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Installé à Kyoto depuis une quinzaine d’année, le français Thomas Bertrand a d’abord développé un site d’e-commerce avant  de créer la start-up Ship & Co. Celle-ci propose aux commerçants une solution logistique simplifiant l’expédition des colis. Une levée de fonds de trois millions de dollars est en préparation pour la promouvoir à l’international.

Etudiant à l’IEP de Grenoble, Thomas Bertrand découvre le Japon en 2002, y revient en 2003 pour une année universitaire puis s’y installe. Se faisant connaitre par un blog en français racontant la vie à Kyoto, il reçoit des sollicitations de clients potentiels et décide de créer un site e-commerce de boîtes à bento, ces boîtes dans lesquelles les japonais transportent leur repas (bento).

Lancé fin 2008, le site bentoandco.com se développe très bien et Thomas Bertrand ouvre une vraie boutique à Kyoto au printemps 2012. Aujourd’hui la société Bento & co emploie 11 personnes et Thomas Bertrand revient régulièrement en France et voyage dans le monde  pour assurer la commercialisation de Bento&co sur des salons professionnels.

L’idée de créer une nouvelle société avec la start-up Ship & Co lui est venu par l’activité de son site d’e-commerce : « Nous passions trop de temps à réaliser les étiquettes d’expédition de chacun de nos colis alors j’ai eu l’idée d’une application faisant le lien entre les plateformes d’e-commerce et les transporteurs. J’ai créé Ship & Co il y a trois ans et nous proposons cette solution sous forme d’un SAAS et d’une API aux e-commerçants. Nous comptons plusieurs centaines de clients actifs essentiellement au Japon. Ship & Co est une startup qui compte 8 employés à Kyoto et Singapour et qui occupe la majorité de mon temps » explique-t-il.

Après une première levée de fonds de 100 millions de Yen (soit environ 800 000 euros) réalisée il y a deux ans, Thomas Bertrand prépare une nouvelle levée dans les mois qui viennent avec un objectif de trois millions de dollars : « Le but est le recrutement de ressources marketing ainsi qu’en suivi commercial et ventes. Nous allons aussi continuer l’intégration d’entreprises de livraisons dans de nouveaux pays »

Ship & Co s’intègre aux CMS d’e-commerce leaders comme Shopify, Amazo, eBay ou Prestashop et permet d’utiliser les services d’une quinzaine d’entreprises de livraison avec des grands noms comme UPS, DHL, Fedex ou Colissimo. Avec cette levée de fonds, la start-up aura les moyens de se développer à l’international.

Selon les chiffres de CB Insights, le montant total des investissements technologiques en France a baissé de plus de moitié au troisième trimestre 2019 par rapport au deuxième trimestre. Cet investissement s’est chiffré à 708 millions de dollars contre 1,5 milliards de dollars au deuxième trimestre de l’année 2019. Sur la même période, le nombre de financements a baissé de 20%.

Les chiffres de ce trimestre sont surprenants d’autant que la dynamique depuis le début de l’année était trés positive. Selon les chiffres de CB Insight, ce sont un peu plus de 3,4 Mds de dollars qui ont été investis dans des startups françaises depuis le début de l’année 2019. Des chiffres qui permettaient à la France de devancer l’Allemagne jusqu’à présent dans le financement de l’innovation mais qui restaient trés loins de ceux qui sont investis chaque trimestre en Grande Bretagne.

Selon les chiffres de CB Insights, 14,2 Mds de dollars ont en effet été investis dans les jeunes entreprises en Grande-Bretagne et 4,2 milliards de dollars en Allemagne sur les trois premiers trimestres 2019. De son coté, le JDN dans son baromètre mensuel des investissements startups indiquait que les jeunes pousses françaises avaient levé 254 M€ cet été et un peu plus de 500 M€ en septembre. Pour Octobre, le JDN indique que 440 M€ ont été investis dans des startups françaises.

Quelles pourraient être les craintes des investisseurs ?

