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Jeux Olympiques à Paris en 2024, Coupe du Monde de Rugby en France en 2023 mais aussi l’accélération de l’innovation dans le sport avec de nouveaux usages dans le  domaine de la santé et des données tendent à structurer un secteur qui séduit un nombre croissant d’investisseurs. C’est dans ce cadre que la Caisse d’Epargne et Seventure Partners on annoncé  trois investissements dans le cadre d’un fonds d’investissement français dédié à l’économie du sport nommé  Sport & Performance Capital.

Le fonds  Sport & Performance Capital lancé par la Caisse d’Epargne et Seventure est présenté comme un fonds d’environ 80 M€ destiné à financer des startups et des PME évoluant dans le domaine du sport et du mieux-vivre.  Ce fonds n’est pas un fonds d’amorçage. Dans son communiqué de presse la Caisse d’Epargne et Seventure précise que ce fonds d’investissement dédié au sport permettra de sélectionner une quinzaine d’entreprises de l’économie du sport afin de les soutenir, de les financer et de les accompagner dans leur développement jusqu’en 2029. Pour rappel, avec 750 M€ sous gestion, Seventure Partners est l’un des principaux acteurs européens du capital innovation et fait partie du Groupe BPCE

Pour l’instant ce fonds a déjà investi dans trois jeunes entreprises. La première se situe dans l’e-commerce et se nomme Hardloop. Cette jeune entreprise aide les débutants ou les athlètes de haut-niveau à trouver le meilleur matériel pour leurs aventures sportives d’extérieur (ski, escalade ou encore randonnée). La seconde est MOVE’N SEE qui se positionne sur le marché de la vidéo. La jeune entreprise a créé PIXIO un robot caméraman destiné à se filmer pendant des heures soi-même sans l’apport d’un cadreur. Les sportifs sont bien sûr la cible principale de la société mais ce robot-caméra est également très utile pour d’autres usages comme pour des conférences, des répétitions de spectacles, des tournages ou encore des spectacles de danse.

Le troisième investissement de ce fonds se situe dans la donné sportive avec SkillCorner : cette jeune entreprise parisienne développe des algorithmes d’intelligence artificielle appliqués aux sports collectifs professionnels. A partir d’une simple vidéo de matchs, les algorithmes identifient chaque joueur, chaque fait de jeu, chaque tactique pour offrir des analyses et des visualisations. Cette jeune entreprise tente de combiner deux services digitaux : l’accès à des données live de matchs et des visualisations innovantes. A noter qu’AWS (Amazon Web Services)  vient d’annoncer un partenariat avec la Bundesligua, la ligue de football allemande, qui va dans le même sens.

 

Sur le marché trés concurrentiel de la donnée et de la Dataviz, ISAI Cap Venture -le fonds de Corporate Venture de Cap Gemini et d’ISAI- vient d’annoncer une prise de participation minoritaire dans la jeune société Toucan Toco.

Toucan Toco développe des solutions de reporting de données et de dataviz. La société revendique près de 5 000 clients pour sa solution en mode SaaS. La jeune entreprise française est positionnée sur la mise à disposition des données pour les différentes organisations métiers des entreprises. Elle est positionnée sur un créneau de marché stratégique dans le domaine de la Business Intelligence comme en témoigne le rachat récent par Salesforce de Tableau Software.

Capgemini estime que le le marché mondial de la Business Intelligence devrait avoisiner les 150 milliards de dollars d’ici 2025 et que les données vont être amenées à jouer un rôle central dans les décisions stratégiques des différents métiers. Dans ce contexte, les grands projets de transformation lancés par les responsables métiers reposeront avant tout sur une meilleure compréhension des opérations et des indicateurs associés estime Capgemini. Pour se positionner sur ce marché Toucan Toco a imaginé une approche marketing par le data story telling. Un concept qui devrait permettre aux métiers d’accéder plus facilement davantage de données. Dans ce domaine les innovations reposent notamment sur l’intelligence artificielle et demandent des investissements technologiques importants que semble prêt à accompagner Capgemini.

En comptant la prise de participation minoritaire d’ISAI Cap Venture, la levée de fonds de Toucan Toco mené par Balderton Capital  a permis à la startup de lever 12 millions d’euros. Capgemini et ISAI concrétisent ainsi un premier investissement commun à travers leur fonds corporate lancé il y a seulement quelques mois. “L’objectif étant d’allier un spécialiste du capital-risque à un partenaire susceptible d’être un accélérateur de croissance pour la start-up”, explique Lucia Sinapi-Thomas, directeur général de Capgemini Ventures dans le communiqué de presse publié pour l’occasion.

