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Lex Paulson est le Directeur exécutif de l’Ecole d’intelligence collective à Université Mohammed VI Polytechnique (Maroc) et associé/consultant en intelligence collective chez SCIAM ainsi que maitre de conférences à Sciences Po.
Nous avons interrogé cet expert de l’intelligence collective mais aussi organisateur (avec d’autres) des campagnes électorales de Barack Obama et d’Emmanuel Macron sur les GAFA et le monde d’après.

Vincent Biard – Il y a des débats sur la notion d’éthique et l’utilisation des données privées par les GAFA. Il y a aussi une critique de leur monopole aux Etats-Unis alors que paradoxalement dans ce pays libéral on peut penser que la libre concurrence y profite aux meilleurs. Quel est votre point de vue ?

Lex Paulson – Pour moi, il faut regarder l’histoire pour voir des cycles politiques sur cette question des GAFA. Prenons l’exemple des chemins de fer. Avec l’arrivée de cette technologie disruptive au début du XIXème siècle, il y a eu une exploitation en masse des travailleurs et il a fallu un contrepoids pour le bien commun. Cela a été à la fois les syndicats et les lois par exemple pour interdire le travail des enfants, établir un salaire minimum ou lutter contre un monopole. Il y a donc une disruption technologique suivie d’une réponse publique puis gouvernementale. Mais il faut élire des politiciens sensibles à ces questions et aux Etats-Unis la classe politique est composée en majorité d’hommes d’un certain âge qui ne comprennent pas les vrais enjeux de l’Internet. On l’a vu lors des auditions de Zuckerberg au Congrès avec des sénateurs qui posaient des questions très bêtes sur le fonctionnement de l’entreprise Facebook. Nous avons donc le droit d’être déçu par la qualité de nos représentants. Il y en a quand même quelques uns comme Elizabeth Warren sénatrice du Massachusetts ou Ron Wyden sénateur de l’Oregon qui sont très compétents sur la régulation des GAFA mais tout dépendra du résultat des prochaines élections. Est-ce-que l’on aura un contrepoids aux GAFA ou est-ce-que l’on aura des hommes âgés qui permettent tout aux entreprises privées ? Voilà la question adressée aux électeurs américains. Mais il faut se souvenir que notre histoire est pleine d’exemples de cycles de technologies disruptives et de croissances de grandes entreprises suivie d’un contre-effet de régulations pour restreindre les pires excès du capitalisme américain.

Vincent Biard – Il y a une demande d’éthique sur les marques aujourd’hui par des mouvements de citoyens ou de lobbies qui leur exigent une conduite exemplaire sur des thèmes environnementaux mais aussi sociétaux. Qu’en pensez-vous ?

Lex Paulson – Il faut faire la différence entre deux choses. Il y a des cas de discrimination et de harcèlements qui doivent être entendus et à qui justice doit être rendue. Pour moi, c’est une ligne rouge que chaque entreprise doit respecter. Le deuxième point est comment rendre nos entreprises qui ont beaucoup de pouvoir économique plus inclusives et diverses. Dans ce cas la science de l’intelligence collective propose beaucoup d’insights sur l’importance de la diversité et de la diversité cognitive. Il y a des chercheurs comme Scott Page de l’Université du Michigan qui a montré à quel point les entreprises qui prennent en considération cette diversité dans tous les sens, diversité cognitive et diversité d’identité, sont plus performantes. Plus une entreprise rassemble des femmes, des personnes aux différents parcours intellectuels et d’expériences de vie, différentes classes sociales, langues ou religions, plus cette entreprise sera performante.

Vincent Biard – On parle du monde d’après, celui d’après la crise du Covid. Croyez-vous que ce monde d’après sera si différent du monde d’avant ?

Lex Paulson – Je ne crois pas à cette situation binaire. Nous vivons une transition comme chaque époque est une transition d’un ancien modèle vers un nouveau modèle. Les prochaines lois, habitudes ou pratiques seront-elles meilleures ou pires ? Notre espèce comme toutes les espèces vivantes du monde est obligée de s’adapter aux nouvelles circonstances. Avec la pandémie, nous voyons bien que l’interdépendance de chaque pays empêche des réponses nationales ou nationalistes aux phénomènes globaux. La pandémie et le changement climatique sont les deux plus urgents et visibles mais il y aussi les migrations, le terrorisme, l’inégalité économique. Pour moi, il faut des solutions interdisciplinaires, internationales et non pas seulement issues de Gouvernements mais aussi de secteurs privé et publics pour faire face aux problèmes complexes. Il faut des solutions nouvelles, plus agiles et plus inclusives. C’est ainsi que je vois le sens de l’après.

Vincent Biard – Quels conseils pourriez-vous donner aux spécialistes du marketing et aux grandes entreprises pour s’adapter à ce nouveau monde ?

Lex Paulson – Il faut bien utiliser les données. Il ne s’agit pas de déléguer les décisions aux algorithmes mais d’avoir des sources de données plus diverses. Des données en internes offrant différentes perspectives sur les problèmes mais aussi des données externes plus variées. Mes collègues de chez Sciam sont des consultants en transformation digitale. Pour eux, celle-ci est à la fois très sophistiquée au niveau technologique pour obtenir des meilleures analyses et des données mais aussi très humaniste en termes d’inclusivité. Ainsi la participation des parties prenantes extérieures comme les communautés, les fournisseurs, les clients est indispensable pour ouvrir des canaux de communication et de dialogue qui n’existent pas aujourd’hui. Il faut être à la fois très en avance par rapport à la technologie mais aussi par rapport aux collaborations avec vos parties prenantes.

