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Vainqueur du Grand Prix de l’Excellence Marketing de l’Adetem ainsi que du Prix Expérience Client, l’enseigne Point.P et l’agence Strategir ont développé un showroom en réalité virtuelle pour concevoir ensuite de vrais points de vente. Thomas De Miscault, directeur digital et développement des nouveaux concepts pour Point.P revient sur cette opération basée sur l‘expérience client.

Vincent Biard – Combien de showrooms possède l’enseigne Point.P ?

Thomas De Miscault – Point.P est un réseau de distribution de 851 agences. Dans nos agences ou à côté de nos agences, nous avons ce que nous appelions avant des salles d’exposition pour présenter des matériaux de décoration comme du carrelage ou du parquet mais également des matériaux d’aménagement extérieur pour les terrasses ou encore la menuiserie avec par exemple, des placards ou des portes d’intérieur. C’est ce qui permet aux artisans de mieux vendre ces produits à leurs propres clients.Nous avons 123 showrooms en France. Nous avons décidé de les remettre au goût de jour et de revoir complètement le parcours client à l’intérieur de ces showrooms ainsi que d’y introduire du digital.

Vincent Biard – Pourquoi ce choix de transformer ces showrooms ?

Thomas De Miscault – Nous conduisons depuis 2015 un plan nommé « Conquête 2025 » qui associe ses 11 000 collaborateurs à la stratégie de Point.P. Nous avons travaillé sous forme de cercles à base d’ethno marketing. Nos 11 000 collaborateurs sont tous partis découvrir d’autres enseignes sans forcément de rapport avec notre activité. Ils sont revenus convaincus et convaincants, d’où la décisionde retravailler nos showrooms pour aider non seulementnos clients professionnels à être plus efficaces mais aussi les clients particuliers à projets. Nous avons développé le concept notamment via un showroom virtuel. Notre premier showroom nouveau concept ouvert à Herblay en septembre 2018 puis trois autres salles ont immédiatement suivi à Champagne au Mont d’Or,Villeurbanne et Rennes.

Vincent Biard – A quoi a servi ce showroom virtuel ?

Thomas De Miscault – Le showroom virtuel a servi à accélérer le concept physique du showroom. Nous avons donc créé un showroom en 3D pour le tester avant de réaliser les travaux d’aménagement des vrais showrooms et obtenir des retours clients. Pour cela, nous avons travaillé avec l’agence Strategir pour équiper nos clients de lunettes Samsung 3D. Ils ont pu déambuler dans un espace de 1000m2 intégralement reproduit en 3D et même tester des applications digitales grâce à des app in app.

Vincent Biard – Ces showrooms proposent aussi des écrans et des applications interactives. Quelles sont-elles ?

Thomas De Miscault – Pour avoir une innovation phygitale performante, il fallait qu’elle soit meilleure dans nos salles que ce que l’on peut avoir directement chez soi. Nous nous sommes rapidement rendu compte que les clients souhaitent trouver un lien très fort entre les produits réels et ce que ces produits pourraient donner chez eux. Nous avons associé à chacun de ces produits un code-barre et nous sommes capables via un process d’intelligence artificielle, réaliséavec une start-up canadienne, de projeter le produit que les clients ont scanné dans la salle directement sur une photo de la pièce qu’ils souhaitent rénover. Si les clients n’ont pas de photo de leur pièce sur eux, nous avons énormément d’ambiances pré-chargées sous forme de photos sur lesquelles ils peuvent appliquer les produits. Cela conforte beaucoup les clients dans leur choix.

Vincent Biard – Et quels résultats pour ces trois nouveaux showrooms conçus avec ce showroom virtuel ?

Thomas De Miscault – Les résultats sont très bons et la fréquentation y a énormément augmenté. Le chiffre d’affaires progresse dans chacun des quatre showrooms mais je ne peux vous communiquer ces chiffres. Nous avons également remarqué que les parcours client ont changé. Auparavant, les clients découvraient les produits et revenaient feuilleter des catalogues pour comparer avec des produits similaires alors que dorénavant c’est une démarche davantage tournée vers la manipulation et même le jeu avec le produit. Le showroom présente les produits de trois façons : une miniambianceavec des espaces recréés permettant aux clients de se projeter, des panneaux présentant des gammes, des produits exposés sur des crémaillères que les clients peuvent manipuler. Nous avons soigné l’éclairage qui a un IRC de 97% donc très proche de la lumière naturelle. Pour aller jusqu’au bout des projections de nos clients, nous avons créé un partenariat avec Miliboo, leader de la vente de meubles design en ligne. Ainsi, tous les éléments y compris mobiliers de nos ambiances sont réalisables facilement par nos clients. Nous proposons aussi via un logiciel 3D de créer l’environnement de la pièce des clients et d’y placer nos produits mais aussi les meubles de notre partenaire Miliboo.

Après le Salesforce Forum qui s’est déroulé le 27 juin dernier et qui a réuni les clients et partenaires de Salesforce en France, Olivier Nguyen, directeur marketing Europe du Sud a bien voulu revenir pour Digital CMO sur les grands enjeux de Salesforce, notamment dans le cadre de sa stratégie 360 sur les données clients.

Digital CMO – Alexandre Doyon, Vice Président et Stratégie de Salesforce, a insisté sur l’offre désormais à 360 degrés de Salesforce sur la donnée client, notamment avec le rachat de Tableau Software. Qu’est ce que cela change dans votre positionnement ?

