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Sur fond de campagne présidentielle aux Etats-Unis et de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, Oracle a annoncé avoir pris une participation de 12,5 % dans TikTok le réseau social de vidéo chinois. Walmart est associé au projet et ils détiendront à eux deux 20 % du capital. TiKTok devient TikTok Global et américain.

Menacée de suspension aux Etats-Unis par Donald Trump, Oracle a annoncé qu’il  va prendre une participation de 12,5 % dans TikTok Global. Parallèlement, Oracle deviendra le fournisseur de cloud sécurisé de la société chinoise. Parallèlement le gouvernement américain a confirmé son accord  provisoire à la prise de participation conjointe d’Oracle et Walmart.

Dans le cadre de cet accord, TikTok  détenu par Bytedance crée une nouvelle société appelée TikTok Global qui sera chargée de fournir tous les services TikTok aux utilisateurs aux États-Unis et dans le   reste du monde. Aujourd’hui, l’administration a approuvé sous condition un accord historique où Oracle devient le fournisseur de cloud sécurisé de TikTok.

A terme TikTok Global sera détenu majoritairement par des investisseurs américains, dont Oracle et Walmart. TikTok Global sera une société américaine indépendante, dont le siège est aux États-Unis, avec quatre Américains sur les cinq membres du conseil d’administration.

La victoire de Larry Ellison dans le digital

Avec cet accord TikTok dont les vidéos seront hébergées sur des serveurs américains écarte la menace d’interdiction d’exercer son activité aux Etats-Unis. L’administration Trump expliquait début août que les données obtenues par les applications TikTok et WeChat pourraient permettre au Parti communiste chinois de disposer d’information personnelles utilisables pour l’espionnage industriel.

Pour Oracle c’est aussi une victoire commerciale dans le Cloud. Le cloud d’Oracle devient le fournisseur numéro 1 de TikTok ce qui devrait lui permettre de regagner des parts de marché sur ce marché face notamment à la domination actuelle de AWS, Microsoft et Google.

Dans son communiqué, Oracle précise que c’est le résultat obtenu par la société Zoom grâce à son accord sur le cloud avec Oracle qui ont convaincu les responsables de TikTok et des ses investisseurs. Les revenus de Zoom grâce au télétravail ont progressé de 355 % «TikTok a choisi la nouvelle infrastructure Cloud de génération 2 d’Oracle car elle est beaucoup plus rapide, plus fiable et plus sécurisée que la technologie de première génération actuellement proposée par tous les autres grands fournisseurs de cloud», a déclaré notamment  Larry Ellison à l’occasion de cette annonce.

Il en profite également pour valoriser dans le moyen terme l’action d’Oracle qui souffrait de l’absence de relais de croissance sur le digital contrairement à Microsoft, Google et Amazon. Un moyen pour Larry Ellison, le milliardaire fondateur d’Oracle de revenir dans la course.

Les chiffres clés de TikTok

  • Lancé en septembre 2016 en Chine et en août 2018 dans le monde
  • 1,65 milliard de téléchargements, dont 738 millions en 2019 (44% du total).
  • 2ème application la plus téléchargée au monde hors jeux vidéo derrière WhatsApp
  • Application traduite en 39 langues
  • 800 millions d’utilisateurs actifs dans le monde
  • 9ème position dans le classement des réseaux sociaux
  • Au minimum une ouverture par jour par 90% des utilisateurs
  • La tranche d’âge des 10-19 ans représente la part la plus importante d’utilisateurs
  • Le chiffre d’affaires de TikTok en 2019 a avoisiné de 179 millions de dollars

En photo : Larry Ellison, fondateur d’Oracle ©DR

 

La nouvelle version du système d’exploitation mobile d’Apple sera disponible cet automne avec une modification majeure de ses paramètres de confidentialité. Facebook alarme sur ce changement susceptible de faire baisser de 50% les revenus publicitaires de ses partenaires et clients.

C’est lors de sa dernière conférence annuelle pour les développeurs (WWDC 2020) organisée en ligne le 22 juin dernier qu’Apple a annoncé cette modification cauchemardesque pour Facebook. Bientôt iOS 14, la quatorzième version du système d’exploitation mobile d’Apple pour iPhone, iPod touch et HomePod demandera désormais aux utilisateurs leur accord pour être identifié par une application tiers.

