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Google vient de publier les résultats de son fonds Digital News Initiative (DNI) consacré aux aides à la Presse. On y apprends plusieurs choses. 150 millions d’euros ont été distribués par Google. La Presse et l’écosystème média français dans son ensemble ont bénéficié de 20,1 millions d’euros depuis 2015. Très peu de projets nouveaux et innovants ont été financés  avec des startups .

Dans son dernier rapport sur les résultats de Digital News Initiative, son fonds d’aide à la Presse, Google fait état d’un montant total de 150 millions d’euros  investi dans 662 projets digitaux médias dans le monde depuis le lancement de cette opération en 2015.

En Europe, c’est l’Allemagne qui totalise le nombre le plus importants de projets financés avec 93 investissements pour 21,5 millions d’euros. En France, Google à travers le DNI a investi 20,1 millions d’euros dans 75 projets.

D’après les données de ce rapport seulement 14,5 % des 150 millions d’euros investis ont bénéficié à des projets innovants de startups. Seulement 12 % des projets avaient pour objectif le développement des revenus digitaux.

En revanche, 52 % des montants ont servi à financer des projets de développement médias dans des nouvelles technologies. Le Monde cité dans le document de Google a notamment investi dans une plateforme d’abonnement en ligne. Cité par Google, Julien Laroche Joubert, Chief Digital Officer au Monde, a mis en place une plate forme d’abonnement croisée en fonction des profils abonnés. Le Monde a notamment vu sa diffusion digitale progresser de 40% à la faveur du confinement de mars 2020 pour atteindre 335 000 abonnés.

La lise des médias français financés par les aides Google DNI

20 Minutes, Agence France Presse (AFP), Atanas Tchobanov, Bayard Presse, Brief.me, Camera Lucida Productions (PCL) ,Casus Ludi, CCM Benchmark Group Challenges, Condé Nast France Contexte, Corse Presse SA CosaVostra, Courrier international SA E2J2, Ebra Group, Euronews, Frontline Media, Global Editors Network (GEN) Golden Network (GM6) Groupe L’Express, Groupe La Dépêche du Midi, Groupe Nice-Matin Ijsbergpress, Indie, Konbini Sas L’Equipe 24 24, La Nouvelle République du Centre Ouest, Le Figaro, Le Parisien, Le Parisien Libéré (by “UFIPAR”, a “LVMH” group company), Le Télégramme, Les Echos, Les Jours, Libération, loopsider, meltygroup, Meteo Consult, Monday Note SAS Next Interactive (Altice Media Group), Paris Normandie, Philo Éditions, Play-back Presse, PlayPlay, Pool, Prisma Media, Radio France, Reporters d’Espoirs, RTL Information et diffusion ID, Société Editrice du Monde, Société Ouest-France, Sparknews, SSO Geste, Tetu Ventures, TF1 SA, The Conversation Francen Université Pierre et Marie Curie, Usbek & Rica, VoxEurop.

eMarketer vient de publier ses prévisions annuelles sur la dynamique mondiale du marché publicitaire en 2020 et 2021. Sans surprise la crise économique pèsera fortement. En France, où la baisse du PIB a été confirmée à – 11 %, la décroissance anticipée par la revue & société d’études spécialisée américaine est de -11,8 %.

Selon eMarketer le montant des  dépenses publicitaires dans le monde baissera de 4,5% cette année pour atteindre 614,03 milliards de dollars. Une chute brutale à comparer aux prévisions de croissance effectuées avant la crise sanitaire. La société d’études prévoyait une augmentation de 7 %.

eMarketer prévoit que ce marché rebondira fortement en 2021 en raison d’une explosion des dépenses mondiales dans le digital qui augmenteront de plus de 16 % contre près de 8 % cette année.

eMarketer note qu’à l’exception de la Chine les 37 marchés publicitaires étudiés  cette année enregistreront une croissance négative. La Chine devrait anticiper une croissance à peine positive de 0,3%.

En France où la décroissance de l’économie nationale atteindra -11 % selon les derniers chiffres du gouvernement, eMarketer anticipe une baisse de près de 12%.

