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La course aux bonnes affaires start-up  est-elle déjà lancée ? Apple vient d’annoncer le rachat de la jeune entreprise Voysis basée à Dublin  et spécialisée dans la voix et le langage naturel.

Selon le site Bloomberg, Apple vient de racheter Voysis, une jeune entreprise irlandaise spécialisée dans la voix et les assistants vocaux.  Cette acquisition va lui permettre de renforcer ses compétences technologiques pour Siri mais aussi pour bien d’autres services à base de langage naturel.

Cette jeune entreprise est spécialisée essentiellement dans  les applications voix dans le eCommerce. Comme le souligne Bloomberg,  la page web de Voysis n’est plus accessible mais on comprend que la société était en train de travailler sur des requêtes voix proches du langage naturel. Une dimension technologique que Siri ne maîtrise pas encore et qui nécessite des développements importants. Pour certains analystes les capacités de reconnaissance vocales de Siri sont inférieures aujourd’hui à celles proposées par Amazon et Google. C’est donc pour rattraper son retard que Apple aurait procédé à ce rachat.Selon d’autres sources cette start-up aurait levée 8 millions de dollars en 2017. Il est clair que dans le contexte actuel elle ne pouvait espérer lever des fonds supplémentaires à court terme.Même si Apple a les moyens de ne pas être opportuniste, la course aux bonnes affaires  startups pourrait s’intensifier dans tous les domaines dans les mois qui viennent.

 

Alors que les levées de fonds sont au point mort en France, l’américain 96point6 vient d’annoncer une levée de fonds de 43 millions de dollars pour poursuivre ses développements de télémédecine. La startup vient d’annoncer le triplement de ses équipes pour satisfaire ses clients en télédiagnostic durant la crise sanitaire.

98point6 est une jeune entreprise américaine spécialisée dans la fourniture d’applications de télédiagnostic. Dans le cadre de la crise sanitaire actuelle elle propose notamment un dashboard permettant à ses abonnés de suivre la durée d’attente moyenne avant de joindre l’un de ses conseillers.

Comme l’explique Venture Beat dans un article très détaillé sur cette société, 98point6 fait partie de l’écosystème des startups américaines positionnées sur le marché de la télémédecine. Venture Beat cite dans son article des sociétés comme CirrusMD, Heal, Pager, Kry, HealthTap, RubiconMD, SnapMD, Mfine, Pager, K Health ou Doctor on Demand.

En France, c’est Doctolib qui représente le mieux ce secteur et qui fait partie des licornes françaises. Toutes ces sociétés parient plus ou moins sur le succès de l’intelligence artificielle pour fournir des diagnostics en temps réels à leurs patients et sur la qualité digitale de leurs applications.

Un marché de 130 milliards de dollars en 2025 selon Venture Beat

Selon Venture Beat, le marché mondial de la télémédecine qui comprend aussi tous les services qui facilitent le diagnostic et le traitement médical à distance devrait atteindre à 130,5 milliards de dollars d’ici 2025. La crise sanitaire actuelle est sans aucun doute un facteur d’accélération important de ces services notamment dans un pays où le recours aux services classiques de médecine dépend de sa couverture individuelle.

En levant 43 millions de dollars très rapidement en pleine crise du Covit 19 aux Etats-Unis, 98point6 devrait bénéficier d’un coût de projeteur sur ses services. D’autres levées de fonds devraient intervenir dans les mois qui viennent dans cet éco-système. La course est lancée et il est clair qu’il faudra des moyens importants à toutes ces sociétés pour offrir des services efficaces et comparables à ceux existants aux patients. Cela passe par une montée en puissance de l’intelligence artificielle mais aussi de l’infrastructure cloud sécurisée de ces entreprises et le tout à un tarif acceptable pour les compagnies d’assurance mais aussi pour les praticiens qui font également partie de ces nouveaux modèles économiques. 

En photo : Robbie Cape, CEO et cofondateur de 96point6 ©DR

Le Gouvernement vient d’annoncer un plan d’aide spécifique start-up en quatre volets. L’objectif est de sauver un secteur dans lequel le Gouvernement, les fonds de capital-risque et les business angels ont investi plus de douze milliards d’euros sur les six dernières années. Cet écosystème de 8 000 sociétés commençait juste à faire émerger quelques licornes mais par nature reste extrêmement fragile.