A l’occasion de la conférence Forrester Tendances 2020 qui s’est déroulée mardi 4 février au cercle d’Aumale à Paris, la société d’études Forrester et Adobe ont partagé leur vision actuelle en matière d’expérience client. Au delà du débat sur les outils nécessaire à la production de la donnée, il semble bien que les enjeux à venir des CMO soient  de plus en plus liés à la bonne évaluation des expériences de leurs clients.

En ouverture de cette conférence, c’est Thomas Husson, VP Principal Analyst de Forrester qui a pris la parole pour introduire cette journée. Il a notamment développé trois thèmes. Le premier, sans surprise, a été celui de l’accélération du rythme de l’innovation dans le marketing avec notamment la montée en puissance des objets connectés et de la connectivité généralisée. Il a ensuite insisté, face à l’audience des CMO et experts présents, sur la nécessité de mieux accompagner “la technologisation” de ces fonctions. “Si 22 % du budget des CMO, selon nos études, est consacré au déploiement d’outils, on note deux priorités régulièrement citées par les directeurs marketings que nous interrogeons  : l’organisation et le recrutement ” a-t-il souligné dans sa présentation d’ouverture.

Un thème repris par France Heringer, directrice qualité expérience et vente d’Orange, au cours de l’une des tables ronde de la matinée. Pour France Heringer : ” le plus difficile aujourd’hui dans l’expérience client c’est de travailler sur la culture des équipes tout en ignorant pas le ROI nécessaire”. Thomas Husson soulignait d’ailleurs la pression  de la performance de plus en plus importante  qui était exercée sur cette fonction avec des obligations de performance sur tous les canaux du digital. Enfin, Thomas Husson soulignait les évolutions en cours avec la nécessité pour  les CMO de ne pas rater le virage de l’expérience client. Une expérience client qui doit se décliner, selon Forrester,  autour de la maîtrise des 3 E  : l’Effectiveness (l’efficacité), l’Ease (la facilité) et l’Emotion (l’émotion ou sensibilité).

 

Luc Damman, Directeur Général Adobe Europe de l’Ouest : les clients achètent des expériences pas des produits

Cette conférence a donné également l’occasion à Adobe de revenir sur sa vision du marché. Luc Damman, son Directeur Général pour l’Europe de l’Ouest a rappelé les différentes étapes de l’engagement d’Adobe sur la technologisation de la fonction du directeur marketing. Tout d’abord à travers le rachat il y a 10 ans de Omnitur dans le domaine du web analytique puis celui de la société française Néolane dans l’emailing et surtout le plus important et récent celui de Marketo dans le marketing automation. Aujourd’hui l’ensemble des offres et services sont rassemblés dans l’Adobe Experience Cloud avec l’objectif d’optimiser le management de l’expérience client.

“Notre vision est que les clients achètent des expériences pas des produits” souligne Luc Damman. “Nos clients travaillent de plus en plus sur cet aspect. C’est le cas notamment de Prada, l’un de nos grands clients qui a investi fortement avec nous pour maitriser à la fois les données, leur interprétation intelligente et la créativité nécessaire au succès de toute campagne marketing” a-t-il conclu dans son intervention.

Un point également souligné par la représentante d’Orange, France Heringer, dans une table ronde,  qui a donné pour sa société les grands axes de développement de sa customer expérience  à l’horizon 2025 : la conversation avec les clients par les chatbots, la maîtrise de l’IA et de l’humain ainsi que les enjeux RSE dont le marketing durable et l’inclusion numérique. Un cocktail qui nous semble faire part égale aux enjeux de culture et de technologisation liée à la montée en puissance du digital.

La startup Episto créée par Jérémy Lefebvre et Alexis Watine développe une technologie permettant de réaliser des sondages et des études grâce aux réseaux sociaux et aux messageries instantanées. Créée fin 2018, Episto travaille déjà avec des grandes sociétés du monde du sondage et des études ainsi qu’avec des marques en direct.

Vincent Biard – Que proposez-vous à vos clients ?

