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Meero, qui compte seulement 3 ans années d’existence, vient d’annoncer une levée de fonds de 237 millions de dollars. La plus grosse levée de fonds parmi les startups françaises cette année. Au total, le site de photographies et services d’image pour les  professionnels a levé depuis sa création 300 millions de dollars.

On connaissait les success story des startups de la photo comme Fotolia racheté il y a 4 ans par Adobe pour 800 M€ mais pas encore celles évoluant dans le monde de la photographie et vidéo professionnelle. Meero pourrait être une de celles-là depuis son annonce de levée de fonds record de 237 millions de dollars.

Avec cet argent la startup française prévoit de finir l’année avec 1 200 employés répartis sur ses cinq bureaux dans le monde. Pour cette levée, qui porte à près de 300 millions de dollars le financement total de cette jeune entreprise, le risque a été réparti entre un grand nombre de fonds : Eurazeo, Prime Ventures, Avenir Growth et GR Capital se sont joints aux investisseurs historiques – Global Founders Capital, Alven, Aglaé Ventures, White Star Capital et Idinvest Partners.

Développer plus de services en BtoBtoC et devenir un studio digital mondial

Meero n’est pas une société qui a disrupté le monde de la photographie professionnelle. Celui-ci avait souffert, bien avant, de la montée en puissance de la photographie grand public avec notamment les capacités offertes par les téléphones portables. Meero a pluôt redonné des outils professionnels de gestion et service  aux semi- professionnels et professionnels de la photographie tout en leur offrant  de nouveaux débouchés dans des marchés comme l’immobilier, les mariages, la restauration et l’e-commerce.

La startup, qui compte aujourd’hui plus de 31 000 clients dans une centaine de pays, souhaite désormais proposer ses services de photographie, jusque-là réservés aux professionnels, à la clientèle des particuliers. Jusqu’à présent elle opérait principalement sur le marché des professionnels avec sa suite d’outils mymeero (comptabilité, CRM, marketing…) destinée à faciliter la gestion de leur activité. et l’animation de cette communauté qui était pas fédérée. Meero dans ce domaine a même lancé une fondation de soutien à la photographie… Autant de projets lancés par Meero qui souhaite se focaliser sur LA mission qui l’anime depuis sa création.

Mais dans l’avenir Meero veut surtout se renforcer technologiquement dans l’édition automatique, la retouche  et d’enrichissement de contenu photographique. Un peu à l’image de certains services gratuits proposés par les réseaux sociaux. Même si le service proposé par Meero offre davantage de valeur ajoutée La jeune entreprise estime que 60 minutes de prise de vue réelle nécessitent jusqu’à 4 heures de travail de post production supplémentaires. Les technologies de pointe d’édition, d’enrichissement de contenu et d’automatisation de la retouche développées par Meero réduisant, selon elle, ce temps à quelques secondes. Meero se positionne donc dans le futur comme un studio mondial automatisé permettant de produire photo et vidéo à des prix très compétitifs. Il restera à Meero, dans cette transition, à conserver le support de sa communauté, qui pour l’instant a fait son succès.

 

Capgemini et ISAI, le fonds internet géré par Jean-David Chamboredon, annoncent le lancement d’un fonds d’investissement à destination des startups B2B de 90 millions d’euros.
Après les annonces de Salesforce Venture , ce fonds va cibler aussi de jeunes entreprises porteuses de solutions innovantes, futurs leaders de l’industrie du logiciel (IaaS, SaaS, PaaS) et de l’informatique durable.

La gestion du fonds ISAI Cap Venture  sera confiée à ISAI

Alors que Capgemini possède déjà sa propre structure de Corporate Venture, Capgemini Ventures, dont la mission est d’investir et de nouer des partenariats avec l’écosystème en France, la société de service française a précisé que la gestion du  fonds  « ISAI Cap Venture », serait confiée à ISAI. Cap Gemini précise que cette entité ciblera des jeunes entreprises à travers le monde, et majoritairement en Europe, ayant atteint un stade de maturité suffisant pour permettre une démarche commerciale conjointe à son activité.