Les quatre volets du plan du Gouvernement

“C’est un plan d’urgence qui vise à soutenir la trésorerie des startups dont l’activité est affectée par le Covid-19. Il mobilise tous les leviers de financement usuels des startups : bridges, crédit impôt recherche, prêts spécifiques, aides à l’innovation” a précisé Cédric O, le secrétaire d’Etat au numérique lors de sa présentation il y a deux jours.

Pour palier au plus urgent le gouvernement a annoncé une enveloppe de 80 millions d’euros financée par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et gérée par Bpifrance. Ces montants vont servir à financer des bridges entre deux levées de fonds qui risquent de prendre désormais plus de temps compte tenu du contexte.

Autre mesure spécifique : deux milliards de prêts garantis à l’intérieur de l’enveloppe de 300 milliards d’euros annoncée par Bruno Lemaire. Ils pourront représenter jusqu’à 25 % du CA de l’année 2019.  Ces prêts (à faible taux à partir de 0,25 %) seront  distribués à la fois par les banques privées et par Bpifrance, interlocuteur privilégié des startups.

Les deux autres mesures sont destinées à soutenir la trésorerie de ces entreprises. La plus significative sera le remboursement du CIR (crédit d’impôt recherche) et un traitement accéléré des demandes de remboursement des crédits de TVA par la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Enfin, le gouvernement devrait rembourser aux jeunes entreprises 250 M€ en accélérant le paiement des aides à l’innovation du PIA comme les concours d’innovation ou en versant par anticipation les tranches non encore distribuées pour les dossiers déjà validés.

Quel impact sur l’écosystème des startups françaises ?

Dans le cadre de ce plan d’aide, le Gouvernement a aussi annoncé qu’il maintenait ses efforts en faveur du financement des jeunes d’entreprises en 2020 pour un montant de 1,3 milliards d’euros. Une annonce importante au regard de la manière dont s’est développé le capital-risque en France ces dernières années. La Bpi a notamment joué un rôle d’investisseur leader dans un grand nombre de dossiers qui ont donné confiance aux autres investisseurs qui ont alors investi ou se sont servi de la garantie Bpi. Sur une moyenne de deux milliards d’euros investis en moyenne chaque année dans les startups, la part de la Bpi est proche d’un milliard. Il s’agit donc bien d’éviter que les autres investisseurs se retirent du marché français.

Mais si cette stratégie a permis de doper le marché français du capital-risque, cela s’est traduit aussi par un émiettement important des investissements. La France est la championne du monde en nombre de création de startups mais le nombre de licornes est faible. La prise de conscience de cette faiblesse a conduit à une augmentation  de la taille des levées de fonds ces derniers mois et à la création d’un indice Next40, véritable incubateur à Licorne. Il n’en reste pas moins que la structure de l’écosystème des startups françaises est extrêmement fragile avec notamment une part importante de sociétés dépendant des incubateurs régionaux ou de corporate venture. Il faudra donc que ces structures, notamment les grandes entreprises,  jouent pleinement leur rôle de soutien pendant la crise à venir pour maintenir cet écosystème. Sur le moyen terme c’est loin d’être garanti.

Le capital-risque a horreur du vide et pense déjà à de nouveaux secteurs comme l’économie de la distanciation

La crise internet de 2000 et celle des subprimes de 2008 ont changé les comportements des fonds de capital-risque et de leurs investisseurs. Beaucoup de fonds, en dépit des annonces de levées de fonds, ne disposent pas dans la réalité de ces fonds. Même situation du coté des startups qui n’auront pas forcément la possibilité de mobiliser les fonds levés. Parce qu’ils sont indexés sur des critères de performances ou tout simplement parce que les fonds n’en disposent plus.

Face à une situation de crise, le premier réflexe des fonds de venture capital est de “nettoyer” leur portefeuille en se concentrant sur les deux ou trois pépites qu’ils ont pu identifier et puis très rapidement de penser à l’avenir en investissant dans les secteurs que la crise fait émerger. On évoque déjà beaucoup dans le secteur du capital-risque les technologies d’avenir. Un secteur d’investissement est en train de se dessiner avec  la distanciation, le télétravail, le télé-enseignement, la visioconférence médicale et le télédiagnostic et bien d’autres technologies. Mais aussi celui d’un secteur de santé 3.0 avec davantahe d’intelligence artificielle, de robotisation, d’aide automatisée aux personnes vulnérables. Le capital risque a horreur du vide.

