Dans le cadre des journées du Sommet pour l’Action sur l’IA en partenariat avec la French Tech Paris et la Caisse des Dépôts, Wavestone présentait jeudi 6 février une étude qualitative sur la place de l’IA dans les grands comptes. Réalisée auprès d’une quarantaine de très grandes entreprises françaises et internationales cette étude confirme la percée de l’IA comme facteur de productivité sur une grande diversité de projets. En revanche, au regard des témoignages des participants à cette étude, l’IA n’est pas encore perçue par ces entreprises comme le facteur X d’accélération de l’innovation. Dommage ! Si la France et l’Europe ont besoin d’investir dans une accélération de leur productivité, elles ont aussi besoin de retrouver de l’élan commercial et culturel.
Lors de la présentation des résultats de cette étude Chadi Hantouche, partner chez Wavestone, a confirmé l’ancrage des projets IA dans les entreprises françaises. « Les démarches se structurent, les budgets progressent, les programmes de conduite du changement se mettent en place mais en revanche on constate qu’il y a peu d’usages révolutionnaires « a -t-il résumé en introduction de sa présentation. Les raisons : la complexité technologique avec l’arrivée des LLM et des agents IA, le faible niveau de formation des managers et bien sûr les inquiétudes en termes de risques cybers et d’usage des données. Pour une fois l’absence de qualité des données n’a pas été citée, comme dans d’autres études, comme le principal frein aux projets en intelligence artificielle. La plupart des entreprises interrogées maitrisant depuis longtemps la qualité de leurs données et leur capacité d’analyse.
Des entreprises françaises en panne d’imagination sur les apports de l’IA ?
Pour illustrer un peu mieux l’état d’avancement des projets IA dans les grandes entreprises deux tables rondes étaient organisées avec les participants à cette étude. Premier constat au regard des fonctions des participants les responsabilités IA sont très proches des métiers ou des fonctions techniques et data. Leur mission : intégrer l’IA dans les processus et favoriser son acculturation par les managers. Chafika Chettaoui, Chief Data & AI Officer chez Axa France a ainsi expliqué que dans la démarche de son entreprise il y avait désormais « 14 data & IA leaders susceptibles de relayer la politique IA de l’assureur dans chacun de ses métiers ». Même chose chez Stellantis avec « 100 ambassadeurs dont la mission est de favoriser les usages dans tous les métiers » a précisé Annabelle Gérard, Head of AI and Data Business Insights. Chez l’Oréal, Stéphane Lannuzel, BeautyTech Program Director, « c’est le souci d’optimisation qui domine dans les usages de l’IA « a -t-il expliqué au cours de la table ronde. Chez Air France, représenté par Julie Pozzi, Head of Data & AI, le maître mot c’est l’industrialisation. Enfin du coté de la FDJ la data factory qui a été crée pour accélérer les usage se concentre sur l’accélération dans certains métiers, comme le commercial a précisé Sébastien Rozanes, Chief Digital Data & IA Officer. Des approches donc assez classiques même si par rapport à d’autres vagues technologiques elles sont accompagnées de beaucoup d’efforts en termes de formation et de pédagogie.
En revanche comme le rappelait en introduction Chadi Hantouche de Wavestone peu d’usages révolutionnaires. Sans doute parce que cela nécessite de se projeter dans un univers plus prospectifs où chaque consommateur et client pourrait laisser le soin à son agent IA favori de choisir, décider et peut-être même travailler pour lui. Mistral AI a bien compris ce large potentiel d’innovation de l’IA et vient d’annoncer la mise à disposition de son agent conversationnel IA Le Chat pour le grand public.