Olivier Nguyen – Salesforce est une jeune société de 20 ans qui est certes connue comme le leader mondial de la relation client (NDLR : Salesforce est selon Gartner le leader mondial du CRM) mais Salesforce a procédé également à de nombreux rachats qui le positionne comme un acteur global dans le traitement de la donnée commerciale et marketing. En 2013, nous avons procédé au rachat de Exatarget (un spécialiste du marketing automation) puis à ceux de Demandware ou encore MuleSoft qui permet aux clients d’intégrer d’autres données. Grâce à ces rachats Salesforce peut être le backoffice client à 360 degrés des entreprises. Une véritable plateforme aux fonctionnalités de plus en plus riches qui place le client au centre de toutes les décisions. Très clairement nous sommes un acteur engagé dans la transformation digitale des entreprises sur ces différentes étapes : l’e-commerce, le marketing automation, la donnée client. C’est l’approche évolutive et intégrée que nous avons avec certains de nos grands clients comme Schneider par exemple.

Digital CMO – Est-ce que cette approche de plus en plus globale ne vous positionne pas comme un concurrent de l’écosystème traditionnel marketing et communication des entreprises ? On constate par exemple que Publicis avec le rachat d’Epsilon se renforce dans la donnée.

Olivier Nguyen – Salesforce est le partenaire de nombreuses agences digitales et de communication. Publicis est déjà notre partenaire tout comme des acteurs plus tech comme Deloitte Digital ou Capgemini sans oublier nos partenaires de l’écosystème du marketing et de la communication en France. On peut citer également Dentsu, WPP, IPG (MRM), Accenture, BluewolfNiji, SQLI, Devoteam, eMakina, Viseo, Valtech, Edifixio, Levana. Nous sommes sur un marché avec de plus en plus de technologies digitales et marketing qui consomment de la donnée. Comment bien utiliser ces données reste un challenge pour de nombreuses entreprises, notamment pour prendre les bonnes décisions. Salesforce a misé sur un modèle qui permet à tous d’utiliser ces données. Cette démocratisation va dans le sens d’un usage facile des données par tous les acteurs du marché.

Digital CMO – Vous avez présenté au Salesforce Forum les témoignages de deux entreprises (Alinéa et Snowleader) qui utilisent vos technologies. Au delà ce ces deux cas quelles sont les tendances générales actuelles ?

Olivier Nguyen – Il est nécessaire que dans leur transformation digitale les entreprises commencent par ce qui est le plus important pour elles. Elles doivent le faire dans une approche Quick Win et ainsi apporter à leurs clients une expérience digitale fluide. Parallèlement, elles doivent se poser la question de disposer des bonnes données au bon moment. La technologie proposée par MuleSoft dans ce domaine permet de répondre à cette problématique parce que la réalité est que la donnée reste stockée dans plusieurs endroits et qu’il faut la récupérer. Dans ce contexte disposer d’un système d’information agile est vraiment dans le sens de l’histoire à condition qu’il intègre les nouvelles technologies comme l’Intelligence Artificielle, la blockchain ou encore la voix qui nous semble être un progrès technologique majeur dans notre domaine.

Avec l’argent au Grand Prix de l’Excellence Marketing et l’or dans la catégorie Innovation Marketing / Digitale, la Fédération Nationale des Gîtes de France a convaincu le jury de l’Adetem. Son application mobile permettant aux 42 000 propriétaires de Gîtes de France de fournir des contenus pour la campagne nationale des Gîtes de France est une réussite. Pour Bénédicte Bordas, responsable de la marque et de la communication, la flexibilité du digital et son coût relatif sont des atouts.

Vincent Biard – Quel était l’objectif de cette campagne ?

Bénédicte Bordas – Elle s’inscrivait dans un ensemble d’évolutions, de digitalisation et de modernisation de la marque. En plus de cette campagne publicitaire inédite, nous avons changé notre identité visuelle avec un nouveau logo et une déclinaison sur tous les supports. Nous avons également un nouveau site internet et un nouveau schéma de système d’information. Cette modernisation se déclinera progressivement sur de nouvelles grilles de qualité car Gîtes de France n’est pas uniquement une plateforme de réservation, les vacanciers viennent chez nous en raison de notre haut-niveau de qualité. Nous avons 110 critères de qualité pour la labellisation Gîtes de France.

Vincent Biard – Cette volonté de se moderniser est-elle aussi motivée par la concurrence accrue de la plateforme Airbnb et des nouveaux intervenants du marché comme Booking par exemple ?

Bénédicte Bordas – Oui c’est vrai et ces nouveaux intervenants nous challengent. Pendant une soixantaine d’années, nous avons été seuls sur le marché mais il y a un moment où il faut accepter de se moderniser et de se renouveler, nous pouvons les remercier pour cela.

Vincent Biard – Vous avez travaillé avec l’agence de publicité Change pour cette campagne, comment en avez-vous choisi le concept ?

Bénédicte Bordas – Change nous avait proposé plusieurs pistes. Gîtes de France travaille de manière collaborative et parmi la dizaine de chantiers lancés l’année dernière, il y avait le chantier « Marque » sur lequel ont travaillé une dizaine de directeurs départementaux avec l’agence Change et moi-même. Nous avons réfléchi en atelier à plusieurs projets et c’est finalement ce projet de « campagne de l’impossible » qui a fait l’unanimité. C’est l’humain qui est cœur de cette campagne. C’est notre ADN avec l’accueil, l’authenticité, la convivialité, même si bien sûr nous n’en avons pas le monopole. Nous voulions faire quelque chose qui n’avait pas déjà été fait. Nous ne pouvions pas forcement nous résumer en un seul spot de publicité et l’agence Change a eu cette brillante idée de créer une application nous permettant de faire autant de spots que nous le souhaitions.