 

 

Open CNP, le fonds de Corporate Venture de CNP Assurances, a annoncé avoir investi, aux côtés d’Hugues le Bret, (fondateur du compte bancaire Nickel) et de Side Capital, 6 M€ dans Paylead. La jeune entreprise propose un programme de fidélisation en e-commerce où les banques sont intégrées à la relation client avec les acheteurs.

Paylead est le nouvel investissement d’Open CNP, le fonds de Corporate Venture  de 100 M€ de CNP Assurances. Ce fonds a déjà investi dans October, H4D, Alan, Stratumn, MyNotary, Lydia, YesWeHack, Intercloud et CybelAngel. Paylead propose de créer des programmes de fidélité basés sur des données anonymisées recueillies après consentement des utilisateurs. Pour cela Paylead s’appuie sur la directive DSP2 pour analyser les habitudes de consommations et les dépenses des consommateurs.

Par rapport à d’autres prestataires dans ce domaine l’originalité de Paylead repose sur sa capacité à impliquer des acteurs bancaires ou des fintechs. Pour chaque achat effectué chez un marchand partenaire, le consommateur reçoit du cashback ou de l’épargne reversés sur son compte instantanément. Comme pour Lydia , qui a levé récemment 40  millions d’euros,  c’est la capacité technologique de ces startups à traiter de la donnée par des algorithmes qui semble séduire les investisseurs du monde bancaire et des assurances. Il est vrai que l’acquisition de nouveaux clients à l’ère du digital est devenu un enjeu pour tout le secteur. Il y a deux ans, BNP Paribas n’a pas hésité ainsi à racheter les 500 000 clients de Nickel environ 200 millions d’euros selon certaines sources. Ce qui donne un lead bancaire à 400 € dans le cadre de cette opération.

C’est donc bien l’appétit des investisseurs pour de nouveaux modèles d’acquisition client dans le secteur bancaire et de l’assurance qui semble tirer les investissements dans les fintechs françaises. Il reste à Paylead à prouver qu’il est capable de construire un modèle de consentement et de fidélisation supérieur aux services que proposent les acteurs publicitaires sur les cookies. Sur un marché de la donnée marketing en pleine mutation avec les annonces récentes de Google sur les cookies, Paylead tente une approche de la fidélisation davantage à valeur ajoutée que la simple analyse du parcours client à travers les données des cookies. Reste à se faire une place sur ce marché trés concurrentiel qui va demander des investissements en recherche et développement avec l’IA de plus en plus importants dans les années qui viennent.

 

 

Jeux Olympiques à Paris en 2024, Coupe du Monde de Rugby en France en 2023 mais aussi l’accélération de l’innovation dans le sport avec de nouveaux usages dans le  domaine de la santé et des données tendent à structurer un secteur qui séduit un nombre croissant d’investisseurs. C’est dans ce cadre que la Caisse d’Epargne et Seventure Partners on annoncé  trois investissements dans le cadre d’un fonds d’investissement français dédié à l’économie du sport nommé  Sport & Performance Capital.

Le fonds  Sport & Performance Capital lancé par la Caisse d’Epargne et Seventure est présenté comme un fonds d’environ 80 M€ destiné à financer des startups et des PME évoluant dans le domaine du sport et du mieux-vivre.  Ce fonds n’est pas un fonds d’amorçage. Dans son communiqué de presse la Caisse d’Epargne et Seventure précise que ce fonds d’investissement dédié au sport permettra de sélectionner une quinzaine d’entreprises de l’économie du sport afin de les soutenir, de les financer et de les accompagner dans leur développement jusqu’en 2029. Pour rappel, avec 750 M€ sous gestion, Seventure Partners est l’un des principaux acteurs européens du capital innovation et fait partie du Groupe BPCE

Pour l’instant ce fonds a déjà investi dans trois jeunes entreprises. La première se situe dans l’e-commerce et se nomme Hardloop. Cette jeune entreprise aide les débutants ou les athlètes de haut-niveau à trouver le meilleur matériel pour leurs aventures sportives d’extérieur (ski, escalade ou encore randonnée). La seconde est MOVE’N SEE qui se positionne sur le marché de la vidéo. La jeune entreprise a créé PIXIO un robot caméraman destiné à se filmer pendant des heures soi-même sans l’apport d’un cadreur. Les sportifs sont bien sûr la cible principale de la société mais ce robot-caméra est également très utile pour d’autres usages comme pour des conférences, des répétitions de spectacles, des tournages ou encore des spectacles de danse.