La baisse devrait être excessivement forte sur les médias traditionnels même si le Groupe TF1 a annoncé pour le troisième trimestre de cette année une croissance de ses revenus publicitaires de 7,5 %  et de plus de 16 % sur un an.  La reprise d’un confinement strict en France jusqu’à  Noël devrait peser sur la consommation des ménages et les dépenses publicitaires.

Après avoir annoncé en juin un nouveau programme de licence destiné aux éditeurs de presse et médias, Google confirme son intention de mieux rémunérer les contenus de la presse. Google a notamment prévu d’y consacrer 1 milliard de dollars dans les trois prochaines années.

En procès en France  avec de nombreux médias, notamment sur les droits voisins,  Google vient d’annoncer une enveloppe d’un milliard de dollars pour rémunérer les éditeurs qui signeront un accord de licence pour son nouveau fil d’actualité appelé News showcase.

Annoncé sur le blog de Google en juin dernier, ce fil de news sera spécifique et permettra aux internautes, selon Google, d’accéder à des informations plus complexes mais aussi de s’inscrire à ces fils d’infos en fonction de leur intérêt.

Pour nourrir News showcase, Google compte sur les éditeurs de presse. De leur coté, les principaux médias estiment qu’ils ne sont pas rémunérés à la hauteur de  leur présence sur Google en dépit du trafic que leur apporte le moteur de recherche. Avec ce service, Google promet plus de clicks vers les sites médias qui ont de plus en en plus de mal à monétiser leur audience.

Pour amadouer les éditeurs de presse, Google avait déjà investi plusieurs millions de dollars dans des projets de presse un peu partout dans le monde à travers son initiative Google News Initiative. Une structure qui lui permettait d’investir sur des projets médias innovants dans des startups ou chez des éditeurs traditionnels.

 

Alors que le spectacle sportif est limité à 1 000 spectateurs en salle du fait des dernières mesures sanitaires à Paris, le tournoi de Roland-Garros qui se déroule actuellement devrait tirer pleinement partie de ses investissements dans le digital.
En partenariat avec Infosys son partenaire technologique, les organisateurs du tournoi ont souhaité proposer de nombreux nouveaux services basés sur l’IA.

Selon Infosys, cette année, les fans de tennis pourront accéder à travers une nouvelle interface développée par Brilliant Basics, une division spécialisée dans le digital, à des services permetant de vivre les rencontres de l’intérieur. Au niveau média, le fan pourra revoir les rencontres de différentes manières. il pourra jouer et disposer de statistiques sur les coups de joueurs avec le service MatchBeats.

Infosys insiste sur l’apport de l’IA cette année pour innover dans deux domaines. Tout d’abord celui du coaching avec AI Coaching qui propose une toute nouvelle expérience d’application mobile et tablette pour les entraîneurs et les joueurs de Roland-Garros. Développée en collaboration avec le département des joueurs et des entraîneurs de la Fédération française de tennis, l’application intègre une analyse des matchs, une analyse des coups des joueur et permet de générer en vidéo des moments forts choisis sans passer par une phase de production. Cette lecture vidéo en temps réel permet une évaluation des matchs presque instantanée avec des possibilités de coaching immédiates.

L’IA pour le data journalisme

Le second domaine où Infosys a utilisé l’IA est celui de la production journalistique avec des outils permettant de créer grâce aux applications en langage naturel des contenus adaptés aux tendances actuelles en matière de data journalisme.  Les applications d’Infosys couvrent la création automatique de graphiques, notamment la production de  statistiques, des tendances, mais aussi des contenus vidéos et textes prêts à l’emploi. L’application AI Highlights d’Infosys permet même -et uniquement sur des données- de scénariser des moments forts pratiquement en temps réel.

L’application Fan de Roland-Garros et l’application des joueurs de Roland-Garros sont disponibles au téléchargement depuis les magasins d’applications respectifs pour les appareils Android et iOS.

