Un des vocables anglais fréquemment associé à l’internet des objets et aux objets connectés est « empowerment » qu’on traduit habituellement en français par « autonomie ». Au travers de cette nouvelle technologie, l’utilisateur est sensé prendre (reprendre) le contrôle de son environnement dans de multiples domaines : autonome sur sa santé grâce au suivi quotidien de sa tension, de son sommeil, de sa prise de médicament ; autonome sur sa consommation énergétique au travers des thermostats intelligents ; autonome sur le fonctionnement de son habitat grâce aux nouvelles possibilités de la domotique, etc.
En nous proposant une panoplie de plus en plus large d’objets connectés de toute sorte, capables de nous informer et de nous alerter dans de nombreuses situations, les industriels nous offrent en fait des espèces de super pouvoirs (tiens, ca me rappelle une publicité d’un opérateur télécom ça….). C’est en tout cas la promesse marketing qui soutend la plupart de ces approches innovantes. Mais à tout vouloir contrôler, tout maîtriser, tout anticiper … ne sommes nous pas en train de passer à côté de l’essentiel ?
Des exemples probants à l’étranger
Je pense souvent à cette expérience qui a été menée à Londres, sur Kensington High Street, où on a considérablement allégé la signalisation et supprimé les barrières de sécurité pour les piétons. Résultat : 60% d’accidents en moins ! Et de cette autre, sur la place de Laweiplein à Drachten, qui croulait sous un foisonnement de 95 panneaux, des feux de signalisation et de présélections. Tout y était parfaitement régulé, mais de nombreux accidents graves se produisaient malgré tout. Aujourd’hui, tous les panneaux ont été supprimés, il n’y a plus d’accidents graves et le trafic est deux fois plus fluide. Dans la même logique, on peut citer aussi Ejby (Danemark), Bohmte (Allemagne), Ipswich (Angleterre), ou encore Ostende (Belgique)…
Trop de contrôle peut générer des effets surprenants. Attention ! Comprenez-moi bien. Les objets connectés représentent de formidables opportunités d’innovation dans tous les secteurs, qu’ils soient privés ou public. Mais faisons simplement attention de ne pas confondre aide à l’autonomie et à la décision avec déresponsabilisation des utilisateurs.
Selon la définition du Gartner, l’internet des objets est un réseau de réseaux dans lequel les objets communiquent sans l’intervention de l’humain. Mais ce qui rend ce réseau intelligent (smart grid, smarthome, smartcar, smarthealth), c’est la pertinence des règles -définies par les humains- qui régissent la chaîne « action-réaction ». C’est là que réside la vraie valeur de l’internet des objets et des objets connectés ; et c’est là que doivent s’exprimer toute l’innovation et l’intelligence du cerveau humain. Tout cela au service de nouveaux services qui libèrent et responsabilisent l’utilisateur, au lieu de le contraindre.