Jérémy Lefebvre – Avec Episto, nous éditons une solution qui permet aux directeurs marketing de réaliser des études auprès de leurs clients et de leurs prospects de manière agile via les réseaux sociaux et les messageries instantanées. La finalité : leur permettre d’avoir accès à des avis et des opinions authentiques des gens qui les intéressent pour prendre les bonnes décisions marketing. Notre grande force est que nous leur permettons de trouver des cibles parfois rares en utilisant les critères de ciblage des réseaux sociaux. Nous leur permettons aussi d’interroger leur cible dans un format engageant directement via leur messagerie Facebook Messenger ou WhatsApp. Ce mode d’interrogation est en plus très riche car il permet de collecter des « insights » aux formats texte, photo, vidéo et voix.

Vincent Biard – Et concrètement comment cela fonctionne-t-il ?

Jérémy Lefebvre – Nos clients viennent vers nous avec un sujet et une cible qu’ils souhaitent interroger. Nous paramétrons notre solution pour recruter des répondants souhaitant participer à l’enquête de nos clients via les trois réseaux sociaux Facebook, Instagram et Snapchat. L’avantage que nous avons avec cette méthodologie est que nous identifions des cibles réputées difficiles à trouver via les panels notamment les jeunes, les « gamers », les mamans, certaines cibles B2B, les habitants d’une zone de chalandise donnée, etc. Une fois recrutés, grâce à une technologie de chatbot que nous avons développée, nous les interrogeons dans un format de conversation rapide et ludique. Les participants répondent gratuitement à ces enquêtes car ils adorent l’expérience fournie par le chatbot. Nous recrutons des répondants à chaque nouvelle étude en fonction du besoin de nos clients. Nous recrutons des groupes de quelques centaines à quelques milliers de répondants en fonction de la cible.

Vincent Biard – Qui sont vos clients ?

Jérémy Lefebvre – Nous comptons des clients parmi les grands instituts d’études comme Kantar, Gfk, IFOP, OpinionWay, etc. Ils travaillent avec nous pour innover mais aussi car notre technologie leur permet de réaliser de nouveaux projets difficiles à réaliser autrement. Nous travaillons également en direct avec des directeurs marketing ou directeurs études de marques et sociétés BtoC comme PepsiCo, Webedia ou encore Eiffage lorsque l’on en a l’occasion. Dans un projet classique, nous accompagnons nos clients de l’écriture du questionnaire à l’exploitation des résultats de l’enquête. Nous les aidons à tirer un maximum de notre outil. En particulier, nous leur permettons parfois de continuer la conversation avec certains groupes de personnes ayant participé à leur sondage pour approfondir la compréhension d’un sujet en particulier.

Vincent Biard – Et que proposent vos concurrents ?

Jérémy Lefebvre – Nous avons des concurrents qui exploitent les réseaux sociaux pour trouver des gens à interroger mais notre offre se distingue car nous sommes les seuls à proposer du ciblage sur les réseaux sociaux couplé à un mode d’interrogation via le chatbot par messagerie instantanée.

Vincent Biard – Comment se finance la startup Episto ?

Jérémy Lefebvre – Aujourd’hui nous sommes auto-financés principalement par nos prestations. Nous investissons dans la société pour continuer à développer notre technologie pour ajouter de nouvelles sources pour le recrutement des répondants comme le réseau social Snapchat. Nous ajoutons également des nouveaux canaux pour interroger ces répondants comme le SMS ou encore Slack. La société a été créée fin 2018 par Alexis Watine et moi-même. Amis de longue date, nous avons des expériences professionnelles complémentaires. Lui a notamment travaillé dans la pub en ligne chez Criteo et moi principalement dans le conseil. En pleine phase de croissance, nous recrutons des profils en vente, marketing, opérations et développement informatique.

Demo (accessible depuis Messenger) : https://m.me/epistodemo

Amazon Web Services (AWS) a annoncé en janvier que la Bundesliga, la première ligue allemande de football, l’avait choisi pour héberger ses services pour les fans. La Bundesliga utilisera l’apprentissage automatique et les analyses AWS pour améliorer l’expérience des fans et fournir de nouvelles statistiques sur les jeux et les joueurs pendant la saison 2019-2020 et les suivantes.