ISAI Cap Venture sera donc bien sur le papier un fonds de Corporate Venture. Dans son communiqué,  Capgemini précise bien d’ailleurs ses missions. Tout d’abord  le sourcing des opportunités d’investissement  qui sera assuré principalement par Capgemini à travers son réseau mondial, ce qui devrait permettre de repérer des entreprises complémentaires aux activités actuelles de Capgemini et de les intégrer à son portefeuille de solutions et services. Puis ensuite l’identification de cibles précises à travers une sélection de jeunes entreprises choisies en fonction du potentiel de synergies avec Capgemini.

Une stratégie plus proche de la tech américaine

Dans son communiqué, Capgemini précise toutefois que le fonds « ISAI Cap Venture » investira dans 15 à 20 startups en suivant strictement les règles et pratiques de l’industrie du capital-risque. Une démarche plus proche de celles des grands acteurs de la tech américaine que des grandes  entreprises françaises qui voient trop souvent dans le Corporate Venture une simple animation de l’écosystème innovant. « Notre proximité avec le groupe Capgemini nous a permis de lancer ce fonds sur des bases claires, permettant à chacun de jouer son rôle. Capgemini sera le business partner et l’accélérateur de croissance pour les startups et scale-ups du portefeuille.»

« Nous serons, comme à notre habitude, l’investisseur en capital-risque structurellement aligné sur les intérêts des jeunes entreprises et de leurs actionnaires » a commenté  Jean-David Chamboredon, Président exécutif d’ISAI dans le cadre de cette annonce. De son coté Capgemini estime que ce fonds va lui permettre d’accélérer dans le domaine de l’innovation ouverte et devenir ainsi « un véritable un facilitateur d’adoption des technologies innovantes ayant la capacité d’en assurer un déploiement rapide et à grande échelle » a précisé Thierry Delaporte, directeur général délégué du groupe Capgemini dans le cadre également de cette annonce. Une stratégie destinée à rivaliser avec les services offerts par les géants du Cloud ou de certains éditeurs du logiciel comme Salesforce, Oracle ou SAP.

En photo : Jean-David Chamboredon ©DR

 

Salesforce Ventures, qui a déjà financé 50 startups en Europe,  vient d’annoncer le lancement  d’un nouveau fonds venture de 125 millions de dollars destiné aux startups européennes. Ce fonds aura une thématique principale celui du cloud.

Salesforce Ventures renforce encore ses actions startups en Europe avec le lancement d’un nouveau fonds de 125 millions de dollars. Après avoir investi (100 M$) dans des entreprises pionnières en matière de paiements numériques, de vision industrielle, d’intelligence artificielle, autour de la blockchain ou de l’économie des API, Salesforce veut désormais financer des jeunes pousses qui font du cloud leur modèle de développement, notamment dans le secteur du logiciel. Salesforce qui est l’un des acteurs majeurs du financement startup en Europe par rapport à ses concurrents tech comme IBM, SAP ou Oracle semble vouloir passer un nouveau cap et fédérer davantage de jeunes entreprises autour de lui et de ses solutions.

Selon Salesforce 28 milliards d’euros ont été investis dans des start-ups européennes et israéliennes l’année dernière. Les fournisseurs d’offres SaaS ont reçu plus de 35 % de ces fonds précise l’éditeur américain. Et Salesforce estime que la montée en puissance mondiale du cloud a donné naissance à de nouvelles technologies de pointe contribuant à l’essor de jeunes entreprises  dans tous les secteurs et à des entrepreneurs ambitieux. Selon les prévisions d’IDC citées dans le communiqué de presse, le marché des services de cloud public dans la région EMEA va doubler entre 2018 et 2023 pour dépasser les 105,3 milliards de dollars.

Que vise Salesforce Venture ?