Alors qu’Emmanuel Macron a réaffirmé cet été ses ambitions dans le financement des startups en promettant un montant de 5 milliards d’euros  d’ici 2025 pour créer 25 licornes françaises et en évoquant même la création d’un Nasdaq à la française, des opinions contradictoires circulent sur la dynamique future en matière d’investissement dans les startups.

Parmi celles-ci il y a bien sûr la crainte que les récents déboires d’Uber ou de WeWork en Bourse ne permettent pas aux société de capital-risque  de rentabiliser leurs investissements. L’industrie du capital-risque a besoin de la Bourse pour ses sorties et il est vrai que dans ce domaine l’appétit des investisseurs institutionnels  pour les valeurs technologiques et innovantes est de plus en plus  timide. Notamment pour des entreprises qui n’ont jamais été profitables avant leur entrée en bourse en dépit de forte croissance de leur chiffre d’affaires.

L’autre crainte vient de l’innovation même et de la dynamique des marchés. Ces dernières années ce sont les investissements dans l’Adtech, les médias et la publicité qui ont séduit les grands acteurs du capital-risque notamment aux Etats-Unis. Dans le secteur informatique, le Cloud a attiré également fortement les investisseurs. En revanche, les projets autour de l’intelligence artificielle ou de la simple transformation digitale semblent actuellement moins séduire. Par contre, le secteur de la Biotech semble créer une nouvelle dynamique tout comme le développement durable mais avec des perspectives de retour sur investissements assez longs qui peuvent freiner les investissements pour les mois qui viennent.

 

 

Le club des marketeurs in tech (CMIT) lance sa quatrième édition de Trophées « start-ups » Martech. Pour Etienne Maraval, vice-président du CMIT et directeur du marketing Europe du sud pour Lexmark, les marketeurs attendent des solutions de startups pour « gagner en interaction client ».

Vincent Biard – Que propose cette 4ème édition des Trophées « start-ups » Martech ?

Etienne Maraval – Le CMIT est le club des marketeurs in tech composé d’une centaine d’adhérents plutôt orientés BtoB. Il y a environ cinq ans, quand nous avons remarqué que l’innovation provenait largement des startups et que le métier des marketeurs était en pleine évolution, nous avons décidé de lancer le trophée des startups martechs. Celui-ci est ouvert à toutes les sociétés ayant au moins une agence en France avec un représentant parlant français. Nous avons eu à chaque fois une quinzaine de startups participantes. Pour l’édition 2019, les candidatures sont ouvertes depuis le 17 septembre et jusqu’au 23 octobre. Il y aura une remise des prix le 20 novembre prochain au Club de l’étoile à Paris. Cela permet aux startups de gagner en notoriété et de s’adresser directement aux directeurs marketing en pitchant devant 150 d’entre eux.

Vincent Biard – Quels sont les projets que vous avez particulièrement remarqués lors des trois premières éditions de ces trophées ?

Etienne Maraval – Ces trois éditions nous ont permis de voir les dernières tendances du marché. Ces dernières années il y a eu une poussée importante de projets liés aux contenus de réseaux sociaux ou de plateformes d’amplification des réseaux sociaux avec des sociétés comme Upfluence ou Limber. Il y a eu l’arrivée de l’intelligence artificielle ainsi que les interactions vocales et les bots. C’est l’exemple de la société Allo-media primée en 2017 et qui propose de l’interaction voix/CRM directement. Enfin, il y a également le domaine des plateformes de service marketing qui ont été primées ces dernières années parce qu’elles répondent aux besoins des directeurs marketing souhaitant disposer très rapidement de ressources comme des graphistes ou des rédacteurs sans passer par une agence. On verra ce que nous réserve cette édition 2019.

Vincent Biard – De quels outils ont besoin les directeurs marketing ?

Etienne Maraval – Il y a beaucoup choses à faire pour gagner en interaction client. Je pense aux bots installés sur les sites internet qui permettent notamment de prendre le pouls du client et aussi de lui suggérer des choix. On va continuer aussi à digitaliser la voix et d’analyser ainsi l’interaction voix. Tout ce qui va permettre aujourd’hui de mieux comprendre le client sera utile. Avant nous réalisions des questionnaires et des études, aujourd’hui a travers des bots d’interaction client, nous pouvons gagner de l’information client on line, être plus réactif et proposer des offres beaucoup plus ciblées.

