Selon un article récent du Wall Street Journal, Slack, qui commercialise une application collaborative de chat en entreprise serait valorisée 2,76 milliards de dollars après une nouvelle levée de fonds attendue de 160 millions de dollars. Ce tour de table devrait inclure de nouveaux investisseurs comme Institutional Venture Partners, Horizons Ventures, Index Ventures, DST Global. Actuellement, Slack ne compte qu’un demi-million d’inscrits à son application.
Un demi-million d’utilisateurs valorisés 2,76 Mds de dollars
Selon les informations du WSJ, Slack dispose aujourd’hui d’un parc d’un demi-million d’utilisateurs quotidiens et de 136 000 clients payants qui paient un tarif mensuel de 6,67 $. Comme c’est souvent le cas pour les start-ups américaines, la plupart des clients de Slack se situent dans le secteur high-tech. Mais il semble que les services proposés par cette messagerie collaborative semblent séduire d’autres secteurs, comme la santé, à la recherche de nouvelles applications collaboratives.
Le modèle de Slack repose sur la création facile de groupes de travail collaboratifs. L’idée de cette jeune start-up, c’est tout d’abord de séduire et de proposer des services qui donnent envie de travailler. A l’usage, Slack permet de faire deux choses qui semblent séduire les jeunes cadres. D’une part, l’application permet l’indexation des échanges d’un groupe au delà du texte en intégrant la vidéo et surtout des services qui sont utilisés tous les jours au niveau collaboratif comme Twitter, Dropbox ou Google Drive. Et d’autre part, compte tenu de la diversité des contenus indexés, on peut rechercher, dans un groupe, des échanges sur la base d’un mot-clé. Pour résumer, Slack propose quelque chose de très riche et non limité au niveau des contenus échangés, un peu à l’image de Facebook, mais aussi de très précis quand on cherche à assembler tous les échanges sur la base d’un seul mot-clé.
Slack face à Google, Microsoft, Facebook : un exemple de bulle digitale ?
Quand on analyse le classement des valorisations des start-ups donné par le WSJ, Slack est plutôt en haut de classement. Très clairement, la valorisation actuelle de toutes ces sociétés se situe bien au-delà des ratios habituels. Il semble que les investisseurs américains anticipent avant tout le potentiel de rupture de Slack sur le marché des applications collaboratives, notamment par rapport aux solutions proposées par quelques géants technologiques. Slack se positionne donc, avec ses services, très clairement face à Microsoft et Google qui dominent le marché avec des applications collaboratives, plutôt sécurisées au niveau des infrastructures, et avec comme point d’entrée l’email professionnel. La start-up américaine cherche à imposer un modèle en rupture en misant sur les nouvelles habitudes de travail des jeunes actifs. Facebook a d’ailleurs fait un certain nombre d’annonces dans ce sens autour de Messenger. Il reste à Slack à justifier rapidement de sa valorisation actuelle et, pour cela, il lui faudra trouver un modèle de commercialisation vraiment innovant permettant de s’imposer rapidement tout en évitant d’être rejeté, pour des raisons techniques, par des responsables informatiques et techniques, toujours très pointilleux sur la gestion des infrastructures informatiques.







