respecter nos techniciens vis-à-vis des clients et utilisateurs lors de leurs interventions. A noter qu’étant déjà organisés pour intervenir en environnement spécifique comme un immeuble amianté, nos équipes disposaient d’équipements adaptés et étaient sensibilisées aux conduites à tenir pour se protéger.

Vincent Biard – Quels outils digitaux avez-vous déployé durant le confinement ?

Alain Piguet – Sur l’aspect commercial, plutôt que d’aller rencontrer leurs clients, nos équipes ont utilisé le téléphone ou Microsoft Teams, l’outil implémenté au niveau global. Nous avons un centre de relations clients d’accueil par téléphone avec des équipes internes en charge d’inbound call et d’outbound call, un webchat depuis le site web ainsi que les applications KONE Online et KONE Mobile permettant à nos clients d’être informés des interventions sur leurs ascenseurs en temps réel : tous ces canaux de contact ont bien fonctionné. Nous communiquons aussi beaucoup par campagnes d’e-mailings. Nous sommes plutôt sur de la fidélisation et de la rétention clients que de la prospection. Nous nous appuyons sur une solution CRM globale Salesforce qui nous permet de piloter notre activité commercialeet marketing.

Vincent Biard – Comment percevez-vous cette sortie de crise ?

Alain Piguet – Sur la partie équipements nous sommes tributaires de la reprise des chantiers mais sur la partie service, nos clients ont très vite été demandeurs de solutions pour les aider à limiter la propagation du Covid-19. Ainsi nous avons lancé des solutions de santé et de bien-être social, basées notamment sur la connectivité et permettant d’éviter les contacts avec les boutons des ascenseurs ou de les commander à distance.

Vincent Biard – Comment seront les ascenseurs du futur ? Quels sont vos axes de développement de produits et services ?

Alain Piguet – Tous les ascenseurs que nous commercialisons depuis le début de l’année sont les premiers ascenseurs au monde avec connectivité digitale de série. La crise du Covid-19 a accéléré la mutation vers des immeubles multi-usages, réversibles, connectés et « sans contact », évoluant avec les besoins des occupants. Nos ascenseurs peuvent être connectés via des API à un ensemble de services : des solutions KONE (appel via smartphone,..), des applications clients de gestion du bâtiment ou un écosystème d’applications partenaires. Dans nos partenaires nous comptons Savioke, une société concevant des robots capables par exemple d’emprunter nos ascenseurs pour assurer le room-service dans des hôtels. Avec votre assistant personnel Amazon Alexa, vous pourrez commander votre ascenseur KONE à distance. Avec l’application Blindsquare, nous pouvons indiquer aux personnes aveugles ou malvoyantes le sens de marche d’un escalier mécanique dans un centre commercial. Nous avons aussi des solutions de maintenance prédictive sur tous types d’ascenseurs via des capteurs analysant en temps réel plus de 200 paramètres, soit des milliers de données envoyées à notre plateforme cloud. Nous utilisons IBM Watson pour identifier les signaux faibles annonciateurs de panne et déclencher des interventions transmises en temps réel sur les smartphones de nos techniciens. Ainsi nous proposons un écosystème complet de solutions couplantconnectivité, IoT, big data, intelligence artificielle pourdélivrer une meilleure expérience à nos clients.

Site web : https://www.kone.fr/
Twitter : @KONEfrOfficiel
LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/kone/

Comment personnaliser la relation homme/machine en respectant les données personnelles de chaque utilisateur ? Dans un post de blog publié fin mai, Google expose sa nouvelle technologie d’intelligence artificielle développée pour analyser les données personnelles sans centralisation ni intrusion.

Avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD) en vigueur en Europe depuis le 25 mai 2018, le California Consumer Privacy Act (CCPA) appliqué depuis le 1er janvier (et probablement bientôt adopté par une dizaine d’autres états américains) ainsi que les lois nationales de protection des données personnelles d’une centaine de pays, les géants de la Tech sont confrontés à un défi.

Comment en effet personnaliser, perfectionner et augmenter les services numériques sans utiliser les données personnelles de chaque utilisateur pourtant indispensables pour adresser des services encore plus ciblés ? Dans un post publié fin mai sur son blog dédié à l’intelligence artificielle, Google expose sa méthode d’analyse de données respectueuse de la vie privée des internautes.