Infos et inscriptions :https://cmit.fr/

Créée en 2017, la start-up parisienne AnotherBrain vient de boucler une levée de fonds de 19 millions d’euros pour développer sa solution d’intelligence artificielle baptisée «Organic AI ». Embarquée dans une puce, cette solution entend disrupter l’internet des objets et vise notamment le marché de la voiture autonome.

« Lorsque nous avons créé AnotherBrain, nous avons décidé de repousser les limites de ce qui est possible grâce à l’intelligence artificielle et d’aller au-delà de l’IA actuelle […] Notre technologie permet de transformer chaque capteur en capteur intelligent renvoyant l’interprétation des signaux plutôt que le flux de données brutes » affirme Bruno Maisonnier, déjà père des robots humanoïdes Nao et Pepper et dorénavant dirigeant de la start-up AnotherBrain.

« Notre technologie ne repose pas sur d’énormes bases de données issues d’exemples précédents, elle analyse plutôt ce qu’elle perçoit et peut donc expliquer ses décisions. Notre ambition est de construire une IA puissante et plus humaine, acceptable pour les entreprises (certification) et les consommateurs (vie privée) » ajoute-t-il à l’occasion de l’annonce, le 1er octobre dernier, d’une levée de fonds de 19 millions d’euros.

Après avoir levé 10 millions d’euros en février 2018, AnotherBrain a donc bouclé un nouveau tour de table et prévoit une autre levée de fonds d’ici la mi-décembre dont le montant devrait être de 6 millions d’euros. La startup vise maintenant  la commercialisation de cette puce en espérant qu’elle équipe un jour les caméras des voitures autonomes. Autres marchés visés : l’internet des objets et l’automatisation industrielle susceptibles eux-aussi d’être intéressés par cette IA révolutionnaire venue de France.

Site web : https://anotherbrain.ai/#home

La start-up nantaise créatrice d’une solution de gestion de l’ensemble des informations produits d’une marque s’appuiera notamment sur Salesforce. Le géant américain a intégré cette solution dans son logiciel Salesforce Commerce Cloud et a participé à la levée de fonds.

« Les consommateurs actuels interagissent en moyenne avec plus de cinq points de contact avant de prendre une décision d’achat. Il est donc de plus en plus important pour les marques d’utiliser une plateforme offrant une expérience produit intégrée et cohérente […] La gestion de l’expérience produit (PXM) est en train de devenir une application métier essentielle pour les marques et les retailers qui souhaitent s’imposer dans le commerce omnicanal » explique dans le communiqué de presse Fred de Gombert, PDG  de cette startup fondée en 2013 avec Benoît Jacquemont, Nicolas Dupont et Yoav Kutner.

La plateforme SaaS open source d’Akeneo propose aux marques une solution de gestion de l’expérience produit (PXM) et de l’information produit (PIM) leur permettant d’unifier leurs informations produits sur tous leurs canaux de vente : eCommerce, mobile, print, points de vente. Akeneo se présente comme «  la plateforme de gestion de l’information produit (PIM) la plus utilisée au monde » avec « un taux de croissance annuel composé à trois chiffres pour la sixième année consécutive » et « plus de 60 000 implémentations » dans le monde. Par contre, Akeneo ne communique pas sur son chiffre d’affaires. Ses clients sont à 60% des industriels (Air liquide, SLV, Essilor, Franklin Electric, Groudfos, Tarkett) et à 40% des marques de luxe et de la distribution (Sephora, Nature et Découvertes, Nuxe, Feu Vert, Made.com, Auchan, Franprix, Fossil, Bricorama).

60 millions d’euros de levées de fonds en six ans

Le financement annoncé début septembre est le cinquième d’Akineo qui totaliserait près de 60 millions d’euros de levées de fonds depuis sa création en 2013. Cette dernière opération été réalisée auprès du fonds d’investissement américain Summit Partners et parmi les investisseurs on trouve Salesforce Ventures, le fonds d’investissement mondial de Salesforce qui a justement intégré la solution Akeneo dans son logiciel Salesforce Commerce Cloud.