En photo : Roland-Garros by night ©Corinne Dubreuil / FFT

Sur fond de campagne présidentielle aux Etats-Unis et de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, Oracle a annoncé avoir pris une participation de 12,5 % dans TikTok le réseau social de vidéo chinois. Walmart est associé au projet et ils détiendront à eux deux 20 % du capital. TiKTok devient TikTok Global et américain.

Menacée de suspension aux Etats-Unis par Donald Trump, Oracle a annoncé qu’il  va prendre une participation de 12,5 % dans TikTok Global. Parallèlement, Oracle deviendra le fournisseur de cloud sécurisé de la société chinoise. Parallèlement le gouvernement américain a confirmé son accord  provisoire à la prise de participation conjointe d’Oracle et Walmart.

Dans le cadre de cet accord, TikTok  détenu par Bytedance crée une nouvelle société appelée TikTok Global qui sera chargée de fournir tous les services TikTok aux utilisateurs aux États-Unis et dans le   reste du monde. Aujourd’hui, l’administration a approuvé sous condition un accord historique où Oracle devient le fournisseur de cloud sécurisé de TikTok.

A terme TikTok Global sera détenu majoritairement par des investisseurs américains, dont Oracle et Walmart. TikTok Global sera une société américaine indépendante, dont le siège est aux États-Unis, avec quatre Américains sur les cinq membres du conseil d’administration.

La victoire de Larry Ellison dans le digital

Avec cet accord TikTok dont les vidéos seront hébergées sur des serveurs américains écarte la menace d’interdiction d’exercer son activité aux Etats-Unis. L’administration Trump expliquait début août que les données obtenues par les applications TikTok et WeChat pourraient permettre au Parti communiste chinois de disposer d’information personnelles utilisables pour l’espionnage industriel.

Pour Oracle c’est aussi une victoire commerciale dans le Cloud. Le cloud d’Oracle devient le fournisseur numéro 1 de TikTok ce qui devrait lui permettre de regagner des parts de marché sur ce marché face notamment à la domination actuelle de AWS, Microsoft et Google.

Dans son communiqué, Oracle précise que c’est le résultat obtenu par la société Zoom grâce à son accord sur le cloud avec Oracle qui ont convaincu les responsables de TikTok et des ses investisseurs. Les revenus de Zoom grâce au télétravail ont progressé de 355 % «TikTok a choisi la nouvelle infrastructure Cloud de génération 2 d’Oracle car elle est beaucoup plus rapide, plus fiable et plus sécurisée que la technologie de première génération actuellement proposée par tous les autres grands fournisseurs de cloud», a déclaré notamment  Larry Ellison à l’occasion de cette annonce.

Il en profite également pour valoriser dans le moyen terme l’action d’Oracle qui souffrait de l’absence de relais de croissance sur le digital contrairement à Microsoft, Google et Amazon. Un moyen pour Larry Ellison, le milliardaire fondateur d’Oracle de revenir dans la course.

Les chiffres clés de TikTok

  • Lancé en septembre 2016 en Chine et en août 2018 dans le monde
  • 1,65 milliard de téléchargements, dont 738 millions en 2019 (44% du total).
  • 2ème application la plus téléchargée au monde hors jeux vidéo derrière WhatsApp
  • Application traduite en 39 langues
  • 800 millions d’utilisateurs actifs dans le monde
  • 9ème position dans le classement des réseaux sociaux
  • Au minimum une ouverture par jour par 90% des utilisateurs
  • La tranche d’âge des 10-19 ans représente la part la plus importante d’utilisateurs
  • Le chiffre d’affaires de TikTok en 2019 a avoisiné de 179 millions de dollars

En photo : Larry Ellison, fondateur d’Oracle ©DR

 

La nouvelle version du système d’exploitation mobile d’Apple sera disponible cet automne avec une modification majeure de ses paramètres de confidentialité. Facebook alarme sur ce changement susceptible de faire baisser de 50% les revenus publicitaires de ses partenaires et clients.