Le troisième investissement de ce fonds se situe dans la donné sportive avec SkillCorner : cette jeune entreprise parisienne développe des algorithmes d’intelligence artificielle appliqués aux sports collectifs professionnels. A partir d’une simple vidéo de matchs, les algorithmes identifient chaque joueur, chaque fait de jeu, chaque tactique pour offrir des analyses et des visualisations. Cette jeune entreprise tente de combiner deux services digitaux : l’accès à des données live de matchs et des visualisations innovantes. A noter qu’AWS (Amazon Web Services)  vient d’annoncer un partenariat avec la Bundesligua, la ligue de football allemande, qui va dans le même sens.

 

La jeune entreprise française DataGalaxy spécialiste de la gestion des données en entreprise et qui revendique une trentaine de références vient d’annoncer une levée de fonds de 1,7 million d’euros auprès de Newfund.

Après ISAI Cap Venture qui vient d’investir dans Toucan Toco c’est au tour du fonds Newsfund d’annoncer son entrée au capital de DataGalaxy, startup créée en 2015 à Lyon. Le marché de la gestion des données est devenu un segment de marché à part entière avec la montée en puissance des solutions collaboratives en mode SaaS spécifiques qui cherchent à s’imposer face aux grands éditeurs de logiciels américains comme Oracle, Salesforce ou encore Adobe. Leur atout : répondre aux besoins spécifiques des entreprises en matières de RGPD et de gestion des données. C’est dans ce cadre que DataGalaxy a annoncé la semaine passée une levée de fonds  de 1,7 million d’euros en amorçage auprès de Newfund et d’Evolem Start. Selon les Echos il s’agit d’un premier tour de table, les fondateurs ayant financé en fonds propres et avec l’aide de subventions leurs premiers développements.

DataGalaxy, qui sera présent sur le salon du Big Data  le 9 et 10 mars prochain à Paris, se positionne sur l’accès aux données des entreprises. Les solutions  de gestion des données de DataGalaxy s’adressent aussi bien aux responsables de Business Intelligence des entreprises qu’aux CDO ou encore Data Scientist. L’objectif de la jeune entreprise est d’offrir une cartographie des données de chaque entreprise et d’en faciliter l’accès tant pour les métiers que pour les informaticiens.

Un positionnement comparable à celui de Tableau Software racheté récemment par Salesforce. La jeune entreprise est également sur le créneau de  Talend, une entreprise française qui est  désormais quotée au Nasdaq,  et qui a été un des premiers éditeurs  à se positionner sur le marché de l’intégration de données en mode cloud. L’approche de DataGalaxy est cependant plus large puisqu’il s’agit aussi de valoriser les bases de données actuelles des entreprises afin de définir de nouveaux usages et surtout de partager les données plus facilement.

Sur le marché trés concurrentiel de la donnée et de la Dataviz, ISAI Cap Venture -le fonds de Corporate Venture de Cap Gemini et d’ISAI- vient d’annoncer une prise de participation minoritaire dans la jeune société Toucan Toco.

Toucan Toco développe des solutions de reporting de données et de dataviz. La société revendique près de 5 000 clients pour sa solution en mode SaaS. La jeune entreprise française est positionnée sur la mise à disposition des données pour les différentes organisations métiers des entreprises. Elle est positionnée sur un créneau de marché stratégique dans le domaine de la Business Intelligence comme en témoigne le rachat récent par Salesforce de Tableau Software.

Capgemini estime que le le marché mondial de la Business Intelligence devrait avoisiner les 150 milliards de dollars d’ici 2025 et que les données vont être amenées à jouer un rôle central dans les décisions stratégiques des différents métiers. Dans ce contexte, les grands projets de transformation lancés par les responsables métiers reposeront avant tout sur une meilleure compréhension des opérations et des indicateurs associés estime Capgemini. Pour se positionner sur ce marché Toucan Toco a imaginé une approche marketing par le data story telling. Un concept qui devrait permettre aux métiers d’accéder plus facilement davantage de données. Dans ce domaine les innovations reposent notamment sur l’intelligence artificielle et demandent des investissements technologiques importants que semble prêt à accompagner Capgemini.

