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En prévoyant de supprimer les cookies tiers d’ici deux ans, Google contraint les pros du marketing digital à revoir leurs stratégies publicitaires et à anticiper sur l’inéluctable évolution du web vers davantage de protections des données.

C’est le 14 janvier que Justin Schuh, directeur de l’ingénierie du navigateur Chrome -leader avec  60%  de parts de marché- a annoncé la nouvelle : à partir de février, Google va supprimer progressivement la prise en charge des cookies tiers sur Chrome pour les rendre « obsolètes d’ici à deux ans ». Ces cookies tiers sont tout simplement les petits traceurs installés automatiquement par les sites internet ou leurs partenaires pour identifier les internautes.

Si les cookies personnalisent l’expérience de navigation des internautes en leur permettant d’être reconnus par leurs sites web favoris, ils permettent aussi aux entreprises et annonceurs de les tracer pour notamment leur proposer de la publicité ciblée ou recueillir leurs données de navigation. Le modèle économique de la pub en ligne va donc être bousculé par Google qui néanmoins autorisera encore les First-party cookies destinés notamment à la reconnexion automatique ou la mémorisation des paniers de produits.

Anticiper le nouveau comportement des consommateurs

Comme cette annonce de blocage des cookies menace grandement le modèle économique de nombreux sites web financés par la pub, Google a précisé que son programme « Privacy Sandbox » lancé en août permettrait toujours aux annonceurs de diffuser des publicités ciblées tout en évitant aux internautes d’être pistés via le navigateur Google Chrome.Un équilibre difficile à trouver et qui demandera notamment de trés gros investissements en intelligence artificielle afin de pouvoir anticiper les besoins publicitaires tout en évitant le matraquage digital.  Comme dans d’autres domaines c’est le marché qui va décider dans les mois qui viennent et il faudra être attentif aux comportements des consommateurs afin d’éviter que ne se développent les autres solutions de blocage de cookies.

Avec cette décision, Chrome s’aligne sur ses concurrents Firefox (Mozilla) et Safari (Apple) et s’adapte à l’évolution du cadre juridique du web avec la mise en place du RGPD en Europe et l’entrée en vigueur du California Consumer Privacy Act (CCPA) le 1er janvier dernier ainsi qu’aux exigences des internautes en termes d’éthique. Par contre, l’annonce de Google a fait plonger  le titre de Criteo, groupe français de ciblage publicitaire sur internet. Reste à voir comment l’écosystème de la pub digitale va (di)gérer ce changement de paradigme.

Le marketing durable sera-t-il l’une des tendances clés à venir ?  Avec les évolutions actuelles en matière de développement durable mais aussi sociétales sur la protection des données ou encore la saturation digitale, c’est possible. En partenariat avec Marketo, une société d’Adobe, nous avons interrogé Amélie Rouvin de la direction développement durable du Groupe Veolia.
Développement durable, responsabilité énergétique des entreprises, empreinte durable de l’informatique et du digital, marketing durable, Amélie Rouvin aborde, avec franchise et conviction, tous ces sujets qui seront au cœur des comportements des consommateurs et des entreprises demain.

C’est en novembre dernier que Digital CMO a rencontré  Amélie Rouvin, responsable engagement ressources & économie circulaire au sein de la direction développement durable du Groupe Veolia. Lors de cette interview, Amélie Rouvin présente ce groupe français de 171 000 personnes développant trois activités principales (gestion de l’eau, énergie, déchets) et s’impliquant dans le développement durable avec par exemple la mise en place de boucles courtes d’économie circulaire ou l’utilisation de solutions digitales.

Spécialiste des questions environnementales, conférencière, Amelie Rouvin rappelle l’évolution du développement durable depuis les années 90. Selon elle, c’est d’abord la question environnementale qui a prédominé avec les sujets du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité ou de la raréfaction des ressources puis les thèmes sociaux et sociétaux se sont additionnés. « Aujourd’hui on parle de la raison d’être des entreprises » précise-t-elle pour expliquer que dorénavant la question concerne les entreprises avec de nouvelles contraintes juridiques écologiques mais aussi un besoin d’éthique des consommateurs.

Le numérique : impact et solutions

Avec la croissance fulgurante du numérique, son impact environnemental est  considérable assure Amélie Rouvin qui livre des chiffres clés et des exemples probants dans la vidéo. Avec 4 milliards d’utilisateurs d’internet dans le monde et 34 milliards d’équipements, l’empreinte environnementale équivaut à un septième continent qui devrait doubler voire tripler d’ici 15 ans en raison de la consommation électrique, des équipements et des data centers. « Chaque action a un impact qu’il faut considérer » rappelle Amélie Rouvin. Il faut savoir précise t-elle dans cette vidéo que chaque email avec une pièce jointe équivaut à une ampoule basse consommation allumée pendant une heure. Et chaque année se sont 2600 milliards d’email qui sont envoyés rappelle-t-elle.