Jusqu’à présent, de nombreux partenaires et clients de Facebook s’appuyaient sur l’IDFA (Identifier for Advertisers) dont sont dotés les appareils iOS pour récolter et partager des données de chaque utilisateur afin de lui envoyer des publicités personnalisées. C’est cet IDFA que Facebook Audience Network utilise pour monnayer des données Facebook et Instagram permettant des publicités ciblées par des développeurs d’applications ou des sites tiers.

Presque la moitié du marché américain pour iPhone

Avec iOS 14, les 900 millions d’utilisateurs d’iPhone dans le monde (chiffre Apple) choisiront s’ils acceptent ou non de communiquer leur IDFA et donc d’accepter un tracking publicitaire. « Avec iOS 14, […] vous devrez recevoir l’autorisation de l’utilisateur via le framework AppTrackingTransparency pour les suivre ou accéder à l’identifiant publicitaire de leur appareil » prévient Apple aux développeurs et annonceurs.

Pour Facebook, une large part des utilisateurs refusera d’être suivie en permanence par une application. Si cette modification aura peu d’impact sur les publicités de ses propres applications, Facebook estime que les revenus liés à la publicité sur iOS de ses partenaires via Audience Network pourraient chuter de plus de 50% explique la firme dans un billet de blog publié le 26 août dernier.

Facebook ajoute même que « la mise à jour d’Apple peut rendre Audience Network si inefficace sur iOS 14 » qu’elle envisage même de ne plus la proposer. Sachant qu’aux États-Unis, Apple possède 47,9% du marché mobile, c’est un séisme.

L’affrontement de deux modèles économiques

Facebook a déclaré qu’il ne collecterait pas d’IDFA via ses propres applications sur les appareils iOS 14 tandis qu’Apple propose une API baptisée SKAdNetwork permettant aux applications de réaliser un suivi publicitaire certes bien plus limité qu’auparavant, mais qui n’affichera pas de pop-up pour prévenir l’utilisateur d’un suivi de ses activités.

Selon l’évaluation de la plateforme d’attribution mobile et d’analyse marketing AppsFlyer, les budgets d’installation d’applications mobiles seraient de 80 milliards de dollars en 2020 et atteindront 118 milliards de dollars d’ici 2022. L’industrie totale de la publicité mobile aurait eu une valeur de 241 milliards de dollars en 2019 avec une prévision de 368 milliards de dollars en 2022.

On assiste là à une bataille entre deux géants de la Tech ayant chacun un modèle économique spécifique. Apple développe un environnement fermé pour ses produits et Facebook profite d’un écosystème ouvert lui permettant de collecter et de revendre des données personnelles à des fins publicitaire. Mais avec la demande d’éthique grandissante et de plus en plus encadrée juridiquement, Apple semble aller dans le sens de l’évolution du marché.

Mise à jour du 04 septembre 2020

Apple reporte au début de l’année 2021 sa mesure anti-pistage publicitaire sur la nouvelle version d’iOS 14. « Pour donner le temps aux développeurs de faire les changements nécessaires, les applis n’auront à demander l’autorisation de pister les utilisateurs qu’à partir de l’année prochaine » précise Apple dans un article publié le 03 septembre 2020.

Montage photo : Tim Cook PDG d’Apple et Mark Zuckerberg, PDG de Facebook ©DR

 

Avec – 2% au second trimestre 2020 comparé à la même période de 2019, Alphabet, maison mère de Google, connait la première baisse de son chiffre d’affaires depuis son entrée en Bourse il y a 16 ans. Les autres GAFA publient des résultats en croissance avec notamment Amazon qui progresse de 40%.

Le chiffre d’affaires d’Alphabet s’est élevé à 38,29 milliards de dollars au second trimestre 2020 soit une baisse de 2 % par rapport au même trimestre de l’année dernière. C’est la première fois que Google enregistre une perte et, du coup, c’est l’info principale des résultats trimestriels des GAFA publiés le 31 juillet.

Les revenus publicitaires qui génèrent le chiffre d’affaires le plus important chez Alphabet se sont élevés à 29,867 milliards de dollars contre 32,494 milliards de dollars au deuxième trimestre 2019. Heureusement, Google Cloud – qui comprend Google Cloud Platform (GCP) et G Suite – a connu une hausse de 43 % par rapport à l’année dernière avec un chiffre de 3,007 milliards de dollars.

