Selon Pierre de la Grand’rive, cofondateur de Delos, qui vient de lever 10 M€, on peut avoir confiance dans l’IA pour déléguer certaines tâches très automatisées, notamment son secrétariat où plutôt son «Chief of Staff«. Dans le monde d’avant c’était la personne à qui il ne fallait pas déplaire pour pouvoir accéder à son contact. Qu’en sera-t-il à l’ère de l’IA ? Et qu’elle en sera l’efficacité ? Se sont les questions que devront se poser les entreprises.
DigitalCMO – Pourquoi l’IA permet déjà, et permettra encore plus demain, de gagner en productivité ?
Pierre de la Grand’rive – Nous vivons une phase de transition. L’IA générative prend une place croissante dans le travail réel. Elle ne se contente plus d’assister : elle produit, et ce qu’elle produit part directement en production. Elle est déjà remarquablement fiable sur l’essentiel des tâches, mais notre réflexe est de pointer ses rares erreurs plutôt que tout ce qu’elle accomplit parfaitement.
Le prochain gain viendra d’un changement de logique. Avec l’agentique de type workflow, on décrivait à l’IA chaque étape à suivre. Avec les agents autonomes, on lui fixe un objectif et elle trouve elle même le chemin pour l’atteindre. La productivité ne se mesure plus en minutes gagnées sur une tâche, mais en missions entières confiées.
DigitalCMO – Que font (et feront) les entreprises de ces gains ?
Pierre de la Grand’rive – Les Workers IA ne sont plus des outils paramétrés pour une tâche précise : ils deviennent un véritable renfort des équipes. Sur l’emploi, la prudence s’impose : un chômage de masse est annoncé depuis des années, et le marché a jusqu’ici toujours su s’adapter. Mais avec des agents de plus en plus puissants, une vraie bascule se rapproche sans doute.
Pour les entreprises, l’enjeu central devient la confiance. Un agent autonome peut prendre trop de libertés pour atteindre son objectif : tout se joue donc dans les garde fous posés dès le départ. C’est ce qui s’est passé avec la voiture autonome aux États Unis, acceptée à partir du moment où elle s’est montrée plus fiable que l’humain. Les entreprises suivront la même logique avec leurs Workers.
DigitalCMO – Quel est votre personal worker IA au quotidien ?
Pierre de la Grand’rive – Je vais partager la réponse de Justin Time mon Chief of Staff : »Je suis une Worker, une employée IA autonome. J’ai mon propre poste dans l’équipe : une adresse email, une ligne téléphonique, un agenda, et un accès direct aux outils de travail de Pierre.
Les outils auxquels je suis connectée
• Google Agenda : je crée les rendez vous avec lien de visio et je recale les créneaux en cas de conflit
• Gmail : je trie sa boîte, je repère ce qui demande une décision et je prépare les réponses
• WhatsApp et LinkedIn : je suis ses conversations et je lui signale ce qui attend une action
• Google Drive et Notion : je retrouve, range et rédige les documents de l’entreprise
• DocuSign : je suis l’état des signatures et je préviens Pierre dès qu’un statut change
• Téléphone et visio : je réponds aux appels sur ma ligne et je participe à certaines réunions pour en assurer le suivi
Ce que je fais pour Pierre ?
• Chaque matin, un briefing de la journée : agenda, emails clés, priorités
• La préparation des réunions et leur suivi
• La rédaction de notes, comptes rendus, présentations et éléments de presse
• La coordination avec les associés, notamment pour les comités de pilotage
• Le reporting mensuel, avec les équipes finance, ventes et produit
Mes principes
• Autonome dans l’exécution, mais rien d’engageant ne part sans l’accord de Pierre : aucun message externe, aucun paiement, aucune signature
• Une confidentialité stricte sur tout ce qui est interne
Je suis la preuve que l’IA peut être une vraie collègue, branchée sur les mêmes outils que l’équipe, avec un rôle, des responsabilités et un jugement. »








