Alors que les levées de fonds dans le secteur du digital et du collaboratif se multiplient tant aux Etats-Unis qu’en France, Twitter vient d’annoncer un plan de licenciement. Les motifs : une croissance du nombre d’utilisateurs jugée trop lente par les actionnaires mais surtout l’absence de profits après huit ans d’existence.
Un problème opérationnel ou tout simplement 140 caractères pas facilement monétisables ?
Après 8 ans d’existence et des levées de fonds records, Twitter n’est pas rentable et surtout son chiffre d’affaires ne décolle pas. Et le remplacement du CEO précédent par un co-fondateur du réseau social, Jack Dorsey, n’a pour l’instant rien changé à la situation opérationnelle.La part de marché publicitaire de Twitter est toujours aussi faible et notamment sur les mobiles.
L’ampleur des licenciements n’est pas précisée, mais Twitter a doublé en taille depuis son introduction en bourse avec désormais un total de 4 100 employés. Au regard des ratios de chiffre d’affaires par employé et des comparatifs avec Facebook, il est probable que la société se sépare d’un bon tiers de ses employés. Pourtant, il n’est pas sûr que cela suffise à relancer la société car Twitter n’a toujours pas trouvé son modèle sur le marché publicitaire. Réseau social préféré des hommes politiques et des VIP, Twitter souffre surtout de ce qui a fait sa croissance rapide : un modèle média en 140 caractères et dont le contenu est difficilement automatisable et analytique.
En clair, les annonceurs ne semblent pas convaincus que la masse des interactions analysables sur le réseau social puisse permettre de déployer une stratégie publicitaire véritablement ciblée. A Twitter de prouver le contraire, notamment depuis qu’il a perdu la bataille de la croissance des membres par rapport à d’autres réseaux sociaux. Enfin, en fonction de la taille de la coupe dans les effectifs de Twitter, il sera intéressant d’observer la réaction des investisseurs. Twitter peut être le premier échec du financement des start-ups dont le business modèle est basé sur une acquisition rapide et massive de membres. Et cela sans que les perspectives de monétisation soient claires.
De quoi refroidir un secteur qui semble un peu en surchauffe actuellement au niveau des investissements financiers ! Et cela même en France. Sur le mois de septembre, le baromètre du JDN indiquait que les start-ups françaises avaient levé 317 millions d’euros. Et la tendance semble se poursuivre sur octobre.