Nommée « Federated Analytics » cette méthode fait suite au projet « Federated learning » lancé en 2017 qui traitait des données stockées sur un appareil grâce à une application téléchargée. Celle –ci comprenait un module de Machine Learning puis communiquait les résultats à Google sans délivrer les données de base, respectant ainsi leur confidentialité.

Dans son post, Google explique avoir appliqué cette technique pour enrichir le dictionnaire des smartphones en repérant les mots les plus utilisés par leurs utilisateurs dans leurs messages. Google explique aussi avoir testé cette méthode pour identifier la musique diffusée à proximité du Smartphone pour ensuite l’ajouter à la play-list de son propriétaire.

Un algorithme d’IA déployé dans chaque appareil

Si cette technique s’avère viable, Google pourrait ainsi développer une technologie d’intelligence artificielle basée sur l’analyse des données mais sans menacer la vie privée des utilisateurs. Appliquée à d’autres produits Google, cette utilisation de données décentralisées semble prometteuse.

Reste que quelques jours après cette annonce, Google a fait l’objet d’une plainte déposée par le cabinet d’avocats américain Boies Schiller & Flexner qui lui reproche de collecter des données via Google Analytics, Google Ad Manager et d’autres applications et extensions sur les versions PC/Mac et smartphone même quand les utilisateurs ont choisi le mode « incognito » proposé dans les différentes déclinaisons du navigateur Chrome.

On est encore loin de l’amende à cinq milliards de dollars dont Google pourrait bien écoper en assurant un dédommagement de  5000 dollars par utilisateur de Chrome mais cette plainte illustre, une fois de plus, l’enjeu du respect des données des utilisateurs.

Aujourd’hui conférencier international, Samuel Scott a été journaliste et aussi directeur marketing aux Etats-Unis. Il interviendra en conférence d’ouverture du prochain salon professionnel One To One Digital Marketing organisé à Biarritz les 06, 07 et 08 octobre 2020.

Dans l’un de ses derniers articles publié sur le media web The Drum, Samuel Scott explique que la crise du Covid-19  ne changera pas vraiment le marketing. Contrairement à d’autres experts du marketing qu’il cite et s’appuyant sur des comparaisons avec des crises historiques, Samuel Scott relativise les changements d’attitudes des consommateurs face aux médias et canaux de communication traditionnels.

Samuel Scott conseille toutefois aux marques de s’adapter si c’est necessaire mais de ne pas être obsédées par le digital certainement moins  cher que le marketing offline mais moins efficace selon lui. Enfin Scott rappelle « que l’industrie de la publicité a toujours représenté en moyenne 1,0% à 1,5% du PIB américain pendant un siècle » quelque soient les crises économiques que le pays a connu.

Avec Samuel Scott, les participants de la septième édition du salon One to One Digital Marketing de Biarritz auront une keynote d’ouverture pertinente. « Je suis assez vieux pour me souvenir du marketing d’avant Internet mais je suis assez jeune pour être de la génération de la technologie » déclare cet américain ayant fait sa carrière aux États-Unis et désormais basé à Tel Aviv.

Le One To One à Monaco en septembre et à Biarritz en octobre

Initialement prévu à Monaco du le 30 juin au 02 juillet 2020, le salon professionnel One To One Retail E-Commerce a été reporté en raison des restrictions sanitaires issues de la crise du Covid-19. La dixième édition de cet événement incontournable de l’e-commerce se tiendra toujours en Principauté mais du 01 au 03 septembre. Egalement organisé par le groupe Comexposium, le One To One Digital Marketing se tiendra à Biarritz  les 06, 07 et 08 octobre 2020.

En partenariat avec l’Adetem, Digital CMO interroge les directeurs de marketing sur les effets de la crise du Covid-19 mais aussi sur la sortie de crise qu’ils préparent. Marie-Eve Saint-Cierge Lovy, directrice marketing du Groupe Apicil, compte amplifier des dispositifs opérationnels comme le télétravail de son équipe ou la dématérialisation de certains services clients et réfléchit à une stratégie adaptée à la situation économique.

Vincent Biard – Quelle est votre mission au sein du groupe Apicil ?