La pandémie est responsable de cette baisse pour Ruth Porat, chief financial officer (CFO) d’Alphabet Inc, qui a précisé qu’en fin de trimestre les annonceurs avaient quasiment autant investis que l’année dernière. L’action d’Alphabet reste néanmoins stable et la firme a annoncé que ses embauches seraient réduites pour le reste de l’année 2020. L’effectif devrait rester à 127 498 personnes.

Amazon triomphe, Facebook progresse, Apple n’a plus d’iPhone en stock

Tout va bien pour Amazon qui réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 40% avec 89 milliards de dollars et un bénéfice net qui double à 5,2 milliards. Durant la pandémie Amazon a augmenté ses capacités de livraison de 160% et AWS, son service de cloud, a généré près de 11 milliards de recettes.

Le chiffre d’affaires de Facebook a progressé de 11% au deuxième trimestre avec 18,7  milliards de dollars. Près d’1,8 milliards de personnes utilisent Facebook chaque jour soit une augmentation de 12%.

Belle progression également pour Apple qui a réalisé 59,7 milliards de dollars de revenus sur le deuxième trimestre soit 11% de progression par rapport à 2019. A noter que les ventes d’iPhone ont engendré 26,42 milliards soit quatre milliards de plus que les prévisions des analystes et il y aurait désormais plusieurs semaines d’attentes  pour les iPhone ! A noter que des équipements comme les iPad ou les ordinateurs Mac ont même connu un regain d’intérêt avec 20% de ventes en plus.

En photo : Ruth Porat, chief financial officer (CFO) d’Alphabet Inc, maison mère de Google.  ©DR

Le groupe Publicis vient de publier ses résultats pour le premier semestre. Son chiffre d’affaires progresse de plus de 9,7  % avec l’intégration d’Epsilon sur cette période en dépit de la crise du Covid-19. En revanche plusieurs indicateurs restent en rouge pour la suite de l’année.

Dans son dernier communiqué, le groupe Publicis a annoncé des résultats positifs en dépit de la crise du Covid-19. Les revenus progressent de 9,7 % sur le premier semestre 2020 en partie grâce à la contribution du rachat d’Epsilon d’un montant de 4 milliards de dollars. Sans ce rachat la croissance organique s’établit à -8 % et Publicis souligne aussi que la décroissance s’accélère au 2ème trimestre avec – 13 %. Publicis souligne dans son communiqué que “ces performance sont  bien supérieures à la baisse de 23 % des dépenses publicitaires mondiales estimée par Zenith ou encore celle de 30% indiquée par le WFA pour ce trimestre”.

Sur le plan géographique, les indicateurs sont là aussi intéressants à analyser. Publicis note une baisse moins forte que prévue sur le marché américain avec une diminution des revenus de 3 % sur le premier trimestre et de 6,8 % sur le second.  Publicis observe que “l’Europe a enregistré pour sa part une baisse de la croissance organique de 23,5 % sur le 2nd trimestre”. En Asie, la Chine enregistre une bonne performance pour le groupe français et limite au deuxième trimestre la baisse de sa croissance organique à -5,7 %.

 

Le marché français de la publicité digitale n’échappera pas cette année à une baisse importante. Sur le premier semestre la baisse est de 8 % et sur l’ensemble de l’année la baisse estimée par le SRI (Syndicat des régies internet) sera de 7 %. Les éditeurs sont particulièrement touchés.

Lors de la présentation en vidéo de ces chiffres semestriel, le SRI annoncé que les recettes de la publicité digitale avaient chuté de 8 % au premier semestre pour s’établir à 2,545 milliards d’euros. Sans surprise tous les leviers du digital sont en baisse. Comme aux Etats-Unis, le search et les réseaux sociaux ne sont pas épargnés et enregistrent une décroissance respective de 9 % et 5 %.

Mais c’est le segment de la publicité digitale traditionnelle (le display) qui baisse le plus avec une chute de 17 %. Tous les acteurs de ce segment de marché sont impactés et en premier lieu les éditeurs d’information avec une baisse de leurs revenus de 22 % sur ce semestre. En dépit de niveaux d’audiences historiques pendant la crise sanitaire, ces éditeurs n’ont pas pu monétiser leurs audiences.

L’audience en temps de crise ne paie pas notamment vis-à-vis de marques qui, de plus en plus, recherchent des environnements éditoriaux en adéquation avec leurs valeurs. La pression exercée récemment par les grands annonceurs américains sur Facebook  illustre parfaitement cette tendance de fond. Le constat est le même sur les médias digitaux des acteurs de la télévision et de la radio. Selon le SRI, la baisse des recettes est de 21,6 %.

