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Fondatrice avec Loïc Delmaire de Jam, un chatbot conversationnel à destination des Millennials, Marjolaine Grondin a été la première française invitée (en 2018) à une conférence F8 de Facebook. Pionnière du marketing conversationnel, Marjolaine Grondin vient de réaliser une nouvelle levée de fonds et développe son service en thématiques. 

Vincent Biard – Comment présenter Jam, ce nouveau media conversationnel ?

Marjolaine Grondin – C’est le premier média 100% Messenger qui parle tous les jours d’un sujet à travers une conversation. C’est un media basé sur l’interaction qui pose des questions et fait réfléchir. Jam a trouvé son public composé de jeunes de 15 à 25 ans. Nous comptons aujourd’hui 600 000 utilisateurs.

Vincent Biard – Quel développement pour votre business model ?

Marjolaine Grondin – Aujourd’hui le modèle économique est de faire rentrer des marques dans la conversation. En premier lieu à travers le brand content : nous accompagnons des marques dans leurs échanges avec les communautés sur un mode conversationnel, dans Messenger. Nous réalisons aussi des sondages et des enquêtes. Nous avons un troisième axe de développement en marque blanche. Nous créons des médias conversationnels pour des marques. Nous avons ainsi créé par exemple un bot pour la marque Fitbit.

Vincent Biard – Quelles technologies avez-vous mises en place ?

Marjolaine Grondin – Pour la rédaction des scénarios du bot, tout est développé en interne ; nous utilisons par ailleurs des algorithmes du marché nous permettant par exemple de mieux comprendre certains mots. L’intelligence artificielle, c’est plutôt le sucre de l’expérience : elle permet d’améliorer l’expérience, mais c’est surtout l’intelligence humaine et les rédacteurs qui amènent une vraie patte éditoriale et un ton. Aujourd’hui la techno propriétaire est plutôt de l’ordre d’un « wordpress du chatbot » que nous avons créé en interne. Nos rédacteurs sont des journalistes: ils pianotent toute la journée sur une interface propriétaire qui nourrit le robot Jam.

Vincent Biard – Et vous êtes combien à travailler et à répondre aux 600 000 utilisateurs ?

Marjolaine Grondin – Nous ne répondons pas aux 600 000 utilisateurs. C’est un média. Nous écrivons des contenus et les poussons via Jam. Nous sommes douze dont trois rédacteurs et le reste de l’équipe s’occupe du développement, de la technologie et du marketing.

Vincent Biard – Que recueillez-vous comme données et qu’en faites vous ?

Marjolaine Grondin – Nous avons créé une plateforme, nommée Jam Trends, qui rassemble les données que nous collectons et qui sont anonymisées, triées et redressées sur des échantillons représentatifs de la population française des 15-25 ans. Nous ouvrons ainsi l’accès à nos datas aux marques, aux agences et aux médias au sein de ce club unique réunissant tous ceux qui s’intéressent à la génération Z. Nous réalisons des sondages, des cahiers de tendances trimestriels, ainsi que quatre événements par an pour accompagner nos partenaires en temps réel.

Quelles sont les spécificités de ce marketing conversationnel et quel est son avenir ?

Marjolaine Grondin – C’est la spécificité d’être basé sur la conversation comparé au marketing qui propose un message top down sans interactions. Si un message est par exemple un post Facebook intéressant, il y aura des commentaires et des réactions de la part de la communauté mais ce n’est pas une interaction one to one.  Si on veut vraiment avoir une interaction, il faut aller dans le physique et organiser un événement pour que les collaborateurs de la marque puissent discuter avec les utilisateurs et cela coûte cher. Le marketing conversationnel permet de créer une conversation avec ses communautés. Nous intégrons les entreprises sans faire de la publicité directe mais par une conversation qui doit amener de la valeur à l’utilisateur.

Vincent Biard – Quelles sont les limites pour que cette conversation reste naturelle et non pas commerciale et intrusive ?

Marjolaine Grondin – Cela se joue dans la qualité de la ligne éditoriale. Même quand nous réalisons des conversations avec des marques, il faut du recul, un angle intéressant, une vraie valeur pour l’utilisateur, de la fluidité entre les conversations produites pour des marques et les conversations indépendantes réalisées par l’équipe rédactionnelle de Jam. En termes de nombre de conversations de marques, nous nous limitons à une voire deux par semaine mais jamais plus.

