Grâce à un modèle d’intégration multi-entrepreneurs le Groupe Dékuple, dirigé par son président Bertrand Laurioz, souhaite très rapidement se hisser parmi les leaders européens du marketing digital avec un objectif de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2030. Comment ? En poursuivant sa stratégie d’acquisition éprouvée en France mais en proposant aussi aux CEO et aux CMO des entreprises européennes un modèle de gestion souveraine de leurs process de marketing digital. Une demande en cours d’accélération note Bertrand Laurioz, CEO du Groupe Dékuple, avec qui nous avons échangé.
DigitalCMO – Quelles sont les ambitions de Dékuple pour 2026 ?
Bertrand Laurioz – Nous avons pour le groupe Dékuple des ambitions importantes et les moyens de nos ambitions. La première est de continuer à servir nos clients du mieux possible en les aidant à être efficaces pour leur marque grâce à un usage consolidé de la data. Dékuple est désormais solidement installé sur ce marché. 2025 a encore été une année de croissance pour les trois piliers de notre offre que sont la créativité, la technologie et la data. Notre pivot vers la performance à partir de la donnée nous a installé durablement dans le paysage des acteurs qui comptent en France dans ce domaine. Les rachats de ces dernières années – Brainsonic dans la créativité et l’engagement marketing, Reech sur l’influence marketing, le Nouveau Bélier dans le retail- ont été parfaitement intégrés. Le chiffre d’affaires de Dékuple en 2025 sera d’environ 240 millions d’euro avec 1200 salariés répartis dans 8 pays.
L’international est l’autre ambition de Dékuple avec une croissance externe autour des trois piliers de notre offre. Notre modèle d’intégration reposant sur le leadership des entrepreneurs que nous rachetons a été une des clés de notre succès en France. Juste un exemple. Quand nous rachetons une société comme Brainsonic nous n’achetons pas seulement une société. Nous faisons aussi l’acquisition de compétences technologiques qui irriguent toutes nos autres activités. Le savoir faire de Brainsonic en IA a été partagé avec la totalité de nos clients à travers un large programme de formation. Pour revenir à l’ambition internationale nous avons déjà renforcé notre présence en Europe en 2025 en rachetant deux sociétés en Hollande, une en Allemagne et une autre en Espagne. Je constate que depuis quelques mois l’Europe réaffirme la nécessité d’adopter une démarché plus souveraine dans de nombreux domaines dont l’IA et la donnée. C’est un cap très clair que Dekuple souhaite suivre pour devenir un acteur de référence en Europe. Nous avons les moyens de cette ambition avec 150 millions d’euros sanctuarisés pour accompagner notre développement européen à l’horizon 2030. Cela ne nous empêchera pas de croître aussi dans le reste du monde. Nous sommes déjà présents en Chine. Le Moyen Orient est, par exemple, une zone géographique intéressante.
DigitalCMO – Comment voyez-vous évoluer les usages de l’IA dans le marketing
Bertrand Laurioz – La croissance de marché va certes se ralentir mais à un taux de croissance annuel moyen de 7 % qui restera élevé en France. Au niveau mondial la dynamique reste tout aussi positive. Le marché mondial en marketing digital atteindra 240 milliards de dollars à l’horizon 2030 Nous sommes historiquement une société qui privilégie la performance dans ses services. La donnée permet aux marques d’optimiser leurs mécanismes d’activation des clients à la fois sur leurs canaux physiques et digitaux. L’IA permet d’augmenter la valeur de ces services. Mais cela ne veut pas dire qu’à l’ére de l’IA les entreprises abandonnent leurs objectifs de notoriété et d’image de marque. Le haut de funnel est redevenu prioritaire avec l’IA. Le contenu et la créativité permettent de booster la préférence de marque dans la myriade des programmes d’activation auxquels ils sont confrontés. Parallèlement le passage au modèle agentique permet d’adapter les stacks marketing aux métiers. C’est ce qui fait le succès actuel de Converteo chez nos clients : les modèles de language IA – les LLM – ne sont pas déterminants s’ils ne sont pas adaptés aux métiers.
DigitalCMO – Dans le contexte actuel comment vont évoluer, selon vous, les choix budgétaires des CMO ? Y a t-il des limites à l’investissement technologique en marketing ?
Bertrand Laurioz – Il est vrai que l’année passée la croissance des investissements marketings et médias des entreprises a ralenti. Dans le digital les coûts ont augmentés pour les entreprises. Mais il faut relativiser ce constat. La demande des entreprises pour un marketing de performance reste élevée. Les besoins de fidélisation augmentent également tout comme ceux liés à la mesure de l’efficacité du marketing. Le basculement vers le digital se poursuit dans tous les secteurs. L’Oréal, par exemple, mise de plus en plus sur le digital, les influenceurs et les approches communautaires dans son marketing. L’enjeu est d’accompagner les évolutions d’audience, de les lier à sa data dîtes de first party. La technologie propose un usage de plus en plus intelligent de ces données. Accompagner les dirigeants d’entreprises et leurs leaders marketing dans la convergence de leurs process (créativité, data et tech) nous semble répondre pleinement aux demandes actuelles des clients.