Vincent Biard – Et que contenaient ces spots ?

Bénédicte Bordas – Les spots ont été réalisés de deux manières : classique et original. Nous avons tourné des images de pub classiques correspondant à nos quatre typologies d’hébergements -ville, mer, montagne, campagne- que nous avons intégrées dans l’application. Chaque propriétaire pouvait fournir huit secondes d’images vidéos par lui-même ou de photos pour les accoler aux images fournies pour composer un spot final de vingt secondes. Avec l’application que nous avons créée et un iPhone, on pouvait faire un film de qualité même si nous devions être exigeants pour obtenir la qualité requise pour une diffusion à la télévision. Environ 3 000 propriétaires ont produit des images.

Vincent Biard – Où ont été diffusés ces clips ?

Bénédicte Bordas – Nous avons lancé l’opération au mois d’octobre avec l’objectif fin décembre de sélectionner 100 spots parce que notre plan media prévoyait le passage en télévision de 100 spots différents. Avec 3 000 vidéos produites, il y a eu une grande émulation au sein de notre réseau. Nous leur avions demandé de trouver ce qui fait leur différence et quelle était la passion qu’ils souhaitent transmettre aux vacanciers qu’ils accueillent chez eux. Il y a donc eu un important travail de sélection car nous voulions que l’intégralité de la France ainsi que l’ensemble des typologies d’hébergements soient représentés. Après la diffusion de ces 100 spots à la télévision du 25 février au 25 mars, la diffusion continue sur les réseaux sociaux.

Vincent Biard – Quel retour sur investissement après cette campagne de publicité ?

Bénédicte Bordas – Nous avons constaté une hausse de 15% du trafic sur notre site internet mais comme c’était au moment où nous changions notre plateforme, le tracking business a été un peu compliqué à faire. Ensuite mesurer l’impact de la campagne sur les réservations est également complexe mais en tout cas la saison est bonne. Sur les réseaux sociaux nous avons eu plus de cinq millions d’impressions et touché plus de deux millions de personnes par la campane.

Vincent Biard – Pourquoi finalement le choix du digital avec la conception d’une application professionnelle et le collaboratif « do it yourself » avec les clips produits par les propriétaires ?

Bénédicte Bordas – Parce que c’est un peu ce que nous sommes, avec un mélange de « do it yourself » et de qualitatif. Nous n’avons pas les budgets de nos concurrents et donc nous avons réalisé ce plan média avec ce que notre budget nous permettait. Et cette campagne n’est par terminée puisque les propriétaires continuent de filmer. L’idéal serait d’atteindre les 42 000 vidéos mais l’objectif est de continuer à créer du contenu et d’insérer ces vidéos sur les fiches de nos propriétaires car c’est très vendeur.

Vincent Biard – Quels sont les avantages du marketing digital ?

Bénédicte Bordas – La flexibilité puisque l’on a pu modifier nos mises en avant en fonction de ce qui fonctionnait ou pas. Il y a aussi le coût accessible qui est un élément important pour nous.

Vincent Biard – Et enfin pourquoi avoir concouru aux Prix de l’excellence marketing de l’Adetem ?

Bénédicte Bordas – C’est parti de l’agence de publicité Change et nous étions fiers côté agence comme côté annonceur de la campagne que nous avons menée dans un délai relativement court et avec peu de moyens. C’est appréciable d’avoir la reconnaissance de ses pairs. On peut être une marque de 60 ans et être innovante en termes de digital.

Le PDF de présentation de « La campagne impossible » de Gîtes de France et de l’agence Change pour le Grand Prix de l’Excellence Marketing : https://www.nuitadetem.marketing/wp-content/uploads/2019/05/ADETEM_CHANGE_pour_GITES_DE_FRANCE_v2.pdf

A propos de Gîtes de France

Créée en 1955, la fédération nationale des Gîtes de France rassemble 42 000 propriétaires qui proposent plus de 70 000 hébergements (gîtes, chambres d’hôtes, gîtes de groupe, gîtes d’enfants, gîtes d’étapes, campings & chalets). Au niveau national 550 personnes travaillent au sein de l’association Gîtes de France qui compte des agences dans les 95 départements français. En 2016, Gîtes de France réalisait un CA de 468 M€ avec une clientèle française à 88 %.

Site web : https://www.gites-de-france.com/fr

Comment assurer un marketing efficace face à des concurrents plus nantis ? En positionnant ses produits sur un territoire Smart Buy (et non lowcost) et en misant sur le digital selon Matthieu Galipeau, directeur marketing Europe de Dacia. Résultat : les ventes de Dacia progressent de plus de 10% en Europe par rapport à 2018, avec une part de marché de 3,2% en hausse de 0,3 point. En France, Dacia est la quatrième marque la plus vendue.

Vincent Biard – Comment avez-vous fait évoluer l’image lowcost d’une marque roumaine -sans aucun préjugé, mais ce pays n’est pas réputé pour son industrie automobile- rachetée en 1999 par Renault ?