Site web du Sciam : https://sciam.fr/fr/
Site web de l’UM6P intelligence collective : https://sci.um6p.ma/

A l’occasion de la publication par Fabernovel de l’étude Gafanomics Quarterly analysant les résultats financiers des géants de la Tech, Digital CMO a interrogé les analystes financiers Gabrielle Peyrelongue et Jérémy Taïeb.
Si Fabernovel définit sept super pouvoirs aux GAFA expliquant leur triomphe, les experts de ce cabinet conseil pointent la demande d’éthique et la situation de monopole comme menaces pour les géants de la Tech.

Vincent Biard – Comment les GAFA vivent la crise issue du Covid-19 ?

Jérémy Taïeb – Ce sont les grands gagnants de cette crise du Coronavirus même si l’expression « grands gagnants » est à utiliser avec prudence. Sur le plan boursier, les GAFA représentent à elles seuls trois fois la capitalisation de tout le CAC40 réuni. Pour le deuxième trimestre 2020 -du 1er juin au 1er septembre- les entreprises liées au secteur de la Tech ont enregistré 25% de croissance durant cette période et doublent les biens de consommation non essentiels (+24%).  Surtout, les entreprises de l’Index Fabernovel (Apple, Alphabet, Alibaba, Amazon, Baidu, Facebook, Lyft, Microsoft, Netflix, Tesla, Paypal, Samsung, Salesforce, Snap, Spotify, Square, Twitter, Tencent, Uber, Zoom) ont bondi de 53% La capitalisation boursière de ces entreprises a considérablement augmenté alors que le S&P 500 a perdu de la valeur. Les américains percevant moins de 75 000 dollars par an ont reçu un chèque de 1 200 dollars du Gouvernement américain et comme l’économie était bloquée et que l’accès à la bourse est simplifié par des plateformes comme Robinhood, de nombreux citoyens américains ont investi dans les GAFAM qui sont considérés comme des valeurs stables garantissant en plus une croissance. Les GAFAM ont en effet une croissance moyenne de 20% d’une année sur l’autre et devraient connaitre une croissance de 10% cette année en raison du coronavirus alors que les sociétés du S&P 500 devraient afficher une croissance de leur chiffre d’affaires de -6% cette année.

Vincent Biard – Quelles peuvent être les faiblesses de ces entreprises de la Tech ou les menaces susceptibles de limiter leur succès ?

Gabrielle Peyrelongue- L’éthique. Ces entreprises se sont développées en étant focalisées sur les utilisateurs mais n’ont pas réussi encore à se positionner comme des tiers de confiance. L’un de leurs grands défis sera de gagner la confiance des utilisateurs vis-à-vis de l’utilisation de la data car elles courent le risque de se faire sanctionner aussi bien par les consommateurs que par les organisations gouvernementales notamment aussi pour des questions de monopole.

Jérémy Taïeb – Le sujet de l’éthique et de la confiance est le talon d’Achille des GAFA. On l’a vu sur la santé où c’est très difficile pour elles de percer sur ce marché. Même si elles multiplient les initiatives, elles font face à un lobby anti-GAFA notamment pour des questions de confidentialité des données personnelles. Il y a aussi cette situation monopolistique qui leur créée des problèmes auprès de l’administration et du gouvernement américain.

Vincent Biard – Vous accordez sept « super pouvoirs » à ces entreprises, quels sont-ils ?

Gabrielle Peyrelongue- Chez Fabernovel nous nous employons à essayer de décrypter ce qui fait la puissance de ces grandes entreprises de la Tech. Nous avons donc identifié sept super pouvoirs contribuant à leurs performances et à la consolidation de leurs modèles. Le premier de ces super pouvoirs est le client gratuit. Alors que la majorité des entreprises s’adressent à des clients payants, les GAFA ne font pas de distinction entre utilisateurs et clients payants. Cela leur permet de disposer d’une large base d’utilisateurs et ensuite de les monétiser. Deuxième super pouvoir avec le modèle de la valeur utile. Les GAFA ont construit leur modèle non en créant un produit ou service mais avec la résolution d’un problème. Le troisième super pouvoir serait le management pirate. Ils ont créé des environnements beaucoup plus propices à l’innovation et à l’agilité pour booster à la fois la créativité, la performance et la productivité. Leur quatrième super pouvoir est leur capacité à être des entreprises magnétiques : elles fonctionnent en réseau en étant capables de capter des interactions ou des unités de valeur multiples et de réussir à les agréger. Leur cinquième super pouvoir est l’action en temps réel qui s’appuie sur la gestion de la donnée qu’elles tracent et traitent notamment pour proposer du sur-mesure. Le sixième super pouvoir provient du fait que ce sont des entreprises infinies : elles atteignent un seuil de masse critique au-delà duquel chaque utilisateur aura un coût minime ou un coût zéro et proposera une rentabilité. Leur septième super pouvoir est l’intimité avec une connaissance très fine du client et contrairement à un modèle traditionnel qui propose le même produit ou service, elles proposent un service très adapté à chaque client.

Vincent Biard – Vous évoquez le concept de futur raisonnable, quel est-il ?