Trop peu de revenus issus des abonnements digitaux pour les éditeurs

Plus surprenant : les sites de services, distribution & streaming musical, vidéos ont également enregistré des baisses significatives. En résumé, les annonceurs ont coupé de manière drastique dans leurs investissements digitaux lors de cette crise. Et il semble qu’ils continueront à le faire pour le deuxième semestre. Le SRI anticipe une baisse de près de 7 % pour l’ensemble de l’année.

Les difficultés économiques des éditeurs vont perdurer d’autant que leur modèle repose -pour la plupart d’entre eux- majoritairement sur la publicité. Très peux d’éditeurs en France, à l’instar du  New York Times, disposent de revenus digitaux par abonnement suffisamment conséquents pour enrayer la baisse de leurs revenus publicitaires. D’autant que la concurrence des géants de la Tech  est de plus en plus vive et que leur développement est à  peine freiné par les menaces de la taxe GAFAM soutenue par Bruno Lemaire et le Gouvernement.

L’après-crise Covid-19 va donc déboucher sur une profonde restructuration du secteur du digital français même si l’on peut s’attendre pour 2021 à une forte reprise du marché du digital français en lien avec la reprise économique.

En attendant les chiffres qui seront publiés par le SRI demain 7 juillet sur les investissements digitaux publicitaires sur le premier semestre 2020, eMarketer vient de publier un rapport concernant la France. eMarketer table sur une décroissance forte comprise entre 7 et 15 % en France pour 2020.

La société américaine eMarketer vient de publier ses prévisions d’évolution du marché publicitaire en France sur le premier semestre. L’ensemble des résultats sont accessibles  gratuitement dans ce rapport et prévoient une baisse importante.

Selon ce rapport de eMarketer, les dépenses publicitaires  diminueront entre 7,8% et 14,9% au premier semestre 2020 et table sur une stagnation ou baisse de tous les leviers publicitaires.

Les dépenses en France en search devrait ainsi s’établir 1,02 milliard d’euros (1,14 milliard de dollars) et seront en stagnation par rapport à l’année passée.  eMarketer a annoncé que les revenus de Google baisseront pour la première fois aux Etats-Unis depuis 10 ans. Pourquoi ? En raisin en partie de la concurrence de Facebook et surtout d’Amazon mais aussi sans doute parce que le secteur de eCommerce est rentré dans une période de plus grande fidélisation de ses clients que de pure conquête commerciale sur Internet.

Sur la publicité digitale classique les prévisions sont plus négatives. La fourchette de la baisse prévue par eMarketer se situe entre  11,2% et 20,0% sur le premier semestre. Des chiffres confirmés par certains éditeurs comme Webedia qui vient d’annoncer un plan de restructuration. Du coté des médias traditionnels les baisses sont tout autant sensibles. eMarketer dans son rapport table sur une baisse de 15 %  à 20 % du marché publicitaire sur la télévision.

Avec la crise sanitaire et économique, la convergence entre la presse et les services marketing semble s’accélérer. IDG, le premier groupe de presse professionnelle Tech dans le monde, vient d’annoncer le rachat de l’éditeur américain ABM Trublio

Fondé par des anciens d’Eloqua (racheté par Oracle) pour étoffer son offre de marketing cloud, Trublio est un éditeur positionné sur le créneau du marketing automation et des solutions de gestion de comptes clients que l’on appelle ABM (Account Based Marketing). Son rachat par l’éditeur de presse spécialisée Tech IDG qui édite des médias historiques comme CIO,  Computerworld  (Le Monde Informatique en France), CSO, InfoWorld, Macworld, Network World et PCWorld, s’inscrit dans la mutation actuelle des groupes de presse vers les services marketing. En France dernièrement le groupe Reworld Media (à lire sur Digital CMO) a annoncé le lancement d’une activité de services digitaux vers les PME/PMI.

Fournir des campagnes innovantes aux CMO

Dans un communiqué de presse, le groupe IDG explique ce rachat par la volonté de satisfaire les demandes actuelles de ses annonceurs. “L’acquisition de Triblio va permettre de proposer une combinaison de données et de services hautement automatisées basée sur une approche ABM,  le contenu premium et les données des différents médias” explique le groupe IDG.  L’objectif est de permettre aux CMO de créer des campagnes innovantes qui se concentrent sur les cibles d’achat souhaitées, fournissent un contenu hautement pertinent, obtiennent des informations approfondies sur le comportement des acheteurs et évaluent l’intention d’achat.