Matthieu Galipeau – Dacia est la petite marque qui monte et on fêtera en 2020 notre quinzième anniversaire en Europe de l’ouest. C’est une marque qui dépasse maintenant les 3% de parts de marché en Europe, affichant l’une des plus fortes progressions depuis 3 ans. L’une des spécificités de Dacia est de privilégier les ventes aux clients particuliers, qui représentent environ 75% de nos volumes. Nous avons par conséquent 6% de part de marché en Europe chez les particuliers et Dacia Sandero est la voiture la plus vendue sur ce marché. Cela rend notre communication vers ces particuliers d’autant plus importante car plutôt que de parler à des gestionnaires de flottes, nous parlons à Monsieur et Madame tout le monde.

Vincent Biard – Et vous leur parlez comment ? Avec quels outils ?

Matthieu Galipeau – Pour reprendre votre première question, nous sommes partis d’une image de marque inexistante en Europe de l’ouest. Notre réussite a été de créer une image de smart buy et d’achat malin. Ce n’est pas une voiture uniquement économique mais finalement une voiture qui en offre beaucoup pour son prix. On peut ainsi dépenser son argent sur d’autres postes budgétaires comme les voyages, la maison ou les activités de la famille. Nous nous adressons à notre audience avec des moyens frugaux et ciblés, car nous souhaitons engager l’essentiel de nos moyens dans la proposition d’un prix attractif avec des voitures 30% moins chères que la moyenne du marché. Du coup, l’optimisation des actions de communication est cruciale. C’est là que le digital est central pour nous. Les médias digitaux ont pour nous le meilleur ratio entre efficacité du targeting et moyens engagés.

Vincent Biard – Des exemples ?

Matthieu Galipeau – Nous nous appuyons énormément sur notre communauté de clients, dont certains membres sont très engagés. C’est assez paradoxal car on peut penser que les voitures Dacia sont trop simples pour passionner les foules. On ne parle pas d’une Ferrari ou d’une Porsche ! Malgré cela, nous avons des clients qui sont fiers de leur voiture, non pas en tant qu’objet, mais en tant qu’acte d’achat malin et responsable vis-à-vis de leur famille et du contexte socio-économique actuel. Nous nous adressons à cette communauté par le digital et bien sûr les réseaux sociaux. Par exemple, la communauté Facebook Dacia regroupe plus de 4 millions de fans à travers l’Europe et génère des niveaux d’engagement très élevés. Par ailleurs, nous ne cherchons pas à piloter l’intégralité de ce qui se passe autour de nous. Nous avons des clubs et des influenceurs qui animent des groupes sur les réseaux sociaux, des blogs voir même des clubs physiques. Il y a un aspect figital assez clair chez Dacia avec notamment des rassemblements annuels comme le pique-nique français qui réunit une dizaine de milliers de personnes chaque année. Toute l’activation que l’on peut faire autour de cet événement nourrit nos initiatives en digital. Nous travaillons également nos contenus, qui constituent un axe essentiel en marketing digital. Nous essayons de proposer des contenus décalés par rapport à ce que l’on voit d’habitude dans le domaine automobile. Par exemple, nous avons développé les « Duster Challenges » avec un youtuber allemand qui produit des vidéos décalées, au cours desquelles il joue au foot en Duster avec un ballon géant. Cette campagne a obtenu des résultats appréciables en termes de reach, d’engagement et de relais. C’est vers ce type de contenu décalé que nous voulons nous orienter.

Vincent Biard – Et que développez-vous de plus ?

Matthieu Galipeau – Nous commençons à vendre des voitures en ligne. Nous avons lancé le site Dacia Buy Online au Royaume-Uni il y a environ un an. Le client peut y acheter sa voiture de A à Z : la configurer, la commander, la payer en ligne avec même une solution de financement, la faire livrer à domicile. Nous allons l’étendre à d’autres pays.

Vincent Biard – Vous êtes directeur marketing Europe, comment communiquer vers les 33 pays de votre périmètre européen avec le digital?

Matthieu Galipeau – Nous avons une association d’une stratégie de communication et d’une stratégie de marque gérée en global. Les messages sont cohérents et conçus en central, mais nous laissons beaucoup d’initiatives à nos structures locales. Dans chaque pays il y a au moins un brand manager Dacia. C’est l’équipe UK qui a développé en local un site d’e-commerce, et c’est pour nous un benchmark. Ensuite nous travaillons en cross fertilisation et déployons les bonnes initiatives dans chaque pays.

Vincent Biard – Quels vont être vos axes de développement en termes de marketing digital ?

Matthieu Galipeau – L’e-commerce est un axe important car de plus en plus de clients savent ce qu’ils veulent acheter. Même si des clients veulent voir le produit ou être rassurés par un vendeur, de plus en plus de clients veulent gagner du temps et être maîtres de leurs parcours d’achat. L’autre axe dans lequel nous croyons beaucoup est celui de nos influenceurs, avec l’idée de mettre à disposition de ces ambassadeurs de la marque des outils et des plateformes qu’ils utiliseront en toute autonomie. Nous avons engagé cette démarche avec Reevoo en UK : sur le site Dacia.co.uk, ce module permet aux visiteurs de lire les évaluations que les utilisateurs font de leur Dacia. Quoi de plus fiable que l’avis d’un utilisateur ? Enfin, Dacia a récemment présenté une nouvelle série limitée issue du concours Very Limited Edition.

Vincent Biard – Quelle a été cette opération marketing ?

Matthieu Galipeau – C’est une initiative de l’équipe Dacia France. L’idée est de faire participer nos groupes de consommateurs et d’influenceurs àla création de nos produits. Nous avions déjà eu en France une initiative similaire au moment du Mondial de l’Automobile en octobre de l’année dernière, où nous avions proposé au public de voter pour des designs de séries limitées. Le design le plus populaire a été ensuite produit. C’est encore une manière d’engager les communautés et de créer de l’échange.