Gabrielle Peyrelongue- C’est un concept développé chez Fabernovel lors de la période de confinement avec d’abord l’attente et la question du retour au monde d’avant puis est venu ensuite la question de l’invention du nouveau normal. Cela nous semblait déraisonnable de revenir au monde comme il était avant. Il faudrait donc prendre des décisions raisonnables basées sur des faits et des données. Ensuite, le deuxième principe sera de pousser à un équilibre économique. En effet, si on favorise l’intérêt économique de l’entreprise au détriment des autres parties prenantes, cela n’est pas durable à terme et crée un risque. Ces décisions de futur raisonnables devront être culturellement et personnellement acceptables par chaque individu.

Vincent Biard – Ces concepts philosophiques sont-ils compatibles avec notre système économique ?

Gabrielle Peyrelongue- L’idée n’est pas de créer un monde utopique favorisant l’environnement et la société uniquement au détriment de la rentabilité d’autant que nous sommes une entreprise de conseil mais de réussir à inventer des modèles, des solutions ou des produits qui trouveront leur équilibre entre l’intérêt d’une entreprise et l’intérêt d’autres parties prenantes. Toute la subtilité de l’exercice est de trouver cet équilibre. Il y a une demande d’éthique des consommateurs que nous intégrons de plus en plus à nos processus de réflexions, c’est devenu indispensable dans la conception des modèles des entreprises que nous accompagnons.

En photo : Jérémy Taïeb  et Gabrielle Peyrelongue  ©Fabernovel

Pour télécharger l’étude : https://www.fabernovel.com/fr/clients/studies/gafanomics-quarterly-q2-2020

Pour conserver leur domination technologique, les Etats-Unis vont créer 12 nouveaux instituts de recherches sur l’intelligence artificielle et l’informatique quantique. Des entreprises privées comme IBM et Microsoft participent à l’opération.

« Il est absolument impératif que les États-Unis continuent à être le leader mondial de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique » a déclaré Michael Kratsios, le directeur de la technologie des États-Unis en préambule à cette annonce de la Maison-Blanche du 26 août dernier.

Des agences fédérales américaines et des partenaires privés vont investir 1 milliard de dollars sur les cinq prochaines années dans la création de 12 instituts de recherches sur l’intelligence artificielle et l’informatique quantique.

Chacun de ces hubs sera intégré à une agence gouvernementale et leurs travaux porteront sur de larges thématiques de la fabrication synthétique à l’agriculture de précision. Par exemple, du machine learning sera utilisé pour l’étude de l’atmosphère et des océan et des ordinateurs quantiques accéléreront des simulations de la physique des hautes énergies.

La Fondation nationale des sciences, le ministère de l’Agriculture et d’autres agences investiront 140 millions de dollars dans sept instituts consacrés à l’intelligence artificielle. Le Ministère de l’Énergie supervisera une enveloppe de 625 millions de dollars pour cinq instituts spécialisés sur l’informatique quantique.

Des entreprises privées dont IBM et Microsoft contribueront au projet via 300 millions de dollars investis sous forme de « dons de services technologiques » avec notamment l’accès à leurs ressources sur le cloud computing.

En photo :  Michael Kratsios et Donald Trump en juillet 2020 ©Shealah Craighead

Dans son plan de relance de 100 milliards d’euros présenté le 03 septembre, le Gouvernement consacre sept milliards d’euros à la filière numérique sur deux années. Les startups et les technologies disruptives bénéficient de la moitié de ce budget.

3,7 milliards pour les startups et les technologies numériques de rupture

Les startups françaises apparaissent comme les grandes gagnantes de ce plan de relance dont 500 millions seront consacrés au soutien de leurs fonds propre, à l’entrée à leur capital via Bpifrance, en soutien à des structures d’investissement. « Bpifrance va investir près de 400 millions d’euros en 2021 contre 250 millions aujourd’hui » a déclaré Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques dans un long billet publié sur Medium.

Le Gouvernement affiche deux objectifs : favoriser l’émergence et la réussite de la nouvelle génération post-crise de startups et accélérer l’émergence de leaders mondiaux. Les aides à l’innovation dont bénéficie chaque année la French Tech  augmenteront de 60 % pour atteindre 800 millions d’euros sur la période.

Dans cette enveloppe globale, 2,4 milliards seront dédiés à des technologies numériques de rupture comme l’informatique quantique, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, le cloud ou l’e-santé. Dans les semaines à venir le Gouvernement précisera ses projets d’investissement dans ces secteurs.

2,3 milliards pour la transformation numérique de l’Etat et des territoires et des entreprises

1,7 milliard pour la transformation numérique de l’État, 385 millions pour la transformation numérique des TPE et PME, 200 millions pour la numérisation des filières aéronautiques et automobiles.

800 millions pour le numérique du quotidien

550 millions d’euros seront consacrés au déploiement du très haut débit avec l’objectif, à l’horizon 2025, de généraliser la fibre sur l’ensemble du territoire. 250 millions seront dédiés à la formation et à l’accompagnement des treize millions de Français encore éloignés du numérique.

300 millions pour la formation aux métiers du numérique

Selon Cédric O, « le numérique a d’ores et déjà été, en 2019, le premier secteur créateur net d’emploi en France ». Les 300 millions seront consacrés à le formation aux métiers du numérique et à l’insertion de jeunes mais également à ceux dont les métiers seront affectés par la crise.

Mais pas assez pour Frédéric Mazzella

« On s’attendait à ce qu’il y ait un peu plus d’effort sur le numérique » a déclaré à l’AFP Frédéric Mazzella, co-président de l’association France Digitale fédérant 1 800 entrepreneurs et investisseurs du numérique français mais aussi président et co-fondateur de BlaBlaCar. « Le numérique n’est pas oublié du plan de relance, mais il n’est pas non plus la priorité et c’est dommage parce que justement il remplit la case emploi, la case souveraineté […] Le numérique est le premier secteur créateur net d’emploi en France » a-t-il indiqué.