Des solutions existent heureusement pour réduire l’impact du numérique.  Même si les solutions smart ne suffiront probablement pas et qu’un usage modéré et sobre s’impose selon Amélie Rouvin, les réponses se trouvent par exemple en éco conception pour lutter contre l’obsolescence programmée ou en optimisation des data centers véritables gouffres à énergie. Des stratégies marketing combinant exigence des consommateurs et développement économique existent. Plus globalement il est nécessaire que “le digital et la tech deviennent plus responsables et portent de nouvelles valeurs conclue Amélie Rouvin dans cette vidéo documentée.

En savoir plus avec la vidéo :

 

Comme chaque année la semaine a été riche en actualités au Consumer Electronics Show  à Las Vegas. Si l’année passée les promesses de marchés étaient portées par les objets connectés et la voiture autonome, cette année c’est la 5G, l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et la reconnaissance faciale qui semblent être au coeur des tendances tech à venir. D’autant que pour de nombreux observateurs  ce sont grâce à ces solutions que le marché de la tech sera relancé après une année en demi-teinte, notamment du coté des mobiles.

Pour son édition 2020 organisée du 07 au 10 janvier, le Consumer Electronics Show de Las Vegas devrait accueil  plus de 170 000 visiteurs pour 4 400 exposants dont 1 200 startups. Au-delà des produits innovants (comme le 8K de Samsung), gadgets ou prototypes présentés par des groupes internationaux leaders ou des startups, c’est le moment de l’année où les décideurs marketings ou tech peuvent déceler les tendances à venir.

Cette année, même si la présence des objets connectés et de la voiture autonome reste forte (avec la notamment en keynote de Daimler ),  c’est du coté de l’image que l’on a eu les annonce les plus significatives. C’est d’ailleurs sur ces enjeux technologiques que Hyun-Suk Kim, CEO de Samsung, a insisté lors de la première conférence majeure (voir vidéo de six minutes) du salon en expliquant que les dernières avancées de la marque en termes de robotique intelligente, d’intelligence artificielle, de 5G et d’edge computing  allaient offrir de meilleures expériences aux consommateurs. En attendant les Jeux Olympiques au Japon cet été, l’industrie tech d’Asie du Sud-Est et de la Chine a tenu à montrer dès ce début d’année son avance dans ces domaines.

Même si finalement on a constaté très peu d’annonces autour de la 5G, pour la plupart des observateurs la 5G est une technologie de convergence qui devrait permettre d’effacer encore un peu plus la frontière entre les smartphones et la TV. Son développement devrait favoriser le développement des services associés en streaming vidéos, musique mais aussi au niveau de la production des contenus. Une position partagée à Las Vegas par Steve Koenig et Lesley Rohrbaugh de la CTA qui ont évoqué dans leur présentation des tendances « la popularité grandissante des services de streaming, ainsi que la connectivité 5G et les dispositifs d’intelligence artificielle » qui généreront une croissance en hausse de 4%  de l’industrie technologique américaine en 2020 avec des revenus estimés à 422 milliards de dollars. Même si Apple et quelques autres grands leaders de la convergence, comme Netflix, Disney ou Spotify n’étaient pas directement présents  à Las Vegas, ce sont eux qui devraient tirer le plus partie de l’arrivée de cette nouvelle technologie. A Las Vegas, comme chaque année,  les équipementiers grands publics  sont sur le devant de la scène mais dans les coulisses, ce sont les industries américaines de contenu qui se préparent à ces grandes évolutions.

Enfin,  même si le programme des conférences reste très tech, il y avait une session spéciale CMO au CES sur le thème du “C in CMO”. Une manière indirecte d’aborder le rôle plus leader que devrait avoir les CMO face à tous ces enjeux technologiques.  Les intervenants  sur cette conférence étaient Jean Foster, vice-président principal, Marketing et communications CTA, Jennifer Berman, CMO Insider, Diana O’Brien, directrice générale du marketing Deloitte ainsi que Deborah Wahl, directrice générale du marketing de General Motors.

Moins de start-ups françaises

Avec environ 280 entreprises présentes cette année contre 420 en 2019 selon le Figaro, le nombre de startups présentes était en baisse de 30% sur cette édition. Mais la présence française reste forte notamment avec la dizaine de régions françaises, qui ont certes chacune réduit le nombre de leurs startups présentes, mais qui continuent à miser sur ce salon pour véhiculer une image innovante. Pas sûr cependant que cette édition 2020 du CES permette à ces jeunes pousses de devenir des licornes. Business France, l’une des structures de promotion de l’innovation française à l’international, avait sélectionné 20 startups. Parmi celles-ci beaucoup sont positionnées sur les objets connectés ou des usages grands publics. Un marché qui tarde à décoller et dont les usages sur le long terme dans beaucoup de secteurs d’activités sont encore mal cernés.