Vincent Biard – Comptez-vous des concurrents et si oui, qui sont-ils ?

Marjolaine Grondin – Nous n’avons pas de concurrents directs sur les bots. Les autres bots sont positionnés sur d’autres créneaux. Si une marque souhaite s’adresser aux jeunes ou les écouter, elle a plusieurs solutions : travailler avec une agence, aller directement sur les réseaux sociaux en direct ou via d’autres médias, passer par un cabinet de tendances pour faire de l’écoute, faire des sondages. Voila nos concurrents.

Vincent Biard – Après votre levée de fonds d’un million d’euros de janvier 2016, vous êtes toujours une start-up en recherche de financement ou vous réalisez déjà du chiffre d’affaires ?

Marjolaine Grondin – Nous venons de réaliser une nouvelle levée de fonds d’un millions d’euros pour développer notre activité BtoB mais aujourd’hui nous sommes rentables.

Vincent Biard – Quels sont vos projets de développement ?

Marjolaine Grondin – Nous essayons de consolider Jam et de lancer d’autres verticales. Nous lançons Ginger, le cousin de Jam sur la thématique du mieux-vivre. Nous allons en lancer un sur la culture et d’autres médias conversationnels toujours sur Messenger vont suivre.

Sites web :

Mark Zuckerberg et Emmanuel Macron en avaient fait  le thème principal de leur échange à l’Elysée il y a peu de temps. Le sujet des fakes news et des contenus illicites est devenu l’un des enjeux majeurs de l’avenir des réseaux sociaux. Facebook semble vouloir agir dans ce domaine comme en témoigne ces statistiques publiées par Statista.

Facebook a publié des chiffres indiquant le nombre de contenus illicites sur lesquels il a agi au cours d premier trimestre de 2019. Le contenu que Facebook tente de réguler se divise  en huit catégories: violence graphique, nudité et activités sexuelles pour adultes, propagande terroriste, discours de haine, intimidations et harcèlement, nudité et exploitation sexuelle, biens réglementés (drogues et armes à feu) et le dernier -mais non le moindre-  est le spam.

Selon ces chiffres donnés par Facebook, entre janvier et mars de cette année, 1,8 milliard de messages classés comme spam ont été supprimés de Facebook, ce qui représente 96% de l’ensemble du contenu pris en compte (hors faux comptes). 34 millions de messages contenant de la violence et du contenu graphique ont également été supprimés ou ont fait l’objet d’un avertissement. Dans ce chiffre, 99% ont été détectés et signalés par la technologie de Facebook avant leur publication. De même, 97% de tous les posts supprimés ou signalés comme contenant de la nudité ou des activités sexuelles adultes ont été localisés et identifiés automatiquement avant d’être signalés. Au total, 19 millions ont reçu des étiquettes d’avertissement ou ont été supprimés au total.

En revanche, la technologie de Facebook de régulation a nettement moins réussi à identifier les publications contenant des discours de haine. Sur les quatre millions de contenus pour lesquels la société a agi par rapport à un discours de haine, seuls 65% ont été signalés par Facebook avant que les utilisateurs ne signalent une violation des normes communautaires de la plate-forme. Enfin Facebook a donné des indications sur les faux comptes. Au cours du premier trimestre de l’année, plus de deux milliards de faux comptes ont été désactivés et la plupart d’entre eux ont été supprimés quelques minutes après l’enregistrement.

Mark Zuckerberg a profité de  la conférence  annuelle de Facebook dédiée aux développeurs pour faire des annonces grand public quelques jours après la publication de ses bons résultats financiers du premier trimestre 2019. Reste maintenant à connaître le montant de l’amende promise par les autorités américaines pour son utilisation des données personnelles d’utilisateurs lors de l’affaire Cambridge Analytica.

«  A conversation about technology and human connection » était le thème central de la conférence annuelle Facebook F8 organisée les 30 avril et 1er mai à San José en Californie. Destinée à présenter les nouveautés techniques de Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger aux développeurs, cette conférence F8 2019 a permis à Mark Zuckerberg de reconnaitre les difficultés récentes de Facebook qu’il compte transformer en opportunités. En introduction de son keynote, le CEO de Facebook a bien insisté sur le respect de la vie privée reprenant ainsi les thèmes de son manifeste publié début mars. Quelques jours avant cette conférence, Facebook publiait ses chiffres du premier trimestre 2019 avec des résultats meilleurs que prévus. Découvrez ci-dessous l’essentiel des infos à retenir de cette F8 2019.

