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Insideboard, la plateforme collaborative française de formation, vient d’annoncer une levée de fonds de 25 millions d’euros. Elle estime que ses services sont bien positionnés aujourd’hui dans l’économie de de la distanciation, notamment dans la conduite du changement. Un marché dominé par la Tech américaine avec Teams de Microsoft, Slack ou encore Zoom.

En pleine crise du Covid-19, de la montée en puissance du télétravail et des services de distanciation, Axa Venture Partners, Orange Venture et ISAI   ont annoncé un investissement de 25 millions d’euros dans la jeune entreprise Insideboard créée en 2012. Comme Klaxoon, Insideboard est positionnée sur les solutions et services liées à la conduite du changement et à la gestion des talents avec des nouveaux services comme des challenges ou des programmes ambassadeurs.

L’approche de l’entreprise est très liée à la formation et à la gestion des ressources humaines mais sa solution est basée sur une plateforme en mode SaaS. Insideboard cherche à se positionner à la fois sur la transformation digitale du secteur de la formation et de la gestion du capital humain tout en offrant des solutions concurrentes des grandes plateformes collaboratives comme Slack ou Teams en terme de collaboratif.

Remplacer le middle management par l’Intelligence Artificielle ?

Dans son communiqué de presse Insidboard précise que “les entreprises  doivent révolutionner leur approche de la gestion du changement pour réussir. Jusqu’à présent, 75% des projets de transformation ont échoué car ils reposaient sur une approche traditionnelle de la gestion du changement, centrée principalement sur la formation”.

Sur le plan technique Insideboard propose une plateforme collaborative qui utilise l’intelligence artificielle et une approche basée sur les objectifs inspirée du système OKR (objectifs et résultats clés) de Google qui motive les équipes et les rassemble autour des résultats attendus.

C’est d’ailleurs dans le domaine de l’Intelligence Artificielle que souhaite se renforcer Insideboard afin de mieux connaître les mécanismes d’engagement des employés et de leur proposer de surveiller leurs objectifs. Une plate-forme qui conduit donc les employés à plus d’autonomie, en collaboratif et qui devrait permettre de réduire les coûts d’encadrement ou de middle management.

Insideboard est citée par le Gartner et elle est par ailleurs partenaire de nombreuses solutions d’infrastructure informatiques en gestion des ressources humaines, CRM ou encore ERP afin d’être parfaitement intégrée sur le plan technologique.

Photo : Yohan et Michaël Bentolila, fondateurs d’Insideboard ©Insideboard

Alors que les cabinets d’études annoncent un ralentissement général de l’investissement informatique, les solutions technologiques liées au digital continuent à attirer les investisseurs. La startup française Contentsquare vient d’annoncer une levée de fonds de 190 millions de dollars, essentiellement auprès de fonds VC américains. L’objectif : s’armer technologiquement pour affronter l’ère de l’intelligence artificielle.

Comme Dataiku, Talend dans les données ou encore Outscale dans le cloud, Conentsquare fait partie de ces startups françaises de la Tech qui attire les grands acteurs du capital-risque américain. Au départ la société  est positionnée sur un marché lié à l’expérience utilisateur en e-commerce avec une offre d’analyse de données permettant à ce secteur d’optimiser ses actions marketing.

La base de clients de la jeune entreprisse française s’est ensuite élargie à plusieurs références mondiales. Elle compte parmi ses clients des sociétés comme Sephora, TMobile, Salesforce, Dell, LVMH, Carrefour, Ikea, Orange soit une pénétration de 30 % des grands comptes mondiaux selon ses sources. Dans son communiqué, Contentsquare précise qu’elle analyse chaque jour 10 milliards d’interactions client et près d’1,4 milliard de dollars de transactions en ligne, soit l’un des plus grands benchmarks de données comportementales au monde.

Entrer dans l’ère de l’intelligence artificielle

Contentsquare indique aussi dans son communiqué que le tour de table a été mené par BlackRock Private Equity Partners. La plupart des investisseurs existants – Bpifrance via son pôle fond Large Venture, Canaan, Eurazeo Growth, GPE Hermes, Highland Europe, H14 et KKR – ont participé à cette nouvelle levée.