La liste des startups de Business France :
Y-Brush : un produit connecté qui effectue un brossage électrique en profondeur en seulement 10 secondes pour une meilleure santé.
Havr : serrure connectée en LiFi.
LOKLY : clé USB chiffrée pilotée par smartphone.
Olythe : nouvelle génération d’éthylotest.
BOOKINOU® : un système de lecture audio qui permet aux 3-7 d’entendre l’histoire de chaque livre avec la voix d’un proche.
Dodow and Hoom : un bandeau audio unique allie textile respirant, confort et mobilité, il est lié à l’application Hoom.
Adok  : smart projecteur tactile.
Comdoz : aux utilisateurs de composer leur propre parfum personnalisé.
Daan Tech : lave vaisselle.
Redison : une solution  qui vous permet de jouer de la batterie partout et à tout moment.
STYL : stylo connecté conçu pour lutter contre l’addiction aux smartphones grâce aux jeux sérieux.
VistaKlub : analyse de données.
Wello (un vélo solaire à trois roues, modulaire, compact, agile et entièrement connecté.
Chronolife : un vêtement intelligent qui intègre différents capteurs pour surveiller 6 données physiologiques différentes en continu.
MyFood : une serre intelligente qui permet à chacun de cultiver des fruits et légumes dans des espaces restreints.
Vivoka : une place de marché dédiée à la voix.
Divacore : écouteurs sans fils.

Priorité stratégique du leader historique du marché du travail intérimaire, la digitalisation du Groupe Adecco s’appuie sur les dernières technologies comme le big data, un chatbot et bien sûr une appli mobile. Pour Solène Marchal, responsable marketing digital rencontrée lors du dernier One to One de Biarritz, l’enjeu est d’être premier en termes de référencement sur Google mais aussi en acquisition de candidats et de clients.

Vincent Biard – Que représente le groupe Adecco aujourd’hui ?

Solène Marchal – Adecco est un groupe d’origine suisse avec plusieurs marques en France comme Adecco médical, Spring pour l’embauche d’ingénieurs et de consultants, Modis une entreprise de service numérique ou bien le cabinet Badenoch & Clark dédié aux cadres dirigeants. Le groupe Adecco est le leader mondial des services en ressources humaines avec plus de 32 000 collaborateurs et un réseau de plus de 5 100 agences réparties dans plus de 60 pays. En France, c’est 3 400 salariés dont 900 au siège et 1 200 agences au service des 50 000 entreprises clientes et des 130 000 collaborateurs intérimaires mis à l’emploi par semaine.

Vincent Biard – L’activité du groupe est-elle encore liée au travail intérimaire ?

Solène Marchal – Nous avons aussi d’autres entreprises travaillant sur l’emploi, l’insertion et la transformation des métiers. Le groupe Adecco n’est pas uniquement dédié à l’intérim même si l’on connait Adecco pour cette activité mais depuis 2005 les sociétés d’emplois peuvent recruter en CDD et CDI. Nous travaillons également la thématique de l’alternance avec la création de CFA et dernièrement le lancement un CFA dédié au métier de recruteur.

Vincent Biard – Votre mission en tant que responsable marketing digital ?

Solène Marchal – J’ai une double mission avec la responsabilité des acquisitions pour aller chercher des candidats sur des marchés pénuriques par exemple et la recherche de nouveaux clients qui ont des besoins en recrutements via des campagnes d’acquisitions qui peuvent être des mots-clés, de l’e-mailing, du display, des campagnes RTB et tous les dispositifs digitaux habituels.

Vincent Biard – Quels sont les défis posés au groupe Adecco par la transformation digitale ?

Solène Marchal – Sur le marché de l’emploi, nos concurrents et nous avons la même question : comment trouver la bonne personne au bon endroit et au bon moment ? Il y a énormément de portails d’offres d’emplois en France qu’ils soient privés ou publics sur lesquels nous publions des annonces et récoltons des candidatures. Parfois cela ne suffit pas puisque ces sites emplois sont déjà présents sur les moteurs de la recherche notamment via de la publicité. La difficulté est d’être alors le premier en termes de référencement. Grâce aux datas, nous pouvons travailler des cibles très précises avec notamment des actions à mener vers des personnes qui ont des profils similaires à celle venues candidater chez nous. Mais nous avons d’autres canaux d’acquisitions avec une appli qui accueille plus de 200 000 utilisateurs par mois. Nous développons donc des outils pour être dans la poche des gens car ils peuvent postuler une dizaine de fois par jour. Ils ne sont pas accrochés à une agence d’emploi mais à un type d’emploi avec une grille de salaire et une certaine distance de chez eux. L’enjeu est d’être là en premier mais aussi de fidéliser ceux qui nous font confiance aujourd’hui. Cela passe  par des outils numériques avec de la simplification. Cette année nous proposons à tous nos clients le support numérique par default.

