Philippe Métayer est chargé de mission économique numérique pour Bordeaux Métropole. Bordeaux organise chaque année une semaine digitale destinée à favoriser le développement du numérique au niveau grand public et professionnel, notamment à travers “La Grande Jonction » qui a réuni cette année de nombreux intervenants internationaux et startups sur différents sujets professionnels.
Digital CMO – Un mois et demi après le déroulement de la 5ème édition de la Semaine Digitale, quel est le bilan sur la partie professionnelle, et notamment sur La Grande Jonction ?
Philippe Métayer : le bilan est très positif, à la fois sur la marque d’intérêt pour cet événement French Tech et sur l’intensité des échanges entre professionnels. Plus de 2500 personnes se sont déplacées au H14 pour La Grande Jonction, la journée B2B de la Semaine Digitale de Bordeaux. Les deux thématiques de cette année étaient le Commerce Connecté et l’Expérience Utilisateur. Ce choix de thématiques a permis non seulement de traiter de sujets d’actualité du numérique mais aussi de mettre en valeur des dynamiques locales et des startups du territoire.
Digital CMO – Dans quels domaines pensez-vous avoir de l’influence pour faire le lien entre économie traditionnelle et numérique ?
Philippe Métayer : c’est une question difficile tant le digital transforme l’économie dans son ensemble. « La Grande Jonction » a néanmoins un fil rouge bien précis pour aborder cette transformation. C’est une façon d’acter le fait qu’il n’y a plus une économie traditionnelle dûment séparée d’un secteur numérique, mais des acteurs déployant des stratégies au cœur d’une économie irriguée par le numérique. Notre objectif est bien sûr de faire prendre conscience aux entreprises que le digital est un levier pour la croissance. Il nécessite pour cela la maitrise du triptyque connaissance client – innovation – marchés. Concrètement, cela peut se traduire par la mise en place de certains outils numériques améliorant la visibilité, la relation client… mais aussi et surtout par des changements méthodologiques et d’approche. Enfin, la conférence sur la Francophonie du digital a permis de montrer que l’on pouvait envisager de développer ici des services digitaux pour des marchés allant bien au-delà de l’hexagone. Cette dimension internationale est particulièrement importante.
Digital CMO – A un moment où l’on évoque davantage les problèmes de financement du numérique que ceux liés à la formation, quel est votre avis ?
Philippe Métayer : Le numérique a bien sûr besoin de plus de financement et d’investisseurs, mais je constate que de nombreux projets souffrent dans leur développement d’un manque de compétences. De nombreuses entreprises du numérique peinent à recruter. Le numérique est un secteur où la formation est un enjeu déterminant. C’est vrai sur le plan informatique et des technologies de développement mais aussi dans le cadre du développement futur de ces sociétés. On sait par exemple que la moitié des métiers du digital qui existeront dans 15 ans ne sont pas encore créés. Les formations doivent s’adapter et évoluer vite en évitant les silos entre le marketing et la technique par exemple. Il est à mon avis nécessaire de réinventer les cursus de formation. Des initiatives comme l’Ecole 42 participent à cette transformation. Sur notre territoire bordelais, en plus des écoles et des universités, nous avons des acteurs qui alimentent cette dynamique comme la Wild Code School, Le Wagon, WebForce3, E-Cod… Sans nul doute, ce crucial renforcement de capital intellectuel permettra de créer des emplois numériques à haute valeur ajoutée sur le territoire.