De bons résultats mais bientôt une amende record

Sur le premier trimestre 2019, le chiffre d’affaires du groupe a été de 15,1 milliards de dollars soit une augmentation de 26% comparé au premier trimestre 2018 selon les informations de Facebook et a même dépassé les prévisions des analystes qui tablaient sur 25% de croissance. Par contre, le bénéfice net de 2,43 milliards de dollars est en franc recul  car le groupe a provisionné 3 milliards de dollars pour l’amende que va lui infliger la Federal Trade Commission. Pour avoir partagé les données de 87 millions d’utilisateurs avec la société britannique de conseil en politique Cambridge Analytica, le groupe Facebook pourrait même payer jusqu’à 5 milliards de dollars d’amende.

Et plus si affinités

Lors de la F8 2019, le renforcement des groupes et des communautés ainsi que les rencontres entre utilisateurs ont été matérialisés par de nouvelles fonctions. Ainsi la fonction Meet New Friends destinée à proposer de nouvelles amitiés sur la base de centres d’intérêts communs va être lancée tout comme la fonctionnalité Secret Crush proposée pour signifier secrètement son intérêt à l’un(e) de ses ami(e)s Facebook. Pour aller encore plus loin, le service de rencontre Facebook Dating est lancé dans 14 nouveaux pays mais pas encore en France.

Messenger pour le business

L’application de messagerie de Facebook devrait être progressivement transformée avec notamment le lancement d’une application desktop. « 40 millions d’utilisateurs actifs échangent des messages orientés business via Messenger »  a affirmé Mark Zuckerberg. L’un des développements de Messenger sera le business avec l’objectif d’en faire un outil de génération de leads et de drive-to-store.

Du e-commerce sur Instagram

Les utilisateurs d’Instagram pourront désormais réaliser des achats directement depuis le compte de leurs influenceurs préférés grâce à la fonctionnalité Shop from Creators. Instagram va également proposer la fonction Donations permettant de créer une collecte de fonds sur les stories.

Réalité virtuelle et intelligence artificielle

Le groupe Facebook via sa filiale Oculus va commercialiser « Quest », un nouveau  casque de réalité virtuelle autonome, et le « Rift S » nécessitant un ordinateur.  Autre annonce du F8 2019 :  les écrans intelligents Portal et Portal + commercialisés depuis un an aux Etats-Unis seront disponibles en Europe à l’automne 2019 avec l’idée de concurrencer Amazon, Google ou Apple sur le marché des assistants virtuels.

Le recueil et le traitement des données sont parmi les sujets phare de la huitième édition du Printemps des études (Paris, 11 et 12 avril) qui accueille pour la première fois un village de la data.

« Le tout digital, le temps réel, le conversationnel et le big data transforment les métiers des études » annonçait Stéphanie Perrin, commissaire générale, en ouverture de cette huitième édition du Printemps des études placée sous les thèmes des mutations digitales  et de la data. Pour la première fois d’ailleurs, un village de la data réunissant des sociétés expertes était proposé aux visiteurs du salon.  Ce village 100 % data rassemble une soixantaine de sociétés des domaines liés aux études mais aussi à l’analytique et au traitement en volume des données. Le signe que les besoins en insight et données sont de plus en plus importants.

Le retour du Why pour les marques

Avec « Marques en mutation(s) » comme sujet de la conférence inaugurale, la transformation digitale des métiers des études et du marketing par les données était clairement affichée lors de cette édition 2019. « Nous avons vécu dix années où la technologie est devenue omni présente mais il est important maintenant de bien en piloter les outils pour comprendre » déclarait Nathalie Rastoin, présidente d’Ogilvy Paris lors de cette conférence inaugurale. Elle a d’ailleurs également déclaré au cours de la table ronde que l’on assistait clairement au retour du “Why”. La présidente d’Ogilvy Paris a souligné que les marques qui faisaient trop confiance aux données automatisées pouvaient perdre le fil de la véritable connaissance client dans un contexte global où les entreprises sont appréciées de plus en plus pour leurs vraies valeurs.