Vincent Biard – Que recherchez-vous sur un salon comme le One to One Biarritz comme outils, technologies ou prestations ?

Solène Marchal – Ce salon nous intéresse surtout pour la partie dispositif mobile mais aussi data. Comment trouver les bonnes personnes au bon endroit au bon moment ? Nous avons rencontré pas mal de sociétés présentant leur expertise en termes d’audience et de rajout de données first party avec la diffusion ensuite sur des sites partenaires. Ce sont donc des opérations assez complexes pouvant nous permettre de répondre à cette recherche très précise. Nous consultons aussi beaucoup de prestataires pour nos applis mobiles afin de connaitre les dernières nouveautés en termes de promotion. Quand on voit ce que proposent les prestataires pour le suivi du comportement et notamment des méthodes pour retoucher une personne qui n’a pas ouvert l’application dans les 90 derniers jours, c’est intéressant. Nous avons déjà un coût par installation de l’appli et si elle est inutilisée elle n’a pas de valeur.

Vincent Biard – Il y a un grand intérêt pour le mobile sur ce salon, c’est aussi l’une de vos priorités ?

Solène Marchal – En BtoC le mobile a dépassé le trafic des ordinateurs pour les candidats. Cela a beaucoup de conséquences pour nous car il faut que nous proposions un parcours encore plus attractif. Il y a également des contraintes très fortes imposées par Google pour le SEO aujourd’hui avec  le temps de chargement de nos pages mobiles qui sont prises en compte et non plus celles de nos ordinateurs, c’est une vraie révolution. Tout passe par le mobile et tout le monde ne maitrise pas le développement d’un site mobile, ni l’UX mobile avec le nombre de modèles et de tailles d’écran différents présents sur le marché ou encore les stratégies d’acquisition spécifiques parce qu’il n’y pas de cookie sur mobile. C’est sous estimé pour des raisons techniques et cela demande du temps.  Nous développons d’autres technologies  comme la voix avec un chatbot. Nous essayons aussi de revoir notre site pour ressortir en position zéro sur le moteur de recherche Google. Mais l’appli mobile permet de s’adresser à chaque individu avec notamment des push notifications pour lui proposer un poste où à quelqu’un de son entourage professionnel. Un push notification est plus agréable à recevoir qu’un texto et une publicité, c’est un service et une valeur ajoutée.  C’est du One to One.

Apple, Google, Amazon et des groupes comme Ikea, Samsung ou Legrand rassemblés au sein de l’alliance ZigBee ont annoncé le lancement du groupe de travail « Connected Home over IP » destiné à créer une norme commune de connectivité des  équipements de maison.

L’objectif du projet Connected Home over IP soit « la maison connectée sur réseau IP » est de « développer et promouvoir l’adoption d’un nouveau standard ouvert de connectivité » selon le communiqué de presse publié le 18 décembre dernier par Amazon, Apple, Google et Zigbee Alliance. Créée en 2002 pour développer le protocole ZigBee de communication d’objets domestique connectés, la Zigbee Alliance rassemble plus de 400 entreprises dont des groupes comme Ikea, Legrand, Samsung SmartThings, Schneider Electric ou Somfy souhaitant une norme universelle pour leurs équipements intelligents.

Tous ces acteurs  sont confrontés à la multiplication des normes  de communication des objets connectés et ont décidé de s’accorder sur un standard compatible avec leurs produits. Le projet Connected Home over IP  vise  à « simplifier le développement pour les fabricants et d’augmenter la compatibilité pour les consommateurs » et  « permettre la communication entre les appareils domestiques intelligents, les applications mobiles et les services cloud ».

Développé en open source, sans redevance pour son utilisation et avec –en principe- toutes les garanties de confidentialité, le projet Connected Home over IP devrait voir le jour fin 2020 via un projet de spécification qui fonctionnera avec les protocoles de connectivité existants. Reste à savoir si les marques développant leurs propres technologies arriveront réellement à s’entendre. L’enjeu est crucial car la croissance du marché des équipements de maison connectée devrait progresser de 23,5% en 2019 avec 815 millions d’objets vendus et une prévision d’1,39 milliard en 2023 selon les chiffres publiés en septembre par le cabinet IDC.

Augmenter ses ventes en e-commerce tout en attirant plus de clients dans les magasins et y proposer en plus des services digitaux, le groupe FNAC Darty mise sur les technologies digitales pour dynamiser ses points de vente physiques.

« Chez FNAC Darty le digital représente 20% du chiffre d’affaires, ce qui est très haut par rapport à la moyenne d’autres pays européens » rapportait David Nedzela, directeur marketing digital du groupe FNAC Darty rencontré lors du One To One Biarritz d’octobre.