C’est lors de sa dernière conférence annuelle pour les développeurs (WWDC 2020) organisée en ligne le 22 juin dernier qu’Apple a annoncé cette modification cauchemardesque pour Facebook. Bientôt iOS 14, la quatorzième version du système d’exploitation mobile d’Apple pour iPhone, iPod touch et HomePod demandera désormais aux utilisateurs leur accord pour être identifié par une application tiers.

Jusqu’à présent, de nombreux partenaires et clients de Facebook s’appuyaient sur l’IDFA (Identifier for Advertisers) dont sont dotés les appareils iOS pour récolter et partager des données de chaque utilisateur afin de lui envoyer des publicités personnalisées. C’est cet IDFA que Facebook Audience Network utilise pour monnayer des données Facebook et Instagram permettant des publicités ciblées par des développeurs d’applications ou des sites tiers.

Presque la moitié du marché américain pour iPhone

Avec iOS 14, les 900 millions d’utilisateurs d’iPhone dans le monde (chiffre Apple) choisiront s’ils acceptent ou non de communiquer leur IDFA et donc d’accepter un tracking publicitaire. « Avec iOS 14, […] vous devrez recevoir l’autorisation de l’utilisateur via le framework AppTrackingTransparency pour les suivre ou accéder à l’identifiant publicitaire de leur appareil » prévient Apple aux développeurs et annonceurs.

Pour Facebook, une large part des utilisateurs refusera d’être suivie en permanence par une application. Si cette modification aura peu d’impact sur les publicités de ses propres applications, Facebook estime que les revenus liés à la publicité sur iOS de ses partenaires via Audience Network pourraient chuter de plus de 50% explique la firme dans un billet de blog publié le 26 août dernier.

Facebook ajoute même que « la mise à jour d’Apple peut rendre Audience Network si inefficace sur iOS 14 » qu’elle envisage même de ne plus la proposer. Sachant qu’aux États-Unis, Apple possède 47,9% du marché mobile, c’est un séisme.

L’affrontement de deux modèles économiques

Facebook a déclaré qu’il ne collecterait pas d’IDFA via ses propres applications sur les appareils iOS 14 tandis qu’Apple propose une API baptisée SKAdNetwork permettant aux applications de réaliser un suivi publicitaire certes bien plus limité qu’auparavant, mais qui n’affichera pas de pop-up pour prévenir l’utilisateur d’un suivi de ses activités.

Selon l’évaluation de la plateforme d’attribution mobile et d’analyse marketing AppsFlyer, les budgets d’installation d’applications mobiles seraient de 80 milliards de dollars en 2020 et atteindront 118 milliards de dollars d’ici 2022. L’industrie totale de la publicité mobile aurait eu une valeur de 241 milliards de dollars en 2019 avec une prévision de 368 milliards de dollars en 2022.

On assiste là à une bataille entre deux géants de la Tech ayant chacun un modèle économique spécifique. Apple développe un environnement fermé pour ses produits et Facebook profite d’un écosystème ouvert lui permettant de collecter et de revendre des données personnelles à des fins publicitaire. Mais avec la demande d’éthique grandissante et de plus en plus encadrée juridiquement, Apple semble aller dans le sens de l’évolution du marché.

Mise à jour du 04 septembre 2020

Apple reporte au début de l’année 2021 sa mesure anti-pistage publicitaire sur la nouvelle version d’iOS 14. « Pour donner le temps aux développeurs de faire les changements nécessaires, les applis n’auront à demander l’autorisation de pister les utilisateurs qu’à partir de l’année prochaine » précise Apple dans un article publié le 03 septembre 2020.

Montage photo : Tim Cook PDG d’Apple et Mark Zuckerberg, PDG de Facebook ©DR

 

Avec – 2% au second trimestre 2020 comparé à la même période de 2019, Alphabet, maison mère de Google, connait la première baisse de son chiffre d’affaires depuis son entrée en Bourse il y a 16 ans. Les autres GAFA publient des résultats en croissance avec notamment Amazon qui progresse de 40%.

Le chiffre d’affaires d’Alphabet s’est élevé à 38,29 milliards de dollars au second trimestre 2020 soit une baisse de 2 % par rapport au même trimestre de l’année dernière. C’est la première fois que Google enregistre une perte et, du coup, c’est l’info principale des résultats trimestriels des GAFA publiés le 31 juillet.