Un point de vue défendu également par  Marjolaine Grondin, la CEO de JAM,  qui de son coté a prôné un modèle de relation client moins global et plus intimiste. “Par rapport au bruit trop important provoqué par la masse des conversations sur les réseaux sociaux,  les marques souhaitent une véritable relation one to one  avec leurs clients” a-t-elle notamment précisé au cours de la table ronde. Pour Nathalie Rastoin et Marjolaine Grondin, l’enjeu à venir des marques est donc de mieux converser avec leurs clients d’autant que les générations actuelles (majoritairement post 68) et futures (millénnials) sont des générations averties en terme de consommation. “On sent clairement monter de nouvelles tendances sur l’innovation et le coté responsable” a précisé Nathalie Rastoin. De son coté Marjolaine Grondin a souligné, sur ce sujet, l’importance à venir des pratiques de Privacy by Design qui sont en train d’être proposées par les marques et qui consistent à garantir la confidentialité et le respect des informations personnelles des consommateurs bien au-delà des contraintes réglementaires propres au RGPD.

En photo : Nathalie Rastoin, présidente d’Ogilvy Paris, Marjolaine Grondin, cofondatrice et CEO de Jam, Muriel Roy, auteure, lors de la conférence inaugurale du 11 avril.

Le fondateur du réseau social aux 2,3 milliards d’utilisateurs actifs mensuels communique sa vision du développement de Facebook autour de six principes de confidentialité et de sécurisation des données. Si l’intention semble louable, les experts de la Tech dénoncent un projet  flou avec un modèle économique qui interroge.

« Dans cette note, je vais dessiner notre vision et principes pour la création d’une plate-forme de messagerie et de réseautage social axée sur la confidentialité » introduit Mark Zuckerberg dans un billet publié le 06 mars sur son propre compte Facebook aux 118 millions d’abonnés.
Concédant que Facebook « n’a pas une solide réputation pour la création de services de protection de la vie privée et nous avons toujours privilégié les outils pour un partage public », Mark Zuckerberg souhaite recentrer la philosophie des services Facebook autour du respect de la vie privée des utilisateurs.

Mark Zuckerberg esquisse son projet autour de six principes :

  • Privatisation des interactions avec des espaces garantissant un libre choix des interlocuteurs et une intimité des échanges.
  • Cryptage des communications même vis-à-vis de Facebook.
  • Conservation limitée de la durée de stockage des métadonnées.
  • Sécurité vis-à-vis des pirates et des criminels.
  • Interopérabilité avec d’autres plateformes (WhatsApp, Messenger, Instagram Direct).
  • Sécurisation des données qui ne pourront pas être vendues à des gouvernements non respectueux des droits de l’homme.

Si le projet de recentrer le réseau social sur les conversations privées tout en collectant moins de données personnelles semble louable et répond aux aspirations de ses utilisateurs, des critiques assez virulentes sont exprimées dans les media spécialisés de la Tech en Californie comme en France. Tout d’abord, Mark Zuckerberg reste assez vague ne donnant ni délai ni précisions sur la mise en œuvre de ces grands principes.

Comment vendre de la pub sans recueillir des datas ?

Le rapprochement entre les différentes applications (Messenger, WhatsApp, Instagram) de Facebook fait craindre une circulation des données alors que Zuckerberg annonce vouloir les circonscrire. Des questions sur la complexité des technologies de cryptage à mettre en place sont également posées. Les experts de la Tech s’interrogent aussi sur le modèle économique de Facebook bâti sur la collecte et la revente de données à des fins publicitaires (56 milliards de dollars de CA en 2018) qui pourrait donc être remis en question par leur cryptage.

Après les scandales relatifs à la protection des données impliquant Facebook, cette annonce d’une éthique apparait comme une nouvelle opération de communication de Mark Zuckerberg. Mais comme le temps passé sur Facebook décroît et que les plus jeunes migrent vers Instagram, il fallait bien que l’entreprise Facebook réagisse. Miser sur des nouveaux services comme le e-commerce ou les paiements en ligne et conserver les sept millions d’annonceurs actifs sera probablement la stratégie de Facebook. Avec un bénéfice net de 22,1 milliards de dollars en augmentation de 39 % par rapport à 2017, Facebook est une entreprise très rentable. Mark Zuckerberg reste un génie des affaires et ses nouveaux projets pour Facebook pourraient bien encore surprendre les experts de la Tech.

La 5G est (encore) l’une des vedettes du Mobile World Congress 2019 organisé à Barcelone du 25 au 28 février. Aussi puissante que la fibre optique, cette nouvelle norme de téléphonie mobile devrait bouleverser le marketing digital.