Le groupe FNAC Darty c’est 172 magasins Fnac et 401 magasins Darty en France auxquels s’ajoutent 207 magasins dans le monde. Le groupe emploie 25 000 personnes dont 18 000 en France avec un chiffre d’affaires global de 7,475 milliards d’euros pour 2018. « L’e-commerce chez FNAC Darty est en croissance à deux chiffres année après année. Nous sentons que les clients sont en train de basculer et c’est pour cela que nous renforçons notre présence et investissons beaucoup sur le digital » déclarait David Nedzela en octobre dernier. La part de l’e-commerce dans le chiffre d’affaires du groupe est ainsi passée de 17% à 19% entre 2017 et 2018.

Le digital comme porte d’entrée en magasin

Face à la concurrence redoutable d’Amazon ou de Cdiscount, le groupe né du rachat de Darty par la FNAC en 2016 a opéré une mutation vers un modèle omnicanal depuis 2011 pour la Fnac et depuis 2013 pour Darty. « Une étude CSA de 2017 montrait que dans nos catégories de produits, 40% des gens commençaient par un point de contact digital avant de finir dans un magasin pour acheter » rappelait David Nedzela. « Les ventes en ligne doublent en moyenne dans une zone lorsqu’on y ouvre une Fnac ou un Darty » confirmait Enrique Martinez directeur général du groupe en octobre 2018 sur capital.fr.

Avant l’été, la FNAC a lancé le « Click and Collect » en une heure sur tous ses produits. Le principe ? L’e-client passe une commande sur le web et vient la récupérer une heure après en magasin. Difficile pour Amazon de faire mieux. Autre innovation avec le « Pay & Go » testé depuis quelques mois qui propose aux clients de payer en magasin avec l’appli FNAC sans passer par la caisse. La FNAC a aussi développé un système de commande par des assistants vocaux via un partenariat avec Google. Tous ces outils illustrent la stratégie « phygital » du groupe visant à intégrer le digital dans les points de vente physiques.

Le groupe affiche même sa stratégie omnicanale sur son site web et la décline en trois piliers complémentaires : forte présence sur internet, services de livraison aux meilleurs standards du marché, réseau de magasin en constante expansion. « Nous avons aussi la chance d’avoir des forces de vente en magasin, des ateliers de réparation, des services de livraison en propre et, par exemple quand vous achetez un produit d’électro ménager chez Darty, un salarié vient vous le livrer, le mettre en marche et reprendre l’ancien. Il y a un vrai savoir-faire et un vrai service » ajoutait David Nedzela. Là aussi des atouts solides pour résister aux pure players de l’e-commerce.

Pour la dixième édition du One to One Monaco, une étude sur les projets d’investissements des marques en e-commerce est publiée via un livre blanc. Le secteur du e-commerce est devenu un secteur à part entière pour les acteurs de la tech. La progression constant du chiffre d’affaires de cette industrie et le nombre de plus en plus importants de e-commerçants pousse tous les acteurs à l’investissement. Selon la Fevad les ventes de e-commerce devraient dépasser les 20 Mds€ à Noël. Et depuis le début de l’année, la Fevad note que l’accroissement du nombre de sites marchands actifs est de 16% pour atteindre 191 700 sites.

A l’occasion des dix ans du One to One Retail E-commerce organisé à Monaco du 17 au 19 mars, les organisateurs du salon ont publié les résultats d’une enquête menée auprès de  1 000 participants de l’édition 2019.  C’est sur leur projet que ces représentants de plus de 500 grandes entreprises et startups (70% de directeurs et 30 % de responsables du e-commerce) ont été interrogés. Cette étude permet « de mieux comprendre les véritables enjeux des décideurs du retail et du e-commerce sur l’année écoulée pour définir un socle solide de tendances pour 2020 » selon les organisateurs du One to One Monaco. Ci-dessous quelques enseignements de ce livre blanc de 52 pages téléchargeable sur le site web du salon.

Des clients e-commerce exigeants et en quête de valeurs

56% des consommateurs jugent leurs expériences passables et 42% mauvaises. 66% des consommateurs souhaitent que les entreprises leur répondent en temps réel. 66% d’entre eux sont attaché à l’éthique de l’entreprise. Le e-client d’aujourd’hui est donc défini comme exigeant, impatient, en quête de sens dans ses achats et avec un besoin de transparence. Pour répondre à ces attentes les  tendances marketing & communication sont, d’après l’étude, l’hyperpersonnalisation, les solutions en temps réel, les parcours omni-canal, la transparence sur la gestion des données et la traçabilité  des produits.

