Alors que l’Europe vient de voter un texte réglementaire encadrant assez strictement l’IA, un rapport de la Commission de l’intelligence artificielle co-présidée par Anne Bouverot, présidente du conseil d’administration de l’ENS et Philippe Aghion, professeur au Collège de France et économiste. remis aujourd’hui au gouvernement, recommande que la France accélère rapidement dans l’IA pour ne pas rater ce virage. Parmi les recommandations : investir plus dans l’innovation IA mais aussi faciliter l’accès aux données et moderniser la CNIL
La commission de l’intelligence artificielle a remis le 13 mars 2024, un rapport contenant 25 recommandations pour faire de la France un acteur majeur de la révolution technologique de l’intelligence artificielle (IA).
Parmi les 25 recommandations il y a bien sûr un volet financier important. Dans un contexte budgétaire contraint la Commission IA recommande de réorienter structurellement l’épargne vers l’innovation et créer, à court terme, un fonds « France & IA » de 10 Md€, pour financer l’émergence de l’écosystème d’IA et la transformation du tissu économique français.
Du coté de l’innovation la Commission IA a fait les recommandations habituelles en appelant à faire de la France « un pôle majeur de la puissance de calcul ». Un nouveau « plan calcul », à l’image de ceux des années 70, 80 ou 2000 dans le cloud, mais adapté à l’IA et destiné à favoriser l’émergence de champions français ou européens dans le domaine des ordinateurs quantiques. Le gouvernement avait annoncé il y a quelques mois un plan spécial concernant les technologies quantiques afin d’être un acteur majeur sur ces ordinateurs.
Enfin dans le domaine de l’accès aux données, la Commission IA recommande de faciliter l’accès aux données notamment en matière de données à caractère personnel. Elle propose aussi la modernisation du mandat de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et de son collège. La suppression de certaines procédures d’autorisation préalable d’accès aux données de santé et la réduction des délais de réponse. En matière culturelle, elle souhaite maintenir un strict encadrement à travers la mise en place de l’infrastructure technique favorisant l’entraînement des modèles d’IA dans le respect des droits de propriété intellectuelle. Une position globale plus libérale et moins encadrante que celle retenue dans l’IA Act votée aujourd’hui par les députés européens.