Même si avec cette annonce Salesforce semble vouloir se recentrer sur le cloud et le logiciel, Salesforce venture a opéré jusqu’à présent comme un véritable fonds et ses investissements ont été diversifiés en fonction des opportunités qu’il a pu avoir. En France, Salesforce Venture a notamment investi dans Sigfox, présentée comme une future licorne mais aussi dans Akaneo (un spécialiste du Product Information Management) et dans FinnalCad (une solution pour le secteur de la construction).

Pour chaque société, en plus du financement, l’éditeur américain semble jouer la carte de l’aide au développement commercial notamment aux Etats-Unis. « Salesforce Ventures a joué un rôle essentiel dans notre croissance en Europe et dans notre expansion sur le marché nord-américain. Le groupe continue de nous apporter un soutien exceptionnel et ses connaissances pour faire face aux défis classiques d’une startup proposant des offres SaaS à une clientèle professionnelle», a précisé Fred de Gombert, CEO et cofondateur d’Akèneo dans le cadre des annonces de Salesforce Venture.

Pour en savoir plus :  www.salesforce.com/company/ventures/

A l’honneur lors du salon VivaTech 2019 mais également lors d’un sommet organisé à l’Elysée le 15 mai dernier par Emmanuel Macron, la Tech for good  se veut éthique sur les plans environnementaux, sociaux et sociétaux.

Après Mark Zuckerberg l’année dernière, Emmanuel Macron avait choisi Jack Ma, PDG du groupe Alibaba géant de l’e-commerce chinois, comme invité vedette de son second sommet Tech For Good organisé pour  « engager les entreprises du numérique à agir pour le bien commun ». Ainsi le 15 mai dernier, 80 dirigeants de grandes entreprises, startups, associations, acteurs de l’écosystème numérique mondial mais aussi les représentants d’une dizaine de pays ont été reçus au Palais de l’Élysée avec cinq ateliers de travail au programme : l’accès à l’éducation, la diversité, le travail, l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. En conclusion de cette journée, 44 entreprises se sont engagées à placer 30 % de femmes à des postes de direction d’ici à 2022 tandis que d’autres entreprises ont annoncé des subventions destinées à soutenir l’entrepreneuriat, la formation ou l’emploi.

Une tech éthique, citoyenne et responsable mais attention au techno greenwashing

Lors du salon VivaTech de Paris (16-18 mai), la Tech for Good était l’une des quatre grandes thématiques du salon présentant « les innovations digitales et technologiques au service d’une nouvelle économie plus inclusive et plus solidaire pour une croissance durable et vertueuse. »  Une centaine de startups était exposante avec de nombreux projets. De Neutral News qui détecte les fake news à Alert Gasoil  qui aide à réduire la consommation de carburant grâce au big data sans oublier Inalve qui commercialise des farines de microalgue  ou  Elichens et ses capteurs optiques réduisant le coût de la consommation électrique, le vertu était à l’honneur. Bon, si nous ne nous permettrons pas de douter de la sincérité de ces startups, quelques voix se sont fait entendre pour critiquer ces opérations éthiques des GAFA et autres géants du numérique. Si la volonté d’une Tech éthique est honorable et nous ravit, permettez-nous d’espérer que l’opération se s’apparentera pas pour certains à un greenwashing techno.

Selon l’étude réalisée par le Village by CA avec Capgemini, les relations entre start-up et grands groupes gagnent en maturité car les startups prennent davantage conscience de leur valeur. Donc si la monétisation de leurs services reste difficile, l’apport à leur développement par les grands groupes semble progresser selon les résultats de cette enquête.

La relation start-up/grandes entreprises, un modèle bien français, progresse positivement selon les résultats de cette étude réalisée par Le Village by CA et Capgemini. Tout d’abord, 79% des start-up et 86% des grands groupes estiment que leur culture d’entreprise est bien comprise par l’autre partie. Autres points positifs :  parmi les vecteurs de création de valeur identifiés par les grands groupes, 73% d’entre eux citent l’expérience utilisateur, devant le gain en termes d’image (55%) et la réalisation d’un Proof Of Concept (55%).

