A l’occasion demain de la 3ème édition de Tech for Climate dont DigitalCMO.fr est un des partenaires médias nous donnerons toute cette semaine la parole aux acteurs qui souhaitent faire du digital et de la tech un éco système durable au service de la transformation bas carbone des sociétés. Pour Laurent Félix, Directeur Général d’Ekimetrics, un spécialiste en data science et IA, société membre de la Convention des Entreprises pour le Climat il est essentiel de faire la promotion de pratiques éthiques et frugales en matière d’IA auprès des décideurs.
DigitalCMO – Pourquoi est-il important pour un acteur de la data et de l’IA comme Ekimetrics de participer à Tech for Climate et de s’engager ?
Laurent Félix – Nous participons à Tech for Climate car l’esprit de cet événement est pleinement aligné avec la raison d’être de notre mission : faire de l’IA et de la data science un levier de transformation durable des organisations. Loin d’une posture techno-solutionniste, Ekimetrics est convaincu que la technologie et plus précisément l’IA sont ce levier puissant de transformation, à condition qu’elle soit utilisée à bon escient. Nous croyons au pouvoir de l’IA, c’est pourquoi il est essentiel pour Ekimetrics de s’engager sur la voie d’une IA durable : à la fois pour montrer la voie à une utilisation vertueuse de la technologie, mais aussi pour combattre ses externalités négatives. La consommation énergétique en est une évidemment, mais il ne faut pas oublier les biais qu’elle peut comporter et tous les risques liés à la manipulation de l’IA avec des visées néfastes pour la société.
DigitalCMO – L’IA est perçue comme une solution technologique énergivore : comment « l’IA for Good » peut-elle être une solution aux enjeux durables dans les entreprises ?
Laurent Félix – Le constat est clair : le potentiel de consommation énergétique lié à l’IA est globalement peu maîtrisé, d’autant plus qu’il est alimenté par les usages massifs de l’IA générative. On le constate déjà aux Etats-Unis, puisque le pays compte ralentir le rythme de fermeture de ses centrales à charbon, en raison du surplus de consommation énergétique lié au développement et à l’utilisation de l’IA. Pourtant, l’IA for Good peut représenter une solution aux enjeux durables des entreprises, si elle est mobilisée au service de 3 objectifs :
- Mesurer : c’est d’abord un outil de mesure qui permet de mieux estimer son impact environnemental, généralement complexe à calculer car reposant sur de multiples critères.
- Optimiser : c’est ensuite un outil d’optimisation des processus métiers, des opérations sur le terrain. Le fait d’optimiser ces processus réduit intrinsèquement la consommation énergétique d’une entreprise.
- Transformer : c’est enfin un levier de transformation qui doit permettre de répondre à une équation des plus complexes, à savoir réconcilier la performance business et la protection de la planète.
En ce qui concerne la technologie en elle-même, il est essentiel de faire la promotion de pratiques éthiques et frugales en matière d’IA auprès des décideurs. Une IA spécialisée capable de répondre à des cas d’usages métiers ciblés sera souvent une meilleure solution pour les entreprises qui souhaitent se lancer, plutôt que d’utiliser un grand modèle d’IA générative générique, habituellement bien plus énergivore.
DigitalCMO – Comment pensez-vous que les entreprises peuvent mieux gérer leur empreinte digitale tout en restant proches de leurs clients et consommateurs ? L’IA et la data sont-elles des solutions dans ce domaine ?
Laurent Félix – Aujourd’hui, il est plus qu’essentiel pour les entreprises de comprendre la perception client et consommateur de leur marque : cela passe forcément par l’utilisation d’outils de mesure (Brand Index, Green Brand Index) qui font appel à l’intelligence artificielle.Si la perception des consommateurs consiste à vouloir acheter des produits et des services qui minimisent l’empreinte environnementale, il faut être capable de savoir quelle est la proportion de ces consommateurs et adapter l’offre produit en conséquence. Là aussi, l’IA et la data sont essentielles. Enfin, on constate que le développement de produits plus vertueux conduit souvent à une hausse du prix de ces derniers, ce qui peut éloigner certains consommateurs qui ne peuvent concilier “fin du mois” et “fin du monde”. A ce titre, les marques doivent pouvoir trouver le positionnement prix qui fait en sorte que la rentabilité reste bonne. Là encore, on retrouve des modèles d’IA qui permettent de calculer un juste prix, à l’intersection des intérêts des consommateurs et des marques.