Dans une interview accordée à Céline Tridon du site Chef d’entreprise, Fréderic Mazzella précise que ce plan de relance devrait davantage profiter aux entreprises françaises : « Il y a un effort qui serait légitime en termes d’emploi et de souveraineté : faire en sorte que la commande publique se dirige vers des solutions françaises ou européennes. On parle beaucoup de made in France dans la production industrielle, mais il faudrait aussi parler de made in France sur le numérique ! »

En photo : Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques ©Cedric_O

L’ensemble des dépenses publicitaires devrait baisser de 8% en 2020 avec une baisse de 30% sur les supports traditionnels mais une hausse de 6% sur le digital selon la dernière étude de l’IAB. A noter qu’une majorité d’annonceurs s’interrogent sur leurs investissements sur les réseaux sociaux.

Pour la sixième édition de son enquête sur l’impact du Covid sur le marché publicitaire, l’association américaine Interactive Advertising Bureau (IAB) a interrogé 242 professionnels de la pub dont 56% d’acheteurs et annonceurs et 44% de vendeurs. L’étude a été menée aux USA du 03 au 13 août dernier. Avec une prévision de baisse de 8% des budgets de pub pour 2020, cette étude ramène un peu d’optimisme comparé à l’étude de juin 2020 qui prédisait une baisse de 20%.

Cette calamité du Covid-19 et ses conséquences de confinement et de distanciation a contribué à accroitre de 10% le temps passé sur le digital par les consommateurs de mars à juillet selon l’IAB. Cette crise devrait profiter au digital puisque les budgets de pub devraient y augmenter de 6% par rapport à 2019. Par contre les canaux traditionnels devraient souffrir puisque l’IAB y prévoit une baisse de 30% des budgets publicitaires.

Les canaux publicitaires qui devraient baisser :

  • Audio digital -5%
  • Podcast -8%
  • E-mailing -17%
  • TV linéaire – 24%
  • Radio traditionnelle -31%
  • Print -33%
  • OOH digital -43%
  • Traditionnel OOH -46%

Les canaux publicitaires qui devraient augmenter :

  • Digital display +15%
  • Vidéo digitale +18%
  • CTV (TV connectée) +19%
  • Social media +25%
  • Paid search +26%

Pas de visibilité pour 2021 et des questions sur les réseaux sociaux

70 % des acheteurs n’ont pas de visibilité claire sur leur budget 2021 mais parmi les 30% d’acheteurs qui , au contraire, affirment avoir de la visibilité, 5,3% d’entre eux prévoient une augmentation de leurs dépenses publicitaires. L‘étude de l’IAB pointe les questionnements des marques sur les User Generated Content (contenu créé par les utilisateurs) ainsi que les réseaux sociaux.

90% des marques se sentent concernés (dont 41% des marques extrêmement concernées) par le potentiel d’adjacence de contenus controversés publiés par les consommateurs. Si 21% des acheteurs comptent augmenter leur budget pub sur les réseaux sociaux, 42% comptent marquer une pause et 4% envisagent d’annuler leur budget. Enfin, 33% des acheteurs ne changeront pas leur stratégie.

Pour découvrir l’étude de l’IAB : https://www.iab.com/wp-content/uploads/2020/09/200831.SpendResearchStudyNo6.FINAL_.pdf

L’inexorable progression du digital

En février 2019, le site eMarketer publiait une étude sur le marché des dépenses publicitaires aux USA en 2019 avec une prévision de 129 milliards de dollars (+19%) pour le digital contre 109 milliards pour les supports traditionnels. Toujours selon eMarketer, les dépenses de publicité en ligne représenteront quasiment deux tiers des budgets publicitaires en 2021 (62%). Entre 2018 et 2021, la pub digitale progresserait de 58% contre une baisse de 4% des supports traditionnels.

 

Le troisième baromètre annuel réalisé auprès de 1 108 décideurs IT en Europe par SpokingPolls pour Mitel témoigne de l‘adoption grandissante des solutions UCaaS (Unified Communications as a Service) par les entreprises. Pour Jean-Denis Garo, Directeur marketing Europe du Sud de Mitel, la maturité technologique de l’UCaaS a rejoint la maturité d’usage de cette solution.

Vincent Biard – La troisième édition de cette enquête démontre une maturité dorénavant acquise des entreprises vis-à-vis de l’UCaaS. A quoi attribuez-vous cette évolution ?

Jean-Denis Garo- Il y a une maturité technologique qui rencontre une maturité d’usage qui devrait être accélérée par la situation actuelle de télétravail. Il y avait beaucoup d’interrogations techniques exprimées lors des précédentes études mais dorénavant il y a une meilleure compréhension de cette technologie et des solutions qu’elle porte. Les offres se sont de plus en plus adaptées aux besoins particuliers (cloud privé, hybride, public) et n’essayent plus d’imposer un modèle. La maturité technologique provient de la richesse des offres, de la facilité de déploiement et de l’accompagnement des utilisateurs qui n’ont plus l’impression d’être des earlyadopters. Le confinement a d’ailleurs rendu ses lettres de noblesse aux outils de communication et de collaboration qui étaient jugés moins stratégiques ces derniers temps.