Le marketing digital comme tendance majoritaire avec le mobile en priorité pour l’avenir

Les grandes tendances des projets des 1 000 dirigeants et marketeurs en retail & e-commerce interrogés concernent le marketing digital (51%), le CRM (10%), le marketing (10%), la logistique (9%), la technologie (6%), le retail (6%), la personnalisation (2%), la sécurité (2%), d’autres projets (4%).
Ensuite l’étude a interrogé les responsables de sites e-commerce plus précisément sur leurs projets en marketing digital  et le mobile arrive en tête avec 19% de réponses sur 18 types de projets : conversion (13%), marketing digital (11%), medias (10%), Search Engine Marketing (7%), marketplaces solutions (6%),  social commerce (5%), parcours multicanal (5%), social media (4%), affiliation (4%), pub/revenus (4%), gestion des informations produits (3%),  e-catalogues (3%),  UX design (2%),   webperformance (1%),  agence digitale (1%),  externalisation e-commerce (1%),  parcours omnicanal (1%).
En constante progression, le mobile représente aujourd’hui 22 % du e-commerce alors qu’il ne représentait que 8 % en 2014.

Personnalisation vs automatisation : le challenge 2020

D’après l’étude, les e-commerçants sont aujourd’hui face à un dilemme : ils souhaitent automatiser la gestion de la relation clients et même temps privilégier un contact plus direct et personnalisé avec une réponse unique pour chaque requête. Les entreprises sont donc en recherche de solutions capables de répondre à ces deux objectifs à l’exemple des chatbots comme première étape avant de rediriger le client vers une personne physique compétente répondant à ses attentes.
Selon Wilson Raj, directeur mondial SAS Customer Intelligence, le succès des marques reposera sur les technologies émergentes au cours de la prochaine décennie. 62% des marques investissent dans des assistants vocaux basés sur l’IA pour l’assistance et les interactions clients. 54% investissent dans la réalité augmentée et virtuelle afin d’aider les consommateurs à visualiser à distance l’aspect ou l’utilisation d’un produit ou service. 53% sont à la recherche d’outils de réalité augmentée/ virtuelle pour améliorer l’utilisation des produits et l’auto-assistance.

Pour télécharger le livre banc : https://dweb.typeform.com/to/g0Mcxi

La solution de marketing prédictif mise au point par la startup Sensego créée par Ahmat Faki , Michael Weiss, Cyril Schuster et Teimour Daly a convaincu le jury du Trophée start-up Martech du CMIT qui lui a décerné le premier prix.  Cette solution d’intelligence artificielle propose aux marques d’anticiper les besoins de leurs clients en prédisant leurs intentions d’achats.

Vincent Biard – Que proposez-vous à vos clients ?

Teimour Daly – D’être les premiers à cibler quelqu’un le plus tôt possible dans ce que nous appelons la phase d’inspiration pour donner un avantage compétitif aux marques qui utilisent notre solution. L’objectif est de prédire entre 120 et 10 jours avant le passage à l’acte le souhait d’un client de voyager ou d’acheter un produit grâce à l’analyse des signaux faibles. Aujourd’hui notre produit a deux volets. L’un est destiné à la fidélisation pour des clients déjà enregistrés et dans ce cas nous intégrons notre application SaaS dans l’application des marques afin de les enrichir et de leur permettre de prédire les comportements de leurs clients pour leur proposer les meilleures recommandations. Par exemple, sur le secteur du voyage où nous sommes bien implantés, notre solution permet aux chaines hôtelières d’identifier en temps réel les intentions de voyage de leur base clients mobile 40 jours avant Booking avec une précision de 80%. Le second volet de notre solution (https://adster.sensego.fr) concerne les clients non enregistrés-et donc non connus des marques- que nous allons chercher dans une logique d’acquisition en les repérant sur les réseaux sociaux pour leur adresser ensuite une offre correspondant à leur centres d’intérêts et surtout à leurs futurs besoins.

Vincent Biard – Votre startup créée en 2016 est en pleine progression, quels sont vos objectifs ?

Teimour Daly – Nous sommes aujourd’hui déployés sur neuf millions d’appareils et nous comptons une dizaine de clients comme la chaîne Logis Hôtels regroupant plus de 2 000 hôtels en Europe, les Aéroport de Paris et Great Hotels Paris. Nous commercialisons notre solution en mode SaaS et nous nous rémunérons également sur les ventes additionnelles réalisées grâce à son ciblage. Nous revendiquons un taux de prédictions exactes de 80% pour un taux de conversion triplé et un taux de clic sur les campagnes multiplié par dix. Nous nous définissons encore comme une startup avec l’état d’esprit de recherche &développement car nous sommes une équipe d’ingénieurs passionnés par la techno. Nous sommes aussi une startup du point de vue du financement puisque nous avons réalisé une levée de fonds en seed (NDLR : moins d’un million d’euros) l’année dernière et courant 2020 nous visons une série A (NDLR : entre 800 000 et 3 millions d’euros) pour accélérer commercialement et continuer à faire de la R&D. Nous sommes une dizaine et nous aimerions doubler l’effectif à la fin 2020.

