Cloudera, spécialiste du Big Data, ouvre cette semaine un bureau à Paris, d’où seront gérées ses affaires en Europe du Sud, Afrique et Moyen-Orient.
Créée en 2009 à Santa Clara, la société donne peu de chiffres, à peine sait-on que son chiffre d’affaires double tous les ans depuis quatre ans, et qu’elle compte désormais plus de 700 salariés. Seuls les investissements dont elle a bénéficié donnent un aperçu de sa force de frappe : plus de 1,2 milliard de dollars, apportés par des acteurs aussi puissants que Google. En avril, la start-up a bouclé un dernier tour de table à… 900 millions de dollars, Intel déboursant à lui seul 740 millions pour acquérir 18 % du capital. Et l’an prochain, c’est Wall Street, soutient aux « Echos » Kirk Dunn, le directeur stratégie de Cloudera : « On n’a pas besoin d’argent, mais on veut prouver que l’on souhaite rester indépendant, devenir le premier des pure players de la mégadonnée ».
Pour rivaliser avec Oracle, IBM, EMC et la kyrielle de start-ups du secteur, Cloudera met en avant un argument de taille : Doug Cutting, architecte en chef, est l’homme qui a créé le langage open source Hadoop, très utilisé dans le traitement de bases de données géantes. « J’ai commencé à travailler sur le sujet vers 2002, je me disais alors qu’il faudrait bien un système pour gérer la quantité toujours plus impressionnante de données », raconte Doug Cutting. Il obtient l’aide de Yahoo!, son employeur de l’époque, pour « débugger » le code qui deviendra Hadoop. «Les systèmes distribués sont une chose assez complexe… », avoue-t-il. En 2008, Hadoop est enfin stable. Cela tombe bien : c’est l’époque où les réseaux sociaux deviennent mondiaux et où la pile de données disponibles sur les internautes devient interminable. « Les données, on les stocke depuis longtemps. Mais seules 12 % d’entre elles sont analysées aujourd’hui, note Kirk Dunn. Nous voulons aider les entreprises à tirer parti de ce qu’elles possèdent ». En clair, mettre le savoir de Facebook ou de Google à la portée de la moindre PME.