Vincent Biard – Justement, le confinement engendré par le Covid-19 a-t-il été un accélérateur de la demande d’UCaaS ? Rappelons que l’enquête a été réalisée entre novembre 2019 et janvier 2020.

Jean-Denis Garo – La solution était existante et elle a rencontré son besoin, son marché en répondant à une urgence. On l’a vu dans différents métiers comme par exemple les établissements de santé qui ont dû déployer très rapidement des solutions de collaboration au-delà même de leur périmètre habituel. On a vu que dans ce contexte d’urgence les solutions de communication, de collaboration, de vidéo, d’audioconférence, de tchat ont répondu à des besoins. Ensuite nous sommes rentrés rapidement dans le cœur du sujet : le déploiement à grande échelle du télétravail, pour lequel il a fallu pouvoir déployer des solutions sécurisées sans avoir à déplacer les ingénieurs ou les techniciens de nos partenaires sur site. Et c’est, entre autres, le cloud qui offre cette flexibilité. Certaines entreprises ont découvert et déployé le télétravail dans les conditions qui ne sont pas celles du télétravail. Certains salariés ont certes poursuivi leur activité mais sans forcément disposer d’un bureau dédié au sein de leur logement ou même d’un contexte de tranquillité favorable. Dorénavant nous allons pouvoir réellement évaluer la productivité du télétravail et notamment parce que la rentrée scolaire va libérer de l’espace pour celles et ceux qui le partageait avec leur famille. Je pense d’ailleurs qu’un modèle hybride entre télétravail et travail au bureau va s’imposer durablement.

Vincent Biard – Pensez-vous que la téléphonie et ses services associés sont un nouveau pilier de la transformation digitale des entreprises la digitalisation et l’e-commerce ?

Jean-Denis Garo- Oui et cette transformation digitale de l’entreprise passe par les collaborateurs qui sont au centre des communications. Ce collaborateur augmenté par l’IA et les chatbots accède à l’unification des conversations –CRM, mails, vidéos, etc.- ce qui lui offre une contextualisation et un regroupement des informations permettant l’enrichissement de la relation client mais aussi de la relation à l’autre. Le cloud est ainsi un accélérateur de cette transformation car il offre au collaborateur le stockage des informations en un seul endroit et permet leur accès sécurisé quel que soit le device (tablette, ordinateur portable, smartphone etc.) et quel que soit son lieu de travail.

Site web : https://www.mitel.com/fr-fr

Les communications unifiées « as a service » dans le cloud de plus en plus adoptées par les entreprises

La troisième édition du baromètre annuel européen de l’UCaaS (Unified Communications as a Service) a été réalisée de novembre 2019 à janvier 2020 par le cabinet d’études SpokingPolls pour la société de téléphonie Mitel. Cette étude menée auprès de 1108 décideurs IT de 9 pays européens (Allemagne, Espagne, France, Benelux, Royaume-Uni, Suède et Suisse) témoigne de l’adoption de la téléphonie dans le cloud par des entreprises de tous secteurs d’activité et toutes tailles.

44 % des répondants ont ainsi déclaré être prêts à migrer leurs centres de contacts pour qu’ils adoptent l’UCaaS (+29 % sur l’édition précédente). L’arrivée des offres de communications unifiées dans le cloud propose des alternatives intéressantes aux entreprises qui peuvent dorénavant bénéficier des avantages du concept (téléphonie VoIP, renvoi d’appels, messagerie instantanée, présence, web-conférence, réunion virtuelle, serveur vocal interactif, intégration CRM, etc.) sans avoir à en supporter la complexité intrinsèque.

36% des décideurs IT interrogés considèrent que c’est l’intégration des usages en mobilité qui tire la demande de l’UCaaS vers le haut. Cette tendance devrait s’affirmer dans les prochains mois avec la sortie de la crise du Covid-19 et la mise en place de plateformes de connectivité dans de nombreuses entreprises.

A noter le besoin d’agilité exprimé dans cette enquête avec 35% des répondants justifiant leur migration dans le cloud par une recherche d’agilité contre seulement 16% en 2018. A noter également que 46 % des interrogés souhaitant avoir la possibilité de changer de fournisseur sans délai si le contrat de service n’est pas respecté. Enfin 84% des répondants considéraient en 2018 le coût de la migration comme le principal critère de calcul de ROI, ils ne sont plus que 33% à penser ainsi en 2020.

A propos de SpokingPolls

SpokingPolls est une solution de sondage automatisée et une société d’études indépendante d’analyse. Dans le cadre de ses services elle offre à la fois des prestations techniques, des aides à la définition des études et exploite ses questionnaires sur différentes bases de contacts. Dans le cadre de ces activités elle peut être amenée à effectuer un travail de desk research provenant de différentes sources de manière individuelle ou en complément de ses études de terrain. SpokingPolls s’assure notamment que les experts qui interviennent pour son compte sur différents sujets soient reconnus par leurs compétences dans chaque domaine.

Site web : https://www.spokingpolls.com/

La nouvelle version du système d’exploitation mobile d’Apple sera disponible cet automne avec une modification majeure de ses paramètres de confidentialité. Facebook alarme sur ce changement susceptible de faire baisser de 50% les revenus publicitaires de ses partenaires et clients.

C’est lors de sa dernière conférence annuelle pour les développeurs (WWDC 2020) organisée en ligne le 22 juin dernier qu’Apple a annoncé cette modification cauchemardesque pour Facebook. Bientôt iOS 14, la quatorzième version du système d’exploitation mobile d’Apple pour iPhone, iPod touch et HomePod demandera désormais aux utilisateurs leur accord pour être identifié par une application tiers.

