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Devant 6 000 développeurs réunis à Seattle du 6 au 8 mai pour la Build Developer conference, Microsoft a présenté un nouveau langage de modélisation « IoT Plug and Play » conçu pour simplifier et standardiser la connectivité des objets et proposer ainsi un écosystème IoT aux entreprises.

En avril 2018, Microsoft avait annoncé un investissement de 5 milliards de dollars dans l’Internet des objets (IoT) pour les quatre prochaines années. « Chaque client, quels que soient sa taille, son expertise technique, son budget et son secteur d’activité, pourra créer des solutions connectées »  déclarait alors Julia White, Corporate Vice President pour Azure chez Microsoft.

« Aujourd’hui, nous annonçons que les développeurs de cloud peuvent trouver des dispositifs  opérationnels Plug and Play IoT dans notre catalogue Azure IoT. Les développeurs peuvent connecter des dispositifs au cloud sans écrire une seule ligne de code » annonçait Julia White dans un post de blog publié quelques jours avant la Build Developer conference.

Sans une ligne de code

Ce nouveau langage de modélisation dévoilé par Microsoft propose de connecter des capteurs au cloud sans écriture de code et supprime la conception de logiciels spécifique à chaque objet connecté. Avec IoT Plug and Play compatible avec Azure Sphere, Windows IoT, Linux, Android et d’autres RTOS, Microsoft entend simplifier le casse-tête de l’hétérogénéité des objets connectés.

« Avec IoT Plug and Play , Microsoft simplifie l’IoT pour accélérer son adoption par les entreprises qui pourront créer des prototypes puis passer à des déploiements à grande échelle beaucoup plus rapidement » déclarait également Julia White dans ce post du 02 mai. Microsoft vise ainsi le marché des entreprises développant un projet IoT en leur proposant une solution standard et un écosystème de partenaires certifiés capables de se connecter rapidement.

En photo : Julia White, Corporate Vice President pour Azure chez Microsoft.  ©Microsoft

Lors de la présentation de ses résultats 2018, la société toulousaine pionnière de l’IoT en France a dévoilé sa stratégie « 1B23 » soit connecter 1 milliard d’objets à son réseau 0G d’ici la fin 2023.

Créée en 2010 à Toulouse par les ingénieurs Ludovic Le Moan (en photo ci-dessus) et Christophe Fourtet, la société Sigfox est l’initiatrice du réseau « 0G » présenté comme « le plus grand réseau IoT au monde conçu pour connecter des appareils simples, à basse consommation et à faible coût à l’internet ». La technologie unique de Sigfox et son réseau permettent à des objets de se communiquer de très petits messages utilisés par exemple pour le suivi des expéditions de conteneurs, la surveillance de bornes d’incendie ou bien encore la sécurisation de bâtiments.

Plus de 500 millions d’euros ont été investis par Sigfox et ses partenaires (Telefonica, SK Telecom et NTT DOCOMO Ventures, Samsung, Intel Capital, Air Liquide, Total, Salesforce) pour le développement international d’un réseau IoT aujourd’hui déployé dans 21 pays et régions avec 39 pays et régions en cours de déploiement. En 2019,  Sigfox ambitionne de s’implanter dans trois pays stratégiques – Russie, Inde, Chine – et de lancer son premier satellite en partenariat avec Eutelsat.

Fin février, l’entreprise qui emploie 450 salariés annonçait un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros en 2018 soit une hausse de 20 % sur un an mais une perte nette de 136 000 euros. Les revenus liés à la connectivité ont augmenté de 100 % en 2018 et 6,2 millions d’objets (dont 2,8 millions d’alarmes Securitas) sont désormais connectés au réseau Sigfox.

Pour réaliser son ambition de connecter 1 milliard d’objets à son réseau 0G d’ici la fin 2023, Sigfox va donc espérer que les prévisions de connections de milliards d’objets à Internet à travers le monde se concrétisent à travers son réseau international. En attendant cet avenir radieux, des partenariats prometteurs ont été conclus en 2018 avec les groupes industriels  PSA/IBM, Michelin, Total, Dachser, Getrak, NEC et Netstar. La société compte également sur les 1 200 startups et 200 universités qui développent des projets IoT basés sur son réseau pour créer de nouveaux usages.

