L’information n’a rien de spectaculaire. Au premier abord, elle pourrait même relever de l’anecdote, mais elle parvient quand même à faire réfléchir un peu : après tout, n’est-ce pas le propre d’une bonne info, aussi minime soit-elle ?
C’est l’excellent site The Verge qui nous le raconte. Alors qu’il posait pour une photo à son bureau afin de célébrer le cap des 500 millions d’utilisateurs mensuels que vient de franchir Instagram (un des acteurs de la galaxie Facebook), avec un cadre confectionné pour l’occasion, Mark Zuckerberg a dévoilé un petit secret. Il l’a sans doute fait par inadvertance, ou alors sa malice – voire son art de la manipulation – est poussée à l’extrême…
Les observateurs bien intentionnés n’auront relevé que son sourire satisfait : après tout, Zuckerberg peut se réjouir de la progression d’un outil pour lequel il a dépensé 747 millions de dollars en 2012 (on est certes loin des 19 milliards de dollars lâchés pour acquérir WhatsApp). Mais un Zuckerberg qui sourit n’a rien d’un scoop. Il sourit tout le temps, en tout cas en public.
En fait, ce sont des observateurs plus avisés et fouineurs qui ont relevé un détail assez parlant. La webcam de son portable, que l’on peut apercevoir sur le bureau de « I’m CEO, bitch », est recouverte de ruban adhésif, l’obstruant ainsi complètement – on fait confiance à Zuckerberg pour qu’aucune fissure dans le dispositif ne subsiste. Conclusion des « Zuck spotters » : l’inventeur de Facebook est apparemment tellement paranoïaque qu’il s’entoure de toutes les précautions contre un éventuel hacker qui tenterait de prendre le contrôle de ce petit œil montrant toute l’activité dans son champ de vision.
On a pu voir au cinéma, dans l’excellent « The Social Network », l’envers du décor de Facebook ou en tout cas de la personnalité de son patron (on se souvient notamment de cette dernière scène où Jesse Eisenberg, l’acteur incarnant Zuckerberg, cliquait de façon répétitive sur la touche « enter » de son clavier dans l’attente d’un nouveau contact). Apparemment, il n’est pas question, selon Mark Z., qu’on le voit de face cette fois. Les plus avisés des observateurs ont même cru déceler un dispositif similaire d’obstruction du micro de l’ordinateur, même si la présence de ruban adhésif ne peut être formellement assurée. L’enquête suit son cours mais en tout cas, c’est compliqué…
Au-delà de l’histoire, amusante, on peut quand même s’interroger sur l’attitude du grand manitou de Facebook, ce réseau social chaque jour plus omnipotent qui sait tout de nous – et même ce que nous n’imaginions pas -, à partir de nos activités les plus basiques, de nos humeurs, coups de cœur et coups de gueule, de nos photos plus ou moins intimes et de nos vidéos préférées. Bref de notre personnalité.
Le message de Mark Zuckerberg, qui applique à la lettre le principe de précaution, est pourtant clair : ne laissez personne découvrir à l’insu de votre plein gré, comme disait l’autre, ce que vous faites et donc qui vous êtes. C’est une bonne leçon à retenir pour quiconque s’épanche dans cet espace public et planétaire qu’est Facebook (mais cela s’applique aux autres réseaux sociaux) où, il ne faut jamais cesser de le rappeler, tout ce que vous dites ou montrez pourra être retenu contre vous. Sur ce, je vous laisse : je retourne poster sur mon Wall…