Jusqu’à présent, de nombreux partenaires et clients de Facebook s’appuyaient sur l’IDFA (Identifier for Advertisers) dont sont dotés les appareils iOS pour récolter et partager des données de chaque utilisateur afin de lui envoyer des publicités personnalisées. C’est cet IDFA que Facebook Audience Network utilise pour monnayer des données Facebook et Instagram permettant des publicités ciblées par des développeurs d’applications ou des sites tiers.

Presque la moitié du marché américain pour iPhone

Avec iOS 14, les 900 millions d’utilisateurs d’iPhone dans le monde (chiffre Apple) choisiront s’ils acceptent ou non de communiquer leur IDFA et donc d’accepter un tracking publicitaire. « Avec iOS 14, […] vous devrez recevoir l’autorisation de l’utilisateur via le framework AppTrackingTransparency pour les suivre ou accéder à l’identifiant publicitaire de leur appareil » prévient Apple aux développeurs et annonceurs.

Pour Facebook, une large part des utilisateurs refusera d’être suivie en permanence par une application. Si cette modification aura peu d’impact sur les publicités de ses propres applications, Facebook estime que les revenus liés à la publicité sur iOS de ses partenaires via Audience Network pourraient chuter de plus de 50% explique la firme dans un billet de blog publié le 26 août dernier.

Facebook ajoute même que « la mise à jour d’Apple peut rendre Audience Network si inefficace sur iOS 14 » qu’elle envisage même de ne plus la proposer. Sachant qu’aux États-Unis, Apple possède 47,9% du marché mobile, c’est un séisme.

L’affrontement de deux modèles économiques

Facebook a déclaré qu’il ne collecterait pas d’IDFA via ses propres applications sur les appareils iOS 14 tandis qu’Apple propose une API baptisée SKAdNetwork permettant aux applications de réaliser un suivi publicitaire certes bien plus limité qu’auparavant, mais qui n’affichera pas de pop-up pour prévenir l’utilisateur d’un suivi de ses activités.

Selon l’évaluation de la plateforme d’attribution mobile et d’analyse marketing AppsFlyer, les budgets d’installation d’applications mobiles seraient de 80 milliards de dollars en 2020 et atteindront 118 milliards de dollars d’ici 2022. L’industrie totale de la publicité mobile aurait eu une valeur de 241 milliards de dollars en 2019 avec une prévision de 368 milliards de dollars en 2022.

On assiste là à une bataille entre deux géants de la Tech ayant chacun un modèle économique spécifique. Apple développe un environnement fermé pour ses produits et Facebook profite d’un écosystème ouvert lui permettant de collecter et de revendre des données personnelles à des fins publicitaire. Mais avec la demande d’éthique grandissante et de plus en plus encadrée juridiquement, Apple semble aller dans le sens de l’évolution du marché.

Mise à jour du 04 septembre 2020

Apple reporte au début de l’année 2021 sa mesure anti-pistage publicitaire sur la nouvelle version d’iOS 14. « Pour donner le temps aux développeurs de faire les changements nécessaires, les applis n’auront à demander l’autorisation de pister les utilisateurs qu’à partir de l’année prochaine » précise Apple dans un article publié le 03 septembre 2020.

Montage photo : Tim Cook PDG d’Apple et Mark Zuckerberg, PDG de Facebook ©DR

 

Avec – 2% au second trimestre 2020 comparé à la même période de 2019, Alphabet, maison mère de Google, connait la première baisse de son chiffre d’affaires depuis son entrée en Bourse il y a 16 ans. Les autres GAFA publient des résultats en croissance avec notamment Amazon qui progresse de 40%.

Le chiffre d’affaires d’Alphabet s’est élevé à 38,29 milliards de dollars au second trimestre 2020 soit une baisse de 2 % par rapport au même trimestre de l’année dernière. C’est la première fois que Google enregistre une perte et, du coup, c’est l’info principale des résultats trimestriels des GAFA publiés le 31 juillet.

Les revenus publicitaires qui génèrent le chiffre d’affaires le plus important chez Alphabet se sont élevés à 29,867 milliards de dollars contre 32,494 milliards de dollars au deuxième trimestre 2019. Heureusement, Google Cloud – qui comprend Google Cloud Platform (GCP) et G Suite – a connu une hausse de 43 % par rapport à l’année dernière avec un chiffre de 3,007 milliards de dollars.

La pandémie est responsable de cette baisse pour Ruth Porat, chief financial officer (CFO) d’Alphabet Inc, qui a précisé qu’en fin de trimestre les annonceurs avaient quasiment autant investis que l’année dernière. L’action d’Alphabet reste néanmoins stable et la firme a annoncé que ses embauches seraient réduites pour le reste de l’année 2020. L’effectif devrait rester à 127 498 personnes.

Amazon triomphe, Facebook progresse, Apple n’a plus d’iPhone en stock

Tout va bien pour Amazon qui réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 40% avec 89 milliards de dollars et un bénéfice net qui double à 5,2 milliards. Durant la pandémie Amazon a augmenté ses capacités de livraison de 160% et AWS, son service de cloud, a généré près de 11 milliards de recettes.

Le chiffre d’affaires de Facebook a progressé de 11% au deuxième trimestre avec 18,7  milliards de dollars. Près d’1,8 milliards de personnes utilisent Facebook chaque jour soit une augmentation de 12%.