En comptant la prise de participation minoritaire d’ISAI Cap Venture, la levée de fonds de Toucan Toco mené par Balderton Capital  a permis à la startup de lever 12 millions d’euros. Capgemini et ISAI concrétisent ainsi un premier investissement commun à travers leur fonds corporate lancé il y a seulement quelques mois. “L’objectif étant d’allier un spécialiste du capital-risque à un partenaire susceptible d’être un accélérateur de croissance pour la start-up”, explique Lucia Sinapi-Thomas, directeur général de Capgemini Ventures dans le communiqué de presse publié pour l’occasion.

La startup Episto créée par Jérémy Lefebvre et Alexis Watine développe une technologie permettant de réaliser des sondages et des études grâce aux réseaux sociaux et aux messageries instantanées. Créée fin 2018, Episto travaille déjà avec des grandes sociétés du monde du sondage et des études ainsi qu’avec des marques en direct.

Vincent Biard – Que proposez-vous à vos clients ?

Jérémy Lefebvre – Avec Episto, nous éditons une solution qui permet aux directeurs marketing de réaliser des études auprès de leurs clients et de leurs prospects de manière agile via les réseaux sociaux et les messageries instantanées. La finalité : leur permettre d’avoir accès à des avis et des opinions authentiques des gens qui les intéressent pour prendre les bonnes décisions marketing. Notre grande force est que nous leur permettons de trouver des cibles parfois rares en utilisant les critères de ciblage des réseaux sociaux. Nous leur permettons aussi d’interroger leur cible dans un format engageant directement via leur messagerie Facebook Messenger ou WhatsApp. Ce mode d’interrogation est en plus très riche car il permet de collecter des « insights » aux formats texte, photo, vidéo et voix.

Vincent Biard – Et concrètement comment cela fonctionne-t-il ?

Jérémy Lefebvre – Nos clients viennent vers nous avec un sujet et une cible qu’ils souhaitent interroger. Nous paramétrons notre solution pour recruter des répondants souhaitant participer à l’enquête de nos clients via les trois réseaux sociaux Facebook, Instagram et Snapchat. L’avantage que nous avons avec cette méthodologie est que nous identifions des cibles réputées difficiles à trouver via les panels notamment les jeunes, les « gamers », les mamans, certaines cibles B2B, les habitants d’une zone de chalandise donnée, etc. Une fois recrutés, grâce à une technologie de chatbot que nous avons développée, nous les interrogeons dans un format de conversation rapide et ludique. Les participants répondent gratuitement à ces enquêtes car ils adorent l’expérience fournie par le chatbot. Nous recrutons des répondants à chaque nouvelle étude en fonction du besoin de nos clients. Nous recrutons des groupes de quelques centaines à quelques milliers de répondants en fonction de la cible.

Vincent Biard – Qui sont vos clients ?

Jérémy Lefebvre – Nous comptons des clients parmi les grands instituts d’études comme Kantar, Gfk, IFOP, OpinionWay, etc. Ils travaillent avec nous pour innover mais aussi car notre technologie leur permet de réaliser de nouveaux projets difficiles à réaliser autrement. Nous travaillons également en direct avec des directeurs marketing ou directeurs études de marques et sociétés BtoC comme PepsiCo, Webedia ou encore Eiffage lorsque l’on en a l’occasion. Dans un projet classique, nous accompagnons nos clients de l’écriture du questionnaire à l’exploitation des résultats de l’enquête. Nous les aidons à tirer un maximum de notre outil. En particulier, nous leur permettons parfois de continuer la conversation avec certains groupes de personnes ayant participé à leur sondage pour approfondir la compréhension d’un sujet en particulier.

Vincent Biard – Et que proposent vos concurrents ?

Jérémy Lefebvre – Nous avons des concurrents qui exploitent les réseaux sociaux pour trouver des gens à interroger mais notre offre se distingue car nous sommes les seuls à proposer du ciblage sur les réseaux sociaux couplé à un mode d’interrogation via le chatbot par messagerie instantanée.