Site web : https://www.sigfox.com

Le fonds d’investissements Vision Fund du groupe japonais SoftBank a versé 940 millions de dollars à la start-up américaine Nuro pour développer des véhicules autonomes de livraison. Pourquoi ? Parce que le dernier kilomètre est toujours le plus couteux de la chaine de livraison mais représente un marché prodigieux en raison notamment de la croissance de l‘e-commerce. 

C’est le 18 décembre 2018 que la start-up Nuro a annoncé que son véhicule autonome R1 (en photo ci-dessus) allait désormais tester des livraisons à domicile dans la ville de Scottsdale en Arizona. Plus petit qu’une voiture, sans poste de conduite, le R1 est néanmoins contrôlable à distance par un opérateur et livre les commandes effectuées en ligne chez un magasin d’alimentation de la chaîne Kroger.

Avec son projet, la start-up Nuro s’attaque au fameux marché du « dernier kilomètre ». Cette livraison de l’entrepôt au particulier qui a passé commande représenterait 20% du coût global de la chaîne de livraison et particulièrement  pour les biens de consommations dédiés au grand public (80% du volume de colis livrés aujourd’hui). Ce dernier kilomètre provoquerait en plus pollution et embouteillages dans les villes sans oublier l’insatisfaction des livraisons manquées. Bref, c’est un casse tête et les véhicules autonomes représentent une solution idéale et donc un marché d’avenir.

Créée en 2016 par Dave Ferguson et Jiajun Zhu, deux ingénieurs ayant travaillé sur le projet Google de voiture autonome, la start-up Nuro s’est lancée avec une levée de fonds de  92 millions de dollars investis par Greylock Partners et Gaorong Capital. Après des essais avec des Toyota Prius autonomes mais embarquant un opérateur, Nuro a donc récemment  lancé son véhicule R1 qui propose de vous livrer vos courses pour 5,95 dollars. Selon The Wall Street Journal, la start-up est maintenant valorisée à 2,7 milliards de dollars.

En investissant 940 millions de dollars, soit plus de 833 millions d’euros, via son fonds d’investissements Vision Fund, le géant japonais des télécommunications et de la technologie SoftBank applique sa stratégie dans les véhicules autonomes.  Son fonds d’investissement de 100 milliards de dollars dédié à de nombreux secteurs technologiques finance déjà plusieurs sociétés innovantes  sur le marché des véhicules autonomes.

Le marché du dernier kilomètre intéresse de nombreux géants de la Tech et des GAFA avec notamment Amazon qui a très récemment participé au financement de la start-up américaine Aurora Innovation, elle aussi spécialiste des véhicules autonomes, pour un montant de 530 millions de dollars. Comme 43 % des consommateurs déclarent qu’après une mauvaise expérience de livraison, ils ne retourneront pas sur le site concerné au cours du mois suivant (source MetaPack), on comprend un peu plus les enjeux du marché de la livraison à domicile. Enfin, selon Les Echos, le marché du dernier kilomètre devrait atteindre 2,6 Md€ de chiffre d’affaires en France en 2025 contre 1,1 Md€ en 2016.

À l’occasion de la 6ème édition Show Hello d’Orange, Stéphane Richard, le PDG de l’opérateur français est revenu sur différentes innovations qui seront lancées en 2019. Au delà des annonces dans la 5G et la couverture du territoire, Orange compte miser l’année prochaine sur deux innovations : l’intelligence artificielle et l’internet des objets avec notamment un positionnement  important sur la maison connectée. Ces innovations devraient permettre à Orange de proposer de nouveaux services et d’augmenter (ou stabiliser) ainsi sa facturation mensuelle auprès de ses abonnés.

Orange ne pouvant pas être absent de l’innovation autour des assistants vocaux, l’opérateur français a annoncé sa propre solution d’assistant vocal. Développé avec Deutsche Telekom dans le cadre d’une alliance européenne sur l’Intelligence Artificielle, Djingo est le le smart speaker proposé par Orange pour commander à la voix.  Il a été présenté au cours du Show Hello comme l’interface privilégiée pour tous les services Orange

Djingo permettra de passer des appels, en mode main libre, d’interagir avec la Télé d’Orange et de piloter l’intégralité des services de « Maison Connectée » que l’opérateur va proposer à partir de mars 2019. A l’avenir, la gamme de services de Djingo s’enrichira de partenariats noués avec de grandes plateformes de services ou de e-commerce comme  OUI.Sncf, Deezer, Radio France ou Météo France. Et bien sûr Djingo sera aussi embarqué dans d’autres équipements d’Orange comme la télécommande du décodeur TV via une simple mise à jour logicielle.