Les revenus publicitaires qui génèrent le chiffre d’affaires le plus important chez Alphabet se sont élevés à 29,867 milliards de dollars contre 32,494 milliards de dollars au deuxième trimestre 2019. Heureusement, Google Cloud – qui comprend Google Cloud Platform (GCP) et G Suite – a connu une hausse de 43 % par rapport à l’année dernière avec un chiffre de 3,007 milliards de dollars.

La pandémie est responsable de cette baisse pour Ruth Porat, chief financial officer (CFO) d’Alphabet Inc, qui a précisé qu’en fin de trimestre les annonceurs avaient quasiment autant investis que l’année dernière. L’action d’Alphabet reste néanmoins stable et la firme a annoncé que ses embauches seraient réduites pour le reste de l’année 2020. L’effectif devrait rester à 127 498 personnes.

Amazon triomphe, Facebook progresse, Apple n’a plus d’iPhone en stock

Tout va bien pour Amazon qui réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 40% avec 89 milliards de dollars et un bénéfice net qui double à 5,2 milliards. Durant la pandémie Amazon a augmenté ses capacités de livraison de 160% et AWS, son service de cloud, a généré près de 11 milliards de recettes.

Le chiffre d’affaires de Facebook a progressé de 11% au deuxième trimestre avec 18,7  milliards de dollars. Près d’1,8 milliards de personnes utilisent Facebook chaque jour soit une augmentation de 12%.

Belle progression également pour Apple qui a réalisé 59,7 milliards de dollars de revenus sur le deuxième trimestre soit 11% de progression par rapport à 2019. A noter que les ventes d’iPhone ont engendré 26,42 milliards soit quatre milliards de plus que les prévisions des analystes et il y aurait désormais plusieurs semaines d’attentes  pour les iPhone ! A noter que des équipements comme les iPad ou les ordinateurs Mac ont même connu un regain d’intérêt avec 20% de ventes en plus.

En photo : Ruth Porat, chief financial officer (CFO) d’Alphabet Inc, maison mère de Google.  ©DR

Le groupe Publicis vient de publier ses résultats pour le premier semestre. Son chiffre d’affaires progresse de plus de 9,7  % avec l’intégration d’Epsilon sur cette période en dépit de la crise du Covid-19. En revanche plusieurs indicateurs restent en rouge pour la suite de l’année.

Dans son dernier communiqué, le groupe Publicis a annoncé des résultats positifs en dépit de la crise du Covid-19. Les revenus progressent de 9,7 % sur le premier semestre 2020 en partie grâce à la contribution du rachat d’Epsilon d’un montant de 4 milliards de dollars. Sans ce rachat la croissance organique s’établit à -8 % et Publicis souligne aussi que la décroissance s’accélère au 2ème trimestre avec – 13 %. Publicis souligne dans son communiqué que “ces performance sont  bien supérieures à la baisse de 23 % des dépenses publicitaires mondiales estimée par Zenith ou encore celle de 30% indiquée par le WFA pour ce trimestre”.

Sur le plan géographique, les indicateurs sont là aussi intéressants à analyser. Publicis note une baisse moins forte que prévue sur le marché américain avec une diminution des revenus de 3 % sur le premier trimestre et de 6,8 % sur le second.  Publicis observe que “l’Europe a enregistré pour sa part une baisse de la croissance organique de 23,5 % sur le 2nd trimestre”. En Asie, la Chine enregistre une bonne performance pour le groupe français et limite au deuxième trimestre la baisse de sa croissance organique à -5,7 %.

 

Le marché français de la publicité digitale n’échappera pas cette année à une baisse importante. Sur le premier semestre la baisse est de 8 % et sur l’ensemble de l’année la baisse estimée par le SRI (Syndicat des régies internet) sera de 7 %. Les éditeurs sont particulièrement touchés.