Alors qu’AWS vient d’annoncer qu’il avait déposé un recours en justice pour suspendre temporairement le contrat  cloud du siècle attribué par le Pentagone à Microsoft (au détriment de la firme de Jeff Bezos), le leader mondial du cloud continue d’afficher ses références dans les services digitaux. Selon un communiqué de presse, AWS est devenu le fournisseur cloud officiel de la Bundesliga et proposera ses services pour faire du live une expérience plus riche pour les fans. La Bundesliga utilisera plusieurs services cloud : l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique (Machine Learning), les services d’analyses, de calculs, de bases de données et de stockages proposés par AWS. L’objectif est de fournir des statistiques en temps réel et des prédictions sur les résultats. Par ailleurs, cela permettra aussi de recommander des séquences de match personnalisées sur mobile, en ligne et en streaming.

Le cloud et des services web pour de nouveaux supports d’information

Dans son communiqué AWS précise que la première ligue nationale de football d’Allemagne pourra créer de nouveaux services en développant une plateforme de statistiques de nouvelle génération sur AWS (développée à partir de Amazon SageMaker), un service entièrement géré pour créer, former et déployer des modèles  de Machine Learning.

La Bundesliga prévoit aussi d’offrir  aux fans des prévisions en temps réel : le moment où un but est susceptible d’être marqué par exemple. Le fan pourra aussi, grâce aux informations statistiques, identifier les opportunités potentielles de buts par rencontre, avoir une vue statistique des mouvements dans un match à partir de données tirées de plus de 10 000 matchs de Bundesliga. Sur le plan des services vidéos, la Bundesliga prévoit également de tirer parti des services AWS Machine Learning tel qu’Amazon Personalize, un service de Machine Learning pour créer des recommandations personnalisées en temps réel afin d’offrir aux fans de football  des séquences de jeu personnalisées, des promotions marketing ou des résultats de recherche en fonction de leurs équipes, joueurs ou matchs préférés.

Au niveau de la valorisation de la vidéo, AWS précise dans son communiqué que la Bundesliga va utiliser un autre service de Machine Learning : Amazon Rekognition, son service de reconnaissance faciale. La Bundesliga va l’utiliser pour construire une base d’archives de plus de 150 000 heures de vidéo avec des métadonnées sur le jeu ou les joueurs afin de proposer -via un moteur de recherches- de nouveaux services vidéos.

 

Pour certains c’est du code informatique intelligent, pour d’autres un algorithme qui apprend de ses erreurs et pour d’autres encore c’est la technologie va révolutionner le secteur du digital et de la tech. Mais pour tous, c’est un marché avec un avenir prometteur. Selon Tractica, le marché de l’intelligence artificielle sera multiplié par 10 à horizon 2025. Un rapport et des prévisions complètes sont disponibles dans la dernière étude du cabinet d’études américain.

Afin d’y voir plus clair sur ce marché la société Tractica a choisi en premier lieu de bien segmenter le marché de l’intelligence artificielle. Première chose intéressante : 330 cas d’usages de l’intelligence artificielle sont référencés dans cette étude. Cela permet aux auteurs de ce rapport d’affirmer que l’intelligence artificielle est désormais sortie de ses secteurs traditionnels (la recherche, la défense, le secteur public) et que cette technologie  est désormais présente dans un grand nombre d’industries comme les services à la consommation, les télécoms ou encore certains services grands publics. Afin d”avoir une vue à 360 degrés des investissements en intelligence artificielle des entreprises, notamment celles appartenant au classement des Fortune 500, Tractica a construit une taxonomie de plus de 330 cas d’utilisations de l’IA dans 28 secteurs industriels.

Un marché qui dépassera 126 milliards de dollars en 2025

En plus de cette segmentation en 28 secteurs, Tractica a analysé dans ce rapport les trois grands cas d’utilisations de l’intelligence artificielle en matière  d’analyse de données sur des volumes importants  : l’analytique, la vision et le langage. C’est bien sûr dans le domaine de l’analytique et notamment des moteurs de recherche que les choses ont le plus avancées en matière d’apport de l’intelligence artificielle. La puissance et la capacité de traitement des données des moteurs de recherche et des algorithmes est de plus en plus importante grâce à l’apport de cette technologie dans le développement des algorithme.

Mais un décollage de ce marché ne sera possible, selon Tractica, que dans l’hypothèse ou l’IA permettra de trouver des solutions informatiques aux performances  comparables à celles du  cerveau humain. Selon Tractica, l’avenir de ce marché semble reposer sur la capacité de la technologie à reproduire au niveau informatique les apports de la vision et du langage chez les humains. Tractica confirme ainsi que l’avenir de l’IA repose sur les méthodes  de développement de Deep Learning qui sont en cours chez tous les grands acteurs de l’informatique.