Orange veut être un acteur important sur la maison connectée

Dans le cadre de cet événement, Orange a précisé également ses ambitions sur la maison et les objets connectés. L’opérateur français a annoncé qu’au printemps prochain en France, le service « Maison Connectée » qu’il va déployer permettra de connecter directement les objets connectés de la maison à la Livebox, de les piloter à distance, de contrôler leur usage et d’analyser leur consommation avec une seule et même application accessible depuis un smartphone.

Le service « Maison Connectée » sera compatible avec les équipements Orange et les produits de ses partenaires en matière d’IoT comme Philips Hue, Bosch ou encore Netatmo. Cette offre sera proposée sans abonnement complémentaire et accessible pour toute personne en possession d’une Livebox dernière génération et d’une offre haut débit. Le service sera déployé par une simple mise à jour du logiciel a précisé Orange.

L’opérateur français  lancera dans le même temps « Maison Protégée » une offre complémentaire de sécurité pour les foyers qui a été développée en partenariat avec l’assureur Groupama. Orange a indiqué que ce service permettra au foyer d’être relié à un centre de télésurveillance capable de déclencher une intervention et d’appeller les forces de l’ordre en cas de besoin. Ce service sera disponible sur abonnement.

Pour retrouver l’ensemble des innovations présentées lors du Show Hello 2018 :
www.orange.com

Le géant industriel français d’équipements électriques annonce l’acquisition de la pépite française spécialiste de la maison connectée. Legrand renforce ainsi sa présence dans l’internet des objets et consolide sa croissance avec cette nouvelle acquisition.

Le communiqué de presse du 15 novembre 2018 annonçant l’acquisition de « Netatmo, leader français des objets connectés pour la maison » par le groupe Legrand n’a pas été une immense surprise. Déjà actionnaire minoritaire depuis novembre 2015 (via une participation à une levée de fonds de 30 M€) de cette pépite du marché français de la smart-home, Legrand a démarré en janvier 2018 une collaboration avec Netatmo pour lancer son programme Eliot destiné à accélérer le développement de son offre connectée.

Affichant un chiffre d’affaires de plus de 5,5 milliards d’euros en 2017, le groupe français Legrand se présente comme le « spécialiste mondial des infrastructures électriques et numériques du bâtiment […] implanté dans près de 90 pays avec un effectif de plus de 37 000 collaborateurs ». De son côté, Netatmo réalise un chiffre d’affaires annuel de 45 millions d’euros et emploie 225 salariés  dont « 130 ingénieurs qui apporteront aux équipes de R&D de Legrand leurs compétences dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’intégration du logiciel au produit et de l’expérience utilisateur. »

L’acquisition de Netatmo -d’un montant non communiqué- confirme la stratégie de croissance externe du groupe Legrand. Quatre acquisitions importantes ont été réalisées depuis le début de l’année par Legrand avec les rachats des PME d’électronique que sont Modulan (All), Gemnet (Dubaï), Shenzhen Clever Electronic (Chine) et la française Debflex. Si l’entreprise dirigée par Benoît Coquard s’appuie sur ses acquisitions pour atteindre ses objectifs de croissance mondiale de 4% de ses ventes en 2018, le marché des objets connectés renforcera cette stratégie.

La collaboration entamée avec Netatmo s’est matérialisée avec les offres connectées du programme Eliot que sont notamment « Céliane with Netatmo », « Dooxie with Netatmo » et « Living Now with Netatmo », des solutions intelligentes pour contrôler sa maison grâce à la domotique. Dans un récent communiqué de presse, le groupe Legrand indiquait que cette « dynamique permettait de compenser partiellement l’essoufflement des ventes » de certaines fournitures.

En 2015, le groupe Legand a réalisé plus de 300 millions d’€ de chiffre d’affaires avec des objets connectés. Selon l’étude du cabinet IDC publié sur Digital CMO en juin 2018, le marché mondial de l’Internet des objets devrait connaître un formidable essor d’ici 2022 avec notamment le secteur du BTP qui pourrait connaître une croissance de 14,9%. Voila sans doute pourquoi le groupe Legrand rachète Netamo aujourd’hui.