Avec cette levée de fonds, l’entreprise française précise que cela lui permettra de rester dans la course technologique dans l’Intelligence Artificielle et l’analyse prédictive. Un domaine où l’on retrouve tous les grands acteurs de l’informatique actuelle (AWS, Google, Adobe, Oracle ou encore Salesforce) mais avec des offres moins intégrées aux applications digitales que celles proposées par Contentsquare.

Par ailleurs la startup offre plus de services car Contentsquare transforme ces données en recommandations qui permettent aux entreprises de prioriser leurs décisions et d’augmenter leur conversion et leur chiffre d’affaires. Créée en 2012, Contentsquare a fait l’acquisition de Clicktale et de Pricing Assistant, solution d’analyse des prix et des produits pour étendre sa couverture de données analysées.

Intel a annoncé le rachat pour 900 millions de dollars de Moovit, une startup israélienne spécialisée dans la mobilité. Un secteur dont le développement est en train de s’accélérer dans le contexte de la crise du Covid-19.

Basée à Tel Aviv, la jeune entreprise  Moovit ne compte que 200 salariés mais pèse prés d’un milliard de dollars de valorisation aux yeux des géants de la Tech. Crée en 2012 cette jeune entreprise est spécialisée dans les services à la mobilité. L’entreprise est positionnée sur un marché plus large lié à la donnée permettant de combiner pour une destination tous les moyens de transports.

Son service Moovit permet notamment aux voyageurs de planifier leurs voyages en combinant tous les modes de transport : les transports en commun, les services de location de vélos et de scooters, le trajet en voiture et le covoiturage. Une solution qui prend tout son sens à l’heure actuelle avec la fin du confinement et la volonté des entreprises et des collectivités de proposer des solutions alternatives pour éviter les risques sanitaires dans les transports publics. Moovit publie d’ailleurs des analyses des évolutions en terme de transport pendant cette crise et propose ses services spécifiques aux municipalités et aux entreprises.

Intel qui était déjà actionnaire de Moovit va intégrer la jeune entreprise dans sa division mobilité  Mobileye connue pour son système d’aide automatique à la conduite ADAS. Un marché dont le développement futur dépend des capacités de financement d’une industrie automobile qui devrait sortir trés affaiblie de cette crise et en concurrence directe avec tous les moyens de transports alternatifs.

Photo : Nir Erez, CEO de Moovit ©DR

 

Alan fait partie des startups à succès qui ont levé des fonds importants ces dernières années. Créér en 2016, la jeune Assurtech qui s’est fait une place dans la prévoyance santé en entreprise vient d’annoncer une levée de fonds de 50 millions d”euros pour pivoter vers les services de santé.

C’est en bonne place sur son site web, Alan a lancé  depuis le démarrage de la crise du Covid-19  le programme « Coup de pouce ». Gratuit et ouvert à tous, il donne accès aux dernières informations disponibles sur le COVID-19, à une application  d’auto-diagnostique ainsi qu’à un service de télémédecine et à des programmes de Yoga. En annonçant une nouvelle levée de fonds de 50 millions d’euros, la jeune entreprise française souhaite encore accentuer ce positionnement dans la télémédecine et les services digitaux aux assurés.

Selon certaines sources, la société qui compte 200 salariés et réalise un chiffre d’affaires de plus de 50 millions n’aurait séduit que 75 000 clients dans le domaine de la prévoyance santé en entreprise. Une place acquise, il est vrai en peu de temps, grâce à ses levées de fonds successives (23 et 40 millions d’euros) mais qui reste modeste dans le monde du courtage des assurances.

50 millions d’euros pour pivoter dans les services digitaux de santé

Avec cette nouvelle levée de fonds, Alan souhaite se positionner sur les services de santé de demain. « Depuis sa création, Alan a pour mission de rendre le système de santé simple, juste et transparent pour tous. Dans le contexte de crise actuel, cette ambition est d’autant plus forte. La crise de COVID-19 a renforcé l’aspiration des individus à avoir une meilleure emprise sur leur propre santé et à bénéficier de meilleurs soins à tous les niveaux” précise notamment la société dans son communiqué de presse.

Alan souhaite notamment bâtir ce que la jeune société appelle le futur des soins de santé. “L’ambition d’Alan est de devenir la principale application de ses membres pour accéder à des informations instantanées lorsqu’ils se préoccupent de leur santé, trouver des praticiens et communiquer avec eux ou encore recevoir des conseils de santé personnalisés et proactifs” précise encore Alan dans son communiqué de presse.

