Le service de gestion d’agenda pourrait atteindre les 30 millions d’utilisateurs fin 2014.
La Suisse n’est pas forcément réputée pour ses start-up. Pourtant, l’une d’elles est en train de se faire connaître mondialement. Doodle, basée à Zurich, séduit déjà plus de 20 millions d’utilisateurs à travers le monde tous les mois et pourrait atteindre les 30 millions d’ici à la fin de l’année. Cette société fondée en 2007 par deux ingénieurs propose une solution collaborative de gestion d’agenda. Son succès est tel que son nom est passé dans le langage courant : « On fait un doodle » est parfois utilisé pour tenter de se mettre d’accord sur la date d’un dîner entre amis (chacun peut indiquer ses disponibilités). En France, 3 millions de personnes utiliseraient Doodle, ce qui fait de l’Hexagone le troisième marché de la société, derrière les Etats-Unis (6 millions) et l’Allemagne. Et même le deuxième marché pour les utilisateurs payants, derrière les Etats-Unis.
Très rentable grâce à la publicité et son offre premium
Doodle, qui indique réaliser « plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires » avec une croissance de 100 % cette année et être « très rentable », possède deux sources de revenus : la publicité, présente sur son offre gratuite, et l’offre premium. Pour 29 euros par an (39 dollars aux Etats-Unis), celle-ci offre des options plus avancées pour les professionnels, comme la possibilité d’intégrer la solution Doodle à d’autres calendriers (celui du smartphone, par exemple) ou encore de personnaliser l’interface aux couleurs d’une marque. La publicité constitue aujourd’hui 80 % des revenus, mais le premium progresse à un rythme plus élevé. Le tout sur un marché relativement peu concurrentiel, malgré la présence des solutions gratuites de Google. « Google peut davantage être un partenaire pour nous, indique le directeur général de Doodle Michael Brecht. Et nos produits sont assez différents. »
Autre particularité de Doodle : la start-up a été rachetée par un groupe de presse, le suisse Tamedia (« 20 Minuten », « Berner Zeitung », « Tages Anzeiger »…), devenu majoritaire cette année après avoir pris une participation de 49 % dans la société en 2011. Un investissement atypique pour un groupe dont les activités étaient jusqu’ici centrées sur la Suisse, mais qui commence à s’internationaliser.
Un objectif de 200 millions d’utilisateurs
Début 2015, Doodle va ouvrir un nouveau bureau à Berlin afin de gérer sa mondialisation. « La ville dispose d’une belle dynamique et d’une multitude de nationalités », explique Michael Brecht. Une dizaine de personnes devraient y travailler, en plus de la douzaine de salariés actuellement à Zurich. Ensuite, la question d’une présence aux Etats-Unis se posera peut-être. « Nous y allons pas à pas, répond Michael Brecht. Il faut d’abord nous concentrer sur le produit, faire croître notre audience en Europe et dans le monde en intégrant de nouvelles langues. A priori, il n’y a aucune raison pour que Doodle ne soit pas utilisé par 200 millions de personnes. »