Vincent Biard – Quels sont les prochains secteurs économiques que vous visez?

Teimour Daly – Historiquement nous sommes positionnés sur le secteur du voyage car il y a une très forte désintermédiation et des cycles de vente longs. Notre technologie est donc particulièrement adaptée. Néanmoins nous sommes aussi présents sur le secteur du e-commerce avec des clients comme veepee.fr et aujourd’hui et nous ambitionnons de nous étendre sur ce secteur. Nous pensons que les secteurs de la Banque et de l’Assurance  vont évoluer dans leurs relations avec leurs clients car celle-ci sont remises en question par le digital. Les banques vont notamment avoir besoin de se reconnecter avec leurs clients via un marketing personnalisé intelligent

Vincent Biard – Avez-vous des concurrents ?

Teimour Daly – Nous avons deux très gros concurrents aux Etats-Unis : ce sont deux startups comptant chacune une centaine de clients mais pas encore en Europe. Nous avons aussi quelques concurrents indirects sur le marché du marketing digital qui est un domaine assez vaste et malgré une consolidation il y a pas mal d’acteurs proposant des solutions pour les marques.

Vincent Biard – Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Teimour Daly – Oui je tiens à dire que nous sommes très contents d’entreprendre en France parce l’écosystème y est très encourageant et que les investisseurs, l’Etat et les organismes publics comme Bpifrance ou la French Tech soutiennent cet écosystème. Nous sentons que ces deux dernières années il y a un réel esprit d’entraide entre nouveaux et anciens entrepreneurs et que c’est un beau pays pour entreprendre.

Récompensée lors du récent Trophée start-up Martech du CMIT, la société Kiliba développe une solution d’e-mailing en marketing automation avec un objectif de taux d’ouverture de 100%. Si Amaury de Larauze relativise bien sûr ce chiffre, les premiers résultats de sa société créée avec Arnaud Becker sont déjà largement convaincants.

Vincent Biard – Quels étaient vos objectifs lors de la création de Kiliba ?

Amaury de Larauze – Avec Arnaud Becker mon associé nous travaillons depuis une dizaine d’années dans l’e-mail marketing. Nous nous sommes rendus compte que l’ensemble des directions marketing et e-commerce rencontraient les mêmes difficultés à mettre en place l’automation marketing bien souvent pour des questions de disponibilité. En janvier 2018, nous avons commencé à réfléchir à une solution permettant d’automatiser intégralement la mise en place de cycles de vie en travaillant avec un premier développeur. Nous avions aussi réalisé que l’e-mailing lassait les destinataires et avait créé une défiance envers les newsletters puisque la moyenne d’ouverture en France est de 20%. Donc 80% des newsletters sont inutiles mais elles ont quand même demandé du temps aux entreprises expéditrices. L’e-mailing reste le canal préféré des Français pour communiquer avec leurs marques mais à condition que cela soit bien réalisé en intéressant et en ciblant bien l’internaute.

Vincent Biard – Comment se présente la solution Kiliba ?

Amaury de Larauze – C’est un logiciel que nous proposons pour Prestashop qui détient un site e-commerce sur trois en France et nous le proposerons bientôt sur Magento et Shopify. Le moteur de Kiliba est opérationnel depuis le mois de mai, nous avons réalisé ensuite trois mois de beta tests puis lancé la commercialisation en septembre. Nous avons aujourd’hui plus de  200 utilisateurs et clients dont la marque de collants et lingerie Well. Pour un client qui a moins de 10 000 adresses en base c’est 49 € par mois et cela monte à 349€ pour 100 000 adresses. C’est une solution qui prend même en charge la création des e-mails.

Vincent Biard – Vous communiquez sur un objectif de 100 % de taux d’ouverture. Comment serait-ce possible ?

Amaury de Larauze – En France, les moyennes d’ouverture sont relativement stables avec 15-20% et des taux de clics de 1 à 3%. Avec Kiliba, nous triplons déjà cette ouverture avec des taux moyens de 58%. Pour atteindre notre objectif de 100%, nous comptons développer nos algorithmes. Nous ne travaillons que des e-mailings marketing de fidélisation et non pas d’acquisition. Il faut que l’annonceur possède les adresses e-mail pour utiliser notre solution. L’enjeu est de déterminer l’agrégation optimale des datas pour cibler les bonnes personnes. Derrière cette intelligence artificielle, ce n’est que des mathématiques et des statistiques. Notre intelligence artificielle s’appuie sur des données analytiques recueillies dans le back-office du client et que nous affinons avec des données comportementales. Par exemple, si un internaute abandonne un panier ou visite un site internet sans acheter, il recevra un e-mail avec des produits mis en avant correspondant à ce qu’il a vu ou à ce que des internautes au profil similaire auront vus ou achetés.