Une ambition qu’elle veut construire à l’international et qui sera un véritable challenge au regard de la concurrence internationale et des enjeux technologiques en IA  dans ce secteur.

Photo : Charles Gorintin et Jean-Charles Samuelian, fondateurs de la société et respectivement CTO et CEO . ©Alan

Alors que les levées de fond sont au point mort en France avec la crise du Covid-19, l’éditeur D-AIM vient d’annoncer une levée de fonds de 10 millions d’euros sur un segment trés concurrentiel du marketing ciblé. Explications.

La crise actuelle va-t-elle porter davantage le marché des solutions de marketing automatisée et ciblées ? C’est ce que semblent penser les VC qui viennent de financer un tour de table de 10 millions d’euros dans ce domaine avec l’éditeur français D-AIM anciennement InBox. Cet éditeur spécialisé dans les logiciels marketings en mode SaaS avec une composante IA vient d’annoncer cette levée de fonds opérée  avec Alliance Entreprendre (leader de l’opération), SWEN Capital et  Sofiouest, investisseur historique de l’entreprise, tout comme  Omnes Capital qui renouvellent leur confiance en participant à ce nouveau tour de table.

Dans un communiqué de presse, l’éditeur français affiche un bel optimiste. « Nous avons réalisé un travail très important de R&D reposant sur une collaboration étroite avec nos clients, l’état de l’art en matière de data science et une vision du marketing du futur. Grâce à ces trois éléments et après 3 ans de réflexion et de travail acharné, nous pouvons proposer un produit qui n’existe nulle part ailleurs. L’IA arrive au service de l’expérience client et permet de rebattre les cartes de l’hyper personnalisation » explique Stéphane Amarsy son dirigeant. Il précise également que cette levée de fonds devrait permettre à la sociét de développer son chiffre d’affaires international notamment aux Etats-Unis.

De l’IA marketing sans data scientists

S’il est vrai que ce type de solution est davantage recherchée par les CMO en période de crise, on sait avant toute chose que se sont toutes les dépenses marketing et communication qui feront l’objet d’une réduction importante si la baisse de l’activité des entreprises se prolonge. Pour éviter cela D-AIM estime disposer d’une solution à base d’intelligence artificielle qui permet de se passer des data scientists, souvent incontournables, pour établir les meilleurs scénarios prédictifs. L’outil est présenté comme directement opérationnel pour les marketeurs sur tous les canaux de la relation client. Une approche globale d’éditeur qui peut séduire les PME/PMI face aux leaders de la Tech actuelle mais qui demande une capacité d’innovation constante et surtout un effort de formation non négligeable des décideurs marketings actuels dans leur transformation digitale. Un autre volet de l’offre de cet éditeur.

En photo : l’équipe de D-AIM en avril 2019 ©D-AIM

 

 

Le capital-risque a horreur du vide. Les levées de fonds continuent tant en Asie qu’aux Etats-Unis mais dans les secteurs de l’après-crise. Selon les données de la National Venture Capital Association, 285 entreprises liées à l’IA aux États-Unis ont levé 6,9 milliards de dollars au premier trimestre de 2020. Loin de ralentir, le mouvement semble même s’accélérer dans le financement des startups de l’intelligence artificielle.

Selon les chiffres donnés par la National Venture Capital Association, si le mouvement se poursuit sur 2020, les montants investis seront supérieurs à 2019. Sur l’année passée les startups de l’IA avaient levé 18,05 milliards de dollars. Rien que ces dernières semaines, plusieurs levées de fonds significatives ont eu lieu.

Biocatch a annoncé une levée de fonds en IA de 145 millions de dollars. La société Edited a levé 29 millions de dollars dans le machine learning. Awake Security a récolté 36 millions de dollars dans la sécurité en IA. Sur le sujet très sensible de la gestion et protection des identités, Onfido a levé 100 millions de dollars et pour la société FarEye ce sont 25 millions de dollars dans la gestion prédictive de la supply chain. Des exemples qui viennent  illustrer le dynamisme des levées de fonds dans ce secteur mais qui témoignent aussi des besoins qui semblent s’amplifier avec la crise actuelle.