De leur coté les start-up souhaitent davantage de coopérations commerciales. Pour 74% des startup de plus de 6 mois interrogées, l’augmentation du chiffre d’affaires constitue le critère principal de la création de valeur dans le cadre de ces programmes. Autre demande forte : 84% des startup interrogées trouvent que le délai entre la prise de contact et la prise de décision est lent ou très lent, soit 18% de plus qu’en 2018. Alors que les grands groupes ne sont que 60% à le penser, soit 10% de moins que l’année précédente. Idem du côté des délais d’exécution, jugés lents ou trop lents par 77% des startup (vs. 75% en 2018). Alors que seulement 43% des grands groupes le pensent (vs. 70% l’année dernière), soit une amélioration de la perception de 90% du côté des grands groupes.

Les grandes entreprises n’aident pas à accélérer le business

Au niveau commercial  la perception des délais de paiement sont estimés lents ou très lents par 80% des startup (vs. 64% en 2018) alors qu’ils ne sont que 45% dans les grands groupes à s’en émouvoir (vs. 64% en 2018). Comme le note les rapporteurs de l’étude “l’écart entre les deux parties est très marqué cette année alors qu’en 2018 la perception était identique des deux côtés avec 64% des interrogés qui regrettaient ces délais.” Comme l’étude semble le confirmer, si ces programmes sont parfois utiles en phase de démarrage, ils sont inefficaces dès que la jeune entreprise entame son développement commercial. D’autant qu’elles sont très peu nombreuses à être financées en capital-risque par les grandes entreprises dans le cadre de ces programmes.

Si les résultats de l’étude indiquent qu’elles n’ont pas de problèmes pour collaborer : 71% de startup et 84% des grands groupes trouvaient que les objectifs communs étaient bien définis et compris. Sur le fond les attentes des deux parties sont très différentes. Pour les grands groupe les startup sont avant tout de bons laboratoires à idées et nouveaux produits avec notamment des objectifs précis sur l’expérience utilisateur qui est cité à  hauteur de 73%, devant le gain en termes d’image (55%) et la réalisation d’un Proof Of Concept (55%). En revanche du coté des startup, les attentes sont centrées sur les retombées business : pour  74% des startup de plus de 6 mois, l’augmentation du chiffre d’affaires constitue le critère principal de la création de valeur attendue de la collaboration avec un grand groupe. L’obtention de références ainsi que l’augmentation de leur visibilité sont également deux critères plébiscités par plus de 60% d’entre elles. A noter : les toutes jeunes pousses de moins de 6 mois valorisent en premier lieu l’augmentation de leur visibilité (78%), critère décisif pour leur futur développement.

Lien vers l’étude complète et les graphiques: http://bit.ly/2WdKP88
Lien vers la vidéo de la restitution du 25 Avril 2019: http://bit.ly/2L2ZsdC

Selon les chiffres du JDN, le secteur du Martech reste le second secteur d’investissement en capital-risque au mois de mars 2019. Le secteur du Martech représente 15 % des fonds levés en excluant les levées de fonds les plus importantes dont celle de 150 millions d’euros de Doctolib. 

Selon le baromètre mensuel des levées de fonds du JDN,  les jeunes entreprises françaises ont réuni 363,65 millions d’euros d’investissements en capital au mois de mars 2019 sur la base de 53 tours de table. La Fintech est le premier secteur investi  en mars  avec 54,3 millions d’euros réunis, suivi par le Martech avec l’Adtech et les médias (17,7 millions) et les biotech (12,4). Au total le baromètre du Journal du Net recense 8 levées de fonds dans le secteur du martech avec OSIO, WGF, Muzeek, Inlead, Quidol, Dazzi et Quortex.

Au mois de mars, le baromètre  du JDN indique que hors les levées de fonds de DoctoLib (150 M€ ), Shift Technology (un service spécialisé dans la fraude à l’assurance) pour 53 M€ et Dental Monitoring (45 M€), le total des fonds levés par les jeunes entreprises était de seulement 112 M€. L’année passée le JDN indique que 148 millions d’euros avaient été levés.