Avec cette acquisition, le groupe IDG se positionne sur le même créneau que son concurrent le groupe TechTarget dont le développement s’est fait depuis le début sur un modèle de services marketing  et de données médias complètement intégré. Pour ces groupes de presse BtoB les enjeux sont importants face notamment à l’érosion constante de leurs revenus publicitaires. La diversification vers l’événementiel, opérée notamment par tous les médias BtoB, est aussi remise en cause avec la crise du Covid-19.  Il devient donc  nécessaire de trouver de nouvelles sources de revenus. Proposer de nouveaux services de convergence médias et données  est une voie tout comme la distribution  de logiciels d’aide au marketing.

Dans son communiqué, IDG précise que Trublio disposera de son réseau mondial pour pouvoir commercialiser ses solutions.  Une stratégie déjà adoptée par certaines agences marketing qui se transforment de plus en plus en revendeuses de solutions logicielles. Enfin, une nouvelle concurrence semble se dessiner du coté de pure players de la Tech capables de remonter et d’analyser un ensemble d’information multi-canal permettant de suivre le comportement des acheteurs BtoB sur tous les canaux et notamment les réseaux sociaux. Une nouvelle étape à la convergence mais qui comme dans le secteur du BtoC pourrait être freinée par de nouvelles règles en matière de  traçabilité et de consentement.

 

Plus connu pour sa stratégie de reprise de magazines grands publics, notamment avec le rachat des titres du groupe Mondadori, le groupe Reworld Media se lance dans les services digitaux avec une offre destinée aux PME/PMI.

Le groupe Reworld Media a annoncé cette semaine  le lancement de Reworld Media Proximité, une offre de services digitaux visant les PME/PMI. Selon le communiqué publié par le groupe  cette nouvelle activité “entend aider les entreprises à accroître leur chiffre d’affaires, à séduire de nouveaux clients, à mettre en place une stratégie de moyens sur-mesure, à optimiser leur budget marketing tout en mesurant le retour sur investissement de chaque action réalisée”.

En résumé, Reworld Media lance une activité de services digitaux qui concurrence de celle des agences web ou marketing. Un positionnement qui ne surprend pas quand on connait l’historique de développement de ce groupe média plutôt Tech qui dispose d’une offre d’affiliation fournie par Tradedoubler et de services à la performance comme de la gestion de leads.

Cinq offres 100% digital

Pour industrialiser son approche vis à vis des PME, Reword media dispose de deux atouts : une audience digitale en développement autour de ses magazines (30 millions de français par mois selon l’éditeur)  et des outils à la performance. Avec cette offre, le groupe média anticipe un retour des annonceurs vers des services de création de trafic plus classiques que ceux liés à l’automatisation des données issues des cookies. Pour cela cinq offres ont été mises en place à caractère 100 % digital : web et création de trafic, contenu, événementiel virtuel, formation.

Ce lancement intervient dans un contexte un peu particulier pour les éditeurs de presse dont les recettes publicitaires dans les magazines et le digital devraient fortement baisser cette année après la crise du Covid-19. En 2019, avec la consolidation des activités du groupe Mondadori intervenue l’été dernier,  Reworld Media affichait un chiffre d’affaires consolidé de 294,4 M€ au 31 décembre 2019. Au sein de ce périmètre, la contribution des nouveaux actifs de Mondadori France s’élevait  à 118,8 M€, dont 114,4 M€ pour les  activités magazines et 4,4 M€ pour les activités digitales. A l’occasion de la publication de ses résultats annuels, Reworld média précisait qu’il avait enregistré une croissance dans le digital de 21% par rapport à 2018 sur ses activités historiques. L’activité de services à la performance enregistrait elle un chiffre d’affaires stable sur l’exercice 2019.

 

En attendant que le SRI dévoile ses prévisions sur le digital pour 2020 et 2021, plusieurs études analysant l’impact de la crise actuelle sur les investissements publicitaires en digital circulent actuellement. Elles font état d’un consensus : la baisse du marché publicitaire digital devrait être supérieure à 5 % cette année.

Dans sa dernière étude sur le marché publicitaire européen en 2019, l’IAB Europe donnait quelques indications pour 2020. L’association anticipait une baisse de plus de 5 % du marché publicitaire digital en Europe cette année du fait de la crise. Plus précisément sur la France, une étude de GroupeM (le groupe publicitaire WPP) donne  une baisse de près de 7 % du marché publicitaire digital. Des chiffres tirés  de ses dernières prévisions publiées dans  son étude “This Year Next Year“.

