Les Ventures Capitaux font-ils tourner le football ? La question ne se pose quasiment plus tant les rachats de club, les dossiers en cours, les fonds investissements propriétaires de joueurs sont nombreux. Le meilleur exemple en France est évidemment celui de Qatar sport investments, qui une saison seulement après son rachat du PSG propulsait le club au sommet de la Ligue 1. Si l’année 2016 est marquée par l’épineux dossier du rachat de l’OM (sur le point de se conclure, selon Les Echos), une opération toute aussi intéressante s’est opérée durant l’intersaison : l’OL a fait entrer à son capital le fond d’investissement chinois IDG Capital Partners à hauteur de 20%.
La Chine investit massivement dans le foot, non sans arrière-pensée
Désireuse de développer son football, la Chine a travaillé sur 2 axes : la mise en place d’un championnat domestique de haut niveau et l’investissement dans les grands clubs européens. Les capitaux chinois ont ainsi misé massivement sur des clubs historiques comme l’Inter Milan ou Manchester City avec une stratégie claire (contrairement à certains milliardaires pour lesquels les clubs sont parfois des danseuses) : profiter de l’expertise footballistique européenne pour la déployer au sein de leur pays et capitaliser sur l’incroyable visibilité qu’offrent ces clubs ! C’est ainsi notamment que les lucratives tournées estivales se multiplient en Asie pour la plupart des cadors du Vieux Continent.
En France, les clubs offrant une visibilité aussi durable sur la scène européenne, une vraie garantie de résultat tout en ayant une expertise de formation ne sont pas légion : le PSG, déjà propriété du Qatar, Monaco, propriété du milliardaire russe Rybolovlev, et donc Lyon. Et c’est donc à ce dernier qu’IDG Capital Partners a choisi d’apporter son soutien financier.
Un Joint-Venture commun pour valoriser l’OL et profiter de son expertise de formation
En apportant 100 millions d’euros, IDG Capital Partners devrait acquérir près de 20% du capital d’OL Groupe : soit une valorisation de 500 millions d’euros pour le club ! C’est investissement servira en grande partie à rembourser une partie de la dette contractée par le club (qui est d’environ 270 millions d’euros). Mais il s’accompagne également d’un projet de création d’un Joint-Venture avec pour objectif de promouvoir l’image de l’OL en Chine et pays voisins (vente et promotion de billets, services d’hospitality au Grand Stade) et de profiter de l’expertise du club (partenariats avec des sociétés et clubs chinois, création de centres de formation et d’écoles). Finalement, un programme très proche de ceux utilisés sur les clubs précédemment cités.
En validant cet investissement, Jean-Michel Aulas (qui a également cédé Cegid à un fond américain) et OL Groupe récoltent les fruits d’une politique qui a pu paraitre risquée ces dernières années : après avoir dominé la Ligue 1 pendant presque 10 (de 2002 à 2008), Aulas avait pris plusieurs décisions qui ont eu un impact radical sur les résultats à court terme mais qui aujourd’hui paient : introduction en Bourse, endettement et construction d’un Grand Stade en pleine propriété, arrêt de la politique de recrutement et investissement massif dans la formation, etc. « Cette 4ème phase de développement […] permettra d’accélérer l’ambition internationale d’OLG et sa stratégie de développement, avec un partenaire chinois qui symbolise aussi à Lyon, étape essentielle de la route de la soie, une coopération ambitieuse et amicale entre la Chine et la France. », déclare ainsi le PDG d’OL Groupe.