Le pionnier californien des sondages en ligne rachète une start-up hollandaise experte du recueil d’avis clients. Avec cette opération, la société dirigée par Zander Lurie vise le marché BtoB et se renforce face à Qualtrics, son concurrent récemment acquis par SAP.

Après son introduction en bourse en septembre dernier, l’éditeur californien SurveyMonkey vient d’acquérir la société hollandaise Usabilla pour 80 millions de dollars. Créée en 2009, Usabilla a développé des solutions d’analyses d’expériences utilisateurs permettant notamment de recueillir les commentaires des clients et visiteurs d’un site web.

Annonçant 450 clients dans 35 pays avec des grands comptes comme Philips, Air France, Orange ou Samsung, la startup hollandaise permettra à SurveyMonkey plutôt centrée sur les Etats-Unis de se renforcer sur le marché européen. Les 130 personnes travaillant pour Usabilla rejoignent le millier d’employés de SurveyMonkey et les bureaux d’Usabilla à Amsterdam deviennent le plus grand bureau européen de SurveyMonkey.

« La solution d’analyse d’expérience utilisateur d’Usabilla […] permet de capturer les données numériques en temps réel, ce qui va nous permettre de réellement améliorer notre offre. […] Grâce à la solution d’Usabilla, les marques peuvent désormais collecter plus de 100 000 éléments de feedback par jour pour améliorer leur expérience digitale […] L’acquisition d’Usabilla renforce notre position dans un marché en plein essor » a déclaré Zander Lurie, CEO de SurveyMonkey.

Créée en 1999, SurveyMonkey annonce aujourd’hui 600 000 clients payants pour un chiffre d’affaires d’environ 240 millions de dollars en 2018. Bien qu’affichant des pertes récurrentes et une croissance faible, la société a réussi son introduction en bourse avec notamment l’arrivée de Salesforce Venture au capital.

Un marché des études et sondages en pleine transformation digitale

Plutôt dédiée au marché BtoC, l’offre de SurveyMonkey disposait néanmoins de solutions BtoB mais avait besoin de la techno d’Usabilla pour compléter son offre avec « un produit clé que nous avons identifié et […] qui est vraiment adjacent à notre solution VOC (voice of the customer) collectant des feedbacks pour aider à comprendre ce que font les utilisateurs d’un site web ou d’une application » a confié Zander Lurie au site web techcrunch.com.

Cette acquisition renforcera SurveyMonkey face à Qualtrics, son concurrent direct dans  les sondages en ligne et la collecte d’expériences clients (CX) racheté par SAP pour huit milliards de dollars en novembre dernier. Avec l’accès à des milliers (et même beaucoup plus encore) d’utilisateurs via les sites web et les apps, le business des enquêtes et sondages en ligne est en pleine révolution.

D’après l’institut Ibis World, le marché des enquêtes en ligne pèsera 1,1 milliard de dollars aux USA en 2019 avec une prévision d’évolution annuelle de 9,1% faisant suite à la croissance de 12,8 % enregistrée depuis 2014. En France, ce marché est également en pleine croissance avec de nouveaux acteurs –agences de pub, start-ups, éditeurs de logiciels – qui proposent un grand nombre de  solutions d’enquêtes et de sondages recensées notamment par  le site comparateur Appviser dont la solution  Spoking Polls partenaire de Digital CMO.

Photo : Zander Lurie, CEO de SurveyMonkey. ©DR

 

Le géant mondial du conseil et de l’audit Accenture vient d’annoncer le rachat de la start-up néerlandaise Storm Digital. Avec cette opération le géant américain consolide ses positions sur le marché de l’expérience client  afin de rivaliser avec les grands acteurs des services informatiques ou les agences de publicité.

Afin de prendre une plus grande part du marché lié à la transformation digitale sur lequel converge différents métiers (publicité et marketing, informatique et digitalisation), Accenture a annoncé le rachat de Storm Digital le 15 mars dernier. Créée en 2006, cette société basée aux Pays-Bas se présente comme une agence de marketing numérique multiservices spécialisée dans les services de recherche & publicité sociale et programmatique. Storm Digital est positionnée sur l’expérience client à la fois par l’intermédiaire d’une offre de conseil mais aussi par des services technologiques analytiques. Storm Digital est notamment bien positionnée aux Pays-Bas sur les banques et compte des clients comme ABN AMRO, Exact, KLM, Rituals et Transavia.

