L’affaire était sérieuse, nous expliquait un blog spécialisé : « d’après les informations du SEM Post, confirmées par Search Engine Land », une secousse majeure s’apprêtait à toucher la planète. Un événement dont nous ne mesurions pas encore toutes les conséquences… Après coup, les informations de SEM Post et la confirmation de Search Engine Land étaient bien réelles : Google a procédé à deux modifications importantes dans les pages de résultats de son moteur de recherche : la publicité a disparu de la colonne de droite (à deux exceptions près, mais ne nous perdons pas dans les détails), et une quatrième annonce est apparue en tête de liste pour les requêtes où la concurrence sur Google AdWords fait rage. L’impact du changement n’est évidemment pas négligeable : tout le monde sait que les requêtes sur Google se comptent par milliards. Mais hormis les utilisateurs professionnels obligés de revoir leurs modèles et leurs tableaux Excel, la planète n’a finalement pas été secouée plus que ça.
Le Like, mais pas que
Comme rien ne nous est épargné, un autre tremblement de terre a menacé le monde. Après des mois de tests, moults atermoiements, appels du pied et reculades, Facebook s’est enfin décidé à modifier ses « réactions ». Fini le simple et basique Like, qui accaparait peu de temps de cerveau (je dis quand j’aime, je ne dis rien quand je n’aime pas), place à une palette qui nous oblige à chaque fois à un choix cornélien. Donc à réfléchir, alors que notre temps de cerveau est déjà si limité… Désormais, on réagit à un post ou un statut (on s’engage, comme disent les experts) avec des émojis : le pouce du Like est bien sûr toujours là, mais on peut aussi adorer, rire, sourire, s’étonner, s’attrister ou grogner – tout le monde pourra d’ailleurs interpréter à sa façon les émojis proposés par Facebook. On imagine les débats intérieurs agitant chaque facebooker à l’instant de cliquer sur l’un des émojis (j’aime ou j’adore ? je ris ou je m’ébahis ?, je pleure ou je râle ?). A quand des cellules d’aide psychologique ?
On se moque, mais ces mini-séismes (qu’on se rappelle aussi les débats autour des 140 signes de Twitter) qui n’en sont pas vraiment ont le mérite de montrer une nouvelle fois, et d’une façon différente, à quel point le numérique est entré dans nos vies quotidiennes. Le moindre changement, qu’il soit cosmétique, anecdotique ou véritablement impactant, affecte désormais autant, voire plus, que la hausse du prix du timbre, la baisse du prix de l’essence ou la réduction de la taille de la baguette. Mais c’est aux philosophes (que va en dire Onfray ?) ou aux sociologues (qu’en aurait dit Bourdieu ?) d’en débattre. Moi, j’ai un émoji à choisir.
François Bourboulon
@fbourboulon