Site web : https://www.dacia.fr/

Utiliser les réseaux sociaux pour vendre et se vendre est désormais intégré par les décideurs. Le club des marketeurs in Tech (CMIT) présente 25 applications SalesTechs et MarTechs indispensables au social selling.

Considérés comme un canal à part entière du cycle d’achat MarTech et SalesTech, les réseaux sociaux révolutionnent les fondamentaux du marketing et des ventes. Selon une étude réalisée en 2019 par Intuiti et La Poste Solutions Business auprès de 452 décideurs, 89% d’entre eux sont convaincus que l’impact des réseaux sociaux sur l’acte d’achat va progresser et 57% concèdent avoir déjà été influencés dans un acte d’achat BtoB par un article ou un post sur les réseaux sociaux.

Pour Jean-Denis Garo, président du club des marketeurs in Tech (CMIT) qui rassemble une centaine d’adhérents et anime une communauté de 1 000 professionnels autour de préoccupations plutôt B2B « le social selling est un savant mélange entre usage éclairé d’outils MarTech et SalesTech, d’automatisation, de fidélisation, de recherche… et la relation humaine qui permet une personnalisation, une attention et une considération dans l’échange. ». Selon le baromètre annuel sur la Martech publié par Gartner pour 2018-2019, le pourcentage moyen du budget alloué par les CMO à la Martech est passé de 22% en 2018 à 29% en 2019.

Le CMIT en partenariat avec l’agence SWPL et le Social Selling Forum a sélectionné 25 applications réparties et plateformes réparties en six grandes familles destinées à améliorer la pratique du social selling et à faciliter la vie des marketeurs :

Veille marché & intelligence commerciale : cibler et trouver les bons prospects à suivre

Linkedin Sales Navigator : un facilitateur de la prospection, accompagne les commerciaux dans chaque étape du cycle de vente.
ByPath : solution d’intelligence commerciale basée sur l’exploitation du Big Data (lead generation, prospection, accelerateur du social selling).
Nomination : solution d’efficacité commerciale, marketing et connecteur CRM pour améliorer la prospection et la performance de la relation clients
Sindup : plateforme de veille complète, performante et évolutive.
Feedly : un outil indispensable pour une bonne veille documentaire.

Curation, gestion & diffusion de contenus : rechercher et partager un contenu de qualité sur le canal le plus adapté à la cible

Sociallymap : plateforme de veille, social selling, employee advocacy et d’automatisation intelligente de contenus sur les réseaux sociaux.
Sociabble : plateforme d’Employee Advocacy.
Sharee : solution d’Employee Advocacy.
Linfluent : plateforme collaborative Social Media permettant la collaboration de rédacteurs, la planification et la publication simplifiée sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter et LinkedIn.

Gestion de la relation client : engager le client via un lead nurturing et une conversation personnalisée

Dux-Soup : logiciel d’automatisation LinkedIn pour rechercher des prospects et dialoguer avec eux.
Linked Helper : outil de Growth Hacking.
Phantom Buster : outil pour booster son réseau LinkedIn.
Plezi : logiciel de Marketing Automation.
Wedmecanik : éditeur de logiciel de marketing automation Open Source en mode SaaS.

Création de contenu : se démarquer par la création de contenus originaux, pertinents et percutants

Medium : c’est comme Twitter un bon outil de veille mais un peu plus orienté « contenu de fond » que « actu brûlante ».
Kapwing : un service en ligne de montage vidéo.
Anchor : application de podcasting social qui donne la parole. Cet outil permet d’enregistrer et de diffuser des contenus audio de manière simple.
Headliner : plateforme Web pour sous-titrer et créer des vidéos à partir de fichiers audio d’articles illustrés.
Canva : studio graphique en ligne qui permet de créer facilement toute une série de documents de toute sorte.

Tracking et suivi d’opportunités : suivre l’évolution de la relation commerciale pour garder le parcours clients

Salesforces : le géant américain des logiciels pour faciliter la relation client des entreprise.
Tilkee : c’est l’un des acteurs incontournables des solutions de tracking de documents.
Linkedin Sales Navigator : aide aux équipes de vente.
HubSpot : plateforme inbound qui aide les entreprises à accélérer leur croissance grâce à son CRM couplé à des logiciels de marketing et de vente.

Fidélisation & recommandation : convertir ses clients en ambassadeurs et améliorer la visibilité et la réputation de l’entreprise avec les incontournables

LinkedIn : 610 millions de membres dans le monde.
Facebook : Facebook comptait plus de 2,38 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois et 1,56 milliard d’utilisateurs actifs chaque jour dans le monde.

 

L’enseigne française de cosmétique s’appuie dorénavant sur la plateforme canadienne de gestion des médias sociaux pour mesurer sa communication mondiale sur les réseaux sociaux et appuyer ainsi ses ambitions de développement international.

Comment gagner plus de visibilité lorsque l’on est présent dans 110 pays ? Comment analyser globalement les comportements de ses clients à qui on s’adresse via de multiples réseaux sociaux avec des contenus spécifiques générés en local ? Comment étudier le tout quand en plus certaines de ses équipes utilisent des outils d’analyse différents ?

Voilà quelques unes des questions que le groupe Yves Rocher (2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018) se posait avant que les canadiens de Hootsuite ne lui apportent une solution globale pour « suivre, surveiller, gérer et analyser activement le contenu produit par les différentes régions » en regroupant ses outils existants au sein de la plate-forme Hootsuite Enterprise.