Vincent Biard – Et pourquoi communiquer aussi sur la  dimension écologique de votre solution ?

Amaury de Larauze – Depuis environ deux ans, le sujet de la pollution numérique interpelle de plus en plus. Il fût un  temps où l’on conseillait même d’envoyer des mails plutôt que du papier. Mais avec 300 milliards d’e-mails envoyés par jour représentant l’équivalent de l’émission de trois millions de tonnes de CO2 au quotidien, nous nous sommes dit qu’il y a avait un enjeu écologique. Diminuer le volume d’e-mails envoyés est un élément pris en compte dans le développement de nos algorithmes.

Vincent Biard – Kiliba est une startup récente, où en êtes-vous maintenant ?

Amaury de Larauze – Aujourd’hui nous sommes une équipe d’une dizaine de collaborateurs. Nous resterons encore une startup tant que nous ne serons pas rentables et nous développons tous les jours Kiliba. Quand j’ai commencé à travailler dans l’e-mailing en 2010, c’était alors le canal standard pour communiquer mais maintenant il y a aussi les réseaux sociaux, le display et bien sûr toujours la communication publicitaire, télévisuelle et radiophonique. Pas simple pour un marketeur d’être compétent dans tous ces domaines d’autant qu’il y a de plus en plus de datas à gérer.

Site web : https://kiliba.com/

C’est finalement Microsoft qui remporte le méga appel d’offres du Pentagone de 10 milliards de dollars pour moderniser les infrastructures informatiques militaires américaines en s’appuyant sur son offre cloud Azure. Pourtant finaliste favori, Amazon perd cette bataille mais pas la guerre mondiale du cloud avec 40% de parts de marché.

Lancé en juillet 2018, l’appel d’offre du JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure) vise à moderniser les systèmes informatiques du Département américain de la Défense datant des années 1980 et 1990. D’un montant de dix milliards de dollars sur une période de dix ans, ce fabuleux contrat opposait Microsoft et sa filiale Azure à Amazon et sa filiale Amazon Web Services (AWS) après que Google se soit retiré de la course en octobre 2018 au motif que le contrat pourrait contrevenir à ses règles en matière d’usage de l’intelligence artificielle ainsi qu’à ses valeurs.

Alors qu’Amazon semblait favori arguant d’un contrat équivalent avec la CIA en 2013 et de sa certification au plus haut niveau d’habilitation de sécurité existant, c’est finalement Microsoft qui a remporté le marché le 25 octobre dernier. A noter qu’IBM, Oracle et Rean Cloud (Hitachi Vantara) avaient également répondu à l’appel d’offres. Quelques belles polémiques ont rythmé l’affaire avec l’hostilité affichée de Donald Trump à l’égard de Jeff Bezos patron d’AWS mais aussi du quotidien Wahington Post pas vraiment complaisant avec le président américain et avec aussi une action en justice d’Oracle contre l’idée d’attribuer le contrat à un seul fournisseur, plainte finalement rejetée par le Justice américaine.

Pour Microsoft qui s’appuiera sur son offre cloud Azure pour déployer des solutions d’infrastructure en tant que service (IaaS) et plateforme en tant que service (PaaS), l’obtention de ce contrat est d’autant plus providentielle qu’elle s’accompagne de la perspective d’être le partenaire privilégié du Gouvernement américain pour 40 milliards de dollars de contrats à venir dans les prochaines années. De son coté Amazon a déposé une plainte (sous scellé auprès de l’United States Court of Federal Claims) alléguant d’un « parti pris incontestable » de la part du Gouvernement lors de l’attribution d’un contrat.

Amazon Web Services leader mondial du cloud

Selon le cabinet Synergy Research qui a concentré son analyse sur les marchés IaaS et PaaS, les quatre leaders du cloud public -Amazon, Microsoft, Google, Alibaba- se partagent 72% du marché mondial au troisième trimestre 2019 contre 57% au début de 2016.  Au troisième trimestre 2019, les dépenses totales mondiales sur IaaS et PaaS public ont atteint 20 milliards de dollars, soit plus de 80% du total des services d’infrastructure cloud.

Avec une croissance moyenne de 40% par an, Amazon Web Services est le leader incontestable avec 40% de parts de marché suivi de Microsoft Azure (19%), Google Cloud (9%), Alibaba Cloud (5%), Salesforce (4%), IBM (3%) et Oracle (2%). A noter que Microsoft est son concurrent ayant le plus progressé passant de 9% début 2016 à 19% aujourd’hui. Les acteurs européens se partagent environ 2% du marché mondial.

En photo : Satya Nadella CEO de Microsoft et Jeff Bezos CEO d’Amazon ©DR