Quelques jours avant le MWC 2019, Samsung devançait ses concurrents en présentant le Galaxy S10 5G durant la conférence Galaxy Unpacked organisée à San Francisco. Bien sûr, les early adopters ont aussi découvert le Galaxy Fold, un smartphone dépliable, une autre techno en vedette au MWC 2019. Mais la présentation du premier smartphone 5G est incontestablement plus disruptive.

Outre Samsung, de nombreuses marques présentent cette semaine leurs téléphones et produits équipés en 5G aux plus de cent mille visiteurs attendus au salon de Barcelone. En 2019, des dizaines de modèles de smartphones 5G devraient être proposés aux consommateurs alors que le réseau 5G n’existe pas encore ! D’après le cabinet Trendforce, cinq millions de smartphones 5G devraient être vendus en 2019 soit 0,4% des 1,41 milliard de smartphones à écouler sur l’année.

Un décollage cependant très progressif de ce marché

Des réseaux 5G ont déjà été lancés aux Etats-Unis et en Corée du Sud avec certes une couverture très limitée et des applications professionnelles. Quelques autres pays s’équipent en réseaux 5G avec notamment le Japon qui envisage des lancements commerciaux pour les Jeux Olympiques d’été de Tokyo en 2020. En France, Orange va déployer cette année  la 5G dans quatre villes pilotes – Paris, Marseille, Nantes, Lille- avec une offre commerciale prévue pour 2020.

D’après la GSMA (association des opérateurs de téléphonie mobile), la 5G ne devrait représenter que 15% du marché mobile en 2025. Cette nouvelle norme de téléphonie mobile promet des vitesses d’au moins 100 Mbit/s pour l’utilisateur et –pour simplifier- fournira ainsi un très haut débit équivalent à la puissance de la fibre optique. La 5G pourrait donc faire disparaitre la distinction entre internet fixe et internet nomade. De quoi réfléchir à de nouveaux usages non ?

Même s’il convient de modérer son enthousiasme, la 5G devrait bouleverser l’industrie des télécommunications et offrir des services innovants. En croisant 5G, objets connectés, big data et intelligence artificielle, des applications démentielles pourraient être créées. En termes de marketing digital, la réalité augmentée, le live streaming sans interruption ou bien encore l’optimisation de la diffusion de vidéos offriront des expériences clients novatrices. L’impact de la 5G sur le marché publicitaire devrait être percutant comme le sont toujours les réseaux sociaux, les GAFA et le digital pour les métiers du marketing. Mieux vaut commencer à réfléchir à son intégration dans les stratégies marketing à venir.

Intitulée « Au-delà des datas, les émotions au cœur de la croissance ! », la Journée nationale des études organisée par l’Adetem et l’UDA a rassemblé 250 pros du marketing et a démontré l’efficacité des nouveaux outils numériques destinés à analyser les émotions des consommateurs. 

Avec ce qu’ils appellent « l’automatisation de l’économie », certains professionnels du marketing confessent avoir eu peut-être trop tendance à mesurer le rationnel au détriment de l’émotionnel chez les consommateurs. Mais l’émotion est indispensable pour garder l’attention du client et optimiser son engagement affirment ces mêmes pros du marketing réunis ce 24 janvier 2019 à Paris. Ils étaient 250 lors de la Journée nationale des études organisée par l’association nationale du marketing (Adetem) et l’Union des annonceurs (UDA).  Comment mesurer les émotions ? Quels outils utiliser ? Pour quels objectifs et quels résultats ? Deux tables rondes regroupant six binômes annonceur/agence ont exposé des exemples concrets d’études employant des technologies destinées à analyser les émotions des consommateurs.

L’équipe marketing de Mc Donald’s France a ainsi utilisé les outils de la start-up française Linkfluence qui scrute les conversations sur les réseaux sociaux pour fournir de la « social data intelligence ». En complément, un panel d’une centaine de fans a confié ses stories vécues chez Mc Donald’s. L’étude visait à comprendre les émotions des clients pour affiner la communication de l’enseigne. Autre exemple d’étude d’émotions avec le Groupement des agents automobiles Peugeot (2 000 agents en France réalisant 50% du CA des pièces détachées de la marque et 30% des ventes des véhicules neufs) qui souhaitait compléter ses analyses de ventes. Grâce à un questionnaire on line, une typologie de ces agents a été établie et a permis de « mettre de l’objectivité sur quelque chose de subjectif » selon Florence Gete, présidente du Groupement des agents automobiles Peugeot.