Utilisée par la majorité des sociétés du CAC 40 et réunissant plus de 18 millions d’utilisateurs dans le monde, la plateforme Hootsuite est l’un des outils leaders du marché pour planifier et contrôler les publications sur les différents réseaux sociaux. Avec cette plateforme, Yves Rocher compte répondre aux problématiques révélées via un audit réalisé en 2018 qui a permis d’identifier clairement le besoin d’un outil global offrant une grammaire commune à tous les pays et permettant de gérer l’aspect multi-langues.

Très tôt positionné sur le digital avec un premier site e-commerce en 1999, le groupe Yves Rocher comptait vingt sites marchands fin 2017 proposant près de 800 références produits. Les dix marques du groupe (Yves Rocher, Petit bateau, Stanhome, Dr Pierre Ricaud, Daniel Jouvance, Kiotis, ID parfum Paris, Flormar, Arbonne, Sabon) ont réalisé via internet  6% des ventes globales du groupe en 2018 soit environ 150 millions d’euros. Il fallait donc un outil susceptible de rendre cohérent l’ensemble des contenus des marques du groupe Yves Rocher sur les réseaux sociaux pour accroitre la part des ventes en e-commerce.

Yves Rocher site e-commerce préféré des Français en 2017

En octobre 2018, la marque Yves Rocher est arrivée en tête du classement X Index de la meilleure expérience client lancé par Betc Digital en partenariat avec Opinion Way. Cinquante marques avec des poids lourds comme Netflix, Blablacar ou Amazon ont été analysées et Yves Rocher s’est imposée « parce qu’avant d’être élue site e-commerce préféré des Français en 2017, la marque était un acteur historique de la VPC, un acteur pour lequel la relation client et la customer centricity sont clés depuis bien longtemps ».

Depuis quelques années, le groupe Yves Rocher affirme ses ambitions internationales. En 2017, le groupe réalisait 34,2% de son CA en France, 32,3% en Europe de l’Ouest et le tiers restant se partageant plutôt équitablement entre l’Europe de l’Est (10,9%), l’Amérique du Sud (6,3%), l’Asie et l’Océanie (6,2%), le Moyen Orient (6%), l’Amérique du Nord (3%) et l’Afrique (1%). Avec ses produits estampillés « bio » et son identité française appréciée sur le marché du cosmétique, le groupe Yves Rocher a des arguments solides pour se développer. L’utilisation d’outils comme Hootsuite renforcera sa transformation digitale déjà bien entamée.

En photo : Bris Rocher président du groupe depuis 2010 et petit-fils d’Yves Rocher qui a créé la marque en 1959. ©Yves Rocher

Pour en savoir plus sur la saga Yves Rocher : https://www.letelegramme.fr/soir/yves-rocher-une-dynastie-100-morbihan-01-12-2017-11763080.php

En charge du marketing pour l’entreprise pour l’Europe de Sud et de l’Ouest, Christophe Marée résume sa vision du marketing dont il prévoit l’évolution du prédictif vers le prescriptif. Il revient aussi sur les convergences des comportements BtoB et BtoC identifiées dans l’étude « Creating Epic Customer Experiences » réalisée par Marketo, société d’Adobe.

Vincent Biard – L’activité d’Adobe semble scindée en deux activités avec d’une part les célèbres logiciels de graphisme et d’autre part les récentes acquisitions de Magento et Marketo dédiées au e-commerce et marketing. Comment s’organisent les activités d’Adobe ?

Christophe Marée – Adobe a été créé en 1983 et son ADN s’inscrit dans la création d’outils numériques. Ses produits les plus connus comme Photoshop, Illustrator ou InDesign sont regroupés sous la plateforme Créative Cloud. Ensuite la deuxième solution d’Adobe se nomme Document Cloud, c’est une plateforme basée sur le PDF, Acrobat et la signature électronique destinée à dématérialiser les processus documentaires. La troisième solution s’est développée dans les années 2000 quand nous avons senti que la fonction marketing avait besoin de se transformer. En 2009, Adobe a racheté l’entreprise Omniture qui était le leader du web analytique pour pouvoir agréger les données ou mesurer la performance des campagnes marketing sur le web. Cela a été le départ de notre troisième solution, Experience Cloud, un ensemble très complet de services cloud offrant aux entreprises tout ce dont elles ont besoin pour déployer des expériences client d’exception (analytics, segmentation d’audience, création de sites web, ou encore gestion de campagnes notamment avec le rachat de la société française Neolane en 2013). Les récentes acquisitions de Magento et de Marketo complètent aujourd’hui la plateforme Experience Cloud.

Vincent Biard – Lors du dernier Adobe Summit de Londres en mai dernier, le marketing prédictif est apparu comme un axe fort du développement d’Adobe. Que préparez-vous ?

Christophe Marée – Ayant rejoint Adobe il y a 14 ans, j’ai pu assister à l’évolution de la société mais aussi du marketing. Il y a quelques années encore, nous pouvions être satisfaits d’une campagne sans néanmoins en connaitre précisément les effets. Puis nous avons eu besoin d’en mesurer réellement l’impact  sur le chiffre d’affaires ou bien sur l’audience. Nous avons donc commencé à mesurer le marketing. Enfin, afin de répondre à un consommateur de plus en plus exigeant, anticiper et prévoir les résultats de nos campagnes ont été indispensables. C’est ainsi que nous sommes entrés dans l’ère du marketing dit prédictif. La prochaine étape sera le marketing prescriptif qui indiquera, par exemple, des moyens de développer le chiffre d’affaires ou la valeur de la marque.