Marie-Eve Saint-CiergeLovy – Le Groupe APICIL est un groupe de protection sociale et patrimoniale, paritaire et mutualiste depuis 1938. Nous sommes spécialistes des métiers de la santé, de la prévoyance, de la retraite, de l’épargne et des services financiers. Nos clients sont des grandes entreprises, des TPE, des TNS, des créateurs, des salariés, des PME ou des particuliers. Nous distribuons nos offres en nous appuyant sur des réseaux de vente directe avec nos propres commerciaux en vente à distance ou en face-à-face ainsi qu’un réseau de 2 500 courtiers partenaires. Ma direction est centrée sur le marketing opérationnel. Notre mission est de générer un maximum de contacts et d’opportunités commerciales pour accompagner les réseaux de vente dans l’atteinte de leurs objectifs. Pour cela nous sommes organisés autour de quatre pôles d’expertises complémentaires : la conception de contenus, les leviers d’acquisition de leads, les data et le digital.

Vincent Biard – Comment sortez-vous de cette période de confinement ?

Marie-Eve Saint-Cierge Lovy – Pour la direction marketing cela s’est très bien passé. Nous avions déjà 90% des collaborateurs qui télé travaillaient au moins un jour par semaine et qui étaient donc équipés pour opérer leurs activités depuis leur domicile.  De plus, depuis deux ans nous avons une démarche de management collaboratif qui a créé beaucoup de solidarité et de coopération entre les collaborateurs de la direction et cela s’est naturellement prolongé avec le confinement.

Vincent Biard –Vos clients qu’ils soient professionnels ou grand public ont-ils changé dans leurs comportements avec cette crise du Covid-19 ?

Marie-Eve Saint-CiergeLovy– En termes de génération de leads, les marchés ont été plus difficiles à adresser en BtoB. En BtoC, les différentes campagnes d’acquisition ont pu être maintenues. Face à la crise sanitaire que nous venons de traverser, nous avons recentré une partie de l’équipe sur la conception et le déploiement de communications clients. Le Groupe APICIL, fidèle à ses valeurs d’engagement, de partage et à sa mission de protéger et servir, est resté aux cotés de assurés. Nos actions de communication avaient pour objectif de partager de l’information, d’accompagner nos clients dans leurs démarches, d’entretenir la relation et d’apporter un soutien opérationnel. En BtoC comme en BtoB, les clients ont été très actifs sur les canaux d’interaction à distance : sur le web, les réseaux, au téléphone… Nos clients avaient déjà accès avant la crise à des services en ligne pour la gestion de leurs contrats mais ces dernières semaines nous poussent à aller encore plus loin et plus vite dans la dématérialisation. Notre feuille de route digitale était déjà bien remplie, mais nous avons revu nos backlog pour accélérer le développement ou élargir le périmètre de certaines fonctionnalités comme la signature en ligne ou l’intervention d’assistants vocaux virtuels performants.

Vincent Biard – Avant la crise, l’une des tendances fortes du marketing digital était la fidélisation avec notamment le développement d’applications et la logique de consentement ainsi que l’éthique, comment allez-vous renforcer la relation de confiance avec vos clients ?

Marie-Eve Saint-Cierge Lovy – L’éthique n’est pas quelque chose de nouveau chez nous. Notre action et notre identité se structurent autour des valeurs de partage, d’excellence et d’engagement. Nous menons au quotidien une politique engagée de mécénat social pour nos assurés et la société dans son ensemble.Nous sommes gouvernés par nos clients et n’avons pas d’actionnaires à rémunérer. Nous menons une action par nature désintéressée, nous permettant de préserver un équilibre juste entre actions sociales et performances économiques, recherche d’efficacité et finalité sans but lucratif. Nous consacrons chaque année plus de 16 Millions € à l’action sociale et au mécénat. Face à la crise sanitaire nous avons mis en place très rapidement des actions solidaires pour aider les personnels en lien avec les malades, les entreprises et leurs salariéset tout à chacun afin d’affronter cette période exceptionnelle.

Vincent Biard – Quelle sera votre stratégie de communication post Covid-19 ?

Marie-Eve Saint-CiergeLovy– Sur la partie management et RH, nous allons poursuivre au sein de notre direction notre démarche de management collaboratif et consolider une partie de l’activité en télétravail. Sur la partie purement stratégie marketing, nous sommes en pleine réflexion avec les autres directions métier comme la distribution. Le marché n’est pas simple en ce moment. Les entreprises sont confrontées à des problématiques économiques, RH … Nous prenons le temps de la réflexion pour repenser notre activité, répondre au mieux aux besoins et assurer une expérience client de qualité.