En photo : Fred Potter, Fondateur et Président de Netatmo et Benoît Coquart, Directeur Général du Groupe Legrand. ©DR

A force de se focaliser sur l’expérience client, les commerçants ne finissent-ils pas par oublier qu’il existe une expérience vendeur ? C’est la question que soulève Nicolas Misiak, co-fondateur et patron du concepteur de robots Ublu.

Nicolas Misiak, co-fondateur et patron du concepteur de robots Ublu, l’affirme : « Les acteurs du retail sont focalisés sur l’expérience client, au point d’en oublier qu’il faut largement repenser l’expérience vendeur. » Selon lui, la place de l’humain dans la vente est menacée, mais elle n’est pas appelée à disparaître complètement : « On estime que l’on arrivera à une sorte de point d’équilibre, avec 30% des tâches pour les robots et 70% pour l’humain », précise Nicolas Misiak. Les quatre principaux types d’actions dans lesquels les robots peuvent accroître leur action sont l’accueil et le guidage des clients (« ce travail peut représenter jusqu’à 30% du temps d’un commerçant », estime Nicolas Misiak »), le conseil, la commande et le paiement, puis la livraison. Pour ces différents travaux, Nicolas Misiak affirme qu’il sera impossible d’atteindre un taux de robotisation de 100%. Pour défendre cette analyse (à priori surprenante lorsqu’elle est formulée par un concepteur de robots), il cite la théorie de la « vallée dérangeante », précisée dans les années 1970 par le roboticien japonais Masahiro Mori. Selon cette théorie, plus un robot a une forme humanoïde, plus l’attente est forte. « Cela se vérifie de plus en plus, d’année en année », explique Nicolas Misiak. Pour illustrer cette évolution, il cite le cas du premier robot « licencié » (en l’occurrence, le terme est impropre). Il s’agit d’un modèle Pepper, testé par un grand magasin écossais, à Edimbourg. Les nombreux bruits parasites émis dans une grande surface amenaient le robot à faire répéter aux clients leurs questions plusieurs fois, mécontentant ainsi nombre d’entre eux.

En ce qui concerne la facturation et les caisses automatiques, qui s’apparentent à des robots non humanoïdes, elles ne représentent encore que 3% des paiements dans les grandes surfaces, mais progressent très rapidement. Decathlon a fortement investi pour doter tous ses articles de puces RFID et de caisses automatiques capables de les lire. Si cette solution aurait permis à l’enseigne – en théorie – de se passer complètement d’humains aux caisses, ce n’est pas le choix retenu : un système mixte « humains+ caisses automatiques » reste en place. « Ce choix peut notamment être expliqué par la volonté de l’enseigne de conserver le meilleur moyen de mesurer la satisfaction immédiate du client, qui est l’analyse par un humain. Decathlon a également fait ce choix pour le conseil : plutôt que de remplacer les conseillers par des robots, il dote ses conseillers d’outils numériques toujours plus performants ».

Dernier point : la livraison. « il n’est pas réaliste d’imaginer que nous serons livrés par des nuées de drones », estime Nicolas Misiak. Le développement des livraisons réalisées par des robots « roulants » semble selon lui plus plausible, comme semble l’indiquer l’investissement de 16,5 millions d’euros de Daimler dans Starship.

Enfin, Nicolas Misiak prévoit un fort développement du commerce physique chez les géants du e-commerce, « ce qui les amènera à recruter, sinon des vendeurs, de nombreux conseillers ».

« Les robots ne vont pas prendre toute la place, mais ils seront de plus en plus présents : le coût d’un robot baisse de 26% par an en moyenne et la croissance du chiffre d’affaires de la filière reste supérieure à 10% par an », conclut Nicolas Misiak.

Pascal Boiron, Digital CMO

Selon le cabinet IDC, le marché mondial de l’Internet des objets devrait atteindre 1 000 milliards d’euros en 2022. Le médiatique marché des enceintes intelligentes ne représentera de son côté « que » 14,7 milliards d’euros.

Le marché de l’IoT est appelé à connaître une formidable croissance au cours des années qui viennent. Selon IDC, sa croissance annuelle moyenne sera de 13,6% jusqu’en 2022, ce qui signifie que le cap symbolique des 1 000 milliards d’euros (1 200 Mds$) sera passé cette année là.

