DigitalCMO

Ogury a annoncé une levée de fonds de 45 millions d’euros auprès d’Idinvest. Ogury propose des solutions permettant  d’optimiser la publicité sur les mobiles. Idinvest réalise un  investissement à contre-courant des tendances actuelles sur la publicité automatisée dont les levées de fonds sont en baisse de 75 % selon e-markerter. Pourquoi ?

Ogury le spécialiste des solutions publicitaires sur les mobiles pour les annonceurs et les éditeurs vient d’annoncer une levée de fonds de 45 millions d’euros de la part d’Idinvest. Ogury mise sur les contraintes du RGPD pour cibler dans son offre les utilisateurs dont il peut certifier le consentement et ainsi offrir une audience de qualité par rapport  à ses concurrents. Ogury affiche 100 millions de dollars de chiffre d’affaires et revendique une  audience de plus de 400 millions d’utilisateurs via ses partenariats.

Pourquoi le positionnement d’Ogury est intéressant sur l’Adtech

Si on s’en tient à son audience actuelle, Ogury ne peut pas vraiment rivaliser avec Facebook ou Google mais son positionnement lui permet de  proposer ses services aux annonceurs qui redoutent de ne pas être conformes, notamment en Europe, avec les règles établies en matière de RGPD et de protection des données. Un positionnement astucieux sur le marché des mobiles mais dans un secteur qui est entré en phase de consolidation sous la pression de plusieurs mutations. Tout d’abord on constate dans la plupart des études que les consommateurs sont confrontés à une pression publicitaire digitale croissante. Le plus souvent ils  sont à la recherche d’une consommation digitale plus anonyme. Autre mutation : celui du contexte réglementaire qui oblige les grands acteurs Adtech de la première génération comme Criteo  à  rechercher des solutions de contournement dans l’exploitation en volume des cookies. Et enfin, le dernier facteur d’évolution constaté de cette jeune industrie, c’est la technologie qui a considérablement évoluée avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Celle-ci devrait permettre aux annonceurs de travailler plus facilement  sur la personnalisation de leurs audiences avec une nouvelle génération d’acteurs de la publicité.

45 M€ pour profiter du CCPA  ?

Idinvest  qui vient d’annoncer le bouclage de son troisième fonds  digital à 330 millions de dollars semble donc miser, en premier lieu, avec cet investissement sur une consolidation du marché Adtech. Ogury pourrait utiliser sa levée de fonds  pour racheter de nouvelles sociétés. Ogury a acquis récemment Influans la société créée par les anciens de Talend dont Bertrand Diard. Mais avec cette levée de fonds Ogury peut aussi accélérer le développement de son chiffre d’affaires en surfant sur la mise en oeuvre  du CCPA outre atlantique. Le CCPA limité à la Californie et avec une entrée vigueur en janvier 2020 est une réglementation assez large de protection des consommateurs et de confidentialité de leurs données . Le CCPA (California Consumer Privacy Act) va réglementer les devoirs des entreprises californiennes sur la protection des données et leurs usages. Une opportunité pour Ogury dont tout le modèle économique repose sur sa capacité à distribuer de la publicité à des utilisateurs mobiles dont les consentements ont été enregistrés et prouvés.

En photo :  Thomas Pasquet et Jean Canzoneri créateurs de la société Ogury. ©DR

 

La solution de marketing prédictif mise au point par la startup Sensego créée par Ahmat Faki , Michael Weiss, Cyril Schuster et Teimour Daly a convaincu le jury du Trophée start-up Martech du CMIT qui lui a décerné le premier prix.  Cette solution d’intelligence artificielle propose aux marques d’anticiper les besoins de leurs clients en prédisant leurs intentions d’achats.

Vincent Biard – Que proposez-vous à vos clients ?