La finalité de cette levée de fonds de 41 millions d’euros est de renforcer la présence d’Akeneo sur le marché américain où la startup nantaise réalise déjà 20 % de son chiffre d’affaires (et 70%  en Europe). Akeneo s’appuiera sur Salesforce pour atteindre son objectif de 50 % de CA aux États-Unis d’ici à la fin 2021 mais aussi sur Magento le système de gestion de contenu (CMS) pour sites e-commerces qui utilise également la solution Akeneo. Comptant 180 collaborateurs avec une équipe de 30 personnes à Boston, Akeneo prévoie l’embauche d’une centaine de personnes, essentiellement en développement informatique sur Nantes.

En photo : Benoît Jacquemont, Fred de Gombert et Nicolas Dupont. ©Akeneo

Fondée en 2009 par Jean-Noël Rivasseau, qui occupe le poste de CTO, et actuellement présidée par Jean-René Boidron, Kameleoon s’est trés tôt positionnée sur le marché de la métrique web avec une solution d’A/B testing qui a évolué progressivement vers une plateforme globale de personnalisation. Kameleoon vient de lever 5 M€ pour se renforcer technologiquement sur le marché de la mesure sur le marché des sites de e-Commerce.

C’est bien la croissance actuelle du e-commerce qui tire la demande en solutions de mesure et de performance web. Selon les chiffres de la FEVAD,  le nombre de sites d’e-commerces a augmenté de 24 000 pour atteindre 180 000  en 2018  et sur le 1er trimestre 2019 les ventes en e-commerce ont progressé de plus de  11 % avec une forte progression des usages sur mobile qui demande une adaptation permanente des sites e-commerce. La barre des 100 milliards de chiffre d’affaires devrait être atteinte en 2019 estime la Fédération du e-commerce et de la vente  à distance (Fevad). Avec en corollaire une explosion des interactions. En 2018,  les transactions en ligne avait, toujours selon la Fevad, progressé de 20 % pour atteindre plus de 1,2 milliards de transactions.

Kameleoon a démarré son activité en se spécialisant  en A/B testing classique et en optimisation de sites avec un certain succès puisqu’elle revendique une base de clients de plus de 500 grandes entreprises de tous secteurs d’activité comme Cdiscount, FNAC/Darty, OUI.sncf, le groupe BPCE, Auchan, Lidl, Michelin, ou encore Renault, Toyota, le groupe Axel Springer.

Pour faire face à la technologisation croissante du marché, notamment avec la montée en puissance des solutions à base d’Intelligence Artificielle, les fondateurs ont décidé de rester dans la course technologique avec une levée de fonds de 5 millions d’euros. Sur leur blog les deux dirigeants indiquent  notamment que si ce virage coute cher sur le plan des investissements informatiques il se révèle  inéluctable notamment pour résister à la pression des grands éditeurs de logiciels  qui sont aussi positionnés sur ce créneau comme Adobe, Salesforce ou IBM. Face à ces grands acteurs l’avenir de start-up comme Kameleoon passe par le service et une stratégie à valeur ajoutée au delà des métriques informatiques.

Pour cela l’équipe de dirigeante Kameleoon mise sur l’Intelligence Artificielle qui permet de construire des solutions sur mesure permettant d’améliorer l’analyse des conversions, les comportements des visiteurs des sites et leurs besoins une fois en ligne et en temps réel. L’objectif étant de fournir en retour une réponse personnalisée et individualiser ainsi la relation grâce à une forte automatisation. Tout comme AB Tasty qui a levé 17 M de dollars il y a un an, l’enjeu pour Kameleoon sera de fidéliser des clients dont les besoins technologiques sont croissants et qui pourraient se tourner dans ce cadre vers des grands éditeurs. L’Intelligence Artificielle qui reste un marché de développement de solutions individuelles pas encore standardisées laisse une fenêtre ouverte aux jeunes startups qui sont positionnées sur ce marché.