 

 

Selon les chiffres de CB Insights, le montant total des investissements technologiques en France a baissé de plus de moitié au troisième trimestre 2019 par rapport au deuxième trimestre. Cet investissement s’est chiffré à 708 millions de dollars contre 1,5 milliards de dollars au deuxième trimestre de l’année 2019. Sur la même période, le nombre de financements a baissé de 20%.

Les chiffres de ce trimestre sont surprenants d’autant que la dynamique depuis le début de l’année était trés positive. Selon les chiffres de CB Insight, ce sont un peu plus de 3,4 Mds de dollars qui ont été investis dans des startups françaises depuis le début de l’année 2019. Des chiffres qui permettaient à la France de devancer l’Allemagne jusqu’à présent dans le financement de l’innovation mais qui restaient trés loins de ceux qui sont investis chaque trimestre en Grande Bretagne.

Selon les chiffres de CB Insights, 14,2 Mds de dollars ont en effet été investis dans les jeunes entreprises en Grande-Bretagne et 4,2 milliards de dollars en Allemagne sur les trois premiers trimestres 2019. De son coté, le JDN dans son baromètre mensuel des investissements startups indiquait que les jeunes pousses françaises avaient levé 254 M€ cet été et un peu plus de 500 M€ en septembre. Pour Octobre, le JDN indique que 440 M€ ont été investis dans des startups françaises.

Quelles pourraient être les craintes des investisseurs ?

Alors qu’Emmanuel Macron a réaffirmé cet été ses ambitions dans le financement des startups en promettant un montant de 5 milliards d’euros  d’ici 2025 pour créer 25 licornes françaises et en évoquant même la création d’un Nasdaq à la française, des opinions contradictoires circulent sur la dynamique future en matière d’investissement dans les startups.

Parmi celles-ci il y a bien sûr la crainte que les récents déboires d’Uber ou de WeWork en Bourse ne permettent pas aux société de capital-risque  de rentabiliser leurs investissements. L’industrie du capital-risque a besoin de la Bourse pour ses sorties et il est vrai que dans ce domaine l’appétit des investisseurs institutionnels  pour les valeurs technologiques et innovantes est de plus en plus  timide. Notamment pour des entreprises qui n’ont jamais été profitables avant leur entrée en bourse en dépit de forte croissance de leur chiffre d’affaires.

L’autre crainte vient de l’innovation même et de la dynamique des marchés. Ces dernières années ce sont les investissements dans l’Adtech, les médias et la publicité qui ont séduit les grands acteurs du capital-risque notamment aux Etats-Unis. Dans le secteur informatique, le Cloud a attiré également fortement les investisseurs. En revanche, les projets autour de l’intelligence artificielle ou de la simple transformation digitale semblent actuellement moins séduire. Par contre, le secteur de la Biotech semble créer une nouvelle dynamique tout comme le développement durable mais avec des perspectives de retour sur investissements assez longs qui peuvent freiner les investissements pour les mois qui viennent.

 

 

Créée il y a deux ans par des anciens de la télévision, Brut qui produit des vidéos virales pour la génération des 15-35 ans vient d’annoncer une levée de fonds de 40 millions de dollars. Un montant qui devrait servir à la monétisation d’une audience de plus de 33 millions d’internautes amateurs de vidéos sur Facebook et Instagram.

Brut propose des vidéos d’informations et de divertissements sur les réseaux sociaux. Brut est accessible sur huit plateformes sociales :  LinkedIn, Twitter (@brutofficiel), Facebook et Instagram (brutofficiel) et Brut Amérique sur Twitter (@brutamerica), Facebook et Instagram (@brutamerica; @brutindia; @brutnature; @brutmexico). Les dirigeants de Brut revendiquent  une production vidéo de qualité et engagée.

Dans son communiqué de presse Brut  insiste notamment sur son approche éditoriale . «Nous mobilisons le public le plus ambitieux – la génération Y –  et suscitons un dialogue social positif autour de questions clés. Notre ligne éditoriale aborde les sujets les plus importants pour eux: l’impact social, l’environnement, la responsabilisation face au pouvoir et l’autonomisation des femmes et des minorités » a précisé  Guillaume Lacroix, fondateur et PDG de Brut dans ce communiqué. Bref tout ce que ne font pas les médias traditionnels dont les audiences sont vieillissantes et qui peinent, en dépit de leur transformation digitale, à se réinventer sur internet.