Belle progression également pour Apple qui a réalisé 59,7 milliards de dollars de revenus sur le deuxième trimestre soit 11% de progression par rapport à 2019. A noter que les ventes d’iPhone ont engendré 26,42 milliards soit quatre milliards de plus que les prévisions des analystes et il y aurait désormais plusieurs semaines d’attentes  pour les iPhone ! A noter que des équipements comme les iPad ou les ordinateurs Mac ont même connu un regain d’intérêt avec 20% de ventes en plus.

En photo : Ruth Porat, chief financial officer (CFO) d’Alphabet Inc, maison mère de Google.  ©DR

Révélatrices des besoins du marché, les récentes levées de fonds montrent l’importance grandissante de l’intelligence artificielle dans quasiment  tous les secteurs de la Tech aux USA, en France et dans les startups nations.  

DeepTech : toujours plus d’automatisation

Avec 225 millions de dollars en juillet, c’est pour l’instant l’une des plus importantes levées de fonds de l’été. Fondée en 2005 en Roumanie et maintenant basée à New York, la licorne UiPath est l’un des leaders du marché des services RPA (logiciels d’automatisation de processus par la robotique). Son CEO Daniel Dines a déclaré que le financement sera utilisé pour faire évoluer la plate-forme d’UiPath et approfondir ses investissements dans « l’innovation alimentée par l’IA » à mesure qu’il étend ses offres de logiciels en tant que service (SaaS) dans le cloud.

Toujours sur le thème de l’automatisation, la startup newyorkaise NS1 a annoncé une levée de fonds de 40 millions de dollars et totalise 125 millions de dollars de levées de fonds depuis sa création il y a deux ans. NSI optimise les infrastructures réseaux et améliore l’accès aux applications et sites web de ses 600 clients dont LinkedIn ou Dropbox. « La pandémie a apporté un sentiment d’urgence à la modernisation informatique. Les projets de cinq ans sont réduits à un an  ou moins » affirme Kris Beevers son CEO.

MedTech : disruptions annoncées

Les effets du Covid-19 ont renforcé la décision des investisseurs d’accorder 51 millions de dollars à la startup Density de San Francisco. Son business model ? Commercialiser et installer des systèmes comptabilisant le nombre de personnes entrant et sortant des bâtiments et des pièces grâce à des capteurs infrarouges. Le besoin de recenser et localiser les gens était déjà présent mais la distanciation sociale l’a rendu impératif.

Transformer les neurosciences en service ? C’est l’ambition de la startup Kernel qui a créé deux technologies d’enregistrement cérébral qui donnent aux chercheurs un aperçu de l’esprit humain. Basée à Los Angeles, Kernel vient de lever 53 millions de dollars. « Si nous pouvons quantifier les pensées et les émotions, conscientes et inconscientes, une nouvelle ère de compréhension, de bien-être et d’amélioration humaine émergera » espère Bryan Johnson son CEO.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les deux tiers de la population mondiale n’ont pas accès à l’imagerie médicale. Beaucoup de patients sont donc obligés d’attendre des semaines ou des mois pour obtenir un diagnostic. Basée en Israël, la startup Nanox a développé un nouvel appareil à rayons X baptisé « Nanox.Arc » qui réduit considérablement les coûts en proposant une imagerie médicale low cost. Nanox a levé 59 millions de dollars levés pour conclure une série B à 110 millions de dollars.

MarkTech : encore mieux connaitre les clients

Ecouter les appels commerciaux en temps réel puis les transcrire et les analyser pour donner des conseils utiles au vendeur, c’est ce que propose la startup Chorus.ai. Basée à San Francisco, elle vient de réaliser une levée de fonds de 45 millions de dollars pour développer sa solution avec encore plus d’intelligence artificielle.

La licorne Autho fournit une plate-forme pour authentifier, autoriser et sécuriser l’accès des applications, des appareils et des utilisateurs. Lancée en 2013 en Argentine par Eugenio Pace, Auth0 est installée en Californie avec une valorisation à 1,9 milliard de dollars.  Sa levée de fonds de 120 millions de dollars a été menée par Salesforce Ventures.

FinTech : dématérialiser et sécuriser

Fin juin, la startup française Swile (ex-Lunchr) a levé 70 millions d’euros pour se développer à l’international. Dématérialisant les tickets restaurants sous forme de carte de paiement, la jeune société montpelliéraine  ambitionne  d’y ajouter les titres-cadeaux, les titres-mobilité et les titres-vacances. Swile a déjà convaincu  8 000 entreprises pour qui elle gère au quotidien les titres de restauration de 210 000 employés en traitant un volume d’émission de 400 millions d’euros.

Créée en 2016 en Angleterre, la startup Quantexa utilise l’IA pour aider les institutions financières à détecter les fraudes, trouver des opportunités de vente, analyser les risques de crédit.  Elle vient de réaliser une levée de fonds de 64,7 millions de dollars. « Nous constatons une énorme demande pour notre plate-forme pour prendre en charge de multiples applications sur nos principaux marchés des services financiers et dans de nouveaux secteurs industriels. Cet investissement accélérera notre feuille de route pour l’innovation produit et nous permettra d’investir davantage dans les régions d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie-Pacifique, ainsi que de s’étendre dans de nouveaux endroits » a déclaré Vishal Marria, CEO de cette société qui compte des clients comme SBC, Standard Chartered Bank ou Accenture.