C’est plus dans le domaine de  l’immobilier que Station F a fait le buzz média ces derniers jours avec l’annonce d’un programme de 600 logements pour les entrepreneurs de Station F  dans la commune d’Ivry. Mais le projet de Xavier Neil reste avant tout un incubateur à start-up et son fondateur prévoit même qu’il permettra de faire éclore la 1ère licorne française.

 

Dans un entretien aux Echos, Xavier Niel est revenu en chiffres sur Station F, l’incubateur géant qu’il a crée à Paris il y maintenant un an. Dans cet entretien,  il a notamment affirmé qu’il n’y avait aucunes raisons pour ne pas y voir éclore dans les prochaines années la première licorne française. Un pari statistique propre à tous les grands fonds d’investissements en capital-risque notamment américain qui ont déjà réussi à faire émerger de nombreuses licornes. Mais qui, en revanche, n’a pas encore fonctionné en France au regard du faible nombre de licornes françaises qui ne sont au total que 5.

Xavier Niel croit  cependant en sa stratégie sur Station F. Il faut dire que Station F est devenu en trés peu de temps un incubateur qui en volume de start-up hébergées revendique le 1er rang mondial avec 232 start-ups et qui selon Xavier Niel cité par les Echos ont déjà levé 250 millions d’euros. Sans conteste Station F est le lieu où l’on retrouve, le  plus de start-up labs d’entreprise dont ceux  de Facebook et Microsoft mais aussi  de nombreuses entreprises comme de TF1 ou le groupe Havas, d’écoles prestigieuses comme l’Insead sans oublier  la présence de tous les acteurs du financement du secteur public. Ce sont dans ces labs que l’on trouve les projets les plus promoteurs. Station F vient d’ailleurs de mettre en avant 30 pépites sélectionnées dans ces labs dont Vitaly (eCommerce)  qui a opéré la plus grosse levée de fonds avec 22,7 millions d’euros levés ou encore Foodvisor qui a levé dans le programme start-up Facebook 1,5 M€ .

Le second atout de Xavier Niel est la présence sur Station F de son fonds d’investissement Kima Venture qui est très actif dans le financement des jeunes entreprises. Kima Ventures a à son actif des dizaines de levées de fonds en amorçages ou en co-financement réussies. La dernière en date c’est Meero qui vient de lever 300 millions d’euros. Mais ce fonds reste un fonds de niveau intermédiaire dont les moyens pourraient faire défauts pour des levées de fonds entre 100 et 300 millions d’euros qui sont aujourd’hui les fonds levées par ces fameuses licornes. Pour que le pari statistique de Xavier Niel réussisse, il manque dont un fonds d’investissements plus important pour permettre aux jeunes entreprises incubées à Station F de ne pas quitter l’hexagone et continuer à se développer dans l’Est parisien.

Un programme immobilier  en complément qui n’a pas de ROI avoué sur Station F

En complément des activités de financement Station F, comme tous les incubateurs a des activités immobilières. L’incubateur  a annoncé cette semaine l’ouverture de Flatmates, un immeuble d’appartement destiné à la co-location. Flatmates  pourra accueillir jusqu’à 600 entrepreneurs. Les appartements sont répartis en en trois bâtiments conçus par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Il y a au total  100 appartements et 600 chambres à partir de 399 euros par mois. Les immeubles sont situés à Ivry à 16 minutes des locaux de Station F.

Meero, qui compte seulement 3 ans années d’existence, vient d’annoncer une levée de fonds de 237 millions de dollars. La plus grosse levée de fonds parmi les startups françaises cette année. Au total, le site de photographies et services d’image pour les  professionnels a levé depuis sa création 300 millions de dollars.

On connaissait les success story des startups de la photo comme Fotolia racheté il y a 4 ans par Adobe pour 800 M€ mais pas encore celles évoluant dans le monde de la photographie et vidéo professionnelle. Meero pourrait être une de celles-là depuis son annonce de levée de fonds record de 237 millions de dollars.