Parmi les 250 participants de cette Journée nationale des études, des représentants de grands groupes comme L’Oréal, Fleury Michon, Auchan, LVMH, SNCF ou Coty ainsi que les meilleurs instituts d’études (IPSOS, Opinion Way, Harris Interactive…) et de nombreuses agences de communication & marketing. L’étude des émotions est facilitée par la profusion de données issues des différents canaux. L’analyse des réseaux sociaux fournit notamment de précieuses informations. Reste maintenant à capter, traiter puis restituer ces données. « Nous manquions de données et dorénavant nous en avons trop » résumait Christine Antoine-Simonet, strategy & consumer insight senior director de McDonald’s. L’emploi de technologies intelligentes pour le marketing et la vente est donc aujourd’hui incontournable pour les CMO.

Plus d’infos sur la JNE2019 sur Digital CMO :

« Avoir trop de données et ne pas s’y perdre » est l’un des nouveaux challenges majeurs des entreprises pour le vice-président marketing France de Salesforce qui pense également que nous entrons dans « l’ère du marketing de précision ». L’intelligence artificielle sera donc encore l’une des technologies incontournables en 2019.

Vincent Biard – Que vous inspire le dernier rapport Salesforce sur l’état de l’art du marketing digital ? Quels enseignements en tirez-vous ? Quelles en sont les surprises ?

Olivier Nguyen Van Tan – Le plus grand enseignement de cette étude est que l’on entre dans l’ère du marketing de la data. Pour des marketeurs comme nous, c’est l’accès à un nombre de données de plus en plus conséquent et nous pouvons utiliser ces données pour construire de nouvelles expériences clients plus personnalisées. Tout le challenge des clients Salesforce est d’utiliser cette data pour rendre de meilleurs services, offrir de nouvelles expériences à leurs clients et prospects sur tous les canaux digitaux mais aussi dans l’expérience physique dans les magasins notamment.

Vincent Biard – Le nombre moyen de sources de données pour cibler les clients et prospects était de 7 en 2017, 10 en 2018 et sera de 15 en 2019. D’après l’étude Salesforce, pour les meilleures équipes de marketing, il est urgent de trouver des solutions et des méthodes pour résoudre ce problème de traitement de données et d’identité des consommateurs. Quels outils proposez-vous ?

Olivier Nguyen Van Tan – Avoir trop de données et ne pas s’y perdre :c’est le challenge. Aujourd’hui nous avons des technologies permettant de traiter et d’analyser ces données de manière plus efficace, plus agile et plus pertinente. Je pense notamment à l’intelligence artificielle. Par exemple, un client Salesforce comme Adidas peut, grâce aux données récoltées sur son site d’e-commerce, proposer une présélection de produits correspondant aux préférences des utilisateurs. Cette intelligence artificielle permet d’automatiser, d’anticiper et personnaliser des expériences clients.

Vincent Biard – Les technologies intelligentes ont été utilisées par 44% des professionnels du marketing en 2018 contre 29 % en 2017. En France, en 2018, 31% des marketeurs interrogés par Salesforce ont utilisé l’intelligence artificielle. Comment ont démarré Einstein Bots et Einstein Prediction Builder lancés en bêta puis sortis en version finale dans le courant de l’été 2018 ?

Olivier Nguyen Van Tan – Les retours de nos clients français sont très bons car aujourd’hui ces technologies permettent justement de traiter un plus grand nombre de données automatiquement et d’identifier des comportements d’achats, d’anticiper des expériences clients que l’on pourra définir de manière plus précise. Nous rentrons dans l’ère du marketing de précision. Avant il y avait un seul message pour des millions de personnes, aujourd’hui on peut traiter les consommateurs de façon individuelle et personnalisée. De plus, des technologies comme Einstein Voice vont bientôt faciliter l’accès à ces technologies puisque l’on pourra parler à un assistant vocal qui aura un rôle d’assistant de CRM.

Vincent Biard – Pour Salesforce, la question de l’optimisation du choix des canaux devient de plus en plus complexe et les marketeurs vont avoir besoin de nouveaux outils pour obtenir une vue d’ensemble de ces engagements afin de les optimiser. Quels outils propose Salesforce ?