Directeur de la transformation digitale et de la communication du groupe Antalis, Franck Chenet témoigne de son utilisation de la plateforme Hootsuite qui a généré une hausse du trafic web et des leads grâce à une stratégie inbound marketing intégrant les réseaux sociaux. Un témoignage client instructif qui confirme que les techniques de marketing digital BtoB et BtoC sont désormais communes et que l’objectif est d’apporter différenciation et valeur ajoutée au marché.

Vincent Biard – Quelle est l’activité d’Antalis ?

Franck Chenet – Antalis est le leader européen et le deuxième mondial sur trois secteurs d’activités : papier, emballage, communication visuelle. Nous sommes présents sur l’ensemble de la gamme papier, de la ramette aux papiers fins de création. Sur l’emballage, nous sommes principalement présents sur l’emballage industriel et nos récents développements e-commerce ont pour cible d’accéder aux TPE/PME. La communication visuelle est un marché plus diversifié allant de la bâche décorative couvrant les bâtiments en travaux à l’habillage publicitaire des voitures de commerciaux. Plus généralement nous sommes leaders BtoB dans la décoration d’intérieur aux professionnels comme par exemple la décoration de boutiques, de sièges sociaux, d’hôtels, etc. Nous venons de changer d’actionnaire majoritaire, à savoir le groupe japonais KokusaiPulp & Paper Company (NDLR : annonce officielle le 22 juillet 2020) bénéficiant ainsi d’un leadership mondial avec des opportunités fortes de croissance.

Vincent Biard – Donc une large typologie de produits et de clients, pour quel volume d’activités ?

Franck Chenet – Antalis réalise 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en étant présent dans 39 pays avec 4 700 collaborateurs. C’est uniquement de la vente à des professionnels via un mode multi-canal que cela soit en extranet/EDI et e-commerce mais principalement via une force de vente terrain qui apportent conseils et valeur ajoutée. Avec le groupe japonais KokusaiPulp & Paper Company, nous formons le leader mondial avec un chiffre d’affaires proforma combiné de plus de 5 milliards d’euros.

Vincent Biard – Vous avez récemment participé à une mise en avant d’Antalis par Hootsuite comme client témoin. Quel message avez-vous souhaité faire passer ?

Franck Chenet –Que le social media est une partie intégrante de l’évolution de nos business models et pas seulement un canal de communication ! J’ai rejoint le groupe Antalis il y a quatre ans sur une candidature spontanée pour y créer la direction digitale après une expérience d’une dizaine d’années en Amérique du Nord puis de quelques années dans la bureautique en France. En plus du digital, j’ai repris il y a un mois la direction de la communication du groupe. Ma feuille de route est d’apporter une plus grande cohérence entre les deux périmètres. Pour Hootsuite, l’idée n’était pas de leur faire de la publicité mais de présenter un cas d’école. La plateforme Hootsuite nous permet de porter une stratégie dans laquelle la relation client doit être optimisée avec du contenu ciblé et contextualisé en prenant en compte chaque persona. Nous avons alors recherché un outil facile d’accès, pédagogique, autorisant le partage d’événements, de communication et de contenus d’un pays à l’autre pour un groupe international implanté sur 39 pays aux maturités digitales extrêmement variables. Par exemple, quand je suis arrivé dans le groupe, nous avions 53 pages LinkedIn dont certaines étaient inactives. Nous avons désormais une page LinkedIN globale. Il fallait repositionner Antalis comme une marque mondiale même si nous sommes sur des marchés de niche, de professionnels, très spécialisés avec comme clients principaux des imprimeurs, des décorateurs, des revendeurs de papiers. Il fallait ainsi valoriser notre marque et apporter de la cohérence dans sa communication en partageant notamment les initiatives prises dans les différents pays. Nous avons réussi à fédérer cette communication grâce à l’outil Hootsuite qui regroupe une bibliothèque de contenus. Hootsuite permet aussi de prendre la main depuis le siège sur les publications d’un pays. Par exemple, lors de la reprise par KokusaiPulp & Paper Company, il était important d’avoir une communication centralisée, globale, cohérente, uniforme et au même moment.

Vincent Biard – Digital CMO a relayé plusieurs études montrant que la communication BtoB s’inspirait de plus de plus de la communication BtoC notamment sur les réseaux sociaux. Vous l’avez visiblement anticipé à votre arrivée chez Antalis. Qu’en pensez-vous ?

Franck Chenet – Pour intervenir lors de conférences sur le digital, je pense que les points de différenciation entre le BtoB et le BtoC s’estompent et que le « débat » n’est plus là. Un professionnel du BtoB est d’abord un consommateur naturellement inspiré par le BtoC. Chez Antalis, nous nous focalisons davantage sur un triptyque autour du social media : des campagnes de communication inspirées du BtoC ; l’implication des ambassadeurs internes via un « ambassador program » qui partagent du contenu spécifique fourni par notre plateforme Hootsuite avec leur réseau ; le social selling déployé depuis deux ans sur trois pays pilote via la solution payante LinkedIn sales navigator qui permet du ciblage client et une prospection réactive. Tout ceci est appuyé par un accompagnement interne de « change mangement » pour que l’ensemble de l’entreprise voit le social media comme un levier de business comme un autre. En ce sens, nous sommes effectivement un leader B2B qui veut prendre de l’avance sur son marché en adaptant des techniques éprouvées et en les contextualisant le mieux possible à nos cibles.

Sites web :
https://www.antalis.fr/home.html
https://hootsuite.com/fr/