Selon cette étude, les 5 secteurs les plus dynamiques d’ici 2022 seront le commerce de détail (19% de croissance en moyenne), l’assurance (17,5%), la santé (16,9%), l’administration (16,1%) et le BTP (14,9%). « Le marché de l’IoT est à un tournant, explique Carrie MacGillivray, vice-Présidente d’IDC. Les projets sont en train de passer de l’état de proof of concept à des déploiements commerciaux. » IDC note toutefois que la croissance la plus rapide sera celle du marché de la voiture connectée et autonome (+29% par an), avec la montée en puissance des communications « véhicule à véhicule (V2V) et « véhicule à infrastructure » (V2I).

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Dans ce contexte, le marché des enceintes intelligentes – s’il fait beaucoup parler de lui – ne pèsera pas beaucoup. Ainsi, même s’il devrait être multiplié par 4 en 5 ans, il ne devrait atteindre que 14,7 milliards d’euros en 2022, contre 3,7 Mds€ en 2017. En 2022, il ne devrait donc représenter que 1,4% du marché de l’Internet des objets.

 

La Rédaction, Digital CMO

L’assistant personnel d’Amazon, « Alexa », sera désormais dotée de 8 nouvelles voix (de femmes et d’hommes), gratuites pour les développeurs.

La guerre des enceintes connectées et des assistants personnels prend de l’ampleur. Les deux principaux rivaux à ce jour sont Google et Amazon. En l’occurrence, Amazon vient de lancer une nouvelle offensive en proposant « gratuitement » aux développeurs 8 nouvelles voix pour son assistant Alexa, embarqué dans son enceinte intelligente Echo (qui devrait être commercialisée en France dans les semaines qui viennent). Dans les faits, il s’agira aussi bien de vois féminines que masculines. Pour l’instant, elles ne seront disponibles qu’en anglais (version étasunienne).

Au-delà du timbre de la voix, Amazon propose désormais une version quasi « humaine » de la diction, ce qui inclue des soupirs, des chuchotements, des silences, différentes intonations, des « heu… », etc. Ces nouvelles voix sont disponibles via Polly, le service de synthèse vocale développé par Amazon Web Services (AWS).

Cette annonce peut également être perçue comme une réplique d’Amazon à son concurrent Google, qui a lancé début mai 6 nouvelles voix à Google Assitant et le service Google Duplex, qui permet notamment de réaliser des appels téléphoniques et, par exemple, de prendre des rendez-vous.

Voix et intelligence artificielle : le mariage adroit

D’autres grands noms du numérique entendent jouer un rôle sur le marché de « la voix » associée à « l’intelligence artificielle ». Microsoft vient ainsi de racheter Semantic Machines, une startup dédiée à ce marché, pour renforcer les capacités de sa solution Cortana. On peut également citer les assistants personnels d’Apple (Siri), de Samsung (Bixby) ou encore SoundHound, entreprise qui vient de lever 100 millions $ auprès de l’équivalent chinois de Facebook, Tencent, d’Orange, de Daimler, de Hyundai, de Midea Group (fabricant chinois d’électroménager).

Alors que les ventes d’enceintes intelligentes explosent aux Etats-Unis, elles restent balbutiantes en France. Selon un sondage du cabinet h2 (auprès de plus de 1 450 personnes), 6% des Français possèderaient une enceinte intelligente, mais 12% d’entre eux prévoient d’en acheter une dans les 12 mois à venir et 15% s’y intéressent. Analyse de Nicolas Hébert, associé et Directeur Innovation chez h2 : « L’évolution du mode d’interaction, déjà en cours chez une bonne partie de la population française, forcera les annonceurs à repenser leurs stratégies SEM/SEO (Search Engine Marketing/Optimisation) en favorisant des requêtes basées sur des intentions humaines. L’exemple phare est celui relayé par Ruhi Sarikaya, directeur d’Alexa Brain, au World Wide Web Conference à Lyon le mois dernier. Il pose la question “Alexa, comment puis-je retirer une tâche d’huile de ma chemise? ». Et Alexa répond : “Voici Tide Stain Remover.”».

Pascal Boiron, Digital CMO

Nokia vient d’annoncer la vente de sa division IoT dédiée à la e-santé et le rachat de SpaceTime Insight, spécialisé dans l’IoT pour l’industrie. Comment expliquer ce revirement ?

