La France est le nouvel eldorado des investisseurs de la high tech mondiale ! Un mois après l’annonce par Cisco d’un investissement de 200 M$ dans des start-ups françaises, Satya Nadella, le CEO de Microsoft s’est déplacé en France pour rencontrer François Hollande et a annoncé un programme de soutien de 83 M€ pour investir dans les start-ups françaises.
Microsoft annonce 70 millions d’euros
Microsoft qui dispose d’un programme de séduction de start-ups (Bizspark) qui permet d’accéder, presque gratuitement à ses solutions pour développer son projet, déclare cette fois-ci mettre la main à la poche. 70 millions d’euros seront distribués via des crédits à l’innovation (du « crédit cloud » pour être précis) à 300 entreprises pour trois ans. Par ailleurs, 13 millions d’euros seront donnés à l’Education Nationale. Si François Hollande a du apprécier l’échange avec un grand patron de la high tech, il a du en revanche être surpris par le contenu des propositions aux regards des efforts qu’il souhaite faire dans le futur dans le secteur du numérique.
Pas du Venture mais du « crédit Cloud » pour en faire des clients dans le futur
Comme c’est le cas chez IBM ou encore Oracle, HP ou Dell, Microsoft ne propose donc pas d’investir en capital mais de donner des « moyens cloud » aux start-ups qui seront sélectionnées. Comme l’expliquait Pascal Fite, CEO de Microsoft Ventures, dans la presse, une start-up peut bénéficier via les accélérateurs qui sont partenaires du programme, de 120 K€ sur trois ans. La démarche est identique chez IBM où le crédit sur Bluemix est beaucoup moins généreux. Chez Oracle, HP et Dell, c’est un peu la même approche avec en plus la possibilité de bénéficier d’un coaching personnalisé. Mais chez tous ces acteurs, il n’y aura pas de prise de participation directe. Cette approche par le « crédit cloud » est donc commune à tous les grands acteurs de l’IT qui souhaitent ainsi faire consommer gratuitement leurs technologies par des start-ups en attendant qu’elles deviennent, comme Blablacar, de futures licornes et de vrais clients de leurs solutions.
Il faut dire qu’avec 1 500 start-ups créées par an en moyenne en France, des levées de fonds qui sont sur une tendance de 1,5 Mds d’euros en 2016 et une base installée de jeunes sociétés technologiques de près de 5 000 entreprises, la France représente une opportunité pour tous les grands acteurs du cloud. D’autant qu’Emmanuel Macron vient d’annoncer, dans le cadre de la loi #NOE, des mesures plutôt favorables au développement de ces sociétés dans le temps, avec notamment la possibilité pour les grands groupes de favoriser fiscalement leur acquisition ou leur développement.
Start-up : bien évaluer votre intérêt !
De mon point de vue, ces programmes ne sont pas véritablement destinés aux start-ups. Selon la nature des applications et des services, il faut évaluer les services proposés et faire attention aux coûts cachés (achats de licences supplémentaires, services liés à la sécurité) ainsi qu’à la qualité et sécurité des services de cloud proposés. Et si votre projet est moins technique que marketing, il n’est pas sûr que l’apport de ces programmes soit efficace dans une phase de early stage. Les circuits conventionnels de l’amorçage et de la BPI paraissent davantage appropriés, en attendant de nouvelles mesures de financement pour 2016 avec, on peut l’espérer, des banques moins frileuses dans le financement de l’innovation et des accélérateurs dont la vocation ne sera pas qu’immobilière comme cela peut être le cas actuellement.







