Selon le Journal du Net, l’écosystème web français a levé 98 millions d’euros en octobre. C’est plus de 3 fois plus qu’il y a un an à la même période (28 millions d’euros), mais beaucoup moins qu’en septembre où l’activité avait été portée par la spectaculaire opération de Blablacar (179 millions d’euros sur les 317 au total). Cet environnement favorable aux start-ups devrait rester porteur en dépit des risques actuels. Comme l’a exprimé François Hollande dans son discours de Versailles en déclarant « je considère que le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité », on devrait conserver pendant quelques mois, aux cotés de politiques budgétaires adaptées au contexte des attentats, une politique monétaire expansionniste qui profitera aussi à l’économie et à la stabilité politique en Europe.
Entre 1,2 Mds et 1, 5 Mds € investis dans le Venture cette année en France
Selon nos estimations, 2015 sera l’année d’un record pour les levées de fonds en France qui devraient se situer dans une fourchette comprise entre 1,2 Mds € et 1,5 Mds €. Notamment, si on intègre aux montants investis par le capital risque (environ 1 Md€) les sommes investies par les Business Angels, les prêts d’amorçage de la Bpi et les sommes levées par les opérateurs de crowdfunding qui devraient avoisiner les 70 millions € cette année.
Certains observateurs craignent néanmoins que cet afflux continu de liquidités conduise à une bulle. Un raisonnement qui peut s’étayer à la faveur de différents signes aux Etats-Unis. Marc Andreessen, investisseur historique dans Facebook, a ainsi vendu cette semaine les 3/4 de ses parts. Est-ce là le signe du plus haut du cours de l’action du réseau social américain qui multiplie les initiatives dans les médias (Instant Articles), les solutions d’entreprise (Facebook at Work), pour créer de nouvelles sources de revenus ? Sans doute ! Mais FB n’est pas dans une situation de bulle financière quand on analyse ses projets et ses revenus. Ce n’est pas le cas, en revanche, d’autres réseaux sociaux américains comme Snapchat, Twitter ou de certaines licornes américaines vieillissantes (comme Evernote) dont les revenus ne sont pas alignés avec les montants levés et les valorisations actuelles.
Les dépréciations d’actifs devraient donc se poursuivre dans le milieu du digital et des start-ups et conduire à des valorisations plus raisonnables avec normalement la possibilité de financer plus de projets. D’autant que les possibilités d’investissements liés à la transformation digitale sont immenses. Il suffit pour s’en convaincre d’analyser la diversité des levées de fonds effectuées en France sur le seul mois d’octobre.
Quelques exemples de transformation digitale en octobre en France et ailleurs.
Nous avons retenu, pour notre part, les levées de fonds dans iAdvize. La plateforme d’engagement en temps réel a opéré l’une des plus belles opérations du mois avec 14 millions d’euros levés. Depuis, iAdvize a déjà annoncé la sortie d’une application mobile de Community Messaging, permettant aux experts membres d’une communauté d’entraide de répondre aux visiteurs depuis leur smartphone. Mais aussi Adnow. Cette société spécialiste du marketing prédictif pour le drive-to-store a reçu le soutien d’Axeleo pour atteindre son objectif de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 1 an. Elle vient de s’implanter dans le marché ultra-concurrentiel du marketing local qui représente pas moins de 10 milliards d’euros. Nous avons signalé la levée de fonds de Talensoft. Avec l’appui financier de Goldman Sachs, l’éditeur français de solution RH en mode SaaS, qui compte déjà quelques 800 clients, ambitionne de s’étendre à l’étranger et de renforcer ses équipes de R&D. Et aussi la plateforme Nanocloud. L’ambition de cette start-up est simple : donner la possibilité aux entreprises de transformer n’importe quel logiciel en mode SaaS et ce, sans toucher au code source ! C’est ce qui a séduit Bpifrance, Breega Capital, Siparex Proximité innovation et Seed4soft. Dans les médias en France nous ne pouvions pas détailler la levée de fonds de Melty dont le modèle d’audience est en train de basculer vers l’engagement. A l’étranger nous avons choisi de vous parler de la plateforme Medium, créée par un ancien de chez Twitter qui anticipe la grande révolution des médias lancée par Facebook avec Instant Articles, en levant 57 millions de dollars auprès notamment de Google Ventures. Nous avons été aussi intéressés par les californiens de Ensighten et leur tag management system à destination des équipes marketing qui a bouclé une opération de 53 millions de dollars. Enfin sur le marché du collaboratif, nous vous avons présenté un projet lancé par un ancien salarié de chez Facebook et Google qui ose s’attaquer à Microsoft Office avec Quip, un traitement de texte collaboratif en mode SaaS.







