Alors que les levées de fonds en capital risque, notamment aux Etats-Unis, n’ont jamais été aussi importantes depuis les fameuses années 2000, les mauvais résultats récents de deux sociétés emblématiques comme Amazon et Twitter laissent planer le doute sur l’émergence d’une nouvelle bulle internet.
Pour Amazon il semble qu’avec l’arrivée d’Alibaba, la société américaine cherche avant tout à accélérer sur ses ventes mais pas seulement. Bien sur les pertes sont importantes. Sur le 3ème trimestre le chiffre d’affaires a bondi de 20% à 20,58 milliards de dollars. La perte nette, quant à elle, a été multipliée par 10 à 437 millions de dollars, ou 0,95 dollar par action diluée, contre 41 millions de dollars au troisième trimestre 2013. Amazon a choisi ces derniers mois d’accélérer dans tous les domaines : nouvelles tablettes Kindle Voyage, service de streaming et production originale Fire TV, un smartphone, des jeux et séries vidéo… Les analystes ont accueilli fraîchement ces chiffres, inférieurs à leurs attentes, et la bourse a sanctionné le titre. Les investisseurs se posent des questions sur la durée et le montant des pertes à financer. Et la visibilité est faible : Amazon table en effet sur un résultat opérationnel compris entre +430 millions de dollars et -570 millions de dollars, soit une plage d’un milliard de dollars.
Prochaine étape : valider un modèle digital vertical et une diminution des coûts opérationnels
Amazon devrait encore enregistrer de lourdes pertes dans les trimestres à venir mais les taux de croissance de ses ventes et le succès de sa diversification dans le Cloud devraient donner raison à Jeff Bezos. Sur le Cloud, Amazon continue à investir et vient d’annoncer un nouveau datacenter en Allemagne et son infrastructure devrait lui rapporter bientôt de l’argent tout en servant au développement de ses ventes et au support de son modèle d’intégration verticale. Notamment dans le livre avec le Kindle qui va finir par s’imposer avec le développement de nouvelles générations de produits et la diminution du prix des contenus digitaux exclusifs. Comme Apple ou Google, Amazon raisonne sur du long terme et fait de sa transformation digitale un avantage concurrentiel interne de diminution de ses coûts et de développement de nouveaux usages.