L’acquisition renforce la présence d’Accenture Interactive sur le marché néerlandais ainsi que son positionnement en Europe sur le marché de la publicité programmatique et plus largement de l’expérience client. Parallèlement à Adaptly, une ad-tech américaine récemment acquise, cette opération permet aussi à Accenture de consolider en Europe son pôle digital nommé Accenture Interactive. Avec ce rachat Acccenture vise un renforcement de son offre dans les domaines du programmatique et de la publicité sociale et souhaite être généralement plus présent sur la collecte de données, l’analyse d’audience et la recherche. Des domaines qui étaient jusqu’à présent le cœur de métier des géants mondiaux de la publicité. Pour faire face à la menace d’acteurs comme Accenture ou Capgemini, les pure players de la publicité doivent eux-aussi se renforcer dans le domaine de la donnée et de l’expérience client.

C’est ainsi le cas de Publicis qui vient dans ce domaine de racheter Soft Computing. De son coté WPP vient d’annoncer qu’il souhaitait ouvrir le capital de son activité données et études Kantar. Chez Accenture on estime que cette acquisition permettra de renforcer le positionnement mondial d’Accenture Interactive : «Accenture Interactive a continué à adapter ses services  aux marques mondiales. Avec l’ajout de Storm Digital, nous pouvons aller plus vite et plus loin en termes de taille et d’expertise et contribuer à générer de solides résultats pour nos clients » a déclaré Anatoly Roytman, responsable d’Accenture Interactive Europe, Afrique et Amérique latine dans le cadre de ce rachat.

Photo : Viktor van der Wijk (CEO) & Jasper Dijkstra (Head of Strategy) de Storm Digital. ©Storm Digital

 

Selon les chiffres du JDN, c’est encore le secteur du marketing & publicité Tech qui a dominé les levées de fonds en France en 2018. Avec 20,3 % du total des fonds levés, le secteur Adtech/Martech/Publishers se hisse sur le podium devant la Fintech et l’e-RH.

Dans un article du JDN signé Jamal El Hassani, les levées de fonds se sont élevées à 3,3 milliards d’euros en France en 2018, soit une progression de 65 % par rapport aux 2 milliards d’euros investis en 2017 selon la même source. Si le JDN note que ces levées de fonds sont toujours aussi dispersées en France, il y a eu cependant 3 levées de fonds à plus de 100 millions d’euros cette année avec notamment Voodoo (188 M€) dans le domaine du marketing & publicité tech pour jeux vidéos, Deezer (160 M€) dans le domaine du streaming musical et Blablacar (101 M€) dans celui de la mobilité collaborative.

On trouve ensuite dans le Top 10 : Daitaku (Big Data), Evaneo (Retail), Ledger (Fintech), Open Classrooms (e-RH), Scality (Cloud), Recommence (divers), Dynacure (divers). Au total ces 10 levées de fonds ont représenté un quart du total des fonds levés. Ces chiffres devraient être confirmés par l’AFIC qui notait dans son étude au 1er semestre 2018 une trés forte progression (42 %) du capital innovation dans ses chiffres généraux sur le capital investissement. L’association des investisseurs pour le croissance (AFIC)  note d’ailleurs que 2018 a été un année record pour les investissements de capital-innovation européen.

Selon le dernier rapport Pitchbook que l’AFIC mentionne, 20,5 milliards d’euros ont ainsi été investis en 2018 en Europe contre 19,7 milliards d’euros l’année précédente, soit une augmentation de 4,2%. Le nombre d’opérations effectuées ayant quant à lui chuté de 25,9%, la croissance soutenue des montants investis semble notamment portée par la taille accrue des opérations notent les rapporteurs de cette étude.