Olivier Nguyen Van Tan – C’est l’intelligence artificielle mais pas seulement. Chez Salesforce, nous avons une plateforme intégrée. Nous avons des briques d’applications dédiées aux ventes, au support client, à l’e-commerce, au marketing ou aux applications mobiles qui fonctionnent sur la plateforme Salesforce. Ces briques applicatives peuvent échanger des informations pour une meilleure collaboration.  Cela permet de coordonner les actions en temps réel entre les différents services avec le marketing au centre de ces flux d’informations. Aujourd’hui les consommateurs utilisent différents canaux et il est important d’en avoir une vue cohérente comme le permet la plateforme Salesforce.

Vincent Biard – Salesforce a récemment investi dans la start-up française Akeneo dont la solution de PIM (Product Information Management) était déjà intégrée à Salesforce depuis juin 2018. Quel est l’objectif de Salesforce avec cette participation ?

Olivier Nguyen Van Tan – Salesforce possède un fonds d’investissement appelé Salesforce Venture qui a investi plus de 100 millions de dollars sur les dernières années dans des startups européennes. L’investissement dans Akeneo en est la suite logique. Je pense à deux autres startups que sont Sigfox, l’une des pépites de l’IoT en France, et Augment qui travaille dans la réalité augmentée. Nous avons également racheté deux startups françaises : Instranet en 2008 et Entropysoft en 2013.

Vincent Biard – Dans l’interview donnée à Digital CMO en décembre 2017, vous annonciez avoir lancé une solution baptisée « My IoT » que plusieurs entreprises testaient et vous évoquiez des annonces fortes à venir dans la blockchain. Où en est Salesforce sur ces sujets ?

Olivier Nguyen Van Tan – Nous travaillons toujours sur la blockchain et nous n’avons pas fait d’annonce sur ce sujet. C’est toujours dans les cartons chez Salesforce. Sur l’IoT, nous avons une plateforme dédiée permettant d’utiliser les informations venant des objets connectés pour déclencher des actions métiers notamment pour lancer une campagne marketing ou ouvrir un cas de support client en fonction d’un capteur qui aurait remonté une panne dans Salesforce depuis cette plateforme IoT. J’en profite pour citer une très belle startup française qui s’appelle ZenConnect qui utilise la plateforme Salesforce en y développant justement de la maintenance prédictive à partir de l’internet

Vincent Biard – Que peut-on attendre de Salesforce en 2019 comme nouveautés ou rachats ?

Olivier Nguyen Van Tan – Je ne peux rien vous dire mais nous sommes une société en constante évolution. Nous avons choisi la date du 27 juin pour le Salesforce World Tour Paris, notre grand rendez-vous français. Nous espérons y avoir plein de nouveautés à annoncer.

Le dernier rapport sur l’état de l’art du marketing publié par Salesforce, leader américain des  logiciels de CRM, témoigne d’une augmentation importante des données et des canaux digitaux. Cette étude menée en 2018 auprès de 4 101 responsables de marketing -dont 300 en France- résume les quatre grandes tendances du métier de chief marketing officer (CMO) pour 2019.

1) Le marketing devient le lien transverse de l’optimisation de l’expérience client

Grâce à leurs points de vue uniques sur les exigences et les comportements des clients, les équipes marketing sont devenus leaders pour optimiser l’expérience client dans l’ensemble des services de l’entreprise. En France, un peu plus de la moitié des marketeurs partage ses objectifs et indicateurs avec les équipes d’e-commerce (51%), commerciales (57%) et de service client (52%) et 90 % des marketeurs affirment que le marketing et la publicité partagent les mêmes technologies. Au niveau mondial, 48% des leaders de marketing affirment que leur équipe gère des initiatives d’expérience client dans l’ensemble de l’entreprise contre 24% en 2017.

2) La surabondance de données pose la question de leur unification et de leur gestion

En France, le nombre moyen de sources de données pour cibler les clients et prospects était de 7 en 2017, 10 en 2018 et sera de 15 en 2019. Cependant, il ne suffit pas de recueillir des données provenant de différentes sources (e-mails, activité réseaux sociaux, statistiques du site web, transactions, services, etc.) mais il faut ensuite les unifier. D’après l’étude Salesforce, pour les meilleures équipes de marketing, il est urgent de trouver des solutions et des méthodes pour résoudre ce problème de traitement de données et d’identité des consommateurs. En France, 48 % des marketeurs ont cependant déclaré avoir une vue complètement unifiée de leurs sources de données clients.

