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Avec la levée de fonds de 72 M€ opérée cette semaine par la startup française Lydia, le secteur de la Fintech sera le premier secteur en terme d’investissement en 2021. En deux ans, 1,3 milliard d’euros a été levé par plus d’une centaine de jeunes pousses. 2021 devrait être une année de vérité pour ces jeunes entreprises notamment face à un secteur bancaire et financier en pleine transformation digitale.

Selon France Fintech, le montant cumulé des levées de fonds dans le secteur de la Fintech atteignait en novembre 2020 un total de 684,3 M€ pour 59 opérations recensées par les équipes de France Fintech.

Le ticket moyen recensé est de 11,6 millions, en croissance de 6% par rapport à l’année passée. Avec la levée de fonds réalisée cette semaine par le français Lydia, on devrait donc atteindre en 2020 un total de plus de 750 millions d’euros levés dans ce secteur. L’année passée France Fintech donnait le chiffre de 699 M€ levés par les jeunes pousses dans le secteur financier.

Sur un marché des levées de fonds affaibli par la crise, le secteur des Fintech s’affirme donc comme le premier secteur d’investissement en capital risque en France. Pourquoi alors cet appétit des investisseurs pour ce type d’investissement ?

La première raison est liée à l’évolution des usages digitaux dans les transferts d’argent et des services associés. Face à un secteur bancaire traditionnel, dont le modèle repose encore  largement sur les agences, les startups de la Fintech offrent  des services digitaux à des coûts inférieurs à ceux des banques traditionnelles. C’est exactement le positionnement de Lydia.

D’autant que dans un environnement économique où les taux d’intérêts sont proches de zéro et donc les marges des banques réduites au minimum sur le crédit, la plupart des banques hésitent à sacrifier leurs marges sur leurs services traditionnels au risque de voir les clients les déserter.

Les banques traditionnelles ont pris beaucoup de retard dans le développement de ces nouveaux services. Et plusieurs startups émergent  ainsi sur la distribution digitale de produits financiers comme Younited Credit ou October, toutes deux membres du Next40 ou encore Lydia qui a donc levé cette année 112 millions d’euros. Dans cette écosystème des Fintech, beaucoup de ces nouvelles startups proposent des solutions dans différentes domaines technologiques allant de la cybersécurité à la blockchain ou en passant par la gestion de  la cryptomonnaies comme Ledger.

Pourquoi le chinois Tencent investit encore avec l’américain Accel 72 millions d’euros dans Lydia

Pour l’instant, toutes ces startups ne rivalisent pas encore directement avec les banques traditionnelles. Elles opèrent principalement sur la distribution des produits financiers. Elles sont donc un nouveau canal de distribution pour les banques.

Mais c’est bien la désintermédiation possible du secteur bancaire qui attire les convoitises des fonds de capital-risque. Avec la montée en puissance de l’e-commerce, les géants du web et des paiement mobiles comme Tencent pensent pouvoir, grâce la technologie, offrir des services que les banques ne pourront pas proposer parce que ne maitrisant pas toutes les données.

Avec ces données, il est possible d’imaginer des flux financiers (offres de crédit lié aux achats en e-commerce, fidélisation, prêts participatifs…) qui échapperont au contrôle des banques. La crise a boosté les usages digitaux dans tous les domaines et comme Lydia l’explique sur son blog : la crise sanitaire du Covid-19 et son confinement ont fait gagner 10 ans à Lydia dans les usages digitaux financiers.

Les 112 M€ levés doivent la propulser en 2021 au rang de banque digitale sans les contraintes réglementaires de ce secteur. C’est sans doute sur ce terrain que l’avenir des startups de la Fintech se jouera  aussi en 2021.

En photo : Antoine Porte et Cyril Chiche, fondateurs de la startup Lydia ©Lydia

 

 





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