Teimour Daly – D’être les premiers à cibler quelqu’un le plus tôt possible dans ce que nous appelons la phase d’inspiration pour donner un avantage compétitif aux marques qui utilisent notre solution. L’objectif est de prédire entre 120 et 10 jours avant le passage à l’acte le souhait d’un client de voyager ou d’acheter un produit grâce à l’analyse des signaux faibles. Aujourd’hui notre produit a deux volets. L’un est destiné à la fidélisation pour des clients déjà enregistrés et dans ce cas nous intégrons notre application SaaS dans l’application des marques afin de les enrichir et de leur permettre de prédire les comportements de leurs clients pour leur proposer les meilleures recommandations. Par exemple, sur le secteur du voyage où nous sommes bien implantés, notre solution permet aux chaines hôtelières d’identifier en temps réel les intentions de voyage de leur base clients mobile 40 jours avant Booking avec une précision de 80%. Le second volet de notre solution (https://adster.sensego.fr) concerne les clients non enregistrés-et donc non connus des marques- que nous allons chercher dans une logique d’acquisition en les repérant sur les réseaux sociaux pour leur adresser ensuite une offre correspondant à leur centres d’intérêts et surtout à leurs futurs besoins.

Vincent Biard – Votre startup créée en 2016 est en pleine progression, quels sont vos objectifs ?

Teimour Daly – Nous sommes aujourd’hui déployés sur neuf millions d’appareils et nous comptons une dizaine de clients comme la chaîne Logis Hôtels regroupant plus de 2 000 hôtels en Europe, les Aéroport de Paris et Great Hotels Paris. Nous commercialisons notre solution en mode SaaS et nous nous rémunérons également sur les ventes additionnelles réalisées grâce à son ciblage. Nous revendiquons un taux de prédictions exactes de 80% pour un taux de conversion triplé et un taux de clic sur les campagnes multiplié par dix. Nous nous définissons encore comme une startup avec l’état d’esprit de recherche &développement car nous sommes une équipe d’ingénieurs passionnés par la techno. Nous sommes aussi une startup du point de vue du financement puisque nous avons réalisé une levée de fonds en seed (NDLR : moins d’un million d’euros) l’année dernière et courant 2020 nous visons une série A (NDLR : entre 800 000 et 3 millions d’euros) pour accélérer commercialement et continuer à faire de la R&D. Nous sommes une dizaine et nous aimerions doubler l’effectif à la fin 2020.

Vincent Biard – Quels sont les prochains secteurs économiques que vous visez?

Teimour Daly – Historiquement nous sommes positionnés sur le secteur du voyage car il y a une très forte désintermédiation et des cycles de vente longs. Notre technologie est donc particulièrement adaptée. Néanmoins nous sommes aussi présents sur le secteur du e-commerce avec des clients comme veepee.fr et aujourd’hui et nous ambitionnons de nous étendre sur ce secteur. Nous pensons que les secteurs de la Banque et de l’Assurance  vont évoluer dans leurs relations avec leurs clients car celle-ci sont remises en question par le digital. Les banques vont notamment avoir besoin de se reconnecter avec leurs clients via un marketing personnalisé intelligent

Vincent Biard – Avez-vous des concurrents ?

Teimour Daly – Nous avons deux très gros concurrents aux Etats-Unis : ce sont deux startups comptant chacune une centaine de clients mais pas encore en Europe. Nous avons aussi quelques concurrents indirects sur le marché du marketing digital qui est un domaine assez vaste et malgré une consolidation il y a pas mal d’acteurs proposant des solutions pour les marques.

Vincent Biard – Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Teimour Daly – Oui je tiens à dire que nous sommes très contents d’entreprendre en France parce l’écosystème y est très encourageant et que les investisseurs, l’Etat et les organismes publics comme Bpifrance ou la French Tech soutiennent cet écosystème. Nous sentons que ces deux dernières années il y a un réel esprit d’entraide entre nouveaux et anciens entrepreneurs et que c’est un beau pays pour entreprendre.

Récompensée lors du récent Trophée start-up Martech du CMIT, la société Kiliba développe une solution d’e-mailing en marketing automation avec un objectif de taux d’ouverture de 100%. Si Amaury de Larauze relativise bien sûr ce chiffre, les premiers résultats de sa société créée avec Arnaud Becker sont déjà largement convaincants.

