En Allemagne, IBM a racheté début février 2016 l’agence digitale Aperto. Aperto est l’une des plus importantes agences digitales outre-Rhin (plus de 300 salariés) et compte parmi ses clients de grands industriels tels que Volkswagen, Siemens ou Airbus Group.
Que signifie ce rachat dans le digital ?
Tout d’abord qu’IBM souhaite accélérer sa propre transformation numérique, sachant que l’entreprise souhaite que « le conseil en transformation numérique » devienne son principal métier. Dans ce domaine, IBM veut apparaître comme « le cordonnier le mieux chaussé ». Pour ce faire, Big Blue a lancé une vaste opération fondée sur deux fondamentaux :
Le premier est de placer IBM à la pointe de l’innovation, ce qui ne correspondait plus à son image depuis plusieurs décennies (en résumé, depuis le lancement de l’IBM PC au début des années 1980). Pour ce faire, IBM a multiplié les partenariats ces deux dernières années, que ce soit avec son meilleur ennemi, Apple, ou avec les jeunes entreprises innovantes et les starts-ups les plus en vue, comme Facebook, Twitter, Mirakl, SalesForce, Monitise… Par ailleurs, il a fortement communiqué sur « sa technologie cognitive », Watson, présentée comme du big data intelligent.
Le deuxième axe est la création, au sein même d’IBM, d’une gigantesque start-up dédiée à la transformation numérique, baptisée IBM Interative Experience (IBM iX). Les signaux les plus remarqués du développement d’IBM iX sont les 25 studios qui ont été créés dans le monde, dont le studio français de Bois-Colombes, qui sont présentés comme des centres de « co-création » (qui peut être comparée à de l’open innovation). Dans le même registre, mais plus discrètement, IBM crée de grands centres de services pluridisciplinaires, les « digital factories ». En France, ce centre est situé à Lille et devrait bientôt compter 1 000 collaborateurs (IBM ne communique pas ses chiffres pays par pays mais on estime que l’entreprise emploie dans l’Hexagone entre 8 000 et 9 000 personnes).
Pourquoi une croissance externe en Allemagne ?
Dans ce contexte, comment peut-on interpréter le fait qu’IBM ait choisi d’investir en Allemagne plutôt qu’en Grande-Bretagne, qu’en France ou dans un autre pays d’Europe ? « Cela ne signifie absolument pas que la France soit en retard dans le domaine de la transformation numérique », affirme Marc Bensoussan, Directeur Général d’IBM France.
« Dans l’Hexagone, IBM iX a été créée voici un an et elle connaît une forte croissance, sans qu’il ait été nécessaire de mener une opération de croissance externe. Un rachat en France n’est pas exclu, mais l’occasion ne s’est pas présentée pour l’instant. » Quant à la Grande-Bretagne, c’est d’ores et déjà le territoire européen où IBM est le plus présent et sa priorité immédiate semble d’y réaliser l’acquisition d’une agence digitale. « IBM iX est désormais la première agence digitale dans le monde et ce qui importe est que ce soit la première agence dans les principaux pays dans lesquels nous sommes présents » conclut Marc Bensoussan.
Pour mémoire, IBM fut le plus grand constructeur d’ordinateurs (de toutes les tailles), de serveurs et – même – d’imprimantes. Mais ça, c’était avant…
Crédits photos : Aperto, IBM