De plus face aux fake news, Brut se positionne pour une information de qualité, ce qui devrait favoriser sa présence sur les réseaux sociaux comme Facebook  qui est justement à la recherche de ce type de contenus et ne souhaitent pas rémunérer  mieux les médias traditionnels pour leurs contenus comme en témoignent les réactions récentes sur le sujet des droits voisins de Google et Facebook.

Une plateforme média à engagement également

Parallèlement à ces choix éditoriaux visant à ne pas reproduire des cycles d’information sans fin qui répètent les mauvaises nouvelles, Brut mise sur le coté engagé de son audience et le fort impact de ses vidéos publicitaires  sans pour autant préciser les moyens mis en oeuvre pour mesurer cet aspect. Au niveau de la levée de fonds, Brut a annoncé avoir collecté environ 40 millions de dollars de fonds levés par Red River West. Parmi les autres investisseurs figurent Aryeh Bourkoff, fondateur et PDG de LionTree LLC, et Eric Zinterhofer, associé fondateur de Searchlight Capital Partners.

 

 

 

Fondée en 2009 par Jean-Noël Rivasseau, qui occupe le poste de CTO, et actuellement présidée par Jean-René Boidron, Kameleoon s’est trés tôt positionnée sur le marché de la métrique web avec une solution d’A/B testing qui a évolué progressivement vers une plateforme globale de personnalisation. Kameleoon vient de lever 5 M€ pour se renforcer technologiquement sur le marché de la mesure sur le marché des sites de e-Commerce.

C’est bien la croissance actuelle du e-commerce qui tire la demande en solutions de mesure et de performance web. Selon les chiffres de la FEVAD,  le nombre de sites d’e-commerces a augmenté de 24 000 pour atteindre 180 000  en 2018  et sur le 1er trimestre 2019 les ventes en e-commerce ont progressé de plus de  11 % avec une forte progression des usages sur mobile qui demande une adaptation permanente des sites e-commerce. La barre des 100 milliards de chiffre d’affaires devrait être atteinte en 2019 estime la Fédération du e-commerce et de la vente  à distance (Fevad). Avec en corollaire une explosion des interactions. En 2018,  les transactions en ligne avait, toujours selon la Fevad, progressé de 20 % pour atteindre plus de 1,2 milliards de transactions.

Kameleoon a démarré son activité en se spécialisant  en A/B testing classique et en optimisation de sites avec un certain succès puisqu’elle revendique une base de clients de plus de 500 grandes entreprises de tous secteurs d’activité comme Cdiscount, FNAC/Darty, OUI.sncf, le groupe BPCE, Auchan, Lidl, Michelin, ou encore Renault, Toyota, le groupe Axel Springer.

Pour faire face à la technologisation croissante du marché, notamment avec la montée en puissance des solutions à base d’Intelligence Artificielle, les fondateurs ont décidé de rester dans la course technologique avec une levée de fonds de 5 millions d’euros. Sur leur blog les deux dirigeants indiquent  notamment que si ce virage coute cher sur le plan des investissements informatiques il se révèle  inéluctable notamment pour résister à la pression des grands éditeurs de logiciels  qui sont aussi positionnés sur ce créneau comme Adobe, Salesforce ou IBM. Face à ces grands acteurs l’avenir de start-up comme Kameleoon passe par le service et une stratégie à valeur ajoutée au delà des métriques informatiques.

Pour cela l’équipe de dirigeante Kameleoon mise sur l’Intelligence Artificielle qui permet de construire des solutions sur mesure permettant d’améliorer l’analyse des conversions, les comportements des visiteurs des sites et leurs besoins une fois en ligne et en temps réel. L’objectif étant de fournir en retour une réponse personnalisée et individualiser ainsi la relation grâce à une forte automatisation. Tout comme AB Tasty qui a levé 17 M de dollars il y a un an, l’enjeu pour Kameleoon sera de fidéliser des clients dont les besoins technologiques sont croissants et qui pourraient se tourner dans ce cadre vers des grands éditeurs. L’Intelligence Artificielle qui reste un marché de développement de solutions individuelles pas encore standardisées laisse une fenêtre ouverte aux jeunes startups qui sont positionnées sur ce marché.

Fondatrice de l’agence Adéquation Market Research, ancienne directrice générale de CSA et ex-responsable France d’ESOMAR, co-présidente du Club Etudes Marketing de l’ADETEM, Elisabeth Martine-Cosnefroy animera une conférence intitulée « De l’IA à l’IH : le métier de la connaissance client redéfini au sein des organisations » lors du Printemps des études. On parlera formation, métier, changement et digital.

