1 milliard de dollars, c’est l’énorme montant levé par le numéro 1 mondial du streaming musical, Spotify. Si le montant de l’opération souligne la confiance des investisseurs sur la compétitivité de la start-up suédoise, son mode opératoire (dette convertible) traduit parfaitement la prudence qui est désormais de mise quant à la valorisation des licornes.
Malgré sa position de leader, grâce notamment à plus de 30 millions d’utilisateurs payants, la société suédoise fondée il y a une dizaine d’années n’a toujours réussi à être rentable. Une problématique qui concerne finalement bien d’autres licornes et qui pousse les fonds à la prudence et à investir autrement que via une augmentation de capital. Pour appuyer financièrement Spotify, TPG et Dragoneer Investment (accompagnés de plusieurs investisseurs privés) ont donc opté pour des obligations assorties de conditions exigeantes : la start-up va devoir rembourser cette avance financière avec 5% d’intérêts, sachant que ce taux augmentera régulièrement jusqu’à son introduction en bourse. Un mécanisme financier prudent pour les investisseurs, qui s’apparente à l’opération effectuée en 2015 par Uber, et qui a pour objectif de pousser les Suédois à accélérer leur IPO. A ce moment-là, les actionnaires bénéficieront en plus d’une remise de 20% sur la conversion de leurs obligations en actions.
En face de l’Europe, les GAFA réagissent
Ces conditions difficiles, Spotify s’en accommode, car il est plus que temps de résister à l’appétit musical des géants américains du web et en particulier d’Apple. Début février, le français Deezer levait 100 millions d’euros. A cette occasion, nous soulignions la montée en puissance des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) sur le marché du streaming musical et la nécessité des start-ups spécialisées de s’armer face à cela. Le service de streaming musical du groupe à la pomme a déjà séduit 10 millions d’abonnés en seulement 6 mois, soit déjà davantage que Deezer et autant que la plateforme suédoise après 8 ans d’existence ! En plus de cela, le capital risque américain engendre de nouveaux pure players à l’image de Soundcloud, appelé le YouTube de la musique, qui vient de se lancer sur le payant avec une offre premium. Pour contrer la concurrence, en plus du soutien financier obtenu, Spotify multiplie les opérations marketing innovante et continue de perturber le très traditionnel marché du disque en misant sur la volonté d’indépendance des talents. Ainsi, des artistes comme Kanye West envisagent très sérieusement de sortir leurs prochains albums exclusivement sur Spotify et d’autres plateformes.