Cité par la revue Offre Média, le groupe publicitaire WPP table sur une baisse globale pour 2021 de 15 % des investissements publicitaires totaux en France. Pourtant il semblait bien que le marché publicitaire avait redémarré  à la sortie du confinement avec notamment plusieurs campagnes médias du secteur automobile  liées aux annonces du Gouvernement sur les bonus à l’achat des voitures électriques et des hybrides. La grande consommation reste également trés présente en TV et radio afin de ne pas laisser la place libre aux acteurs de l’e-commerce.

La TV plus menacée ?

Bref on pourrait penser que le marché publicitaire redémarre mais cela ne se traduit pas dans les prévisions publiées par les professionnels du secteur. Certains canaux dits traditionnels risquent d’ailleurs de souffrir plus que d’autres de la chute des investissements. Dans son étude, WPP fait état d’une baisse de 15 % du marché publicitaire sur la TV. BFM et RMC (groupe Altice ) viennent d’ailleurs d’annoncer un plan de licenciement de 380 salariés pour s’adapter aux effets de la crise.

Au delà des chiffres cités, il semble donc que l’on se dirige vers une baisse sévère du marché publicitaire cette année. Mais pour  avoir plus de détails sur le digital, il faudra attendre début juillet la présentation des résultats du premier semestre et des perspectives annuelles par le SRI. Pour l’instant le SRI estime que cette crise impacte surtout la publicité “display” sur le digital avec des baisses proches de 20 à 30 %. Sur les autres segments (le search, les réseaux sociaux) il faudra attendre le 6 juillet pour en savoir plus et bien sûr attendre les résultats trimestriels des grands acteurs de la Tech digitale en juillet pour se faire une opinion des tendances en cours.

 

Les mauvaises nouvelles se succèdent pour le marché de la publicité dans son ensemble. Selon les derniers chiffres de l’IREP le marché du digital a enregistré une croissance positive alors que tous les autres médias chutent lourdement. Quel sera le scénario définitif pour 2020 ?

Selon les derniers chiffres publiés par l’IREP pour le premier trimestre 2020, le marché de la publicité a baissé dans son ensemble d’un peu plus de 12 % par rapport à l’année passée. L’IREP indique des baisses sensibles pour tous les médias traditionnels comme la radio (-10 %), la presse (-12,5%) ou la TV (-9 %) et des baisses encore plus forte pour l’affichage ou la publicité extérieure.

Sur le digital dans les médias, l’IREP enregistre une croissance un peu inférieure à 2 %. Le digital résiste donc, comme cela a été confirmé par les bons résultats des grands acteurs de la Tech digitale sur le premier trimestre 2020. Facebook, Google, Twitter ont fait état de revenus en hausse et pas encore significativement impactés par la crise du Covid-19.

Quel sera le scénario pour  2020 ?

L’IREP indique un scénario pour 2020 qui verrait une baisse de 10 % du marché du digital à 6,1 milliards d’euros, une baisse de 23 % en valeur des médias traditionnels et de 28 % pour les autres médias publicitaires comme le cinéma ou l’affichage. Au total la baisse serait donc de 23 %. De son coté l’IAB Europe est un peu moins pessimiste pour le marché français et table sur une baisse de 18 %. Si le scénario de l’IREP se révèle exact le marché baisserait de 7,6 milliards d’euros en valeur absolue.

Sur le digital il est donc possible que pour la première fois de leur jeune histoire les grands acteurs des réseaux sociaux et du search enregistrent eux aussi une croissance négative en France cette année. D’autant que de nombreuses études montrent que les CMO vont profiter de cette période pour revoir leurs priorités.

Les CMO revoient leurs priorités pour 2020

Selon une étude récente réalisée par Stratégies et l’agence Epoka, les budgets marketing et communication devraient baisser de 27% en 2020 et 18% en 2021. Parmi les 5 priorités qui sont affichées par les CMO interrogés, la connaissance client/data arrive en 3ème position, pour 48,3% des répondants à cette étude. Juste derrière la digitalisation (63,3%) et l’expérience client (50,2%).

Dans ce contexte, les études clients, les études de satisfaction, l’analyse des tendances sont des leviers importants à une meilleure connaissance client. En clair les investissements en technologie pourraient gagner du terrain dans les budgets des CMO au détriment  des investissements publicitaires.