Avec cet argent la startup française prévoit de finir l’année avec 1 200 employés répartis sur ses cinq bureaux dans le monde. Pour cette levée, qui porte à près de 300 millions de dollars le financement total de cette jeune entreprise, le risque a été réparti entre un grand nombre de fonds : Eurazeo, Prime Ventures, Avenir Growth et GR Capital se sont joints aux investisseurs historiques – Global Founders Capital, Alven, Aglaé Ventures, White Star Capital et Idinvest Partners.

Développer plus de services en BtoBtoC et devenir un studio digital mondial

Meero n’est pas une société qui a disrupté le monde de la photographie professionnelle. Celui-ci avait souffert, bien avant, de la montée en puissance de la photographie grand public avec notamment les capacités offertes par les téléphones portables. Meero a pluôt redonné des outils professionnels de gestion et service  aux semi- professionnels et professionnels de la photographie tout en leur offrant  de nouveaux débouchés dans des marchés comme l’immobilier, les mariages, la restauration et l’e-commerce.

La startup, qui compte aujourd’hui plus de 31 000 clients dans une centaine de pays, souhaite désormais proposer ses services de photographie, jusque-là réservés aux professionnels, à la clientèle des particuliers. Jusqu’à présent elle opérait principalement sur le marché des professionnels avec sa suite d’outils mymeero (comptabilité, CRM, marketing…) destinée à faciliter la gestion de leur activité. et l’animation de cette communauté qui était pas fédérée. Meero dans ce domaine a même lancé une fondation de soutien à la photographie… Autant de projets lancés par Meero qui souhaite se focaliser sur LA mission qui l’anime depuis sa création.

Mais dans l’avenir Meero veut surtout se renforcer technologiquement dans l’édition automatique, la retouche  et d’enrichissement de contenu photographique. Un peu à l’image de certains services gratuits proposés par les réseaux sociaux. Même si le service proposé par Meero offre davantage de valeur ajoutée La jeune entreprise estime que 60 minutes de prise de vue réelle nécessitent jusqu’à 4 heures de travail de post production supplémentaires. Les technologies de pointe d’édition, d’enrichissement de contenu et d’automatisation de la retouche développées par Meero réduisant, selon elle, ce temps à quelques secondes. Meero se positionne donc dans le futur comme un studio mondial automatisé permettant de produire photo et vidéo à des prix très compétitifs. Il restera à Meero, dans cette transition, à conserver le support de sa communauté, qui pour l’instant a fait son succès.

 

Capgemini et ISAI, le fonds internet géré par Jean-David Chamboredon, annoncent le lancement d’un fonds d’investissement à destination des startups B2B de 90 millions d’euros.
Après les annonces de Salesforce Venture , ce fonds va cibler aussi de jeunes entreprises porteuses de solutions innovantes, futurs leaders de l’industrie du logiciel (IaaS, SaaS, PaaS) et de l’informatique durable.

La gestion du fonds ISAI Cap Venture  sera confiée à ISAI

Alors que Capgemini possède déjà sa propre structure de Corporate Venture, Capgemini Ventures, dont la mission est d’investir et de nouer des partenariats avec l’écosystème en France, la société de service française a précisé que la gestion du  fonds  « ISAI Cap Venture », serait confiée à ISAI. Cap Gemini précise que cette entité ciblera des jeunes entreprises à travers le monde, et majoritairement en Europe, ayant atteint un stade de maturité suffisant pour permettre une démarche commerciale conjointe à son activité.

ISAI Cap Venture sera donc bien sur le papier un fonds de Corporate Venture. Dans son communiqué,  Capgemini précise bien d’ailleurs ses missions. Tout d’abord  le sourcing des opportunités d’investissement  qui sera assuré principalement par Capgemini à travers son réseau mondial, ce qui devrait permettre de repérer des entreprises complémentaires aux activités actuelles de Capgemini et de les intégrer à son portefeuille de solutions et services. Puis ensuite l’identification de cibles précises à travers une sélection de jeunes entreprises choisies en fonction du potentiel de synergies avec Capgemini.