Lors de la présentation en vidéo de ces chiffres semestriel, le SRI annoncé que les recettes de la publicité digitale avaient chuté de 8 % au premier semestre pour s’établir à 2,545 milliards d’euros. Sans surprise tous les leviers du digital sont en baisse. Comme aux Etats-Unis, le search et les réseaux sociaux ne sont pas épargnés et enregistrent une décroissance respective de 9 % et 5 %.

Mais c’est le segment de la publicité digitale traditionnelle (le display) qui baisse le plus avec une chute de 17 %. Tous les acteurs de ce segment de marché sont impactés et en premier lieu les éditeurs d’information avec une baisse de leurs revenus de 22 % sur ce semestre. En dépit de niveaux d’audiences historiques pendant la crise sanitaire, ces éditeurs n’ont pas pu monétiser leurs audiences.

L’audience en temps de crise ne paie pas notamment vis-à-vis de marques qui, de plus en plus, recherchent des environnements éditoriaux en adéquation avec leurs valeurs. La pression exercée récemment par les grands annonceurs américains sur Facebook  illustre parfaitement cette tendance de fond. Le constat est le même sur les médias digitaux des acteurs de la télévision et de la radio. Selon le SRI, la baisse des recettes est de 21,6 %.

Trop peu de revenus issus des abonnements digitaux pour les éditeurs

Plus surprenant : les sites de services, distribution & streaming musical, vidéos ont également enregistré des baisses significatives. En résumé, les annonceurs ont coupé de manière drastique dans leurs investissements digitaux lors de cette crise. Et il semble qu’ils continueront à le faire pour le deuxième semestre. Le SRI anticipe une baisse de près de 7 % pour l’ensemble de l’année.

Les difficultés économiques des éditeurs vont perdurer d’autant que leur modèle repose -pour la plupart d’entre eux- majoritairement sur la publicité. Très peux d’éditeurs en France, à l’instar du  New York Times, disposent de revenus digitaux par abonnement suffisamment conséquents pour enrayer la baisse de leurs revenus publicitaires. D’autant que la concurrence des géants de la Tech  est de plus en plus vive et que leur développement est à  peine freiné par les menaces de la taxe GAFAM soutenue par Bruno Lemaire et le Gouvernement.

L’après-crise Covid-19 va donc déboucher sur une profonde restructuration du secteur du digital français même si l’on peut s’attendre pour 2021 à une forte reprise du marché du digital français en lien avec la reprise économique.

En attendant les chiffres qui seront publiés par le SRI demain 7 juillet sur les investissements digitaux publicitaires sur le premier semestre 2020, eMarketer vient de publier un rapport concernant la France. eMarketer table sur une décroissance forte comprise entre 7 et 15 % en France pour 2020.

La société américaine eMarketer vient de publier ses prévisions d’évolution du marché publicitaire en France sur le premier semestre. L’ensemble des résultats sont accessibles  gratuitement dans ce rapport et prévoient une baisse importante.

Selon ce rapport de eMarketer, les dépenses publicitaires  diminueront entre 7,8% et 14,9% au premier semestre 2020 et table sur une stagnation ou baisse de tous les leviers publicitaires.

Les dépenses en France en search devrait ainsi s’établir 1,02 milliard d’euros (1,14 milliard de dollars) et seront en stagnation par rapport à l’année passée.  eMarketer a annoncé que les revenus de Google baisseront pour la première fois aux Etats-Unis depuis 10 ans. Pourquoi ? En raisin en partie de la concurrence de Facebook et surtout d’Amazon mais aussi sans doute parce que le secteur de eCommerce est rentré dans une période de plus grande fidélisation de ses clients que de pure conquête commerciale sur Internet.

Sur la publicité digitale classique les prévisions sont plus négatives. La fourchette de la baisse prévue par eMarketer se situe entre  11,2% et 20,0% sur le premier semestre. Des chiffres confirmés par certains éditeurs comme Webedia qui vient d’annoncer un plan de restructuration. Du coté des médias traditionnels les baisses sont tout autant sensibles. eMarketer dans son rapport table sur une baisse de 15 %  à 20 % du marché publicitaire sur la télévision.