A l’occasion de la finalisation de l’acquisition d’Alcatel-Lucent, Nokia a annoncé la création d’un fonds d’investissement de 100 M€. Alcatel-Lucent disparaît du cercle étroit des champions high tech français mais ses ingénieurs devraient trouver avec Nokia des opportunités pour créer des start-ups.
La création d’un fonds de 100 millions € : pour quoi faire ?
Le CEO de Nokia, Rajeev Suri, qui a rencontré Emmanuel Macron cette semaine afin de finaliser l’acquisition d’Alcatel-Lucent a précisé que sa société souhaitait aussi s’engager sur le terrain de l’innovation en France. Il a notamment annoncé la création d’un fonds de 100 millions d’euros dont les investissements serviront à financer des projets télécoms en France autour de l’internet des objets, de la cyber-sécurité et de plateformes logicielles destinées aux prochaines générations de réseaux. Une stratégie de capital-risque qui est assez classique chez les grands groupes technologiques internationaux, notamment en France, où la faiblesse historique du financement du risque dans l’innovation donne un accès facile au savoir faire technologique de l’hexagone. Si, pour le Ministre de l’Economie française, cette annonce sonne politiquement comme une bonne nouvelle pour l’attractivité économique de la France, sur le plus long terme, il n’est pas sûr que cela permette de créer les « licornes » technologiques qui permettront de dynamiser l’emploi. Au delà du manque de moyen actuel de l’Etat Français, même si la BPI devrait disposer de moyens supplémentaires avec son fonds de 500 M€, il semble que l’absence de vision dans ce domaine des grands groupes français ne permette pas l’éclosion de nouveaux champions technologiques.
Nokia continue de miser sur la qualité des ingénieurs français et les dépenses publiques françaises
Nokia s’est par ailleurs engagé à développer les centres R&D de l’Hexagone (Nosay/Villarceaux et Lannion ), qui bénéficieront au niveau des effectifs de 500 postes supplémentaires pour atteindre 2.500 personnes » afin de profiter des excellents nouveaux talents techniques sortants des universités françaises » comme l’indique le Communiqué de Presse de l’entreprise. Ces centres axeront leur activité sur la 5G, les small cells, la cyber-sécurité et la protection de la vie privée, les transmissions sans fil, les Bell Labs (recherche prospective), la transmission optique et les plateformes IP. Par ailleurs, dans son Communiqué, Nokia précise qu’il souhaite continuer à jouer un rôle important dans le déploiement des infrastructures télécoms françaises et poursuivra les initiatives actuelles d’Alcatel-Lucent. L’équipementier entend notamment participer activement au programme gouvernemental « Industrie du Futur » ainsi qu’aux pôles de compétitivité Systematic, Cap Digital et Images et Réseaux. Il promet enfin de financer des programmes de recherche et des cursus universitaires.