Une stratégie plus proche de la tech américaine

Dans son communiqué, Capgemini précise toutefois que le fonds « ISAI Cap Venture » investira dans 15 à 20 startups en suivant strictement les règles et pratiques de l’industrie du capital-risque. Une démarche plus proche de celles des grands acteurs de la tech américaine que des grandes  entreprises françaises qui voient trop souvent dans le Corporate Venture une simple animation de l’écosystème innovant. « Notre proximité avec le groupe Capgemini nous a permis de lancer ce fonds sur des bases claires, permettant à chacun de jouer son rôle. Capgemini sera le business partner et l’accélérateur de croissance pour les startups et scale-ups du portefeuille.»

« Nous serons, comme à notre habitude, l’investisseur en capital-risque structurellement aligné sur les intérêts des jeunes entreprises et de leurs actionnaires » a commenté  Jean-David Chamboredon, Président exécutif d’ISAI dans le cadre de cette annonce. De son coté Capgemini estime que ce fonds va lui permettre d’accélérer dans le domaine de l’innovation ouverte et devenir ainsi « un véritable un facilitateur d’adoption des technologies innovantes ayant la capacité d’en assurer un déploiement rapide et à grande échelle » a précisé Thierry Delaporte, directeur général délégué du groupe Capgemini dans le cadre également de cette annonce. Une stratégie destinée à rivaliser avec les services offerts par les géants du Cloud ou de certains éditeurs du logiciel comme Salesforce, Oracle ou SAP.

En photo : Jean-David Chamboredon ©DR

 

Salesforce Ventures, qui a déjà financé 50 startups en Europe,  vient d’annoncer le lancement  d’un nouveau fonds venture de 125 millions de dollars destiné aux startups européennes. Ce fonds aura une thématique principale celui du cloud.

Salesforce Ventures renforce encore ses actions startups en Europe avec le lancement d’un nouveau fonds de 125 millions de dollars. Après avoir investi (100 M$) dans des entreprises pionnières en matière de paiements numériques, de vision industrielle, d’intelligence artificielle, autour de la blockchain ou de l’économie des API, Salesforce veut désormais financer des jeunes pousses qui font du cloud leur modèle de développement, notamment dans le secteur du logiciel. Salesforce qui est l’un des acteurs majeurs du financement startup en Europe par rapport à ses concurrents tech comme IBM, SAP ou Oracle semble vouloir passer un nouveau cap et fédérer davantage de jeunes entreprises autour de lui et de ses solutions.

Selon Salesforce 28 milliards d’euros ont été investis dans des start-ups européennes et israéliennes l’année dernière. Les fournisseurs d’offres SaaS ont reçu plus de 35 % de ces fonds précise l’éditeur américain. Et Salesforce estime que la montée en puissance mondiale du cloud a donné naissance à de nouvelles technologies de pointe contribuant à l’essor de jeunes entreprises  dans tous les secteurs et à des entrepreneurs ambitieux. Selon les prévisions d’IDC citées dans le communiqué de presse, le marché des services de cloud public dans la région EMEA va doubler entre 2018 et 2023 pour dépasser les 105,3 milliards de dollars.

Que vise Salesforce Venture ?

Même si avec cette annonce Salesforce semble vouloir se recentrer sur le cloud et le logiciel, Salesforce venture a opéré jusqu’à présent comme un véritable fonds et ses investissements ont été diversifiés en fonction des opportunités qu’il a pu avoir. En France, Salesforce Venture a notamment investi dans Sigfox, présentée comme une future licorne mais aussi dans Akaneo (un spécialiste du Product Information Management) et dans FinnalCad (une solution pour le secteur de la construction).

Pour chaque société, en plus du financement, l’éditeur américain semble jouer la carte de l’aide au développement commercial notamment aux Etats-Unis. « Salesforce Ventures a joué un rôle essentiel dans notre croissance en Europe et dans notre expansion sur le marché nord-américain. Le groupe continue de nous apporter un soutien exceptionnel et ses connaissances pour faire face aux défis classiques d’une startup proposant des offres SaaS à une clientèle professionnelle», a précisé Fred de Gombert, CEO et cofondateur d’Akèneo dans le cadre des annonces de Salesforce Venture.

Pour en savoir plus :  www.salesforce.com/company/ventures/