Vincent Biard – Quels étaient vos objectifs lors de la création de Kiliba ?

Amaury de Larauze – Avec Arnaud Becker mon associé nous travaillons depuis une dizaine d’années dans l’e-mail marketing. Nous nous sommes rendus compte que l’ensemble des directions marketing et e-commerce rencontraient les mêmes difficultés à mettre en place l’automation marketing bien souvent pour des questions de disponibilité. En janvier 2018, nous avons commencé à réfléchir à une solution permettant d’automatiser intégralement la mise en place de cycles de vie en travaillant avec un premier développeur. Nous avions aussi réalisé que l’e-mailing lassait les destinataires et avait créé une défiance envers les newsletters puisque la moyenne d’ouverture en France est de 20%. Donc 80% des newsletters sont inutiles mais elles ont quand même demandé du temps aux entreprises expéditrices. L’e-mailing reste le canal préféré des Français pour communiquer avec leurs marques mais à condition que cela soit bien réalisé en intéressant et en ciblant bien l’internaute.

Vincent Biard – Comment se présente la solution Kiliba ?

Amaury de Larauze – C’est un logiciel que nous proposons pour Prestashop qui détient un site e-commerce sur trois en France et nous le proposerons bientôt sur Magento et Shopify. Le moteur de Kiliba est opérationnel depuis le mois de mai, nous avons réalisé ensuite trois mois de beta tests puis lancé la commercialisation en septembre. Nous avons aujourd’hui plus de  200 utilisateurs et clients dont la marque de collants et lingerie Well. Pour un client qui a moins de 10 000 adresses en base c’est 49 € par mois et cela monte à 349€ pour 100 000 adresses. C’est une solution qui prend même en charge la création des e-mails.

Vincent Biard – Vous communiquez sur un objectif de 100 % de taux d’ouverture. Comment serait-ce possible ?

Amaury de Larauze – En France, les moyennes d’ouverture sont relativement stables avec 15-20% et des taux de clics de 1 à 3%. Avec Kiliba, nous triplons déjà cette ouverture avec des taux moyens de 58%. Pour atteindre notre objectif de 100%, nous comptons développer nos algorithmes. Nous ne travaillons que des e-mailings marketing de fidélisation et non pas d’acquisition. Il faut que l’annonceur possède les adresses e-mail pour utiliser notre solution. L’enjeu est de déterminer l’agrégation optimale des datas pour cibler les bonnes personnes. Derrière cette intelligence artificielle, ce n’est que des mathématiques et des statistiques. Notre intelligence artificielle s’appuie sur des données analytiques recueillies dans le back-office du client et que nous affinons avec des données comportementales. Par exemple, si un internaute abandonne un panier ou visite un site internet sans acheter, il recevra un e-mail avec des produits mis en avant correspondant à ce qu’il a vu ou à ce que des internautes au profil similaire auront vus ou achetés.

Vincent Biard – Et pourquoi communiquer aussi sur la  dimension écologique de votre solution ?

Amaury de Larauze – Depuis environ deux ans, le sujet de la pollution numérique interpelle de plus en plus. Il fût un  temps où l’on conseillait même d’envoyer des mails plutôt que du papier. Mais avec 300 milliards d’e-mails envoyés par jour représentant l’équivalent de l’émission de trois millions de tonnes de CO2 au quotidien, nous nous sommes dit qu’il y a avait un enjeu écologique. Diminuer le volume d’e-mails envoyés est un élément pris en compte dans le développement de nos algorithmes.

Vincent Biard – Kiliba est une startup récente, où en êtes-vous maintenant ?

Amaury de Larauze – Aujourd’hui nous sommes une équipe d’une dizaine de collaborateurs. Nous resterons encore une startup tant que nous ne serons pas rentables et nous développons tous les jours Kiliba. Quand j’ai commencé à travailler dans l’e-mailing en 2010, c’était alors le canal standard pour communiquer mais maintenant il y a aussi les réseaux sociaux, le display et bien sûr toujours la communication publicitaire, télévisuelle et radiophonique. Pas simple pour un marketeur d’être compétent dans tous ces domaines d’autant qu’il y a de plus en plus de datas à gérer.