Vincent Biard – Comment se finance la startup Episto ?

Jérémy Lefebvre – Aujourd’hui nous sommes auto-financés principalement par nos prestations. Nous investissons dans la société pour continuer à développer notre technologie pour ajouter de nouvelles sources pour le recrutement des répondants comme le réseau social Snapchat. Nous ajoutons également des nouveaux canaux pour interroger ces répondants comme le SMS ou encore Slack. La société a été créée fin 2018 par Alexis Watine et moi-même. Amis de longue date, nous avons des expériences professionnelles complémentaires. Lui a notamment travaillé dans la pub en ligne chez Criteo et moi principalement dans le conseil. En pleine phase de croissance, nous recrutons des profils en vente, marketing, opérations et développement informatique.

Demo (accessible depuis Messenger) : https://m.me/epistodemo

Ogury a annoncé une levée de fonds de 45 millions d’euros auprès d’Idinvest. Ogury propose des solutions permettant  d’optimiser la publicité sur les mobiles. Idinvest réalise un  investissement à contre-courant des tendances actuelles sur la publicité automatisée dont les levées de fonds sont en baisse de 75 % selon e-markerter. Pourquoi ?

Ogury le spécialiste des solutions publicitaires sur les mobiles pour les annonceurs et les éditeurs vient d’annoncer une levée de fonds de 45 millions d’euros de la part d’Idinvest. Ogury mise sur les contraintes du RGPD pour cibler dans son offre les utilisateurs dont il peut certifier le consentement et ainsi offrir une audience de qualité par rapport  à ses concurrents. Ogury affiche 100 millions de dollars de chiffre d’affaires et revendique une  audience de plus de 400 millions d’utilisateurs via ses partenariats.

Pourquoi le positionnement d’Ogury est intéressant sur l’Adtech

Si on s’en tient à son audience actuelle, Ogury ne peut pas vraiment rivaliser avec Facebook ou Google mais son positionnement lui permet de  proposer ses services aux annonceurs qui redoutent de ne pas être conformes, notamment en Europe, avec les règles établies en matière de RGPD et de protection des données. Un positionnement astucieux sur le marché des mobiles mais dans un secteur qui est entré en phase de consolidation sous la pression de plusieurs mutations. Tout d’abord on constate dans la plupart des études que les consommateurs sont confrontés à une pression publicitaire digitale croissante. Le plus souvent ils  sont à la recherche d’une consommation digitale plus anonyme. Autre mutation : celui du contexte réglementaire qui oblige les grands acteurs Adtech de la première génération comme Criteo  à  rechercher des solutions de contournement dans l’exploitation en volume des cookies. Et enfin, le dernier facteur d’évolution constaté de cette jeune industrie, c’est la technologie qui a considérablement évoluée avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Celle-ci devrait permettre aux annonceurs de travailler plus facilement  sur la personnalisation de leurs audiences avec une nouvelle génération d’acteurs de la publicité.

45 M€ pour profiter du CCPA  ?

Idinvest  qui vient d’annoncer le bouclage de son troisième fonds  digital à 330 millions de dollars semble donc miser, en premier lieu, avec cet investissement sur une consolidation du marché Adtech. Ogury pourrait utiliser sa levée de fonds  pour racheter de nouvelles sociétés. Ogury a acquis récemment Influans la société créée par les anciens de Talend dont Bertrand Diard. Mais avec cette levée de fonds Ogury peut aussi accélérer le développement de son chiffre d’affaires en surfant sur la mise en oeuvre  du CCPA outre atlantique. Le CCPA limité à la Californie et avec une entrée vigueur en janvier 2020 est une réglementation assez large de protection des consommateurs et de confidentialité de leurs données . Le CCPA (California Consumer Privacy Act) va réglementer les devoirs des entreprises californiennes sur la protection des données et leurs usages. Une opportunité pour Ogury dont tout le modèle économique repose sur sa capacité à distribuer de la publicité à des utilisateurs mobiles dont les consentements ont été enregistrés et prouvés.

En photo :  Thomas Pasquet et Jean Canzoneri créateurs de la société Ogury. ©DR

 

La solution de marketing prédictif mise au point par la startup Sensego créée par Ahmat Faki , Michael Weiss, Cyril Schuster et Teimour Daly a convaincu le jury du Trophée start-up Martech du CMIT qui lui a décerné le premier prix.  Cette solution d’intelligence artificielle propose aux marques d’anticiper les besoins de leurs clients en prédisant leurs intentions d’achats.