Vincent Biard – Et en attendant le marketing prescriptif, comment déjà mettre en œuvre du marketing prédictif ?

Christophe Marée – Pour obtenir les informations nécessaires au marketing prédictif, nous avons besoin d’utiliser la donnée et celle-ci est heureusement omniprésente au sein des organisations. Cette donnée se présente sous plusieurs formes comme les résultats de chiffre d’affaires, les donnés d’activité ou bien encore des informations sur les profils et les audiences. Il faut analyser ces données fournies en grand volume et nous allons nous appuyer de plus en plus sur l’intelligence artificielle qui aide à prendre des décisions rapides. Ces nouveaux outils offrent une précision jusqu’à présent inégalée.

Vincent Biard – Et si le marketing s’oriente vers une automatisation du métier, quel sera le rôle des professionnels du marketing ?

Christophe Marée – Nous n’allons pas vers une généralisation à outrance de l’automatisation. L’intelligence artificielle et les nouvelles technologies qui sont au service du métier marketing vont permettre aux marketeurs de se libérer de tâches fastidieuses. Faire du traitement de données sur un tableur Excel pour produire de la segmentation d’audience est très compliqué et chronophage. A la place, nous avons maintenant des outils qui indiquent quels profils cibler et ainsi les marketeurs peuvent se consacrer à l’innovation et à la créativité car celle-ci ne sera jamais remplacée par l’intelligence artificielle.

Vincent Biard – L’étude « Creating Epic Customer Experiences » réalisée par Marketo pour Adobe montre une convergence des comportements BtoB et BtoC. Quels changements cela induit-il ?

Christophe Marée – Ce qui ne changera pas c’est qu’un consommateur en phase d’achat n’agira pas comme une entreprise qui achète un produit ou un service à une autre entreprise. Il y aura des comportements et des cycles de vente différents. Par contre, ce qui change aujourd’hui concerne les acheteurs et les fonctions marketing. Nous observons une convergence forte entre l’environnement du BtoB et celui du BtoC notamment parce que les acheteurs demandent à leurs fournisseurs d’être aussi transparents qu’une marque doit désormais l’être avec les consommateurs. Il y a une demande d’éthique avec le traitement des données, exigée notamment par le RGPD. Ensuite le deuxième point de convergence que nous notons dans cette étude concerne la confiance accordée à l’entreprise avec laquelle on travaille. Il y a un besoin d’informations sur la culture de l’entreprise. Enfin, on note aussi comme troisième convergence l’importance de la personnalisation du parcours client des premiers contacts à la concrétisation de l’achat. Cette personnalisation est un axe fort des entreprises BtoC et le devient dans l’environnement BtoB.

Vincent Biard – Une dernière chose à ajouter ?

Christophe Marée – Les entreprises aujourd’hui sont en pleine transformation digitale. Leur transformation a commencé il y a une dizaine d’années et elle ne cessera jamais. Elle est permanente et s’accélère par ailleurs. Il y a besoin de s’engager rapidement sur l’usage et l’agrégation de la donnée, sur les nouvelles technologies, sur les nouveaux métiers qui apparaissent dans les fonctions marketing, sur les nouvelles organisations, sur les nouveaux modes de consommation. Chez Adobe, nous avons la conviction que le consommateur n’achète plus un produit ou un service mais une expérience.

Sites web :
https://www.adobe.com/fr/
https://fr.marketo.com/
https://uk.marketo.com/analyst-and-other-reports/creating-epic-customer-experiences/

Avec un projet de show room en réalité virtuelle pour Point P et une application collaborative pour Gîtes de France, ces deux marques ont chacune gagné deux trophées lors du Prix de l’association nationale des professionnels du marketing.

Plus de 400 participants étaient présents à la Nuit de l’Adetem organisée le 3 juillet dernier au Musée des Arts Forains. Les Prix de l’excellence marketing y ont été décernés par un jury de 81 décideurs du marketing et des médias ainsi que des influenceurs qui ont attribué trois trophées (or, argent, bronze) à chacune des six catégories de ce concours. Une centaine de binômes marque/agence ont ainsi tenté leur chance dans les catégories innovation marketing et digital, marketing expérience client, start-up, marketing responsable, marketing B to B. Un Grand Prix issu des catégories précédentes couronnait les grands vainqueurs de la soirée.

Vainqueur de ce Grand prix ainsi que du Prix Expérience Client, l’enseigne Point P et l’agence Strategir ont développé un projet de show room en réalité virtuelle de 1 000 m2 destiné aux clients professionnels et particuliers avec l’idée de s’en inspirer pour construire ensuite de vrais points de vente. Autre double trophée (l’argent du Grand Prix et le Prix de l’Innovation Marketing / Digitale qui a mobilisé 2171 votants en ligne) avec celui du binôme Gîtes de France / agence Change pour la création d’une application. Celle-ci permet aux 42 000 propriétaires d’un Gîte de France de créer une petite vidéo complétant les spots de pub TV produits par l’enseigne au plan national.

Alors qu’on attendait Twitter sur une campagne de marketing digital, le réseau social a organisé une exposition dans ses bureaux parisiens proposant 17 œuvres d’art et installations expérientielles inspirées de tweets remarquables de l’année 2018. Cette expo a été récompensée du Prix Marketing B2B de l’Adetem. A noter que les trois prix startups (l’or a été remporté par Odiho) ont été décernés lors de votes organisés via une appli après les pitchs des candidats. Enfin, le choix du au Musée des Arts Forains s’est révélé judicieux pour le networking de cette 14ème édition de la Nuit de l’Adetem puisque des activités ludiques par équipe ont favorisé les contacts.

