Reelevant est une martech française spécialisée dans l’hyper-personnalisation marketing en temps réel. La société vient de lever 6 M€ d’euros pour continuer à déployer ses solutions de personnalisation marketing. Echanges avec Vincent Martinet, fondateur et CEO de Reelevant, sur les les avantages et les limites de la personnalisation marketing à l’ère de l’IA.
DigitalCMO – Comment décryptez-vous les intentions réelles des consommateurs uniquement sur la base d’interactions ?
Vincent Martinet – Notre solution agrège en temps réel l’ensemble des données disponibles : contexte (météo, localisation…), comportement de navigation, préférences implicites, historique d’achat, programme de fidélité […] mais aussi disponibilité et prix au moment de l’interaction pour les transformer en contenu extrêmement pertinent. Et justement, l’interaction, c’est la partie émergée de l’iceberg – visible, oui, mais décisive. C’est là que tout se joue. Elle devient le vecteur d’expérience : une fenêtre ultra-courte pour capter l’intention, engager, et délivrer un contenu réellement unique. Par exemple : pour une cliente Clarins membre du programme fidélité qui a renouvelé sa routine en boutique 4 semaines plus tôt et qui a consulté une nouvelle gamme de sérums “regard” sur le site Clarins, le prochain contenu lui proposera de renouveler ses produits “routine”, ainsi qu’un soin pour les yeux de la nouvelle gamme (qu’elle a consulté récemment), tout en mettant en avant les avantages de son programme de fidélité, et ce jusqu’à afficher dynamiquement le prix en fonction de la remise dont elle bénéficie.
Chez Decathlon, un client dont la pratique sportive est la randonnée se verra proposer un contenu adapté à la météo (au moment de la consommation dudit contenu), en fonction de sa géolocalisation : crème solaire et casquettes en cas de grand soleil, ainsi qu’une sélection de spots de randonnée adaptés au niveau de pratique du client. Et toujours la logique de tarif dynamique bien entendu.
Enfin dans le secteur du tourisme comme chez Carrefour Voyages par exemple : le contenu s’adapte en fonction d’une destination de préférence ou d’appétence, d’un inventaire et d’un tarif en temps réel calculé selon un aéroport ou une gare de départ, ainsi qu’à une catégorie (famille, pro, couple, solo…). L’hyper-personnalisation va jusqu’à la sélection du visuel qui sera le plus pertinent en fonction de tous ces critères.
DigitalCMO – Est-ce que l’hyperpersonnalisation permet aussi de diminuer ou de gérer la pression publicitaire des marques ?
Vincent Martinet – L’hyperpersonnalisation bien orchestrée, ce n’est pas plus de contenu, c’est du contenu plus pertinent à chaque interaction entre un client et une marque. Elle permet de sortir du matraquage générique pour entrer dans une logique d’opportunité : dire moins, mais parfaitement. C’est plus de finesse, moins de volume. On passe d’une logique de pression à une logique de précision.
DigitalCMO – A l’ère de l’IA et des moteurs de recherche IA, comment voyez-vous évoluer les solutions en termes de personnalisation ?
Vincent Martinet – Avec la montée en puissance des moteurs de recherche IA, les filtres deviennent toujours plus performants et les marques se battent pour être en tête des résultats. La bataille du trafic se joue en amont évidemment, mais également en aval. Car une fois qu’on a gagné cette visibilité, le vrai enjeu commence : ne pas décevoir. Et dès lors que les consommateurs ont atterri sur les sites et applications des marques, l’objectif est de les “garder”, et cela passe – notamment et essentiellement – par une personnalisation à la hauteur de la promesse : contextualisée, pertinente, immédiate. Sans cela, le client repart. Pire : il ne reviendra pas. Briller en vitrine ne suffit pas.