Site web : https://kiliba.com/

Installé à Kyoto depuis une quinzaine d’année, le français Thomas Bertrand a d’abord développé un site d’e-commerce avant  de créer la start-up Ship & Co. Celle-ci propose aux commerçants une solution logistique simplifiant l’expédition des colis. Une levée de fonds de trois millions de dollars est en préparation pour la promouvoir à l’international.

Etudiant à l’IEP de Grenoble, Thomas Bertrand découvre le Japon en 2002, y revient en 2003 pour une année universitaire puis s’y installe. Se faisant connaitre par un blog en français racontant la vie à Kyoto, il reçoit des sollicitations de clients potentiels et décide de créer un site e-commerce de boîtes à bento, ces boîtes dans lesquelles les japonais transportent leur repas (bento).

Lancé fin 2008, le site bentoandco.com se développe très bien et Thomas Bertrand ouvre une vraie boutique à Kyoto au printemps 2012. Aujourd’hui la société Bento & co emploie 11 personnes et Thomas Bertrand revient régulièrement en France et voyage dans le monde  pour assurer la commercialisation de Bento&co sur des salons professionnels.

L’idée de créer une nouvelle société avec la start-up Ship & Co lui est venu par l’activité de son site d’e-commerce : « Nous passions trop de temps à réaliser les étiquettes d’expédition de chacun de nos colis alors j’ai eu l’idée d’une application faisant le lien entre les plateformes d’e-commerce et les transporteurs. J’ai créé Ship & Co il y a trois ans et nous proposons cette solution sous forme d’un SAAS et d’une API aux e-commerçants. Nous comptons plusieurs centaines de clients actifs essentiellement au Japon. Ship & Co est une startup qui compte 8 employés à Kyoto et Singapour et qui occupe la majorité de mon temps » explique-t-il.

Après une première levée de fonds de 100 millions de Yen (soit environ 800 000 euros) réalisée il y a deux ans, Thomas Bertrand prépare une nouvelle levée dans les mois qui viennent avec un objectif de trois millions de dollars : « Le but est le recrutement de ressources marketing ainsi qu’en suivi commercial et ventes. Nous allons aussi continuer l’intégration d’entreprises de livraisons dans de nouveaux pays »

Ship & Co s’intègre aux CMS d’e-commerce leaders comme Shopify, Amazo, eBay ou Prestashop et permet d’utiliser les services d’une quinzaine d’entreprises de livraison avec des grands noms comme UPS, DHL, Fedex ou Colissimo. Avec cette levée de fonds, la start-up aura les moyens de se développer à l’international.

Selon les chiffres de CB Insights, le montant total des investissements technologiques en France a baissé de plus de moitié au troisième trimestre 2019 par rapport au deuxième trimestre. Cet investissement s’est chiffré à 708 millions de dollars contre 1,5 milliards de dollars au deuxième trimestre de l’année 2019. Sur la même période, le nombre de financements a baissé de 20%.

Les chiffres de ce trimestre sont surprenants d’autant que la dynamique depuis le début de l’année était trés positive. Selon les chiffres de CB Insight, ce sont un peu plus de 3,4 Mds de dollars qui ont été investis dans des startups françaises depuis le début de l’année 2019. Des chiffres qui permettaient à la France de devancer l’Allemagne jusqu’à présent dans le financement de l’innovation mais qui restaient trés loins de ceux qui sont investis chaque trimestre en Grande Bretagne.

Selon les chiffres de CB Insights, 14,2 Mds de dollars ont en effet été investis dans les jeunes entreprises en Grande-Bretagne et 4,2 milliards de dollars en Allemagne sur les trois premiers trimestres 2019. De son coté, le JDN dans son baromètre mensuel des investissements startups indiquait que les jeunes pousses françaises avaient levé 254 M€ cet été et un peu plus de 500 M€ en septembre. Pour Octobre, le JDN indique que 440 M€ ont été investis dans des startups françaises.