Vincent Biard – Que proposez-vous à vos clients ?

Teimour Daly – D’être les premiers à cibler quelqu’un le plus tôt possible dans ce que nous appelons la phase d’inspiration pour donner un avantage compétitif aux marques qui utilisent notre solution. L’objectif est de prédire entre 120 et 10 jours avant le passage à l’acte le souhait d’un client de voyager ou d’acheter un produit grâce à l’analyse des signaux faibles. Aujourd’hui notre produit a deux volets. L’un est destiné à la fidélisation pour des clients déjà enregistrés et dans ce cas nous intégrons notre application SaaS dans l’application des marques afin de les enrichir et de leur permettre de prédire les comportements de leurs clients pour leur proposer les meilleures recommandations. Par exemple, sur le secteur du voyage où nous sommes bien implantés, notre solution permet aux chaines hôtelières d’identifier en temps réel les intentions de voyage de leur base clients mobile 40 jours avant Booking avec une précision de 80%. Le second volet de notre solution (https://adster.sensego.fr) concerne les clients non enregistrés-et donc non connus des marques- que nous allons chercher dans une logique d’acquisition en les repérant sur les réseaux sociaux pour leur adresser ensuite une offre correspondant à leur centres d’intérêts et surtout à leurs futurs besoins.

Vincent Biard – Votre startup créée en 2016 est en pleine progression, quels sont vos objectifs ?

Teimour Daly – Nous sommes aujourd’hui déployés sur neuf millions d’appareils et nous comptons une dizaine de clients comme la chaîne Logis Hôtels regroupant plus de 2 000 hôtels en Europe, les Aéroport de Paris et Great Hotels Paris. Nous commercialisons notre solution en mode SaaS et nous nous rémunérons également sur les ventes additionnelles réalisées grâce à son ciblage. Nous revendiquons un taux de prédictions exactes de 80% pour un taux de conversion triplé et un taux de clic sur les campagnes multiplié par dix. Nous nous définissons encore comme une startup avec l’état d’esprit de recherche &développement car nous sommes une équipe d’ingénieurs passionnés par la techno. Nous sommes aussi une startup du point de vue du financement puisque nous avons réalisé une levée de fonds en seed (NDLR : moins d’un million d’euros) l’année dernière et courant 2020 nous visons une série A (NDLR : entre 800 000 et 3 millions d’euros) pour accélérer commercialement et continuer à faire de la R&D. Nous sommes une dizaine et nous aimerions doubler l’effectif à la fin 2020.

Vincent Biard – Quels sont les prochains secteurs économiques que vous visez?

Teimour Daly – Historiquement nous sommes positionnés sur le secteur du voyage car il y a une très forte désintermédiation et des cycles de vente longs. Notre technologie est donc particulièrement adaptée. Néanmoins nous sommes aussi présents sur le secteur du e-commerce avec des clients comme veepee.fr et aujourd’hui et nous ambitionnons de nous étendre sur ce secteur. Nous pensons que les secteurs de la Banque et de l’Assurance  vont évoluer dans leurs relations avec leurs clients car celle-ci sont remises en question par le digital. Les banques vont notamment avoir besoin de se reconnecter avec leurs clients via un marketing personnalisé intelligent

Vincent Biard – Avez-vous des concurrents ?

Teimour Daly – Nous avons deux très gros concurrents aux Etats-Unis : ce sont deux startups comptant chacune une centaine de clients mais pas encore en Europe. Nous avons aussi quelques concurrents indirects sur le marché du marketing digital qui est un domaine assez vaste et malgré une consolidation il y a pas mal d’acteurs proposant des solutions pour les marques.

Vincent Biard – Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Teimour Daly – Oui je tiens à dire que nous sommes très contents d’entreprendre en France parce l’écosystème y est très encourageant et que les investisseurs, l’Etat et les organismes publics comme Bpifrance ou la French Tech soutiennent cet écosystème. Nous sentons que ces deux dernières années il y a un réel esprit d’entraide entre nouveaux et anciens entrepreneurs et que c’est un beau pays pour entreprendre.