Selon les chiffres donnés par la revue Venure Beat, la performance des startups de l’IA  sur ce trimestre est d’autant plus remarquable que l’ensemble du marché des levées de fonds aux Etats-Unis régresse un peu ce trimestre par rapport à 2019. Sur le premier trimestre 2020 ce sont 34 milliards dollars qui ont été investis par les VC contre 38 milliard dollars un an auparavant.

Les startups IA : les pelles et pioches du futur digital post-crise

Même si la dynamique en faveur des investissements dans l’IA ne datent pas de la crise du Covid-19, les besoins qui ont émergé dans différents usages ont montré que la plupart des services digitaux devaient passer un cap technologique. Le premier besoin criant a été celui du nombre exponentiel d’utilisateurs à gérer dans les services de télétravail, de visio conférence ou de cours en ligne.

Gérer autant de nouveaux utilisateurs nécessite une agilité informatique que peuvent fournir les startups de l’IA dans le domaine de la sécurité, de la gestion des identités, des transactions financières ou encore de  protection des données. L’exemple de la faille de sécurité du service de visio conférence  de Zoom est d’ailleurs un exemple concret des soucis de  toutes les startups positionnées sur ces services pour l’avenir.

Pour certains analystes, ces startups de l’IA sont donc bel et bien les pelles et les pioches dont le digital a besoin dans tous les domaines de l’IA. Comme lors de la ruée vers l’or, ce ne sont pas les chercheurs d’or qui vont s’enrichir le plus mais bel et bien ceux qui vont leur fournir les pelles et pioches pour creuser leur filon.

La course aux bonnes affaires startups  est-elle déjà lancée ? Apple vient d’annoncer le rachat de la jeune entreprise Voysis basée à Dublin et spécialisée dans la voix et le langage naturel.

Selon le site Bloomberg, Apple vient de racheter Voysis, une jeune entreprise irlandaise spécialisée dans la voix et les assistants vocaux.  Cette acquisition va lui permettre de renforcer ses compétences technologiques pour son assistant intelligent Siri mais aussi pour d’autres services à base de langage naturel.

Cette jeune entreprise est spécialisée essentiellement dans  les applications voix dans l’e-commerce. Comme le souligne Bloomberg,  la page web de Voysis n’est plus accessible mais on comprend que la société était en train de travailler sur des requêtes voix proches du langage naturel. Une dimension technologique que Siri ne maîtrise pas encore et qui nécessite des développements importants.

Pour certains analystes les capacités de reconnaissance vocales de Siri sont inférieures aujourd’hui à celles proposées par Amazon et Google. C’est donc pour rattraper son retard qu’Apple aurait procédé à ce rachat. Selon d’autres sources, cette startup aurait levée 8 millions de dollars en 2017. Il est clair que dans le contexte actuel elle ne pouvait espérer lever des fonds supplémentaires à court terme. Même si Apple a les moyens de ne pas être opportuniste, la course aux bonnes affaires  startups pourrait s’intensifier dans tous les domaines dans les mois qui viennent.

 

Alors que les levées de fonds sont au point mort en France, l’américain 96point6 vient d’annoncer une levée de fonds de 43 millions de dollars pour poursuivre ses développements de télémédecine. La startup vient d’annoncer le triplement de ses équipes pour satisfaire ses clients en télédiagnostic durant la crise sanitaire.

98point6 est une jeune entreprise américaine spécialisée dans la fourniture d’applications de télédiagnostic. Dans le cadre de la crise sanitaire actuelle elle propose notamment un dashboard permettant à ses abonnés de suivre la durée d’attente moyenne avant de joindre l’un de ses conseillers.

Comme l’explique Venture Beat dans un article très détaillé sur cette société, 98point6 fait partie de l’écosystème des startups américaines positionnées sur le marché de la télémédecine. Venture Beat cite dans son article des sociétés comme CirrusMD, Heal, Pager, Kry, HealthTap, RubiconMD, SnapMD, Mfine, Pager, K Health ou Doctor on Demand.

En France, c’est Doctolib qui représente le mieux ce secteur et qui fait partie des licornes françaises. Toutes ces sociétés parient plus ou moins sur le succès de l’intelligence artificielle pour fournir des diagnostics en temps réels à leurs patients et sur la qualité digitale de leurs applications.

