Comment redonner du souffle aux médias par la tech et l’IA ? Pour Hugo Di Cesare, cofondateur de Fluentech qui accompagne Overlord (Le revenu, le Nouvel Economiste, candidat aussi à la reprise du Monde Informatique) dans sa stratégie tech post acquisition » la vision n’est pas forcément globale mais plutôt de chercher à transformer les process historiques.»
DigitalCMO – Comment les groupes médias peuvent-ils tirer parti de l’IA dans l’évolution de leur modèle ?
Hugo Di Cesare – L‘IA transforme le journalisme et la capacité d’exécution des groupes médias. Ce qu’on observe chez Overlord média : les rédactions sourcent, fact check et publie contenu/articles beaucoup plus rapidement. Mais pour atteindre ce niveau, des investissements et une organisation tech doit se mettre en place pour travailler sur les bons outils. J’observe chez eux qu’une équipe de 12 journalistes fait ce qu’une équipe de 40 faisait avant.
Concrètement, côté technique, ça se traduit par trois chantiers. Accélérer les cycles produit, livrer de nouvelles fonctionnalités, de nouveaux formats, de nouveaux supports en semaines plutôt qu’en trimestres. Personnaliser l’expérience lecteur, le bon contenu, au bon moment, sur le bon canal. Et libérer les équipes éditoriales des tâches à faible valeur pour qu’elles se concentrent sur ce que l’IA ne fait pas encore : l’investigation hors web, les rencontres physiques, la relation lecteur.
DigitalCMO – À l’ère de l’IA, le modèle publicitaire de la page vue ou de la vidéo lue semble obsolète. Qu’est-ce qui peut le remplacer ?
Hugo Di Cesare – Ce qui remplace la page/video vue : la valeur d’attention qualifiée. Un lecteur qui revient trois fois par semaine, qui ouvre les newsletters, qui convertit sur une offre premium, il vaut structurellement plus qu’un visiteur unique venu d’un agrégateur. L’IA permet enfin de le mesurer, de le segmenter, de le monétiser différemment.
Les modèles qui émergent sont hybrides. Abonnement premium avec niveaux de service différenciés. Newsletters verticales à forte valeur ajoutée sur des audiences intentionnistes, patrimoine, investissement, macro. Événementiel et communautés de lecteurs engagés. Et de la publicité contextuelle ultra-ciblée, pas de la publicité programmatique de masse.
Ce que l’IA change fondamentalement : elle rend viable économiquement de s’adresser à des audiences plus petites mais beaucoup plus qualifiées. Un groupe comme Overlord Media, avec 100 000 lecteurs vraiment engagés sur des sujets patrimoniaux et macro, peut construire un modèle plus solide qu’un généraliste à 2 millions de visiteurs uniques désengagés.
DigitalCMO – Pouvez-vous expliquer la valeur que vous créez pour Overlord Media ?
Hugo Di Cesare -Overlord Media avait l’ambition. Il leur manquait la capacité d’exécution tech pour la tenir. En dix-huit mois, on est passé de deux développeurs en France à une organisation produit complète hybride de 12 personnes. Equipe coeur overlord média en France et une autre partie chez nous dans l’océan indien.
Mais au-delà du staffing, ce qu’on apporte c’est de la méthode et de l’expertise technique. Comment structurer une équipe produit/tech d’un groupe média en hypercroissance. Comment intégrer l’IA sur les sujets vus plus haut dans un groupe média etc..Le résultat concret : une productivité décuplée, une capacité à absorber de nouvelles acquisitions sans friction technique, et un groupe qui peut désormais se battre à armes égales avec des médias dix fois plus capitalisés. Ce que Overlord Media a compris, et que beaucoup de groupes médias n’ont pas encore intégré : l’offshore et l’IA ne sont pas des solutions pour réduire les coûts. Ce sont des leviers de croissance.









