DigitalCMO

Le Gouvernement vient d’annoncer un plan d’aide spécifique start-up en quatre volets. L’objectif est de sauver un secteur dans lequel le Gouvernement, les fonds de capital-risque et les business angels ont investi plus de douze milliards d’euros sur les six dernières années. Cet écosystème de 8 000 sociétés commençait juste à faire émerger quelques licornes mais par nature reste extrêmement fragile.

Les quatre volets du plan du Gouvernement

“C’est un plan d’urgence qui vise à soutenir la trésorerie des startups dont l’activité est affectée par le Covid-19. Il mobilise tous les leviers de financement usuels des startups : bridges, crédit impôt recherche, prêts spécifiques, aides à l’innovation” a précisé Cédric O, le secrétaire d’Etat au numérique lors de sa présentation il y a deux jours.

Pour palier au plus urgent le gouvernement a annoncé une enveloppe de 80 millions d’euros financée par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et gérée par Bpifrance. Ces montants vont servir à financer des bridges entre deux levées de fonds qui risquent de prendre désormais plus de temps compte tenu du contexte.

Autre mesure spécifique : deux milliards de prêts garantis à l’intérieur de l’enveloppe de 300 milliards d’euros annoncée par Bruno Lemaire. Ils pourront représenter jusqu’à 25 % du CA de l’année 2019.  Ces prêts (à faible taux à partir de 0,25 %) seront  distribués à la fois par les banques privées et par Bpifrance, interlocuteur privilégié des startups.

Les deux autres mesures sont destinées à soutenir la trésorerie de ces entreprises. La plus significative sera le remboursement du CIR (crédit d’impôt recherche) et un traitement accéléré des demandes de remboursement des crédits de TVA par la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Enfin, le gouvernement devrait rembourser aux jeunes entreprises 250 M€ en accélérant le paiement des aides à l’innovation du PIA comme les concours d’innovation ou en versant par anticipation les tranches non encore distribuées pour les dossiers déjà validés.

Quel impact sur l’écosystème des startups françaises ?

Dans le cadre de ce plan d’aide, le Gouvernement a aussi annoncé qu’il maintenait ses efforts en faveur du financement des jeunes d’entreprises en 2020 pour un montant de 1,3 milliards d’euros. Une annonce importante au regard de la manière dont s’est développé le capital-risque en France ces dernières années. La Bpi a notamment joué un rôle d’investisseur leader dans un grand nombre de dossiers qui ont donné confiance aux autres investisseurs qui ont alors investi ou se sont servi de la garantie Bpi. Sur une moyenne de deux milliards d’euros investis en moyenne chaque année dans les startups, la part de la Bpi est proche d’un milliard. Il s’agit donc bien d’éviter que les autres investisseurs se retirent du marché français.

Mais si cette stratégie a permis de doper le marché français du capital-risque, cela s’est traduit aussi par un émiettement important des investissements. La France est la championne du monde en nombre de création de startups mais le nombre de licornes est faible. La prise de conscience de cette faiblesse a conduit à une augmentation  de la taille des levées de fonds ces derniers mois et à la création d’un indice Next40, véritable incubateur à Licorne. Il n’en reste pas moins que la structure de l’écosystème des startups françaises est extrêmement fragile avec notamment une part importante de sociétés dépendant des incubateurs régionaux ou de corporate venture. Il faudra donc que ces structures, notamment les grandes entreprises,  jouent pleinement leur rôle de soutien pendant la crise à venir pour maintenir cet écosystème. Sur le moyen terme c’est loin d’être garanti.

Le capital-risque a horreur du vide et pense déjà à de nouveaux secteurs comme l’économie de la distanciation

La crise internet de 2000 et celle des subprimes de 2008 ont changé les comportements des fonds de capital-risque et de leurs investisseurs. Beaucoup de fonds, en dépit des annonces de levées de fonds, ne disposent pas dans la réalité de ces fonds. Même situation du coté des startups qui n’auront pas forcément la possibilité de mobiliser les fonds levés. Parce qu’ils sont indexés sur des critères de performances ou tout simplement parce que les fonds n’en disposent plus.

Face à une situation de crise, le premier réflexe des fonds de venture capital est de “nettoyer” leur portefeuille en se concentrant sur les deux ou trois pépites qu’ils ont pu identifier et puis très rapidement de penser à l’avenir en investissant dans les secteurs que la crise fait émerger. On évoque déjà beaucoup dans le secteur du capital-risque les technologies d’avenir. Un secteur d’investissement est en train de se dessiner avec  la distanciation, le télétravail, le télé-enseignement, la visioconférence médicale et le télédiagnostic et bien d’autres technologies. Mais aussi celui d’un secteur de santé 3.0 avec davantahe d’intelligence artificielle, de robotisation, d’aide automatisée aux personnes vulnérables. Le capital risque a horreur du vide.

 

 





Articles récents