Un marché de 130 milliards de dollars en 2025 selon Venture Beat

Selon Venture Beat, le marché mondial de la télémédecine qui comprend aussi tous les services qui facilitent le diagnostic et le traitement médical à distance devrait atteindre à 130,5 milliards de dollars d’ici 2025. La crise sanitaire actuelle est sans aucun doute un facteur d’accélération important de ces services notamment dans un pays où le recours aux services classiques de médecine dépend de sa couverture individuelle.

En levant 43 millions de dollars très rapidement en pleine crise du Covit 19 aux Etats-Unis, 98point6 devrait bénéficier d’un coût de projeteur sur ses services. D’autres levées de fonds devraient intervenir dans les mois qui viennent dans cet éco-système. La course est lancée et il est clair qu’il faudra des moyens importants à toutes ces sociétés pour offrir des services efficaces et comparables à ceux existants aux patients. Cela passe par une montée en puissance de l’intelligence artificielle mais aussi de l’infrastructure cloud sécurisée de ces entreprises et le tout à un tarif acceptable pour les compagnies d’assurance mais aussi pour les praticiens qui font également partie de ces nouveaux modèles économiques. 

En photo : Robbie Cape, CEO et cofondateur de 96point6 ©DR

Le Gouvernement vient d’annoncer un plan d’aide spécifique start-up en quatre volets. L’objectif est de sauver un secteur dans lequel le Gouvernement, les fonds de capital-risque et les business angels ont investi plus de douze milliards d’euros sur les six dernières années. Cet écosystème de 8 000 sociétés commençait juste à faire émerger quelques licornes mais par nature reste extrêmement fragile.

Les quatre volets du plan du Gouvernement

“C’est un plan d’urgence qui vise à soutenir la trésorerie des startups dont l’activité est affectée par le Covid-19. Il mobilise tous les leviers de financement usuels des startups : bridges, crédit impôt recherche, prêts spécifiques, aides à l’innovation” a précisé Cédric O, le secrétaire d’Etat au numérique lors de sa présentation il y a deux jours.

Pour palier au plus urgent le gouvernement a annoncé une enveloppe de 80 millions d’euros financée par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et gérée par Bpifrance. Ces montants vont servir à financer des bridges entre deux levées de fonds qui risquent de prendre désormais plus de temps compte tenu du contexte.

Autre mesure spécifique : deux milliards de prêts garantis à l’intérieur de l’enveloppe de 300 milliards d’euros annoncée par Bruno Lemaire. Ils pourront représenter jusqu’à 25 % du CA de l’année 2019.  Ces prêts (à faible taux à partir de 0,25 %) seront  distribués à la fois par les banques privées et par Bpifrance, interlocuteur privilégié des startups.

Les deux autres mesures sont destinées à soutenir la trésorerie de ces entreprises. La plus significative sera le remboursement du CIR (crédit d’impôt recherche) et un traitement accéléré des demandes de remboursement des crédits de TVA par la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Enfin, le gouvernement devrait rembourser aux jeunes entreprises 250 M€ en accélérant le paiement des aides à l’innovation du PIA comme les concours d’innovation ou en versant par anticipation les tranches non encore distribuées pour les dossiers déjà validés.

Quel impact sur l’écosystème des startups françaises ?

Dans le cadre de ce plan d’aide, le Gouvernement a aussi annoncé qu’il maintenait ses efforts en faveur du financement des jeunes d’entreprises en 2020 pour un montant de 1,3 milliards d’euros. Une annonce importante au regard de la manière dont s’est développé le capital-risque en France ces dernières années. La Bpi a notamment joué un rôle d’investisseur leader dans un grand nombre de dossiers qui ont donné confiance aux autres investisseurs qui ont alors investi ou se sont servi de la garantie Bpi. Sur une moyenne de deux milliards d’euros investis en moyenne chaque année dans les startups, la part de la Bpi est proche d’un milliard. Il s’agit donc bien d’éviter que les autres investisseurs se retirent du marché français.

