Manuel Valls a présenté vendredi 16 octobre le projet du gouvernement sur la sécurité numérique. Ce projet se veut équilibré entre la prise en compte de la sécurité et un certain dynamisme économique lié à la protection informatique. Mais surtout l’idée générale est de sensibiliser le citoyen et les entreprises aux risques de la cybercriminalité.
Le plan sur la sécurité numérique : une série de mesures pratiques
L’Anssi (l’agence nationale à la sécurité des systèmes d’informations) qui comptait une centaine d’agents lors de sa création en 2009, sera renforcée de 600 agents à l’horizon 2017. Parallèlement, le gouvernement précise que les Ministères de la Défense et de l’Intérieur ont eux aussi augmenté le nombre d’effectifs consacrés à ces missions. Au niveau du maintien des compétences, le gouvernement estime qu’il n’est pas toujours facile pour l’État, et donc pour l’Anssi, d’être compétitifs en termes salariaux, face aux possibilités des grandes entreprises. Des efforts seront faits pour qu’une partie des talents français de la sécurité s’engagent au sein des services publics. D’autant que le gouvernement a précisé que la loi de programmation militaire de 2013 a prévu un renforcement de la sécurité des systèmes d’information des opérateurs d’importance vitale, et non plus uniquement de ceux de l’État. Enfin sur le terrain de l’innovation Bpifrance est appelé à la rescousse. Bpifrance, en lien avec le Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique et l’Anssi, a lancé et lancera des appels à projets consacrés à la cybersécurité afin d’accompagner les entreprises françaises pour développer des dispositifs fiables de détection d’attaques informatiques ou des équipements de protection destinés aux PME.
L’objectif : protéger le citoyen et le responsabiliser
L’objectif principal de ces mesures est donc de protéger avant tout le citoyen avec une politique volontariste tout en permettant d’appliquer la loi sur le renseignement. A ce titre, les opérateurs de télécommunication seront mis à contribution. Manuel Valls a annoncé en marge de la présentation de la stratégie nationale et en présence d’Axelle Lemaire, la signature d’une charte par laquelle les principaux opérateurs de télécommunications français s’engagent à protéger les échanges de mails entre leurs serveurs respectifs. Elle permettra de mieux sécuriser les échanges tout en préservant les impératifs de sécurité nationale.
Néanmoins l’équilibre sera difficile à trouver entre protection, liberté individuelle et développement économique autour notamment des données personnelles. La voie choisie par le gouvernement semble être la lutte contre la cybercriminalité avant tout ! Notamment, en responsabilisant les élus et les principaux services de l’Etat. Il est vrai aussi qu’une politique efficace en matière de cybercriminalité semble passer avant tout par la prévention et la formation comme en témoigne l’article de nos confrères du MagIT.fr.