 

Avec 373 startups et entreprises au prochain Consumer Electronic Show de Las Vegas (8-11 janvier 2019), la France sera le troisième pays après les États-Unis et la Chine. Intelligence artificielle et Consumer Tech seront les thématiques les plus importantes de la délégation française qui a bien lancé son rendez-vous américain lors des CES Innovation Awards décernés en novembre dernier.

Heureusement cette année un espace commun rassemblera les startups de neuf Régions françaises tandis que les régions Grand-Est et Auvergne-Rhône-Alpes exposeront malgré tout chacune de leur côté. C’est mieux que l’édition 2018 où les Régions françaises y exposaient en ordre dispersé jusqu’à même se faire concurrence. L’annuaire du CES 2019 répertorie 373 exposants français et celui de la French Tech propose 320 startups tandis que le Gouvernement français annonce 420 entreprises dont 380 startups. Quoi qu’il en soit, la France devrait être la troisième nation du CES après les USA (1 691 exposants) et la Chine (1 210 exposants).

La French Tech offre un annuaire (in english of course) partagé en dix catégories représentant les grands secteurs d’activités des startups françaises présentes à Las Vegas : Consumer Tech (69 startups), AI (62), Health & Environnement (49), Smart home (40), Mobility & Smart cities (36), Augmented reality & Virtual reality (26), Entertainement (12), Sport (10), Retail (9), Family tech (7). Même s’il est réducteur de résumer une startup à une seule technologie, on voit bien l’importance de l’intelligence artificielle presqu’aussi bien représentée que les Consumer Tech (traductibles par produits technologiques grand public).

L’annuaire du CES vous propose quant à lui 33 catégories avec des exposants répertoriés dans plusieurs catégories. Qu’importe le flacon car au-delà des nomenclatures, la question de la qualité des exposants français (mais aussi peut-être d’autres pays) a été posée après l’édition 2018 par plusieurs medias et spécialistes de la Tech. Ainsi Olivier Ezratty relevait « des erreurs de casting » comme des « solutions B2B2B sans rapport avec les marchés grand public […] puis des sociétés de service qui se déguisent en startup produit mais qui n’ont pas l’ADN correspondante […] En dernier lieu, les produits trop jeunes et les startups pas assez matures pour affronter le monde ». Olivier Ezratty pointait là une soixantaine d’exposants, ce qui restait néanmoins minoritaire parmi les 380 exposants français de l’édition 2018.

Pour le CES 2019, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique comme Éric Morand, directeur du département Tech & Services de l’agence publique Business France, ont travaillé pour unifier et maitriser la présence française. En novembre dernier, 380 produits (via 28 catégories) ont été honorés lors des CES Innovation Awards récompensant les innovations technologiques grand public les plus innovantes et 57 produits français figurent dans cette prestigieuse sélection qui sera exposée en bonne place au CES 2019. En trustant 15% des CES Innovation awards alors qu’elles ne représenteront qu’environ 8% des exposants, les startups et entreprises françaises commencent plutôt bien ce CES 2019.

Un exemple d’IA : un verre de vin avec Edgar ?

Développé depuis trois ans par la startup MYWAH et présenté pour la première fois au CES 2019, Edgar Wine Butler est le seul distributeur automatique capable de verser un verre de vin à sa température de service idéale, immédiatement et en continu. Doté d’innovations matérielles et logicielles s’appuyant en grande partie sur des algorithmes et sur l’intelligence artificielle, Edgar dispose d’une technologie logicielle reposant sur un système propriétaire qui instaure un dialogue permanent entre les packs, la machine et le serveur MYWAH via une puce RFID intégrée au Bag. La jeune société MYWAH créée par Sophie Blum, Sylvain Auvert et Olivier Deveaud ambitionne de modifier en profondeur la manière dont les professionnels de la restauration (restaurants, bars, hôtels, traiteurs, …) vendent et servent le vin au verre. Plus d’infos : https://mywah.fr/

En photo :  Sylvain Auvert, Sophie Blum, Olivier Deveaud et Edgar. ©DR