Mais si cette stratégie a permis de doper le marché français du capital-risque, cela s’est traduit aussi par un émiettement important des investissements. La France est la championne du monde en nombre de création de startups mais le nombre de licornes est faible. La prise de conscience de cette faiblesse a conduit à une augmentation  de la taille des levées de fonds ces derniers mois et à la création d’un indice Next40, véritable incubateur à Licorne. Il n’en reste pas moins que la structure de l’écosystème des startups françaises est extrêmement fragile avec notamment une part importante de sociétés dépendant des incubateurs régionaux ou de corporate venture. Il faudra donc que ces structures, notamment les grandes entreprises,  jouent pleinement leur rôle de soutien pendant la crise à venir pour maintenir cet écosystème. Sur le moyen terme c’est loin d’être garanti.

Le capital-risque a horreur du vide et pense déjà à de nouveaux secteurs comme l’économie de la distanciation

La crise internet de 2000 et celle des subprimes de 2008 ont changé les comportements des fonds de capital-risque et de leurs investisseurs. Beaucoup de fonds, en dépit des annonces de levées de fonds, ne disposent pas dans la réalité de ces fonds. Même situation du coté des startups qui n’auront pas forcément la possibilité de mobiliser les fonds levés. Parce qu’ils sont indexés sur des critères de performances ou tout simplement parce que les fonds n’en disposent plus.

Face à une situation de crise, le premier réflexe des fonds de venture capital est de “nettoyer” leur portefeuille en se concentrant sur les deux ou trois pépites qu’ils ont pu identifier et puis très rapidement de penser à l’avenir en investissant dans les secteurs que la crise fait émerger. On évoque déjà beaucoup dans le secteur du capital-risque les technologies d’avenir. Un secteur d’investissement est en train de se dessiner avec  la distanciation, le télétravail, le télé-enseignement, la visioconférence médicale et le télédiagnostic et bien d’autres technologies. Mais aussi celui d’un secteur de santé 3.0 avec davantahe d’intelligence artificielle, de robotisation, d’aide automatisée aux personnes vulnérables. Le capital risque a horreur du vide.

 

 

Open CNP, le fonds de Corporate Venture de CNP Assurances, a annoncé avoir investi, aux côtés d’Hugues le Bret, (fondateur du compte bancaire Nickel) et de Side Capital, 6 M€ dans Paylead. La jeune entreprise propose un programme de fidélisation en e-commerce où les banques sont intégrées à la relation client avec les acheteurs.

Paylead est le nouvel investissement d’Open CNP, le fonds de Corporate Venture  de 100 M€ de CNP Assurances. Ce fonds a déjà investi dans October, H4D, Alan, Stratumn, MyNotary, Lydia, YesWeHack, Intercloud et CybelAngel. Paylead propose de créer des programmes de fidélité basés sur des données anonymisées recueillies après consentement des utilisateurs. Pour cela Paylead s’appuie sur la directive DSP2 pour analyser les habitudes de consommations et les dépenses des consommateurs.

Par rapport à d’autres prestataires dans ce domaine l’originalité de Paylead repose sur sa capacité à impliquer des acteurs bancaires ou des fintechs. Pour chaque achat effectué chez un marchand partenaire, le consommateur reçoit du cashback ou de l’épargne reversés sur son compte instantanément. Comme pour Lydia , qui a levé récemment 40  millions d’euros,  c’est la capacité technologique de ces startups à traiter de la donnée par des algorithmes qui semble séduire les investisseurs du monde bancaire et des assurances. Il est vrai que l’acquisition de nouveaux clients à l’ère du digital est devenu un enjeu pour tout le secteur. Il y a deux ans, BNP Paribas n’a pas hésité ainsi à racheter les 500 000 clients de Nickel environ 200 millions d’euros selon certaines sources. Ce qui donne un lead bancaire à 400 € dans le cadre de cette opération.

C’est donc bien l’appétit des investisseurs pour de nouveaux modèles d’acquisition client dans le secteur bancaire et de l’assurance qui semble tirer les investissements dans les fintechs françaises. Il reste à Paylead à prouver qu’il est capable de construire un modèle de consentement et de fidélisation supérieur aux services que proposent les acteurs publicitaires sur les cookies. Sur un marché de la donnée marketing en pleine mutation avec les annonces récentes de Google sur les cookies, Paylead tente une approche de la fidélisation davantage à valeur ajoutée que la simple analyse du parcours client à travers les données des cookies. Reste à se faire une place sur ce marché trés concurrentiel qui va demander des investissements en recherche et développement avec l’IA de plus en plus importants dans les années qui viennent.