Vincent Biard – Quelle va être la thématique de votre intervention au Printemps des études ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Je serais co animatrice de la conférence dite des associations qui porte sur les tendances fortes et à moyen terme du marché. L’une de ces tendances est la mutation du métier. Nous sentons bien que nous ne pouvons plus le faire de la même façon. Nous assistons à une explosion du nombre d’intervenants multi spécialistes alors que nous connaissions un secteur partagé entre grands cabinets généralistes avec quelques spécialités sectorielles. Dorénavant nous travaillons avec des spécialistes de la data, des neurosciences, des mesures passives digitalisées ou encore de l’ethnologie. Le marché a également intégré des startups amenant une utilisation intelligente du digital dans le milieu des études.

Vincent Biard – Qu’est ce qui change dans le métier des études ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Comme beaucoup de métiers, le notre est remis en question. Nous avons beaucoup travaillé au sein d’ESOMAR pour redéfinir ce qu’était le métier de directeur des études ou responsable des études en entreprise ou dans les instituts. Avec les associations, nous avions envie de travailler sur l’étape suivante parce que les entreprises et les agences ont intégré ces changements. Qu’attend-t-on dorénavant de la profession, des agences, des recruteurs et des formateurs ? Nous sommes tous en reconfiguration pour mieux répondre aux besoins du marché qui reste quand même la connaissance client diffusée largement, intelligemment et de façon très opérationnelle. L’objectif de la conférence est de montrer, avec tous les acteurs du métier, ce qui a changé et quels seront les besoins de demain.

Vincent Biard – Ces changements sont-ils directement issus de la révolution numérique ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Oui bien sûr et sans prétention nous l’avons vécu très en amont dans le métier des études. Au début des années 2000, nous avions senti que l’arrivée d’internet et de ses possibilités étaient assez énormes. Nous avions déjà été préparés avec le Minitel. Cela n’a l’air de rien mais nous avions compris que beaucoup de choses pouvaient se passer à distance puisque nous avions commencé à y réaliser des enquêtes mais nous en avions vu les limites. Quand nous avons vu arriver le web, nous avons vite compris que 100% des Français allaient s’y connecter. Nous avons donc bénéficié d’un nouveau terrain d’études puisque nous réalisions jusqu’alors des études au téléphone ou en face-à-face.

Vincent Biard – Quelles préconisations feriez-vous aux professionnels des études ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Nous devons garder notre cadre déontologique et se recentrer car nous ne sommes plus des organismes de collecte de données ce qui je pense avait été une dérive des années 90 où nous avions beaucoup industrialisé ce métier avec des outils systématiques. Nous nous retrouvons quasiment en 2020 avec des gens formés à des outils trop formatés et qui ne sont pas assez dans l’adaptation que demande le monde actuel. C’est donc un recadrage par rapport au digital qui donne l’impression que ce métier est accessible à tous. Il suffit d’aller sur Google survey et de lancer une étude mais il y juste quelque chose que l’on oublie dans ce cas : c’est qui on interroge.

Vincent Biard – Le digital aurait-il trop simplifié le métier ?

Elisabeth Martine-Cosnefroy – Notre métier a été relativement vulgarisé mais c’est aussi une chance car il avait dérivé vers un métier de collecte. Or quand vous disposez de têtes bien faites avec des bacs + 5, ce n’est pas pour faire de la collecte, c’est pour faire de l’analyse. Nous sommes donc ramenés à un travail en en amont de la collecte, de réflexion et de méthode et en aval de la collecte, d’analyse et d’interprétation. Notre métier est plus que jamais celui du data analyst. Et cela demande un certain niveau d’expertise d’où un besoin au niveau de la formation mais aussi du recrutement  puis ensuite  l’organisation du travail de nos équipes actuelles et futures dans les instituts et au sein des entreprises. Nous avons besoin, avec l’aide d’organismes de formation et des académiques, de diffuser les savoir-faire au plus grand nombre avant que les séniors sortent de ce marché sans nous avoir préalablement communiqué un certain nombre de principes de base et d’expériences pratiques de ce qu’est l’accompagnement à l’interprétation et l’utilisation intelligente de la data, en particulier pour piloter l’IA.

Sites web :
https://www.adequation-mr.fr/
http://www.printemps-etudes.com/