3) L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée mais susciterait la méfiance des consommateurs

Les technologies intelligentes ont été utilisées par 44% des processionnels du marketing en 2018 contre 29 % en 2017. En France, en 2018, 31% des marketeurs interrogés par Salesforce ont utilisé l’intelligence artificielle et 33% ont employé des assistants vocaux. Mais d’après Salesforce, l’opacité de l’utilisation de l’intelligence artificielle et la question de la protection de la vie privée ont semé la confusion et la méfiance des clients. Du coup, un nouveau défi se pose aux marketeurs qui doivent établir un équilibre entre respect de la vie privée et personnalisation des données clients dont 95 % des marketeurs affirment qu’elles améliorent leurs programmes de marketing global…

4) Les équipes marketing recherchent un engagement en temps réel à travers tous les canaux de distribution

57 % des marketeurs suscitent l’engagement de leurs clients en temps réel sur un ou plusieurs canaux de commercialisation. Mais comme les clients alternent entre un nombre vertigineux de canaux, un engagement vraiment personnalisé qui s’adapte à leurs comportements reste peut-être illusoire. En France, les marketeurs interrogés décrivent la coordination de leurs canaux comme « cloisonnée » pour 29% d’entre eux, comme « efficace » pour 33% et comme « dupliquée » pour 37%. Pour Salesforce, la question de l’optimisation du choix des canaux devient de plus en plus complexe et les marketeurs vont avoir besoin de nouveaux outils pour obtenir une vue d’ensemble de ces engagements afin de les optimiser.

Crédit photo : Rawpixel

Pour télécharger le « Fifth Edition – State of Marketing – Insights and trends from over 4,100 marketing leaders worldwide » de 58 pages (PDF) en langue anglaise, cliquez sur le lien : https://www.salesforce.com/form/pdf/5th-state-of-marketing/

 

Ancien PDG de Radio France qu’il a quitté récemment, Mathieu Gallet vient d’annoncer la levée de quatre millions d’euros dans le cadre du développement de son projet de start-up sur les podcast appelé Majelan. La jeune entreprise souhaite digitaliser l’accès aux podcast et offrir de nouveaux services pour favoriser l’abonnement payant.

Mathieu Gallet a annoncé dans le Figaro avoir “réalisé une première levée de fonds de 4M€ en equity et en avance remboursable” pour la jeune entreprise Majelan qu’il a lancé cet été. Cette levée de fonds a été menée  par Idinvest Partners avec la participation d’investisseurs de renom tels que Jacques Veyrat (Impala), Xavier Niel (Kima Ventures) et Fabrice Larue (ex-Newen).

Dans son entretien au Figaro Mathieu Gallet a précisé que  cette levée de fonds “va permettre à Majelan de construire sa plateforme technologique et d’initier une politique éditoriale basée sur des productions originales”. Le créneau des podcast est perçu par les analystes comme une niche dans l’univers des médias mais avec la modification des usages il semble promis à un bel avenir.

Deux stratégies et bientôt un modèle payant

Une étude récente, réalisée  par Audible et Opinion Way,  indique  notamment que 39 % des français consommaient régulièrement des podcast contre 17 % seulement pour des livres audios.  Pour monétiser ce potentiel, il semble que les créateurs de Majelan -dont l’entrepreneur en start-up Arthur Perticoz-  misent sur deux stratégies. D’une part, la création de contenus originaux un peu à l’image de ce qu’a proposé Netflix pour se lancer et, d’autre part, des services digitaux permettant de monétiser l’abonnement à la plateforme.

C’est donc bien le modèle payant que vise Majelan, ce qui demandera sans doute à la plateforme de lever encore des fonds dans les mois qui viennent notamment pour gérer les abonnés. A moins que Mathieu Gallet mise plus simplement sur une plate-forme permettant de disrupter à terme un modèle radio aujourd’hui trop rigide par rapport à l’usage et l’évolution des modes de vie des milleniums. La course à l’audience, la baisse des revenus publicitaires, la modification des usages conduisent à fragiliser ce segment de marché des médias qui n’a pas encore trouvé dans internet un second souffle.

Crédit photo : Jason Rosewell