Quelles pourraient être les craintes des investisseurs ?

Alors qu’Emmanuel Macron a réaffirmé cet été ses ambitions dans le financement des startups en promettant un montant de 5 milliards d’euros  d’ici 2025 pour créer 25 licornes françaises et en évoquant même la création d’un Nasdaq à la française, des opinions contradictoires circulent sur la dynamique future en matière d’investissement dans les startups.

Parmi celles-ci il y a bien sûr la crainte que les récents déboires d’Uber ou de WeWork en Bourse ne permettent pas aux société de capital-risque  de rentabiliser leurs investissements. L’industrie du capital-risque a besoin de la Bourse pour ses sorties et il est vrai que dans ce domaine l’appétit des investisseurs institutionnels  pour les valeurs technologiques et innovantes est de plus en plus  timide. Notamment pour des entreprises qui n’ont jamais été profitables avant leur entrée en bourse en dépit de forte croissance de leur chiffre d’affaires.

L’autre crainte vient de l’innovation même et de la dynamique des marchés. Ces dernières années ce sont les investissements dans l’Adtech, les médias et la publicité qui ont séduit les grands acteurs du capital-risque notamment aux Etats-Unis. Dans le secteur informatique, le Cloud a attiré également fortement les investisseurs. En revanche, les projets autour de l’intelligence artificielle ou de la simple transformation digitale semblent actuellement moins séduire. Par contre, le secteur de la Biotech semble créer une nouvelle dynamique tout comme le développement durable mais avec des perspectives de retour sur investissements assez longs qui peuvent freiner les investissements pour les mois qui viennent.

 

 

Le club des marketeurs in tech (CMIT) lance sa quatrième édition de Trophées « start-ups » Martech. Pour Etienne Maraval, vice-président du CMIT et directeur du marketing Europe du sud pour Lexmark, les marketeurs attendent des solutions de startups pour « gagner en interaction client ».

Vincent Biard – Que propose cette 4ème édition des Trophées « start-ups » Martech ?

Etienne Maraval – Le CMIT est le club des marketeurs in tech composé d’une centaine d’adhérents plutôt orientés BtoB. Il y a environ cinq ans, quand nous avons remarqué que l’innovation provenait largement des startups et que le métier des marketeurs était en pleine évolution, nous avons décidé de lancer le trophée des startups martechs. Celui-ci est ouvert à toutes les sociétés ayant au moins une agence en France avec un représentant parlant français. Nous avons eu à chaque fois une quinzaine de startups participantes. Pour l’édition 2019, les candidatures sont ouvertes depuis le 17 septembre et jusqu’au 23 octobre. Il y aura une remise des prix le 20 novembre prochain au Club de l’étoile à Paris. Cela permet aux startups de gagner en notoriété et de s’adresser directement aux directeurs marketing en pitchant devant 150 d’entre eux.

Vincent Biard – Quels sont les projets que vous avez particulièrement remarqués lors des trois premières éditions de ces trophées ?

Etienne Maraval – Ces trois éditions nous ont permis de voir les dernières tendances du marché. Ces dernières années il y a eu une poussée importante de projets liés aux contenus de réseaux sociaux ou de plateformes d’amplification des réseaux sociaux avec des sociétés comme Upfluence ou Limber. Il y a eu l’arrivée de l’intelligence artificielle ainsi que les interactions vocales et les bots. C’est l’exemple de la société Allo-media primée en 2017 et qui propose de l’interaction voix/CRM directement. Enfin, il y a également le domaine des plateformes de service marketing qui ont été primées ces dernières années parce qu’elles répondent aux besoins des directeurs marketing souhaitant disposer très rapidement de ressources comme des graphistes ou des rédacteurs sans passer par une agence. On verra ce que nous réserve cette édition 2019.