Palmarès 2019 de la Nuit de l’Adetem 2019 : https://www.nuitadetem.marketing/

Pour retrouver les PDF de présentation et les vidéos de tous les lauréats, c’est ici : https://www.nuitadetem.marketing/laureats-2019/

La société française Kinéis finalise actuellement une levée de fonds d’une centaine de millions d’euros et lance la production de 25 satellites destinés à assurer la connectivité de millions d’appareils dans le monde.

C’est en 2022 que ces 25 satellites (25 kg et 20 sur 40 cm) seront placés en orbite polaire à 650 kilomètres de la terre. «Notre ambition est de proposer une offre de connectivité globale car 90% de la surface de la terre ne sont pas encore concernés par les solutions de connectivité terrestres » a précisé Alexandre Tisserant, directeur général de Kinéis, lors de la présentation du projet au dernier salon international de l’aéronautique et de l’espace (SIAE) du Bourget en juin.

Kinéis est une société du groupe CLS (Collecte Localisation Satellites), lui-même filiale du Centre national d’études spatiales (CNES), de la société d’investissement privé indépendante Ardian et de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Kineis se présente comme un « opérateur satellitaire indépendant et privé, fournisseur de connectivité » déjà opérateur du système Argos composé de balises terrestres et de satellites.

Avec les réseaux terrestres actuels, impossible de couvrir les mers et les océans. De plus, il est peu rentable de déployer des antennes dans des zones très isolées ou ne justifiant que très peu de trafic. Avec une solution satellitaire, les objets mobiles traversant des zones actuellement démunies de couverture par des infrastructures terrestres pourront être connectés grâce à une connectivité hybride entre réseau satellite et réseau-terrestre.

A l’horizon 2030, le nombre d’objets connectés dans le monde dépassera les 30 milliards et grâce au faible coût des nanosatellites, Kinéis entend se positionner rapidement et vise un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros d’ici dix ans.

En photo : Alexandre Tisserant, directeur général de Kinéis. ©Kinéis

Pertinence du digital, responsabilité sociale des entreprises ou impact du message, Stéphanie Chenavier, présidente du jury du Grand Prix de l’Excellence marketing 2019 de l’Adetem et Directrice international Produit de WW (ex-Weight Watchers) vous propose ses impressions sur les candidatures de cette édition.

Vincent Biard – Que retenez-vous de la sélection de cette année ? Qu’est ce qui la distingue des années précédentes ?

Stéphanie Chenavier – Tout D’abord, je trouve intéressant que le jury soit composé de directeurs marketing et directeurs stratégiques provenant d’environnements très différents comme les transports, la banque ou bien encore l’alimentaire. Cela offre des éclairages enrichissants ainsi que des réflexions et une complémentarité d’expertise pour observer tous les dossiers. Bien sur, la dimension digitale des dossiers est un des points communs de cette édition. Cette dimension digitale est d autant plus intéressante quand elle est au service de la stratégie d’entreprise. C’était aussi très instructif d’avoir des profils de candidats très variés avec des grands groupes mais aussi des structures plus petites qui proposent une innovation frugale : on peut avoir de l’impact sans forcement de grands moyens. J’ai trouvé également intéressant d’avoir des dossiers non pas centrés sur une vision interne de l’entreprise mais proposant une vision du monde et de l’impact que l’on peu avoir sur la vie des gens. C’est aussi mon conseil personnel pour aller plus loin ….sans doute en relation avec mon poste chez WW, le nouveau Weight Watchers : nous avons une stratégie, une vision et une mission avec l’idée d’inspirer, chaque jour, des millions de personnes à adopter des habitudes saines pour la vraie vie.

Vincent Biard – Et la dimension du marketing responsable et de l’entreprise qui ne serait plus là uniquement pour vendre des produits dans un pur exercice capitaliste mais développer aussi de la bienveillance exprimée notamment par la responsabilité sociale des entreprises, l’avez-vous noté dans les projets de cette année ?

Stéphanie Chenavier – Ce n’était pas aussi présent que j’aurais pu le croire en réalité. Nous avons étudié des initiatives qui sous-entendaient cette dimension mais ce n’était pas explicitement exprimé. Lors des délibérations du jury, nous avons identifié de vrais pépites de « sens et d impact » dans les dossiers mais elles n’étaient pas formalisées. Sous forme de conseil, je dirais que cela gagnerait à être développé : c est un vrai défi de tous les jours : comment construire sa vision, le pourquoi de sa mission …dans un quotidien opérationnel.

Vincent Biard – Avez-vous noté une vraie maturité digitale avec l’assimilation d’une décennie de révolution technologique même si bien sûr la révolution digitale n’est pas terminée avec notamment l’arrivée de l’intelligence artificielle ?

Stéphanie Chenavier – La réponse est multiple. Comme je l’ai dit précédemment le digital est maintenant au service d’une stratégie d’entreprise et cela reflète une certaine maturité … mais je dirais aussi qu’intrinsèquement avec le digital nous sommes toujours en test and learn. Cela demande une posture d’ humilité puisque l’on apprend tous les jours …..contradictoire avec la notion de même de maturité !

 

Site web de la 14ème édition de la Nuit de l’Adetem : https://www.nuitadetem.marketing/