Cotée sur le Nasdaq la société française Critéo vient d’écoper d’une amende record de 40 millions d’euros. Acteur historique du retargeting Critéo cherche à devenir aussi un acteur majeur dans le retail média grâce à ses données. Face aux grandes plateformes de retail media, dont Amazon est le grand leader, les marges de manoeuvres de la société française pour s’adapter rapidement à un contexte réglementaire européen de plus en plus restrictif semblent étroites. Pour l’instant la décision de la CNIL n’a pas modifié le cours de bourse de Critéo qui a retrouvé des couleurs depuis le début de l’année.
Dans un communiqué publié le 15 juin la CNIL a prononcé une amende de 40 millions d’euros à l’encontre de CRITEO. Une forte amende déterminée par le fait qu’elle avait la preuve que Critéo ne respectait pas les règles de consentement RGPD à très grande échelle. Le traitement des données mis en cause par la CNIL concernerait un très grand nombre de personnes (la société dispose de données relatives à environ 370 millions d’identifiants à travers l’Union européenne) sur des données très détaillées. La CNIL précise que si Critéo ne dispose pas du nom de l’internaute, la CNIL a estimé que les données étaient assez précises pour permettre, dans certains cas, de ré-identifier les personnes.
La CNIL a également pris en compte dans le montant de l’amende « le modèle économique de la société qui repose exclusivement sur sa capacité à afficher aux internautes les publicités les plus pertinentes pour promouvoir les produits de ses clients annonceurs et donc sur son aptitude à collecter et à traiter une immense quantité de données ».
Critéo engagé dans un contre la montre sur le retail média
Pénalisé par les nouvelles règles en matière de consentement mais aussi les comportements des consommateurs sur l’usage de leurs données personnelles, Critéo a enregistré sur son premier trimestre fiscal (clos le 31 mars 2023) une baisse de 13 % de ses revenus. Parallèlement, la société cherche à devenir un acteur majeur du retail média. Elle vient d’annoncer un partenariat avec Omnicom sur une offre spécifique dans ce domaine.
Objectif : permettre aux agences de rattraper leur retard sur ce marché face aux spécialistes du retail media, comme Amazon ou de plate-formes tierces proposées par des distributeurs. A l’occasion de Vivatech Publicis et Carrefour ont annoncé qu’ils allaitent accélérer dans ce secteur.
6 mois après le lancement de Unlimitail cette structure réunit aujourd’hui, en plus du groupe Carrefour, 13 partenaires commerciaux représentant plus de 20 bannières individuelles : Kingfisher France (Castorama et Brico Dépôt), Groupe Galeries Lafayette (Galeries Lafayette, La Redoute, Bazarchic), Rakuten France, Showroomprive Group (Showroomprivé, BeautéPrivée), ÏDKIDS, LuisaViaRoma, MyOrigines, Bringo, Maquillalia, Juguetilandia, Public, LabelVie et Electra Consumer Products.