Vincent Biard – De quels outils ont besoin les directeurs marketing ?

Etienne Maraval – Il y a beaucoup choses à faire pour gagner en interaction client. Je pense aux bots installés sur les sites internet qui permettent notamment de prendre le pouls du client et aussi de lui suggérer des choix. On va continuer aussi à digitaliser la voix et d’analyser ainsi l’interaction voix. Tout ce qui va permettre aujourd’hui de mieux comprendre le client sera utile. Avant nous réalisions des questionnaires et des études, aujourd’hui a travers des bots d’interaction client, nous pouvons gagner de l’information client on line, être plus réactif et proposer des offres beaucoup plus ciblées.

Infos et inscriptions :https://cmit.fr/

Créée en 2017, la start-up parisienne AnotherBrain vient de boucler une levée de fonds de 19 millions d’euros pour développer sa solution d’intelligence artificielle baptisée «Organic AI ». Embarquée dans une puce, cette solution entend disrupter l’internet des objets et vise notamment le marché de la voiture autonome.

« Lorsque nous avons créé AnotherBrain, nous avons décidé de repousser les limites de ce qui est possible grâce à l’intelligence artificielle et d’aller au-delà de l’IA actuelle […] Notre technologie permet de transformer chaque capteur en capteur intelligent renvoyant l’interprétation des signaux plutôt que le flux de données brutes » affirme Bruno Maisonnier, déjà père des robots humanoïdes Nao et Pepper et dorénavant dirigeant de la start-up AnotherBrain.

« Notre technologie ne repose pas sur d’énormes bases de données issues d’exemples précédents, elle analyse plutôt ce qu’elle perçoit et peut donc expliquer ses décisions. Notre ambition est de construire une IA puissante et plus humaine, acceptable pour les entreprises (certification) et les consommateurs (vie privée) » ajoute-t-il à l’occasion de l’annonce, le 1er octobre dernier, d’une levée de fonds de 19 millions d’euros.

Après avoir levé 10 millions d’euros en février 2018, AnotherBrain a donc bouclé un nouveau tour de table et prévoit une autre levée de fonds d’ici la mi-décembre dont le montant devrait être de 6 millions d’euros. La startup vise maintenant  la commercialisation de cette puce en espérant qu’elle équipe un jour les caméras des voitures autonomes. Autres marchés visés : l’internet des objets et l’automatisation industrielle susceptibles eux-aussi d’être intéressés par cette IA révolutionnaire venue de France.

Site web : https://anotherbrain.ai/#home

La start-up nantaise créatrice d’une solution de gestion de l’ensemble des informations produits d’une marque s’appuiera notamment sur Salesforce. Le géant américain a intégré cette solution dans son logiciel Salesforce Commerce Cloud et a participé à la levée de fonds.

« Les consommateurs actuels interagissent en moyenne avec plus de cinq points de contact avant de prendre une décision d’achat. Il est donc de plus en plus important pour les marques d’utiliser une plateforme offrant une expérience produit intégrée et cohérente […] La gestion de l’expérience produit (PXM) est en train de devenir une application métier essentielle pour les marques et les retailers qui souhaitent s’imposer dans le commerce omnicanal » explique dans le communiqué de presse Fred de Gombert, PDG  de cette startup fondée en 2013 avec Benoît Jacquemont, Nicolas Dupont et Yoav Kutner.

La plateforme SaaS open source d’Akeneo propose aux marques une solution de gestion de l’expérience produit (PXM) et de l’information produit (PIM) leur permettant d’unifier leurs informations produits sur tous leurs canaux de vente : eCommerce, mobile, print, points de vente. Akeneo se présente comme «  la plateforme de gestion de l’information produit (PIM) la plus utilisée au monde » avec « un taux de croissance annuel composé à trois chiffres pour la sixième année consécutive » et « plus de 60 000 implémentations » dans le monde. Par contre, Akeneo ne communique pas sur son chiffre d’affaires. Ses clients sont à 60% des industriels (Air liquide, SLV, Essilor, Franklin Electric, Groudfos, Tarkett) et à 40% des marques de luxe et de la distribution (Sephora, Nature et Découvertes, Nuxe, Feu Vert, Made.com, Auchan, Franprix, Fossil, Bricorama).