Pour le comprendre, il faut remonter à 2016 et à la décision de Nokia de développer rapidement une division IoT en rachetant la pépite française Withings, spécialisé dans la conception d’objets connectés pour la e-santé. L’industriel finlandais débourse alors 170 millions d’euros pour acquérir Withings, débaptise l’entreprise et crée la division « Digital Health ». Moins de deux ans plus tard, l’activité n’a pas décollé et Nokia annonce le 2 mai 2018 qu’il va revendre sa division « Digital Health » à celui qui avait fondé Withings en 2008, Eric Careel. Dans son communiqué du 2 mai, Nokia précise que l’opération sera finalisée fin juin 2018, mais ne précise pas le montant de la vente. Les observateurs notent simplement que le montant est inférieur aux 170 millions d’euros investis en 2016 et que Nokia va donc réaliser une « moins-value ».

Nokia ne se désintéresse toutefois pas de l’IoT et des objets connectés. Le 7 mai 2018 – soit seulement 5 jours plus tard – Nokia publie un nouveau communiqué annonçant le rachat de l’entreprise américaine SpaceTime Insight, spécialisé dans l’analyse des objets connectés dans l’industrie, l’énergie, les transports, la logistique, les services publics. Créée en 2008, l’entreprise californienne associe objets connectés et intelligence artificielle pour concevoir des algorithmes qui permettent à ses clients de faire de l’analyse prédictive et d’anticiper les défaillances. Nokia passe ainsi du BtoC au BtoB et intgre des références telles que FedEx ou Union Pacific Railroad. Il faut noter que SpaceTime Insight ne devient pas la division « IoT » de Nokia mais vient renforcer la division « logiciels » du fabricant de téléphones, Nokia Software. Ce choix permet au Président de cette division, Bhaskar Gorti, d’expliquer : « l’intégration de SpaceTime Insight dans Nokia Software constitue une avancée importante dans notre stratégie et nous aidera à proposer une nouvelle gamme de solutions numériques, répondant aux exigences d’un monde de plus en plus interconnecté. » De fait, ce rachat donne une nouvelle dimension à la division « Nokia Software », qui ne représentait en 2017 que 7% du chiffre d’affaires du groupe (23 milliards de dollars).

La Rédaction, Digital CMO

Microsoft a annoncé début avril 2018 qu’il allait investir 5 milliards de dollars dans ses solutions d’IoT au cours des quatre prochaines années.

L’annonce a été faite par la vice-Présidente de Microsoft, Julia White : le géant de Redmond va investir 5 milliards de dollars (un peu plus de 4 milliards d’euros) dans ses solutions pour l’Internet des objets (IoT). A titre de comparaison, c’est quatre fois plus que l’investissement direct de l’Etat français dans l’intelligence artificielle d’ici 2022 (somme à laquelle doivent s’ajouter 500 millions d’euro collectés auprès des entreprises privées, voir notre article).

Pourquoi Microsoft fait-il cette annonce maintenant ? Tout d’abord pour affirmer qu’il l’un des pionniers sur secteur. “Nous nous sommes investis dans l’IoT avant même que le terme n’ait été inventé”, rappelle Julia White dans son message. Par ailleurs, c’est le moyen pour l’entreprise de montrer qu’elle a de bons résultats financiers (près de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour un résultat net supérieur à 21 milliards d’euros) et peut donc “facilement” mobiliser 4 milliards d’euros au cours des quatre prochaines années pour l’IoT. De plus, c’est une manière d’affirmer que l’entreprise fonde bien son développement sur de nouveaux leviers de croissance.

Microsoft au service de la réduction des coûts

Dans son message, Julia White cite des prévisions du cabinet A.T. Kearney sur les conséquences bénéfiques de l’IoT sur l’activité des entreprises. En se fondant sur ces prévisions, elle indique que l’IoT va permettre aux entreprises de réaliser des réductions de coûts de 177 milliards de dollars et des gains de productivité de près de 2 000 milliards d’ici 2020. “Cette évolution va concerner l’ensemble des secteurs d’activité, depuis les maisons connectées et les voitures autonomes jusqu’aux villes intelligentes et à tous les systèmes qui utilisent des consommables…”, précise Julia White.

Microsoft cite les noms de plusieurs références qui utilisent sa plateforme d’IoT, comme  Steelcase, Kohler, Chevron, United Technologies, Johnson Controls, Schneider Electric ou le ministère des transports de l’Alaska.  

La Rédaction, Digital CMO