60 millions d’euros de levées de fonds en six ans

Le financement annoncé début septembre est le cinquième d’Akineo qui totaliserait près de 60 millions d’euros de levées de fonds depuis sa création en 2013. Cette dernière opération été réalisée auprès du fonds d’investissement américain Summit Partners et parmi les investisseurs on trouve Salesforce Ventures, le fonds d’investissement mondial de Salesforce qui a justement intégré la solution Akeneo dans son logiciel Salesforce Commerce Cloud.

La finalité de cette levée de fonds de 41 millions d’euros est de renforcer la présence d’Akeneo sur le marché américain où la startup nantaise réalise déjà 20 % de son chiffre d’affaires (et 70%  en Europe). Akeneo s’appuiera sur Salesforce pour atteindre son objectif de 50 % de CA aux États-Unis d’ici à la fin 2021 mais aussi sur Magento le système de gestion de contenu (CMS) pour sites e-commerces qui utilise également la solution Akeneo. Comptant 180 collaborateurs avec une équipe de 30 personnes à Boston, Akeneo prévoie l’embauche d’une centaine de personnes, essentiellement en développement informatique sur Nantes.

En photo : Benoît Jacquemont, Fred de Gombert et Nicolas Dupont. ©Akeneo

Fondée en 2009 par Jean-Noël Rivasseau, qui occupe le poste de CTO, et actuellement présidée par Jean-René Boidron, Kameleoon s’est trés tôt positionnée sur le marché de la métrique web avec une solution d’A/B testing qui a évolué progressivement vers une plateforme globale de personnalisation. Kameleoon vient de lever 5 M€ pour se renforcer technologiquement sur le marché de la mesure sur le marché des sites de e-Commerce.

C’est bien la croissance actuelle du e-commerce qui tire la demande en solutions de mesure et de performance web. Selon les chiffres de la FEVAD,  le nombre de sites d’e-commerces a augmenté de 24 000 pour atteindre 180 000  en 2018  et sur le 1er trimestre 2019 les ventes en e-commerce ont progressé de plus de  11 % avec une forte progression des usages sur mobile qui demande une adaptation permanente des sites e-commerce. La barre des 100 milliards de chiffre d’affaires devrait être atteinte en 2019 estime la Fédération du e-commerce et de la vente  à distance (Fevad). Avec en corollaire une explosion des interactions. En 2018,  les transactions en ligne avait, toujours selon la Fevad, progressé de 20 % pour atteindre plus de 1,2 milliards de transactions.

Kameleoon a démarré son activité en se spécialisant  en A/B testing classique et en optimisation de sites avec un certain succès puisqu’elle revendique une base de clients de plus de 500 grandes entreprises de tous secteurs d’activité comme Cdiscount, FNAC/Darty, OUI.sncf, le groupe BPCE, Auchan, Lidl, Michelin, ou encore Renault, Toyota, le groupe Axel Springer.

Pour faire face à la technologisation croissante du marché, notamment avec la montée en puissance des solutions à base d’Intelligence Artificielle, les fondateurs ont décidé de rester dans la course technologique avec une levée de fonds de 5 millions d’euros. Sur leur blog les deux dirigeants indiquent  notamment que si ce virage coute cher sur le plan des investissements informatiques il se révèle  inéluctable notamment pour résister à la pression des grands éditeurs de logiciels  qui sont aussi positionnés sur ce créneau comme Adobe, Salesforce ou IBM. Face à ces grands acteurs l’avenir de start-up comme Kameleoon passe par le service et une stratégie à valeur ajoutée au delà des métriques informatiques.

Pour cela l’équipe de dirigeante Kameleoon mise sur l’Intelligence Artificielle qui permet de construire des solutions sur mesure permettant d’améliorer l’analyse des conversions, les comportements des visiteurs des sites et leurs besoins une fois en ligne et en temps réel. L’objectif étant de fournir en retour une réponse personnalisée et individualiser ainsi la relation grâce à une forte automatisation. Tout comme AB Tasty qui a levé 17 M de dollars il y a un an, l’enjeu pour Kameleoon sera de fidéliser des clients dont les besoins technologiques sont croissants et qui pourraient se tourner dans ce cadre vers des grands éditeurs. L’Intelligence Artificielle qui reste un marché de développement de solutions individuelles pas encore standardisées laisse une fenêtre ouverte aux jeunes startups qui sont positionnées sur ce marché.

C’est plus dans le domaine de  l’immobilier que Station F a fait le buzz média ces derniers jours avec l’annonce d’un programme de 600 logements pour les entrepreneurs de Station F  dans la commune d’Ivry. Mais le projet de Xavier Neil reste avant tout un incubateur à start-up et son fondateur prévoit même qu’il permettra de faire éclore la 1ère licorne française.

 

Dans un entretien aux Echos, Xavier Niel est revenu en chiffres sur Station F, l’incubateur géant qu’il a crée à Paris il y maintenant un an. Dans cet entretien,  il a notamment affirmé qu’il n’y avait aucunes raisons pour ne pas y voir éclore dans les prochaines années la première licorne française. Un pari statistique propre à tous les grands fonds d’investissements en capital-risque notamment américain qui ont déjà réussi à faire émerger de nombreuses licornes. Mais qui, en revanche, n’a pas encore fonctionné en France au regard du faible nombre de licornes françaises qui ne sont au total que 5.

Xavier Niel croit  cependant en sa stratégie sur Station F. Il faut dire que Station F est devenu en trés peu de temps un incubateur qui en volume de start-up hébergées revendique le 1er rang mondial avec 232 start-ups et qui selon Xavier Niel cité par les Echos ont déjà levé 250 millions d’euros. Sans conteste Station F est le lieu où l’on retrouve, le  plus de start-up labs d’entreprise dont ceux  de Facebook et Microsoft mais aussi  de nombreuses entreprises comme de TF1 ou le groupe Havas, d’écoles prestigieuses comme l’Insead sans oublier  la présence de tous les acteurs du financement du secteur public. Ce sont dans ces labs que l’on trouve les projets les plus promoteurs. Station F vient d’ailleurs de mettre en avant 30 pépites sélectionnées dans ces labs dont Vitaly (eCommerce)  qui a opéré la plus grosse levée de fonds avec 22,7 millions d’euros levés ou encore Foodvisor qui a levé dans le programme start-up Facebook 1,5 M€ .

Le second atout de Xavier Niel est la présence sur Station F de son fonds d’investissement Kima Venture qui est très actif dans le financement des jeunes entreprises. Kima Ventures a à son actif des dizaines de levées de fonds en amorçages ou en co-financement réussies. La dernière en date c’est Meero qui vient de lever 300 millions d’euros. Mais ce fonds reste un fonds de niveau intermédiaire dont les moyens pourraient faire défauts pour des levées de fonds entre 100 et 300 millions d’euros qui sont aujourd’hui les fonds levées par ces fameuses licornes. Pour que le pari statistique de Xavier Niel réussisse, il manque dont un fonds d’investissements plus important pour permettre aux jeunes entreprises incubées à Station F de ne pas quitter l’hexagone et continuer à se développer dans l’Est parisien.

Un programme immobilier  en complément qui n’a pas de ROI avoué sur Station F

En complément des activités de financement Station F, comme tous les incubateurs a des activités immobilières. L’incubateur  a annoncé cette semaine l’ouverture de Flatmates, un immeuble d’appartement destiné à la co-location. Flatmates  pourra accueillir jusqu’à 600 entrepreneurs. Les appartements sont répartis en en trois bâtiments conçus par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Il y a au total  100 appartements et 600 chambres à partir de 399 euros par mois. Les immeubles sont situés à Ivry à 16 minutes des locaux de Station F.